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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 10:09

Tout est mis en œuvre pour détruire la foi chez l'homme,

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 le placer dans des situations telles qu'il ne peut penser qu'à survivre, qu'à surmonter les obstacles qu'on lui impose.

Regardez autour de vous : radio, journaux, télévision, cinéma et théâtre se conjuguent pour créer un mode de pensée standardisée, unique pour tous, de sorte que l'homme ne peut rester une seule minute seul avec ses pensées et sentir la présence de Dieu.

Le rythme de vie moderne - effréné, standardisé et perpétuellement tendu - conduit à la pensée unique, orientée selon le désir de certains. L'homme est empêché de rester seul.

[...]    

La pensée unique, la pensée imposée empêche l'homme de croire en Dieu, comme elle empêche le croyant de garder sa foi.

Souvenez-vous cependant que l'Église de Dieu vivra éternellement, même dans ces conditions.

Aussi, gardez votre foi, luttez pour une pensée personnelle, priez le plus possible, lisez l'Écriture sainte et le Seigneur vous gardera.

Il ne vous laissera pas perdre l'acuité de votre raisonnement, ni penser comme la masse informe des gens indifférents et froids. 

Cette parole du Père Arsène commente ce que vivent les croyants pendant la période soviétique mais ce qui est dit pourrait autant s'adresser à nos contemporains en occident.

PÈRE ARSÈNE

Présence de Dieu au coeur de la souffrance T2 Cerf

Universitaire, spécialiste de l'art et de l'architecture russes anciens, le père Arsène (1894-1975) devient moine au célèbre monastère d'Optyna Poustyn. Prêtre, il développe une activité pastorale très personnelle, transformant sa paroisse de Moscou en une profonde communauté spirituelle. Persécuté par le régime athée soviétique, il est déporté et emprisonné dans un camp de la mort , où il survit par la prière et une compassion active pour ses codétenus. Libéré en 1958, il devient le père spirituel de nombreux fidèles qui le visitent et correspondent avec lui de toute la Russie.

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 10:04

Par Saint Jean Chrysostome

(v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église .Homélies sur l’Évangile de Matthieu, n° 13,1 ; PG 57, 207 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 339s) 

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Fortifiés par les tentations


« Après son baptême, Jésus a été conduit par l'Esprit à travers le désert, où il a été mis à l'épreuve par le démon ».

Tout ce que Jésus a fait et enduré était destiné à nous instruire.

Il a donc voulu être conduit en ce lieu pour lutter avec le démon, afin que personne parmi les baptisés ne soit troublé si après son baptême il subit de plus grandes tentations, comme si c'était extraordinaire ; mais il doit supporter tout cela comme étant dans l'ordre des choses.

C'est pour cela que vous avez reçu des armes : non pour rester oisifs, mais pour combattre. 

Voici pour quels motifs Dieu n'empêche pas les tentations qui vous surviennent.

D'abord pour :

*vous apprendre que vous êtes devenus beaucoup plus forts.

Puis,

*afin que vous gardiez la mesure, au lieu de vous enorgueillir des grands dons que vous avez reçus, car les tentations ont le pouvoir de vous humilier.

En outre,

*vous serez tentés afin que cet esprit du mal, se demandant encore si vous avez vraiment renoncé à lui, soit convaincu, par l'expérience des tentations, que vous l'avez totalement abandonné.

Quatrièmement,

*vous êtes tentés pour être entraînés à être plus forts et plus solides que l'acier.

Cinquièmement,

*afin que vous ayez la certitude absolue que des trésors vous ont été confiés.

Car le démon ne vous aurait pas assaillis s'il n'avait pas vu que vous receviez un plus grand honneur.

===

Par Saint Grégoire de Nazianze

(330-390), évêque et docteur de l'Église . Sermon XL, 10 

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La tentation après le baptême


 

      Si, après le baptême, tu es attaqué par le persécuteur, le tentateur de la lumière, tu auras matière à victoire.

Il t'attaquera certainement, puisqu'il s'en est pris au Verbe, mon Dieu, trompé par l'apparence humaine qui lui dérobait la lumière incréée.

Ne redoute pas le combat.

Oppose-lui l'eau du baptême, oppose-lui l'Esprit Saint dans lequel s'éteignent tous les traits enflammés lancés par le Malin...



      S'il t'expose le besoin qui t'accable — il n'a pas manqué de le faire à Jésus —, s'il te rappelle que tu as faim, n'aie pas l'air d'ignorer ses propositions.

Apprends-lui ce qu'il ne connaît pas ; oppose-lui la Parole de vie, ce vrai Pain envoyé du ciel et qui donne la vie au monde.



      S'il te tend le piège de la vanité — il en usa contre le Christ, lors qu'il le fit monter sur le pinacle du Temple et lui dit :

-« Jette-toi en bas » pour lui faire manifester sa divinité —, prends garde de ne pas déchoir pour avoir voulu t'élever...



      S'il te tente par l'ambition en te montrant, dans une vision instantanée, tous les royaumes de la terre comme soumis à son pouvoir et s'il exige de toi l'adoration, méprise-le : ce n'est qu'un pauvre frère.

Dis-lui, confiant dans le sceau divin :

-« Je suis, moi aussi, l'image de Dieu ; je n'ai pas encore été, comme toi, précipité du haut de ma gloire à cause de mon orgueil !

Je suis revêtu du Christ ; je suis devenu un autre Christ par mon baptême ; c'est à toi de m'adorer. »

Il s'en ira, j'en suis sûr, vaincu et mortifié par ces paroles. Venant d'un homme illuminé par le Christ, elles seront ressenties par lui comme si elles émanaient du Christ, la lumière suprême.

Voilà les bienfaits qu'apporte l'eau du baptême à ceux qui reconnaissent sa force.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:58

Par Guillaume de Saint-Thierry

(v. 1085-1148), moine bénédictin puis cistercien . Le Miroir de la foi ,6 ; PL 180, 384 ; SC 301 (trad. Orval et bréviaire Commun docteurs) 

25253410 p

« Vous l'avez révélé aux tout-petits »


Lorsque ta nature hésite devant les mystères trop profonds de la foi, dis sans crainte, non pour t'opposer, mais avec

le désir d'obéir,comme Marie :

-« Comment cela arrivera-t-il ? » (Lc 1,34)

Que ta question soit une prière ; qu'elle soit amour, dévotion, humble désir ; qu'elle ne scrute pas avec hauteur la majesté divine, mais qu'elle cherche le salut dans les moyens de salut du Dieu de notre délivrance. 

« Personne ne connaît les secrets de Dieu sinon l'Esprit de Dieu » (1Co 2,11). Hâte-toi donc de communier à l'Esprit Saint.

Il est là dès qu'on l'invoque ; si on l'invoque, c'est qu'il est déjà présent.

Dès que tu l'appelles, il vient ; il arrive dans l'abondance des bénédictions divines.

C'est lui « le fleuve impétueux qui réjouit la cité de Dieu » (Ps 45,5).

Lors de sa venue, s'il te trouve humble et sans inquiétude, mais tremblant à la parole de Dieu, il reposera sur toi (Lc 1,35) et te révélera ce que Dieu cache aux sages et aux prudents de ce monde.

Alors commenceront à briller pour toi toutes ces vérités que la Sagesse (1Co 1,24) pouvait dire aux disciples alors qu'elle était sur terre, mais qu'ils ne pouvaient pas porter avant la venue de l'Esprit de vérité qui leur enseignerait la vérité toute entière (Jn 16,12-13).

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 15:27

JE SUIS CHRÉTIEN (SOURCE: "SAGESSE ORTHODOXE)

Solidarité avec les martyrsCrucifixion Moscou - fin 14e

Tous les chrétiens entrent en Carême, par le jeûne, le repentir et la prière – vaste manifestation planétaire, deuil mondial, sous la bannière : « Je suis chrétien ! » Pendant 40 jours, nous allons le dire, solidaires des nouveaux martyrs, ces brebis d’abattoir  qu’on égorge pour la foi. Saints et victorieux martyrs Milad, Abanub, Maged, Yusuf, Kirollos, Bishoy, Somaily, Malak, Tawadros, Girgis, Mina, Hany, Bishoy, Samuel, Ezat, Loqa, Gaber, Esam, Malak, Sameh et l’ouvrier anonyme, priez Dieu pour nous ! Assassinés pour l’Évangile, nous sommes avec vous : « Je suis chrétien ! » Je porte la croix dans le monde ; je l’arbore sur mon église, sur ma maison, dans ma voiture : « Je suis chrétien » ! Je défile en esprit avec des milliards de témoins sur toute la face de la terre pour dire Non à la persécution des croyants, pour ne pas abandonner le Christ au Calvaire ; pour dire Oui à la foi et aux commandements du Sauveur, pour rendre hommage aux assassinés du 18 février, et à tous les autres immolés, parce qu’ils étaient chrétiens…

Avec les victimes du cynisme

« Je suis chrétien », solidaire également des âmes assassinées dans nos pays de consumérisme. Sous nos yeux, dans les rues de nos grandes villes, l’affiche du « 1er site des rencontres extraconjugales », est exhibée, à l’arrière des autobus, par un service public de transports urbains ! Toutes les grandes surfaces nous demandent, pour des raisons commerciales, si nous avons « la carte de fidélité » : on promeut ici, pour les mêmes raisons, l’infidélité. Celle-ci, selon cette entreprise, « est dans l’air du temps. Aussi, notre parti pris est d’ancrer la nouvelle identité [de notre marque] au cœur même de la notion d’infidélité : le mariage ». Quand l’impudence et le cynisme sont soutenus par les Institutions, la République, dont l’article 212 du Code civil dit que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance », est en état d’autodestruction. Il est suicidaire pour une société de saper les bases qui la fondent, en l’occurrence le mariage et la famille. « Je suis chrétien » : je défile en esprit pour dire Non à ce qui fait du mal à l’être humain, à ce qui atomise la société, à ce qui conduit à la mort.

Le repentir

Plus fort que les pétitions ou les parades de rue, « Je suis chrétien » est la bannière de tous ceux qui, en ce temps de Carême, entrent dans le repentir, dans le jeûne et la prière. Innombrable manifestation des silencieux en faveur des âmes qu’on égorge quand, dans d’autres régions du globe, ce sont les corps que l’on saigne. Le repentir se désolidarise du péché, et connaît la haine de ce qui sépare l’homme de Dieu, et l’homme de l’homme. « Je suis chrétien » n’annonce pas seulement que je suis là, que ce que l’on fait à d’autres, c’est à moi qu’on le fait, directement ou indirectement. Les prophètes anciens de notre Israël dénonçaient la corruption, la compromission, l’idolâtrie qui menacent la survie du peuple de Dieu.

L’appel de l’Esprit

Les grands hiérarques, les Chrysostome ou les Ambroise de Milan, dénonçaient l’exploitation des faibles et les tortures infligées aux saints. « Je suis chrétien » dénonce, non pas les personnes, mais les fautes, l’injustice, la violence et la perversion organisées, la torture et le meurtre légalisés. Mais le Christ Seigneur ne s’est pas contenté de dénoncer les erreurs : Il est monté sur la Croix pour ceux dont Il stigmatisait les fautes. Le chrétien entre dans le jeûne et le repentir pour le monde. Mais, il se met également, comme le Christ lui-même, au rang des pécheurs : je n’ai pas fait cela ; mais j’aurais pu le faire. « Je suis chrétien » s’articule en « Je suis pécheur ! » Que tous les chrétiens du monde entrent ensemble dans le jeûne et la prière ! – tel est l’appel de l’Esprit, la réponse à toute méchanceté, à toute cruauté, à toute corruption.

Victoire de l’humilité

Les saints et les martyrs sont victorieux, non par un moralisme hypocrite, mais par l’humilité, solidaires des pécheurs, des assassins et des cyniques pervers dont la place est réservée dans les tourments sans fin. Torturés d’un côté du globe par des couteaux, et, de l’autre, par la promesse de plaisirs sans fin, face à l’impunité de leurs tortionnaires, ils sont vainqueurs par la fidélité : rien ne saurait les séparer du Christ. (Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 22 février 2015)

===

Le miracle de la Transfiguration

est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort durant ce temps de Grâce qu’est le Carême.

Ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

 

Amen

(Abbé Pierre Cousty)


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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 15:16

Par Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église . Sermon 14, sur l'amour des pauvres, 27, 28, 39-40 ; PG 35, 891s (trad. Orval ; cf bréviaire 3e samedi de Carême) 

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« C'est à moi que vous l'avez fait »


T'imagines-tu que la charité ne soit pas obligatoire mais libre ?

Qu'elle ne soit pas une loi, mais un simple conseil ?

Je le voudrais bien moi aussi et le penserais volontiers. Mais la main gauche de Dieu m'effraie, là où il a placé les boucs pour leur adresser ses reproches, non parce qu'ils ont volé, pillé, commis l'adultère ou perpétré d'autres délits de cet ordre, mais parce qu'ils n'ont pas honoré le Christ dans la personne de ses pauvres. 


Si vous voulez m'en croire, vous les serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant qu'il n'est pas trop tard, visitons le Christ, servons le Christ, nourrissons le Christ, vêtons le Christ, accueillons le Christ, honorons le Christ, et non pas seulement en lui offrant un repas comme certains, ou du parfum comme Marie Madeleine, ou une sépulture comme Joseph d'Arimathie, ou les devoirs funèbres comme Nicodème, ou de l'or, de l'encens et de la myrrhe comme les mages. 


« C'est la miséricorde et non les sacrifices » (Mt 9,13) que désire le Seigneur de l'univers, la compassion plutôt que des milliers d'agneaux gras.

Présentons-la-lui donc par la main de ceux qui sont abattus par la misère, et le jour où nous quitterons ce monde, ils nous « recevront dans les tentes éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur à qui appartient la gloire pour l'éternité.

 

+++

Par Saint Césaire d'Arles (470-543), moine et évêque . Sermons au peuple, n°24 ; SC 243 (trad. SC p. 61s rev.) 

 

« C’est à moi que vous l’avez fait »


Réfléchissez, frères, et voyez l'exemple de notre Seigneur, qui a fait de nous des voyageurs et nous a ordonné de venir jusqu'à la cité céleste (He 11,13s) en courant par la route de la charité.

Bien qu'il siège dans le ciel, par compassion pour ses membres qui peinent, car il est la tête des membres et du corps dans le monde entier (Col 2,19), il a dit :

-« Quand vous n'avez pas fait cela à l'un des plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait ».

Quand il a changé Paul le persécuteur en prédicateur, il lui a dit du haut du ciel :

-« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4).

Saul persécutait les chrétiens : est-ce qu'il persécutait le Christ, qui siégeait dans le ciel ?

Mais le Christ lui-même était dans les chrétiens, souffrant avec tous ses membres, pour qu'en lui cette parole soit vraie :

-« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12,26). 

Portons donc les fardeaux les uns des autres (Ga 6,2) ; là où est allée la tête, les autres membres sont destinés à aller.

Si notre Seigneur et Sauveur, qui a été sans péché, daigne nous aimer, nous pécheurs, d'une si grande affection qu'il affirme souffrir ce que nous souffrons, pourquoi est-ce que nous, qui ne sommes pas sans péché et qui pouvons racheter nos péchés par la charité, pourquoi est-ce que nous ne nous aimons pas d'un amour si parfait que nous compatissions par un sentiment de charité à tout le mal enduré par l'un d'entre nous ?

Une main ou un autre membre retranché du corps ne sent plus rien ; tel est le chrétien qui ne souffre pas du malheur, de la détresse ou même de la mort d'autrui.

 

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 15:15

Se vaincre soi-même : quelle bataille plus dure ?

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Plus on est uni à soi-même et simplifié à l'intérieur de l'âme, plus nombreuses et plus hautes sont les vérités que l'on comprend sans peine : on reçoit d'En Haut la lumière qui les explique.

 

Pur, simple et immobile en ton esprit, tu n'es pas dispersé dans la multiplicité des affaires; tu rapportes tout à la gloire de Dieu; tu fais vacance de toute volonté propre.

 

Qui t'entrave et te fatigue plus que la passion désordonnée de ton coeur ?

 

(...)

 

Se vaincre soi-même : quelle bataille plus dure ?

 

Voilà pourtant notre affaire unique : nous vaincre, devenir plus forts et meilleurs de jour en jour.

 

(...)

 

Combien d'hommes se perdent par leur vaine science dans le siècle, et n'ont point souci du service de Dieu ! Et parce qu'ils aiment mieux être grands qu'être humbles, ils s'évanouissent dans leurs pensées (Epître aux Romains 1, 21)

 

(...)

 

Est vraiment savant qui fait la volonté de Dieu, renonçant à son propre désir.

 

L'imitation de Jésus-Christ

d'après un manuscrit de 1441

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 15:13

 

Saint Polycarpe, qui êtes-vous ?
Évêque et martyr 
(† 167)

 

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olycarpe fut un personnage d'une éminente sainteté et d'une très profonde doctrine.

 

Il avait eu le bonheur de connaître plusieurs disciples du Sauveur, et de les entretenir familièrement, surtout l'apôtre saint Jean, par l'autorité duquel il fut établi évêque de Smyrne.

 

Homme de grande foi, Polycarpe avait horreur de tout ce qui attaquait la doctrine chrétienne.

 

L'hérétique Marcion s'approcha un jour de lui audacieusement, au moment où Polycarpe détournait la tête pour éviter de le voir, et il lui dit :

 

-« Ne me connaissez-vous pas ?

 

 “Si, répondit l'évêque, je vous connais pour le fils aîné de Satan.” »

 

Une telle âme était préparée au martyre.

 

Le récit de son sacrifice est une des plus belles pages de l'histoire aux premiers siècles. À l'entrée de ce saint vieillard dans l'amphithéâtre, tous les chrétiens présents entendirent une voix mystérieuse qui lui disait :

 

-« Courage, Polycarpe, combats en homme de cœur ! »

Le proconsul lui demanda :

 

-« Es-tu Polycarpe ? “Oui, je le suis.” Aie pitié de tes cheveux blancs, maudis le Christ, et tu seras libre. 

Il y quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m'a fait que du bien ; comment pourrais-je le maudire ? Il est mon Créateur, mon Roi et mon Sauveur.” 

Sais-tu que j'ai des lions et des ours tout prêts à te dévorer ? “Fais-les venir ! ” 

Puisque tu te moques des bêtes féroces, je te ferai brûler. 

Je ne crains que le feu qui brûle les impies et ne s'éteint jamais. Fais venir tes bêtes, allume le feu, je suis prêt à tout.” »

 

De toutes parts, dans l'amphithéâtre, la foule s'écrie : « Il est digne de mort. Polycarpe aux lions ! » Mais on arrêta qu'il serait brûlé vif.


Comme les bourreaux se préparaient à l'attacher sur le bûcher, il leur dit :

-« C'est inutile, laissez-moi libre, le ciel m'aidera. »


Le saint lève les yeux au ciel et prie. Tout à coup la flamme l'environne et s'élève par-dessus sa tête, mais sans lui faire aucun mal, pendant qu'un parfum délicieux embaume les spectateurs.

 

À cette vue, les bourreaux lui percent le cœur avec une épée.



(Source©Evangelizo.org)

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 18:36

LE REPENTIR ET L’ACTUALITÉ (SOURCE: SAGESSE ORTHODOXE")

Le salut du monde

Le chrétien se préoccupe, non seulement de son propre salut, mais de celui du monde entier, de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas, et même des ennemis de Dieu. Or, le seul obstacle au salut, est le péché. Et il n’y a pas d’autre remède au péché que le repentir – pénitence, ou mieux : « conversion ». Les saints de notre temps (Nectaire, Silouane, Païssios et tant d’autres) en donnent l’exemple. Le repentir ne consiste pas seulement à acquérir de la part de Dieu le pardon pour soi et pour le monde. Il consiste à extirper de soi les racines du péché que nous voyons dans le monde et, surtout, en nous-mêmes.

Les répercussions universelles du péché

Le péché est « un phénomène spirituel, métaphysique », dont les « racines… se trouvent dans la profondeur mystique de la nature spirituelle de l’homme ». Son essence est, « non la transgression d’une norme éthique, mais un éloignement de la vie éternelle et divine pour laquelle l’homme a été créé et à laquelle il est appelé par nature ».

Il « s’accomplit avant tout dans la mystérieuse profondeur de l’esprit humain », par les pensées ; et il a des conséquences sur l’homme tout entier. Il « se répercute sur l’état psychique et physique de l’homme qui l’a commis (…) ; il déborde inévitablement les limites de la vie individuelle du pécheur, pour alourdir le poids du mal qui pèse sur la vie de toute l’humanité et, par conséquent, il affecte la destinée du monde entier.

« Ce n’est pas seulement le péché de notre ancêtre Adam qui eut des conséquences d’une portée cosmique ; mais tout péché, manifeste ou secret, de chacun d’entre nous se répercute sur la destinée du monde entier » (Citations de l’archimandrite Sophrony, Starets Silouane, 1973, p. 33-34).

Connaissance des raisons

Le repentir est l’acquisition de la connaissance intime de la condition humaine et des causes de sa souffrance et de sa mort – réponse à la question : Comment en sommes-nous arrivés là ? Dans les époques de barbarie – violente, cruelle ou confortable par tyrannie du plaisir égoïste – le chrétien qui se convertit ressent profondément la conséquence du péché – la perte de la grâce, pour lui-même et pour le monde. Il tend alors à rompre avec toute pensée pécheresse elle-même, afin de ne plus alourdir le fardeau des hommes. Au contraire, celui qui s’élève par une vie pure, élève l’humanité entière.

La puissance de l’humilité

Le repentir est surtout l’acquisition de l’humilité. Tous les maux qui affectent les hommes et les autres créatures – la création entière – ont leur source dans l’orgueil. C’est pourquoi celui ou celle qui, par le repentir, devient humble comme l’est le Seigneur de gloire, contribue au salut du monde. Ainsi, devant les évènements que présente l’actualité, la réponse chrétienne est, pour beaucoup, un incessant « Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, fais miséricorde au pécheur que je suis ! » Celui qui s’est totalement humilié par un incessant repentir, laisse la place à la souveraineté de l’action miséricordieuse du Seigneur.

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 18:34

DISCORDE FAMILIALE…(SOURCE: "SAGESSE ORTHODOXE")

1)   il n’est pas étonnant que votre fils ait pensé devoir soutenir son épouse. Vous vous trouvez ainsi seuledevant deux personnes.

2)   il est vrai que l’on peut parler selon sa conscience tout en conservant la douceur. En revanche, dire qu’il faut « tout exprimer » n’est pas tout à fait juste, ou alors il faudrait un amour immense pour que la vérité que l’on exprime ne soit pas meurtrière et que, au contraire, elle serve à l’édification de ceux à qui on la dit. Nous devons acquérir d’abord l’amour, et ensuite dire toute la vérité. C’est ce qu’a fait le Christ. Il a dit toute la vérité; mais, dans le même temps, Il était disposé à monter sur la croix pour ceux à qui Il disait la vérité.

3)   nous avons tort de tomber dans la colère, même pour un bon motif; seule la douceur inspirée par l’amour que l’on a pour ceux qui nous contredisent peut être efficace; c’est l’exemple que donne le Christ. Et la douceur n’est pas la mollesse: c’est la force de l’humilité.

4)   le problème vient du fait que vous n’aimez pas encore cette personne. Demandez au Christ de vous donner la grâce d'aimer votre belle-fille comme Il l’aime lui-même; en effet, sur la Croix, Il a donné sa vie pour elle, comme pour vous, et comme pour votre fils. Quand vous l’aimerez, vous ne serez plus en rivalité avec elle par rapport à votre fils.

5)   je pense que vous êtes bien inspirée quand vous écrivez: « Est-ce une épreuve ? Pour abattre mon orgueil (cette belle-fille m’humilie, mon fils m’humilie) ? Pour me montrer qu’il faut aimer Dieu avant tout (plus que son fils !) ? Pour que je prie pour la conversion de cette personne?  Pour éprouver ma foi ? Pour me montrer mes péchés (moi qui me croyais bonne chrétienne et qui n’aime pas cette femme ! ) ? Alors à quoi bon les prières si l’on ne peut aimer tout le monde ? »

Vous apportez vous-même la réponse à votre interrogation. Si une personne devient humble comme le Christ Dieu est humble, elle devient invulnérable à toutes les attaques venues des hommes ou des démons; et elle peut alors aimer, non seulement ses amis, mais ses ennemis. Pour ces derniers, elle éprouve même un amour douloureux, de la compassion, parce qu’elle sent combien ils sont malheureux et prisonniers de la haine: elle les voit plus malheureux qu’elle n’est elle-même. Le Malin, qui est principalement l’esprit de division, ne peut pas s’infiltrer dans une famille où au moins une personne a acquis l’amour du Christ.

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 18:32

Ah ! Il est grand temps que le Carême arrive ! 

Conseil pour le Carême

Qu’à cela ne tienne, dit le Ciel impatient ! Le voici maintenant qui surgit en ce premier jour à portée de volonté pour prendre notre haine et la jeter dans la marmite du diable, cette fournaise de bêtise et de méchanceté d’où elle est sortie.

En vérité, en vérité, je vous le dis : pendant ces quarante jours qui nous séparent de Pâques, il sera inutile que nous multiplions les prières et les eucharisties, il sera inutile que nous jeûnions des meilleurs desserts, il sera inutile que nous dressions des chèques aux oeuvres sociales, il sera inutile que nous formions de pieuses résolutions, si notre coeur – allons-y, notre coeur français – ne se décide pas à déverser dès aujourd’hui un torrent d’indulgence et de miséricorde sur tout homme, fût-il monstrueux dans ses pensées et son agir, jusqu’à désirer ardemment son salut éternel ! Ça, c’est du christianisme à l’état pur !

Et c’est cette pureté vécue pleinement par Notre Seigneur Jésus-Christ que Dieu attend de vous et de moi. Certains crieront à l’injustice, et, pire encore, décrèteront que les coupables doivent payer cher dans l’éternité leurs mauvais choix, et que si Dieu pardonnait de grand coeur à des assassins et à des blasphémateurs, sa justice en serait entachée. Quel blasphème ! Et que nous sommes loin ici du Lac de Tibériade !

Prions donc plus que jamais pour que tous les Français se rendent à la sagesse de l’Évangile et que, parmi eux, les catholiques que nous prétendons être se tiennent résolument à la hauteur de notre Mère Marie qui, sur le Calvaire, au milieu des insultes et des crachats, répondit à la haine qui maculait le torse de son Fils par une étrange dignité et par la démesure illogique de son amour.

Père Zanotti Sorkine

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