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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 00:11

Le jeûne tient une place toute particulière dans la

tradition orthodoxe. 

verre_jeune.jpg

(Entretien avec le Père Michel Evdokimov, archiprêtre des paroisses orthodoxes Saint-Pierre-et-Paul à Châtenay-Malabry (92). Publié le 19 février 2014.)

"L'ascèse personnelle, familiale et paroissiale, en particulier dans la prière et dans le jeûne, est caractéristique de l'Orthodoxie"

Père Justin  Popovitch (1894-1979)

La nourriture,un thème biblique

Dans la Bible, tout commence avec le partage de la "pomme" entre Adam et Eve. Et les récits présentant toutes sortes de repas y sont nombreux. Sans parler de la main nourricière de Dieu ... Ainsi Élie, pourchassé par la reine Jézabel, jeûne pendant 40 jours, puis, à bout de forces il s’allonge sur le sol  en disant :«C’est fini, je vais mourir.» A ce moment –là, un ange arrive  et le nourrit. Quant au peuple d’Israël qui erre dans le désert durant 40 années, il est sauvé par la manne qui tombe du ciel. Dieu intervient dans la vie des hommes pour les nourrir non seulement en esprit, mais aussi d’une manière plus matérielle. Et lorsque Jésus, poussé au désert, va jeûner pendant 40 jours : quelle sera la première tentation du Malin ? La nourriture...

Les orthodoxes attachent au jeûne une importance toute particulière parce que, à l'image de Jésus dans le désert, il permet de s'ouvrir aux réalités de l'Esprit, à travers le combat spirituel. Car, comme nous le montre le récit de Jésus au désert, le jeûne n’est pas quelque chose d’anodin. C’est un geste qui provoque des réactions violentes de la part des forces du mal. Les orthodoxes situent le Carême dans cet perspective : le jeûne nous rendant plus faible, le Carême est un temps de combat spirituel qui invite chaque croyant à un travail intérieur.

Une discipline sur soi-même

C'est en se privant de nourriture, que l'on découvre ce qui essentiel pour survivre. Or, "l'homme ne vit pas que de pain". Le jeûne aide à maîtriser ses appétits et aiguise d'autant notre notre soif de Dieu.

Les fidèles orthodoxes sont invités à jeûner non pas de leur propre volonté mais sous la direction d'un père spirituel. Je demande aux fidèles de ma paroisse de supprimer la viande et dans la mesure du possible les laitages. Les moines orthodoxes, eux, observent un jeûne beaucoup plus strict : abstention de toute nourriture d’origine animale (viande, poisson ayant une arête, laitages, œufs) graisses et vin… Ce jeûne de la nourriture invite à d'autres formes de privations, comme le jeûne de télévision(supprimer les émissions récréatives ou frivoles) et les revues du même type. En contre-partie, je leur demande lire au moins un évangile,si ce n’est les quatre, et ainsi se rapprocher de Dieu par cet effort, et par une prière plus assidue.

Le jeûne conjugal est aussi préconisé, mais de fait il est déjà ancré en profondeur dans notre tradition. Les couples orthodoxes pratiquants ont l'habitude de pratiquer l'abstinence un jour avant, et un jour après l'eucharistie. Dans notre société d'abondance, cet apprentissage de la liberté face à nos dépendances n'est pas vraiment populaire. Alors qu'il y a des danseurs, des sportifs, des stars qui sont capables de se discipliner de façon drastique, ascétique, pourquoi est-ce que, nous chrétiens, nous ne pourrions pas nous soumettre à une discipline de ce genre, alors que nous sommes là pour montrer la valeur spirituelle et humaine du jeûne, dans ce qu’on appelle le partage ?

Le partage communautaire, une réalité

«Tu jeûneras pour partager cette nourriture avec les pauvres» disait saint Jean Chrysostome. Pour notre petite communauté, comme pour l'ensemble de la communauté orthodoxe, le jeûne n'est pas qu'un simple effort sur soi, il s'ouvre sur le partage en communauté avec "le pauvre". Ainsi, dans notre paroisse, les sommes qui équivalent à notre privation de nourriture ou de divertissement sont mises de côté. Elle sont ensuite rassemblées et versées dans ce que nous appelons la quête de Carême. Après Pâques, cet argent sera envoyé à des œuvres humanitaires ici en France, en Roumanie, ou au Liban...

Nous sommes peu nombreux mais il est essentiel pour nous de faire ce geste d'offrande, car il crée un lien entre ces gens en souffrance et nous qui vivons dans des conditions plus favorables. Ce temps de jeûne personnel, de partage et de prière est vécu en étroite relation avec notre petite communauté, qui nous aide à en supporter l'exigence, tant il est vrai que le jeûne en France est autrement plus difficile, que dans un pays comme la Russie où vous êtes porté par une communauté élargie.

Propos recueillis par Evelyne Montigny, 19 février 2014

 

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 23:44

 Miracle ?

La statue de la Vierge n'est pas là...

mais tout le monde la voit !

Incroyable mais vrai !

L'image de la statue se voit depuis la porte d'entrée, mais s'évanouit au fur et

à mesure que l'on se rapproche de l'autel.

virgen maria

Cela peut sembler incroyable, mais c'est vrai. Dans la niche au-dessus de l'autel de la chapelle du sanctuaire de Notre-Dame-de-Lourdes, à Alta Gracia (Argentine), il n'y a pas de statue de la Vierge, mais l'on peut voir son image, alors que la niche en question est en réalité vide.

Il ne s'agit pas d'une image plane mais en relief, en trois dimensions : même les plis du vêtement sont visibles. On dirait un hologramme.

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Et ce n'est pas une illusion psychologique, fruit de la dévotion exaltée de quelques pèlerins. 

Croyants ou non croyants, tous ceux qui se pressent au sanctuaire la voient et l'image apparaît même sur les photos qui sont prises.

Elle se distingue parfaitement depuis la porte d'entrée et s'évanouit ensuite peu à peu, au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'autel.
300px-Le Voeu de Louis XIII 

De quand date le phénomène?

Dans cette chapelle, construite et bénite en 1927, il y a eu, pendant de nombreuses années, au centre du retable, une statue de Notre-Dame de Lourdes.

En août 2011, cette statue a été retirée de la niche afin d'être restaurée.

Quelques jours plus tard, l'un des prêtres en charge du sanctuaire s'apprêtait à fermer la porte principale de la chapelle, quand il vit une silhouette, qui semblait être en plâtre, à la place occupée auparavant par la statue de la Vierge de Lourdes.

S'approchant de l'autel à plusieurs reprises, il observa alors que l'image s'évanouissait au fur et à mesure qu'il se rapprochait.

Or la statue n'était pas là.

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Devant le phénomène manifeste, visible par toutes les  personnes visitant le lieu, et après les commentaires inexacts de la presse, les frères carmes déchaux publièrent alors le communiqué suivant :« La manifestation de l'image de la Très Sainte Vierge n'a pas, à ce jour, d'explication rationnelle. Elle doit être interprétée par le peuple de Dieu comme un signe pour augmenter et approfondir la foi chrétienne et susciter dans le cœur des hommes la conversion à l'amour de Dieu et leur participation à la vie de l'Église ».
 70633507 p[1]

Une chapelle en 1924

La chapelle est située sur un grand terrain, dans un parc de plusieurs hectares où, en 1916, avait été inaugurée une réplique de la grotte de Massabielle de Lourdes, où la Vierge est apparue en 1858 à sainte Bernadette Soubirous.

L'idée et la réalisation étaient dues à deux femmes de Buenos Aires, Guillermina Achával Rodríguez de Goyena et Delfina Bunge de Gálvez, écrivain, épouse de l'auteur Manuel Gálvez.
N D DE LOURDES 2 
Depuis la construction de la grotte, le lieu est devenu un centre où affluent des foules nombreuses de pèlerins et où se sont multipliées les manifestations d'amour envers la Mère de Dieu.

En 1922, un comité s'est constitué pour construire une chapelle, dont la première pierre a été posée en 1924 et que l'évêque de Cordoba de l'époque, Mgr José Anselmo Luque, a bénite en 1927. 

Adapté de l'espagnol par Élisabeth de Lavigne pour 

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 13:50

Chers amis. Aloho m'barekh

N D DE LOURDES 3

Vingt et un Coptes Orthodoxes ont été assassinés par haine "Du Peuple de La Croix".

Nous aussi, nous appartenons à ce "Peuple de la Croix" et, si nous respectons croyants et incroyants, nous sommes fiers d'être disciples du Nazaréen, du Christ: le Divin Roi d'Amour !

Ils furent assassinés parce qu'ils confessaient le Christ, parce qu'ils éxercaient leur droit inaliénable à la "Liberté de conscience et de culte"...

Une fois de plus, nous sommes saisis par l'horreur.

En France et au Cameroun, notre Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone partage l'immense peine des frères et soeurs de l'Eglise Copte-Orthodoxe éprouvés une fois de plus par les conséquences de l'obscurantisme et du fanatisme. Nous prions pour que ces nouveaux martyrs chrétiens intercèdent pour les chrétientés occidentales menacées par le matérialisme, le relativisme,l'indifférentisme,l'apostasie et l'athéisme.


Ils furent assassinés parce qu'ils confessaient le Christ, parce qu'ils éxercaient leur droit inaliénable à la "Liberté de conscience et de culte"...En de nombreuses Nations, dont les nôtres parfois, cette liberté est menacée par diverses sorte de sectarismes , par l'orgueil et le fanatisme des "hommes sans Dieu" ou la volonté de ceux qui prétendent servir Dieu mais, pour défendre ce qu'ils croient être leur monopole, écrasent leurs frères. 


Ne relâchons pas notre effort de solidarité pour nos frères et soeurs de Syrie, d'Irak, des Indes ou de tous ces lieux où le Christ Tête de l'Eglise continue de souffrir en ses membres !


Nous présentons à nos frères et soeurs chrétiens Coptes-Orthodoxes, nos plus sincères condoléances et les assurons de notre proximité spirituelle.


Votre respectueusement dévoué en Notre-Seigneur.

+Mor Philipose-Mariam

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Dear friends. Aloho m'barekh


Twenty-one Orthodox Copts have been murdered by hate, "The People of the Cross."


We too belong to this "People of the Cross" and if we respect believers and unbelievers, we are proud to be disciples of the Nazarene, of Christ the Divine King of Love!


They were murdered because they confess Christ because they were exercising their inalienable right to "Freedom of conscience and of religion" ...

Once again, we are seized by horror.

 
In France and Cameroon, our "Syro-Orthodoxe-Francophone" Church (French speaking Syrian Orthodox Church) share the immense sorrow siblings of the Coptic Orthodox Church proven once again by the consequences of obscurantism and fanaticism.


We pray that these new Christian martyrs intercede for Western Christendom threatened by materialism, relativism, indifferentism, apostasy and atheism.


They were murdered because they confess Christ because they were exercising their inalienable right to "Freedom of conscience and religion" ... In many Nations, including ours sometimes this freedom is threatened by various kind of sectarianism, by pride and fanaticism "men without God" or the will of those who claim to serve God but to defend what they believe is their monopoly, crush their brothers.


Let us keep our effort of solidarity for our brothers and sisters in Syria, Iraq, India or all of these places where Christ Church head continues to suffer its members!

We present to our brothers and sisters Coptic-Orthodox Christians, our deepest condolences and pledge our spiritual closeness.


Votre respectueusement dévoué en Notre-Seigneur.

+Mor Philipose-Mariam

 

Martyrs coptes en Libye, priez pour nous !


La 1ère icône des 21 martyrs coptes de Libye (commentaires de Marie-Gabrielle Leblanc)

Remarquez les détails : la plage sur laquelle ils ont été martyrisés avec la mer derrière. Tous les visages ressemblent à Jésus, dont ils ont prononcé le nom jusqu'à leur dernier souffle. L'unique Soudanais n'est pas oublié au centre. Les tuniques oranges rappellent la combinaison orange que les terroristes islamistes mettent à leurs victimes avant de les décapiter. Ils ont par-dessus l'étole rouge du martyre, proche de l'étole des diacres coptes, portée ici également par les anges et par le Christ.
Remarquez la pluie de couronnes que les anges leur remettent. 

  

L’annonce a été faite par le premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab.

LA CROIX - 20/2/15 
Le premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab, a révélé que le président Abdel Fattah al-Sisi en personne avait décidé la construction, aux frais de l’État, d’une église dédiée « aux martyrs de Libye », les 21 jeunes coptes assassinés par l’État islamique. Cette église devrait être édifiée dans la ville de Minya, dans la région dont provenait la majeure partie des coptes décapités par les djihadistes, annonce l’agence vaticane Fides. En outre, par décret présidentiel, les familles des victimes du terrorisme islamiste recevront un dédommagement financier et deviendront titulaires d’une pension mensuelle.

Le président égyptien avait déjà manifesté sa proximité avec les coptes endeuillés en se rendant lundi 16 février, au lendemain de la diffusion par l’État islamique de la vidéo montrant le meurtre des jeunes Égyptiens enlevés en Libye, à la cathédrale Saint-Marc, dans le quartier populaire d’Abassyiah au Caire, pour présenter ses condoléances au pape Tawadros. Il avait aussi décrété sept jours de deuil national.

« Le sceau de leur martyre »

Les coptes exécutés par les djihadistes de l’État islamique en Libye sont morts en prononçant le nom du Christ, a expliqué à l’agence Fides Mgr Antonios Aziz Mina, évêque copte catholique de Gizeh.

De son côté, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (Cecef) a publié vendredi 20 février un communiqué, disant partager « la douleur de la communauté copte d’Égypte après l’assassinat de 21 de ses membres » et condamnant « avec force ces meurtres abjects ». Les coprésidents du Cecef, le pasteur François Clavairoly, le métropolite Emmanuel, et Mgr Georges Pontier, invitent « tous les chrétiens à prier pour la sécurité des chrétiens du Moyen-Orient et pour la paix dans cette région. »

  




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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 16:01

Saints martyrs d’Abitène, qui êtes-vous ?

(† 304)

LES MARTYRS D'ABITÈNE dans images sacrée

 

S

aturnin, prêtre, avec ses quatre enfants : Saturnin le jeune et Félix, tous deux lecteurs, Marie, vierge consacrée, et le petit Hilarion.

 

Le sénateur Dativus, Félix ; un autre Félix, Émérite et Ampelius, lecteurs. Rogatien, Quintus, Maximien ou Maxime, Telica ou Tazelita, un autre Rogatien, Rogatus, Janvier, Cassien, Victorien, Vincent, Cécilien, Restitute, Prima, Éve, encore un autre Rogatien, Givalius, Rogatus, Pomponia, Secunde, Januaria, Saturnine, Martin, Clautus, Félix le jeune, Marguerite, Major, Honorata, Regiola, Victorin, Peluse, Fauste, Dacien, Matrone, Cécile, Victoire, vierge de Carthage, Berectina, Secunde, Matrone, Januaria. (Martyrologe Romain)

 

Visite Pastorale du Pape Benoît XVI, Pape de Rome,

 à Bari pour la Clôture du 
XXIV Congrès Eucharistique Italien

Esplanade de Marisabella
Dimanche 29 mai 2005

 

Extraits de l’Homélie du Pape

 

Très chers frères et sœurs,

 

[...] Ce Congrès eucharistique, qui arrive aujourd'hui à sa conclusion, a voulu présenter le dimanche comme la « Pâque hebdomadaire », expression de l'identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission.


Le thème choisi - « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre » - nous ramène à l'an 304, lorsque l'empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Écritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées.


A Abitène, une petite ville située dans l'actuelle Tunisie, 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d'Octave Félix, ils célébraient l'Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales.

 

Arrêtés, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus. La réponse, parmi d'autres, qu'un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l'ordre sévère de l'empereur, est significative.

 

Il répondit : « Sine dominico non possumus » : sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre.


Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber.

 

Après d'atroces tortures, ces 49 martyrs d'Abitène furent mis à mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l'effusion de leur sang.

 

Ils moururent, mais ils vainquirent : nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.


Les martyrs d'Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, nous devons réfléchir.

 

Pour nous non plus, il n'est pas facile de vivre en chrétiens, même s'il n'y a pas ces interdictions de l'empereur.

 

Mais, d'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, souvent marqué par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui « grand et redoutable » (Dt 8, 15) dont nous a parlé la première lecture, tirée du Livre du Deutéronome. [...]

 

« Comment pourrions-nous vivre sans Lui ? ».

 

Nous entendons retentir dans ces paroles de saint Ignace l'affirmation des martyrs d'Abitène :

-« Sine dominico non possumus ».

C'est précisément de là que jaillit notre prière : que nous aussi, chrétiens d'aujourd'hui, retrouvions la conscience de l'importance décisive de la Célébration dominicale et sachions tirer de la participation à l'Eucharistie l'élan nécessaire pour un nouvel engagement dans l'annonce au monde du Christ « notre paix » (Ep 2, 14). Amen !



Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:59

L'ICÔNE QUI MARQUE L'ENTREE DE LA PLACE ROUGE A MOSCOU

Le nom d’Iverskaya de cette icône de la "Vierge directrice", l'une des plus anciennes conservées, vient d’un monastère du Mont Athos où elle arriva miraculeusement en 999 après avoir longtemps flotté sur la Mer de Marmara.

Une pieuse veuve de Nicée (aujourd’hui Iznik) l’avait en effet confiée à ses eaux à l’époque des persécutions iconoclastes du 9° siècle.

En 1648, on en porta la reproduction à Moscou. Les guérisons et faits miraculeux se répétèrent à Moscou, comme cela se produisait au Mont Athos, au monastère d’Iverski. Aussi cette icône fut-elle entourée d’une grande vénération.

Depuis, l'Eglise russe vénère la Très Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie en son icône "Iverskaïa" chaque 12 février. Pendant les années de la domination soviétique, elle était vénérée dans l'Eglise de la Résurrection. Depuis, elle a retrouvé son église du temps passé, à l'entrée de la place Rouge, à Moscou. 

D'après Maria Donadeo in "Icônes mariales russes" 

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:56

CARËME:

Croix Syrienne des Chrétiens de Mar Thomas

Dans l'Eglise d'Occident [Ce n'est pas le cas dans notre Tradition Syriaque], le Carême commence par le "Mercredi des Cendres". Voici la présentation que Jean-Paul II, le Pape de Rome, faisait en 2003 de cette démarche. Je vous la livre ici puisque, aussi bien, ce qu'il en dit est valable pour tous afin d'éclairer notre éffort de conversion durant ce Carême:

1. "Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, réunissez le peuple, convoquez la communauté" (Jl 2, 15-16). Ces paroles du prophète Joël mettent en lumière la dimension communautaire de la pénitence. Certes, le repentir ne peut provenir que du cœur, siège, selon l'anthropologie biblique, des intentions profondes de l'homme. Toutefois, les actes de pénitence exigent d'être vécus également avec les membres de la communauté. En particulier dans les moments difficiles, suite à des difficultés ou face à un danger, la Parole de Dieu, à travers la bouche des prophètes, appelait les croyants à une mobilisation pénitentielle : tous sont convoqués, sans aucune exception, des personnes âgées aux enfants ; tous unis pour implorer de Dieu la compassion et le pardon (cf. Jl 2, 16-18).

2. La communauté chrétienne écoute cette puissante invitation à la conversion, au moment où elle s'apprête à entreprendre l'itinéraire quadragésimal, qui est inauguré par l'antique rite de l'imposition des cendres. Ce geste, que certains pourraient considérer comme appartenant à d'autres temps, contraste certainement avec la mentalité de l'homme moderne, mais cela nous pousse à en approfondir le sens en découvrant sa force et son impact particuliers. En déposant les cendres sur le front des fidèles, le célébrant répète : "Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière". Retourner à la poussière est le destin qui apparemment lie les hommes et les animaux. Toutefois, l'être humain n'est pas seulement chair, mais également esprit ; si la chair a pour destin la poussière, l'esprit est voué à l'immortalité. En outre, le croyant sait que le Christ est ressuscité, remportant également dans son corps une victoire sur la mort. Lui aussi marche dans l'espérance vers cette perspective.

3. Recevoir les cendres sur le front signifie donc se reconnaître comme créatures, faites de glaise et destinées à la glaise (cf. Gn 3, 19) ; cela signifie dans le même temps se proclamer pécheurs, ayant besoin du pardon de Dieu pour pouvoir vivre selon l'Evangile (cf. Mc 1, 15); cela signifie, enfin, raviver l'espérance de la rencontre définitive avec le Christ dans la gloire et dans la paix du Ciel. Cette perspective de joie engage les croyants à faire tout leur possible pour anticiper dans le temps présent une partie de la paix future. Cela suppose la purification du cœur et l'affermissement de la communion avec Dieu et les frères.

C'est à cela que visent la prière et le jeûne auxquels, face aux menaces de guerre qui pèsent sur le monde, j'ai invité les fidèles.

A travers la prière, nous nous plaçons entièrement entre les mains de Dieu, et ce n'est que de Lui que nous attendons la paix authentique.

A travers le jeûne, nous préparons notre cœur à recevoir la paix du Seigneur, don par excellence et signe privilégié de la venue de son Royaume.

4. La prière et le jeûne doivent donc être accompagnés par des œuvres de justice ; la conversion doit se traduire en accueil et en solidarité. A ce sujet, l'ancien prophète admoneste : "N'est-ce pas plutôt ceci le jeûne que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug ; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ?" (Is 58, 6).

Il n'y aura pas de paix sur terre tant que perdureront les oppressions des peuples, les injustices sociales et les déséquilibres économiques encore existants. Mais pour les grands changements structurels souhaités, les initiatives et les interventions extérieures ne suffisent pas ; il faut avant tout une conversion commune des cœurs à l'amour.

5. "Revenez à moi de tout votre cœur" (Jl 2, 12).

Nous pourrions dire que le message de la célébration d'aujourd'hui se résume dans cette exhortation implorante de Dieu à la conversion du cœur.

Cette invitation est répétée par l'Apôtre Paul dans la seconde lecture : "Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu [...] Le voici maintenant le moment favorable ; le voici maintenant le jour du salut" (2 Co 5, 20 ; 6, 2).

Chers frères et sœurs, voici le moment favorable pour revoir notre attitude à l'égard de Dieu et de nos frères.

Voici le jour du salut, au cours duquel nous examinons profondément les critères qui nous orientent dans notre conduite quotidienne.

Seigneur, aide-nous à retourner de tout cœur à Toi, Chemin qui conduit au salut, Vérité qui rend libres, Vie qui ne connaît pas la mort.

Jean-Paul II - 5 mars 2003

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:54

UN ANCIEN MINISTRE NOUS PARLE DE LA REPONSE CHRETIENNE FACE A LA MORT

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Avec 2 milliards de fidèles le christianisme reste la première religion au monde, loin devant toutes les autres. Question : pourquoi?

Depuis toujours, ma conviction est que le message de Jésus est le seul dans l'histoire de l'humanité qui fût au niveau du problème posé par la mort, notamment par celle des êtres que nous aimons.

Schopenhauer n'a cessé d'y insister dans son maître livre, Le Monde comme volonté et comme représentation (1818) : la mort est la muse de toute interrogation métaphysique. Sans elle il n'y aurait ni philosophies ni religions.

En effet, ces dernières ont en commun de proposer des doctrines du salut, des réflexions sur ce qui pourrait nous sauver de la finitude humaine. À l'appui de son assertion Schopenhauer cite Platon et son fameux «Que philosopher c'est apprendre à mourir », repris et popularisé beaucoup plus tard par Montaigne.

Pourtant, je crois bien que la philosophie a toujours échoué dans cette préparation, là où la religion chrétienne nous promettait de faire « mourir la mort ».

Pour permettre aux humains d'aimer sans crainte ni retenue, il faut, comme le dit l'un de nos plus profonds philosophes chrétiens, Denis Moreau, dans son beau livre sur ; Les Voies du salut (Bayard), que quatre conditions soient réunies : « Que la mort ne soit pas le terme ; qu'il y ait une persistance de l'identité personnelle après la mort ; qu'il y ait une relative hétérogénéité entre la forme d'être que nous connaissonsactuellement et celle placée après la mort; qu'il soit permis d'espérer que cette continuation post mortems 'opère dans des conditions (...) très heureuses. »

En d'autres termes, nous ne serons pleinement sereins et libres que si nous avons la certitude qu'une autre vie reprendra après notre disparition, une vie dans laquelle nous resterons nous-mêmes, de vraies personnes, d'âme et de corps.

Bien entendu, il faut que cette vie future soit malgré tout différente de l'ancienne.

Il faut qu'elle soit plus heureuse, beaucoup plus heureuse, puisque la mort n'y aura plus sa place et que l'amour y régnera en maître.

C'est là, justement, ce que promet le Christ à ceux qui acceptent de le suivre, et cette promesse de résurrection personnelle bouleverse l'attitude existentielle du chrétien ici et maintenant, comme le précise encore Moreau: «L'existence du croyant est une existence caractérisée par la foi en la résurrection du Christ et par l'espérance en sa propre résurrection.

Si l'on prend au sérieux cette foi et cette espérance, elles ne sont pas quelque chose que l'on pourrait avoir parallèlement à d'autres idées, à titre d'ornement ou de consolation de la vie, mais elles déterminent l'être entier du chrétien et le placent dans un rapport spécifique avec le monde qui modifie son être au monde. »

Bien des philosophes, depuis Épicure et les stoïciens jusqu'à Schopenhauer en passant par les disciples de Bouddha ou de Spinoza, se sont efforcés de montrer que la mort n'est pas à craindre. On connaît, entre autres, la fameuse argumentation d'Épicure exposée dans sa Lettre à Ménécée : « La mort n'est ríen pour nous puisque, tant que je suis là, elle n'est pas là, et quand elle est là, c'est moi qui ne suis plus là ! »

Pourquoi, dès lors, s'en effrayer? Je doute que le raisonnement, pourtant logique en apparence, ait jamais convaincu qui que ce soit. Personnellement, je vous avoue qu'il me fait plutôt sourire, pour ne pas dire plus, et bien qu'amoureux de la philosophie, j'ai toujours un peu honte des philosophes quand je les vois céder à pareils sophismes.

Il y eut sans doute quelques disciples pour les prendre au sérieux, mais pas Lucrèce, trop profond et avisé pour se laisser persuader par un discours d'une aussi évidente platitude.

Voilà pourquoi j'aime cette réflexion de La Rochefoucauld : « Rien ne prouve davantage combien la mort est redoutable que la peine que les philosophes se donnent pour persuader qu'on la doit mépriser. On a écrit tout ce qui peut le plus persuader que la mort n'est point un mal. Et les hommes les plus faibles aussi bien que les héros ont donné mille exemples célèbres pour établir cette opinion. Cependant, je doute que personne de bon sens l'ait jamais cru. Et la peine que l'on prend pour le persuader aux autres et à soi-même fait assez voir que cette entreprise n'est pas aisée »

Bien dit, et je concède volontiers qu'à mes yeux seul le discours du Christ est propre à lever les doutes et dissiper les peurs.

A une condition, bien sûr : avoir la foi.

 

(Luc Ferry

Le Figaro 26 décembre 2014)

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:52
Les SEPT SAINTS FONDATEURS
des Frères Servites de Marie , qui sont-ils ?

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Le 15 août 1633, sept nobles Florentins, célébrant pieusement la grande fête de l'Assomption, eurent chacun une vision de la Très Sainte Vierge, les invitant à une vie plus parfaite. S'étant convertis, ils renoncèrent à leurs richesses, se couvrirent de vêtements pauvres et se retirèrent, le 8 septembre suivant, dans une humble maison, pour célébrer ensemble la Nativité de Marie. Leur commun dessein de vie religieuse reçut la sanction d'un miracle.

Pendant qu'ils mendiaient leur pain de porte en porte, tout à coup, en les voyant, un petit enfant de cinq mois à peine les acclama sous le nom de Serviteurs de Marie. Ils gardèrent ce nom, évidemment venu du Ciel, et commencèrent, sur une montagne voisine, une vie toute céleste, reposant sur une grande pauvreté, une austère mortification, la méditation de la Passion de Jésus-Christ et de la douloureuse Compassion de la Sainte Mère de Dieu. 

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Cet institut nouveau fut approuvé par le Pape Innocent IV, et se développa rapidement en Italie, en France, en Allemagne et en Pologne. Les Sept Fondateurs, après un laborieux apostolat, fécondé par de nombreux miracles, moururent entourés de la vénération des peuples et furent ensevelis à leur tour dans le même tombeau, en sorte que la mort ne sépara pas ceux que la vertu avait unis dans un tendre amour pour Jésus et Marie. Honorés depuis longtemps comme Bienheureux, ils furent canonisés par le Pape Léon XIII pendant les fêtes du Cinquantenaire de son sacerdoce.

Image illustrative de l'article Ordre des Servites de Marie



Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:46

Par Saint Bernard (1091-1153), abbé cistercien et docteur de l'Église d'Occident. Sermons sur le Cantique des Cantiques n°37, 2-5 (trad. Seuil 1953, p. 436 rev.) 

26.St.Georges

« En ce temps déjà, le centuple »


« Semez dans la justice,dit le Seigneur, et récoltez l'espérance de la vie. »

Il ne te renvoie pas au dernier jour, où tout vous sera donné réellement et non plus en espérance ; il parle du présent.

Certes, notre joie sera grande, notre allégresse infinie, lorsque commencera la vraie vie.

Mais déjà l'espérance d'une si grande joie ne peut pas être sans joie.

« Réjouissez-vous dans l'espérance », dit l'apôtre Paul (Rm 12,12).

Et David ne dit pas qu'il sera dans la joie, mais qu'il y a été le jour où il a espéré entrer dans la maison du Seigneur (Ps 121,1).

Il ne possédait pas encore la vie, mais déjà il avait moissonné l'espérance de la vie.

Et il faisait l'expérience de la vérité de l'Écriture qui dit que non seulement la récompense mais « l'espérance des justes est pleine de joie » (Pr 10,28).

Cette joie est produite dans l'âme de celui qui a semé pour la justice, par la conviction qu'il a que ses péchés sont pardonnés. 

Quiconque parmi vous, après les commencements amers de la conversion, a le bonheur de se voir soulagé par l'espérance des biens qu'il attend a récolté dès maintenant le fruit de ses larmes.

Il a vu Dieu et l'a entendu dire : « Donnez-lui les fruits de ses œuvres » (Pr 31,31).

Comment celui qui a « goûté et vu combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9) n'aurait-il pas vu Dieu ?

Le Seigneur Jésus paraît bien doux à celui qui reçoit de lui non seulement la rémission de ses fautes, mais encore le don de sainteté et, mieux encore, la promesse de la vie éternelle.

Heureux celui qui a déjà fait une aussi belle moisson. Le prophète dit vrai : « Ceux qui sèment dans les larmes récolteront dans la joie » (Ps 125,5).

Aucun profit ni honneur terrestre ne nous paraîtra au-dessus de notre espérance et de cette joie d'espérer, désormais profondément enracinée dans nos cœurs :

-« L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:57

Aloho m'barekh (Dieu vous bénisse) !


Voici, chers amis, un film russe sous-titré français.

 
Sur l'importance de la simplicité et de l'humilité dans la prière.

 
D'après la nouvelle de Tolstoï intitulée "Les 3 vieillards"

 

 

LES TROIS SAINTS VIEILLARDS:

CONTE DE LA RÉGION DE LA VOLGA

par Léon TOLSTOÏ

 

L’archevêque d’Arkhangelsk avait pris place sur un bateau qui faisait voile de cette ville au monastère de Solovki. Parmi les passagers se trouvaient aussi des pèlerins et de ceux que l’on nomme « saints ». Le vent soufflait en poupe, le temps était beau, il n’y avait ni roulis ni tangage.

Les pèlerins, les uns couchés ou mangeant, les autres assis par tas, devisaient entre eux. L’archevêque sortit de sa cabine et se mit à marcher d’un bout à l’autre du pont. Arrivé à la proue, il vit un groupe qui s’y était rassemblé. De la main, un petit paysan désignait quelque chose au large et parlait tandis que les autres l’écoutaient. L’archevêque s’arrêta, regarda dans la direction indiquée par le petit paysan : rien de visible que la mer rutilant sous le soleil. L’archevêque s’approcha pour mieux écouter. Le petit paysan l’ayant aperçu ôta son bonnet et se tut. Les autres de même, à la vue de l’archevêque, se découvrirent et s’inclinèrent avec respect.

– Ne vous gênez pas, mes amis, dit le prélat. Je suis venu, moi aussi, écouter ce que tu dis, brave homme.

– Le petit pêcheur nous parlait des vieillards, dit un marchand qui s’était enhardi.

– De quels vieillards s’agit-il ? demanda l’archevêque, et il vint près du bastingage s’asseoir sur une caisse. Raconte-moi donc cela, je t’écoute. Que montrais-tu ?

– Là-bas, cet îlot qui pointe, dit le paysan en indiquant devant lui à bâbord. Il y a là-bas, dans cette île, des vieillards qui vivent pour le salut de leur âme.

– Où donc y a-t-il une île ? demanda l’archevêque.

– Tenez, veuillez regarder en suivant ma main. Voyez ce petit nuage, eh bien ! un peu à gauche au-dessous, il y a comme une bande étroite.

L’archevêque regarda. L’eau miroitait au soleil. Faute d’habitude il n’apercevait rien.

– Je ne la vois pas, dit-il. Et quels sont donc les vieillards qui vivent dans cette île ?

– Des hommes de Dieu, répondit le paysan. Il y a longtemps que j’entends parler d’eux, mais je n’avais jamais eu l’occasion de les voir. Or, l’an dernier, je les ai vus.

Et le pêcheur raconta comment, parti pour la pêche l’année précédente, une tempête l’avait jeté sur cet îlot qui lui était inconnu. Au matin, comme il explorait les lieux, il tomba sur une petite hutte au seuil de laquelle il vit un vieillard, et d’où ensuite deux autres sortirent. Ils lui donnèrent à manger, firent sécher ses vêtements et l’aidèrent à réparer son bateau.

– Comment sont-ils d’aspect ? s’enquit l’archevêque.

– L’un est petit, légèrement voûté, très vieux. Il porte une soutane vétuste et doit être plus que centenaire. La blancheur de sa barbe tourne au vert; cependant il sourit toujours et il est pur comme un ange des cieux. L’autre, un peu plus grand, est vieux aussi et porte un caftan tout déguenillé. Sa barbe chenue s’étale, jaunâtre, mais l’homme est fort : il a retourné mon bateau comme un simple baquet avant que j’eusse le temps de lui donner un coup de main. Lui aussi a l’air radieux. Le troisième est très grand, sa barbe lui descend jusqu’aux genoux comme un fleuve de neige. Il est tout nu, sauf une natte en guise de ceinture.

– Ont-ils causé avec toi ? demanda l’archevêque.

– Ils besognaient en silence et se parlaient fort peu. Il leur suffit d’un regard pour qu’ils se comprennent. J’ai demandé au plus vieux s’ils vivaient là depuis longtemps. Il se renfrogna, murmura quelque chose, comme si décidément il était fâché. Mais aussitôt le petit vieux le saisit par la main, sourit, et le grand se tut. Rien qu’une parole de douceur et un sourire.

Tandis que le paysan parlait ainsi, le navire s’était rapproché des îles.

– Voici qu’on l’aperçoit tout à fait maintenant, dit le marchand. Veuillez la regarder, Éminence, ajouta-t-il avec un geste.

L’archevêque regarda et il vit en effet une bande noire : c’était un îlot. L’archevêque regarda, puis il passa de l’avant du navire à l’arrière pour questionner le pilote.

– Quel est donc cet îlot qu’on aperçoit là-bas ?

– Il n’a pas de nom. Il y en a un grand nombre par ici.

– Est-il vrai que trois vieillards y vivent pour le salut de leur âme ?

– On le dit, Éminence. Mais je n’en sais rien. Des pêcheurs, à ce qu’on prétend, les auraient vus. Mais ce sont peut-être des racontars.

– Je voudrais m’arrêter un peu dans cet îlot, voir ces vieillards, dit le prélat. Comment faire ?

– Impossible au navire d’accoster, répondit le pilote. On le pourrait en canot; mais il faut demander l’autorisation au commandant.

On alla chercher le commandant.

– Je voudrais voir ces vieillards, dit l’archevêque. Ne pourrait-on me conduire là-bas ?

Le commandant eut une réponse évasive :

– Pour ce qui est de pouvoir le faire, on peut le faire; mais nous perdrons beaucoup de temps, et j’ose déclarer à Votre Éminence qu’il ne vaut vraiment pas la peine de les voir. J’ai entendu dire que ces vieillards étaient stupides. Ils ne comprennent rien et sont muets comme des carpes.

– Je désire les voir, insista le prélat. Je paierai pour la peine : qu’on m’y conduise.

Il n’y avait rien à faire. En conséquence, des ordres furent donnés aux matelots et l’on changea la disposition des voiles. Le pilote ayant tourné le gouvernail, le navire mit le cap sur l’île. On apporta une chaise à l’avant pour le prélat qui s’assit et regarda.

Pendant ce temps, les pèlerins, qui s’étaient aussi rassemblés à l’avant, tenaient les yeux fixés vers l’île. Ceux dont les regards étaient le plus perçants voyaient déjà les pierres de l’île et montraient une petite hutte. Il y en eut même qui distinguaient les trois vieillards. Le commandant prit sa longue-vue, la braqua dans la direction, puis la passant à l’archevêque :

– C’est exact, dit-il, voyez sur le rivage, à droite du gros rocher, il y a trois hommes debout.

À son tour, l’archevêque regarda par la lunette après l’avoir mise au point. En effet, trois hommes étaient debout sur le rivage : l’un grand, l’autre moindre et le troisième de très petite taille. Ils se tenaient par la main.

Le commandant s’approcha de l’archevêque :

– C’est ici, Éminence, que nous devons stopper. Si vraiment vous y tenez, vous prendrez place dans un canot pendant que nous resterons à l’ancre.

Aussitôt on dénoua les filins, jeta l’ancre, largua les voiles. Puis on retira le canot et on le mit à la mer. Des rameurs y sautèrent; l’archevêque descendit par l’échelle. Quand il fut assis sur le banc du canot, les rameurs donnèrent une poussée sur leurs avirons et s’éloignèrent dans la direction de l’île. Arrivés à la distance d’un jet de pierre, ils virent apparaître les trois vieillards : un grand tout nu, ceint d’une natte; un de taille moyenne au caftan déchiré et un petit, voûté, couvert d’une vieille soutane. Tous trois se tenaient par la main.

Les rameurs s’arrêtèrent pour amarrer l’embarcation. L’archevêque descendit.

Les vieillards firent un salut profond. L’archevêque les bénit, et eux le saluèrent encore plus bas.

Puis l’archevêque leur adressa la parole :

– J’ai entendu dire que vous étiez ici, vieillards du bon Dieu, afin de sauver votre âme en priant Notre Seigneur pour les péchés des hommes. Et j’y suis par la grâce de Dieu, moi indigne serviteur du Christ, appelé pour paître ses ouailles. Aussi ai-je voulu vous voir, hommes de Dieu, pour vous enseigner, si je le puis.

Les vieillards sourirent en silence et se regardèrent.

– Dites-moi comment vous faites votre salut et servez Dieu ? demanda le prélat.

Le second des vieillards poussa un soupir et regarda le grand, puis le petit; le grand se renfrogna et regarda le plus vieux. Quant à ce dernier, il dit avec un sourire :

– Nous ignorons, serviteur de Dieu, comment on sert Dieu. Nous ne servons que nous-mêmes en pourvoyant à notre subsistance.

– Comment faites-vous donc pour prier Dieu ?

Et le petit vieux dit :

– Nous prions en disant : « Vous êtes trois, nous sommes trois, ayez pitié de nous. »

Et à peine eut-il prononcé ces mots, que les trois vieillards levèrent les yeux vers le ciel et reprirent en choeur :

– Vous êtes trois, nous sommes trois, ayez pitié de nous.

L’archevêque sourit et demanda :

– Vous avez sans doute entendu parler de la sainte Trinité, mais vous ne priez pas comme il faut. Je vous aime beaucoup, vieillards du bon Dieu, je vois que vous voulez Lui être agréables, mais vous ne savez pas comment Le servir. Ce n’est pas ainsi qu’il faut prier. Écoutez-moi, je vais vous instruire. Ce n’est pas d’après moi-même que je vous enseignerai, mais d’après l’Ecriture sainte qui nous apprend comment Dieu a voulu qu’on Le prie.

Et le prélat se mit à apprendre aux vieillards comment Dieu s’était révélé aux hommes : il leur parla de Dieu le Père, de Dieu le Fils et du Saint-Esprit... et il disait :

– Dieu le Fils est descendu sur la terre pour sauver les hommes et leur enseigner à tous comment Le prier. Écoutez et répétez ensuite mes paroles.

Et l’archevêque dit :

– Notre Père.

L’un des vieillards répéta :

– Notre Père.

Le second et le troisième à tour de rôle :

– Notre Père.

–... Qui êtes aux cieux.

–... Qui êtes aux cieux...

Mais le second des vieillards s’embrouilla dans les mots et ne prononça pas comme il fallait; le vieillard nu ne parvenait pas non plus à bien articuler : les poils de sa moustache lui obstruaient les lèvres; quant au petit vieux, un bredouillement inintelligible sortait de sa bouche édentée.

L’archevêque répéta encore; les vieillards répétèrent après lui. Ensuite le prélat s’assit sur une pierre et les vieillards, debout autour de lui, regardaient sa bouche et s’efforçaient de l’imiter pendant qu’il leur parlait. Toute la journée, jusqu’au soir, l’archevêque poursuivit sa tâche; dix fois, vingt et cent fois il répétait le même mot, que les vieillards reprenaient ensuite. Quand ils s’embrouillaient, il les corrigeait en les obligeant à tout recommencer.

L’archevêque ne quitta pas les vieillards qu’il ne leur eût enseigné tout le Pater. Ils étaient parvenus à le réciter d’eux-mêmes. Ce fut le second vieillard qui le comprit le plus vite et le redit tout d’une traite. Le prélat lui ordonna de le répéter plusieurs fois de suite jusqu’à ce que les autres eussent appris à le réciter.

Le crépuscule tombait déjà et la lune montait de la mer quand l’archevêque se leva pour rejoindre le navire. Il prit congé des vieillards qui tous trois se prosternèrent devant lui. Le prélat les releva et, après avoir embrassé chacun d’eux, il les engagea à prier ainsi qu’il le leur avait enseigné. Puis il prit place dans l’embarcation et s’éloigna du rivage.

Et tandis que l’archevêque revenait vers le navire, il entendit les trois vieillards réciter tout haut le Pater. Quand il accosta, on n’entendait plus leur voix, mais on les voyait encore au clair de lune, tous trois debout sur le même point du rivage, le plus petit au milieu, le grand à droite et le moyen à gauche.

Une fois à bord, l’archevêque se dirigea vers l’avant, on leva l’ancre et le vent ayant gonflé les voiles poussa le navire qui reprit sa route.

L’archevêque avait gagné la poupe et ne cessait de regarder l’îlot. Les vieillards étaient encore visibles, mais ils s’effacèrent bientôt, et l’on ne vit plus que l’îlot. Puis l’îlot s’évanouit de même, et il n’y eut plus que la mer qui scintillait au clair de lune.

Les pèlerins s’étaient couchés pour dormir, et tout reposait sur le pont. Mais l’archevêque n’avait pas sommeil. Il se tenait seul à la poupe, regardant là-bas la mer où l’îlot avait disparu, et se rappelant les trois bons vieillards. Il songeait à leur joie quand ils eurent appris la prière. Et il remercia Dieu de l’avoir conduit là pour enseigner à ces vieillards les divines paroles.

Assis sur le pont, l’archevêque songe en regardant la mer du côté où l’îlot a disparu. Soudain une lueur papillote à ses yeux : quelque chose comme une lumière qui vacille çà et là au gré des flots. Cela brille tout à coup et blanchoie sur le sillage lumineux de la lune. Est-ce un oiseau, une mouette, ou bien une voile qui pose cette tache de blancheur ? Le prélat cligne des yeux pour mieux voir : « C’est un bateau, se dit-il : sa voile nous suit. Il ne tardera certes pas à nous rejoindre. Tout à l’heure il était encore fort loin, maintenant on le distingue tout à fait. Et ce bateau n’a rien d’un bateau, la voile ne ressemble pas à une voile. Mais quelque chose court après nous et cherche à nous rattraper. »

L’archevêque ne parvient pas à distinguer ce que c’est. Un bateau ? Non, et ce n’est pas un oiseau non plus. Un poisson ? Pas davantage. On dirait un homme; mais il serait bien grand, et comment croire qu’un homme puisse marcher sur la mer ? L’archevêque se leva de son siège et alla trouver le pilote :

– Regarde, qu’est-ce donc, frère ? Qu’y a-t-il là-bas ? demande l’archevêque.

Mais déjà il voit que ce sont les trois vieillards. Ils marchent sur la mer, tout blancs, leurs barbes blanches resplendissent, et ils se rapprochent du navire qui a l’air d’être immobilisé.

Le pilote regarde autour de lui, terrifié; il quitte le gouvernail et crie tout haut :

– Seigneur ! Les vieillards qui nous suivent en courant sur la mer comme sur la terre ferme !

Les pèlerins, qui avaient entendu, se levèrent et vinrent précipitamment sur le pont. Tous voyaient les vieillards accourir en se tenant par la main; les deux du bout faisaient signe au navire de s’arrêter. Tous trois couraient sur l’eau comme sur la terre ferme, sans que leurs pieds parussent remuer.

On n’eut pas le temps de stopper, que déjà ils étaient à hauteur du navire. Ils avancèrent tout près du bord, levèrent la tête et dirent d’une seule voix :

– Serviteur de Dieu, nous avons oublié ton enseignement ! Tant que nous avons redit les mots, nous nous en sommes souvenus; mais une heure après que nous eûmes cessé de les redire, un mot a sauté de notre mémoire. Nous avons tout oublié, tout s’est perdu. Nous ne nous rappelons rien de rien. Enseigne-nous de nouveau.

L’archevêque fit un signe de croix, se pencha vers les vieillards et dit :

– Votre prière a monté jusqu’à Dieu, saints vieillards. Ce n’est pas à moi de vous enseigner. Priez pour nous, pauvres pécheurs !

Et l’archevêque se prosterna devant les vieillards. Et les vieillards qui s’étaient arrêtés se détournèrent et reprirent leur chemin sur les eaux. Et jusqu’à l’aube il y eut une lueur sur la mer, du côté où les vieillards avaient disparu.

 

Léon TOLSTOÏ, Récits populaires, 1885.

http://www.biblisem.net/

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