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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:34
Ma coupe, vous y boirez (Saint Augustin / St Grégoire le Grand)

Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-590-604), pape de Rome et docteur de l’Église. Homélies sur l'Évangile, n°35 (trad. Le Barroux)

« Ma coupe, vous y boirez »

Nous devons nous sentir concernés par la forme de patience qu'ont pratiquée les martyrs. Car si nous nous efforçons avec l'aide du Seigneur de garder cette vertu, nous ne manquerons pas d'obtenir la palme du martyre, bien que nous vivions dans la paix de l'Église.

C'est qu'il y a deux sortes de martyres : l'un consistant en une disposition de l'esprit, l'autre joignant à cette disposition de l'esprit les actes extérieurs.

C'est pourquoi nous pouvons être martyrs même si nous ne mourons pas exécutés par le glaive du bourreau.

Mourir de la main des persécuteurs, c'est le martyre en acte, dans sa forme visible ; supporter les injures en aimant celui qui nous hait, c'est le martyre en esprit, dans sa forme cachée.

Qu'il y ait deux sortes de martyres, l'un caché, l'autre public, la Vérité l'atteste en demandant aux fils de Zébédée :

-« Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » Ceux-ci ayant répliqué : « Nous le pouvons », le Seigneur répond aussitôt :

-« Mon calice, vous le boirez en effet ».

Que devons-nous comprendre par ce calice, sinon les souffrances de la Passion, dont il dit ailleurs :

-« Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi » ? (Mt 26,39)

Les fils de Zébédée, à savoir Jacques et Jean, ne sont pas morts pas tous les deux martyrs, et pourtant il leur a été dit à tous deux qu'ils boiraient le calice.

En effet, bien que Jean ne soit pas mort martyr, il l'a été cependant, puisque les souffrances qu'il n'avait pas subies dans son corps, il les a éprouvées dans son esprit. I

l faut donc conclure de cet exemple que nous pouvons nous aussi être martyrs sans passer par le glaive, si nous conservons la patience dans notre âme.

===

Par Saint Augustin (354-430),

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église .Commentaire sur le psaume 126 ; CCSL 40, 1859s

« Il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem »

« C'est en vain que vous vous levez avant le jour » (Ps 126,2).

Qu'est-ce à dire ? ...

Le Christ, notre Jour, s'est levé ; il est bon de vous lever après le Christ et non avant lui. Quels sont ceux qui se lèvent avant le Christ ? ...

Ceux qui veulent être élevés ici-bas, où lui a été humble. Qu'ils soient donc humbles en ce monde s'ils veulent être élevés là où le Christ est élevé.

En effet, il a dit de ceux qui avaient adhéré à lui par la foi — et précisément nous en sommes :

-« Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi » (Jn 17,25).

Don magnifique, grande grâce, glorieuse promesse...

Voulez-vous être là où lui il est élevé ?

Soyez humbles là où il a été humble.


« Le disciple n'est pas au-dessus du maître » (Mt 10,24)...

Et pourtant, les fils de Zébédée, avant d'avoir subi l'humiliation en conformité avec la Passion du Seigneur, s'étaient déjà choisi leur place, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Ils voulaient « se lever avant le Jour » ; c'est pourquoi ils marchaient en vain.

Le Seigneur les a rappelés à l'humilité en leur demandant : « Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? Je suis venu pour être humble, et vous voulez être élevés avant moi ? Suivez-moi, dit-il, dans le chemin où je vais. Car si vous voulez aller par un chemin où ne vais pas, c'est en vain. »

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Pères de l'Eglise
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