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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 21:13
Mercredi 18 MAI 2016/ELÉMENTS POUR MÉDITER, RÉFLÉCHIR, PRIER ET MIEUX AGIR:

 

Mercredi 18 MAI 2016/ELÉMENTS POUR MÉDITER, RÉFLÉCHIR, PRIER ET MIEUX AGIR:

Chers amis, Aloho m'barekh

Je reviens vers vous après quelques jours d'absence.

J'espérais vous retrouver autour de la Pentecôte lorsque je serais au Monastère, mais hélas, une panne internet en a décidé autrement! Cependant, n'en doutez-pas, vous étiez tous dans nos prières alors que nous célébrions les solennités de Pentecôte.

De retour en Dordogne, Charente, Centre et Pyrénées pour la desserte de ces contrées jusqu'en fin de mois, j'espère pouvoir vous retrouver en ce Rendez-vous quasiment quotidien...

Votre respectueusement dévoué.

+Mor Philipose-Mariam

 

 

Livre des Actes des Apôtres 5,12-16.

En ces jours-là, beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon, 
et aucun des autres n'osait se joindre à eux ; mais le peuple les louait hautement. 
De plus en plus s'adjoignaient des croyants au Seigneur, hommes et femmes en masse, 
à tel point qu'on apportait les malades dans les rues et qu'on les plaçait sur des lits et des grabats, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu'un d'eux. 
On venait même en foule des villes voisines de Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs, qui tous étaient guéris.
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,44-52.

En ce temps-là, Jésus dit à la foule des Juifs : Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le ressusciterai au dernier jour. 
Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi. 
Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu ; celui-là a vu le Père. 
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. 
Je suis le pain de vie. 
Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. 
Voici le pain descendu du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point. 
Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde." 
Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : "Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger ?" 
 





UNE PRIERE AU CHRIST PAIN DE VIE

Extraite de la Liturgie latine 
Hymne des vêpres de la fête (trad. Liturgie Chorale du Peuple de Dieu) 

 

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie »

 

 

Que mon cœur chante le mystère 
Du Corps glorieux de Jésus Christ, 
Du Sang précieux du Fils de Dieu 
Versé pour racheter le monde. 

Né de Marie, la Vierge Mère, 
Il a reçu de nous sa chair 
Pour y semer son verbe saint 
Et donner l'immortalité. 

La nuit de la dernière Cène 
Il mange la Pâque avec les siens ; 
Rompant le pain, offrant le vin, 
Il s'offre aux siens en nourriture. 

Il s'est fait chair, lui le vrai pain, 
Son sang pour nous s'est fait boisson, 
Ce que nos sens ne touchent pas, 
La foi en embrase nos cœurs. 

Ce sacrement est admirable, 
Courbons nos fronts, adorons-le, 
Dieu ne vent plus de sacrifices, 
Voici l'offrande de son Fils. 

Au Père, au Fils, notre louange 
Et l'allégresse de nos chants ; 
À l'Esprit du Père et du Fils, 
Égale acclamation de gloire.

 

« La Salutation angélique est l'une des prières à la bienheureuse Vierge, qui a plus de bénédiction.

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Elle remplit le ciel de joie et la terre de grâces... C'est donc bien fait de dire une chose si sainte, qui renferme le mystère de l'Incarnation, et tout ce qu’il y a de plus grand en la glorieuse Vierge ; c'est imiter un Ange, c'est faire la volonté de Dieu, c'est parler comme la bienheureuse Élisabeth par le mouvement du Saint Esprit ; c’est suivre l'esprit de l’Église, qui la joint dans tous les Offices avec l’Oraison Dominicale, et qui l'a ordonnée pour nous obtenir des grâces, et particulièrement le don de persévérance à la mort. C’est cette prière avec l’Oraison Dominicale qui compose le Rosaire, enseigné par le grand saint Dominique, et que Dieu a comblé de tant de faveurs...

Les dévots de la Mère de Dieu ne manquent pas à l'honorer tous les jours ; et c'est l'une des marques qu'ils sont à son service. Cependant ils s'y appliquent encore plus spécialement en certains jours qui lui sont consacrés plus particulièrement. Nous avons parlé des jours de ses fêtes ; mais toutes les semaines l’Église lui dédie le jour du samedi, en faisant célébrer son Office, quand ce jour n'est pas occupé d'autre part...

Davantage, les dévots de la Reine des anges et des hommes s'appliquent en différentes manières à lui donner des témoignages de leur estime et de leur amour. Ils ont une dévotion spéciale à son très doux nom de Marie ; et il y en a qui l'honorent en récitant le MagnificatAve Maris stellaRegina caeli laetareInviolataAve Regina caelorum : Cantique, Hymne et Antiennes qui commencent par les lettres qui composent son précieux nom de Marie... Saint Bernard, au sermon quatrième de l'Assomption, écrit qu'on ne saurait la nommer sans être embrasé du pur amour ; qu'on ne saurait y penser sans sentir son cœur tout rempli de joie ; que son souvenir apporte la paix, la douceur, la délectation spirituelle, qui est inséparable de sa véritable dévotion. Cette Mère admirable a bien voulu révéler à sainte Brigitte, comme elle l'assure dans ses Révélations, que les Anges se réjouissent entendant son nom, que les Démons tremblent et s'enfuient, que les âmes qui sont dans le Purgatoire en reçoivent du soulagement, et que les Anges gardiens redoublent leurs soins. Cela se doit entendre quand il est bien invoqué. Ô nom précieux ! ô nom sacré ! ô nom aimable ! nom admirable ! nom de douceur ! de consolation et de paix ! nom de protection ! je désire vous révérer tous les jours de ma vie : servez-moi toujours de refuge et d'asile, particulièrement à l'heure de ma mort. Ô mon bon Ange, esprit céleste, au milieu de tous les soins assidus que vous prenez de tout ce qui me regarde avec des bontés inexplicables, redoublez ces soins pour me donner de plus en plus de la vénération et de l'amour pour le très doux nom de Marie, pour la gloire du divin nom de Jésus, par lequel le nom de Marie est grand au ciel et en la terre, le tout se terminant à la très adorable Trinité, qui est la fin de toutes choses. »


Henri-Marie Boudon (1624-1702)

See original image

 

Homélie syriaque du 5ème siècle

 

Les disciples se trouvaient réunis dans la chambre haute ...

 

« Et ils se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit

 

leur donnait de parler ».

 

0 chambre haute, qui es devenue un pétrin, où fut jeté le levain

 

qui fit lever l'univers entier!

 

0 chambre haute, qui' es devenue la mère de toutes les Eglises!

 

0 sein merveilleux qui as enfanté des temples pour la prière!

 

0 chambre haute qui as vu le miracle du buisson: Moïse

 

s'émerveilla de voir un buisson où brûlait le feu et qui ne se

 

consumait pas. Venez donc voir des membres de chair se réjouir

 

au milieu des langues de feu!

 

0 chambre haute, qui étonnas Jérusalem par un prodige bien plus

 

grand que le prodige de la fournaise, lequel émerveilla les

 

habitants de Babylone!

 

 

Le feu de la fournaise brûlait les gens de l'extérieur, mais

 

épargnait ceux de l'intérieur; le feu de la chambre haute

 

rassemblait ceux du dehors désireux de le voir, et il réconfortait

 

ceux du dedans. Le feu de la fournaise, c'est à l'extérieur des

 

corps des saints qu'il brûlait, mais celui de la chambre haute,

 

c'est au fond du cœur des apôtres qu'il flambait.

 

 

0 feu dont la venue était accompagnée d'une voix, dont le silence

 

répandait la lumière, et qui établissait les cœurs dans l'action de

 

grâce!

 

 

Or les apôtres étaient là, assis, attendant la venue de l'Esprit.

 

 

Ils étaient comme les soldats d'un roi qui attendent le moment

 

où ils pourront revêtir leur armure pour marcher au combat.

 

 

Ils étaient là comme des flambeaux qui guettent le moment où ils

 

pourront être allumés par l'Esprit Saint et éclairer toute la

 

création par leur enseignement.

 

 

Ils étaient là comme des paysans qui portent la semence dans le

 

pan de leur manteau et qui guettent le moment où ils recevront

 

l'ordre de semer.

 

 

Ils étaient là comme des commerçants pleins de zèle, attendant

 

le moment où ils pourront se mettre en marche pour distribuer

 

au monde leurs trésors.

 

 

Ils étaient là comme des marins dont la barque est ancrée au

 

port du commandement du Fils et qui attendent qu'un vent doux

 

souffle pour eux.

 

 

Ils étaient là comme des bergers qui viennent de recevoir leur

 

houlette des mains du grand Pasteur de tout le troupeau, et qui

 

guettent le moment où les troupeaux leur seront donnés en

 

partage.

 

 

« De toutes les nations qui sont sous le ciel, il se trouvait donc là

 

des gens réunis » par l'action de l'Esprit et « ils les entendaient

 

parler dans leurs propres langues » et ils disaient: « Ces gens-là

 

ne sont-ils pas des galiléens? » Comment parlent-ils dans nos

 

langues? ... « Ces gens-là ont bu du vin et ils sont ivres ».

 

 

Vous avez dit la vérité, mais ce n'est pas ce que vous croyez. Ce

 

n'est pas du vin des vignes qu'ils ont bu. C'est un breuvage

 

nouveau qui leur coule du ciel. C'est un vin récemment pressé sur

 

le Golgotha. Les Apôtres le firent boire et ils enivrèrent ainsi la

 

création. C'est un vin que pressèrent les bourreaux à la Croix.

 

Ceux-ci n'en burent pas mais c'est un vin qui fut donné aux

 

croyants pour le pardon ...

 

 

 

... Le prophète avait crié: « dans les derniers jours, je répandrai

 

mon Esprit sur toute chair et ils prophétiseront ».

 

 

Le Père a promis, le Fils a agi et l'Esprit a accompli ... 0 merveille

 

que réalisa l'Esprit par sa venue!

 


 

Mercredi 18 MAI 2016/ELÉMENTS POUR MÉDITER, RÉFLÉCHIR, PRIER ET MIEUX AGIR:

UNE MEDITATION SUR LA PENTECÔTE

« Voici que nous célébrons la fête de la Pentecôte, la venue de l’Esprit, l’accomplissement de la promesse ainsi que de notre espérance ». C’est en ces termes que l’Église aux vêpres de la Pentecôte, le samedi soir, nous invite à entrer dans l’atmosphère de cette très grande fête que nous célébrons le septième dimanche après Pâques [1] et qui n’est pas inférieure à Pâques elle-même.

Au cours de ces vêpres du samedi soir avant la Pentecôte, trois lectures de l’Ancien Testament nous préparent à la fête. La lecture du livre des Nombres (11, 16-17, 24-29) nous montre Moïse choisissant, sur l’ordre de Dieu, soixante-dix anciens auxquels Dieu communiqua une part de l’esprit qu’il avait donné à Moïse. Ils se tenaient près du tabernacle, « quand l’Esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent… ». Et, quand Josué demanda à Moïse de réduire au silence deux hommes qui prophétisaient sans être venus vers le tabernacle, Moïse répondit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Puisse tout le peuple de Yahvé être prophète, Yahvé leur donnant son Esprit ! [2] ». La lecture du prophète Joël (2, 23-32) prédit ce qui arriva lors de la première Pentecôte chrétienne : « Après cela je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. Même sur les esclaves, hommes et femmes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit ». La lecture du prophète Ezéchiel (36, 24-28) annonce elle aussi un renouvellement intérieur : « … Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau ; J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous… ».

Aux matines de la Pentecôte, chantées le samedi soir ou le dimanche matin, nous lisons un des évangiles racontant les apparitions de Jésus ressuscité. Dans ce passage (Jn 20, 19-31), nous voyons une première descente de l’Esprit sur les disciples : « … Il [Jésus] souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint… ». Cette première venue de l’Esprit n’est pas moins réelle que celle du jour de la Pentecôte. La différence est que, le jour de la Pentecôte, l’Esprit descendit sur eux avec « puissance ». Il y a la même différence entre la venue du Saint-Esprit sur un chrétien baptisé, au moment où il reçoit le sacrement de chrismation ou confirmation, et ce baptême de l’Esprit dont nous reparlerons et que certains chrétiens obtiennent à un stade avancé de la vie spirituelle.

À la liturgie, le dimanche matin, nous lisons, au lieu d’épître, le récit des événements de la Pentecôte tels que les décrit le livre des Actes des apôtres (2, 1-11). Certains aspects de ce récit appellent particulièrement notre attention.

« Le jour de la Pentecôte étant arrivé… ». La Pentecôte est à la fois un achèvement et un début. Une voie nouvelle s’ouvrait devant les disciples, mais ils s’y étaient préparés. Nous ne pouvons pas entrer en quelque sorte dans la Pentecôte à l’improviste. Il nous faut d’abord avoir assimilé toute la substance spirituelle que nous offrent les cinquante jours compris entre Pâques et Pentecôte. Il nous faut déjà avoir eu l’expérience du Christ ressuscité. Il faut avoir traversé les jours de la Passion. Bref, il faut avoir mûri.

« Ils se trouvaient tous ensemble… ». Quelques autres versets du livre des Actes nous dépeignent les Onze, assemblés « dans la chambre haute », avec Marie, mère de Jésus et les femmes. C’était l’Église naissante. Ils priaient tous ensemble. Nous trouvons là les conditions nécessaires à la réception du Saint-Esprit. Il nous faut, à certains moments, nous retirer du monde et nous enclore dans la chambre haute de notre âme. Là nous devons prier. Et nous devons nous unir à la prière et à la foi de toute l’Église. Nous devons être « ensemble » avec les apôtres et avec la mère de Jésus. Qui veut ignorer l’autorité des apôtres ou se passer de la présence maternelle de Marie ne peut recevoir le Saint-Esprit.

« Quand, tout à coup, vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent… ». Le Saint-Esprit est un souffle, un vent. Ce qui importe pour nous, ce n’est pas de nous émerveiller devant le puissance de ce souffle, mais de nous soumettre entièrement à lui et de nous laisser « pousser » par l’Esprit comme Jésus aux jours de sa vie terrestre. Que ce souffle nous dirige où il veut. Rappelons-nous aussi que ce souffle est lui-même « dirigé ». Il n’est pas une force indépendante et incohérente. Jésus a soufflé le Saint-Esprit sur ses disciples. Mais ce souffle procède d’abord de la bouche du Père [3]. Il est une obéissance à Dieu. En obéissant aux impulsions de l’Esprit (le vent bruyant n’est qu’un symbole extérieur et rare, l’impulsion intérieure est la réalité), nous participons à l’obéissance de l’Esprit lui-même, procédant du Père, envoyé par le Fils.

« Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se divisaient et il s’en posa une sur chacun d’eux ». Le Saint-Esprit apparaît sous la forme de langues. La Pentecôte remédie à la dispersion et confusion des langues, produit de l’effort orgueilleux de la tour de Babel. Elle rétablit l’unité du langage humain. Les disciples seront compris par tous les étrangers venus à Jérusalem, Parthes, Mèdes et Cappadociens, et ceux-ci s’étonneront d’entendre comme dans leur propre langue les discours de ces Galiléens. Le langage de l’Esprit – du moins son sens intérieur – est aujourd’hui encore accessible à tous les hommes, à toutes les races, à toutes les nations ; le même Esprit transmet un message universel, que chaque âme reconnaît cependant comme le sien propre. D’autre part, encore de nos jours, celui en qui le Saint-Esprit agit devient capable, sinon de s’exprimer en langues étrangères, du moins de trouver la « langue » psychologique qui aura une résonance chez chacun et ouvrira son cœur. Le « dialogue » devient ainsi possible. Ce sont des langues de feu qui se posèrent sur les disciples. Ces langues impliquent une charité brûlante. La parole semble conditionnée par la flamme. Enfin les langues sont également distribuées. Elles ne sont pas le privilège de Pierre, ou de Marie, ou des Onze. Elles se posent sur tous ceux qui sont présents dans la chambre haute, et cependant ces langues enflammées sont un seul et même feu. Ainsi se trouve résolu dans l’Église le problème de l’unité et des personnes. Ni l’une ni les autres ne sont sacrifiées.

« Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint… ». Cette soudaine et complète invasion de l’âme entière par le Saint-Esprit, accompagnée d’une force nouvelle, extraordinaire, constitue le « baptême du Saint-Esprit » différent à la fois du baptême d’eau et de l’onction par laquelle l’Église communique l’Esprit. Il y a là une réalité que nous avons trop perdue de vue, mais sur laquelle l’Écriture insiste et vers laquelle notre attention devrait être rappelée [4].

 « Et ils commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer… ». Nous avons déjà indiqué l’importance de cette parole « donnée » par l’Esprit [5]. Mais, d’une manière plus générale, ici se pose la question des grâces extraordinaires ou pentecostales, des charismes [6]. Un danger serait de les désirer d’une manière désordonnée. Un autre danger serait de les négliger, de les oublier, de penser que ce sont là choses du passé, alors qu’ils ont été donnés – ou plutôt qu’ils sont donnés – à l’Église pour tous les temps.

L’évangile du dimanche de la Pentecôte (Jn 7, 37-52 – 8, 12) relate les discussions entre Juifs relativement à la personne de Jésus. Seuls les trois premiers versets ont un rapport direct avec le Saint-Esprit : « Jésus debout, lança à pleine voix : si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi, selon le mot de l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui ; car ils n’avaient pas encore l’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié ». Le sens de ces paroles est clair. D’une part, l’effusion du Saint-Esprit est conditionnée par la foi en Jésus. D’autre part, le Saint-Esprit sera donné quand la présence visible de Jésus aura été retirée de ce monde. Ce sont là les deux points fondamentaux de la doctrine des rapports du Fils et de l’Esprit dans la vie des chrétiens [7].

Aussitôt après la liturgie commencent des vêpres d’une structure spéciale. Au cours de cet office, la congrégation, agenouillée, chante d’une manière solennelle le tropaire « Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité, toi qui es partout présent et qui remplis tout… ». On sait que ce tropaire est dit au début de chaque liturgie et de la plupart des offices du rit byzantin ; et il est, si nous ne faisons pas erreur, la seule prière adressée directement, dans ce rit, au Saint-Esprit [8]. Cette prière, le matin du dimanche de la Pentecôte, a une importance capitale : son chant est le moment où l’Église concentre toutes ses aspirations vers l’Esprit et implore sa venue ; à ce moment, chaque fidèle agenouillé peut, s’il demande vraiment Celui qui est le « don » par excellence, recevoir dans son cœur un renouvellement de la grâce pentecostale et la descente de la colombe [9]. La congrégation étant encore agenouillée, le prêtre lit sept longues prières ; deux d’entre elles sont adressées à Dieu, sans distinction entre les trois personnes divines ; deux sont adressées au Père et trois au Fils. Elles peuvent, au premier abord, sembler un peu diffuses ; mais si on les analyses attentivement, on reconnaîtra en elles une somme de la doctrine orthodoxe. Elles récapitulent toute l’économie divine du salut ; elles indiquent tout ce que Dieu a fait pour les hommes depuis la création et elle sollicitent les grâces dont nous avons besoin. Quoiqu’elles fassent certaines allusions au Saint-Esprit, elles marquent un glissement du mystère de l’Esprit au mystère de la Trinité. Une phrase de la cinquième de ces prières dit : « Ô toi, qui, le dernier et grand jour de notre salut, celui de la Pentecôte, nous as révélé le mystère de la Sainte Trinité, consubstantielle et co-éternelle… ». Cet aspect « trinitaire » de la fête de la Pentecôte explique pourquoi ce dimanche est souvent appelé, parmi les peuples orthodoxes, « jour de la Trinité [10] ». Il explique aussi pourquoi les Églises de rit Byzantin ont jugé bon de consacrer plus spécialement le lundi de la Pentecôte à la personne du Saint-Esprit : la liturgie et la plus grande part de l’office de la veille (sauf les sept prières dont nous avons parlé) sont répétées en ce lundi. À vrai dire, nommer, comme on le fait, le lundi de la Pentecôte « jour du Saint-Esprit » est une anomalie, car la vraie fête du Saint-Esprit est le dimanche de la Pentecôte, et il serait certainement souhaitable que, en ce dimanche même, la piété des fidèles s’adresse très particulièrement à la troisième personne de la Trinité, dont l’existence et l’action demeurent si voilées à beaucoup d’entre nous. D’autre part, il est bon que le mystère de la Trinité soit aussi rappelé à notre attention. Ce serait une grande erreur que de considérer le dogme de la Trinité comme une spéculation abstraite, lointaine, sans rapport avec notre vie pratique. L’amour vivant et réciproque des trois Personnes divines est le fait éternel, le fait le plus grand, infiniment plus grand et important que tout ce qui nous concerne nous-mêmes [11]. L’homme a été créé parce que les trois Personnes divines voulaient lui communiquer dans une certaine mesure leur propre vie intime. Déjà ici-bas, la vie de la grâce est une participation à cette vie de la Trinité. L’âme qui meurt unie à Dieu est appelée à entrer dans la circulation d’amour des trois Personnes. Les relations de celles-ci constituent le modèle suprême, quoiqu’infiniment transcendant, de ce que devraient être les relations entre les hommes. La Pentecôte, événement final de l’histoire de notre salut – puisque la dispensation du Saint-Esprit ne sera, en ce monde suivie d’aucune dispensation supérieure ou nouvelle – nous introduit au sein du mystère de la Trinité, océan d’où part et où aboutit le fleuve de l’amour divin qui emporte les hommes vers Dieu [12].

Afin de marquer que, à la Pentecôte, le cycle liturgique a atteint sa plénitude, l’Église orthodoxe appelle tous les dimanches qui suivent « dimanches après la Pentecôte ». Elle continue même de les désigner ainsi jusqu’au premier dimanche de la préparation au grand carême. Il en résulte, à partir du début de l’année liturgique (1er septembre), un curieux dédoublement entre la série des dimanches, qui se rattachent d’une certaine manière à la Pentecôte, au temps de plénitude, et les fêtes de Notre-Seigneur (Avent, Noël, Épiphanie), temps d’attente, de naissance et de croissance. En fait, la piété des fidèles saura, au cours des cinq ou six premiers mois de l’année liturgique, mettre spirituellement les dimanches en rapport avec le mystère du Christ attendu, apparaissant et grandissant au milieu des hommes. Par contre il est bon que, de la Pentecôte à la fin de l’année liturgique, nous sachions maintenir les dimanches dans le cadre du « temps après la Pentecôte » ou plutôt du « temps de la Pentecôte », lequel durera jusqu’au commencement de septembre. Nous célèbrerons ces dimanches dans l’esprit de la Pentecôte. Nous lirons, aux liturgies de ces dimanches des épisodes évangéliques bien antérieurs à la Pentecôte ; ils se rattachent à la vie terrestre de Jésus avant sa Passion et sa glorification. Mais nous les interprèterons en termes de l’Esprit, car c’est sous le souffle et par la puissance du Saint-Esprit que Jésus parlait et agissait.

Nous avons déjà souligné l’importance du thème de la lumière dans l’année liturgique byzantine (Note du claviste: On peut en dire autant de la Liturgie Syriaque): cette lumière divine apparaît avec la naissance du Christ ; elle croît avec lui ; elle triomphe sur les ténèbres la nuit de Pâques ; à la Pentecôte, elle atteint le plein midi. La Pentecôte est « la flamme du midi ». Mais à ce développement exprimé par l’année liturgique doit correspondre dans notre âme une croissance de la lumière intérieure. Les richesses et le symbolisme de l’année liturgique ne servent de rien si elles n’aident pas la « lumière intérieure » à guider notre vie.

Nous avons dit aussi que l’on pourrait discerner dans la vie spirituelle trois étapes comparables à trois conversions. La première conversion est la rencontre de l’âme avec Notre-Seigneur, suivi comme un Ami et comme un Maître. La deuxième conversion est l’expérience personnelle du pardon et du salut, de la croix et de la résurrection. La troisième conversion est la venue du Saint-Esprit dans l’âme comme une flamme et une force. C’est elle qui établit l’homme dans une union durable avec Dieu. Noël ou l’Épiphanie, puis Pâques et enfin la Pentecôte correspondent à ces trois conversions. Hélas ! il est probable que nous n’avons pas encore été transformés en flamme vive par les Pentecôtes déjà nombreuses auxquelles, chaque année, nous nous sommes liturgiquement associés. Du moins est-il bon que nous ne perdions jamais de vue quelles grâces, quelles possibilités chaque Pentecôte nous apporte.

NOTES

[1] On sait que la Pentecôte était d’abord, comme Pâques, une fête juive. À l’origine, c’était la fête de la moisson des prémices (Exodes 23, 16). Plus tard, sous l’influence des Pharisiens, le caractère de cette fête se spiritualisa : elle devint la commémoration du don de la loi fait par Dieu à Moïse. La Pentecôte chrétienne prolonge ces deux lignes d’origine : les conversions et les miracles de la première Pentecôte chrétienne étaient les prémices de la religion de Jésus ; la venue de l’Esprit dans le cœur des disciples y  inscrivait une Loi nouvelle. Nous savons par Tertullien que, le IIIe siècle, les chrétiens célébraient leur propre fête de Pentecôte. D’après les soi-disant Constitutions apostoliques, la célébration de la Pentecôte, au IVe siècle, durait une semaine. On conférait le baptême aux catéchumènes la veille du dimanche de Pentecôte, comme on le faisait le samedi-saint. Pâques et la Pentecôte – la Pâque de l’Esprit – étaient mises sur pied d’égalité.

[2] Ce texte devrait être médité, de nos jours, par les exclusivistes qui croient que Dieu ne peut se susciter de prophètes qu’auprès de leurs propres tabernacles. Les serviteurs de Dieu dont l’Église a sanctionné la vie et les paroles ont, de ce fait, une autorité particulière. Mais il n’est pas d’Église ou de groupe chrétiens, il n’est pas de religion, même païenne, où Dieu ne puisse élire des serviteurs saints et inspirés.

[3] Le souffle devient une voix. La voix qui prononce et la parole prononcée procèdent toutes deux du Père. Le Fils est le mot, la Parole de Dieu. Le Saint-Esprit est la voix qui porte et prononce cette Parole. Lorsque Dieu nous parle intérieurement, le contenu interne du message vient du Père. Le Fils formule et prononce le texte du message. Et c’est par la force de l’Esprit que le message nous atteint. Si le texte du message appartient au Fils, l’intonation et les inflexions, pour ainsi dire, sont de l’Esprit.

 www.pagesorthodoxes.net

If you want to see the Light, your life and your worship should be "ad orientum." You should be a congregation, not an audience.( Fr.Barnabas Powell)

If you want to see the Light, your life and your worship should be "ad orientum." You should be a congregation, not an audience.( Fr.Barnabas Powell)

CROYONS-NOUS ENCORE AU CREDO ?

Croire… –

Le mot revêt plusieurs sens : la crédulité (« croire à »), l’opinion (« croire que »), la confiance (« croire en » ou « dans », ou « croire quelqu’un »). Nous croyons dans la Personne divine, nous lui faisons une confiance absolue, nous la croyons sur parole. Dieu s’est rendu particulièrement crédible en se faisant homme et en versant son sang sur la Croix. Jésus Christ, Fils de Dieu et Fils de l’Homme, est digne de toute notre confiance. Nous croyons ce que dit le Symbole de la Foi, parce que c’est l’enseignement de Jésus Christ et de son Église, une synthèse (« symbole ») de la Tradition cohérente avec la sainte Écriture. Nous disons ce beau texte tous les jours, en beaucoup de circonstances, dans un esprit de prière et de foi, depuis notre baptême : il exprime la foi baptismale des chrétiens et celle à laquelle ils communient dans l’eucharistie.

Croire « encore »

Tout est d’actualité dans le Symbole de la Foi. Du point de la cosmologie, le monde est créé : il n’est pas composé de choses ou d’objets ; il comporte des « créatures », c’est-à-dire des êtres matériels et spirituels voulus par le Créateur. Les lois que découvrent les savants, la beauté que dévoilent les artistes, manifestent la sagesse de celui en qui nous croyons : « un seul Dieu, Père souverain, créateur du ciel et de la terre et de tous les êtres visibles et invisibles ».

Valeur de l’être humain

Du point de vue anthropologique, le fait de l’Incarnation – union sans confusion du divin et de l’humain dans la Personne divine du Verbe – fonde une attitude de respect et de considération à l’égard de l’être humain, temple du saint Esprit : la médecine, la biologie, les sciences humaines se rapportent à un être sublime, à l’image et à la ressemblance de Dieu ; Dieu est en l’homme et l’homme est en Dieu. Le Symbole de la Foi est d’actualité parce qu’il valorise l’être humain autant qu’il est possible.

Sens de l’Histoire

Nous croyons « encore » au Credo, parce qu’il nous dit que l’Histoire a un sens ; elle est orientée vers un accomplissement : la manifestation ultime de la lumière de connaissance de Dieu et de l’univers, car le Christ « de nouveau, avec gloire, vient, juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin ». Et encore, nous mettons toute notre confiance et toute notre espérance dans le Symbole, parce qu’il nous dit que, par la résurrection universelle, la vie triomphera définitivement de la mort. N’est-ce pas d’actualité que de dire que le monde n’est pas absurde ?

Le signe d’unité

Le Symbole de la Foi a encore notre confiance parce qu’il est la charte de l’unité chrétienne de tous les temps. Il est normatif pour tous les chrétiens. Il ne pourrait être modifié que par un concile universel auquel participeraient des représentants de toutes les communautés chrétiennes ; et la modification ne pourrait toucher que des points de rédaction : car la révélation divine est immuable, Dieu ne se mettra pas en contradiction avec lui-même…(Source: "Sagesse Orthodoxe")

 

 

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