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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 18:52
La symbolique des cinq patriarches a insufflé un nouvel espoir à la population, prions pour qu'elle ne soit pas déçue...

La symbolique des cinq patriarches a insufflé un nouvel espoir à la population, prions pour qu'elle ne soit pas déçue...

Le 8 juin 2015, sur l’invitation de Sa Béatitude le Patriarche Jean X, Patriarche d’Antioche et de Tout l’Orient des Grecs Orthodoxes, se sont réunis en l’église Al Maryamiah à Damas, Leurs Béatitudes et Sainteté, Mar Béchara Boutros Al Raï, Patriarche d’Antioche et de Tout l’Orient des Maronites, Mar Ignace Efram II, Patriarche d’Antioche et de Tout l’Orient des Syriaques Orthodoxes, Chef Suprême de l’Église Syriaque Orthodoxe dans le Monde, Gregorios III Laham, Patriarche d’Antioche et de Tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem des Grecs Catholiques Melkites et Mar Ignace Youssef III Younan, Patriarche des Syriaques Catholiques d’Antioche. Ont participé à cette assemblée Son Excellence le Nonce apostolique en Syrie, l’archevêque Mario Zenari, et la hiérarchie chrétienne à Damas. Le communiqué suivant parut à la fin de cette rencontre spirituelle :

À nos chers enfants dans le Seigneur des Églises d’Antioche « Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père, à Lui la gloire pour les siècles des siècles! Amen. » (Gal. 1 :3-5).

  1. Tout d’abord nous remercions le Seigneur qui nous a permis de nous rencontrer, Nous Patriarches dont nous est confiée la mission de la protection du peuple chrétien répandu dans l’espace d’Antioche, à Damas, cette ville bénite qui a accueilli Paul, l’Apôtre des Gentils. De ce Patriarcat florissant qui a toujours défendu les causes justes au fil du temps, nous élevons la voix et prions continuellement Dieu pour vous car en ces temps ténébreux, « vous menez une vie digne de l’Évangile » vous témoignez sans honte pour notre Seigneur Jésus Christ, qui a « anéanti la mort et illuminé la vie », vous supportez les difficultés confiants « de la puissance de Dieu » et armés « de l’esprit de force, de charité et du discernement ». Il n’est pas nécessaire de vous demander, chers enfants, de prier pour nous, vos pasteurs, afin que le Seigneur nous accorde la force de « suivre avec droiture Sa parole » et de glorifier dans nos actions son Nom Saint alors que nous guidons le bateau de l’Église en ces circonstances historiques existentielles
  2. En nous adressant à Vous, nous voudrions vous exprimer que notre grande joie due à cette rencontre fraternelle, se renouvelle comme elle s’approfondit par notre échange et s’accroît par la coopération pour un unique témoignage chrétien Antiochien car c’est à Antioche que « pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens » (Actes des Apôtres 11 :16), là où Dieu a voulu que nous soyons Ses témoins. Par conséquent, dans le cadre de votre entière allégeance à vos Églises, à ses doctrines et à ses enseignements, nous vous appelons à vous entraider, à servir les pauvres avec dévouement, à vous informer sur la pensée riche de nos Églises, à découvrir la sainteté éclatante qui en émane, à vous approfondir dans l’héritage antiochien, à prier pour « l’unité des chrétiens » à œuvrer à cette unité tant souhaité, voulu par le Seigneur, espérant qu’elle se réalisera dans notre monde, à partir d’Antioche. Nous vous appelons aussi à porter vos patries dans votre pensée et dans vos prières, à demander avec insistance l’instauration de la paix en elle, que tous nos enfants éprouvent la vraie joie et vivent ensemble dans la dignité « des enfants de Dieu ». N’oubliez pas d’œuvrer à l’unité de vos pays, leur modernité et à l’établissement de l’état civil. Conservez la diversité dans toute sa richesse et ne perdez ni votre unicité ni votre différence. Approfondissez-vous dans la foi et témoignez pour « l’espérance en vous » dans tous les domaines de votre vie. N’utilisez jamais votre foi comme élément de séparation ou comme écran qui cache la splendeur et la grandeur de l’autre
  3. Nous vous invitons chers enfants, à continuer à entretenir les meilleurs relations avec nos frères musulmans, nos partenaires dans la patrie et le destin, avec lesquels nous vivons sur cette terre et nous partageons, en ces circonstances, les malheurs de la violence et du terrorisme, engendrés par la pensée takfirie et par l’absurdité des guerres que raniment les intérêts des grands qui instrumentalisent la religion en la défigurant. Nos partenaires sentent vos souffrances et en souffrent. Ils œuvrent avec leurs hiérarchies religieuses à éradiquer les racines de la pensée takfirie qui a récolté et ne cesse de récolter à chaque étape des dizaines de milliers d’êtres humains. Avec eux, avec la fidélité du partenaire fidèle, nous élevons la voix et annonçons qu’il est grand temps de faire face à la pensée takfirie, à faire tarir ses sources en inculquant une éducation religieuse qui généralise la culture de l’ouverture, de la paix et de la liberté de croyance. Il est nécessaire d’établir une pensée critique qui mène à annuler l’expression « maison de la guerre » et « sujet non musulman dans un État islamique » et à établir la citoyenneté
  4. Quel présent mauvais où les terroristes instrumentalisent le nom de Dieu pour servir leurs passions, leurs intérêts et ceux des grands de ce monde. En ce moment où dominent la peur, la violence, l’esclavage de la femme, l’enlèvement, le massacre, la destruction et le déplacement forcé, des criminels, sans Dieu ni miséricorde, obligent des individus à se convertir. Ils n’ont pas compris que par sagesse Dieu a créé ses adorateurs dans la pluralité. Vos tueurs n’assimilent pas qu’en vous tuant ils se condamnent à la misère éternelle et leur patrie au sous-développement. Au centre de cette crise oppressive, n’oubliez pas que le Seigneur a promis « Ne crains point, petit troupeau; car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume ». (Luc 12:32) Oui chers enfants, en ces jours difficiles, où on a atteint « le faîte de la destruction » et « où on traîne les gens comme des brebis à l’abattoir », soyez forts et ne désespérez pas. Soyez forts et puissants par la grâce qui comble toute lacune. Observez « la résistance de l’âme » qui se base sur la purification, le pardon et la charité. Suivez l’éthique de l’Évangile. Soyez confiants en Dieu qui a vaincu le mal et la mort car « il ne se détournera pas de vous ». Il est votre compagnon sur les chemins du déplacement, du départ et de l’émigration. Il est votre soutien dans la pauvreté, la faim et le besoin. Il est votre consolation quand les jours deviennent injustes, l’aide disparaît et le doute dans la prévenance de Dieu s’installe en vous. Il vous sauve dans la tribulation. Il est la lumière qui vous guide dans les ténèbres de ce monde. Il est votre résurrection du désespoir et mort. Il est votre victoire sur le mauvais, sur ses ruses et outils.
  5. En ces temps de tribulation, unissez-vous autour de l’Église qui est le prolongement du Christ Dieu dans le monde. Suivez vos Églises, car l’esprit de responsabilité pastorale nous engage à redoubler nos efforts, à nous solidariser avec les gens de bonne volonté, pour entreprendre davantage d’initiatives nécessaires pour conserver notre présence sur notre terre, à faire face à vos besoins familiaux, existentiels et à garantir un avenir pour nos jeunes. Ils sont la force vivante et prometteuse dans nos patries. Nous exprimons nos remerciements et notre estime à tous les bénévoles qui se dévouent au service de la charité dans nos institutions. Rassemblez vous autour de l’Église. Sollicitez l’intercession des martyrs tombés pour la défense de la foi. Suivez l’exemple des martyrs qui ont souffert dans leurs corps pour consolider cette foi. Priez pour les persécutés et les personnes enlevées parmi vos pasteurs et frères, notamment pour les deux évêques d’Alep, Boulos Yaziji et Youhanna Ibrahim, mais aussi pour les prêtres enlevés dont tout récemment le Père Jacques Mourad. Soutenez vous les uns les autres et partagez ensemble les malheurs et les souffrances, la joie et les larmes. Occupez vous des pauvres dans leur malheur car ils sont les bien-aimés du Christ. Consolez les veuves et les orphelins. Partagez le pain avec les affamés. Allégez la souffrance des déplacés. Suivez l’œuvre caritative de vos Églises, dans son organisation et dans son service social. Donnez votre argent avec générosité et votre temps en faveur “des petits frères de Jésus”.
  6. À l’intention de nos enfants syriens. Après que le peuple innocent et pacifique de la Syrie est tombé sous le joug d’un terrorisme que les forces de ce monde utilisent pour dépecer la Syrie, effacer sa civilisation, dominer son individu et le chasser de sa terre, nous confirmons notre attachement à l’unité de ce pays, au droit de ses citoyens à vivre en sécurité, en libertés et en dignité. Nous appelons le monde à œuvrer avec sérieux à trouver une solution politique à cette guerre absurde qui souffle sur la Syrie, une solution qui garantie l’instauration de la paix, le retour des enlevés, des déplacés à l’intérieur et à l’extérieure du pays, au droit du peuple syrien à l’autodétermination, en toute liberté, loin de toute ingérences extérieure.

Pour l’Iraq. Ce pays assume les retombées d’une succession de guerres qui ont déraciné des peuples entiers du territoire de leurs ancêtres, comme les événements qui se sont déroulés l’an dernier à Mossoul et dans les villages et cités de la Vallée de Ninive. Des atrocités ont été commises rappelant au souvenir du monde entier les sauvageries commises au cours des siècles très anciens mais qui continuent à détruire des civilisations très anciennes dans le but de servir des projets raciaux et confessionnels, étrangers à la civilisation des Irakiens.

Mais pour le Liban. Le pays est un message. Nous appelons à consacrer toute fidélité à lui seul, à le servir et à servir les intérêts de son peuple, à élire un Président de la République qui redonne aux institutions constitutionnelles la régularité et enfin œuvrer à bâtir une patrie qui réjouit tous les libanais.

À nos bienaimés en Palestine. Les Pères assurent avec insistance qu’ils demeurent le pivot de leur souci. Leur voix ne s’abaissera jamais pour les défendre et défendre leur cause juste même si le monde entier essaie de l’ignorer et de l’affaiblir en suscitant des guerres et des conflits dont le but consiste à laisser les violeurs de la terre palestinienne vivre en paix et en sérénité.

7. Nous demandons à la Communauté Internationale d’assumer sa responsabilité en arrêtant les guerres sur notre terre, à trouver des solutions pacifiques et politiques aux conflits, à œuvrer avec sérieux à aider les déplacés et les émigrés à réintégrer leurs maisons et leurs propriétés et à protéger leurs droits comme citoyens. Nous lui disons que nous sommes les propriétaires originaires de cette terre, enracinés en elle. Elle a été arrosée par la sueur du front de nos pères et ancêtres. Nous assurons plus que tout autre jour passé que nous y restons pour la bâtir avec nos partenaires dans la citoyenneté. Nous avons la charge de cette terre pour laquelle notre sang a coulé pour la défendre Le sang de nos martyrs est sanctifié. Nous appelons toute personne qui prétend s’occuper de notre destin à nous aider à rester et à nous enraciner dans notre terre pour la labourer, la développer et profiter de ses biens, non à faciliter le vol de notre héritage, de nos biens, non à détruire notre civilisation, non à soumette notre être vivant à l’esclavage, non à lui imposer le chemin de l’émigration. Nous lançons un cri et nous réitérons la demande de mettre fin à la guerre sur notre terre et à soutenir les bases de la stabilité dans toute la région.

8. Nos bienaimés. En ce moment où l’on tue au nom de Dieu, nous sommes appelés à discerner que « la charité est plus forte que la mort ». Tuer au nom de Dieu c’est porter préjudice à Dieu. Notre fidélité à notre Christ qui dit « bienheureux ceux qui agissent pour la paix, ils seront appelés enfants de Dieu », nous oblige à devenir des messagers de paix dans ce Levant. Notre rôle consiste à faire face à toute pensée ou idéologie qui élève au rang du sacré la violence, le massacre et la vengeance. Notre foi en Dieu ne peut se manifester qu’en charité et paix envers l’humanité, la protection de notre terre et de nos Églises dans le cadre de la liberté des enfants de Dieu dont l’une des ses plus simples fondements est le respect de la diversité et de la différence.

9. De cette église Al Maryamiyah, nous invoquons la Mère de Dieu, notre mère dont l’intercession est chaude auprès du Sauveur, de nous sauver et de sauver nos patries des difficultés environnantes, de nous accorder la force pour être à son image, des personnes qui témoignent pour le Christ dans la nuit de ce monde. Que Dieu vous accorde la bénédiction et la force pour demeurer Ses témoins dans cette région. Votre vocation consiste à entre « le sel du monde » et « la petite levure dans le pain ». Ne négligez pas cette invitation pour la délivrance du monde. Soyez sûrs qu’en vous, l’Évangile du Christ restera effectif dans l’Église d’Antioche.

Source : Il Sismographo (11 juin). Traduction en français de la Nonciature apostolique à Damas.

Communiqué des Patriarches des Églises d’Antioche (Document) / L'analyse de "L'Orient , le jour":Le sommet œcuménique de Damas, nouveau dans la forme, conventionnel sur le fond.

C'est moins la teneur du message final du sommet œcuménique qui s'est tenu à Damas que le lieu depuis lequel il a été lancé qui a constitué sa grande nouveauté ; et qui a frappé les imaginations. Dans une Syrie dont le régime a le dos au mur, le cri des patriarches orthodoxes et catholiques se réclamant d'Antioche se voulait d'encouragement à une population chrétienne – et musulmane – inquiète, désorientée, tentée par le départ. Même si, sur le fond, il y a quelque chose dans ce message de trop conventionnel qui semble ne plus correspondre à la réalité.

Réunis au siège de l'archevêché grec-orthodoxe, les patriarches ont plaidé, dans leur communiqué final, « en faveur d'un règlement politique de la crise syrienne ». Un règlement dont on sait qu'il se heurte à la réelle volonté d'ouverture du régime syrien sur une opposition crédible. Le message final diabolise, à raison, le jihadisme, tout en invitant la communauté internationale, dont une partie est jugée complice, à le combattre ou au moins à cesser de l'appuyer en sous-main. Il affirme qu'il est temps de lutter contre le rigorisme musulman par une saine éducation religieuse, ce qu'une vaste majorité de musulmans souhaite aussi. Il plaide pour « le pluralisme », mais on a l'impression que c'est davantage du pluralisme religieux que du pluralisme politique qu'il s'agit.

Toujours est-il que le sommet contenait quand même, dans la forme, suffisamment d'éléments de nouveauté pour faire l'actualité, d'autant que pour le tenir, il a fallu à certains, comme au patriarche maronite – mais pas seulement –, surmonter des objections. Le grand danger, en effet, était de voir le régime syrien instrumentaliser ce sommet à son avantage. Mais cette perspective n'a pu prévaloir sur le côté purement humain de la rencontre, loin du « tout politique » qui déchire le Liban.

La symbolique des cinq patriarches
Le patriarche Raï est rentré vers 18 heures à Bkerké, « satisfait de son voyage, heureux d'avoir pu insuffler un nouvel espoir à la population venue à sa rencontre », selon son entourage. La symbolique des cinq patriarches d'Antioche, l'accueil chaleureux de la population, l'apparente normalité qui a entouré les travaux ont remonté le moral de la population et l'ont aidée à sentir qu'elle n'est pas abandonnée. « Sur ce plan, le sommet a été une réussite, mais il est évident que ce qui s'est passé ne change rien aux équations politiques », souligne avec réalisme une source proche du sommet.

(Lire aussi : Raï à Damas : « La conscience du monde est morte ! »)


Voici de grandes lignes du message final publié par les patriarches Jean X Yazigi (grec-orthodoxe), Ignace Efrem II (syriaque-orthodoxe), Grégorios III (grec-catholique), Ignace Youssef III Younane (syriaque-catholique) et Béchara Raï (maronite).
Le message invite les Syriens à rester attachés à l'unité de la Syrie. Il demande au monde d'œuvrer sérieusement en faveur d'un règlement pacifique de la guerre, un règlement garantissant l'instauration de la paix, le retour des personnes enlevées et des déplacés, et « le droit des Syriens de déterminer librement leur propre avenir loin de toute ingérence étrangère ». Les noms des évêques Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim, ainsi que celui du prêtre Jacques Mourad n'ont pas été oubliés de la liste des personnes enlevées dont la cause demeure vivante.

Allégeance exclusive au Liban
Le message invite par ailleurs les Libanais à faire allégeance exclusive au Liban et réclame aux responsables une action sincère pour l'élection d'un président de la République.
Il déplore par ailleurs les « guerres successives » qui ont dévasté l'Irak, et « les projets racistes et confessionnels étrangers à notre culture » qui en ont déraciné la population.
Il rappelle aussi que la cause de la Palestine demeure axiale pour le monde arabe et dénonce « les deux poids, deux mesures » utilisés par la communauté internationale pour en juger, ainsi que les « guerres marginales » inventées par Israël pour continuer à occuper tranquillement un territoire spolié.

Tout en invitant à de meilleures relations avec les musulmans, le communiqué, à la demande du patriarche Raï, a refusé de verser dans la rhétorique majorité/minorité, partant du fait que les chrétiens sont enracinés au Moyen-Orient depuis deux mille ans. « La terre est identité, et combien plus si elle est terre du Christ et de ses disciples », a dit avec beaucoup de force le communiqué. « Nous ne condamnons pas ceux qui choisissent de partir, mais nous rappelons aux chrétiens que la fermeté dans la foi vient souvent à travers beaucoup de tribulations », dira encore le texte.

(Source: L'Orient LE JOUR, article de Fady NOUN le 9 VI 2015)

Communiqué des Patriarches des Églises d’Antioche (Document) / L'analyse de "L'Orient , le jour":Le sommet œcuménique de Damas, nouveau dans la forme, conventionnel sur le fond.

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