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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:24

 

PLUS DE CRÊCHE EN PAYS CHRETIEN ? Un peu d'humour,

Saint Joseph écrit au tribunal administratif de Nantes

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A l’intention de Monsieur Le Président du Tribunal administratif de Nantes

De la part de Monsieur Joseph 

Charpentier, Nazareth                                        

Le 08 décembre

Objet : Expulsion de ma famille de son logement 

Lettre recommandée avec accusé de réception

 

Monsieur,

Par sa décision du 14 novembre 2014, le Tribunal administratif de Nantes que vous présidez, a ordonné notre expulsion de l’abri de fortune que ma famille et moi-même avions trouvé dans le hall du Conseil Général de la Vendée.

Je tenais par la présente à vous dire mon indignation devant cette décision.

D’abord, sachez que cet abri de fortune nous avait été gracieusement prêté après que nous ayons échoué à trouver le moindre hébergement d’urgence. (...)

Ensuite, vous n’êtes pas sans savoir que L'article L613-3 du Code de la construction et de l'habitation prévoit que les décisions d'expulsion de locataire d'un appartement ou d'une maison ne peuvent pas être exécutées au cours de la trêve hivernale et que ces règles sont applicables aussi bien en cas de location d'un logement vide que d'un logement meublé. Or, cette trêve hivernale à commencer le 1er Novembre soit 14 jours avant que vous ayez décidé de nous expulser.

Vous ne le savez peut-être pas, mais ma femme est enceinte de 8 mois et demi et bien que cette histoire soit un peu difficile à croire, l’enfant qu’elle porte a, parait-il, un bel avenir devant lui. Il ne faudrait pas que l’accouchement se passe mal à cause de votre décision de nous expulser, cela pourrait avoir des conséquences relativement graves sur l’avenir de l’humanité toute entière.

Monsieur le Président, nous avons repris notre marche en espérant trouver un logement d’ici la fin de la grossesse de mon épouse, j’espère qu’elle nous mènera vers des lieux plus accueillants.

Si vous comptez répondre à mon courrier, vous pouvez l’envoyer à mon ami Baltazar de Perse, il doit venir nous visiter bientôt à cause d'une histoire d'étoile que je n'ai pas bien saisie.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Une publication du compte Facebook "Touche pas à ma crèche"

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:22

ORTHODOXIE ?

Le Christ ou l'Eglise, l'Eglise ou le Christ?...

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Depuis l'origine jusqu'à nos jours, nous voyons l’Eglise rassemblée autour de la Table du Seigneur:

-« Ils persévéraient dans la fidélité à l'enseignement des Apôtres et à la communion, à la fraction du pain et aux prières » 

C'est ici, dans l'assemblée liturgique, que se trouve la source de la vie, son centre. 

C'est ici que se répand l'enseignement nouveau, sa grâce sanctifiante, et la manière dont il est donné.

C'est par cette nouvelle famille - Corps du Christ et communion du Saint-Esprit - qu'est écrit l'Évangile, qui n'est pas un exposé systématique de l'enseignement chrétien, justement parce qu'il ne s'agit pas ici d'enseignement. 

Jésus n'a pas laissé un nouveau système philosophique, ni n'a fondé une simple religion. 

Il a laissé Son Corps et Il a envoyé Son Esprit. 

Et l'Évangile est fait de passages fondamentaux de la vie de Jésus et de l'expérience de la nouvelle communauté en Christ.

Jean l'Évangéliste parle clairement du caractère limité de l'Évangile:

-« Il est bien d'autres choses qu'a faites Jésus.

Si on les relatait en détails, je ne pense pas que le monde même suffirait à contenir les livres qui seraient écrits »

Or les choses que le monde ne suffirait pas à contenir si on les relatait en détail, se trouvent, sont connues et sont vécues dans l'Église, où vit Jésus Lui-même.

Ceux qui pensent qu'ils connaissent le Christ en dehors de l'Église savent bien peu de Lui.

Mais ceux qui appartiennent à l'Église vivent «en Lui».


Ainsi donc nous pouvons dire que l'Évangile est essentiellement un livre «privé».

Il appartient à l'Église, laquelle a une mission universelle.

Ou dans un autre sens, hors de l'Église l'Évangile est un livre scellé et incompréhensible. 

Il est remarquable que l'Évangile soit placé sur l'autel des Églises orthodoxes où il est chanté durant la divine Liturgie.

Plus tard, quand se seront présentées d'autres nécessités, l'Église formulera le dogme, qui n'est rien d'autre que l'expression, peut-être différente, de la vérité qui était déjà dans son sein depuis le jour de la Pentecôte.

L'Évangile et le dogme sont l'expression du même Esprit de l'Église.

Quand elle écrit l'Évangile, l'Église ne fait pas de littérature. Et quand elle formule le dogme, elle ne fait pas de philosophie.

Mais dans l'un comme dans l'autre cas, elle exprime la plénitude de la vie nouvelle cachée en elle.

C'est pourquoi l'Évangile ne se comprend pas en dehors de l'Église, et le dogme ne se comprend pas en dehors du culte.

 Cette unité intérieure de la vie et de la vérité est la puissance et le caractère de l'Église. Tout existe d'une nouvelle manière. Tout est désormais « théanthropique ».

Dès lors que le Verbe éternel qui est dans le sein du Père, s'est révélé comme un enfant dans le sein de la Vierge Mère, et s'est révélé Lui même Dieu et Homme non en apparence ou en figure, mais par nature et en vérité, ontologique des deux mondes. 

« Le Verbe s'est fait chair et a demeuré parmi nous ».

 Tels sont le fondement et la nouvelle joie de l'Église. Depuis lors son « culte raisonnable » est la théologie.

Le dogme est l'expression de la vie mystique de l'Église, la formulation de l'expérience trinitaire dans le Saint-Esprit, au sein de laquelle, par l'Église, l'homme est baptisé dans tout son corps.

Les dogmes ne concernent pas simplement les spécialistes.

Ils signifient et conditionnent la vie. Ils conduisent sans erreur à la plénitude de la vie dans le Saint-Esprit, en lequel « le Verbe révèle tous les dogmes du Père ».

Il ne s'agit pas ici d'une élaboration scientifique* ou d'une codification juridique, mais d'une formulation charismatique « en peu de mots et avec beaucoup d'intelligence », des conditions de la foi telles que Dieu les a enseignées.

La fidélité à la Tradition et à l'enseignement dogmatique de l'Église, ce n'est pas seulement que demeurent inaliénables les justes formulations des conditions de la foi, mais que notre vie change, se renouvelle par la vérité et la puissance de rénovation qu'elles recèlent. 

Alors l'homme acquiert des sens nouveaux et peut voir : il prend conscience de la signification et de la valeur profondes de la foi orthodoxe comme puissance de vie.

Tout changement dans le Credo fondamental, tout affaissement dans les fondations cachées de l'Eglise « qu'a fondée le Seigneur sur la pierre de la foi »  creuse à la « surface » les failles de la scission.

Si l'on contrefait les dogmes (que ce soit ou non en connaissance de cause), on contrefait l'ecclésiologie (la pastorale et l'administration), on contrefait la vie spirituelle, on tourmente l'homme.

L'ecclésiologie et l'anthropologie ont le même fondement :

-le dogme trinitaire et christologique.

L'union hypostatique des deux natures de notre Seigneur nous donne de communier par grâce à la vie inaccessible de la Sainte Trinité.

Et le mode d'existence de la Trinité divine constitue la structure mystique de notre être « à l'image ». 

C'est seulement si nous sommes conformes au Christ, si nous le connaissons en participant à sa vie, que nous « recevons la même grandeur », notre liturgie naturelle et notre liberté, comme Église et comme personnes.

L'ecclésiologie et la spiritualité ont un même fondement:

-le dogme.

L'Église est le Christ, son Corps vivant dans l'histoire.

Et chaque fidèle la récapitule.

Chaque fidèle est une petite Église.

La conscience personnelle du fidèle a une dimension ecclésiale, et tout problème ecclésial est un problème de salut personnel pour chaque fidèle.

Quand donc l'hérétique touche à la « foi transmise », il touche à la vie des fidèles, à la raison de leur existence. 

L'hérésie constitue à la fois un blasphème contre Dieu et une malédiction pour l'homme.

C'est pourquoi l'organisme tout entier, comme la santé et la sensibilité spirituelle de l'Orthodoxie, a depuis toujours réagi au ravage corrupteur des hérésies.

Les Pères de l'Église, les «grands», sont des lieux de la théologie, une manifestation du nouveau mystère, un témoignage de la foi.

Ils sont «grands» parce qu'ils se sont avancés, non seulement profondément, mais au-delà de toute profondeur, dans l'invisible lui-même, là où l'on perd tout, là où mène «l'amour plus fort que la mort».

Basile, higoumène du monastère d’Iviron sur la sainte Montagne de l’Athos


Actes, 2, 42

Jn 21, 25

A la fois divin et humain, n. d. t.

Spirituel

3e antienne des Degrés du 4e ton de l'Octoèque.

Liturgie de Saint Jacques.

Personnelle, assumée par la Personne du Fils

Ignace d'Antioche.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:20

 

En 1531, une "Dame du Ciel" apparut à un pauvre Indien

En 1531, une "Dame du Ciel" apparut à un pauvre Indien à Tepeyac, une colline au Nord-Ouest de la Cité de Mexico. Elle se présenta comme la mère du Vrai Dieu, lui donna des instructions pour que l’évêque fit construire une église sur le lieu et laissa une image d’elle-même imprimée miraculeusement sur son ‘tilma’.

Le ‘tilma’ est un vêtement de pauvre qualité fait à base de cactus qui aurait dû se détériorer en 20 ans. Aujourd'hui, après 480 ans, il ne montre aucun signe de détérioration et défie toutes les explications scientifiques de son origine. Quant à l’image de la Dame du Ciel, elle reflète dans ses yeux ce qui était en face d’elle en 1531 !

Chaque année, une foule, estimée à dix millions de personnes, visite Notre Dame de Guadalupe, faisant de l’église de ce quartier au Nord de Mexico, le sanctuaire catholique le plus populaire dans le monde après le Vatican.

Sa Sainteté le Pape Jean Paul II visita par deux fois le sanctuaire, se prosterna devant l’image, implora son assistance maternelle et l’invoqua comme la Mère des Amériques.


Notre-Dame de Guadalupe 
Patronne de l'Amérique Latine

 

Un samedi, 9 décembre 1531, un pieux Indien du nom de Juan Diego se rendait de son village à Mexico pour y satisfaire sa dévotion. Comme il passait au pied du Tepeyac, la plus haute des collines qui entourent la ville, il entendit tout à coup une musique céleste descendre jusqu'à lui.

 

Irrésistiblement attiré vers le sommet de la colline, il en fait l'ascension et dans une lumière resplendissante bordée d'un iris aux plus vives couleurs, il aperçoit une Dame incomparablement belle, souriante et radieuse de bonté :

 

Juan, Mon fils bien-aimé, dit l'Apparition, où vas-tu ?

Madame, je vais à Mexico entendre la messe en l'honneur de la Vierge.

Ta dévotion m'est agréable, reprit l'Inconnue ; Je suis cette Vierge, Mère de Dieu. Je désire que l'on me bâtisse ici un temple magnifique d'où je répandrai mes faveurs et ferai voir ma compassion envers tous ceux qui m'invoqueront avec confiance. Va trouver l'évêque de Mexico pour l'instruire de ma volonté.

 

Juan Diego se hâte de transmettre le message, mais le prélat le prend pour un illuminé et le congédie. Diego retourne au Tepeyac, y retrouve la Vierge qui le renvoie une seconde fois auprès de l'évêque. Cette fois, on lui ménage meilleur accueil, mais l'ecclésiastique exige quelque témoignage certain de la volonté du ciel.

 

Le 10 décembre, Juan Diego revoit la Vierge qui promet le signe demandé pour le lendemain, mais Diego passe toute cette journée-là auprès de son oncle gravement malade.

 

Le 12 décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements au moribond, Diego passe rapidement devant la colline, mais au détour de la route, il se trouve subitement en présence de l'Apparition. « Ton oncle est guéri, dit la Très Sainte Vierge, va au haut de la colline cueillir des roses que tu donneras à l'évêque de Mexico. »

 

Ce n'était point la saison des fleurs et jamais la roche nue du Tepeyac n'avait produit de roses. L'humble paysan obéit néanmoins sans hésiter et trouva un merveilleux parterre de roses fraîches au sommet du monticule. Il en cueillit une brassée, et les tenant cachées sous son manteau, il s'achemina vers l'évêché. Lorsque Juan Diego fut introduit devant le prélat, deux miracles au lieu d'un frappèrent les yeux de l'évêque stupéfait : la gerbe de roses vermeilles et l'image de l'Apparition peinte à l'insu de Diego sur l'envers de son paletot.

 

Aussitôt que leurs yeux rencontrèrent l'image bénie de la Sainte Vierge, tous les témoins du prodige tombèrent à genoux, muets de joie, sans pouvoir faire autre chose que d'admirer la beauté surhumaine de leur Mère du ciel. Se relevant, l'évêque enlève le manteau des épaules du pieux Mexicain et l'expose dans sa chapelle en attendant d'élever un sanctuaire qui puisse renfermer cette relique sacrée. Tous les habitants de la ville se rassemblèrent à l'évêché pour honorer l'image miraculeuse que Marie elle-même venait de léguer si gracieusement à ses enfants de la terre.

 

Le jour suivant, 13 décembre, l'évêque de Mexico se rendit sur la colline de l'Apparition suivi d'un grand concours de peuple. Il voulait voir l'endroit exact où la Très Sainte Vierge s'était montrée à son fils privilégié, Juan Diego. Ce dernier ne crut pas pouvoir le déterminer avec précision. Marie vint le tirer d'embarras par un nouveau miracle : une source jaillit soudainement, désignant le lieu précis de l'Apparition. Depuis, cette source n'a cessé de couler et d'opérer des guérisons miraculeuses.

 

La Reine du Ciel se montra une cinquième fois à son humble serviteur et lui révéla le titre sous lequel elle désirait être invoquée. « On m'appellera, dit-elle : Notre-Dame de Guadalupe ». Ce mot venu d'Espagne, mais d'origine arabe, signifie : Fleuve de Lumière. Conformément à la demande de la Mère de Dieu, on éleva une grandiose basilique sur la colline du Tepeyac où l'on vénéra la sainte image de Marie imprimée dans le manteau du voyant. Tout au cours des âges, d'innombrables et éclatants miracles témoignèrent de l'inépuisable bonté de Notre-Dame de Guadalupe.

 

Le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe est, après la Basilique Saint-pierre du Vatican le lieu de culte catholique qui attire le plus de pèlerins. Les jours de plus grande affluence sont ceux qui précèdent et suivent la fête de la Vierge de Guadalupe le 12 décembre où près de 9 millions de fidèles et de touristes assistent aux festivités et viennent vénérer la relique 

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:14

 


Par Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien .Le Protreptique, 9, 87-88 ; SC 2 (trad. SC p.146) 
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« La sagesse de Dieu se révèle juste » :
-Dieu nous appelle à la conversion


      Personne ne saurait être touché des exhortations des autres saints comme de celles du Seigneur lui-même, avec tout son amour pour les hommes, car il n'a pas d'autre préoccupation que celle de sauver l'homme.

Il crie donc, pour presser les hommes de se sauver :

-« Le Royaume des cieux est proche » (Mc 1,15).

Il cherche à convertir les hommes qui viennent à lui. De la même façon l'apôtre du Seigneur se fait...l'interprète de la voix de Dieu :

-« Le Seigneur est proche ; prenez garde que nous ne soyons surpris et trouvés vides » (cf Ph 4,5; 1Th 5,4) 


      Mais vous, ressentez-vous si peu de crainte, ou plutôt, êtes-vous assez incrédules pour ne pas croire ni au Seigneur lui-même ni à Paul, surtout quand il est enchâiné pour le Christ ? (Ph 1,13)

-« Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! » (Ps 33,9)

La foi vous introduira, l'expérience vous enseignera, l'Écriture, comme un pédagogue, vous guidera.

Elle vous dit : « Écoutez-moi, mes petits, je vais vous apprendre la crainte du Seigneur », puis, quand déjà on croit, elle ajoute :

-« Quel est l'homme qui veut la vie, qui désire voir de beaux jours ? (Ps 33,12-13) -–C'est nous, dirons-nous, les adorateurs du bien, les émules des bons. —Écoutez donc, ' vous qui êtes loin ', écoutez, ' vous qui êtes près ' » (Is 57,19) Le Verbe ne s'est caché de personne ; c'est une lumière commune.

Il brille pour tous les hommes ; il n'y a pas d'étranger pour lui. 


      Hâtons-nous donc vers le salut, vers la nouvelle naissance.

Hâtons-nous, nous qui sommes le grand nombre, de nous réunir en un seul troupeau (Jn 10,16), poursuivons l'unité en suivant le seul Christ.

Ainsi l'union de beaucoup de voix, quand leur dissonance et leur dispersion auront été soumises à l'harmonie divine, constituera finalement une seule symphonie.

Et le chœur, obéissant à son maître, le Verbe, ne trouvera son repos qu'en la vérité même, quand il pourra dire : « Abba, Père » (Mc 14,36).

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 20:23

La Règle du Maître, règle monastique du 6ème siècle 
Invitatoire ; SC 105 (trad. SC p. 297s rev.) 
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« Venez à moi, vous tous qui peinez »


      Nous parcourions l'itinéraire de cette vie dans l'ignorance des bonnes actions et dans l'incertitude de l'épreuve qu'est la mort.

Notre voyage à travers le monde nous avait chargés d'un gros fardeau de négligence pécheresse...

Soudain, vers l'orient, nous avons aperçu une source d'eau vive que nous n'espérions pas.

Tandis que nous nous hâtions vers elle, la voix de Dieu s'est fait entendre en nous criant :

-« Vous qui avez soif, venez à l'eau ! » (Is 55,1)

Nous voyant approcher, chargés de lourds bagages, elle a repris :

-« Venez à moi, vous tous qui peinez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai ».

Et quand nous avons entendu cette voix pleine de bonté, nous avons jeté nos bagages a terre.

Pressés par la soif, nous nous sommes étendus sur le sol pour puiser avidement à la source ; nous avons bu longuement, et nous nous sommes relevés renouvelés. 


      Après nous être remis debout, nous sommes restés là, tout stupéfiés, dans l'excès de notre joie.

Nous regardions le joug que nous avions péniblement porté en chemin, et ces bagages qui nous avaient fatigué jusqu'à en mourir, ignorants que nous étions.

Tandis que nous étions absorbés dans nos considérations, de nouveau nous avons entendu la voix qui sortait de la source qui nous avait rendu la vie :

-« Chargez-vous de mon joug ; mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos pour vos âmes. Mon joug est aisé et mon fardeau léger ».

A ces mots nous nous sommes dit l'un à l'autre :

-« Ne revenons pas en arrière après avoir trouvé la vie grâce à une telle source... Ne reprenons pas le bagage de nos péchés que nous avons jeté loin de nous en allant à la source baptismale...

Maintenant nous avons reçu la sagesse de Dieu...

Nous avons été invités au repos par la voix du Seigneur ».

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 20:14

Par Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église .Premier dialogue christologique, 706 (trad. SC 97, p. 27 rev.) 
Les Sts Pères Syriaque. Syro-copte

« Les aveugles voient, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres »


« Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11).

Dirons-nous que c'est là l'œuvre d'une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l'Esprit Saint et le feu ?

Comment cela pourrait-il être ?

Et pourtant, parlant d'un homme qui ne s'est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l'Esprit Saint ».

Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n'est pas le sien, mais comme quelqu'un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre.

C'est grâce à cela que l'empreinte divine s'imprime en nous. 

En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l'image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie :

-« Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m'a revêtu de salut et d'allégresse » (1S 2,1).

L'apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27). 

Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ?

Silence, toi qui n'est qu'un homme ; veux-tu rabattre jusqu'à terre notre espérance ?

Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui.

-« Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ. Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38).

Il délie ceux qui s'attachent à lui ; il fait sourdre en nous sa propre nature.

 L'Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe. 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:58

TU ES NE POUR LE BONHEUR (12/16)

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QUATRIÈME PARTIE

 

***


CONDITIONS DU BONHEUR HUMAIN


CHAPITRE I


L'INSTINCT D'AGRESSION ET L'INSTINCT D'AMOUR

L'instinct d'agression est de ce monde. L'ins­tinct d'amour ne l'est point (On est prié de ne pas le confondre avec l'instinct de conservation de l'espèce, l'amour sexuel qui, par tant de ses formes, est plus proche de l'instinct d'agression que du véritable amour. Il faut donc distinguer l'amour qui prend de l'amour qui donne).

 

Le premier est à la base de la nature humaine, le second, à son sommet. Le premier engendre tous les malheurs ; le second, la joie de vivre et le bonheur.

 

L'instinct d'agression fait régner la loi du plus fort. Il engendre l'entre dévorement effréné d'une nature déchue.

 

Les vivants luttent de toutes leurs forces pour se conserver et se propager. Mais dans quel milieu luttent-ils ?  Ils luttent dans un monde où une chose ne peut pas être possédée par deux êtres à la fois ; où la matière d'un corps ne peut être celle d'un autre ; où, si un corps occupe un lieu, un autre ne peut pas l'occuper en même temps. Monde de séparation né de la volonté du premier Ange en révolte. Matière morcelée en corps séparés... Ce sont les lois de ce milieu qui engendre la férocité du monde animal. Espace vital ! Pour chacun ! Loi de la jungle ! (En une certaine mesure cela est normal : il existe une répulsion intime de tout être vivant contre ce qui n'est pas lui et ne dérive pas de lui.).

 

On pourrait déjà reconnaître, sans trop de difficulté, l'esprit qui domine en notre « civili­sation ». Mais ce n'est pas suffisant. Il faut cons­tater aussi que l'instinct d'agression a pris des proportions grandioses... Sur le plan de la chair, en un monde déchu, il est normal. Mais aujour­d'hui, il a quitté son plan qui se trouve, comme nous l'avons remarqué, à la base de la nature humaine : il s'est hissé peu à peu jusqu'à son sommet. Il règne en maître sur les intelli­gences !

 

L'instinct agressif s'exprime ainsi : « La lutte des contraires est issue des contradictions exis­tant dans l'essence même des choses »... Ce cha­rabia marxiste justifie simplement l'esprit d'agression ; c'est-à-dire, ce qui reste de l'homme quand on refoule son principe surnaturel, l'ins­tinct d'amour. Ce charabia couvre le péché d'ori­gine et les tendances combatives de la nature humaine. Et alors l'instinct d'amour ne peut plus féconder une nature envenimée, — même si elle est auréolée du beau titre de « lutte des classes collant au sens de l'histoire » ! Et alors com­mence la décadence d'une civilisation, la mort d'un monde dont l'instinct d'agression désagrège les forces de cohésion, en refoulant l'instinct d'amour.

 

L'instinct d'agression n'est-il pas le fondement de la « SCIENCE » actuelle ? Sont-ils nombreux les esprits « scientifiques » qui ne s'inclinent pas devant les théories évolutionnistes actuelles ? Or, ne sont-elles pas fondées sur le « struggle for life », la lutte des espèces, la « sélection natu­relle » ?

 

Là aussi on est victime des apparences, des phénomènes de surface de la vie. (Nous avons vu, dans le chapitre précédent, les ravages que provoque un phénomène analogue : l'estima­tion des hommes selon les apparences. En science c'est le même esprit : il s'arrête à la surface des choses.)

En effet, le « struggle for life », c'est la soumission de la vie au milieu où elle est plongée. Or, la vie est un courant de paix qui se répand, non en surface, mais en profondeur, courant destiner à relier et pacifier les forces élémentaires à l'intérieur des corps qu'elle forge. En elle-même, la vie est toute harmonie. Depuis que l'on connaît son œu­vre miraculeuse d'unification et de régulation, la vie ne devrait plus se définir par son jeu externe, le « struggle for life ».

 

Dans le moindre corps vivant, tant qu'il dure, la lutte disparaît, les chocs sont réduits au minimum. C'est pourquoi à l'état normal du corps, aucun signalement d'un con­flit ne nous parvient. La santé : sainteté de l'or­dre corporel ; unité qui règne en maîtresse. Les corps, tant qu'ils vivent, sont des îlots où règne la paix, des atterrissements de l'Amour gagnés sur le chaos des forces matérielles. Car la ma­tière est principe de division sans fin...

 

Mais les corps vivants ne figurent dans l'espace qu'une étape de l'« INSTINCT D'AMOUR ». As­pects visibles et tangibles de Son œuvre, une des phases de la lutte que l'Amour, cette force qui unit — « Instincto Divino » — mène contre les forces incohérentes de l'univers.

 

Jusqu'à l'homme, il n'a agi que dans les for­mes internes de la nature, et non entre ces for­mes où, en effet, règne la loi de la jungle. Avec l'homme, l'instinct d'amour commence à agir entre les individus — même en dehors de l'ap­pel sexuel ! (En réalité, l'appel sexuel n'appartient pas à l'indi­vidu mais à l'espèce : il s'y soumet aveuglément.). L'instinct d'amour devient cons­cient et personnel. L'homme intègre ainsi les deux instincts (d'agression et d'amour). Il se détache donc complètement de la nature.

 

En conséquence, pour que l'humanité gran­disse en s'organisant, les individus doivent se rapprocher, non pas sous l'action d'une con­trainte, mais par attrait interne, par sympathie.

 

Il faut donc que les hommes soient baignés par un nouveau « SANG », rappelant le sang qui unit les éléments du même corps. Sang d'Amour. Sang du Christ. C'est lui qui forme le corps de la nou­velle espèce : « CORPS MYSTIQUE ».

 

En avons-nous pris le chemin ?

 

Les hommes d'aujourd'hui qui ne se sentent plus organiquement liés entre eux, de sang à sang, sont mûrs pour tous les totalitarismes, c'est-à-dire pour le bagne. Au Maître divin se substitue le maître selon la terre. La marche vers l'unité sans le Christ fait naître le Césarisme. L'athéisme engendre la coercition. Et c'est le règne de l'instinct d'agression.

 

Jésus dit : « Mangez mon Corps et mon Sang et vous aurez la vie éternelle ». Instinct d'Amour.

 

Satan dit : « Mangez-vous les uns les autres ». Et c'est l'horreur d'un monde mené par l'Instinct d'Agression !...

 

        ***

 

L'action des hommes peut s'effectuer de deux manières. Le sujet identifie l'objet à lui-même ou, inversement, le sujet s'identifie à l'objet.

Dans le premier cas le sujet s'empare de l'ob­jet pour le dominer. Il voit en lui une chose à asservir, ou même à détruire à son avantage. L'objet est atteint dans son indépendance, voire dans son existence. Par conséquent, dans cette sorte d'action, l'individu poursuit la satisfaction de ses propres intérêts ; il y satisfait ses besoins, ses appétits... (Consulter le livre du Dr A. Stocker : « De la Psychanalyse à la Psychosinthèse », où il a traité magis­trallement cette question.)

 

C'est bien le cas de l'homme occidental pour lequel le monde est un réservoir où il n'a qu'à puiser des jouissances, des distractions, des amusements, des divertissements... ( Et tous les moyens sont bons pour y arriver : « A New-York toutes les heures, un homme est assassiné, sept jeunes filles sont violées, quatre-vingt-douze appar­tements sont cambriolés, quatre trafiquants de drogues sont arrêtés et quarante voitures sont volées » (Paris Presse, 17 nov. 1959). Voilà l'instinct d'agression en toute sa splendeur !)  Il veut tout prendre sans rien donner.

 

L'insensé ne voit pas qu'en ne donnant rien au monde, il supprime le monde. Il ne voit pas qu'en refusant le don au monde, il supprime la terre même sous ses pieds, cette terre d'où aurait pu jaillir la fleur du bonheur... Car pour l'âme, ce qu'elle donne l'enrichit plus que ce qu'elle reçoit. Et c'est en donnant qu'elle confère une réalité à l'objet aimé.

 

On ne sait plus que le signal du bonheur ne peut s'allumer que dans une âme dilatée par le don d'elle-même. On ne sait plus qu'il s'éteint en une âme qui attend tout du dehors, qui veut ravir sans offrir : elle ne s'y enrichit pas ; elle se vide d'elle-même !

 

L'action qui identifie l'objet au sujet, l'action qui dévore, est commune à l'homme et à l'ani­mal, — avec une différence : chez l'homme, intervient, dans son action possessive et agres­sive , son second palier : la connaissance.

 

Alors il mettra la connaissance au service de ses inté­rêts et il inventera la Technique. Et en vérité, cette Technique, en grande partie guerrière,

déve­loppera son action possessive et agressive pour la conquête de la terre, en se déployant même aujourd'hui au delà de la Terre !

 

A SUIVRE

 

[Extrait d'une oeuvre de Paul Scortesco (1960) : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR  ]

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:38

TU ES NE POUR LE BONHEUR (11/16)

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RELATIVITÉ ET COMPENSATION DE NOS ÉTATS D'ÂME


CHAPITRE II (LA LOI DES COMPENSATIONS)    (Suite)


III. — En une société normalement constituée, l'homme a la possibilité de compenser la vie exté­rieure par la vie intérieureDéploiement, replie­ment. Expiration, inspiration. Tel est le rythme que peut assurer l'équilibre de l'âme. Son énergie spirituelle constitue, dans ce cas, un milieu qui résiste à l'ambiance où elle est plongée. Condi­tion essentielle de son autonomie.

 

Or, aujourd'hui, la raréfaction de ce milieu interne a provoqué le déséquilibre des âmes en faisant pulluler des sentiments qui montrent d'excellentes dispositions dévastatrices...

 

On a vu dans le progrès matériel une source de perfection. Or, n'étant pas compensé par un progrès spirituel, il est aujourd'hui principe de mort : Marthe sans Marie, dans la même âme, se dissipe, se fourvoie et se perd.

 

Regardons les choses de plus près. Comment le progrès matériel, fait pour libérer l'homme de sa servitude envers la nature, est-il devenu ins­trument de convoitise et de haine ? Comment ces sentiments qui produisent une déperdition de forces morales et physiques ont-ils étouffé la joie de vivre qui est riche en énergie (La joie de vivre se manifeste corporellement par une vasodilatation, un flot de sang qui se déverse géné­reusement et active toutes les fonctions ; les sentiments d'envie et de haine, par une vasoconstriction et donc, toutes sortes de troubles organiques (dyspepsies, hépa­tites, ulcères, etc.), de sorte que les acquisitions ne compensent plus les pertes ? (J'ai fait remarquer au début de ce chapitre que la loi des compensations — comme l'ordre même de la nature humaine — peut être troublée.)

 

Les objets fétiches devaient assurer le bon­heur. (Que le lecteur prenne garde : loin de mépriser l'ordre matériel, je trouve inadmissible que le matéria­lisme ne se soit pas justifié en atteignant au moins son but : la disparition de la misère. Or il a engendré une double misère, physique et morale. En réduisant les « pro­létaires » à leurs besoins les plus élémentaires, en élimi­nant leurs besoins profonds, il les a rendus pauvres en dehors et pauvres en dedans. Et ce malheur total, en soi et hors de soi, cet abandon physique et moral, c'est l'Occi­dent matérialiste qui l'a engendré.).  Par conséquent, tout le monde devait les posséder. Le principe d'égalité matérielle a ruiné l'équilibre humain. Les hommes sont restés inégaux. Mais l'inégalité fut ressentie dou­loureusement en s'exprimant par l'envie et la haine. En faisant de l'égalité matérielle un idéal on a mis le poison de l'inégalité partout. S'il n'y a plus de lien interne qui égalise les hommes, ils ne sont pas égalisés mais écrasés. Les doc­trines sociales, négligeant les conditions internes, tendent à aplanir les hommes par le dehors. Elles arrivent finalement, comme toute doctrine faus­sement idéaliste, à des résultats diamétralement opposés. Elles séparent les classes et creusent encore plus les inégalités entre elles, en Russie comme ailleurs...

 

La tendance à l'égalité matérielle n'a donc pu engendrer qu'une seule chose : « l'envie sociale », psychose de notre civilisation, agent de décom­position des âmes qui ruine toute joie de vivre.

 

La bête se déguise souvent en ange pur : la « justice sociale » cache aujourd'hui un appétit de revendication et de vengeance, lequel fait naître la toxine dans les âmes et dans le corps dont nous faisons partie. Il existe dans le monde un problème d'une immense portée : l'esprit révolutionnaire des masses — de toutes couleurs, blanche, jaune et noire ! — fruit venimeux du Credo laïco démocratique. Si on leur enseigne que Dieu n'existe pas, que la morale n'a qu'une utilité sociale, on prive les peuples de tout élan spirituel et on les pousse à renverser les obstacles s'opposant à atteindre l'unique but qu'on leur propose : la puissance matérielle. Il serait vain de croire que les « améliorations » puissent faire disparaître un mal aussi profond : l'envie accouplée à la haine. Les peuples conti­nueront à désirer s'emparer des « fétiches », pour en jouir aussi longtemps que dure cette vie ! A n'importe quel prix ! Par n'importe quel moyen ! Voilà l'esprit qui bouillonne sur notre planète ! Après avoir dévasté l'Europe, il gagne l'Afrique et l'Asie !

 

 ***

 

L'envie contient un jugement par lequel on mesure l'état réel d'un individu par son état apparent, jugement qui n'avait jamais existé comme psychose collective et comme fondement d'une civilisation. L'homme d'aujourd'hui est traqué, partout, par les pestes de l'envie. C'est donc le microbe de cette maladie qu'il faudrait d'abord détruire : il provoque l'agitation, l'ins­tabilité, le tourbillonnement chaotique dont nous souffrons. Par les chocs multiples qu'il engendre, entre les individus comme entre les nations, la somme des souffrances augmente. Les acquisitions ne compensent plus les pertes : comptabilité frauduleuse ! Banqueroute des âmes !

 

Il faudra donc regarder au microscope ce puis­sant virus qui paralyse un des effets de la grande loi de stabilisation universelle : cette loi de com­pensation qui demande qu'un équilibre soit sauvé ; qui exige une identité entre action et réaction.

 

Figurons-nous un individu en possession de tous les avantages que notre civilisation peut offrir. Ce « sommet » devient pour lui le point de départ de ses plaisirs. Le « zéro » est donc déplacé à ce sommet (revoir LA RELATIVITÉ INTÉRIEURE 9/16). Ce qui se trouve au-dessous devient négatif. Le fait qui pourrait provoquer un certain plaisir, à ceux dont le palier est plus bas, n'existe plus pour lui. Il lui faut aller de l'avant pour acquérir un nou­vel apport.

 

Prenons un autre individu qui, au point de vue de ces « avantages de notre civilisation » se trouve à l'extrême opposé : le « damné de la terre ». Son état devient le niveau par rapport auquel il perçoit les changements. Les moindres améliorations deviennent de réels plaisirs qui n'existent plus pour l'autre.

 

Or voici la fausse estimation qui intervient. Admettons que le premier, « le roi du savon à barbe », éprouve un changement de vie agréable. Le second, le « damné de la terre », l'estime de sa place à lui, et lui attribue ainsi son propre sentiment, tellement plus intense, ayant parcouru toute la distance entre leurs deux paliers. Or ce plaisir n'existe que dans son imagination. L'autre, placé au sommet, n'a éprouvé qu'un plai­sir négligeable : en changeant sa voiture, il ne ressent pas plus que le second qui se revêt d'une nouvelle chemise. L'émotion forte que ce dernier ressent à la vue de la nouvelle et scintillante voiture, et qu'il confère au possédant, se trans­forme en envie et en haine de la manière sui­vante : l'émotion puissante devient désir violent de l'objet qui l'a provoqué — ah ! Si je pouvais me balader dans cette voiture ! — et par sa vio­lence et son impuissance à le satisfaire, le désir devient douloureux, il devient poison, humilia­tion : voilà l'envie. Et cette souffrance que l'on croit pouvoir arrêter par la possession de l'objet, devient haine de celui qui le possède parce qu'il ne souffre pas lui, bien au contraire, il jouit — O INJUSTICE ! — tellement plus ! (On peut citer à ce propos l'aphorisme si juste et si spirituel de Catulle Mendès : « Ce qu'il y a d'admirable dans le bonheur des autres, c'est qu'on y croit ! ».)

 

Par conséquent, notre individu, en attribuant à l'autre l'émotion qu'il a ressentie se croit malheureux. Finies la bonne humeur et la joie de vivre, — grâce à cette fausse estimation qui crée des grandeurs imaginaires ! Voilà pourquoi le pauvre souffre du luxe qui s'étale à ses côtés. Voilà comment le fiel devient Roi, comment la haine se noie dans la mare de la sottise ! Le venin de l'aspic, l'envie, le plus dangereux des vices, lutte contre des chimères : il les a créées de toutes pièces et projetées dans le monde !

 

Annihilées, attirées par la seule et unique fin proposée par cette basse époque, les masses se sentent vraiment misérables : la réussite et la défaite étant en fonction de l'expansion maté­rielle — la seule dont s'accommode le bas niveau démocratique — la pauvreté devait fatalement apparaître effrayante, là où cette réussite maté­rielle est le signe unique de supériorité.

 

A partir de ce stade le salpêtre inoffensif prend la forme d'un mélange détonant!

 

 ***

 

Pour reconnaître cette vérité on n'a qu'à aller en Espagne, au Portugal ou en Italie, peuples qui n'ont pas encore été déchristianisés ; où l'élan spirituel joue un rôle important : on y retrouve la joie de vivre, la bonne humeur : on y retrouve le chemin béni du travail allègre, dès que l'on passe leurs frontières ; on y retrouve la sympathie entre les classes ; elles ne sont pas séparées : la démocratie n'a pas passé par là... (J'ai vu des princes travaillant à la restauration de leur château près de Volturno, à côté des ouvriers, en riant et en se tutoyant...).

 

Dans ces pays, les ouvriers gagnent beaucoup moins qu'en France, mais ils sont gais et tra­vaillent en chantant ; les « flamenco » en Espagne, les « fado » au Portugal, les « canzonetti » en Italie, s'élancent de toutes les fe­nêtres... (La chanson en France est une industrie : un éditeur qui accepte une chanson s'assure le concours d'une vedette, puis il passe contrat avec les postes radiophoniques, les­quels par la répétition l'imposent au public ; alors l'énorme machine se met en branle : des millions de disques sont vendus. Le Français ne sait plus chanter de lui-même...)

 

Ces peuples ne demandent pas, en ce monde, de posséder, mais d'être joyeux et travailler sous le soleil de Dieu parce qu'ils pressentent que c'est là une condition naturelle très propice à la recherche du royaume de Dieu. Et du bonheur...

 

L'Italien, le Portugais et l'Espagnol n'ont pas besoin de plaisirs « standard » — et si coûteux — dont le peuple français ne peut plus se pas­ser : le cinéma, la radio, la télévision, etc... (C'est bien pire en Amérique, en Angleterre, en

Nor­vège, en Suède, en Suisse, etc.).

 

Ils possèdent en eux-mêmes une joie créatrice qui ne dépend de rien ni de personne ; elle éclate de la plénitude de leur vie intérieure : point d'envie et d'esprit de revendication haineuse. L'Italien, l'Espagnol et le Portugais ne voient pas dans leur voisin un privilégié jouissant de la vie plus qu'eux-mêmes parce qu'il a un frigi­daire laqué et une voiture nickelée... Pourquoi ? Parce que leur vie intérieure et leur foi exaltées par le milieu où ils vivent, les rendent réfractaires aux mots d'ordre de « la justice revendicatrice » qui infectent les démocraties occidentales ; parce qu'ils ne sont pas victimes des mirages d'un monde qui croit que le bonheur peut venir du dehors et non du dedans, de cette alchimie qui change la peine en joie ; alchimie qui ne dépend pas des voitures et des frigidaires, et que l'on peut trouver à n'importe quel niveau de la société !

 

Cette doctrine du véritable bonheur est dis­parue en France avec le sens du sacré. D'où l'atonie grincheuse du peuple français actuel, sa mauvaise humeur et sa raillerie qui frappent les étrangers qui traversent le pays.

 

***

 

L'homme dégradé par l'idéal démocratique n'est pas capable de comprendre l'homme, de se mettre à la place de son prochain, d'entrer dans son destin. La perspective déformante des pauvres qui regardent les riches, engendre la vraie misère ; la convoitise hargneuse, aigrie, ulcérée du plus grand nombre des hommes de ce siècle. Elle est dans leur chair comme un cancer qui les ronge : il leur faut à tout prix le grand luxe (les sortilèges à cent kilomètres-heure, les hautes priapées) qui leur assurera le bonheur intégral ! Les grands remous de rancune des masses actuelles trahissent l'idéal que leur impose notre civilisation, le sommet de la réus­site vers lequel elles tendent toutes fascinées : le dieu milliardaire ! (Pauvre dieu ! J'ai connu en Amérique un de ces milliardaires. Il portait quelques heures par jour des chaussures inférieures à sa pointure et qui lui causaient de vives douleurs ; en les retirant il éprouvait une joie qu'aucune chose ne pouvait plus lui donner.)

 

Oh ! Piège des apparences... Prestige des images creuses ! On les anime artificiellement d'ombres et de lumières chatoyantes, d'états d'âme mirifiques ! Et l'on passe — sans la voir — à côté de la réalité vivante des humains.

 

En somme, les toxines qui putréfient l'âme de nos contemporains sont engendrées par l'idolâ­trie de la technique et la croyance que le bonheur dépend du monde.

 

Et l'on industrialise à tour de bras le monde !

 

On a cru que l'homme s'affine à mesure que son travail s'allège. La Technique promettait un paradis où les hommes connaîtraient de longs loisirs contre seulement quelques heures de besogne productrice. Erreur grossière ! La Technique engendre l'ennui, la platitude, le dégoût... Quelle autonomie peut-il connaître l'in­dividu qui a abdiqué à l'usine et au bureau sa dignité pour se résigner à n'être plus qu'un élé­ment dans l'énorme outillage de l'industrie moderne ? Peut-il l'oublier au cours de ses loi­sirs ? Peut-il connaître encore la joie de s'appar­tenir, d'être un monde en lui-même ?

 

Eh non, la disparition de tout effort personnel n'apporta pas l'allégresse qu'on attendait : c'est un encrassement que l'on obtint.

 

Le travail technique est devenu à ce point rebu­tant qu'il ne vaut que par le gain qu'il rapporte et non par la joie que l'on y trouve. Il ne reste plus qu'à se jeter dans les plaisirs monnayables, à s'enliser dans la banalité et le sommeil du con­fort...

 

La société n'est plus considérée comme une hiérarchie qualitative de fonctions et digni­tés, mais comme une échelle de salaires et traitements : on en vient à tout évaluer en argent ; la valeur d'un homme d'après sa capa­cité d'en gagner, celle d'une œuvre d'art d'après son cours sur le marché, etc.  En un pareil monde, toute joie véritablement humaine, dis­paraît.

 

En acceptant le progrès matériel comme con­dition suffisante du bonheur humain, le monde moderne repose sur le principe barbare que plus on satisfait ses besoins en un minimum de temps — besoins qui, d'ailleurs, se compliquent et augmentent sans cesse — et plus on est en droit de se prétendre heureux. Or, c'est le contraire qui arrive : l'homme projeté vers le monde est harcelé de mille désirs, — vite satisfaits et aussi vite décevants !

 

La vie chrétienne avait tout fait pour libérer l'homme intérieur et fonder son autonomie morale ;le progrès matériel a tout fait pour le rendre esclave de ses convoitises illimitées.

 

Et des convoitises à l'envie de ceux qui les satisfont, il n'y a qu'un pas...

 

La notion de l'inutilité est très utile ; c'est le plus grand secret dont dépend le bonheur humain. On a cru que la religion, la poésie, les arts, sont un luxe inutile ; point rentable ; sans aucun but pratique... Or il se trouve que ces manifestations contemplatives qui exaltent les âmes sont plus utiles à l'équilibre humain que les activités pratiques. Sans elles, les « activités pratiques » mènent l'homme à la dépression et aux névroses. Sans elles, c'est la Babylone de la Terre, la Synagogue de Satan, où les hommes sont rivés au si bien nommé « travail à la chaîne »...

 

Il se trouve que l'inutile est plus utile que l'utile...

 

La disparition de la vie contemplative a détruit l'équilibre humain : impossibilité d'aller au delà des apparences et de ne pas haïr et envierAlors les joies ne compensent plus les souf­frances.

Elles diminuent en quantité et en qua­lité.

 

La composante destructrice devient le poids qui emporte la balance. En vérité, des accumu­lations croissantes de charges affectives méphi­tiques sont à l'origine des dégorgements de haine entre individus et entre nations (les nations « prolétaires » ! les nations « sous-développées » !) ; elles sont à l'origine des carnages et des révolutions, ces coliques du Nombre ! 

Tel est l'élan qui précipite notre monde vers sa déca­dence et dans les gouffres du Malheur...

 

A SUIVRE

[Extrait d'une oeuvre de Paul Scortesco (1960) : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR  ] 

 

 

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:30

Sauvé après 60 heures au fond de l’Atlantique

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http://www.digitaljournal.com/topic/Underwater

 

 

Coincé pendant 60 heures dans un remorqueur chaviré au fond de l’Atlantique, le cuisinier nigérian Harrison Odjegba Okene a finalement été secouru.

Le plongeur Nick van Heerden avait été chargé de récupérer les corps (11 marins sont morts dans le naufrage) quand il a eu la surprise de trouver vivant Harrison Okene,réfugié dans une bulle d’air, simplement vêtu d’un short par une température glaciale.

Après un passage dans une chambre de décompression et un examen médical complet, le cuisinier a pu retourner dans sa famille. Le sauvetage a eu lieu en mai 2013 mais la vidéo a été largement diffusée seulement mardi.

Okene, qui avait récité des psaumes durant ses heures au fond de l’eau, est persuadé qu’il a été épargné par la providence divine.

 

Okene Harrison, un marin nigérian a survécu à un naufrage responsable de la mort de 11 membres de l’équipage au large du Nigeria.

Le naufrage d’un remorqueur a causé la mort de 11 personnes le 26 mai 2013. Affrété par la compagnie pétrolière américaine Chevron, le Jascon-4 s’est échoué au large du Nigeria.

Mais Okene Harrison, le cuisinier du bateau a survécu miraculeusement au naufrage pendant plus de 3 jours grâce à une poche d’air.

Se retrouvant sous 30 mètres de fond, Okene a pu respirer en se réfugiant dans les toilettes.

« Le Seigneur m’a gardé en vie »

« Oh Dieu, par ton nom, sauve moi », a récité Okene durant ses moments difficiles dans les toilettes du bateau. « J’ai récité les versets du psaume 54 de la Bible que ma femme m’avait envoyé par sms.

Le Seigneur m’a gardé en vie. Toute ma vie ne suffira pas à le remercier pour ce miracle », a ajouté l’homme de foi au journal Nigeria’s Nation relayé par le Washington post .

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Il espérait un miracle…

« J’étais étourdi et tout autour de moi était dans l’obscurité »a confié le marin qui a passé 3 jours pratiquement sans boire ni manger. Le rescapé s’est dit que l’eau allait envahir le peu d’air qui lui restait. Il espérait un miracle.

62 heures après le naufrage…

Des sauveteurs sont arrivés 62 heures après le naufrage du Jascon-4, immortalisant ce moment unique et incroyable en réalisant une vidéo.

Okene a été hospitalisé et a passé 60 heures dans une chambre de décompression afin que son corps retrouve une température normale.


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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:22

Par Saint Hilaire († 367), évêque de Poitiers, docteur de l'Église . La Trinité, livre 6, 36-37; CCL 62, 239-242. 

St Pierre et Paul

La foi de Pierre


Pierre dit une parole qu'aucune voix humaine n'avait encore prononcée: -"Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16,16).

En vérité, alors même que le Christ demeurant dans la chair s'était déjà déclaré Fils de Dieu, l'Apôtre fut alors le premier à reconnaître dans la foi que la nature divine est en lui.

Si Jésus, en effet, a loué Pierre, ce n'est pas uniquement pour l'avoir honoré par sa profession de foi, mais aussi pour avoir reconnu son mystère, car l'Apôtre n'a pas seulement confessé le Christ, mais il l'a aussi proclamé Fils de Dieu.

Pour l'honorer, il lui eût certainement suffi de confesser:

-"Vous êtes le Christ".

Il eût pourtant été inutile de l'appeler Christ sans le proclamer Fils de Dieu.

De fait, en disant: "Vous êtes", Pierre a clairement déclaré la perfection et le caractère unique de la vraie nature du Fils. 

L'Église est donc bâtie sur la pierre de cette confession.

Mais un esprit de chair et de sang ne peut découvrir le sens de cette profession de foi.

Appeler le Christ Fils de Dieu et, de plus, croire qu'il l'est, est un mystère qui ne peut être révélé que par Dieu.

Ou alors, serait-ce le nom divin qui aurait été révélé à Pierre plutôt que la filiation de nature?

Pour ce qui est du nom, Pierre avait déjà souvent entendu le Seigneur se proclamer Fils de Dieu.

Sur quoi porte donc cette glorieuse révélation?

Elle concerne certainement la nature et pas le nom, qui avait déjà été souvent proclamé. 

Cette foi est le fondement de l'Église.

Grâce à cette foi, la puissance de la Mort (Mt 16,18) ne pourra rien contre l’Église.

Cette foi possède les clefs du Royaume des Cieux et ce qui a été délié ou lié par elle sur la terre, est délié et lié dans les cieux.

Cette foi est le don de la révélation du Père.

Elle ne déclare pas mensongèrement que le Christ a été créé de rien, mais elle le proclame Fils de Dieu selon la nature qui lui est propre.

 

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