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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 05:53

Soyons solidaires, au moins par la prière ! n'oublions jamais que le Tur Abdin est un peu aux Syriaques ce que l'Athos est aux Grecs, n'oublions jamais que l'Eglise d'Antioche, mère de toutes les Eglises Locales Syro-Orthodoxes de par le monde a collaboré, avec les autres Eglises Orientales, à apporter en Occident la lumière civilisatrice de l’Évangile du Christ Prince de la Paix.
C'est de l'Orient Chrétien initial que le sel de l’Évangile s'est répandu aux quatre coins du monde, aux Indes, en Europe, etc...
Que font nos politiques pour défendre les droits ancestraux de nos frères Syro-Orthodoxes? S'il ne font rien, nous, du moins, pleurons, compatissons et prions.
Que la Vierge que l'Occident invoque comme "Mère du Bon Conseil", ouvre les coeurs à l'Esprit de Sagesse,de Vérité et d'Amour !
Avec Respect et amour fraternel dans le Christ, notre Seigneur.Aloho m'barekh (Dieu vous bénisse)!
+Mor Philipose 

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Let's be supportive, at least by prayer! Let us never forget that Tur Abdin is a little Syriac what Athos is to the Greeks, let us never forget that the Church of Antioch, mother of all the Syro-Orthodox Local Churches around the world collaborated, with the other Eastern Churches, to bring to the West the civilizing light of the Gospel of Christ Prince of Peace.
It is from the initial Christian Orient that the salt of the Gospel has spread to the four corners of the world, to India, Europe, etc.
What are our policies doing to defend the ancestral rights of our Syro-Orthodox brothers? If they do nothing, we, at least, weep, sympathize and pray.
May the Virgin whom the West invokes as "Mother of the Good Council" open hearts to the Spirit of Wisdom, Truth and Love!
With Respect and fraternal love in Christ, our Lord.Aloho m'barekh (God bless you)!
+ Mor Philipose 

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Vamos apoiar, pelo menos pela oração! Nunca esqueçamos que Tur Abdin é um pequeno siríaco que Athos é para os gregos, nunca esqueçamos que a Igreja de Antioquia, mãe de todas as igrejas locais síro-ortodoxas em todo o mundo, colaborou, com as outras Igrejas orientais, trazer para o Ocidente a luz civilizadora do Evangelho de Cristo Príncipe da Paz.
É do Oriente cristão inicial que o sal do Evangelho se espalhou para os quatro cantos do mundo, para a Índia, a Europa, etc.
O que nossas políticas estão fazendo para defender os direitos ancestrais de nossos irmãos síro-ortodoxos? Se não fizerem nada, nós, pelo menos, choramos, simpatizamos e oramos.
Que a Virgem que o Ocidente invoca como "Mãe do Bom Conselho" abra os corações ao Espírito da Sabedoria, da Verdade e do Amor!
Com respeito e amor fraterno em Cristo, nosso Senhor. O meu amor (Deus te abençoe)!
+ Mor Philipose

Le dernier combat des moines de Turquie

 

Depuis 2014, une cinquantaine de biens appartenant à l’Église syrienne-orthodoxe ont été expropriés par le gouvernement turc dans le sud-est de la Turquie.

Parmi ces biens, des monastères très anciens où vivent encore une dizaine de moines, les derniers de Turquie orientale.

L’emblématique monastère de Mor Gabriel, évêché du Tur Abdin, fait l’objet d’un bras de fer judiciaire avec l’état turc depuis 2008. / Umit Bektas/Reuters

Tur Abdin (Turquie)

De notre envoyée spéciale

« La Turquie fait ce qu’elle veut, de toute façon ! En parler dans vos journaux européens n’y changera rien. » Frère Aziz Celik, 49 ans, ne parvient pas à contenir sa colère. De temps à autre, la voix forte de ce moine syrien-orthodoxe tonitrue sur les terrasses de Mor Malké, majestueux monastère oriental posé sur une colline aux confins de la Turquie et de la Syrie.

Depuis 2014, ces murs couleur sable se retrouvent ballottés entre deux propriétaires rivaux : l’Église syrienne-orthodoxe et le gouvernement turc. Cette année-là, il a basculé dans le domaine public turc, comme une cinquantaine d’autres biens d’Église dans la région, faute d’être enregistré dans une fondation religieuse comme l’exige désormais la loi turque (lire page suivante).

Des démarches juridiques sont en cours pour tenter de les réintégrer in extremis à des fondations syriennes-orthodoxes de la région. « Nous sommes là depuis 1 700 ans, et il faudrait qu’on enregistre nos biens ? », s’étrangle frère Aziz. Construit dès le IVe siècle, Mor Malké fait partie des quelques ermitages encore en activité dans une région, la haute Mésopotamie, où ils s’étaient multipliés avec une rare vigueur dans les premiers temps du christianisme. Cette densité a même valu à ce relief le surnom de « deuxième Sinaï ». Niché aux marges du Kurdistan historique, le Tur Abdin (« montagne des serviteurs de Dieu » en syriaque) est le berceau de la spiritualité syrienne-orthodoxe. « Nous sommes comme des poissons dont l’eau serait le Tur Abdin et ses ermitages : en dehors, nous mourrons », assure frère Aho, qui vit seul dans un monastère voisin, Mor Jakoub d’Qarno (Saint-Jacques), lui aussi exproprié en 2014. La voix basse, sans perdre son calme, il reconnaît « l’erreur » de ne pas avoir enregistré le monastère au sein d’une fondation religieuse.

L’ironie de l’histoire aurait pourtant de quoi le rendre amer : 2014, l’année de l’expropriation, est aussi celle de son arrivée dans les lieux… trois siècles après le départ des derniers moines qui l’ont habité ! Pour l’heure, frère Aho vit toujours entre ces murs, redoutant de devoir les quitter en cas d’échec des recours, ou même de voir le monastère transformé en mosquée, conformément à des rumeurs persistantes. « En fait, on ne comprend pas ce que veut le gouvernement turc. Peut-être ne le sait-il pas lui-même. »

Pour sa part, frère Aziz Celik, à Mor Malké, n’en démord pas : l’objectif des autorités est bien d’« en finir avec la communauté chrétienne de Turquie ». Il ajoute que le problème n’est pas tant lié au président Erdogan qu’à « la mentalité turque », selon lui nationaliste et belliqueuse.

Hantée par un passé traumatique, la minorité syrienne-orthodoxe de Turquie orientale (lire les repères) n’a jamais pansé les plaies de Seyfo, le massacre de chrétiens qui a eu lieu ici pendant la Première Guerre mondiale, en même temps que le génocide arménien. Certains, sous anonymat, affirment même que « le génocide continue, sous de nouvelles formes », dans une Turquie désormais à grande majorité musulmane. Pour eux, en s’appropriant les monastères et les églises, le pouvoir turc entend « effacer les traces » de la présence chrétienne. « Mais c’est notre seule terre !, rappelle Matthias, 31 ans. Nous devons protéger ces lieux. » Ce soir-là, il est venu en famille passer un moment avec frère Aho au monastère Mor Jakoub d’Qarno, en signe de soutien.

Comme des centaines d’autres syriens-orthodoxes du Tur Abdin, Matthias a quitté la région pour l’Europe et vit désormais en Allemagne. Fragilisée par les exils massifs des décennies 1980-1990, quand les chrétiens du Kurdistan fuyaient le conflit entre l’État turc et la rébellion kurde du PKK, cette minorité semble néanmoins avoir opéré un timide retour depuis 2003, à la faveur d’une accalmie dans le conflit turco-kurde. Pour Mariam (1), revenue dans le Tur Abdin il y a huit ans après avoir grandi en France, ce retour s’est peu à peu mué en résistance pacifique. « Si tous les chrétiens s’en vont, les Turcs ont gagné,assure cette mère de quatre enfants. C’est dur, mais pas question de lâcher nos terres, ni nos églises. »

Son mari vient de sortir de cinq mois de prison : il fait partie des nombreux citoyens turcs arrêtés depuis le putsch raté de juillet 2016, sans vraiment savoir pourquoi. Pour les derniers moines de la région, le soutien de laïcs aussi déterminés que Mariam ou Matthias est essentiel. « Ce sont eux qui nous aident à rester là », confirme frère Yuyakim Unval, 44 ans, seul résident du monastère Mor Augin (Saint-Eugène).

Nid d’aigle surmonté de croix orientales, cet ermitage bâti à flanc de montagne est l’un des plus exceptionnels du Tur Abdin. Il n’a pas été confisqué après 2014 mais fait quand même l’objet d’une bataille juridique : depuis des années, des voisins kurdes revendiquent une grande partie des terrains.

S’il aime savoir qu’« en bas », dans les rares villages chrétiens de la plaine, des laïcs prient avec lui, frère Yuyakim accepte la solitude qu’il s’est choisie. Lui qui a mis seize ans à rédiger un épais dictionnaire d’araméen se désole que tant de manuscrits syriens aient été volés ou détruits au cours de l’histoire. Tout ce qui lui reste, ce sont ces murs sans âge. « Pour nous, chaque pierre compte », déclare-t-il gravement. Tant qu’on ne le chassera pas de sa montagne, le moine restera fidèle à la mission suggérée par le nom même de ce lieu : un serviteur de Dieu.

Mélinée Le Priol

(Source: LA CROIX, Auteur:  Mélinée Le Priol )

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Published by Eglise Syro-Orthodoxe Francophone

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