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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:34
Ma coupe, vous y boirez (Saint Augustin / St Grégoire le Grand)

Par Saint Grégoire le Grand (v. 540-590-604), pape de Rome et docteur de l’Église. Homélies sur l'Évangile, n°35 (trad. Le Barroux)

« Ma coupe, vous y boirez »

Nous devons nous sentir concernés par la forme de patience qu'ont pratiquée les martyrs. Car si nous nous efforçons avec l'aide du Seigneur de garder cette vertu, nous ne manquerons pas d'obtenir la palme du martyre, bien que nous vivions dans la paix de l'Église.

C'est qu'il y a deux sortes de martyres : l'un consistant en une disposition de l'esprit, l'autre joignant à cette disposition de l'esprit les actes extérieurs.

C'est pourquoi nous pouvons être martyrs même si nous ne mourons pas exécutés par le glaive du bourreau.

Mourir de la main des persécuteurs, c'est le martyre en acte, dans sa forme visible ; supporter les injures en aimant celui qui nous hait, c'est le martyre en esprit, dans sa forme cachée.

Qu'il y ait deux sortes de martyres, l'un caché, l'autre public, la Vérité l'atteste en demandant aux fils de Zébédée :

-« Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » Ceux-ci ayant répliqué : « Nous le pouvons », le Seigneur répond aussitôt :

-« Mon calice, vous le boirez en effet ».

Que devons-nous comprendre par ce calice, sinon les souffrances de la Passion, dont il dit ailleurs :

-« Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi » ? (Mt 26,39)

Les fils de Zébédée, à savoir Jacques et Jean, ne sont pas morts pas tous les deux martyrs, et pourtant il leur a été dit à tous deux qu'ils boiraient le calice.

En effet, bien que Jean ne soit pas mort martyr, il l'a été cependant, puisque les souffrances qu'il n'avait pas subies dans son corps, il les a éprouvées dans son esprit. I

l faut donc conclure de cet exemple que nous pouvons nous aussi être martyrs sans passer par le glaive, si nous conservons la patience dans notre âme.

===

Par Saint Augustin (354-430),

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église .Commentaire sur le psaume 126 ; CCSL 40, 1859s

« Il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem »

« C'est en vain que vous vous levez avant le jour » (Ps 126,2).

Qu'est-ce à dire ? ...

Le Christ, notre Jour, s'est levé ; il est bon de vous lever après le Christ et non avant lui. Quels sont ceux qui se lèvent avant le Christ ? ...

Ceux qui veulent être élevés ici-bas, où lui a été humble. Qu'ils soient donc humbles en ce monde s'ils veulent être élevés là où le Christ est élevé.

En effet, il a dit de ceux qui avaient adhéré à lui par la foi — et précisément nous en sommes :

-« Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi » (Jn 17,25).

Don magnifique, grande grâce, glorieuse promesse...

Voulez-vous être là où lui il est élevé ?

Soyez humbles là où il a été humble.


« Le disciple n'est pas au-dessus du maître » (Mt 10,24)...

Et pourtant, les fils de Zébédée, avant d'avoir subi l'humiliation en conformité avec la Passion du Seigneur, s'étaient déjà choisi leur place, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Ils voulaient « se lever avant le Jour » ; c'est pourquoi ils marchaient en vain.

Le Seigneur les a rappelés à l'humilité en leur demandant : « Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? Je suis venu pour être humble, et vous voulez être élevés avant moi ? Suivez-moi, dit-il, dans le chemin où je vais. Car si vous voulez aller par un chemin où ne vais pas, c'est en vain. »

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:30
Porter du Fruit en Christ (St Grégoire de Nysse / St Basile )

Par Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395),

moine et évêque
3ème homélie sur le Cantique des Cantiques (trad. cf. Delhougne, p. 176 et Canevet, Cerf 1992, p. 33)

Donner du fruit en Celui qui en a donné à la plénitude du temps


« Mon bien-aimé est une grappe de raisin de Chypre, dans la vigne d'En-Gaddi » (Ct 1,14)...

Cette grappe divine se couvre de fleurs avant la Passion et verse son vin dans la Passion...

Sur la vigne, la grappe ne montre pas toujours la même forme, elle change avec le temps : elle fleurit, elle gonfle, elle est achevée, puis, parfaitement mûre, elle va se transformer en vin.

La vigne promet donc par son fruit : il n'est pas encore mûr et à point pour donner du vin, mais il attend la plénitude des temps.

Toutefois, il n'est pas absolument incapable de nous réjouir. En effet, avant le goût, il charme l'odorat, dans l'attente des biens futurs, et il séduit les sens de l'âme par les parfums de l'espérance.

Car l'assurance ferme de la grâce espérée devient jouissance déjà pour ceux qui attendent avec constance.

Il en est ainsi du raisin de Chypre qui promet du vin avant de le devenir : par sa fleur — sa fleur c'est l'espérance — il nous donne l'assurance de la grâce future...

Celui dont la volonté est en harmonie avec celle du Seigneur, parce qu' « il la médite jour et nuit », devient « un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » (Ps 1,1-3).

C'est pourquoi la vigne de l'Époux, qui a pris racine dans la terre fertile de Gaddi, c'est-à-dire dans le fond de l'âme, qui est arrosée et enrichie par les enseignements divins, produit cette grappe fleurissante et épanouie dans laquelle elle peut contempler son propre jardinier et son vigneron.

Bienheureuse cette terre cultivée dont la fleur reproduit la beauté de l'Epoux !

Puisque celui-ci est la lumière véritable, la vraie vie et la vraie justice...et bien d'autres vertus encore, si quelqu'un, par ses œuvres, devient pareil à l'Époux, lorsqu'il regarde la grappe de sa propre conscience, il y voit l'Epoux lui-même, car il reflète la lumière de la vérité dans une vie lumineuse et sans tache.

C'est pourquoi cette vigne féconde dit :

-« Ma grappe fleurit et bourgeonne » (cf Ct 7,13).

L'Epoux est en personne cette vraie grappe qui se montre attachée au bois, dont le sang devient une boisson de salut pour ceux qui exultent dans leur salut.

+++

Par Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l'Église . Homélie 5 sur l'Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)

Porter du fruit


Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes :

« Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J'ai planté une vigne, je l'ai entourée d'une haie » (cf Mt 21,33).

Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu'il a entourées, comme d'une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l'ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8).

Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l'Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner » (1Co 12,28).

En outre, par les exemples des saints hommes d'autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d'être foulées aux pieds.

Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d'une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui.

Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu'aux plus hautes cimes.

Il nous demande encore de consentir à être sarclés.

Or une âme est sarclée quand elle écarte d'elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l'amour de ce monde et l'attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde.

Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c'est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors.

Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:27

Saintes Perpétue et Félicité
Martyres († 203)


Perpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave.

Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l'évêque de Carthage. L'empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté, avec Sature, Saturnin, Révocat et Secondule. Pendant plusieurs mois, ils connurent la prison dans des conditions très dures, d'autant qu'ils étaient dans l'incertitude du sort exact qui les attendait.

Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l'amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l'enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville.

Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse. Elles attirèrent la pitié des spectateurs devant ces jeunes mères torturées. On les acheva en les égorgeant.

Selon les « acta » de leur martyre, des témoins disaient : « Leur visage était rayonnant et d'une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie. »

Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles fussent des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine.

Elles sont fêtées par les Église d'Orient le 1er février.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:24
L'Enfant prodigue (St Pierre Crysologue)

Par Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église . Homélie sur le pardon, 2, 3 (trad. bréviaire)

« Je vais retourner chez mon père »


Si la conduite de ce jeune homme nous déplaît, ce qui nous fait horreur, c'est son départ : quant à nous, ne nous éloignons jamais d'un tel père !

La seule vue du père fait fuir les péchés, repousse la faute, exclut toute inconduite et toute tentation.

Mais, si nous sommes partis, si nous avons gaspillé tout l'héritage du père dans une vie de désordre, s'il nous est arrivé de commettre quelque faute ou méfait, si nous sommes tombés dans le gouffre de l'impiété et dans un effondrement total, levons-nous une bonne fois et revenons à un si bon père, invités par un si bel exemple.

« Quand le père le vit, il fut saisi de pitié, il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. »

Je vous le demande : quelle place y-a-t-il ici pour le désespoir ? Quel prétexte pour une excuse ?

Quelle fausse raison de craindre ?

A moins peut-être que l'on craigne la rencontre du père, que l'on ait peur de ses baisers et de ses embrassements ; à moins que l'on croie que le père veut saisir pour récupérer, au lieu de recevoir pour pardonner, lorsqu'il attire son enfant par la main, le prend sur son cœur, le serre dans ses bras.

Mais une telle pensée, qui écrase la vie, qui s'oppose à notre salut, est amplement vaincue, amplement anéantie par ce qui suit :

-« Le père dit à ses domestiques : Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. »

Après avoir entendu cela, pouvons-nous encore tarder ? Qu'attendons-nous pour revenir au père ?

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:59
Une lettre de Dieu aux fiancés  (et aux fiancées) Dans le mariage, c'est le Christ Lui-même qui prend l'initiative,  qui appelle le couple.

Une lettre de Dieu aux fiancés

(et aux fiancées)

Dans le mariage, c'est le Christ Lui-même qui prend l'initiative,

qui appelle le couple.

La femme qui sera à tes côtés, tout émue, revêtue de sa robe blanche de mariée, est mienne. Je l'ai créée. Je l'ai aimée depuis toujours ; avant même que toi tu ne l'aimes, encore plus que toi. Pour elle, je n'ai pas hésité à donner ma vie. J'ai de grands projets pour elle. Je te la confie. Tu la prendras de mes mains et en deviendras responsable.

Quand tu l'as rencontrée, tu l'as trouvée belle et tu es tombé amoureux. Ce sont mes mains qui ont façonné sa beauté, c'est mon cœur qui a mis en toi la tendresse et l'amour, c'est ma sagesse qui a forgé sa sensibilité et son intelligence et toutes les belles qualités que tu as trouvées en elle.

Mais il ne suffit pas que tu sois charmé. Tu dois t'appliquer à répondre à ses besoins, à ses désirs. Tu te rendras compte qu'elle a besoin de tant de choses : elle a besoin d'une maison, de vêtements, de sérénité, de joie, d'équilibre psychique, de rapports humains, d'affection et de tendresse, de plaisir et de divertissement, de présence humaine et de dialogue, de relations sociales et familiales, de satisfactions dans le travail et de bien d'autres choses.

Mais tu dois comprendre qu'elle a surtout besoin de Moi, et de tout ce qui contribue et encourage cette rencontre avec Moi : la paix du cœur, la pureté d'esprit, la prière, la Parole, le pardon, l'espérance et la confiance en Moi, ma vie. C'est Moi, et non toi, le commencement, la fin, la destinée de toute sa vie.

Faisons un pacte, tous les deux : nous l'aimerons ensemble. Je l'aime depuis toujours. Toi, tu as commencé à l'aimer depuis quelques années, depuis le jour où tu es tombé amoureux. C'est Moi qui ai mis dans ton cœur ton amour pour elle. Je voulais la confier à quelqu'un qui en prenne soin. Mais je voulais aussi qu'elle enrichisse par sa beauté et ses qualités la vie d'un homme. Et cet homme, c'est toi.

Pour cela, j'ai fait naître dans ton cœur l'amour pour elle. C'était la plus belle façon de te dire : « Voici, Je te la confie », et pour que tu puisses jouir de sa beauté et de ses qualités. Quand tu lui diras : « Je promets de t'être fidèle, de t'aimer et te respecter tout au long de la vie », ce sera comme si tu Me répondais que tu es heureux de l'accueillir dans ta vie et de prendre soin d'elle. Dès lors, nous serons deux à l'aimer.

Mais nous devons nous mettre d'accord : il n'est pas possible que tu l'aimes d'une manière et Moi d'une autre. Tu dois avoir pour elle un amour semblable au mien, et tu dois désirer pour elle les mêmes choses que Je désire. Tu ne peux pas penser à quelque chose de plus beau et joyeux pour elle.

Si tu l'aimes sérieusement, tu verras que tu te trouveras d'accord avec Moi dans le projet que J'ai conçu pour elle. Je te ferai comprendre petit à petit quelle est ma manière d'aimer, et Je te révèlerai quelle vie j'ai rêvé pour la créature, ma créature, qui deviendra ton épouse.

Je me rends compte que Je te demande beaucoup. Tu pensais que cette femme serait toute et seulement à toi, et voilà que maintenant tu as l'impression que Je te demande de la partager avec Moi. Ce n'est pas ça. Je ne suis pas ton rival en amour. Au contraire, Je suis Celui qui t'aide à l'aimer passionnément. C'est pour cette raison que Je désire que dans ton petit amour, soit mon grand amour. Avec ton amour, tu pourrais faire beaucoup pour elle, mais c'est toujours trop peu. En revanche, Je te rends capable d'aimer à la façon de Dieu. C'est mon cadeau de mariage : un supplément d'amour qui transforme ton amour de créature et le rend capable de produire les œuvres de Dieu en la femme que tu aimes.

Ce sont des paroles mystérieuses pour toi, mais tu les comprendras petit à petit. Je t'assure que Je ne te laisserai jamais seul dans cette entreprise. Je serai toujours avec toi et ferai de toi l'instrument de mon amour, de ma tendresse ; Je continuerai à aimer ma créature, qui est devenue ton épouse, à travers tes gestes d'amour, d'attention à ton engagement, de pardon, de dévouement. En un mot : Je te rendrai capable d'aimer comme J'aime, parce que Je vais te donner une force nouvelle d'aimer, qui est mon amour même.

Si tu aimes de cette façon, ton couple deviendra une forteresse que les tempêtes de la vie ne parviendront jamais à abattre. Un amour construit sur ma Parole est comme une maison bâtie sur le roc : rien, aucune adversité ne pourra la détruire. Souviens-toi de cela, car beaucoup ont l'illusion de pouvoir se passer de Moi : mais si Je ne suis pas avec vous dans la construction de la maison de votre vie et de votre amour, vous vous fatiguerez en vain, comme les apôtres qui ont peiné en vain toute une nuit et, le matin, ont regagné le rivage avec les filets vides : il a suffi d'une simple intervention de ma part, et les filets se remplirent d'une si grande quantité de poissons qu'ils se déchiraient. En plus, si vous aimez de cette façon, vous deviendrez aussi force pour les autres.

Aujourd'hui, on croit peu à l'amour vrai, celui qui dure toujours et qui offre sa vie pour l'aimé. On recherche davantage les émotions amoureuses que l'amour. Mais les émotions naissent et meurent rapidement, ne laissant que vide et nostalgie. Aussi a-t-on pu dire que le mariage n'est qu'une grande illusion qui se dissout vite. Si vous savez vous aimer comme J'aime, avec une fidélité qui ne fait jamais défaut, vous deviendrez comme la cité sur la montagne. Vous serez une espérance pour tous, car tous verront que l'amour est une chose possible.

Padre Giordano MURARO, adapté de l'italien par Élisabeth de Lavigne pour "ALETEIA"

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:29

 

 

 

Saintes Perpétue et Félicité, qui êtes-vous ?
Martyres († 203)

 

 

Perpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave.

Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l'évêque de Carthage. L'empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté, avec Sature, Saturnin, Révocat et Secondule. Pendant plusieurs mois, ils connurent la prison dans des conditions très dures, d'autant qu'ils étaient dans l'incertitude du sort exact qui les attendait.

 

Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l'amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l'enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville.

 

Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse. Elles attirèrent la pitié des spectateurs devant ces jeunes mères torturées. On les acheva en les égorgeant.

 

Selon les « acta » de leur martyre, des témoins disaient : « Leur visage était rayonnant et d'une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie. »

 

Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles fussent des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine.

Elles sont fêtées par les Église d'Orient le 1er février.

 

 

 

Saintes Perpétue et Félicité
Martyres († 203)

 

P

erpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave.

Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l'évêque de Carthage. L'empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté, avec Sature, Saturnin, Révocat et Secondule. Pendant plusieurs mois, ils connurent la prison dans des conditions très dures, d'autant qu'ils étaient dans l'incertitude du sort exact qui les attendait.

 

Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l'amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l'enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville.

 

Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse. Elles attirèrent la pitié des spectateurs devant ces jeunes mères torturées. On les acheva en les égorgeant.

 

Selon les « acta » de leur martyre, des témoins disaient : « Leur visage était rayonnant et d'une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie. »

 

Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles fussent des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine.

Elles sont fêtées par les Église d'Orient le 1er février.

 

Stes Perpétue et Félicité

Stes Perpétue et Félicité

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 08:44
La mort expliquée par une petite fille  atteinte d'un cancer en phase terminale

La mort expliquée par une petite fille

atteinte d'un cancer en phase terminale

« Quand je serai morte, je pense que ma mère sera très triste et

qu'elle aura de la nostalgie. Mais je n'ai pas peur de mourir.

Je ne suis pas née pour cette vie ! »

Comme cancérologue, fort de mes 29 années d'expérience professionnelle, je peux affirmer que j'ai grandi et changé avec les drames vécus par mes patients. Nous ne connaissons pas notre véritable dimension tant que, confrontés à l'adversité, nous ne nous découvrons pas que nous sommes capables d'aller bien plus loin.

Je me souviens avec émotion de l'Hospital do Câncer de Pernambuco (HCP), au Brésil, où j'ai fait mes premiers pas comme professionnel... J'ai commencé à fréquenter le service des enfants et me suis passionné pour l'oncopédiatrie. J'ai vécu le drame de mes petits patients, victimes innocentes du cancer. Avec la naissance de ma première fille, j'ai commencé à trembler à la vue de la souffrance des enfants.

Jusqu'au jour où un ange est passé près de moi ! Mon ange a revêtu la forme d'une petite fille de 11 ans, éprouvée par de longues années de traitements variés, de manipulations, d'injections et de tous les désagréments causés par les chimiothérapies et radiothérapies. Mais je n'ai jamais vu mon petit ange flancher. Je l'ai vu pleurer souvent ; j'ai vu aussi la peur dans ses petits yeux ; mais, c'est humain !

Un jour, arrivé à l'hôpital très tôt, j'ai trouvé mon ange toute seule dans sa chambre. Je lui demandai où était sa mère. Encore aujourd'hui, je ne parviens à raconter la réponse qu'elle m'a donnée sans éprouver une émotion profonde.

- Tu sais, me dit-elle, ma mère quitte parfois la chambre pour pleurer en cachette dans les couloirs ... Quand je vais mourir, elle aura du chagrin, de la nostalgie. Mais je n'ai pas peur de mourir. Je ne suis pas née pour cette vie !
- Et la mort, qu'est-ce que c'est pour toi, trésor ?
- Tu sais, quand nous sommes petits, parfois nous allons dormir dans le lit de nos parents, et le lendemain nous nous retrouvons dans notre propre lit, pas vrai ? (Je me suis souvenu de mes filles, âgées à l'époque de 6 et 2 ans, avec elles je faisais exactement la même chose.) C'est pareil. Un jour, je dormirai et mon Père va venir me prendre. Je me réveillerai dans sa Maison, dans ma vraie vie !

Je suis resté abasourdi, je ne savais pas quoi dire. Bouleversé par la maturité précoce – forgée par la souffrance –, la vision et la spiritualité de cette petite fille.

- Et ma mère aura beaucoup de chagrin, de nostalgie, reprit-elle.
Bouleversé, retenant mes larmes, j'ai demandé :
- Et que signifie pour toi la nostalgie, trésor ?
- La nostalgie, c'est l'amour qui reste !
Aujourd'hui, à 53 ans, je défie quiconque de donner une meilleure définition du mot nostalgie : c'est l'amour qui reste !

Mon petit ange s'en est allée, voici de nombreuses années. Mais elle m'a laissé une grande leçon qui a contribué à améliorer ma vie, à essayer d'être plus humain et attentionné avec mes patients, à repenser mes valeurs. La nuit venue, si le ciel est clair et que je vois une étoile, je l'appelle « mon ange », qui brille et resplendit dans le ciel. J'imagine qu'elle est une étoile fulgurante dans sa nouvelle et éternelle maison.

Merci petit ange, pour la belle vie que tu as eue, pour les leçons enseignées, pour l'aide apportée. Quelle bonne chose que la nostalgie existe ! L'amour qui est resté est éternel.

Dr. Rogério Brandão, oncologiste
Adapté du portugais par Élisabeth de Lavigne pour "Aletei
a"

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:47
Ce que révèle la vidéo de la mort des 21 Coptes

Ce que révèle la vidéo de la mort des 21 Coptes

« Un message signé avec le sang à la nation de la croix. »

Dimanche 15 février est apparue sur Internet une vidéo relayée abondamment sur Twitter par des islamistes montrant l’exécution de 21 chrétiens coptes. Dans l’après-midi, les islamistes avaient diffusé un visuel menaçant : qui désignait ce « peuple de la Croix » ? Une référence aux Danois au drapeau marqué d’une croix, qui venait d’être touchés par des attentats sur leur sol ? Les chrétiens ?

La diffusion de la vidéo dissipa le doute : il s’agit d’une menace contre les peuples de culture chrétienne, religion aussi professée par les exécutés.

Pourtant nous avons oublié que cette déclaration de guerre nous vise…

Pris en otage car chrétiens

Les 21 chrétiens ont été kidnappés à Syrte sur la côte nord libyenne: 7 en décembre, 13 en janvier. Le dernier homme kidnappé est Noir, selon les sources ou Tchadien ou Ghanéen (plus probable). Ils n’ont pas été choisis au hasard, les musulmans ont été séparés des chrétiens, seuls ces derniers étant pris en otage. Ces ouvriers de la province pauvre de Minya en Egypte centrale ont émigré en Libye pour travailler. 14 d’entre eux viennent du même village d’Al Our. Le frère de deux victimes a appris d’un survivant les circonstances de l’attaque du 3 janvier : « Les djihadistes ont fait irruption en pleine nuit dans leur résidence, connue pour héberger des Egyptiens. Sur une feuille figuraient les noms de leurs proies, toutes des coptes. Aucun musulman n’a été enlevé. C’est un crime à connotation religieuse » (via Le Figaro).

Les Coptes, pour marquer leur fidélité à leur foi, se font tatouer dans le creux du poignet la Croix du Christ pour qu’on ne puisse l’effacer, un symbole qui les rend reconnaissables comme chrétiens aux yeux des islamistes.

Avant eux, plus d’une vingtaine de chrétiens en Libye ont été assassinés de manière sordide, hommes, femmes ou enfants. Le 24 février 2014, 7 chrétiens égyptiens ont été tués par balles près de Benghazi.

A Syrte, la petite Catherine, 13 ans, chrétienne égyptienne, a été menacée de mort car elle ne portait pas le voile. Un jour, des islamistes ont braqué la maison de sa famille. Ils n’ont pas pris l’argent. Ils ont tué les deux parents médecins devant leurs trois enfants. Ils ont kidnappée Catherine, la fille aînée. Elle a été retrouvée morte sur la route (sources : ici et ).

Les motifs sont clairement confessionnels et non crapuleux.

Plusieurs chrétiens ont été arrêtés pour « prosélytisme », parce qu’ils avaient dans leur maison leurs objets de culte personnels.

Souvent, les chrétiens, menacés, cherchaient à fuir la Libye, mais l’autorisation ne leur en était pas donnée.

Adorateurs de la Croix

La vidéo a été visible en très haute définition sur YouTube toute une demi-journée. Le professionnalisme est frappant. La mise en scène est scénarisée, sûrement manipulée pour la rendre plus spectaculaire.

Des personnes vêtues de noirs amènent en file indienne les chrétiens revêtus d’orange, puis les font s’agenouiller dos à la Mer.

On lit : « Le peuple de la Croix, les fidèles de l’Eglise égyptienne ennemie »

L’appellation de peuple de la Croix est aussi bien destinée à l’ensemble des chrétiens qu’à tous les Occidentaux. Ainsi, après les attaques terroristes contre Charlie Hebdo, le Centre culturel français à Gaza a été tagué avec en arabe « Vous allez aller en enfer, journalistes français », « Tout sauf le Prophète »… et « Dieu vous maudisse, ô adorateurs de la Croix ». Étonnamment, ce dernier tag,bien que visible sur la vidéo originale de l’AFP, est le seul à n’avoir pas été retranscrit en anglais par l’AFP. La presse arabe le rapporte bien.

De même, lors d’une manifestation d’islamistes à Gaza contre les caricatures et en faveur des frères Kouachi, des Palestiniens ont brandi une pancarte sur lequel il était marqué : « Adorateurs de la Croix, il y a plus à venir des héros de l’islam ».

Les islamistes considèrent tous les Occidentaux comme « adorateurs de la Croix ».

Menace contre l’Europe, centre du christianisme

Un djihadiste prend la parole : « Oh, peuple, récemment vous nous avez vus sur les collines du Sham et de Dabiq [la Syrie], tranchant les têtes de ceux qui depuis trop longtemps ont fait traîner (l’illusion) de la Croix » (référence au fait que la doctrine islamique nie la crucifixion de Jésus).

« Aujourd’hui nous sommes au Sud de Rome, sur la terre d’islam, la Libye, pour envoyer un nouveau message ».

Comme le Père Greiche, porte-parole de l’Eglise catholique en Egypte l’a souligné, cela signifie le Vatican et le centre du christianisme occidental.

La conquête de Rome est un thème récurrent chez les penseurs musulmans. Un hadith d’Ahmad considéré par les musulmans comme authentique (bien qu’anhistorique) dit : « (…) Nous étions chez l’Envoyé d’Allah quand on lui demanda : Laquelle de ces deux villes, Romiyya ou Constantinople, sera-t-elle prise en premier ? L’Envoyé d’Allah répondit : « C’est la ville d’Héraclius, qui sera prise la première.» »

Youssef Al-Qaradawi, l’idéologue de l’UOIF (branche active de l’Islam en France !), a commenté ainsi : « Romiyya est la ville aujourd’hui appelée ’Rome’, capitale italienne. La ville d’Héraclès fut conquise en 1453 par Mohammed Ben Morad, jeune Ottoman de 23 ans, connu sous le nom de Mohammed le Conquérant. L’autre ville, Romiyya, reste [à conquérir], et nous espérons et croyons [qu’elle sera conquise]. Cela signifie que l’islam retournera en Europe en conquérant et en vainqueur, après en avoir été expulsé deux fois: une fois d’Andalousie, au sud, l’autre fois à l’Est, après qu’il eut frappé à plusieurs reprises aux portes d’Athènes.»

Rome est un rêve symbolique, car c’est le cœur de la chrétienté et de l’Europe. Ici, conceptions ethnique et religieuse sont mélangées : les Romains désignent les Européens blancs et chrétiens.Les Romains sont assimilés aux « Fils des Blonds » (Banu Al-Asfar) que combattront les Musulmans et les blancs convertis à l’Islam à la fin des temps.

« Ô Croisés »

Comme le fait remarquer Jean Maher dans Le Figaro, les islamistes n’emploient jamais le terme arabe « masihi » qui désigne les chrétiens, les disciples du Messie. Au contraire, ils les étiquettent de «kafir » (infidèles), « adorateurs de la croix », « croisés », « nazaréens » (d’où le « noun » tagué sur les maisons chrétienne).

Les islamistes prennent très mal le fait qu’il existe des arabophones non-musulmans, expliquent les Coptes.

Eschatologie islamique antichrétienne

« Ô Croisés (…) nous allons vous combattre tous ensemble jusqu’à la fin de la guerre, quand Jésus paix soit sur lui descendra de nouveau, brisera la croix, tuant le porc, et abolissant la djizia. »

Le djihadiste fait directement référence aux croyances musulmanes sur le retour du Jésus (Issa) islamique. Un hadith rapporté par Boukhari et Muslim (donc très fiable) :

« Selon Abou Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Par Celui qui tient mon âme entre Ses Mains, il est hors de doute que le fils de Marie descendra parmi vous et qu’il jugera équitablement (entre vous). Il brisera les croix, tuera les porcs et abrogera la capitation » » (« djizia » : impôt discriminatoire prévu pour les Juifs et les Chrétiens sous la législation islamique).

Rapporté une autre fois par Boukhari :

« Selon Abou Horaïra, le Prophète a dit : « La Dernière Heure ne viendra pas avant que le fils de Marie ne descende parmi nous en qualité d’arbitre juste ; il détruira la croix, il mettra à mort le porc et éliminera la capitation». »

Selon l’interprétation générale de ces versets :

« Briser la croix » signifie l’anéantissement des doctrines chrétiennes sur Jésus. « Tuer le porc » signifie que personne ne pourra plus manger de porc. « Abolir la djizia » signifie que le statut de dhimmi prendra fin, car toute religion autre que l’islam sera abolie : les « Gens du Livre » (juifs et chrétiens) auront le choix entre la conversion ou la mort.

Or le journaliste Graeme Wood, qui a étudié en profondeur le système de croyance d’ISIS, a souligné que l’Apocalypse est un thème central de leur vision du monde, fondée sur leur interprétation des enseignements islamiques. Pour eux, le retour de Jésus est imminent : Jésus va revenir à Damas pour aider les combattants de l’Etat islamique dans une bataille finale à Jérusalem.

Morts en chrétiens

Le calme des hommes coptes a beaucoup frappé. Ont-ils été drogués ? Ont-ils dû répéter la scène ? Leur attitude est ferme face à la mort. On les voit prier, la caméra s’arrête sur un homme les yeux fermés et dont les lèvres récitent une prière.

Puis sur la vidéo apparaît cette accusation : يذكرون معبودهم ويموتون على شركهم, traduite de manière simultanée par « They supplicate what they worship and die upon their paganism ».

La traduction n’est pas tout à fait exacte, les islamistes utilisent en arabe non le mot « paganisme » mais le mot « shirk ». En français : « ils implorent Ce qu’ils adorent et meurent dans leur associationnisme ».

L’islam accuse les chrétiens de commettre le seul péché impardonnable par Allah, à savoir l’associationnisme (shirk) en raison du dogme de la Trinité. Le Coran dit : « Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelque associé. Il pardonne à qui Il veut les autres péchés. Mais quiconque donne à Allah quelque associé commet un péché d’une exceptionnelle gravité» (sourate 4 verset 48). « Sont de véritables mécréants ceux qui disent : «Allah, c’est le Messie, fils de Marie.» Le Messie n’a-t-il pas dit lui-même : «Ô Fils d’Israël ! Adorez Dieu qui est mon Seigneur et le Vôtre.» Quiconque donne des associés à Allah, Allah lui interdira l’entrée du Paradis et lui réservera l’Enfer pour séjour, les injustes ne bénéficieront d’aucun secours» (sourate 5 verset 72). De même, le verset 3 sourate 112, les versets 116 et 117 sourate 23, etc. condamnent la Trinité et nient la divinité de Jésus.

La vidéo laisse entendre les derniers paroles des condamnés, rapportées dans la presse arabe, par exemple :

« يارب يا يسوع » « Oh, Seigneur Jésus »

« يا يسوع انقذنا » « Jésus, sauve-nous »

« يا يسوع يا يسوع« . « Oh Jésus, oh Jésus »

Il n’est pas systématique que les membres de l’Etat islamique montrent le moment précis des décapitations. Ils l’ont fait ici car les dernières prières à Jésus faites par les Coptes prouvent qu’ils sont morts dans la foi chrétienne. Pour les islamistes, ces 21 Coptes sont condamnés à l’enfer car pour eux, cette croyance en Jésus Christ Fils de Dieu est blasphématoire.

Cependant ils n’ont pas vu que l’effet produit était largement contreproductif.

Le précédent Quattrocchi

Ce n’est pas la première fois qu’une vidéo de propagande par un groupe islamiste se révèle avoir l’effet inverse à celui recherché. Le 4 avril 2004, Fabrizio Quattrocchi, garde italien otage d’une milice islamiste en Irak, est filmé le jour de son exécution. Ses bourreaux le force à creuser sa propre tombe et à se mettre genoux, les mains liées et la tête recouverte d’une capuche. A ce moment-là, dans un geste inattendu, l’Italien défie ses ravisseurs, tente d’enlever la capuche et déclare fièrement « Je peux l’enlever ? Je vais vous montrer comment meurt un Italien » avant d’être abattu d’une balle dans le cou. Cet acte anéantit la valeur de propagande de la vidéo d’exécution. Son courage au moment d’affronter la mort lui valut à titre posthume la Médaille d’Or de la Valeur Civile remise par le président italien.

Certificat de martyre

Les islamistes ne connaissent pas ce qu’est le martyre chrétien. Le mot martyr signifie « témoin » dans la Bible (en Grec « martus ») et dans le Coran (en arabe « sahid »). Mais à l’opposé de la vision islamique du martyr comme celui qui est tué en combattant pour Allah, la tradition chrétienne désigne celui qui accepte d’être tué à cause de sa foi.

Le fait de filmer leur mort a permis d’attester de leur martyre et d’accélérer leur cause en canonisation (par l’Eglise orthodoxe, désormais dans le Synaxaire le 15 février).

Les réactions des familles témoignent aussi de cette joie malgré la douleur de la perte d’un proche. D’abord il y a eu le choc, les gémissements, la peine de perdre un ami, un frère, un cousin, un fils, un mari (deux bébés sont nés durant la captivité de leurs pères)… Le prêtre du village d’Al Ourraconte que trois jours après la sortie de la vidéo, les gens se sont rassemblés dans l’église, mais cette fois les femmes se congratulaient entre elle, dans la joie de savoir leurs proches morts martyrs.

Dans une interview en arabe, Kamel affirme être fier de ses deux frères dont le martyre est « un badge d’honneur pour le christianisme » et remercie l’Etat islamique pour avoir inclus dans la vidéo leur profession de foi. Ainsi, « ISIS nous a aidé à renforcer notre foi ». Puis il a invité à prier pour les bourreaux de ses frères.

Les témoignages de cette sorte abondent.

Le Père Feloubes Fawzy, dont un neveu et quatre cousins ont été martyrisés : « Je suis heureux pour mes proches. Ils avaient foi en Dieu. Ils avaient foi en Jésus Christ. Et c’est ce qui compte. Ils sont morts pour leur foi. Ils sont morts pour le christianisme ». La mère d’un martyr : « Nous remercions ISIS. Maintenant, plus de gens croient au christianisme à cause d’eux. ISIS a montré ce qu’était le christianisme. Nous remercions Dieu car nos proches sont au Paradis. Il les a choisis ».

Versets prophétiques

Egalement, des versets bibliques semblent faire précisément écho à la manière dont ils ont été martyrisés.

Apocalypse chapitre 6 verset 9 à 11 : « Et quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté. Ils crièrent d’une voix forte : « Jusques à quand, Maître saint et vrai, resteras-tu sans juger, sans venger notre sang sur les habitants de la terre ? » Et il fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore quelque temps, jusqu’à ce que soient au complet leurs compagnons de service, leurs frères, qui allaient être tués comme eux. »

Apocalypse chapitre 20 verset 4 : « Et je vis des trônes; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. »

Les mots de Jésus lui-même dans l’Evangile selon St Jean (16-2) semblent répondre aux combattants de l’EI : « L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. »

« La mer dans laquelle vous assez dissimulé le corps d’Oussama Ben Laden, nous le jurons devant Allah, sera rougie de votre sang », dit le djihadiste aux Occidentaux. Puis l’on voit l’image de la Mer Méditerranée rouge du sang des chrétiens exécutés. La « Mare Nostrum » que nous partageons est de nouveau remplie de sang, comme dans l’Antiquité. « Sang des martyrs, semence de chrétiens », disait Tertullien. Le calendrier copte d’ailleurs commence avec le premier jour du règne de Dioclétien, empereur de la dernière vague de grandes persécutions contre les chrétiens avant l’édit de tolérance de Constantin. Cette exécution rendue publique ramène la Méditerranée aux temps des premiers chrétiens.

La distance entre l’endroit où a prétendument été filmée la vidéo et les côtés italiennes est égale à vol d’oiseau à la distance Paris-Brest. Avec Malte, la distance entre l’Europe et le lieu d’exécution des Coptes n’est que d’environ 350 km.

Depuis la diffusion de la vidéo, au moins 220 Assyriens chrétiens ont été capturés par l’Etat islamique en Syrie. Le nombre d’enlèvements ne cesse de grandir. Au moins 4 autres Coptes sont toujours retenus en otage par des groupes islamistes libyens.

Les Occidentaux ne seront pas épargnés par le fanatisme islamique, la menace contre les chrétiens d’Orient pèse aussi sur eux. Dans ce combat, la foi brûlante des Coptes est un témoignage qui interpelle leurs frères en Occident. Resterons-nous tièdes ?

Les 21 martyrs coptes (mise à jour):

  • Milad Makeen Zaky
  • Abanub Ayad Atiya
  • Maged Soliman Shehata
  • Youssef Shukry Younan
  • Kirollos Boshra Fawzy
  • Bishoy Astafanous Kamel
  • Samuel Astafanous Kamel
  • Malak Ibrahim Sinyout
  • Tawadros Youssef Tawadros
  • Gerges Milad Sinyout
  • Mina Fayez Aziz
  • Hany Abdel Mesih Salib
  • Samuel Alham Wilson
  • Ezzat Boshra Naseef
  • Luka Nagaty Anis
  • Gaber Mounir Adly
  • Essam Baddar Samir
  • Malak Farag Abrahim
  • Sameh Salah Farouk
  • Gerges Samir Megally
  • Mathew Ayairga (du Ghana)
  • (Source "Nouvelles de France")
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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans DIALOGUE INTERRELIGIEUX
2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 08:33

La sédation profonde ?

Une astuce verbale pour désigner une sédation à but euthanasique,

explique pour "Liberté Politique" le philosophe Bruno Couillaud.

jesuscompassion

La proposition de loi discutée actuellement dans nos assemblées, parle dans ses motifs de « sédation profonde jusqu’au décès » et de « sédation profonde et continue pour accompagner l’arrêt de traitement ». Une astuce verbale pour désigner une sédation à but euthanasique.

DANS L'ARTICLE 3 de la proposition de loi Claeys-Leonetti, le procédé dont on demande l’autorisation est décrit précisément comme « un traitement à visée sédative et antalgique (c’est-à-dire pour faire dormir et apaiser la douleur) provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès associé à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie ».

Quel jugement porter sur ce nouveau dispositif ? Cela ne semble pas être directement une euthanasie, qu’on définit communément comme une action ou une omission qui de soi ou dans l’intention donne la mort afin de supprimer toute douleur.


La sédation temporaire

Pourtant la sédation existe déjà, elle est pratiquée et autorisée. Comme sédation en « phase terminale ». Elle est temporaire, quand il s’agit d’atténuer les souffrances de tous ordres, douleurs physiques, souffrances psychologiques ou morales, voire tout simplement d’offrir au malade un moment de repos dans son dernier combat.
Ces sédations ne sont pas irréversibles, on en revient ; elles peuvent d’ailleurs se répéter. Il se peut aussi que le malade s’éteigne au cours de l’une d’entre elles sans qu’on l’ait voulu directement. Cette sorte de sédation, temporaire et réversible, que certains malades peuvent d’ailleurs refuser, de multiples raisons peuvent la justifier : améliorations imprévues, changement de décision du malade lui-même, meilleures réactions aux soins, etc.
Retenons surtout que c’est la phase de la maladie qui est dite ici terminale, autant qu’on puisse en juger, mais ce n’est pas la sédation elle-même, qui n’est, dans ce cas, qu’un élément des soins palliatifs. On a même vu des malades revenir pour un temps, mystérieusement, de cette période qui semblait terminale. 

 Lire la suite sur Liberté Politique

sources: Liberté politique.com

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 08:29

 

Persécution des chrétiens en Syrie :

"c’est un mal qui va toucher le monde entier"

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Les chiffres sont toujours difficiles à vérifier mais plus de 200 hommes, femmes et enfants sont retenus en otage par les djihadistes de l’état islamique. Au moins 1.000 familles d'Assyriens, soit près de 5.000 personnes, ont fui ces derniers jours leur domicile pour trouver refuge dans des villes tenues par les forces kurdes et gouvernementales.

La montée en force de l'EI en Syrie a éclipsé la confrontation entre le régime de Bachar al-Assad, et la rébellion, qui entrera le mois prochain dans sa cinquième année et a fait plus de 210.000 morts et 3,8 millions de Syriens réfugiés dans les pays voisins, sans compter les 7 millions de réfugiés internes. Selon le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, la crise des réfugiés syriens a attient « un tournant dangereux ».


Le Père Mourad Abou-Seif, syrien du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) était directeur du bureau à Alep de 2009 à 2014. Actuellement à Bruxelles, en Belgique il nous livre son sentiment face au drame vécu par les Syriens et en particulier par les chrétiens. Des propos recueillis par Hélène Destombes, de Radio Vatican.

Quelle est la situation sur place ?
Père Mourad Abou-Seif : 
Le mal est en train de toucher tout le monde. On ne peut pas dire qu’il y ait une communauté plus souffrante qu’une autre. Les chrétiens vivent avec les musulmans, côte à côte et ils subissent le mal que toute la Syrie subit. Maintenant, peut-être sont-ils plus inquiets pour l’avenir. Ils cherchent à comprendre ce qui se passe. Quand il y a peu d’espoir, comme on le voit maintenant, cela rend l’avenir très inquiétant, beaucoup plus inquiétant pour eux. Mais le présent, ils le vivent comme tout le monde.
En même temps, les chrétiens sont victimes d’exactions de plus en plus nombreuses.
Père Mourad Abou-Seif :
 C’est vrai, et je peux dire qu’il y a ici un changement parce qu’avant, on savait que les extrémistes contrôlaient les endroits où les chrétiens vivent avec les musulmans. Et s'ils étaient-ils traités comme une minorité d’une manière qui n’était pas juste, ils n’étaient pas exécutés ou jugés pour être exterminés, comme on le voit maintenant. Il paraît que ce changement est un message de ces groupes extrémistes pour l’Occident via les chrétiens du Proche-Orient, comme on l’a vu dans le message du groupe qui a exécuté les 21 Égyptiens coptes.

Face à cette menace, quelle doit-être la réaction de la communauté internationale ? Vous avez le sentiment qu’elle n’a pas pris suffisamment la mesure de ce qui est en train de se jouer actuellement en Syrie et dans la région ?

Père Mourad Abou-Seif : J’ai l’impression que la communauté internationale était presque indifférente vis-à-vis de ce qui se passe. Ils essayaient d’aider comme si le mal qui est subi en Syrie ou au Proche-Orient ne les touchait pas encore. Mais il parait qu’ils réalisent de plus en plus que c’est un mal qui va toucher le monde entier. Il y a une nouvelle prise de conscience de la gravité de tout cela. Maintenant, on le considère comme un cancer qui est en train de se répandre partout dans le monde. C'est pourquoi, à mon avis, il faut maintenant prendre des mesures différentes.
  

sources: RADIO VATICAN
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