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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 08:52

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DE L’IMITATION DE JÉSUS CHRIST «Je vous ai envoyé mes serviteurs les prophètes..»


Simeon_le_prophete_2Mon fils, écoute mes paroles, paroles pleines de douceur, qui surpassent toute la science des philosophes et des sages de ce monde. Mes paroles sont esprit et elles sont vie, elles ne doivent pas être évaluées par le jugement humain.
On ne doit pas les faire servir à une vaine complaisance, mais les écouter dans le silence et les accueillir en toute humilité, avec un grand amour.

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— Et j’ai dit : Heureux l’homme que tu instruis, Seigneur, et à qui tu enseignes ta loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre.

— Moi, dit le Seigneur, j’ai instruit les prophètes dès le commencement, et jusqu’à ce jour je ne cesse de parler à tous ; mais beaucoup sont sourds à ma voix et endurcis.

Le plus grand nombre écoute le monde plus volontiers que Dieu ; ils suivent plus facilement le désir de leur chair que le bon plaisir de Dieu.

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Le monde promet des biens passagers et médiocres, et on le sert avec beaucoup d’avidité ; moi, je promets des biens sublimes et éternels, et les cœurs des hommes demeurent engourdis.commandement de dieu

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Qui donc me sert et m’obéît en toute chose avec autant de soin que pour servir le monde et ses dirigeants ? ~

Serviteur paresseux et maussade, rougis donc de ce que ces hommes se montrent plus disposés à se perdre que tu ne l’es à vivre.

Ils trouvent plus de plaisir à la vanité que tu n’en trouves à la vérité.

Pourtant, ils sont souvent trompés dans leur espérance, tandis que ma promesse ne déçoit personne et ne renvoie jamais les mains vides celui qui met en moi sa confiance.

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Ce que j’ai promis, je le donnerai, ce que j’ai annoncé je l’accomplirai, si du moins l’on demeure jusqu’au bout fidèle à mon amour.

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C’est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement tous les hommes dévoués.

Grave mes paroles dans ton cœur, médite-les attentivement ; car, au moment de la tentation, elles te seront très nécessaires.

Ce que tu ne comprends pas lorsque tu le lis, tu le découvriras le jour où je te visiterai.

LastSupper

Je continue de visiter mes élus de deux manières : par la tentation, et par la consolation.

Et chaque jour je leur propose deux leçons : l’une en reprenant leurs vices, l’autre en les exhortant à faire grandir leurs vertus.

Celui qui connaît mes paroles et les méprise aura quelqu’un pour le juger au dernier jour.

cene fanous

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 05:13

St-Augustin-contemplant.jpg

 

 

photostaugustain2BAREMAUVE

Averti de revenir à moi-mêmeje suis entré au fond de mon cœur, sous ta conduite, Seigneur, et j’ai pu le faire,parce que tu es venu à mon secours . Je suis entré, et avec le regard de mon âme, quel que fût son état, au-dessus de ce même regard, au-dessus de mon intelligence, j’ai vu la lumière immuable.

BAREMAUVE

Ce n’était pas cette lumière ordinaire que tout le monde peut voir ; ce n’était pas non plus une lumière de même nature, mais plus puissante, qui aurait brillé de plus en plus et aurait tout rempli par son éclat. Non, cette lumière n’était pas cela, elle était autre chose, tout autre chose.

BAREMAUVE

Elle n’était pas au-dessus de mon esprit comme l’huile flotte à la surface de l’eau, ni comme le ciel s’étend au-dessus de la terre. Elle était au-dessus de moi parce qu’elle m’a crée ; j’étais au-dessous d’elle parce que créé par elle. Celui qui connaît la vérité la connaît, et celui qui la connaît, connaît l’éternité. C’est l’amour qui la connaît !

 

O éternelle vérité, ô véritable charité, ô chère éternité ! Tu es mon Dieu, je soupire après toi jour et nuit. Quand je t’ai connu pour la première fois, tu m’as soulevé vers toi pour me faire voir l’existence de quelque chose que je devrais voir, mais que je ne pourrais pas encore voir moi-même.

BAREMAUVE

Tu as ébloui la faiblesse de mon regard par la puissance de ton rayonnement, et je frissonnais d’amour et d’effroi. J’ai découvert que j’étais loin de toi, dans le pays de l’exil et de la dissemblance, et il me semblait que j’entendais ta voix, venant du haut du ciel : « Je suis la nourriture des forts : grandis et tu me mangeras.

 

Tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi qui seras changé en moi. » ~

BAREMAUVE

Je cherchais le moyen d’acquérir la force qui me rendrait capable de vivre uni à toi, et je ne la trouvais pas. ~ Enfin, j’ai embrassé le Médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ , lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement . C’est lui qui nous appelle et nous dit : Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie .

 

Il unit à la chair — puisque le Verbe s’est fait chair — ; la nourriture que j’étais incapable de prendre, afin que ta sagesse, par laquelle tu as tout créé, se transforme en lait pour s’adapter à notre condition d’enfants. ~

BAREMAUVE

Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient en toi.jesus

 

Tu m’as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t’ai goûtée, et j’ai faim et soif de toi ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi.

BAREMAUVE
source:DES CONFESSIONS DE S. AUGUSTIN
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 20:21

Aloho mbarekh.

Très cher Père.

C'est avec la plus profonde tristesse que nous vous informons tous, la triste nouvelle du décès de Son Eminence Abun Mor Leolino Gomes Neto (Baselios) .

Nous étions lié par une vielle amitié. Eglise pauvre nous-même, nous voulions être solidaire de votre chère Eglise du Brésil que nous savions pauvre aussi. C'est pourquoi, lorsqu'il eut quelques difficultés avec l'Eglise Patriarcale, nous lui envoyâmes une aide financière pour lui permettre de faire le voyage jusqu'à Damas.

Nous prions pour le repos de son âme mais sommes confiant : Nous pensons que sans retard, successeur de Son Eminence Abun Mor Chrisostomos Mosa Salama, il aura rejoint, près du Christ Ressuscité, votre bienheureux fondateur.

Je demande à tous nos prêtres de l'Eglise Syriaque Orthodoxe Antiochienne (Fondation Malankare pour l'Europe et ses missions) en France comme en Afrique d'offrir pour le repos de l'âme du regretté serviteur de Dieu: Abun Mor Leolino Gomes Neto , les Services Liturgiques de l'Eglise.

Avec l'assurance de mes sincères condoléances, je reste votre respectueusement dévoué en Notre-Seigneur.

+Mor Philipose-Mariam, Métropolite pour la France et l'Afrique 

Aloho mbarekh. 

Querido Pai. 

É com a mais profunda tristeza que nós aprendemos a triste notícia da morte de Sua Eminência Mor Abun Leolino Gomes Neto (Baselios). 

 

Nós estavam ligados por uma amizade antiga. Pobre Igreja a nós mesmos, nós queríamos ser solidário com o seu amado Igreja no Brasil que sabíamos pobre também. É por isso que, quando ele teve algumas dificuldades com a Igreja Patriarcal, enviamos-lhe assistência financeira que lhe permita fazer a viagem para Damasco. 

 

Oramos para o descanso de sua alma, mas estamos confiantes, acreditamos que, sem demora, o sucessor de Sua Eminência Mor Abun Chrisostomos Mosa Salama, ele vai chegar perto de Cristo Ressuscitado, o seu fundador abençoado. 

 

Peço a todos os nossos sacerdotes da Igreja Ortodoxa Siríaca de Antioquia (Fundação Malankara para a Europa e missões) em França e África para assegurar o repouso da alma do servo de Deus: Abun Mor Leolino Gomes Neto serviços litúrgicos da Igreja. 

 

Com a certeza das minhas sinceras condolências, permaneço seu respeitosamente dedicado em nosso Senhor. 

 

+ Mor Philipose Mariam, Metropolitan para a França e África

 

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 11:55

MON ENFANT, AIMES-MOI ! TEL QUE TU ES !...

 


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Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ; la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même :

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"Donne-Moi ton coeur, Aime-Moi comme tu es."

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

 

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A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

 
Je veux l’amour de ton coeur indigent ; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ?

 

Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

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Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

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Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

 

J’aime l’amour des pauvres ; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton coeur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela.

 

 

J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

 

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L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses ; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère.

 
Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour.

Jesus-et-l-Apotre-Jean

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Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."

N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

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(Saint Augustin)

 

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 18:14

Un peu d'histoire:, Pour mieux situer notre Eglise et son Eglise-Mère Syriaque des Indes (Malankare) dans la famille des Eglises Syriaques Orthodoxes

 

 

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L'Église Syriaque-Orthodoxe Antiochienne se situe, conserve et maintient fidèlement la Tradition multi-séculaire et la succession apostolique de l'Église syro-orthodoxe d'Antioche de laquelle naquit l'Eglise Syriaque Orthodoxe Malankare, notre "Eglise-Mère". 

Pentecôte


Église Orthodoxe Orientale, notre Église Syriaque Orthodoxe Antiochienne,  comme notre "Eglise- mère" Syrienne Orthodoxe du Malankare (Catholicosat de l'Est) ainsi que d'autres "Eglises locales" et filles elles-même de l'Antique "Eglise Mère" d'Antioche doit être distinguée de l'Eglise- mère et patriarcale Syriaque- Orthodoxe ( Patriarcat d'Antioche et de Tout l'Orient ) qui, par un accords entre leurs Sainteté Jean-Paul II et Ignace Zacka 1er Iwas, résolut la fracture qui divisait nos Traditions sur un malentendu théologique.

 

Sur la  demande de nombreux fidèles en Europe, en Août 2007, un nouvel archidiocèse de l'Europe a été établi et confirmé par le Saint Synode de l'Eglise Syrienne Orthodoxe Malankare de l'Inde. 

 

Pour la direction  pastorale de cette Juridiction ecclésiale Son Éminence Mor Severius Moïse fut consacré par décision du même Synode Indien le 21 Novembre 2007, comme Métropolite avec un statut d'autonomie. 

 

En Février 2009, la Métropolie (l'Archidiocèse) été élevée par le même Saint-Synode au statut d'Eglise autocéphale   et son Métropolite (Archevêque) nommé comme le premier Primat de cette Eglise (voir le document) . 

 

Le 28 Avril 2010, par décision du propre Saint Synode de l'Eglise qui était , dès lorsautocéphale, le nom de l'église devint : «Eglise Syriaque Orthodoxe Antiochienne» (voir le document) . 

 

En raison de ces  décisions synodales successives, l'Eglise était désormais canoniquement érigée, et cela,  conformément aux règles de la Tradition Apostolique. Elle appartient, de ce fait, à la famille des l'Eglises orthodoxes orientales, qui comptent dans le monde plus de 90 millions de fidèles. 

 

Ainsi, l'Eglise orthodoxe syrienne de malankare en Inde demeure  l'Eglise- mère de cette nouvelle, de cette jeune Juridiction . 

 

L'Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne (Ou, en traduction Allemande "Antiochienne Syriaque Orthodoxe") possède son propre Synode indépendant, lequel est présidée par le métropolite et primat Mor Severius Moïse. Elle suit la doctrine apostolique et ses règles. Elle préserve et défend la seule vraie foi orthodoxe  telle que le Seigneur Jésus Christ l'a confié à Ses saints apôtres. 

 

Il convient donc , pour mieux  situer où et comment se situe notre Eglise , faire un peu d'histoire  pour comprendre comment  les Eglises Syriennes (ou Syriaques)Orthodoxes,  célébrant selon le  rite syrien occidental, sont aujourd'hui organisées en  trois juridictions indépendantes:

St Pierre et Paul 

Voyons par ordre historique:

 

 

1)L'Eglise Orthodoxe Syriaque d'Antioche et de Tout l'Orient dont le Siège du patriarche est à Damas (Syrie), qui est responsable de tous les fidèles Syriaques de langue Araméenne (Syriaque Occidental).

 

   Les grottes de saint Pierre

Les origines de cette Eglise se confondent avec celles du christianisme et, plus particulièrement, de l'Eglise d'Antioche, c'est elle qui, directement ou à travers le "Catholicosat" de Perse (Pour des raisons politiques), assura la continuité de l'Episcopat aux Indes et établit l'Eglise des Indes dans la Tradition Liturgique Syriaque..
Le concile de Chalcédoine (451) provoqua la division de la chrétienté antiochienne; persécutée, cette Eglise dut sa survie à l'action de l'évêque Jacques Baradée († 578), raison pour laquelle elle est souvent appelée du sobriquet d' "Eglise jacobite".
Contrairement aux "mekites" byzantinisés au Moyen-Âge, l'Eglise fidèle à l'Orthodoxie Apostolique , l'Orthodoxie originelle, non chalcédonienne, ou anté-chalcédonienne conserva ses traditions syriaques (Judéo-Palestiniènnes).
Après l'invasion mongole de Tamerlan (XIVe s.), elle vit ses effectifs décroître dramatiquement. Pendant la première guerre mondiale, les Syriens orthodoxes de Turquie orientale furent, comme les Arméniens et les Assyro-chaldéens, victimes d'une terrible persécution.

 


L’actuel patriarche est Sa Sainteté Moran Mor Ignatius Aphrem II, 123 ème Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient qui succéde à Sa Sainteté Zakka Ier IWAS, ce dernier s'était  rendu au Vatican pour rencontrer le pape Jean-Paul II le 23 juin 1984.

 Des accords théologiques et pastoraux de la plus haute importance ont alors été signés.Ils résolvaient un des plus anciens malentendus théologique ainsi que le schisme qui en découlait. Dès lors les Eglises d pouvaient de nouveau, et à juste titre, être dîtes "Eglises-Soeurs", recouvrant l'Unité Catholique par l'Orthodoxie de la Foi telle que vécue dans le concert des Eglises Indivisées des 1ers siècles. 

Jean-Paul II, à son tour, lui rendit cette visite en rencontrant le patriarcat syrien orthodoxe à Damas, en mai 2001.

 

Quelques Pères Syriaques:


On peut citer parmi les Pères syriaques, saint Ignace d'Antioche*,  saint Aphraate, le Sage persan (346), et Saint Ephrem le Syrien (373), dont Benoît XVI donné la biographie et la pensée dans trois audiences générales de 2007.  Également : saint Sévère d’Antioche (538), et saint Jacques d’Edesse (708).

 

Catholicos Paulos II

Voyons maintenant un peu quelle fut l'histoire de L' Eglise orthodoxe syrienne de Malankara , notre  notre Eglise-mère , Son  Catholicos est actuellement: Sa Sainteté Baselius Marthoma Paulose II qui succèda à S.S. Mor Moran Baselios Mar Thomas Didymos I , Catholicos de l'Est, Métropolite de l'Eglise malankare orthodoxe syrienne, 91e successeur sur le trône de S. Thomas     l'Apôtre (Nombre de fidèles: 1 million, dont certains en diaspora).

2)L'Eglise Syrienne (Syriaque) Orthodoxe de Malankare , Catholicosat de l'Est [dont  le siège du Catholicose est à Kottayam (Inde)], qui est responsable des fidèles de l'Inde (Célébrant en Syriaque et Malayalam, la langue vernaculaire).

La Mission de Mar Thomas

St-Thomas.jpgSelon le livre des "Actes de Saint Thomas" (récit apocryphe des oeuvres de Saint Thomas aux Indes - écrit vers 154-222 ap. J.-C. par Bar Disan, de l'Eglise d'Edesse - Asie mineure), alors que les Apôtres étaient réunis en assemblée qu'on qualifierait aujourd'hui de Synodale ou Conciliaire, en la Première Eglise de Jérusalem, les Douze divisèrent le monde connu en plusieurs parties et se partagèrent les nations et régions à visiter et à évangéliser.

Le sort désigna Thomas pour les Indes . Thomas finit par accepter de partir pour une destination qui, de prime abord, de l'enchantait guère.

Il est attesté que l'Inde était connue des hébreux longtemps avant la naissance du Christ. Si les portugais ont "découvert la route des Indes" en 1498(Vasco de Gama),  la Bible nous révèle que du temps du roi Salomon le commerce des épices existait déjà entre la Syrie et cette région du monde (1 Rois 9,26), (1 Rois 10,11), (1 Rois 10,22).

 

Par ailleurs, lorsque Nabuchodonosor envahit Jérusalem au VI ème siècle av. J.-C. une première colonie juive émigra aux Indes, s'installa et fit souche. En l'an 70 de notre ère, lorsque la ville de Jérusalem fut détruite par le général romain Titus un grand nombre de juifs émigrèrent encore vers le pays de mission de l'Apôtre Thomas. Ceci nous amène à conclure qu'historiquement, il est tout à fait possible que Saint Thomas ait voyagé jusqu'aux Indes. Si Paul a certes accompli de grands voyages missionnaires, c'est en empruntant les routes terrestres et maritimes du gigantesque empire romain; en dehors de ces limites, d'autres routes et d'autres contrées demeuraient possible d'accès, car balisées et connues depuis longtemps déjà.

 

Il est par ailleurs mentionné historiquement qu'un canal artificiel navigable fut construit par Ptolémée II Philadelphe (roi d'Egypte - 309-246 av. J.-C.) pour relier le Nil avec la mer Rouge (tous les efforts pour le conserver en bon état furent abandonnés au VIIIe siècle ap. J.-C.) bien avant le fameux et moderne canal de Suez.

Les phéniciens et les juifs établirent des colonies sur la côte du Malabar (Kérala) à différentes périodes.

 

Le nom Malabar désigne la région d'évangélisation de Saint Thomas - côte sud-ouest de l'Inde - Malayalam en hindou - se dit Kerala aujourd'hui - 40000 km² de superficie - Malabar est une forme arabisée du même mot.

 

Les colons Juifs vinrent comme négociants à la recherche d'épices, de bois de santal, de girofles, pierres précieuses et ivoire. Certains étaient arrivés lors de la persécution en Galilée au II ème siècle avant J.-C. On les connaissait sous le nom de "juifs-noirs".


Au Danemark - sur la partie nord d'une île danoise - près des ruines du monastère d'Æbelholt jadis consacré à l'Apôtre Thomas, se trouve l'église de Sønder Jernløse, on peut y contempler les vestiges de deux peintures murales (le seul endroit dans ce pays): la première révèle Jésus ordonnant à Thomas de partir aux Indes; la seconde montre Thomas à bord du bateau qui le conduit aux Indes, Abbanès le marchand est occupé par les contraintes de la navigation. Sur l'inscription on peut lire: "Thomas part avec Abbanès à bord du navire".

Thomas aux Indes

L'Apôtre serait arrivé à Kodungallur (Cranganoor), Kerala, le 21 novembre 52. Il annonça d'abord l'Evangile à ses frères hébreux, mais il eut plus de succès auprès des keralites. Il baptisa de nombreuses personnes appartenant à la haute caste hindoue, dont des membres de la famille royale qui formèrent la première communauté chrétienne des Indes.

L'Histoire rapporte que Thomas fonda sept Eglises dans la province du Kerala:

*Cranganoor,

*Palayoor,

*Parur,

*Kokkamangalam,

*Quilon,

*Niranam et

*Nilackal. La légende veut qu'il ait accompli un miracle dans chacun de ces sept centres.

 

Selon le mode habituel adopté par tous les Apôtres, chaque Eglise locale était administrée par un groupe de prêtres et de diacres, placés sous l'autorité d'un évêque. Thomas se conforma à la règle en instituant par imposition des mains un clergé local.

 

Après 20 ans de mission l'Apôtre fut martyrisé (transpercé d'une lance) à Mylapore (près de Madras) le 3 juillet 72, alors qu'il priait dans une grotte de montagne.

 

Saint Grégoire de Tours en 590 rapporte que le corps de Saint Thomas est d'abord resté à Mylapore dans un monastère richement orné puis, après un long intervalle de temps fut ramené dans la cité d'Edesse en Asie mineure.

 

Saint Ephrem, le grand docteur de l'Eglise syriaque-Orthodoxe confirme cette tradition. Saint Jean Chrysostome, Saint Grégoire de Naziance (IVème siècle), Saint Jérôme, le célèbre historien Eusèbe en 338, tous attestent la présence de Thomas aux Indes.

Intervention de l'Eglise Syriaque-Orthodoxe

Croix Syrienne des Chrétiens de Mar Thomas

En 325 eut lieu le premier grand concile oecuménique de la chrétienté à Nicée. Le concile accorda au Patriarche d'Antioche de Syrie juridiction sur l'Asie mineure, l'Inde et la Chine. Un évêque représentait l'Eglise Indienne au Concile: Mar Jean. Il signa les décrets du concile en donnant son titre: "prélat et métropolite de Perse, évêque de la Grande Inde".

Cependant, la situation des chrétiens de Saint Thomas devenait préoccupante. Un riche marchand syrien, Thomas Cana, remarqua lors d'un voyage à Kerala qu'un grand nombre de personnes portaient des croix raides et arrondies sur leurs cols. Après quelques investigations il découvrit qu'ils étaient "Nazaranees", convertis à la foi chrétienne depuis plusieurs générations par Saint Thomas l'Apôtre.

Mais  ils n'avaient plus désormais de guide spirituel , l'Eglise Patriarcale les avait-elle oublié ou le Manphrianat de l'Est les avaient-ils oubliés? Toujours est-ils qu'ils "erraient comme des brebis sans berger", comme des étrangers dominés par les hindous de caste. Leur condition était pathétique.

Chrétien loyal et convaincu, de retour à Damas, Thomas Cana plaida leur cause auprès du Patriarche d'Antioche qui décida l'envoi d'une mission destinée à soutenir cette Eglise.

Mor Joseph d'EdesseVers la même époque, l'évêque de la ville d'Edesse ( non encore assujettie à l'hérésie nestorienne) eut un songe qui lui révéla l'état déplorable des chrétiens de Saint Thomas. Mar Joseph - c'était son nom - réunit des prêtres, des diacres et d'autres missionnaires pour aller secourir l'Eglise du Kerala (Malabar).

Un groupe de 400 personnes conduit par Mar Joseph et Thomas Cana se prépara à partir vers l'Inde pour s'y établir. Ils désiraient aussi y prospérer. Tous ceux qui souhaitèrent participer au voyage devaient s'engager à:
1) Ne plus avoir de relations avec leur pays d'origine.
2) Etre fidèles aux dix commandements et aux sept sacrements.
3) Ne pas échouer dans leur entreprise.

 

L'expédition arriva par la voie des mers au port de Cranganore le 3 mars 345. Thomas Cana fut reçu par le roi Cheruman Perumal, rajah du Malabar, qui accepta les présents des syriens et offrit l'hospitalité de ses terres aux immigrants.

Le groupe des 400 personnes se composait de 72 familles qui purent s'installer dans 72 maisons et jardins avec leurs dépendances.

Le roi donna à Thomas Cana une ville appelée Mahadevarpattanam pour construire une église. Les syriens reçurent le titre de "Mapla", qui signifie "cher fils" ou "cher enfant". Les souverains du Malabar étaient très tolérants, ils respectaient les autres religions et les accueillaient avec bienveillance.

Les chrétiens de Saint Thomas adoptèrent ces frères venus s'expatrier pour eux, la liturgie syriaque fut introduite,respectueuse de coutumes indiennes locales.

Désormais l'Eglise du Malabar quittait un relatif isolement et bénéficiait de la protection spirituelle du patriarcat syrien d'Antioche.

L'Eglise eut quelques craintes avec l'arrivée de l'Islam dans les siècles suivants, mais peu de documents historiques couvrant cette époque sont parvenus jusqu'à aujourd'hui. Tout se transmettait de façon orale. Seul un manuscrit découvert en 1985 à Kuravilangad et daté de 1158 ans donne quelques précisons sur l'origine de la région du Kerala (Malabar), l'organisation de la société, l'agriculture, l'histoire de Thomas Cana et les privilèges reçus du rajah Cheruman Peruval (La nouvelle de la découverte de ce manuscrit a été publiée dans "The Indian Express" du 14/7/1985).

L'arrivée des Colonisateurs Portugais et de leurs "Missionnaires"

En 1498 le navigateur portugais Vasco de Gama "découvre la route des Indes". Il aborde la côte du Kerala. Au siècle suivant la couronne royale portugaise établit son pouvoir politique et spirituel dans l'Inde du Sud.

Les Aumôniers Jésuites des colonisateurs se posant en "missionnaires" débarquent dans l'idée d'opèrer des conversions massives.

Ils constatent avec étonnement qu'une Eglise autochtone vivante et indépendante, bien constituée dans son administration sacerdotale existe déjà. Mais l'Eglise de Rome veut s'imposer à Kerala, elle se prépare à y appliquer sa politique et ses principes d'hégémonie universelle, comme elle tentera de le faire quelques années plus tard avec les chrétiens d'Ethiopie.


Pourtant,les chrétiens de Saint Thomas accueillirent tout d'abord avec joie ces frères en Christ venus du bout du monde, leur culture religieuse étant imprégnée de tolérance et de respect d'autrui.

Depuis fort longtemps plusieurs religions coexistent de façon pacifique en Kerala :

-juifs, chrétiens, bouddhistes, hindouistes, musulmans.

La marche forcée vers la "communion avec Rome" orchestrée par les dits "missionnaires" a finalement, temporairement, raison de la résistance des chrétiens de Saint Thomas.

Un simulacre de"synode" se tient à Diampur le 20 juin 1599 pour soumettre  l'Eglise du Kerala afin qu'elle promit  "obédience et soumission au Pontife romain". Cette Eglise est, comme celle d'Antioche une "Eglise de Martyrs" . Par exemple : Thomas Paremmakel, l'un de ses évêques, est assassiné par les portugais.

A la suite du "synode", l'épiscopat indien est disloqué, dissout, l'Eglise du Kerala est désormais gouvernée par des évêques portugais. 

Cette situation est méprisante et humiliante pour les chrétiens de Saint Thomas. Une révolte éclate en 1653 connue sous le nom de "The Coonen Cross Pledge". Le recouvrement de l'indépendance de l'Église est  exigé.

Les communautés souffrent de l'absence d'évêque indien pour les guider dans leur spiritualité, elles connaissent de sérieuses difficultés liées au refus du pouvoir et de l'oppression portugaise.

C'est alors qu'un  évêque orthodoxe syrien, Mar Ahathalla, sera même assassiné par les portugais dès son accostement sur les rives Keralaises.

St Grégoire, Patriache de Jérusalem,Consécrateur de St K

Les communautés les plus attachées à l'indépendance et à la liberté de l'Église du Kerala souhaitent la restauration de la succession apostolique, c'est à dire espèrent la consécration d'un évêque indien dans la succession des Apôtres. Elles se tournent vers d'autres Églises soeurs pour leur demander de l'aide,

 une nouvelle fois(après plus de mille ans d'intervalle) 

 le Patriarche d'Antioche répond présent.

essanjoor

Il délègue l'archevêque métropolitain de Jérusalem Mar Gregorios (Devenu St Grégoire de Jérusalem) qui voyage aux Indes en 1665 et consacre tout d'abord un premier Métropolite: Mar Koorlose BAVA, puis  un Métropolite pour l'Eglise Malankare en imposant les mains à l'Archidiacre qu'avaient élu ses pairs lors du Serment de la Croix de Conan sous le nom de Marthomas 1er .

Les Temps Modernes

En 1795 les anglais s'emparent du Malabar (Kerala)Une autre occupation commence, celle de l'empire britannique. En 1806 le marquis de Welleysley, gouverneur général des Indes pour la couronne d'Angleterre envoie le Révérend Claudius Buchanan, prêtre anglican, effectuer des recherches sur l'Eglise des chrétiens de Saint Thomas.

Les missionnaires anglicans prétendent venir en aide à l'Eglise indienne, ils permettent l'ouverture d'un séminaire dans la ville de Kottayam en 1815,mais leurs efforts ne sont pas "désintéressés", ils tentent d'imposer la théologie anglicane (protestante) aux séminaristes indiens et, de ce fait collaborent à diviser notre chère Chrétienté Orthodoxe des indes en plusieurs factions..

Vers la fin du XIXème siècle l'Eglise des chrétiens de Saint Thomas se partage en plusieurs obédiences:

 Primat


3)L'Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne (ou, selon la traduction Allemande: "Antiochienne Syriaque Orthodoxe") dont le siège du métropolite et primat est dans le Leinatal (Allemagne), qui est responsable des fidèles de différentes langues, nations et ethnies européennes.

 

Rappelons ce que nous énoncions au début de notre propos:

Église Orthodoxe Orientale, notre Église Syriaque Orthodoxe Antiochienne,  comme notre "Eglise- mère" Syrienne Orthodoxe du Malankare (Catholicosat de l'Est) ainsi que d'autres "Eglises locales" et filles elles-même de l'Antique "Eglise Mère" d'Antioche doit être distinguée de l'Eglise- mère et patriarcale Syriaque- Orthodoxe ( Patriarcat d'Antioche et de Tout l'Orient ) qui, par un accords entre leurs Sainteté Jean-Paul II et Ignace Zacka 1er Iwas, résolut la fracture qui divisait nos Traditions sur un malentendu théologique.

 

Sur la  demande de nombreux fidèles en Europe, en Août 2007, un nouvel archidiocèse de l'Europe a été établi et confirmé par le Saint Synode de l'Eglise Syrienne Orthodoxe Malankare de l'Inde. 

 

Pour la direction  pastorale de cette Juridiction ecclésiale Son Éminence Mor Severius Moïse fut consacré par décision du même Synode Indien le 21 Novembre 2007, comme Métropolite avec un statut d'autonomie. 

 

En Février 2009, la Métropolie (l'Archidiocèse) été élevée par le même Saint-Synode au statut d'Eglise autocéphale   et son Métropolite (Archevêque) nommé comme le premier Primat de cette Eglise (voir le document) . 

 

Le 28 Avril 2010, par décision du propre Saint Synode de l'Eglise qui était , dès lors autocéphale, le nom de l'église devint : «Eglise Syriaque Orthodoxe Antiochienne» (voir le document) . 

 

En raison de ces  décisions synodales successives, l'Eglise était désormais canoniquement érigée, et cela,  conformément aux règles de la Tradition Apostolique. Elle appartient, de ce fait, à la famille des l'Eglises orthodoxes orientales, qui comptent dans le monde plus de 90 millions de fidèles. 

 

Ainsi, l'Eglise orthodoxe syrienne de malankare en Inde demeure  l'Eglise- mère de cette nouvelle, de cette jeune Juridiction . 

 

L'Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne (Ou, en traduction Allemande "Antiochienne Syriaque Orthodoxe") possède son propre Synode indépendant, lequel est présidée par le métropolite et primat Mor Severius Moïse. Elle suit la doctrine apostolique et ses règles. Elle préserve et défend la seule vraie foi orthodoxe  telle que le Seigneur Jésus Christ l'a confié à Ses saints apôtres. 

 

Voici ce que nous lisons de nous dans "Wikipedia":Métropolite consacré par l'Église malankare orthodoxe "Mor Severiuus Mushe Görgün , fatigué des affrontements interminables qui opposent entre elles les diverses juridictions ecclésiastiques de Syrie et des Indes, a voulu que cette juridiction européenne soit au dessus de ces conflits et des injustices qu'elles induisent, notamment à l'occasion de mariages mixtes inter-juridictionnels ou inter-ethniques."

 

     cross[1]     

                 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 10:23

 

Sa-Saintete-Ignace-Aphrem-II---Patriarche-d-Antioche-et-de.jpg

Photo (de gauche à droite:)Sa Sainteté Ignace Aphrem II, Patriarche d'Antioche et de tout l''Orient sur le trône apostolique de Saint-Pierre - Primat de l'Église Syriaque-Orthodoxe universelle . Sa Sainteté Baselios Marthoma Paulose II, Catholicos de l'Est et Metropolite Malankare sur le trône apostolique de saint Thomas - Primat de l'Église Orthodoxe Malankare des Indes. Sa Béatitude Baselios Thomas I - Catholicos et Maphriyan-Metropolite fiduciaire de l'Église Syriaque Orthodoxe en Inde.

Chers amis Aloho mbarekh


A mon retour d'Afrique tombait cette excellente nouvelle:


Le patriarche d'Antioche et de Tout l'Orient: Sa Sainteté  Ignace Aphrem II, Primat de l'Eglise syriaque orthodoxe universelle a appelé à un dialogue constructif avec l'Eglise Indienne orthodoxe malankare (Notre Eglise-mère), présidée par   Sa Sainteté Baselios Marthoma Paulose II, Catholicos de l'Est et Métropolite Malankar sur le trône apostolique de saint Thomas, Primat de l'Église orthodoxe malankare indienne


Le patriarche a fait, semble-t-il,  passer cette volonté de dialogue avec notre Eglise-mère par le siège de l'Église syriaque orthodoxe et le Saint Synode de l'Eglise syriaque orthodoxe des Indes qui est sous la présidence de Sa Béatitude Baselios Thomas I - Catholicos Maphrian-Métropolite fiduciaire aux Indes du Siège de Saint Pierre d'Antioche.

Il s'agit de discuter de plusieurs questions internes de l'église.


L'Eglise orthodoxe indienne avait répondu positivement à un appel précédent de dialogue par l'Eglise syriaque orthodoxe du Patriarcat. 


En outre, Sa Sainteté Tawadros II - Pape Copte-Orthodoxe et Patriarche d'Alexandrie, lors d'une réunion avec le P. Dr KM George (l'envoyé spécial de Sa Sainteté Baselios Paulose II, notre Catholicos),  avait exprimé son dévouement comme médiateur pour recouvrer un consensus  et restaurer l’ unité entre l'Eglise  Syriaque d’Antioche et les orthodoxes indiens .


Le chancelier de l’OCP, au cours du mois de mai 2014, avait également exhorté à une rencontre entre le Patriarche d'Antioche et Catholicos de l'Est.


Notre Primat : Son Eminence Severius Mose, avait lui aussi, comme moi-même, exprimé cet espoir lors des vœux au Patriarche nouvellement élu sur le Siège de Saint Pierre à Antioche.


Voici ce que j'exprimais par l'intermédiaire du Pr Sinu John au nouveau Patriarche: «Notre Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne en France et au Cameroun assure  le nouveau Patriarche de l'Eglise d'Antioche et de Tout l'Orient de ses ferventes prières pour que son ministère soit lumineux et fort, qu’il collabore à une plus grande et transparente unanimité du Témoignage Chrétien et Missionnaire de toutes les Eglises locales de Tradition Syriaque."


L'appel lancé par Sa Sainteté Ignace Aphrem II pour la paix et l'unité est considérée comme un pas très positif et plein d'espoir pour mettre fin à l'ancien différent  entre notre Eglise-mère Orthodoxe Malankare des Indes  et l'Eglise Syriaque Orthodoxe d' Antioche et de Tout l'Orient. 


Les experts panorthodoxes espèrent également une prochaine  rencontre avec le Patriarche Ignace Aphrem II et le Catholicos Baselios Marthoma Paulose II .

Nous nous réjouissons grandement de cette bonne nouvelle !

 

En notre Monastère qui -Rappelons-le- est un  Centre de Prière pour l'unité des Eglises Apostoliques, l'unité des Chrétiens et la paix dans le monde, nous prions de tout notre cœur pour une meilleur unanimité et manifestation de l’unique et même Tradition Syriaque qui unit les deux Eglises...Nous prions pour l’unanimité du Témoignage Chrétien de toutes les Eglises filles de l’Antique Eglise d’Antioche.

 

Je ne puis que vous inviter à joindre votre prière à celle des moines, moniales et de vos frères chrétiens qui soupirent après cette unanimité du Témoignage afin que l'Eglise soit toujours plus missionnaire.

Votre fidèlement en Notre-Seigneur. 

 

+Mor Philipose-Mariam


Pentecostes

Prière à Marie pour l'Unité de l'Eglise:

 

Très Sainte Vierge Marie,

 

Mère de ceux qui ont été rachetés par le Sang Précieux de votre divin Fils,

Mère de l’Eglise , Mère toute miséricordieuse,nous recourrons à votre  intercession maternelle:

 

Vous accompagniez la prière des Saints Apôtres au Cénacle,

et vous avez disposé leurs âmes à recevoir les lumières, la force et la plénitude des dons du Divin Paraclet ;

 

Intercédez et agissez aujourd’hui encore pour obtenir à nos évêques toutes les grâces de clairvoyance et de discernement qui devront éclairer et guider leur choix pastoraux ;

 

Intercédez  pour qu’en un nouveau Cénacle et l'unanimité des coeurs,

affranchis de toute considération humaine et de tout "orgueil de communauté",

uniquement préoccupés de la Gloire de Dieu,des intérêts spirituels de l’Eglise que le Christ Tête voulut une et indivise , mu par la recherche constante du bien de nos âmes , ils soient pleinement ouverts aux lumières du Saint-Esprit ;

 

Intercédez afin que, dans une parfaite docilité aux inspirations de la grâce,

ils soient tous et chacun à l'unisson du Bon Pasteur qui est "venu pour servir et non point être servi" :

Qu'ils fassent paître agneaux et brebis en toute sécurité,hors d'atteinte des loups rapaces,dans les pâturages de la saine doctrine évangélique,préservant le troupeau de tout ferment d’erreur et d’hérésie ;

 

Intercédez  pour nos Patriaches, Catholicos, Métropolites et Evêques 

obtenez-leurs toutes les grâces nécessaires pour marcher sur les traces des Saints Apôtres, des Saints Pontifes et des Saints Pères qui "ont conservé l'intégrité  de la Foi Apostolique et nous l'ont transmise".

 

Sainte Marie, Mère de Dieu et notre Mère toute miséricordieuse,

priez pour l’Eglise dont vous êtes la Mère et le modèle en son achèvement,

priez pour nos Pasteurs,

priez pour l'unité du Peuple de Dieu!

 

 

Amîn!

Le Catholicose et le Pape de Rome 2

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 05:15

COMMENT TROUVER SA VOIE ...


sofronios.jpg

 

Le monde ne connaît rien de plus grand que la vocation de chrétien. Mais plus le but est élevé, plus sa réalisation est difficile.

Après la chute, l’homme est devenu un champ de bataille entre Dieu et l’ennemi.

Le désespoir est la perte de la conscience que Dieu veut nous donner la vie éternelle. Le monde vit dans le désespoir. Les hommes se sont condamnés à mort eux‑mêmes. Il faut lutter corps‑à‑corps avec l’acédie.

La vie du monde s’organise autour de certaines passions humaines, et la vie spirituelle se retrouve en marge. Nous devons renverser cet état des choses, mettre la vie spirituelle au cœur de notre vie.

Comment pouvons‑nous trouver notre voie? Selon l’Evangile, le Christ est notre voie.

L’important c’est la conscience que le Christ est Dieu. Celui qui L’aime sera éternellement près de Lui, là où Il est.

De même que le Christ, à Gethsémani et au Golgotha, vivait en permanence dans la pensée du Père, nous devons vivre à chaque instant dans la pensée de Dieu, mais par le Christ plutôt que par le Père. Car c’est par le Fils que nous arrivons au Père. Dans la pratique, la vie devient christocentrique.

Le Christ a dit: « Je suis le chemin. » S’Il est la voie, nous devons Le suivre non pas extérieurement, mais intérieurement. Et nous souvenir qu’au Golgotha et à Gethsémani, Il luttait contre tous. Seul.

Il n’y a pas de différence entre les commandements du Christ et la vie de Dieu Lui‑même.

En demeurant dans ses commandements, nous devenons organiquement pareils au Christ.

Demeurez dans la prière, demeurez dans l’effort, passez une journée sans péché. Tout le reste sera donné par Dieu Lui‑même.

Nous devons être extrêmement sensibles aux besoins des autres. Alors, nous serons un et la bénédiction de Dieu sera toujours avec nous. Abondante.

(Archimandrite Sophrony,

De vie et de l’Esprit)

descente enfers

Au Monastère Syriaque de la Bse Vierge Marie, Mère de Miséricorde.

 
NOUS VOUS PROPOSONS UNE RETRAITE SPIRITUELLE* DANS

 

UN LIEU DE QUIETUDE ET DE PRIERES POUR L'UNITE CHRETIENNE.

Dans la simplicité, au rythme de la vie d'un Monastère Orthodoxe de Rite Syriaque Francophone qui vous apporte la garantie et l'expérience d'un Eglise enracinée dans la Tradition reçue des Apôtres par: 

*La célébration simple et digne de l'Antique Liturgie d'Antioche-Jérusalem, dite "Mère de toutes les Liturgies",

 


*Le soutien d'une écoute fraternelle de la part des prêtres,de moines ou de frères et soeurs laïques engagés,

 


*Une prise en charge dans la prière Monastique.

 


      Nota Bene:

  Les services que proposent les religieux de notre métropolie Syro-Francophone,que ce soit pour les actes liturgiques:

 

Sacrements,bénédictions, exorcismes, et même les frais de séjours, sont toujours désintéressés (Offrande libres et non obligatoires) étant destinés au "Denier du Culte" afin que le clergé puisse vivre.

 

 

MONASTERE SYRIAQUE NOTRE-DAME DE MISERICORDE,


61300 CHANDAI-BREVILLY.Tel:02.33.24.79.58.

 

Courriel:asstradsyrfr@laposte.net 


*Retraite prêchée une semaine avant chaque Solennité(Noël,


Pâque, Pentecôte...)


*Retraite Libre ou silencieuse toute l'année.

 

20428794

 

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:31

UNE MORALE SANS DIEU ?(Source:"Sagesse Orthodoxe")

Exaspération

Certains de nos contemporains consacrent leur énergie à éradiquer dans la société civile et dans la culture toute référence à la religion et à une divinité elle-même. Le christianisme est particulièrement visé, parce qu’une bonne partie de la civilisation universelle s’en réclame et, également, en raison des fautes historiques commises par des chrétiens. Un récent numéro de la revue Philosophie (n°78, avril 2014) exprime l’exaspération de certains à l’égard de toute contrainte venue du monde religieux et fondée sur la référence à un dieu ou à Dieu, ou, à plus forte raison, à une institution religieuse. Il est aussi facile de montrer les abus de pouvoir des groupements religieux que les abus auxquels la science et la technologie peuvent, mal employées, aboutir.

A = A

C’est le principe même d’une référence au divin pour mener une existence humaine qui est nié. On peut ainsi lire l’affirmation selon laquelle, Dieu n’existant pas, dieu et la religion étant des inventions au service d’un pouvoir, tout est permis (paraphrasant ainsi le « Si Dieu n’existe pas… » de Dostoïevsky). On peut lire également, comme l’affirmaient les Encyclopédistes du 18ème siècle, qu’il n’est besoin ni de dieu ni de religion pour fonder une ou la morale. Celle-ci repose sur des références humaines autonomes et non sur un quelconque « Dieu a dit ». « Ni dieu ni maître… » L’homme se suffit à lui-même : tautologie…

Le bien et le mal

Si nous avons bien compris le comportement divin, tel que la Tradition et la sainte Écriture nous le révèlent, il semble bien que le Seigneur a pour projet, non d’asservir sa créature, mais de l’affranchir ; non de réunir des esclaves, mais d’engendrer des fils ; non d’enfermer les hommes dans des obligations extérieures, mais de leur offrir la voie de la déification, une autonomie en Dieu : Il s’est fait Homme pour cela, disent les Pères. Pour cette raison, la morale n’a aucun intérêt en elle-même. Un bien déconnecté du projet de déification de l’homme n’est pas un bien. Le bien est ce qui approche de Dieu et met la personne humaine en communionavec lui ; et on appelle « mal », ce qui sépare de lui, et nuit à l’évolution fondamentale de l’homme à l’image de Dieu.

Amoralisme

Le comportement, la morale, l’éthique, sous les diverses acceptions que l’on peut leur trouver, découlent librement de la relation avec Dieu. Si j’aime Dieu, si je me crois fermement aimé de lui, je vais agir de façon à entretenir et développer cette relation et cette communion d’amour. L’amour de et pour la personne divine de Jésus modifie et transfigure toute notre vie. Ce qui intéresse le chrétien, ce n’est pas la morale : ce qui l’intéresse, c’est Dieu ! – plutôt Dieu sans morale que la morale sans Dieu – qui n’est qu’un moralisme… Saint Paul enseigne la liberté totale des enfants de Dieu : « J’ai toute liberté, mais tout n’édifie pas » (1 Co. 6, 12 ; 10, 23). Il donne ainsi le critère. Une mauvaise traduction serait « tout m’est permis », car on est bien au-delà de la structure de l’interdit. « J’ai toute liberté » exprime l’autonomie dans l’Esprit saint, la créativité de la personne en communion avec le Père dans le domaine des valeurs, des idées et des comportements. La personne, plus elle progresse à l’image du Christ, devient le foyer de tout bien, de toute grâce et de tout bienfait, dont la source première et unique est le Père.

Libération

Une bonne nouvelle est également que nous puissions nous tourner vers Dieu de façon désintéressée, sans besoin, sans nécessité, par pure gratuité de l’amour. Le projet est que nous n’ayons plus besoin de lui – à plus forte raison pas besoin d’un « père fouettard » – pour être des hommes ; Il n’a pas besoin de nous pour être Dieu. Ce n’est pas le besoin qui permet l’humanisation : c’est le fait que le Christ a « donné la vie à ceux qui sont dans les tombeaux » ; Il s’est fait notre vie ; et plus nous vivons de sa vie, plus nos pensées, nos paroles et nos actes deviennent des réalités divino humaines. La conséquence de l’humanisation de Dieu c’est – on l’appelle divinisation – l’humanisation de l’homme. C’est également la libération : l’homme libéré de toute servitude (celle du péché et des passions égoïstes, comme celle des sous-produits de la religion), et Dieu libéré du statut de fournisseur, de prestataire de services (Dieu « vache à lait »). Le mystère de l’Ascension du Christ place l’humanité à la droite du Père, à égalité dans l’amour. Plus de « besoin », moral ou autre : « ce qui est à toi est à moi ; ce qui est à moi est à toi » (cf. Jn 16, 15 ; 17, 10). La vision chrétienne de l’homme, du monde et de Dieu, si méconnue, cultive par l’Esprit un dynamisme prophétique.

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:29

ESTIMATION CHRÉTIENNE DU DROIT (SOURCE:"SAGESSE ORTHODOXE")

La loi morale de l’Évangile

La loi de la morale chrétienne est un appel absolument incompatible avec toute espèce de contrainte et de référence au pouvoir. Elle est la loi de la liberté et de l’amour (Jacques 1, 25). Son accomplissement et les obligations qu’elle impose sont les fruits de la grâce. Celui qui l’accepte sait que la loi du Christ est celle de la vie et que sa violation est le chemin de la mort.

L’Église, le monde et le droit

Dans le monde, outre les données morales, il y a aussi celles du Droit. L’Évangile ne les réfute nulle part, il ne nie pas le Droit. Et le Seigneur a dit : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt. 22, 21). Le Droit régit la société humaine ; les fils du Royaume s’y soumettent dans la mesure où il ne s’oppose pas à la loi de l’Évangile.

Droit et conscience chrétienne

Le christianisme ne nie pas l’existence d’organismes fondés sur des principes juridiques. Le plus important de ces organismes est l’État – et les différents organes qu’il comporte. Du point de vue chrétien, le Droit n’est ni un bien ni un mal ; il est neutre, c’est-à-dire qu’il peut devenir un bien ou un mal, soit dans la forme qu’il revêt, soit dans son fond même. […]

Le droit reflète la conscience morale et même religieuse de l’homme et l’état de la Société. C’est pourquoi le chrétien doit porter un jugement sur son contenu même.

La personne humaine

C’est le christianisme qui a apporté au monde l’idée de la valeur absolue de la personne humaine et de la nécessité de sa libre aspiration vers Dieu. En droit, après un long processus qui devait vaincre les notions païennes, cette idée fut exprimée sous forme de reconnaissance du droit de la personne à la sauvegarde de sa vie et de sa liberté.

Les lois qui y contribuent méritent l’approbation des chrétiens car elles aident les hommes à acquérir une pleine conscience des droits de la personne. […]

Malgré sa valeur positive, le droit ne saurait suffire du point de vue chrétien. Les droits de l’individu doivent être liés au service du prochain, y contribuer pédagogiquement. C’est ainsi justement que saint Jean Chrysostome comprend et apprécie le droit à la propriété et la possession des richesses […].

(Catéchisme orthodoxe, A. Semenoff-Tian-Chansky, Paris, 1999)

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 06:22
Ce texte a fait l’objet d’une première publication dans la revue Catholica, n. 77, automne 2003, p. 78-95, et sur le Forum Catholique le 6 juin 2006 par Philarète.Source:"Introibo"

Dire que la question de l’offertoire a été une des plus controversées dans la récente réforme liturgique latine est presque banal. L’affaire est bien connue : les réformateurs de 1969 reprochaient à l’offertoire romain son caractère de « doublet » - ou son caractère propitiatoire, on ne sait trop, en tout cas son existence comme « doublet » des prières sacrificielles du canon. Parmi tant de références possibles, mentionnons les mémoires de Mgr Bugnini, secrétaire et éminence grise du Consilium, l’organe chargé de la concrétisation de la réforme liturgique [1]. Jungmann, membre de ce conseil, sur lequel sa figure planait telle celle d’un patriarche, reprochait aussi à cet offertoire de faire « double emploi » avec le canon [2]. On pourrait encore citer le père Roguet, qui, dans l’édition de 1951 de La Messe, consacre une section au « problème de l’offertoire » (sic) [3]. Le R.P. Cabié, soucieux de l’orthodoxie des rites, y voit des « théologies douteuses » (sic) [4]. En fait, il suffit de prendre pratiquement n’importe quel numéro de La Maison-Dieu [5] des années 1950 ou 1960 pour se faire une religion.

Que l’offertoire ait disparu dans le rite de 1969 n’est pas douteux. On n’aperçoit pas, sinon, pourquoi les néo-liturges auraient crié victoire. Or, pour se limiter à cet exemple, la « Note sur le problème de l’offertoire » du père Roguet disparaît purement et simplement dans l’édition de 1971 [6].

Si ce point a fait couler des fleuves d’encre, il est un aspect sous lequel il a rarement été abordé de façon systématique : celui de la liturgie comparée. Lorsque cette ligne d’analyse a été adoptée, le parallèle a été généralement fait avec les rits latins non romains. Au mieux, la comparaison presque inévitable a été celle établie avec la grande entrée et la prothèse byzantines [7].

Pour pertinente qu’elle soit, cette approche nous semble insuffisante. Elle réduit en effet l’Orient à Byzance et ignore largement le rôle des deux sièges apostoliques d’Orient : Alexandrie et Antioche. Pas même une métropole, la cité du Basileus n’était à l’origine qu’une éparchie (évêché) [8]. En conséquence, il ne semble pas mauvais de rappeler que la liturgie de la « Grande Eglise » est un rit second, dérivé de celui d’Antioche après des emprunts aux liturgies d’Asie Mineure (aujourd’hui éteintes) et de Jérusalem. Que ce soit sur le plan ecclésial ou liturgique, ce bref rappel ramène sans doute à de plus justes proportions l’intérêt de la comparaison entre le rit de Rome et celui de Byzance.

Il nous a paru plus fructueux de comparer le rite nouveau à l’ensemble des liturgies non latines, en accordant une importance architectonique à celles d’Alexandrie (siège de saint Marc) et d’Antioche (premier siège de saint Pierre) [9]. L’apostolicité étant une des marques de l’Eglise, on aperçoit l’importance de cette approche. Qui plus est, toutes les liturgies d’Orient dérivent de celles de ces deux sièges apostoliques : du rit copte (alexandrin) dérive celui d’Ethiopie ; du rit syriaque (antiochien) proviennent tous les autres rits orientaux, de façon directe ou indirecte [10]. En nous limitant à Antioche et Alexandrie, nous espérons prendre la question à la racine. Des études ultérieures permettront d’étendre la comparaison aux dimensions universelles contenues ici in germine. Il importe en effet de saisir la conformité d’un rit donné avec l’ensemble des autres, afin de s’assurer du respect du quod semper quod ubique quod ab omnibus. La liturgie étant une icône de la foi, l’usage de la célèbre formule de saint Vincent de Lérins dans le domaine du culte ne semble pas illégitime.

Il revient à l’abbé Franck Quoëx le mérite d’avoir appelé à une telle ligne d’analyse systématique pour ce qui est de la question de l’offertoire. Au colloque du CIEL de 1999, il appelait de ses vœux une « étude comparée de ces diverses liturgies - étude qui est encore à entreprendre » et serait « d’une grande utilité pour une meilleure intelligence de la théologie de l’offertoire » [11]. La méthode pourrait évidemment être étendue à d’autres parties de la messe mais nous espérons que cette modeste étude apportera un début de réponse à ce juste souhait [12].

Cette approche semble d’autant plus prometteuse que, dans le débat sur la réforme, les comparaisons avec les liturgies orientales n’ont pas manqué pour justifier tantôt l’aggiornamento, tantôt son rejet. Ainsi, les auteurs du Bref Examen critique consacraient une page à ce qu’ils estimaient être une opposition entre les rits orientaux et celui qui venait de naître. Ils donnaient ensuite en note des éléments de confirmation pour le rit byzantin. Dans l’autre sens, il suffit d’ouvrir un numéro de La Maison-Dieu de cette époque pour y trouver des légitimations de la réforme sur la base des rits orientaux. Ou encore, dom Oury, tentant de justifier la prière eucharistique n. II, souligne que « la liturgie éthiopienne s’en sert toujours » [13]. Quant à la IVe prière eucharistique, « c’est la tradition orientale qui se rend familière à l’Eglise latine ; elle doit beaucoup en effet aux anaphores de la liturgie antiochienne » [14]. De façon générale, poursuit le bénédictin, « avant de rien affirmer en matière de liturgie, il est de bonne méthode de consulter la pratique des Eglises qui ont une foi intègre en l’eucharistie et n’ont jamais subi l’influence de la Réforme protestante ». Dom Oury vise évidemment les « Eglises d’Orient, dont la foi en l’eucharistie est entière » [15]. C’est avec plaisir que nous relevons cette invitation.

Liturgie alexandrine : une messe sans offertoire ?

La liturgie alexandrine catholique ne comporte pas d’offertoire. A aucun moment entre la fin de l’Evangile et le début de l’anaphore on ne trouve de procession des dons, ni le célébrant ne présente à Dieu la matière du sacrifice. Une telle caractéristique dans la liturgie d’un siège apostolique ne peut manquer de frapper. Est-ce à dire que l’offertoire est un élément non essentiel de la célébration eucharistique [16] ? Les néo-liturges semblent confortés dans la volonté qu’ils avaient eue un moment de supprimer carrément les prières d’offertoire [17].

A vrai dire, lorsque l’on considère la question de l’offertoire dans les liturgies orientales, il faut aussi examiner ce qu’on appelle la prothèse, ou proscomidie. Il s’agit d’une préparation des dons, effectuée par le prêtre et le diacre au début de la divine liturgie [18]. Dom Parsch, peu partisan de l’offertoire romain, le met pourtant en parallèle avec les prothèses orientales [19]. De même Jungmann : « Comme la liturgie romaine a son offertoire avec la prière conclusive super oblata, ainsi d’autres liturgies ont leur prothèse (...) largement développée » [20]. Voyons ce qu’il en est dans le rit alexandrin. Nous nous proposons de décrire d’abord les rits dans leurs différentes parties, pour les commenter ensuite [21]. Notons déjà que, à l’instar du missel romain de 1969, le rit copte possède, à défaut d’offertoire, une préparation des dons. Cette analogie structurelle entre les deux liturgies devrait permettre de dégager des lignes de convergence.

Après être monté à l’autel et avoir procédé à un lavabo, le célébrant prend l’hostie, la couche dans sa paume, l’élève à la hauteur du menton et prie :

« Seigneur, rendez notre sacrifice agréable à vos yeux et daignez l’agréer comme satisfaction pour nos péchés et pour les négligences de votre peuple, afin qu’il soit sanctifié par les dons du Saint-Esprit, en Jésus-Christ Notre Seigneur, par qui vous revient tout honneur, toute gloire, louange et adoration, avec lui et le Saint-Esprit, le vivificateur consubstantiel, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

Le prêtre re dépose l’hostie pour l’emballer, l’élève à hauteur des yeux et, accompagné des diacres et servants, fait une procession autour de l’autel en chantant :

« Souvenez-vous, Seigneur, de ceux qui ont offert ces dons et de ceux pour qui nous vous les offrons. Donnez-leur la récompense éternelle. »

Après une louange à la Sainte Trinité [22], il remonte à l’autel et dépose l’hostie.

Il verse dans le calice le vin et quelques gouttes d’eau puis élève le vase sacré et prononce exactement la même prière que celle de l’offrande du pain. Il recouvre ensuite le calice et salue encore le peuple.

Après deux prières d’action de grâce et une nouvelle salutation/bénédiction du peuple, se déroule à voix basse une invocation inattendue :

« Seigneur Dieu (...), vous êtes le pain de vie descendu du Ciel (...) ; jetez les yeux sur ce pain et ce vin qui se trouvent sur votre autel sacerdotal ; bénissez-les, purifiez-les et transformez-les, afin que ce pain devienne votre saint corps et le contenu de ce calice votre précieux sang, et que l’un et l’autre tournent ainsi [23] à la résurrection, à la guérison et au salut de notre corps et de notre âme (...) ».

Ce disant, il baise l’autel.

Au terme de cette succincte description, nous voudrions cogere et efficere, tirer une conclusion de ce qui précède. Il est évident que l’absence d’offertoire dans la liturgie copte est à considérer en relation avec la présence de ces prières de prothèse. La prière sacerdotale d’offrande contient bien des éléments propres à une anaphore : l’évocation d’un sacrifice, l’affirmation de sa valeur propitiatoire et la demande à Dieu de l’agréer. La différence est même clairement faite entre sacerdoce ministériel du prêtre et sacerdoce commun des fidèles. Le fait que cette prière soit répétée telle quelle pour l’offrande du vin ne fait évidemment que renforcer les affirmations qu’elle contient. Nous avons ici un « doublet dans le doublet ». En fait, l’itération est un procédé pédagogique dont l’utilité a curieusement échappé à ceux qui prônaient la valeur didactique de la liturgie. Elle a pour effet évident de mieux faire pénétrer la chose signifiée [24]. On découvre ainsi a contrario un des résultats, sinon des buts, de la suppression de l’offertoire dans la liturgie d’Occident.

La prière de la procession insiste sur les effets du sacrifice. Elle constitue ce que dans la liturgie d’Occident on appellerait un Memento : « Souvenez-vous, Seigneur (...) ». Et les dons sont offerts pour certaines personnes. Ici encore, il y a évocation du sacrifice : une simple « présentation des dons » n’appelle pas d’offrande pour quelqu’un. On retrouve presque mot pour mot le « pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt » du canon romain. Ainsi, cette présentation copte des dons est d’une autre nature que celle du rit paulien. L’une préfigure déjà le sacrifice rédempteur, l’autre se limite à être une nuda præsentatio, sans aucune vision de la finalité des dons. Remarquons enfin que les Memento accompagnent toujours le sacrifice, dans toutes les liturgies. Le célébrant rappelle à Dieu certains fidèles et le supplie de leur appliquer les mérites du sacrifice.

La surprise des contempteurs des prolepses et « doublets » doit atteindre son comble à la vue de l’épiclèse à Dieu le Fils. Comment le prêtre peut-il donner à ce point dans la « surenchère consécratoire » alors que les lectures n’ont même pas encore commencé ? La constatation devrait conduire les partisans de la cartésianisation liturgique à revoir leur mode de procéder hypothético-déductiviste pour laisser les faits les instruire par induction : par la place de cette épiclèse dans la liturgie d’un siège apostolique apparaît l’importance et la force de l’anticipation du sacrifice dans la liturgie. Les Coptes donnent d’ailleurs à ce formulaire le nom de « prière eucharistique ». Le fait se passe de commentaire.

A vrai dire, le début de la divine liturgie copte, que nous avions traité par prétérition, est très parlant à cet égard. Après s’être signé et avoir récité les prières de préparation correspondant aux prières au bas de l’autel, le prêtre, s’inclinant profondément, récite l’oraison suivante :

« (...) Rendez-moi digne (...) de vous offrir ce sacrifice. Faites qu’il vous soit agréable. Acceptez-le comme satisfaction pour nos péchés et pour les négligences de votre peuple, afin qu’il soit sanctifié par les dons du Saint-Esprit, en Jésus-Christ Notre Seigneur, par qui vous revient tout honneur (...) ».

Pour se faire une idée de la situation, il faudrait se représenter un prêtre latin récitant cette prière juste après être monté à l’autel...

On est frappé de la triple occurrence du membre de phrase : « ce sacrifice que nous vous offrons comme satisfaction pour nos péchés et pour les négligences de votre peuple, afin qu’il soit sanctifié par les dons du Saint-Esprit, en Jésus-Christ Notre Seigneur ». Suivi de l’ample doxologie dont il s’accompagne, il rythme ce début de célébration et exprime puissamment l’essence du saint sacrifice. La triple répétition est sans doute une allusion à la Sainte Trinité mais on peut aussi y voir une nouvelle forme d’insistance puisque, dans la culture classique, la trilogie était la perfection de l’action. Or il faut garder à l’esprit qu’Alexandrie était une ville toute tournée vers la Méditerranée et très hellénisée. Nous voyons donc dans cette triple prière du début de la liturgie copte une affirmation solennelle de la finalité des saints mystères. En d’autres termes, dès le début du drame, « le décor est planté ».

L’absence d’offertoire et la présence, au contraire, d’une « préparation des dons » ne présente avec le missel de Paul VI que des analogies de forme extérieure. Imagine-t-on les néo-liturges acceptant les cérémonies que nous venons de décrire ?

Liturgie antiochienne : les sacrifices de Melchisédech et d’Aaron

Où se trouve l’offertoire syriaque ? La question est délicate puisqu’elle divise même les spécialistes [25]. Le P. Sélis le situe au même endroit que ses homologues latin, arménien, byzantin etc. mais on ne trouve à cet endroit ni procession ni présentation ni offrande des dons. Aurions-nous affaire à une autre liturgie sans offertoire ? Tâchons d’en juger : « L’anaphore commence par une prière de paix (...). Le célébrant se prosterne devant l’autel et récite une prière d’humilité (...). S’étant relevé, le célébrant relève le grand voile qui couvre les offrandes, l’agite trois fois au-dessus de celles-ci et récite une prière d’offertoire. Les éventails sont agités. Ces trois prières, doublées de trois gestes, correspondent à l’offertoire » [26]. On n’y trouve pourtant aucun texte exprimant l’offrande des saints dons. Toutefois, pendant la troisième oraison, justement dite « du voile », le prêtre qualifie le Christ de « roc dur qui se fendit » cependant que le diacre chante : « regardons cette sainte offrande qui est devant nous et qui s’offre, hostie vivante, à Dieu le Père par les mains du prêtre vénérable ». Etant donné ce que l’on sait du rapport entre les rubriques et les formulaires [27], on ne peut échapper au lien entre les saintes espèces et la mort du Christ, au moment de laquelle les rochers se fendirent. Comme, en outre, un des rôles du diacre est d’attirer l’attention du peuple sur l’action du prêtre, on voit qu’on tient ici une bonne partie de la théologie de la messe. Enfin, on aura remarqué que ce rite se trouve dans l’anaphore. A strictement parler, elle n’a pas encore commencé puisqu’on n’en est pas encore au Sursum corda mais le fait est précisément parlant, d’autant plus si on le met en relation avec l’usage du temps présent dans le formulaire du diacre.

Puisque, comme dans le cas du rit copte, l’offrande des dons ne se fait pas juste avant l’anaphore, nous voudrions remonter dans le cours de la cérémonie pour examiner l’endroit où a lieu cette cérémonie mais aussi pour voir jusqu’où va « l’anticipation du sacrifice ». Après l’évangile, le chœur chante une hymne, variable suivant les fêtes. Une des plus courantes est la suivante : « (...) Voici dressée la table de vie sur laquelle seront posés le pain de vie et le calice rempli du sang qui jaillit de la poitrine du Seigneur pour la rémission des péchés ». Ainsi est donné le signal de la fin de la liturgie des catéchumènes. Celle des fidèles commence par l’introït.

« Cette prière comprend trois parties : le prœmium (...), la prière propitiatoire et le corps de l’introït » [28]. Vu leur longueur, nous en donnerons des extraits. Prœmium :

« Au pain de vie issu de Marie (...), qui fut cloué sur le bois de la Croix pour notre rédemption (...), sont dus louanges, honneurs, puissance, en ce moment où se célèbre cette eucharistie (...) »

Ici encore, il est sans doute inutile d’épiloguer sur le caractère présent du sacrifice eucharistique, où le « pain issu de Marie » est identifié au Rédempteur sur la Croix. Pendant que le prêtre remplit l’encensoir, le ministre dit :

« Devant le Dieu miséricordieux, devant son autel purificateur, devant ces célestes et divins mystères, de l’encens est versé par les mains du prêtre ».

L’encens possède une symbolique très riche, à laquelle le rit syriaque s’est beaucoup attaché. Entre autres choses, il exprime la sanctification d’une chose, la distinguant de ce qui est profane. Il symbolise aussi l’oblation puisque thus vient du grec thusia : le sacrifice. L’Ancien Testament dit souvent que l’odeur des sacrifices agréés par Dieu monte vers lui in odorem suavitatis. Cette idée est encore exprimée dans l’introït proprement dit, qui suit :

« Pain céleste, (...) en vous mangeant ont retrouvé la vie ceux qui étaient morts en mangeant du fruit défendu ; vin généreux nouvellement pressé sur le sommet du Golgotha, les nations et les peuples en ont bu et ont recouvré la vie (...) Vous vous êtes offert en sacrifice pour la rédemption du genre humain. A vous (...) nous recourons par le parfum de cet encens répandu devant votre majesté (...). Oui, acceptez le parfum de cet encens, Dieu miséricordieux (...) ».

Avant le début de l’anaphore, que nous avons examiné, le prêtre fait encore un lavabo, en disant : « Lavez, Seigneur, l’immonde impureté de mon âme (...), que je puisse vous offrir un sacrifice vivant qui plaise à votre divinité et soit une icône de votre glorieux sacrifice pour nous... » Puis, s’inclinant profondément, il récite à voix basse cette prière :

« Trinité Sainte, (...) agréez de mes mains pécheresses ce sacrifice que j’offre sur l’autel parlant supra-céleste. (...) Souvenez-vous favorablement de (...)tous les défunts qui se sont endormis dans votre espérance et surtout de tous les vivants et défunts pour qui est offert ce sacrifice. »

Placé avant l’anaphore, ce formulaire aurait peu de chances de plaire aux réformateurs de 1969. Pour parler en termes de liturgie latine, il unit un Suscipe Sancta Trinitas et un double Memento. On sait d’ailleurs, en ce qui concerne les défunts, que « l’Eglise a voulu que l’on priât pour eux chaque fois qu’on offrirait le saint sacrifice. (...) Saint Chrysostome et saint Augustin nous assurent que cet usage vient des apôtres » [29]. Il s’agit, comme pour les vivants, de leur appliquer les fruits du sacrifice. Celui-ci est donc nécessairement présent en quelque manière à ce stade de la cérémonie.

Puisque nous avons choisi d’examiner la messe antiochienne dans le sens anti-chronologique, voyons de quelle façon elle commence. Après avoir fait le signe de la croix et récité le psaume Miserere (Ps 50), le prêtre s’incline vers les fidèles et leur demande de prier pour lui : « Mes frères bien-aimés, priez pour moi pour l’amour de Dieu, afin que le Christ daigne accepter mon sacrifice. » Puis il monte à l’autel et fait le « sacrifice de Melchisédech », qui est souvent qualifié de « préparation des dons ». Il s’agit de la prothèse syriaque.

« Comme un agneau, commence le prêtre, il a été mené à l’abattoir... » (Is 53, 7). Ensuite, faisant un signe de croix sur la patène avec l’hostie, il poursuit : « Premier-né du Père, acceptez ce premier-né des mains de votre humble serviteur... » Il redépose l’hostie et verse le vin et un peu d’eau dans le calice en citant saint Jean : « Un des soldats lui perça le côté d’un coup de lance et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau, salut du monde entier » (Jn 19, 34, extrapolé). Baisant l’autel, il redescend les marches, se signe et prie les bras étendus : « Dieu pacifique, père des humbles et clément, vous qui êtes ami des hommes, rendez-nous dignes de vous offrir ce sacrifice... »

Après l’hymne Btare okh, Moran et deux autres prières, le célébrant va revêtir les ornements complets. A ce dernier détail on se rend compte qu’en dépit de son caractère public, la cérémonie de la prothèse ne fait pas pleinement partie de la messe mais en constitue plutôt l’antichambre.

Pourtant, ce rite est plein d’expressions sacrificielles qui sont à proprement parler du domaine de l’offertoire ou de l’anaphore. Pour ne prendre qu’un formulaire, le « Mes frères bien-aimés, priez pour moi... » est presque identique à l’Orate Fratres latin, dont on sait que les auteurs de la nouvelle liturgie ont voulu le supprimer. Situé immédiatement après l’offertoire romain, il était accusé des mêmes défauts [30]. Acceptant de justesse, sur l’insistance du pape, de conserver cette prière, les réformateurs décidèrent d’en dénaturer systématiquement les traductions [31]. Vaut ici le schéma que donne Mgr Bugnini à propos de la traduction des deux prières de « présentation » : « La phrase proposée demeura, étant entendu qu’on pouvait pallier à ces difficultés par les traductions » [32]. On appréciera l’euphémisme.

S’il était légitime de chercher à supprimer l’Orate Fratres, coupable d’exprimer le sacrifice trop tôt, à combien plus forte raison son homologue antiochien, qui se situe dans l’antichambre de la célébration. A moins qu’on ne soit fondé à examiner les choses dans l’autre sens. Ceci ne devrait-il pas conduire à une révision de la phobie anti-prolepse que l’on a vue à l’œuvre en 1965-1969 ? L’argument de l’apostolicité des rits et des sièges ne semble pas manquer de pertinence. Si les néo-liturges avaient eu pour l’Orient la vénération qu’ils professaient avoir et qu’ils eussent fait quelque cas de la Tradition apostolique, ils se seraient sans doute arrêtés à ce genre de réflexions.

Revêtu des ornements complets, le prêtre offre le « sacrifice d’Aaron ». Ce rite, qui constitue le début de la messe proprement dite, est souvent appelé « offertoire ». Après une prière de pénitence, le prêtre dit :

« Nous faisons mémoire de Notre Seigneur et Dieu, le Sauveur Jésus-Christ, et de toute son économie salvifique pour nous (...) Nous faisons mémoire de la présente eucharistie, d’Adam, d’Eve, de la sainte mère de Dieu, des prophètes, des apôtres (...). Nous faisons également mémoire (...) de tous les fidèles défunts (...) et de quiconque est en communion avec nous (...) et tout particulièrement de N., pour qui est offert aujourd’hui ce sacrifice ».

Cette longue prière n’est rien d’autre qu’une anamnèse suivie d’un Memento des morts et des vivants. Il est frappant de constater comme « la présente eucharistie » est mise en rapport avec toute l’économie du Salut [33]. L’anamnèse, dans toutes les liturgies, suit immédiatement la consécration. Elle exprime de façon on ne peut plus étroite le lien entre la messe et l’économie du Salut puisqu’elle fait « mémoire des mystères de Jésus-Christ en offrant le sacrifice » [34]. Quant aux Memento, nous en avons vu le lien avec le sacrifice rédempteur.

Le célébrant poursuit : « Dieu, vous qui vous êtes offert vous-même comme hostie/victime de sacrifice et à qui est offert ce sacrifice, recevez de mes mains pécheresses ces saints dons pour N. » Il dit cette invocation trois fois [35] et, après avoir recouvert les dons, procède au grand encensement.

La signification sacrificielle de l’encens est à nouveau soulignée par la liturgie antiochienne. Bénissant l’aromate, le célébrant le fait « à la louange et en l’honneur de la Sainte Trinité, à qui des parfums sont versés par mes mains pécheresses (...) en ce moment où nous offrons cette eucharistie ». Les trois encensements qui suivent ne sont pas en reste : « (...) Nous offrons devant vous cet encens à l’exemple du prêtre Aaron qui vous offrit un encens pur et écarta la morbidité du peuple d’Israël » et : « Nous vous en conjurons, Seigneur Dieu, agréez cet encens d’agréable odeur que vous offre notre débilité à cause de nos péchés... »

N’en déplaise aux adversaires des « répétitions inutiles », le caractère présent de l’eucharistie ne cesse d’être affirmé dans cette liturgie des catéchumènes. Sur le plan théologique, nous avons vu plus haut (note 22) que la fin ultime de la messe est le sacrifice de louange à la Sainte Trinité. La voici exprimée à travers la figure de l’encens, cependant qu’une fois de plus « ce moment où nous offrons cette eucharistie » est mis en rapport avec les sacrifices de l’Ancienne Alliance, préfigurant celui du Christ [36]. On comprend dès lors que l’encens soit bien plus qu’un parfum et que Dieu soit conjuré de l’agréer pour nos péchés.

Ces paroles ont une telle sonorité anaphorale que, quoiqu’on n’en soit pas encore à l’épître, on a peine à ne pas écrire : « la messe est dite ». Bien plus, on mesure ici la distance d’avec le nouveau rit d’Occident. Dom Oury et d’autres ont vanté le caractère supposément syriaque de la « prière eucharistique » n. IV. S’il s’agissait pour le deuxième siège de Pierre de montrer sa vénération pour le premier, pourquoi n’être pas allé chercher son inspiration dans les éléments que nous avons vus ?

* * *

A la lumière de l’examen des textes et rubriques, on aperçoit le lien très étroit qui existe dans les liturgies alexandrine, antiochienne et romaine entre la préparation et l’offrande des dons d’une part et la prière eucharistique d’autre part. Nous nous limitons à une perspective synchronique mais une étude historique de ces prières permettrait de mettre en lumière le caractère quasi génétique de ce lien. En tout cas, on ne peut s’interdire de poser quatre constatations :

- Les rits de ces trois sièges apostoliques se refusent à une nuda præsentatio des dons qui ne considérerait pas leur finalité sacrificielle.

- On cherche en vain une procession des fidèles, censée exprimer « de façon vivante » la participation du peuple.

- Ce bref examen critique nous fait voir que l’anticipation de l’idée d’oblation ne connaît d’autres limites que celles de la cérémonie elle-même. Encore se rencontre-t-elle jusque dans son « antichambre ». C’est dire la puissance de cette tendance. Elle est l’affirmation on ne peut plus claire de ce que toute la messe est un sacrifice [37].

- Par comparaison, le degré d’anticipation et d’expression du caractère propitiatoire contenu dans l’offertoire romain fait presque pâle figure. On se demande dès lors sur quoi reposent les arguments des réformateurs qui prétendaient à sa suppression.

Pour justifier son archéologisme, Mgr Bugnini est allé jusqu’à dire que cette réforme de l’offrande des dons était nécessaire afin de « ne pas (...) diminuer la valeur de la seule véritable offrande du Christ immolé, exprimée dans le canon » [38]. De la part du principal artisan de la messe définie par « l’article 7 », c’est un argument qui ne manque pas d’hypocrisie. On connaît d’ailleurs ce genre d’appels à ne pas banaliser l’holocauste.

Les deux liturgies apostoliques orientales auraient-elles, elles aussi, laissé « diminuer » de façon dramatique « la valeur de la seule véritable offrande du Christ » ? Auraient-elles donné depuis plus d’un millénaire droit de cité à des doublets d’une « théologie douteuse », mettant les fidèles en danger d’accomplir des actes d’idolâtrie ? Nous croyions que ce navrant accident n’était arrivé qu’au rit romain. Or voici que l’Esprit Saint a délaissé pendant plus de mille ans les trois sièges apostoliques d’Antioche, Alexandrie et Rome. Il ne reste sans doute plus qu’à s’attaquer à la réforme des rituels copte et syriaque.

Le concept de temps dans la messe

Le fait que l’évocation du sacrifice, de sa nature et de ses effets puisse être avancée jusqu’au tout début de la cérémonie peut s’expliquer à notre avis autrement que par l’affirmation suivant laquelle la liturgie ignore l’avant et l’après [39]. Nous croyons qu’une analyse plus conceptuelle fournit de meilleurs résultats.

Le sacrifice propitiatoire est ce qui constitue l’essence de la messe. Ce qui fait la dignité singulière des prières eucharistiques, c’est qu’elles en sont le lieu spécifique. Il n’y a rien de surprenant à ce que des parties secondaires d’un tout en annoncent ou en expriment la partie essentielle. Ce phénomène [40] repose sur la question de la relation entre les parties essentielles et les parties intégrantes [41]. La messe est appelée « le saint sacrifice » [42]. Cette appellation s’applique à toute la cérémonie, aussi bien aux prières au bas de l’autel ou au dernier évangile qu’au canon. Or, comme l’explique Aristote, dans une action complexe on donne souvent aux différentes parties le nom du tout, à cause précisément de leur ordination au tout et à la cause finale du tout [43]. Ainsi, on appellera « mariage » l’ensemble de la journée concernée parce que toutes ses parties tirent leur raison d’être de l’union matrimoniale réalisée dans l’échange des consentements. C’est en vertu de cette vision finaliste que, dans certaines langues, on parle dès le début de la journée du marié et de la mariée.

N’est-ce pas exactement ce que nous voyons ici [44] ? N’est-ce pas ce qui explique que l’évocation du sacrifice puisse se faire dès les prières de préparation ? On ne voit guère en effet pourquoi cette anticipation ne pourrait pas remonter au-delà de la place attribuée à l’offertoire romain.

Dès lors, il ne semble pas que la liturgie ignore l’avant et l’après. Cette position serait recevable si les rites de la messe exprimaient avant leur lieu propre divers éléments ne touchant pas à l’essence de cette même messe. On pourrait dire alors que la liturgie, exprimant n’importe laquelle de ses composantes à n’importe quel moment, n’accorde aucune considération au temps. Or, pour ne prendre que cet exemple, lorsque le prêtre copte, à la fin des prières de préparation, prie Dieu d’agréer le sacrifice pour les péchés du peuple, l’élément de la célébration qu’il exprime avant son lieu propre n’est pas un détail de l’action liturgique. Il fait déjà référence à un élément qui constitue l’essence de l’ensemble de l’action sacrée. D’autre part, on ne peut nier que l’action essentielle de la messe se déroule dans l’anaphore, c’est-à-dire qu’elle ait un lieu propre dans la cérémonie. Certes, l’ensemble de la messe en porte le nom et même, par participation, certains attributs mais cela n’enlève rien à l’existence de ce lieu (temps) propre. Il y a donc bien à notre avis anticipation mais elle ne doit évidemment pas s’entendre uniquement sur le plan « technique » de la ligne du temps de la cérémonie. Elle doit s’envisager radicalement dans le sens de la participation [45] des parties intégrantes à la cause finale de l’ensemble, telle que définie par la partie essentielle. D’ailleurs, le fait même que les divers aspects d’une cérémonie aient leurs lieux (temps) propres implique un avant et un après, un soir et un matin, une gradation. Ainsi, il existe une progression évidente entre l’avant-messe et la messe des fidèles : on ne donnait pas aux catéchumènes la nourriture des adultes et, même actuellement, cette pédagogie reste appliquée aux fidèles. A contrario, on ne voit pas de partie faite de lectures, de préparation... après la consécration. Le terme d’avant-messe a tout son sens [46]. Qui plus est, cette partie connaît elle-même une gradation (prières au bas de l’autel tout au début ; l’épître précédant l’évangile, etc.).

A l’encontre de ce raisonnement qui affirme l’existence d’un avant et d’un après dans la liturgie, on a souvent invoqué l’épiclèse qui, alors que la consécration est déjà accomplie, supplie l’Esprit Saint de transformer le pain au corps du Christ et le vin en son sang [47]. Au total, les notions de postériorité et d’antériorité seraient irrelevantes dans les cérémonies du culte.

L’argument nous semble peu puissant pour deux raisons. La première est que cela n’infirmerait pas l’existence d’un temps en liturgie. On parlerait sans doute de « postériorisation ». Il se fait simplement que ce phénomène ne se rencontre précisément à notre connaissance que dans l’épiclèse post-consécratoire [48], alors que les anticipations sont multiples et ce dans tous les rits. La deuxième, qui est un corollaire, est que l’épiclèse est tellement proche de la consécration qu’on peut la considérer facilement comme une simple répétition de celle-ci. Il s’agit d’une insistance visant à demander au Paraclet de ratifier l’acte essentiel de la messe. Etant donné que la Tradition attribue au Saint-Esprit toute œuvre de sanctification et toute opération sacramentelle, le cardinal Bessarion précise que c’est une façon d’associer la troisième personne de la Sainte Trinité aux deux autres dans l’acte essentiel du sacrifice, la forme textuelle narrative de la consécration ne le permettant pas.

La quasi-absence d’exemples de postériorisation nous paraît conforter notre analyse. Si la gradation entre la messe des catéchumènes et celle des fidèles signifie qu’il n’y a pas de mouvement du plus essentiel vers le moins essentiel, on observe le même phénomène dans la façon dont sont traités les saints dons. On les considère par certains aspects comme déjà consacrés avant le début de la prière eucharistique mais il n’y a pas de retour en arrière en ce sens qu’ils ne sont pas traités comme non consacrés après la narratio. Au contraire, dans le rit latin, les marques d’adoration sont multipliées après la consécration et ces gestes ont leurs équivalents dans les liturgies orientales [49].

La gradation de la liturgie du moins essentiel vers le plus essentiel est donc bien confirmée, étant entendu qu’en plusieurs occasions des éléments exprimant l’essence de l’action se trouvent également hors de leur lieu propre, dans celui des choses moins essentielles.

En termes moins abstraits, le sacrifice propitiatoire, essence de la messe, est présent de façon propre à la consécration et dans la deuxième partie du canon mais, par moments, il est déjà évoqué avant cela, dans les parties non proprement sacrificielles de la cérémonie.

Si l’on souhaite conclure en termes de nouveau plus conceptuels, on pourrait dire que ce qui s’applique à l’essentiel est aussi donné (à certains moments) par participation aux parties secondaires qui contribuent à la réalisation de la cause finale de l’ensemble.

Nous pensons que cette analyse rend compte à la fois du fait, capital, que ce sont uniquement des éléments essentiels de la messe qui se trouvent « dupliqués » hors de leur lieu propre et du fait que l’action liturgique a nécessairement quo ad nos, êtres de chair et de sang, une dimension temporelle, un avant et un après.

« Semper, ubique, ab omnibus »

Un examen des offertoires et prothèses des autres rits orientaux - rits tous dérivés des deux que nous venons de présenter - ne ferait que confirmer nos conclusions [50]. Il y a un an, Jean-Paul II semble avoir implicitement invité à un exercice de ce type. Dans son allocution à la plenaria de la Sacrée Congrégation pour le culte divin du 21 septembre 2001, il reconnaissait que « dans le missel romain dit de saint Pie V comme dans plusieurs liturgies orientales figurent de très belles prières par lesquelles le prêtre exprime son plus profond sentiment d’humilité et de respect en présence des saints mystères ; elles révèlent la substance même de toute liturgie ». Rien n’interdit évidemment d’étendre à de nombreux autres points ces comparaisons concernant les apologies. Ce qui est ici flagrant, c’est la façon dont ces propos autorisés laissent hors jeu le rite de Paul VI [51]. Quelle que soit l’intention du pontife, tout laisse en effet penser que « la substance même de toute liturgie » dont il parle n’est pas exprimée dans le nouveau missel. Cette allocution constitue un encouragement à étendre à d’autres rits et à poursuivre sur d’autres points les recherches que nous avons esquissées [52]. On retrouve en effet avec intérêt la « preuve par leConmonitorium » que nous évoquions en début d’article.

Pour refermer ces réflexions sur le rite rénové, disons qu’on y relève un grave défaut du sens de la cause finale dans le cas de l’offertoire. Les nouvelles prières s’appellent « præparatio donorum » [53]. Or toute préparation se fait en vue d’une fin. En supprimant l’« anticipation » du sacrifice rédempteur, la nouvelle liturgie a aussi supprimé le principe de compréhension de l’offertoire [54]. Les nouvelles prières n’évoquent plus que la communion [55]. Or, outre le fait que l’essence de la messe est le sacrifice propitiatoire et non la communion, cette dernière ne se comprend que comme participation à la victime du sacrifice. Felix qui potuit rerum cognoscere causas. Il semble que la querelle de l’offertoire ne soit pas encore terminée.

STÉPHANE WAILLIEZ

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
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