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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 11:01

 


Par le Bx John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien . 12 sermons sur le Christ (Paris 1943), p. 39 


« Le jour où le Fils

 de l'homme se révèlera »

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Notre Seigneur et Christ a élevé avec lui la nature humaine, comme lui-même s'est élevé de l'humble crèche jusqu'à la droite du Tout-Puissant ; il a élevé, dis-je, la nature humaine, car l'Homme nous a rachetés, l'Homme a été exalté par-dessus toute créature comme faisant un avec le Créateur, l'Homme jugera l'homme au dernier jour. 

Si privilégiée est cette terre que notre juge ne sera point un étranger, mais celui qui, étant notre semblable, soutiendra nos intérêts et sympathisera pleinement avec toutes nos imperfections.

Lui qui nous aima jusqu'à mourir pour nous est miséricordieusement désigné pour assigner mesure et valeur finales à son propre ouvrage.

Lui qui a appris par sa propre faiblesse à prendre la défense du faible, lui qui voulait récolter tout le fruit de sa Passion, il séparera le froment de la paille en sorte qu'il ne tombera pas un grain à terre.

Lui qui nous a fait participer à sa propre nature spirituelle, lui de qui nous avons tiré le sang vital de nos âmes, lui, notre frère, décidera de ses frères.

En ce second avènement, puisse-t-il dans sa miséricorde et sa tendre pitié se souvenir de nous, lui, notre seul espoir, lui, notre seul salut ! 

 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 10:56

Les tentations ne doivent pas t'effrayer, 

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par elles Dieu veut éprouver et fortifier ton âme, et il te donne en même temps la force de les vaincre.

Jusqu'ici ta vie a été celle d'un enfant ; désormais le Seigneur veut te traiter en adulte.

Or les épreuves de l'adulte sont bien supérieures à celles de l'enfant, et cela explique pourquoi tu es, au début, toute troublée.

Mais la vie de ton âme retrouvera vite son calme, cela ne tardera pas.

Aie encore un peu de patience, et tout ira pour le mieux

Laisse donc tomber ces vaines appréhensions.

Souviens-toi que ce n'est pas la suggestion du Malin qui fait la faute, mais plutôt le consentement donné à ces suggestions.

Seule une volonté libre est capable de bien et de mal.

Mais lorsque la volonté gémit sous l'épreuve infligée par le Tentateur, et quand elle ne veut pas ce qu'il lui propose, non seulement ce n'est pas une faute, mais c'est de la vertu.

Garde-toi de tomber dans l'agitation en luttant contre tes tentations, car cela ne ferait que les fortifier.

Il faut les traiter par le mépris et ne pas t'en occuper.

Tourne ta pensée vers Jésus crucifié, son corps déposé entre tes bras et dis :

« Voilà mon espérance, la source de ma joie ! Je m'attache à toi de tout mon être, et je ne te lâcherai pas avant que tu m'aies mise en sécurité ».

[Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
Ep 3, 626 et 570 ; CE 34 (trad. Une pensée, Mediaspaul 1991, p. 40)]

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 10:54

TU ES NE POUR LE BONHEUR (9/16)

Croix Syrienne des Chrétiens de Mar Thomas

RELATIVITÉ ET COMPENSATION DE NOS ÉTATS D'ÂME

Chapitre I. —  LA RELATIVITÉ INTÉRIEURE

 

L'humanité, à force d'être projetée vers le monde, ignore aujourd'hui les lois les plus élé­mentaires qui régissent les âmes. La psycho­logie moderne, nous l'avons déjà noté, ignore Psyché.

 

Rappelons d'abord quelques lois qui concer­nent la liaison des faits corporels aux faits de conscience.

 

La sensation ne suit pas l'excitation. Si celle-ci ne varie pas, la sensation diminue, puis elle dis­paraît.

 

La sensation n'exprime donc pas fidèle­ment le monde extérieur. Elle a tendance à s'en libérer. Si l'adaptation du système nerveux à l'excitation et celle de l'âme au fait de cons­cience se sont accomplies, ni l'un ni l'autre n'ont plus besoin d'intervenir. D'où le phénomène que l'on appelle l'habitude. Et qui explique les désillusions d'origine sensible.

 

La cause corporelle de l'habitude réside dans la structure même du système nerveux qui, en peu de temps, ne suit pas l'excitation. (Les expériences de M. E. Gley sur le comportement des nerfs moteurs excités par un courant électrique, nous apprennent que les nerfs subissent une secousse muscu­laire à l'ouverture et à la fermeture du courant. Pendant qu'il continue, s'il est constant, le muscle reste en repos comme s'il n'y avait pas de courant ; l'état neutre peut se maintenir pendant que le nerf est parcouru par un courant électrique très fort. En outre, l'importance de la réaction dépend de l'état d'hyper ou d'hypotension du système nerveux : des excitations égales peuvent donner des réactions inégales, suivant l'excitabilité de ce sys­tème : ce n'est pas la valeur absolue de l'intensité du courant qui détermine la réaction. Cela pour le système nerveux. Nous observerons plus loin les réactions de l'âme.

 

La cause psychologique réside dans le fait que l'attention se réveille dans la mesure où elle se trouve en face d'un fait nouveau ; puis elle relâche son lien avec le monde extérieur, le détend et le coupe même : le désir assouvi détruit son objet.

 

Conclusion : il ne faut pas trop se presser à satisfaire ses désirs...

 

Ce n'est pas la valeur absolue de l'intensité d'une excitation qui détermine le fait de cons­cience. L'indifférence ou un plaisir plus ou moins intense peuvent répondre à la même exci­tation.

 

Le docteur Dumas constate que des hommes qui éprouvent la même sensation, peuvent avoir des réactions fort différentes. Les variations du pouls, de la température, de la respiration, des glandes, des nerfs vaso moteurs, changent selon la mentalité et les images qui dominent dans l'espritOr, ce sont, précisément, ces faits corporels, diminués ou intensifiés par l'âme qui se traduisent en états affectifs. Le monde extérieur est donc relatif au milieu intérieur qu'il rencontre. Les mêmes sensations peuvent don­ner la joie ou la peine selon l'état psychique de l'individu ; on verra, par conséquent, le même effort devenir dans le « hard labour », souf­france intolérable autant que lié à l'idée d'effort imposé, et joie réconfortante pour les skieurs qui montent cent fois par jour une colline.La même blessure qui peut faire souffrir atroce­ment un piéton écrasé par une voiture est à peine ressentie par le soldat dans le feu de la bataille. Et les fakirs qui se tailladent et ne ressentent aucune douleur ? Et les martyrs qui, au milieu de leurs tortures, éprouvent un « état de ravisse­ment »? Et ces Saints bégayant de joie avec leur bouche dévorée par la lèpre ! Par contre, nous connaissons les névroses, accompagnées de mani­festations douloureuses, de ceux quicherchent, uniquement et frénétiquement, les agréments ; de ceux qui croient que l'on ne peut trouver la joie qu'en courant après elle ; nous connaissons, enfin, la ruine morale et physique de ces gens désœuvrés et... tellement enviés !

 

Le monde extérieur compte donc peu en ce qui concerne le bien-être de l'âmeCar elle con­naît le secret d'une alchimie intérieure qui peut changer tout métal en or, ou, inversement, l'or en vils métaux.  Cette alchimie intérieure prouve le pouvoir de l'esprit sur la chair ; pouvoir qui, nous le ver­rons plus loin, est exalté au maximum par une doctrine, la doctrine surnaturelle des Béatitudes. Mais n'anticipons pas, et constatons ici le rôle minime que joue l'apport des sens par rapport à l'âme, c'est-à-dire l'autonomie congénitale et naturelle de l'âme à l'égard du monde.

 

On voit déjà, par ces quelques faits, l'égare­ment de notre civilisation : assurer l'équilibre de l'âme, uniquement par le bien-être corporel.

 

                                                            ***

Les états d'âme, en plus de leur aspect quali­tatif, possèdent une force variable de laquelle dépend l'équilibre humain. Nous donnerons au plaisir le plus intense le chiffre 90, à la dou­leur — 90 ; le zéro signifiant l'état neutre ; et nous montrerons le caractère relatif de cette force qui ne dépend nullement des facteurs ex­térieurs.

 

(I). Si l'intensité d'un plaisir est de quatre, il faut qu'elle croisse rapidement pour obte­nir le plaisir cinq. Entre quatre et cinq, la cons­cience, non seulement n'enregistre aucune aug­mentation, mais tend à devenir neutre, se rapproche du palier zéro. Ce zéro affectif se place à n'importe quelle hauteur. Au niveau du plus riche comme au niveau du plus pauvre des hommes. Tout plafond convoité, une fois atteint, devient un plancher banal. Nous ne pensons que par hasard aux faits matériels permanents de notre vie. Bons ou mauvais, ils deviennent la page blanche que nous colorons. Par conséquent, si, comme on dit, « l'usage seulement fait la possession », au point de vue affectif,c'est bien pire : on en « use » seulement au moment de l'acquisi­tion et de la perte. Entre ces moments elle devient, à peu près, chose morte. On ne la pos­sède plus comme on ne « possède » la santé qu'au moment de son amélioration ou de sa dégrada­tion. On peut alléguer que les choses habituelles jouent un grand rôle dans l'équilibre humain.

 

 Bien sûr, un rôle aussi grand que la santé. Mais l'homme a besoin d'un équilibre positif qui s'appelle le bonheur, tandis que celui-là est négatif. Il s'agit d'analyser l'illusion du progrès matériel, sur laquelle se fonde notre civilisation, le mirage de l'hédonisme. Car s'il est vrai que « la nature a donné un droit égal à la jouis­sance de tous les biens» (Babeuf)il est faux de croire que cette « jouissance » dépend en premier lieu de ces « biens ».

 

On a oublié que la jouissance est relative : « Si l'ouvrier de Moscou avait le standard de vie de l'ouvrier parisien d'avant la guerre de 1914, il se sentirait comblé outre mesure ; pourtant l'ouvrier parisien avait l'impression d'être un pauvre exploité ; et s'il avait cette impression, bien qu'il vécût mieux que certains seigneurs féodaux, c'est parce qu'une minorité avait de beaux équipages » (Kronstadt) (Relativité des notions richesse et pauvreté : au moyen âge, quelques privilégiés s'offraient le luxe de s'éclairer aux bougies ; ce qui passerait aujourd'hui pour une effroyable « misère »... Remarquez que le monde moderne a la nostalgie de cette « misère » ; d'où le succès croissant du camping.)

 

Le fait qu'il aura dans l'avenir son aspirateur, sa télévision, son vide-ordure, son scooter, ne changera rien à son équilibre intérieur (« Les pauvres auront cessé d'être pauvres ; le frigi­daire, la télévision et la 4 CV pour chaque foyer, voilà l'idéal », écrivait dernièrement un prêtre progressiste. Mais est-il assuré qu'une fois ce stade atteint, d'autres mécaniques ne seront pas considérées comme indispen­sables au bonheur ? Que certaines conditions matérielles soient nécessaires pour sauvegarder la vie des corps, cela est certain. Mais que le bonheur humain ne soit pas en fonction de ces conditions, cela est encore plus certain ! En créant chaque jour de nouveaux besoins, la Technique place l'homme dans l'instabilité permanente. En les satis­faisant par la vente à crédit, elle engendre l'inquiétude des traites à payer, et donc, un déséquilibre moral.). Les marxistes le savent bien, alors que nos chrétiens progressistes ignorent cette vérité. Ce dont il s'agit en premier lieu, c'est de changer l'état d'âme de l'individu, le rendre capable de muer la peine en joie.

 

La supériorité de la propagande communiste sur l'apostolat actuel tient à ce qu'elle donne peu d'importance à la pauvreté ; elle lui demande même des sacrifices au nom d'un idéal, alors que les catholiques ne pensent qu'à toujours améliorer les conditions matérielles ! N'a-t-on pas vu des prêtres-ouvriers défiler avec les « tra­vailleurs » pour exiger des augmentations de salaires ?

 

Le communisme qui mobilise le sentiment religieux en demandant au monde ouvrier, le renoncement, l'oubli de soi et « le travail héroïque », se trouve en face d'un Occident qui promet aux ouvriers de jouir des biens de ce monde : d'une part, on exploite les plus hauts élans de la nature humaine — et ils réus­sissent ! — de l'autre, les instincts les plus bas — et ils échouent !

 

Et c'est pourquoi l'Occident est constamment refoulé par l'Orient : il n'a plus à offrir aucun élan, aucun idéal...

 

Rien n'est plus éloigné de la mentalité mar­xiste qu'une entreprise philanthropique : la misère ne l'intéresse pas. Elle sait bien que l'homme a moins besoin de pain que de foi. Et cette foi — mauvaise ! — soulève le monde actuel.

 

Le peuple français est un des peuples les plus riches, et il compte un quart d'électeurs commu­nistes... Les milliards de l'aide Marchall n'ont pas détourné du communisme un seul Européen, un seul Asiatique, un seul Africain... Mais on con­tinue à croire qu'il suffit d'élever le niveau de vie des individus pour les détourner du communisme. O aveuglement inouï ! On continue à croire que le communisme est un phénomène économique, — et non religieux !

 

A la foi communiste, il faut opposer une autre foi encore plus forte, encore plus exaltante, qui puisse changer toute peine en joie ! Et seule l'Église peut aujourd'hui la donner.

 

 ***

(II). Si nous répétons l'excitation qui corres­pond au plaisir trois, le plaisir obtenu n'est pas aussi fort que le premier. Mais on associe le plai­sir avec l'objet et l'on est déçu de trouver l'objet et non pas le plaisir ; car, pour retrouver le même plaisir, il faut augmenter la « dose » et pour l'accroître, il faut l'augmenter plus encore. Ce qui, selon les circonstances et l'objet, devient difficile ou même impossible. D'où le névropathe moderne qui suit le seul « principe de plaisir » : la ligne du moindre effort.

 

Si nous avons un plaisir trois, l'objet qui nous donne quatre est un objet de plaisir. Si nous sommes au degré dix, il est un objet de douleur. Pour un individu, par ex., qui avait un château, le fait de se réduire à vivre dans un appartement de trois pièces est un fait désagréable ; pour un couple de jeunes mariés qui cherche depuis long­temps un pareil appartement, le fait de le trouver est exultant ! (Je vais vous raconter, cher lecteur, une vieille histoire juive : Un juif vient un jour voir son Rabbin : « Je suis malheureux, nous vivons, ma femme Rebecca, moi et nos six enfants, en une chambre ; ils font un bruit infernal, ils crient, ils hurlent, je ne peux pas dor­mir ni me recueillir. » — « Tu as, je crois, trois porcs, dit le Rabbin, emmène-les dans la chambre, vis avec eux pendant une semaine et reviens me voir. » Le juif revient : « Je suis encore plus malheureux, le bruit est le même et il s'est ajouté la puanteur. » — « Bon, dit le Rabbin, tu as aussi trois chèvres, emmène-les aussi dans la chambre et reviens me voir dans une semaine. » — Le juif revient : « C'est affreux, je vais me tuer ! » — « C'est parfait, dit le Rabbin, mets-les dehors, tes bêtes, et reviens me voir. » — Le juif revient : « Ah, Rabbin, je n'ai jamais été plus heureux avec mes enfants ! »)

 

 

Or, l'homme moderne croit à un rapport constant entre certains états d'âme et certains objets (une auto objet de plaisir etc...). (Une auto peut être plaisir mais aussi, souffrance, ennui, mort, crime, indifférence ou même absence, selon les circonstances et l'état d'âme du possesseur.)

 

Il attache à chaque objet un état affectif, comme s'il était la causeet l'état affectif l'effet. En réalité, il n'y a pas de relation de cause à effet entre ces deux termes. Un état affectif ne dépend que d'un autre état affectif : celui qui le précède. LA CONSCIENCE NE PERÇOIT QUE DES DIFFERENCES ET NON DES ETATS: LEUR RAPPORT EST INTERIEUR. L'intensité de ce rapport ne dépend nullement du monde extérieur : il n'est pas la cause, mais l'occasion. Il n'a aucune valeur en lui-même, mais celle que l'âme lui donne.

 

La joie est comme une oasis dans le désert : que vaut-elle l'oasis, s'il n'y a pas le désert ? Que vaut une flaque d'eau dans l'Île-de-France ? Il faut souffrir de soif dans le désert pour con­naître le bonheur ineffable de boire un peu d'eau...

 

Voilà ce que notre civilisation ignore totalement : il nous faut des zones désertiques, des privations, des efforts pour éprouver la joie de vivre.

 

En chassant la peine et l'effort on a cru échap­per au danger d'éprouver la lassitude et la tris­tesse. Or, sur notre globe, plus on monte vers le Nord — aux U.S.A., en Angleterre, en Suède, en Norvège — où les peuples se prélassent dans le confort et plus le mal de vivre augmente.

 

L'abusive mécanique a aplani les difficul­tés : un bouton, et hop ! La lumière ; un bou­ton, et hop ! La chaleur ; un bouton, et hop ! La musique... Aucun motif de s'arrêter : on appuiera bientôt sur un bouton pour se moucher, se laver, se gratter...

 

Et pourquoi avoir des bras et des jambes ? C'est ridicule !

 

Supprimer les abus de la Technique pour retrouver la joie de vivre ? Ah ça, jamais ! Que deviendraient-ils les grands Trusts, les intérêts de la Haute Finance vagabonde ?...

 

« L'argent fait le bonheur »... Non ! Le bonheur ne dépend ni de la fortune ni de la gloire, mais des dispositions du cœur.

 

Il est vain de concevoir le plaisir sans peine, la paix sans lutte et la joie sans la croix.

 

Une jeunesse qui ne sait se priver est bien près de se perdre. (Un prêtre, que je ne veux point nommer, a écrit ces lignes : « Il faudrait offrir aux jeunes gens autre chose qu'une vie de renoncement et d'austérités ; ces concep­tions sont aujourd'hui périmées. » — Eh bien, si le renon­cement et l'austérité sont périmés, nous allons vers un monde désemparé, désespéré ! Car le plaisir est l'ennemi du bonheur...

 

Le monde moderne, en voulant épargner l'ef­fort, a rencontré l'ennui, l'accablement et, enfin, l'angoisse...

 

***

 

Weber, constate qu'il faut ajouter 33 % de l'excitation initiale pour obte­nir une sensation plus forte. Ainsi, si l'on éprouve un plaisir dix il faut que le plaisir augmente de trois pour provoquer un changement. Pour un plaisir quatre-vingt-dix, l'augmentation trois qui fut dans le cas précédent un plaisir, n'apporte rien. Le degré trente est nécessaire pour provoquer une augmentation sensible. Au­trement dit, le même objet qui, pour le « dés­hérité du sort » est une vraie source de plaisir, devient une chose décolorée pour « l'élu de la fortune ». C'est lui le pauvre : il s'est à jamais appauvri des choses qu'il possède, elles consti­tuent son palier, le point de départ de ses plai­sirs. Or la vie est faite en moyenne de plaisirs simples, « plaisirs humbles » : humbles pour l'« élu », bien vivaces pour le « déshérité »... (La tristesse et la joie. Alcan, p.345 : ainsi que les travaux de Feckner, Gley et Weber.)

 

Nous voyons que, de toutes manières, le niveau des plaisirs n'est pas fixe : il se déplace selon l'état d'âme de l'individu. Pour les faits physiques (une saveur forte enlève le goût des nuances délicates) comme pour les faits psychi­ques (qui a connu le bonheur ne peut se conten­ter de plaisirs médiocres),ce niveau varie indé­finiment. Cela prouve qu'il existe une loi de rela­tivité intérieure : nos états d'âme se déterminent réciproquement et non par rapport aux condi­tions externes, ces « points d'appui » qu'on veut, à l'heure présente, consolider ! Les jugements qui attribuent des valeurs fixes aux situations sont à réviser.

 

A SUIVRE

 

[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)]

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 10:49

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église . Homélies sur les évangiles, n° 1 (trad. Le Barroux rev.) 

Guérison de l'aveugle 1

« Sachez que le Royaume de Dieu est proche »


      « Voyez le figuier et tous les arbres : lorsqu'ils font paraître leurs fruits, vous savez que l'été est proche.

Ainsi pour vous : quand vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche. »

C'est comme si notre Rédempteur disait clairement :

-« Si on connaît la proximité de l'été par les fruits des arbres, on peut de même reconnaître par la ruine du monde que le Royaume de Dieu est proche. »

Ces paroles nous montrent bien que le fruit du monde, c'est sa ruine ; il ne grandit que pour tomber ; il ne bourgeonne que pour faire périr par des calamités tout ce qui aura bourgeonné en lui.

C'est avec raison que le Royaume de Dieu est comparé à l'été, car alors les nuages de notre tristesse passeront, et les jours de la vie brilleront de la clarté du Soleil éternel… 


      « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »

Rien, dans la nature des choses matérielles, n'est plus durable que le ciel et la terre, et rien ici-bas ne passe plus vite qu'un mot prononcé…

Le Seigneur déclare donc :

-« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »

C'est comme s'il disait clairement :

« Tout ce qui est durable autour de vous n'est pas durable devant l'éternité ; et tout ce qui chez moi semble passer est en fait fixe et ne passe pas, car ma parole qui passe exprime des pensées qui demeurent sans pouvoir changer »… 


      Ainsi, mes frères, n'aimez pas ce monde, qui ne pourra pas subsister longtemps, comme vous le voyez.

Fixez dans votre esprit ce commandement que l'apôtre Jean nous donne pour nous mettre en garde :

-« N'ayez pas l'amour du monde, ni de ce qui est dans le monde ; car si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui » (1Jn 2,15).

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:20

Par Saint Ivanis (Jean Chrysostome . Vers 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église . Homélie sur la croix et le larron (trad. L'Année en fêtes, Migne 2000, p. 282) 

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« Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme » (Mt 24,30)


Veux-tu apprendre que la croix peut être signe du Royaume ?

C'est avec ce signe que le Christ doit venir lors de son deuxième et glorieux avènement !

Pour que tu apprennes à quel point la croix est digne de vénération, il a fait d'elle un titre de gloire. 

Nous savons que sa première venue s'est produite dans le secret, et cette discrétion était justifiée : il était venu en effet chercher ce qui était mort.

Mais cette deuxième venue ne se passera pas de la même manière. Il apparaîtra aussitôt à tous et personne n'aura besoin de demander si le Christ est ici ou là (Mt 24,26); nous n'aurons pas besoin de chercher si le Christ est bien là. Mais ce qu'il faudra chercher, c'est s'il vient avec la croix. 

« Quand viendra le Fils de l'homme le soleil s'obscurcira et la lune ne donnera plus son éclat. » (Mt 24,27)

Si grande sera la gloire de sa lumière que devront ternir devant elle les astres les plus brillants.

« Alors tomberont les étoiles et le signe du Fils de l'homme apparaîtra dans le ciel. »

Vois-tu quel pouvoir a le signe de la croix ?

« Le soleil s'obscurcira et la lune se cachera », et la croix au contraire brillera, bien visible, afin que tu saches que sa splendeur est plus grande que celle du soleil et de la lune.

De même qu'à l'entrée du roi dans une ville, les soldats chargent sur leurs épaules les étendards royaux et les portent devant lui pour annoncer son arrivée, de même lorsque le Seigneur descendra du ciel, la cohorte des anges et des archanges, portant ce signe sur leurs épaules, nous préviendront aussi de l'arrivée de ce roi qu'est le Christ. 

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:18

Seigneur Jésus Christ, en cette heure vespérale,

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en cette ville, où s’est posée ta bénédiction
parmi toutes les souffrances, les péchés, les maux,
toi qui as souffert et a pris sur toi les plaies
du genre humain à cause de ton amour pour nous,
toi qui es venu ici-bas, sois avec nous.

Seigneur, tu as porté la Croix, apprends-nous
à porter les souffrances et la prière de nos proches.

Seigneur Jésus Christ, Tu vois nos plaies
et nos faiblesses. Rends-nous forts,
fais de nous des témoins fermes, forts,
dignes de ton Évangile divin.

Seigneur Jésus Christ, accorde-nous en ces jours
que tu nous as octroyés, de porter, comme un étendard,
ta Croix. Seigneur Jésus Christ, aide-nous.

Nous te rendons grâces pour toutes les merveilles
que tu nous donnes dans la nature, dans l’Église,
dans le Sacrement, dans tes Saintes Écritures,
dans les écrits des hommes inspirés par toi,
dans ceux qui nous sont proches, que nous aimons,
dans tout ce qui captive, nous émeut, nous étonne.

 

Nous te rendons grâces pour tout, Seigneur.
Donne-nous d’être des porteurs authentiques
de ton Nom. Amen. 

(PÈRE ALEXANDRE MEN)

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:05

Par Thomas A KEMPIS dans L'Imitation de Jésus Christ, traité spirituel du 15ème siècle . Livre II, §1 

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Le Christ viendra à toi


      « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous », dit le Seigneur (Lc 17,21). Tourne-toi de tout ton cœur vers le Seigneur, laisse ce monde misérable, et ton âme trouvera le repos. Apprends à mépriser les choses extérieures et à te donner aux choses intérieures, et tu verras le Royaume de Dieu venir en toi. Car « le Royaume de Dieu est paix et joie en l'Esprit Saint » (Rm 14,17), ce qui n'est pas donné aux pécheurs. 


      Le Christ viendra à toi, te montrant sa consolation, si tu lui prépares au-dedans une demeure digne. « Toute sa gloire et sa beauté sont de l'intérieur » (Ps 44,14 Vulg), et c'est là qu'il se plaît. Fréquente est sa visite de l'homme intérieur et c'est un doux entretien, une consolation agréable, une paix abondante, une familiarité surprenante. 


      Allons, âme fidèle, prépare ton cœur pour cet époux, afin qu'il daigne venir à toi et habiter en toi. Car il dit en effet : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, mon Père l'aimera, nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14,23)... L'homme intérieur se recueille facilement parce que jamais il ne se répand tout entier au dehors ; les travaux extérieurs, les occupations nécessaires en certains temps ne le troublent pas. Il se prête aux choses selon qu'elles arrivent... Celui qui possède un esprit recueilli et bien discipliné ne se préoccupe guère des faits sensationnels ni des scandales du jour... Si tu renonces à être consolé extérieurement, tu pourras contempler les choses du ciel et goûter souvent la joie intérieure.

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:02

Par Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible en latin, docteur de l'Église . Homélies sur l'Évangile de St Marc ; PL 52, 125-171 (trad. Marc commenté, DDB 1986, p.42s) 

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« Ils partirent derrière lui »


« Jésus leur dit : Venez à ma suite, et je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes. »

Heureuse mutation de la pêche :

Simon et André sont la pêche de Jésus.

Ces hommes sont assimilés à des poissons, pêchés par le Christ, avant d'aller eux-mêmes pêcher d'autres hommes.

« Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. »

Une foi véritable ne connaît pas de délai ; dès qu'ils l'ont entendu, ils ont cru, l'ont suivi et sont devenus pêcheurs.

« Aussitôt, laissant leurs filets. » Je pense qu'à travers ces filets, ce sont tous les vices de la vie de ce monde qu'ils ont quittés. 

 
« Et quelques pas plus loin, il vit Jacques, le fils de Zébédée, et Jean, son frère.

Aussitôt, il les appela ; et, laissant leur père dans la barque avec ses employés, ils partirent à sa suite. »

On me dira : la foi est audacieuse.

Quel indice avaient-ils, quelle marque sublime avaient-ils remarquée pour le suivre dès qu'il les a appelés ?

Nous réalisons que de toute évidence quelque chose de divin émanait du regard de Jésus, de l'expression de son visage, qui incitait ceux qui regardaient Jésus à se tourner vers lui. 

Pourquoi dis-je tout cela ?

C'est pour vous montrer que la parole du Seigneur agissait, et qu'à travers le moindre de ses mots, il travaillait à son œuvre :

« Lui commanda, eux furent créés » (Ps 148,5) ; avec la même simplicité, lui a appelé, eux ont suivi :

« Écoute, ma fille, regarde et tend l'oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père ; alors le roi désirera ta beauté » (Ps 44,11-12). 

Écoute bien, frère, et suis la trace des apôtres ; écoute la voix du Sauveur, ignore ton père par la chair, et vois le Père véritable de ton âme et de ton esprit.

Les apôtres quittent leur père, quittent leur barque, quittent toutes leurs richesses d'alors ; ils abandonnent le monde et ses innombrables richesses ; ils renoncent à tout ce qu'ils possèdent.

Mais ce n'est pas la masse des richesses que Dieu considère, c'est l'âme de celui qui y renonce.

Eux qui ont quitté peu de chose auraient tout aussi bien renoncé, le cas échéant, à une grande fortune.

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:00

TU ES NE POUR LE BONHEUR (8/16)

35.Resurrection

 

CHAPITRE II RÈGNE DE LA RAISON   (Deuxième partie)

 

On ne se méfie jamais assez de ces intellec­tuels qui ressemblent aux pierres d'un moulin qui tourne à vide, ne moulant plus les graines du réel, ayant perdu tout contact avec le réel : le naturel et le surnaturel !

 

La « Réaction » contre laquelle démocrates et communistes fulminent, c'est la défense de la nature humaine et divine. Atteinte dans son ordre. Et qui se soulève. Le véritable ennemi des deux régimes est à l'intérieur de l'homme. Plus ou moins tard il prendra sa revanche.

 

On n'est présent au réel qu'en le surnaturali­sant, qu'en le ramenant à sa source, au Réel des réels.

 

Intellectuels modernes : vessies flottant au gré des vents... Règne des songe-creux, des rhéteurs et des technocrates, qui désole et accable le monde où nous vivons.

 

La raison, charnière entre le naturel et le sur­naturel, s'adore elle-même. Or, il ne suffit pas que la raison s'accorde avec elle-même : elle peut être d'une logique impeccable. Parfaite­ment en accord avec elle-même. Mais parfaite­ment en désaccord avec le réel ! Onanisme intel­lectuel qui, depuis J.-J. Rousseau, sème les malheurs sur les nations.

 

La raison est devenue opaque à la vie et à l'esprit : plus de pont entre le Verbe et la chair, entre le ciel et la terre !

 

Cette rupture déchira la robe sans couture du moyen âge, décomposant son unité en deux parts antagonistes. Comme un bateau ivre, le monde moderne va à la dérive, cognant tantôt à droite, tantôt à gauche, sous la tempête. II est en train de sombrer et coule à pic en lançant des signaux de détresse... (Que l'on ne m'accuse pas de « passéisme » ou d'avoir, comme disent nos progressistes, une « mentalité nostalgique » : les vérités que j'affirme n'appartiennent pas au passé, ce sont des vérités hors du temps, des véri­tés éternelles dont dépend le bonheur humain.)

 

Nos raisonneurs athées, en effaçant de leur visage les traces de Dieu, ont effacé leurs propres visages. Non seulement ils ont défiguré l'homme, mais ils l'ont profané. Non seulement ils ont rendu Dieu étranger à l'homme, ils rendent l'homme étranger à lui-même. Et les hommes étrangers entre eux.

 

La déchéance de l'intelligence a atteint un tel point que penser selon le réel et le bon sens est considéré comme une extravagance !

 

L'intellectuel sait tout et ne comprend rienL'homme de cœur ne sait rien et comprend tout.

 

L'homme n'est grand que dans la mesure où il avoue sa misèreEt il n'est petit que dans la mesure où il prend sa misère pour un sommet.

 

Le rationalisme moderne est comme un brouil­lard qui obscurcit le ciel et fait écran à la lumière du Soleil.

La soumission au Soleil de la grâce est rai­sonnablecar l'homme ne peut se prendre raison­nablement pour le plafond de l'univers.

 

La foi est une adhésion de la raison à une réalité qui la dépasse sous l'influx de la grâce et la motion de la volontéSi nous sommes con­vaincus de l'insuffisance congénitale de la rai­son, nous nous ouvrons à l'inspiration de l'Esprit-Saint ; sinon, nous lui résistons, — c'est le malheur contemporain !

 

Certes, les vérités de la foi sont un scandale pour la chair et le sang. Elles ne peuvent pas être de plein pied avec la raison humaine... Heureusement ! Si elles l'étaient, c'est qu'elles seraient de l'homme et non de Dieu. Et elles nous sauvent parce que, loin de s'abaisser jus­qu'à nous, elles nous tirent à elles en réclamant notre conversion.

 

Si la grâce construit sur la nature, elle n’à plus sur quoi se fonder quand on ruine la nature.

 

Société naturelle et religieuse : l'une ne va pas sans l'autreSi elle n'est pas religieuse, elle ne peut pas être naturelle, elle finit pas anéantir toutes les structures voulues par Dieu.

 

Le prolétariat reflète la cruauté, la lâcheté d'une civilisation anti-chrétienne qui se trans­forme sans référence aux lois de la nature et de la grâce, d'un monde qui se dégrade en se trans­formant.

 

Il ne faut pas perdre de vue le but « surna­turel » de l'entreprise rationaliste : elle veut éliminer le Christ et son Église ; pour y parvenir on les attaque au plan de la nature ; on dénature les institutions : familles, communes, provinces, métiers... Quand cette œuvre satanique est accom­plie, ce n'est plus qu'un jeu d'enfant de s'en prendre aux âmes.

 

Point d'autre choix pour la raison : elle est un moule creux fait pour recevoir Dieu ; s'il ne le remplit pas, Satan s'y engouffre...

 

Point de neutralité pour elleEt c'est pourquoi le laïcisme est l'ennemi farouche de l'Église, — même s'il sait qu'il travaille ainsi pour le malheur du plus grand nombre...

 

 ***

 

La déesse Raison est quantitative, elle ne verra jamais la qualité ; et c'est pourquoi elle défend le suffrage universel, cette loi quanti­tative qui a l'éminent avantage d'organiser pério­diquement la guerre civile. Mais le suffrage ne sera vraiment universel que lorsque les marmots éliront leurs mères, les élèves leurs professeurs et les soldats leurs généraux...

 

Alors je croirai à son universalité... au règne parfait du régime de la « tête en bas » où ceux qui gouvernent sont à la merci des gouvernés !

 

Quand la République fera-t-elle voter les Fran­çais pour savoir s'ils veulent rester français ?Car, enfin, pourquoi s'accrochent-ils impudem­ment à l'hexagone ? Quand finiront-ils par se sacrifier définitivement aux hauts intérêts de la Finance vagabonde et du marxisme ? Eh bien, c'est simple : on les fera voter, et revoter, jus­qu'à ce que l'on obtienne une majorité qui désire s'y sacrifier.

La meilleure arme des arabes et des nègres contre la France ? La culture laïco égalitaire acquise en France : l'orthodoxie socialiste, fille aînée de l'église marxiste !

 

La déesse Raison ayant rejeté l'autorité de Dieu en déclarant qu'elle ne connaît que celle du peuple, a frappé à mort l'être même de la France ; si la fascination qu'elle exerce sur les catholiques ne cesse pas, les Français seront submergés par une cascade de malheurs et leur pays sera perdu...

 

« Ou les institutions redeviendront chrétiennes ou le monde ne se relèvera pas » (paroles de Léon XIII, répétées par saint Pie X, Pie XI et Pie XII). La Cinquième  Apostasie : « Le suffrage univer­sel est la source de tout pouvoir »... La France ne se relèvera donc pas.

 

Aimer - connaître - sentir. Détruisons le terme suprême et nous voilà oscillant entre les deux derniers : de l'ivresse d'être des dieux à la brute sanguinaireTel est le sort du monde moderne : il oscille entre l'orgueil de l'esprit et l'avidité de la chair.

 

Tout est lié et semble dériver d'une savante orchestration : de la philosophie à la littérature, de celle-ci aux arts plastiques. Tout est fait pour renforcer le désarroi et la consternation parmi les hommes.

 

A mesure que le monde se hâte vers sa fin, Satan perfectionne et organise savamment son immense contre Église sous ses deux aspects.

 

La lutte apocalyptique est devenue manifeste entre l'Église et le Dragon à deux têtes.

 

« La franc-maçonnerie et le communisme pour­suivent parallèlement le même but ; c'est pourquoi il faut s'efforcer à accorder leur action sans qu'apparaisse publiquement leur alliance. » (Déclaration de la FM. en septembre 1958 à Santiago du Chili).

 

La franc-maçonnerie réalisa au cours des deux derniers siècles le plan exposé par Voltaire dans la loge des « Illuminés » : « Pour conduire les âmes à la sujétion les Illuminâti doivent mentir comme le démon lui-même, pas timidement et pour un temps, mais hardiment et toujours... nous devons leur faire d'extravagantes promesses et nous servir de mots enjôleurs : liberté, éga­lité, etc...,le contraire de ce que nous promettons peut être fait ensuite... Cela n'a pas d'impor­tance ». Cette belle tradition de l'imposture est maintenue et exaltée par le marxisme.

 

D'une époque à l'autre l'intolérance a changé d'objet ; hier, elle défendait la Vérité ; aujour­d'hui, le Mensonge ; en Orient, par la balle dans la nuque, le camp de travail forcé et les prisons ; en Occident on y emploie en moyenne, des procédés plus perfides : l'étouffement de toute manifestation (6 février 1934, 10 mai 1958, etc...), de toute publication (Il ne faut pas croire que ce livre, qui va à contre-courant,  tirera   à  un  million  d'exemplaires,  comme  les livres de Françoise Sagan ! La publicité n'est, aujourd'hui, que pour égarer les foules ; et pour cette littérature de malheureux névrosés qui prêchent l'écœurement, la chiennerie, la veulerie...) qui ne vont pas dans le sens du Mensonge ; et aussi la calomnie, le poison (Le général Mangin, Maginot, etc.) et les attentats préfabriqués...

Le Mensonge est aujourd'hui une vocation, un art, une carrière. Au mensonge individuel est venu s'ajouter au sommet des nations le DOGME du mensonge, le plus dangereux, le plus capable de corrompre les mœurs d'un pays, de pourrir les âmes et de tuer une civilisation.

 

Résultats appréciables pour un monde dont la tête a étouffé le cœur...

 

Un monde de désordre, de crime et de folie où la vérité ne peut plus s'exprimer, voilà notre civilisation maçonnico communiste !

 

Que le sang se répande, que des millions de cadavres empestent la terre, que les univers con­centrationnaires se propagent, pourvu que TERREUR règne sur la terre !

 

C'est normal : le bonheur ne peut naître de l'infidélité au vrai, de la compromission avec l'erreur. La paix — du dehors et du dedans — est le fruit de la Vérité qui est le Christ vivant en son Église :

 

Lui seul peut nous la donner, et non le monde ! « Mais cette paix, ce bonheur, tandis que nous accomplissons le voyage de cette terre d'exil, demeurent imparfaits. Ce n'est pas une paix tout à fait tranquille, tout à fait sereine ; c'est une paix active et non pas oisive et inerte ; c'est surtout une paix qui doit com­battre toutes les erreurs, même masquées et fallacieuses» (Jean XXIII; Ad Pétri Cathe-dram).

 

Je vais me permettre d'ébaucher ici une nou­velle définition du bonheur et du malheur, en rapport avec ce chapitre.

 

Le monde de l'Erreur va de pair avec le monde du Malheur.

 

Si être heureux c'est pouvoir être soi-même complètement, jamais nous ne serons heureux comme le poisson dans l'eau que si nos âmes baignent dans l'océan du Réel. Or, aujourd'hui, nous étouffons, rejetés sur les rochers de l'Uto­pie.

 

Il n'y a de Bonheur que dans et par la pléni­tude de la Vérité.

 

Cette condition nécessaire est cependant insuf­fisante : il y faut aussi l'Amour.

Mais qu'est-elle une vérité sans amour ? Cela fera le sujet de la dernière partie de ce livre.

 

A SUIVRE

 

[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)]

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 17:55

Par Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr . Lettre aux confesseurs de la foi, 6, 1-2

Enluminures Syriaquede RABULA,l'Ascension  

« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu »


      Demeurez courageux et constants pour confesser la gloire céleste…; avancez avec un courage inspiré pour recevoir la couronne.

Le Seigneur est votre guide et votre protecteur, lui qui a dit : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps » (Mt 28,20)… Heureuse prison qui envoie vers le ciel les hommes de Dieu !… 


      Maintenant, que plus rien ne se trouve dans vos cœurs et vos âmes que les enseignements divins et les commandements du Seigneur dont le Saint Esprit s'est servi pour vous encourager à supporter la souffrance.

Que personne ne pense à la mort, mais à l'immortalité ; ni à la souffrance temporaire, mais à la gloire éternelle, puisqu'il est écrit :

-« La mort des justes est précieuse devant Dieu » (Ps 115,15 VL)… Et encore (à l'endroit où la Sainte Écriture parle des supplices qui consacrent les martyrs de Dieu…) :

-« Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité…

Ils seront les juges des nations et les maîtres des peuples et le Seigneur régnera sur eux pour toujours » (Sg 3,4.8).

Quand donc vous songez que vous jugerez et régnerez avec le Christ, il vous est impossible de ne pas tressaillir d'allégresse, de ne pas fouler aux pieds les supplices présents dans la joie du bonheur futur... 


      En plus, le Seigneur s'est donné en exemple, car il enseigne qu'on ne peut parvenir à son Royaume qu'en le suivant par le même chemin qu'il a pris :

-« Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12,25)…

Saint Paul nous exhorte de même ; puisque nous désirons parvenir à ce que le Seigneur nous a promis, nous devons imiter le Seigneur en tout :

-« Nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (Rm 8,16s).




 

 

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