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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 08:29
Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

Livre de l'Ecclésiastique 44,16-17.22-23.45,3.7.15.

Voici le grand pontife, qui pendant sa vie, fut agréable à Dieu,
et, au temps de la colère est devenu la réconciliation des hommes : il ne s'en est pas trouvé de semblable à lui dans l'observance de la loi du Très-Haut.
C'est pourquoi il a juré de le faire croître dans son peuple.
Le Seigneur a béni en lui toutes les nations, et a confirmé en lui son Alliance.
Il eut égard à lui dans ses bénédictions, il lui a continué sa miséricorde, et il trouva grâce devant le Seigneur.
Par sa parole, il a fait cesser des prodiges. Il l'a glorifié devant les rois, il lui a donné un commandement devant son peuple et il lui a montré sa gloire.
Il a établi avec lui une alliance éternelle, et lui a donné le sacerdoce suprême.
Il l'a rendu heureux dans la gloire, pour exercer le sacerdoce, louer son nom et lui offrir un encens d'agréable odeur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,14-23.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Partant pour un voyage, un homme appela ses serviteurs et leur remit ses biens.
A l'un il donna cinq talents, à un autre deux, à un autre un, à chacun selon sa capacité, et il partit en voyage. Aussitôt,
celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla les faire valoir, et il en gagna cinq autres.
De la même manière, celui qui avait reçu les deux, en gagna lui aussi deux autres.
Mais celui qui en avait reçu un s'en alla faire un trou en terre, et il y cacha l'argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient et leur fait rendre compte.
S'avançant, celui qui avait reçu les cinq talents en présenta cinq autres, en disant : " Maître, vous m'aviez remis cinq talents ; voici cinq autres talents que j'ai gagnés. "
Son maître lui dit : " Bien, serviteur bon et fidèle ; en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. "
S'avançant aussi, celui qui avait reçu les deux talents dit : " Maître, vous m'aviez remis deux talents ; voici deux autres talents que j'ai gagnés. "
Son maître lui dit : " Bien, serviteur bon et fidèle, en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. "

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermons de Carême n°5, 5

« Si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera »


Chaque fois que je parle de la prière, il me semble entendre dans votre cœur certaines réflexions humaines que j'ai entendues souvent, même dans mon propre cœur

. Alors que nous ne cessons jamais de prier, comment se fait-il que si rarement nous paraissions expérimenter le fruit de la prière ?

Nous avons l'impression de ressortir de la prière comme nous y sommes entrés ; personne ne nous répond un mot, ne nous donne quoi que ce soit, nous avons l'impression d'avoir peiné en vain. Mais que dit le Seigneur dans l'évangile ?

« Ne jugez pas sur l'apparence, mais portez un jugement juste » (Jn 7,24).

Qu'est-ce qu'un jugement juste sinon un jugement de foi ?

Car « le juste vit de la foi » (Ga 3,11).

Suis donc le jugement de la foi plutôt que ton expérience, car la foi ne trompe pas alors que l'expérience peut nous induire en erreur.


Et quelle est la vérité de la foi, sinon ce que le Fils de Dieu lui-même promet :

« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez, et cela vous sera accordé » (Mc 11,24).

Que donc aucun d'entre vous, frères, ne tienne pour peu de chose sa prière !

Car, je vous l'affirme, celui à qui elle s'adresse ne la tient pas pour peu de chose ; avant même qu'elle ne soit sortie de notre bouche, il la fait écrire dans son livre.

Sans le moindre doute nous pouvons être sûrs que soit Dieu nous accorde ce que nous lui demandons, soit il nous donnera quelque chose qu'il sait être plus avantageux.

Car « nous ne savons que demander pour prier comme il faut » (Rm 8,26) mais Dieu a compassion de notre ignorance et il reçoit notre prière avec bonté...

Alors « mets ta joie dans le Seigneur, et il accordera les désirs de ton cœur » (Ps 36,4).

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

« C’EST LE MOIS DE MARIE, C’EST LE MOIS LE PLUS BEAU »

PRIÈRE

Ô MARIE, comme tu as souffert,
des calomnies et médisances lors de l’attente de ton Enfant.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
fuir un tyran qui en voulait à celui qui n’était pas encore né.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
lors de ton enfantement, éloignée de tes proches.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
de croire Perdu ton Enfant alors qu’il était resté à la synagogue.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
de voir et entendre les méchancetés que ton Fils a enduré.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
durant le faux procès infligé à ton Enfant.
Ô MARIE, comme tu as souffert
de voir ton Fils porter son Calvaire.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
de voir et ressentir toute la souffrances de ton Fils.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
de voir mourir ton Enfant sur la Croix.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
de ne pas voir le corps de ton Fils dans son sépulcre.
Ô MARIE, comme tu as souffert,
quant ton Enfant t’est apparu ressuscité,
et repartir près de son Père.
Ô MARIE, Notre Mère, comment as-tu pu endurer
toute cette souffrance ?.
Nous d’ici-bas t’envions ton courage et s’adressons à toi dès la première souffrance.
Ô MARIE, tu es pour Nous tous notre Mère toujours
présente quand les peines et les douleurs apparaissent.
Ô MARIE, si tu savais comme ta place est
grande dans nos cœurs.

Ô MARIE, Mère du Monde pour les siècles et des siècles,
nous te Remercions d’écouter cette Prière.

Amen

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

Saint Ubald

Évêque et confesseur
(† 116
0)

Saint Ubald, de l'Ordre des Chanoines réguliers de saint Augustin (L’Ordre Canonial est constitué de Monastères de Clercs) où il rétablit l'obéissance, fut contraint, en 1128, par le Pape Honorius II, qui l'estimait beaucoup, d'accepter la consécration épiscopale et de prendre le gouvernement de l'église de Gubbio, sa ville natale, en Italie.

Il continua à mener une vie très austère et se dévoua corps et âme à ses diocésains.

II mourut le jour de la Pentecôte en 1160.

On invoque volontiers son secours contre les mauvais Esprits.

D’où la mémoire mensuelle qu’on en fait, unis à St Michel, au le 29 de chaque mois au Monastère Syriaque N-D de Miséricorde, et la solennité qu’on en fait en notre Paroisse N-D des Grâces/ St Ubald à JAULDES (Charente) le dimanche le plus proche de sa Fête.

Son tombeau se trouve dans sa ville natale. Son corps s’est conservé jusqu’à nos jours sans corruption.

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

Textes de la Messe de St Ubald dans le rite d’occident (Latin)

le 16 mai

SAINT UBALD

Evêque et Confesseur

IIIème classe (avant 1960 : semidouble)

Messe Státuit, du Commun d’un Confesseur Pontife I, sauf l’oraison suivante :

Collecte P

Laissez-vous fléchir, Seigneur : que l’intercession du bienheureux Ubald votre Confesseur et Pontife nous obtienne votre secours ; étendez sur nous votre main miséricordieuse pour nous défendre contre toutes les perfidies du démon.

Secrète C

Que le souvenir de vos Saints nous soit, ô Seigneur, en tous lieux, un sujet de joie, afin que nous ressentions la protection de ceux dont nous célébrons à nouveau les mérites.

Postcommunion C

Accordez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, qu’en rendant grâces pour les dons reçus, nous recevions plus de bienfaits encore grâce à l’intercession du bienheureux Ubald votre Confesseur et Pontife.

Office

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Ubald, né d’une famille noble, à Gubbio, en Ombrie fut, dès ses plus tendres années, élevé avec grand soin dans la piété et les lettres. Au cours de sa jeunesse, on le pressa plusieurs fois d’embrasser l’état du mariage, mais jamais il n’abandonna sa résolution de garder la virginité. Ordonné Prêtre, il distribua son patrimoine aux pauvres et aux Églises, et étant entré chez les Chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin, il établit cet institut dans sa patrie, et y vécut quelque temps de la manière la plus sainte. La réputation de sa sainteté s’étant répandue, i ! fut préposé malgré lui par le Souverain Pontife Honorius II au gouvernement de l’Église de Gubbio, et reçut la consécration épiscopale.

Cinquième leçon. Ayant donc pris possession de son Église, il ne changea rien à sa manière de vivre accoutumée, mais il commença à se distinguer d’autant plus en tout genre de vertus, qu’il procurait très efficacement le salut des autres par la parole et l’exemple, s’étant fait de cœur le modèle de son troupeau. Sobre dans sa nourriture, sans recherche dans ses vêtements, n’ayant pour couche qu’un lit dur et très pauvre, il portait constamment en son corps la mortification de la croix, tandis qu’il nourrissait chaque jour son esprit par une application incessante à la prière. C’est ainsi qu’il parvint à cette admirable mansuétude, qui lui fit non seulement supporter avec égalité d’âme les plus graves injures et les mépris, mais encore prodiguer avec l’admirable tendresse de la charité une entière bienveillance à ses persécuteurs.

Sixième leçon. Deux ans avant de sortir de cette vie, Ubald, affligé de longues maladies, fut purifié comme l’or dans la fournaise, par les plus cruelles souffrances ; cependant il ne cessait de rendre grâces à Dieu. Le saint jour de la Pentecôte étant arrivé, il s’endormit dans la paix, après avoir gouverné de nombreuses années avec le plus grand mérite l’Église confiée à ses soins, et être devenu illustre par ses saintes œuvres et par ses miracles. Le Pape Célestin III a mis Ubald au nombre des Saints. Son pouvoir éclate particulièrement pour mettre en fuite les esprits immondes. Son corps, demeuré sans corruption après tant de siècles, est l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles dans sa patrie que plus d’une fois il a délivrée de périls imminents.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Pour honorer son Pontife éternel, la sainte Église lui présente aujourd’hui les mérites d’un Pontife mortel ici-bas, mais entre, après cette vie, dans les conditions de l’immortalité bienheureuse. Ubald a représenté le Christ sur la terre ; comme son divin chef il a reçu l’onction sainte, il a été médiateur entre le ciel et la terre, il a été le Pasteur du troupeau, et maintenant il est uni à notre glorieux Ressuscité, Christ, Médiateur et Pasteur. En signe de la faveur dont il jouit auprès de lui dans le ciel, le Fils de Dieu a confié à Ubald le pouvoir spécial d’agir efficacement contre les ennemis infernaux, qui tendent quelquefois aux hommes de si cruelles embûches. Souvent l’invocation du saint évêque et de ses mérites a suffi pour dissoudre les machinations des esprits de malice ; et c’est afin d’encourager les fidèles à recourir à sa protection que l’Église l’a admis au rang des saints qu’elle recommande plus particulièrement à leur dévotion.

Soyez notre protecteur contre l’enfer, ô bienheureux Pontife ! L’envie des démons n’a pu souffrir que l’homme, cette humble et faible créature, fût devenu l’objet des complaisances du Très-Haut. L’incarnation du Fils de Dieu, sa mort sur la croix, sa résurrection glorieuse, les divins Sacrements qui nous confèrent la vie céleste, tous ces sublimes moyens à l’aide desquels la bonté de Dieu nous a rétablis dans nos premiers droits, ont excité au plus haut degré la rage de cet antique ennemi, et il cherche à se venger en insultant en nous l’image de notre créateur. Il fond quelquefois sur l’homme avec toutes ses fureurs ; par une affreuse parodie de la grâce sanctifiante qui fait de nous comme les instruments de Dieu, il envahit, il possède des hommes, nos frères, et les réduit au plus humiliant esclavage. Votre pouvoir, ô Ubald, s’est signalé souvent dans la délivrance de ces victimes infortunées de l’envie infernale ; et la sainte Église célèbre en ce jour la prérogative spéciale que le Seigneur vous a confiée. Dans votre charité toute céleste, continuez à protéger les hommes contre la rage des démons ; mais vous savez, ô saint Pontife, que les embûches de ces esprits de malice sont plus fatales encore aux âmes qu’elles ne le sont aux corps. Prenez donc pitié aussi des malheureux esclaves du péché, sur lesquels le divin soleil de Pâques s’est levé sans dissiper leurs ténèbres. Obtenez qu’ils redeviennent enfants de la lumière, et que bientôt ils aient part à cette résurrection pascale dont Jésus est venu nous apporter le gage.

Bx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La fête de ce saint évêque de Gubbio (+ 1160), si puissant contre les esprits infernaux, entra dans le calendrier de l’Église universelle seulement sous Paul V. La messe Statuit est du Commun, mais la première collecte est propre.

La mitre de saint Ubald est conservée à Rome dans la basilique d’Eudoxie sur l’Esquilin, où l’on célèbre sa fête.

Prière. — « Apaisez-vous, Seigneur, en nous accordant votre secours ; et par l’intercession du bienheureux Ubald, votre Pontife et confesseur, étendez sur nous votre bras miséricordieux contre toute malice diabolique. Par notre Seigneur, etc. »

Il vainc le diable, celui qui s’exerce surtout aux vertus qui s’opposent davantage à sa malice ; l’amour de Dieu par exemple, l’humilité, la chasteté et l’amour de la paix. Le démon apparut un jour à saint Macaire et lui demanda : Macaire, que font les moines de plus que nous ? Ils jeûnent souvent, et nous ne goûtons aucune sorte de nourriture ; ils dorment peu, et nous ne reposons jamais ; ils sont chastes, et nous n’avons pas même de corps. En quoi donc les moines nous sont-ils supérieurs ? Le saint répondit : Vous êtes orgueilleux, et les moines sont humbles, voilà ce qu’ils font de plus que vous. Alors, confus, le démon s’enfuit.

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

La liturgie connaît l’influence du diable dans l’Église et le combat efficacement.

Saint Ubald. — Jour de mort : 16 mai (dimanche de la Pentecôte) 1160. Tombeau : à Gubbio, en Ombrie. Image : On le représente en évêque, le diable fuyant devant lui. Vie : Le saint est originaire de Gubbio, en Italie. Il devint prêtre et chanoine. En 1128, malgré ses répugnances, il céda aux désirs du pape Honorius II et fut nommé évêque de sa ville natale. Dans cette charge, il fut un modèle de simplicité apostolique, de zèle pastoral et de sainteté personnelle. On invoque volontiers son secours contre les mauvais Esprits. Il mourut le 16 mai 1160. Son tombeau se trouve dans sa ville natale. Son corps s’est conservé jusqu’à nos jours sans corruption.

Pratique :

La puissance de saint Ubald se manifesta surtout dans l’expulsion des mauvais Esprits. La liturgie, qui insiste tant sur la proximité des anges, compte aussi avec la forte influence des mauvais Esprits, car elle lutte continuellement contre eux. C’est pourquoi il n’est pas rare de trouver, dans la liturgie, des exorcismes. Il y a également un grand nombre de sacramentaux institués contre l’influence des mauvais Esprits, par exemple l’eau bénite, les cierges, les rameaux bénits. Ne méprisons pas ces moyens. — La messe (Statuit) est du commun des confesseurs pontifes avec une oraison propre laquelle nous demandons à Dieu, par l’intercession saint, d’étendre la main contre toute méchanceté du diable ».

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

Neuvaine pour la France :

Méditation de l’Abbé Seguin

Posté le 15 mai 2015

L’espérance de la France …

Reconnaître que notre pays traverse une crise est d’une triste banalité. Essayer d’en diagnostiquer les origines serait salutaire pour mieux analyser les symptômes et surtout proposer les remèdes. Cette analyse reste peut être à faire, ou doit encore être affinée, mais sans perdre de temps, l’idée a germé comme sous l’effet d’une inspiration divine, ou d’une recommandation mariale, de porter notre pays dans la prière sous la forme de cette neuvaine de mois. Quelle belle intuition offerte à quelques uns et qui nous réunit avec enthousiasme et espérance en priant pour la France !

Or le danger serait peut être de trop nous lamenter sans déjà percevoir les fruits innombrables que la grâce suscite depuis quelques temps dans notre pays sans faire de bruit… Peut-on les identifier ou les attribuer à cette génération dite « Jean Paul II » ? Certainement un peu. Car il est remarquable de considérer que désormais, grâce à la persévérance et à la fidélité de ceux qui nous ont précédé, nous pouvons aujourd’hui affirmer que bien des choses naissent de cette génération marquée à jamais par l’immensité de ce saint Pape qui a su semer dans la jeunesse de l’époque les éléments nécessaire à la fécondité du présent, et aux promesses de l’avenir. La jeunesse de maintenant en est un fruit étonnant qui dans l’insouciance ou l’ignorance de ce passé, bénéficie maintenant de cette semence qui nous donne une très grande espérance, même dans l’adversité. La crise est là c’est certain, mais les saints de demain qui se forment aujourd’hui, sont ici.

Du Parc des Princes à Gerland, en passant par La Meinau sans oublier bien entendu Ars, Lourdes ou Longchamp, nous pouvons voir les jeunes d’hier donner les fruits d’aujourd’hui, dont la jeunesse de maintenant est le signe le plus visible, et porteuse d’espérance. A l’évidence, la France va mal, mais une partie de sa jeunesse promet cette espérance qui pointe et donne la force de continuer sans jamais nous décourager.

Elle est belle cette jeunesse, même si elle est blessée dans ce monde ravagé et déboussolé. Elle est forte dans sa faiblesse, influente dans sa minorité, bruyante dans sa prière silencieuse, prometteuse dans son courage … elle est belle dans la construction de ces familles nombreuses et joyeuses. Finalement reconnaissons-le, les choses vont très vite dans la dégringolade, mais assez vite également dans la reconstruction, sauf que ça fait moins de bruit et surtout c’est plus difficile à voir, car souvent plus enfoui, pour être mieux construit ! Alors comment ne pas espérer plus encore quand on sait les racines chrétiennes de notre pays, sa fécondité dans la sainteté, sa responsabilité dans sa place d’aîné dans la filiation des Nations ?

En ces jours particuliers où nous contemplerons le don de l’Esprit aux Apôtres, après que le Christ ait rejoint le Père sans nous abandonner, laissons la force de Dieu nous habiter, en continuant à nous engager, à prier, à témoigner, à évangéliser …

Comment se fait-il que la France demeure une nation qui entraine, rayonne et étonne ? Pourquoi avons-nous ce privilège d’être une terre si visitée par notre Mère ? Que la Vierge Marie, Sainte Jeanne et Sainte Thérèse, nous protègent, nous gardent et nous soutiennent. Que les saints qui sont passés chez nous, nous accompagnent et nous éclairent. Le chemin du ciel est visible dans les méandres des impasses de notre société, et sans nous vanter, nous avons la chance mais aussi la responsabilité du Chemin, sur lequel on croise la Vérité et reçoit la Vie. C’est étonnant de constater que malgré les siècles nous avons les mêmes repères essentiels dont nous nous sommes irrémédiablement éloignés récemment, éblouis ou même aveuglés par des chimères politiques, économiques ou idéologiques. C’est impressionnant de constater que les combats d’aujourd’hui ont une telle actualité évangélique : la Vie et la Vérité.

A l’évidence, l’espérance est en France et demain verra se lever de grands saints, grâce à ceux d’hier et d’aujourd’hui, si nous restons fidèles et disponibles à l’action de l’Esprit dans nos vies et notre pays !

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

MORT DE MONSIEUR MICHELIN. Homélie de son fils prêtre :

Nous sommes le 5 mai 2015, dans cette cathédrale, devant le cercueil de Monsieur François Michelin. Partout dans le monde des personnes meurent, seules ou entourées de sollicitude ; dans leur vieillesse ou arrachées à l’existence par les accidents, les catastrophes, les guerres ; l’âme en paix ou l’âme submergée d’amertume.

Toutes les vies humaines se valent. Toutes les morts humaines se valent. Rassemblés dans cette cathédrale, laissons-nous rejoindre par la peine de cette foule innombrable qui, en cet instant, est plongée dans le deuil. Ceux et celles que nous connaissons, nommons-les dans l’intime de notre conscience et, selon la modalité de notre relation à l’invisible Lumière qui se dérobe au regard de l’intelligence tout en réchauffant le cœur, recueillons-nous.

Le but premier d’une prière catholique pour les morts est d’implorer la grâce du pardon complet de leurs péchés qui entravent la relation avec Dieu et peuvent détruire l’amitié entre les hommes, afin que chacun reçoive la grâce de voir face à face le Créateur et Père de tous, riche en Miséricorde et pour cela juste Juge. Dans la Bible, juger signifie ajuster. Cette célébration, nous la vivons pour François Michelin et toutes les personnes qui ont un besoin urgent de prière.

Le prophète Élie est entré en action quelques années après la mort du roi Salomon. Son nom signifie?: « mon Dieu est celui dont on ne peut prononcer le nom ». Il a été saisi par quelqu’un dont il a reconnu la présence agissante, et dont il ne connaît pas le nom. Cette présence invisible l’a mis en marche. Avec toute son énergie et aussi tous ses défauts, sa rudesse parfois, il se dresse contre l’injustice du gouvernement d’Achaz et de sa femme Jézabel. Menacé de mort. Il s’enfuit. Le voilà qui marche, 40 jours et 40 nuits, soutenu par une nourriture qui lui vient d’ailleurs. Il marche vers la montagne. Il arrive, il se cache.

La Présence se manifeste. « Que fais-tu là ? » Jaillit la réponse, qui dit un désarroi sans fond. « Je voudrais accomplir la mission qui pèse sur mes épaules. Je ne le peux pas. » Il lui faut alors sortir, et attendre. Il lui faut accepter de ne pas s’arrêter aux manifestations bruyantes, aux codes convenus du langage. Il lui faut aller au-delà des impressions, des sentiments. Il s’approche ainsi d’une réalité qu’il ne s’est pas donnée à lui-même, plus grande que lui, solide, universelle. Il découvre la Présence amie à l’œuvre dans le monde : le souffle ténu d’un vent léger. On peut aussi traduire : le bruissement du silence.

Quand on y pense, toutes les langues de la terre ont quelque chose en commun : c’est le silence qui sépare les mots. Au profond de sa quête, Élie reçoit une révélation qui change tout dans sa vie : ce silence porte présence. Cette présence change les relations entre les personnes. Elle a un immense potentiel transfigurateur.

De quoi l’apaiser sans le rassasier, le fortifier sans qu’il puisse s’approprier sa force. De quoi l’établir, ce prophète qui fut « un pauvre homme comme nous », selon l’expression de l’apôtre Jacques, dans un sentiment insondable de vulnérabilité. De quoi lui donner l’élan nécessaire pour continuer sa marche jusqu’à ce qu’il entre enfin dans la vision de celui dont le nom est imprononçable.

François Michelin aimait ce texte.

Nous aussi, nous marchons, nous cherchons, nous attendons, nous sommes parfois proches de la rupture, tentés de mettre un terme à tout cela. Nous ne valons pas mieux que nos prédécesseurs. Il nous faut pourtant assumer notre place dans l’histoire, nous y engager, nous y réengager, jour après jour. Où trouverons-nous la nourriture du pèlerin ? Qui nous indiquera la montagne de la rencontre ? Nourriture et lieu de la rencontre se trouvent au plus profond de nous-mêmes, en ce lieu très secret de notre conscience, où se passe un magnifique échange entre le Créateur et sa créature.

Cette attitude intérieure fut celle de Monsieur François tout au long de sa vie. Dans ce dialogue intérieur il a puisé la joie de vivre, la confiance dans les personnes, un courage inlassable. Les derniers mois de son chemin, il remerciait, sans cesse. Dans ce dialogue il a aussi puisé la lucidité sur lui-même, sur sa vie, sur ses défauts, sur ses limites, au point que le 20 février dernier, hospitalisé pour ce qui devait être son ultime épreuve de santé, il a éprouvé le besoin de nous demander pardon.

Si à ce moment-là, il avait pu réunir tous ceux et toutes celles qu’il a côtoyés dans sa longue vie, il leur aurait fait la même demande. En cette heure, je me sens le devoir, par fidélité au mouvement de l’âme de mon père, de vous dire ici, publiquement, à vous tous : comme époux, comme père, comme chef d’entreprise, comme acteur important de la vie économique mondiale, comme résident à « ma maison » Monsieur François a eu conscience d’avoir pu blesser, d’avoir été parfois trop dur, de ne pas avoir toujours été suffisamment à l’écoute de ses interlocuteurs. Alors je vous le demande de sa part : s’il vous plaît, pardonnez-lui, s’il vous plaît.

Nous avons voulu lire ensemble la prière du roi Salomon, Fils du roi David, pour demander la sagesse. Le règne de Salomon précède de quelques années l’action prophétique d’Élie. Lorsque je parlais avec papa de ses obsèques, il me disait : il faudra parler de l’Esprit Saint. Il en parlait très souvent et jusqu’à ces derniers jours, il souriait, d’un sourire très lumineux, dès qu’il entendait réciter le Veni Creator Spiritus, viens Esprit créateur. Viens, visite, emplis de ta présence, repousse notre ennemi, donne la paix à tous, fais-nous connaître Dieu le Père et son Fils Jésus, fortifie notre foi. Il savait que cet Esprit Saint est l’ami de l’homme, jamais un rival, toujours un compagnon.

Son guide, il voulait que ce soit cette sagesse qui sort de la bouche du Très-Haut. Il la mendiait chaque jour dans sa prière secrète, ouvrant fréquemment le petit livre du Nouveau Testament qu’il avait dans sa veste. Il la recevait dans les rencontres professionnelles, il la voyait à l’œuvre dans la matière, dans le latex, dans les nanotechnologies, dans les canards qui volent, dans une fleur, dans une suite de Bach pour violoncelle seul. À son insu il la communiquait. Il cherchait sans cesse comment mieux correspondre à ce souffle, ce pneuma. Il cherchait aussi à en donner le goût, à la faire partager. Il l’exprimait de manière imagée :

« Le pied est-il fait pour la chaussure, ou la chaussure pour le pied ? Le capital est pour l’entreprise ce que la coque est pour le marin ».

Il parlait de pôle magnétique, qui oriente la boussole, et nous plaisantions : « heureusement que le pôle est unique et commun à tous. Imagine que la boussole se prenne pour le pôle ! On n’en finirait pas de tourner en rond ! »

De ces constatations évidentes, mais qu’il avait le courage d’exprimer, de répéter au point de parfois exaspérer quelque peu ses interlocuteurs, il a tiré une vision de la vie. Il serait difficile de nier le fait que cette vision a été très féconde. Elle l’est.

Basée sur les réalités qui constituent la personne humaine en société, et qui par conséquent ne changent pas, cette vision doit maintenant être exprimée pour une époque nouvelle, en un temps de rupture. Au long des années, Monsieur François a réalisé que son langage devenait difficile à saisir ; il avait parfois le sentiment d’avoir tout faux. Il était interloqué lorsqu’il lui semblait que certains discours se fondaient sur des principes du genre : « je pense donc vous êtes, je pense d’en haut, donc vous, en bas, vous suivez. J’organise donc vous exécutez ». Plus encore était-il déconcerté lorsqu’il lisait des discours fonctionnant sur le schéma suivant : « cela se fera parce que monsieur untel l’a dit ».

Il savait que seule la parole de Dieu est créatrice et recréatrice. En même temps, il ne pouvait se résoudre à enfermer quelqu’un dans son discours. Il voulait la rencontre d’homme à homme, autour d’un but commun, qui était toujours le service concret de personnes concrètes, et jamais la mise en œuvre d’une idée a priori déclarée salvatrice. Lui, orphelin dès son plus jeune âge, savait qu’aucune structure humaine, républicaine ou autre, ne peut s’arroger la prérogative de la filiation. Conscient de son impuissance à agir plus, il enveloppait tout cela de sa prière d’homme dépouillé par les épreuves de l’existence, un homme en dialogue avec Dieu. Un homme qui, pensant à Abraham, redisait de plus en plus fréquemment : « espérant contre toute espérance, il a cru ».

C’est qu’en effet l’existence humaine est un combat, terrible, permanent. Le mal est là. Le Mauvais agit. Jusqu’à ses derniers jours, Monsieur François a été très préoccupé de la question du mal, de sa présence sous des formes multiples. D’où vient donc le mal, d’où vient l’injustice ? Ces questions sont partout présentes ; dans la vie familiale, la vie sociale, la vie professionnelle. Pourquoi sommes-nous jaloux, rancuniers, menteurs, dominateurs ? D’où nous viennent ces réactions tellement dommageables et destructrices ?

En ce début de XXIe siècle, il est trop clair qu’aucun système de pensée, aussi sophistiqué soit-il, aucune organisation de la société, ne sont capables de rendre compte de ce fait, encore moins de nous débarrasser de ces forces meurtrières qui nous font appeler liberté le fait de « séparer nos actes de leurs conséquences ». La formule est de Monsieur François. Nous faisons le mal que nous ne voulons pas, nous ne faisons pas le bien que nous voulons. Nous avons même perdu le sens du bien. Le plus souvent, nous parlons de l’intérêt général auquel nous pensons avoir accès par voie sondagière ; nous n’osons plus parler du bien commun.

Oui, nous sommes divisés au plus profond de nous-mêmes, et nous exportons cette division. Nous finissons par croire que la société est essentiellement conflictuelle, que tout est question de rapports de forces. Quelle sagesse nous délivrera de l’inhumain en nous ?

Cette sagesse, issue de la bouche du Très-Haut, a un visage et un nom. Elle se nomme l’Esprit de Jésus. Rejoignons donc Jésus au sommet de la montagne.

Il a entraîné trois de ses compagnons. Il prie. Sa prière rejaillit à l’extérieur. Il est lumineux. Un dialogue s’instaure avec Moïse et Élie, à propos de son passage. Du ciel une nuée enveloppe les trois. Pénétrer dans la nuée est effrayant. Non pas en raison de la nuée elle-même, toute de douceur et de Miséricorde, mais en raison de l’endurcissement de notre cœur. Alors une voix douce et forte vient murmurer à nos oreilles intérieures : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ».

Le passage de Jésus, condamné pour raison politico-religieuse, la pâque de Jésus, c’est la nuit de Gethsémani, la terreur devant la mort violente qui s’impose. C’est le cri d’abandon du crucifié : « mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est l’intercession toute puissante : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ». C’est le dernier souffle : « il remit l’esprit ».

En fait, « C’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était accablé ». La Pâque de Jésus c’est aussi son irruption, le matin du premier jour de la semaine, avec ses plaies de crucifié et son ruissellement de miséricorde sereine, au milieu de ses disciples enfermés et terrorisés : « La paix soit avec vous. Il souffla sur eux et leur dit : recevez l’Esprit Saint ».

La Pâque de Jésus c’est le dévoilement des sources merveilleuses prêtes à jaillir en chacun de nous, et la proposition d’un itinéraire pour laisser jaillir ces sources.

C’est dans cette lumière que Monsieur François a pu s’exprimer ainsi :
« Je sais par expérience qu’il y a dans l’homme des ressorts exceptionnels qui se révèlent au grand jour en cas de difficultés. J’ai une confiance absolue dans l’être humain qui ne demande qu’à se surpasser et devenir ce qu’il est dès lors qu’on lui en donne les moyens et qu’on le reconnaît dans toute la splendeur de son humanité. Quand je pense à tout ce qu’on pourrait faire en libérant les énergies humaines ! Le monde est fait de mystères qui ne peuvent laisser indifférent : pourquoi l’homme a-t-il cette dimension affective et humaine si belle ? Pourquoi le progrès technique est-il sans limites ? Pourquoi le monde est-il ruisselant d’intelligence, comme disait Einstein ? S’est-il créé tout seul ? L’esprit est-il le produit de la matière ou au contraire, la matière peut-elle être appréhendée et comprise par l’esprit ? Si l’on accepte de se poser ces questions il faut aller jusqu’au bout et lire la Bible et les Évangiles. On y découvre une réponse que l’on ne comprend pas : Dieu est inexplicable. On dit qu’il est immense, cela veut tout simplement dire qu’on ne peut le concevoir avec notre pauvre esprit humain ».

On lui posa un jour la question suivante :

«Si vous deviez mourir demain, auriez-vous le sentiment d’avoir accompli votre tâche sur terre ? »
Il a répondu ceci :
« Qui peut prétendre avoir accompli sa tâche ? On n’a jamais fini de s’enrichir au contact des autres et de les enrichir en retour. Quelqu’un qui meurt en pleine conscience ne peut qu’avoir le sentiment qui lui restait encore tout à faire ».

En mon nom personnel, cher papa, je veux maintenant te demander pardon de n’avoir pas su écouter ta vie avec suffisamment d’attention. Je veux surtout te remercier de m’avoir supporté avec amour durant plus de 61 années. Avec ton aide et celle de maman, je veux poursuivre mon propre chemin en cherchant, jour et nuit, dans le murmure du silence, la présence paisible du Dieu vivant.

Tu seras là au détour du chemin, Il nous suffira de saisir la main que tu nous as toujours tendue et que tu continues à nous tendre.


Père Etienne Michelin
5 mai 2015

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,23b-28.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.
En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,
car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Une Prière du soir
(Saint Macaire)

Dieu éternel et Roi de toute créature, Toi qui as daigné me conduire jusqu'à cette heure, pardonne-moi les péchés que j'ai commis ce jour en actions, en paroles et en pensées, et purifie, Seigneur, mon humble âme de toute souillure de la chair et de l'esprit. Accorde-moi, Seigneur, de passer cette nuit dans un sommeil paisible, afin que, me relevant de mon humble couche, je puisse me rendre agréable à Ton très saint Nom tous les jours de ma vie, et terrasser tous les ennemis charnels et incorporels qui m'assaillent. Et délivre-moi, Seigneur, des vaines pensées qui me souillent et des désirs mauvais. Car à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

Samedi 15 Mai 2015 Eléments de méditation :

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Famille

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