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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 17:55

Par Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr . Lettre aux confesseurs de la foi, 6, 1-2

Enluminures Syriaquede RABULA,l'Ascension  

« Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu »


      Demeurez courageux et constants pour confesser la gloire céleste…; avancez avec un courage inspiré pour recevoir la couronne.

Le Seigneur est votre guide et votre protecteur, lui qui a dit : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps » (Mt 28,20)… Heureuse prison qui envoie vers le ciel les hommes de Dieu !… 


      Maintenant, que plus rien ne se trouve dans vos cœurs et vos âmes que les enseignements divins et les commandements du Seigneur dont le Saint Esprit s'est servi pour vous encourager à supporter la souffrance.

Que personne ne pense à la mort, mais à l'immortalité ; ni à la souffrance temporaire, mais à la gloire éternelle, puisqu'il est écrit :

-« La mort des justes est précieuse devant Dieu » (Ps 115,15 VL)… Et encore (à l'endroit où la Sainte Écriture parle des supplices qui consacrent les martyrs de Dieu…) :

-« Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité…

Ils seront les juges des nations et les maîtres des peuples et le Seigneur régnera sur eux pour toujours » (Sg 3,4.8).

Quand donc vous songez que vous jugerez et régnerez avec le Christ, il vous est impossible de ne pas tressaillir d'allégresse, de ne pas fouler aux pieds les supplices présents dans la joie du bonheur futur... 


      En plus, le Seigneur s'est donné en exemple, car il enseigne qu'on ne peut parvenir à son Royaume qu'en le suivant par le même chemin qu'il a pris :

-« Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12,25)…

Saint Paul nous exhorte de même ; puisque nous désirons parvenir à ce que le Seigneur nous a promis, nous devons imiter le Seigneur en tout :

-« Nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire » (Rm 8,16s).




 

 

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:54

Par Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église .Catéchèses baptismales 4, 18-21 33, SC 50, 192-193 199 


Être lumière

Ste Clothilde au Baptème de Clovis

Nous avons revêtu le Christ une fois pour toutes, et nous sommes devenus dignes de l'avoir comme hôte.

Si nous le voulons, nous pourrons donc, sans dire un seul mot, en menant simplement une vie parfaite, révéler à tous la puissance qui habite en nous.

C'est bien de cela que parle le Christ, quand il dit :

"Que votre lumière brille devant les hommes" : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux (Mt 5,16).

Cette lumière n'atteint pas les sens corporels, mais elle illumine l'âme et l'esprit de ceux qui la voient ; elle dissipe les ténèbres du mal et dispose tous ceux qui la reçoivent à briller de leur propre lumière et à prendre la vertu pour modèle. 

"Que votre lumière brille devant les hommes".

Le Christ dit justement devant les hommes.

Il veut dire: "Que votre lumière soit si vive qu'elle vous éclaire et brille également devant les hommes, car ils ont besoin de son aide !

" La lumière naturelle permet de chasser les ténèbres pour voir le chemin à parcourir et aller droit devant soi sur une route ordinaire.

Il en est de même pour la lumière spirituelle provenant d'une conduite exemplaire :

-elle éclaire ceux qui ont les yeux de leur esprit obscurcis par l'erreur et qui sont incapables d'apercevoir nettement le chemin de la vertu ; elle ôte la chassie des yeux de leur intelligence ; elle les met sur la bonne voie et leur permet de suivre désormais le chemin de la vertu. 

Alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Autrement dit : que votre vertu, que la discipline rigoureuse de votre conduite et de votre pratique des bonnes œuvres éveillent en ceux qui vous voient le désir de glorifier le Maître universel.

Que chacun de vous ait à cœur, je vous en prie, de mener une vie si parfaite qu'elle entraîne tous ceux qui la voient à chanter la louange du Maître. 

Par votre conduite exemplaire, attirez sur vous la grâce de l'Esprit, si bien que vous deviendrez inexpugnables.

Ainsi l'Église se réjouira et exultera de votre progrès ; notre Maître à tous sera glorifié et tous nous deviendrons dignes du Royaume des cieux, par la grâce, la miséricorde et l'amour du Fils unique de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ, à qui soient, avec le Père et le Saint-Esprit, gloire, puissance, honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Sub tuum

Seigneur, mon Dieu,

Que je ne sois jamais séparé de Votre Charité,

Que ma lampe s’allume à sa flamme,

Qu’elle me brûle,

Qu’elle éclaire les autres,

Qu’elle ne s’éteigne jamais !

(Prière de Saint Colomban)

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:52

« Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux est pour moi un frère, une sœur, une mère »

marie_vierge.jpg

 



Marie, la Mère de Jésus, savait bien que ce serait par la mort de son fils que la rédemption devait s'accomplir ; et pourtant elle aussi a pleuré et souffert, et combien !

Si le Seigneur se manifeste à vous, rendez-lui grâce ; et s'il se cache, faites de même ; tout cela est un jeu d'amour.

 

Que la Vierge Marie, dans sa bonté, continue à vous obtenir du Seigneur la force de supporter sans fléchir les nombreuses preuves d'amour qu'il vous donne.

 

Je souhaite que vous en arriviez à mourir avec lui sur la croix, et qu'en lui vous puissiez vous écrier : « Tout est accompli ».

Que Marie transforme en joie toutes les souffrances de ta vie.

(Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin.GC,21; AdFP,563;  GC,24 (trad. Une Pensée, Médiaspaul 1991, p.50))

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:49

TU ES NE POUR LE BONHEUR (7/16)

0393 croix[1]

CHAPITRE II RÈGNE DE LA RAISON   (Première partie)

En un monde où le cœur n'est pas plus gros que la tête, on peut s'attendre à toutes les catas­trophes.

 

Le malheur s'est installé solidement sur la terre depuis que la raison a pris la place du cœur dans la hiérarchie naturelle « aimer connaître sentir ». Horrible torsion ! Le milieu, le trait d'union, s'est hissé au sommet ! La raison divinisée ! Qu'a-t-elle donné, cette déesse Rai­son, l'idole de la Révolution ?

 

Dès le départ elle fut destructive parce que, dans son orgueil, elle se refusa à s'incliner devant le cœur qui a des raisons qui la dépassent infiniment.

 

L'intelligence a tant de couches, de la plus pro­fonde, au delà du physique — le cœur — jus­qu'à la couche en contact avec le physique — la raison —; confondre les deux, ce serait con­fondre l'océan avec le sel que déposent ses vagues sur les grèves. Or, c'est précisément ce que l'on fait depuis Descartes, père de la déesse Rai­son : on confond l'océan avec ce qu'il jette à la côte !

 

En fait, l'esprit moderne est fondé sur cette énorme confusion entre l'intelligence vive et la pensée incarnéeentre l'esprit et la lettre, entre le vivant et le mort.

 

Assurément, l'intelligence change de nature dès qu'elle va de son centre à sa périphérie. Par celle-ci, elle est en contact avec les sens. Elle est raison. Elle découvre la matière que les sens, sous tant de formes, lui livrent. Là, elle est donc, par définition, « matérialiste ». Si elle s'y fige, si elle ne remonte pas à son centre, la raison sera athée, sceptique, et prête à profaner ce centre même qui est sa source ! Elle se retourne ainsi contre elle-même et se noie dans le doute.

 

Hélas, les intellectuels modernes se maintiennent dans cette zone superficielle de l'intelligence.Où, nécessairement, il n'y a rien d'absolu ni de sacré. Où il ne peut y avoir du sacré !

 

Or, dans sa zone centrale, l'intelligence échappe au règne du « sensible », et donc au pro­fane et au relatif. Là, par son contact avec sa Source, elle touche au sacré, à l'absolu : là, l'in­telligence quitte le multiple et le temporel pour s'approcher de l'un et de l'éternel.

 

Malheur à l'intelligence qui reste à sa péri­phérie ! Elle deviendra la servante de l'action ! Et cela donnera une raison « fabricatrice » et « activiste ».

 

Agir, c'est choisir. On ferme une porte où on l'ouvre. On ne peut pas la fermer et l'ouvrir à la fois. Et pourquoi donc les actes s'excluent-ils réciproquement ? Eh bien, parce qu'ils ne peuvent faire autrement que de se soumettre à la « chair » ; à l'œuvre d'exclusion de cet ordre que nous livrent les sens et que nous nommons matière. Mais c'est parfait ! Seulement, si l'on impose cet ordre d'exclusion à l'intelligence, c'est alors la catastrophe ! Au lieu de mettre l'action au service de la pensée, elle mettra la pensée au service de l'action. Elle ne comprendra plus rien !Elle dégradera et pervertira la vie des hommes !

 

Cette néfaste soumission à l'action fera naître la «. DIALECTIQUE ». Ainsi naît cette logique que j'ai appelée dans mes autres ouvrages, la logique à une dimension. Parce qu'elle choisit toujours l'un des termes des dilemmes humains et rejette l'autre dans les ténèbres. Ainsi elle choisira, par exemple, l'individu et rejettera la société dans les ténèbres ; ou, inversement, elle choisira la société et rejettera l'individu dans les ténèbres ! L'individu infini et l'État zéro ! Ou l'individu zéro et l'État infini !...

 

Cette logique d'exclusion engendre la guerre des idées. Chaque idée, jouant à l'absolu, veut dévorer son opposée. Logique de l'homme mo­derne qui organise l'antagonisme. Logique qui n'est point la sienne : il l'a empruntée. Au royaume de la matière morte. Au Prince de ce monde. Au roi de la Discorde qui mène ce monde ! Depuis trois siècles en particulier. Depuis qu'il a quitté la logique chrétienne.

 

Car pour le chrétien, en vérité, l'union des deux termes se fait à l'aide d'un troisième, à l'aide d'une étincelle, comme l'oxygène et l'hydro­gène deviennent de l'eau par une étincelle élec­trique. Cette étincelle, c'est l'amourCette union amoureuse des extrêmes, c'est bien elle qui engendre chez l'individu, la paix de l'âme ; et dans la société, des institutions saines, des « corps intermédiaires » qui unissent l'individu à l'État,

 

Le fait incroyable pour la raison : l'Incarna­tionElle ne peut admettre l'impensable union du fini et de l'infini, la négation absolue des contraires qui s'excluent.

 

Logique qui favorise la rencontre et l'union des extrêmes. Logique chrétienne qui seule, peut trouver la solution des problèmes rationnelle­ment sans solutionLogique de la Croix qui réside dans la rencontre de ses deux directions perpendiculaires : l'union des contraires ! Qui se tient au-dessus des alternatives et de toutes les dialectiques ! Qui réconcilie tout par un troi­sième terme, le MEDIATEUR : « Celui qui fait des deux un » (saint Paul) il unit l'éternel et le temporel, l'esprit et la chair, le social et l'indivi­duel, le libre et le déterminé, la cité de Dieu et la cité de César !

 

Logique trinaire des Évangiles. Seule logique qui peut nous faire retrouver l'harmonie et le bonheur de vivre !

 

                                                                 ***

 

Loi générale : toutes les doctrines qui rompent avec la logique chrétienne se retournent contre leur propre but, puisqu'un extrême appelle l'autre extrême.

 

Doctrines qui prennent la Souffrance par les cheveux et la lancent d'un mur à l'autre à tra­vers deux cents ans !

 

Catastrophe de l'Occident déchristianisé : parti en un « élan sublime » pour la liberté, l'éga­lité et la fraternité, il trébuche et se casse le nez sur l'esclavage, l'inégalité et la haine. « En séparant la fraternité de la charité chré­tienne, la démocratie, loin d'être un progrès, constitue un recul effarant pour la civilisation » (saint Pie X, Lettre sur le Sillon).

 

L'homme sur qui pourrait briller encore un reflet de la lumière divine est disparu : ce n'est plus l'homme personnel en chair et en os, c'est l'homme collectif sans âme et sans visage... C'est la masse, c'est le nombre ! Dont on proclame les « Droits » — aussitôt méprisés ! Dont on pro­clame la « liberté » — aussitôt foulée aux pieds ! Quel enchantement d'assurer ainsi le bonheur des gens, de les faire vivre des jours filés d'or et de soie !

 

Culte de la Raison : « Notre Mère qui êtes sur la Terre ! » Que nous a-t-elle donné ? Elle nous offre à présent le matérialisme dialectique du marxisme, châtiment inéluctable du capita­lisme : « Réalisation parfaite de tout ce que la démocratie et le capitalisme contiennent en puis­sance bien que pas encore en acte » (Malynsky). Gog et Magog ! Père et fils ! Malheur sur malheur !

 

Et c'est, à l'heure présente, en effet, le double malheur des hommes : écrasés par une poignée de potentats hypocrites en Occident, cyniques en Orient.

 

 « La dictature n'est qu'une démocratie en­ragée... »

 

Pour rendre aux peuples la joie de vivre, on ne peut donc lutter sous la bannière des démo­craties ; et encore moins sous la bannière de la nouvelle religion d'Orient : elle est née de l'accouplement de la Raison Laïque et du Veau d'Or. Joli couple...

 

Elle exalte même les vices de ses parents : la Raison méprise ici tout amour comme une fai­blesse ; et le Veau d'Or, peint en rouge, devient capital d'État, maître sanguinaire, dieu honoré par des millions de fidèles avilis, dévalués, sacri­fiés !

 

Le marxisme : la doctrine du Malheur absolu et total.

 

On ne supprime pas l'absolu, on le déplace ; hier, c'était « les droits de l'Homme », aujour­d'hui, « les droits de l'État »... tous ces « abso­lus » dans lesquels les partis politiques vivent depuis cent ans et qui ont causé tant de ravages !

 

Car si le pouvoir ne vient pas de Dieu mais des hommes, on arrive au cri de Danton : « Nous ne pouvons gouverner qu'en faisant peur ! » D'où la Terreur et les effroyables massacres de toutes les révolutions.

 

La déesse Raison prend un caractère de plus en plus sinistre à mesure qu'elle s'enfonce vers l'Est. La Russie de 1917 fut l'exaltation de la France de 1793, et la Chine actuelle dépasse en horreur tout ce qui s'est passé en Russie.

 

Comment expliquer que les promesses de 1793 vivent encore dans l'esprit du peuple français,lorsque chaque fois qu'elles furent mises à l'épreuve, elles se révélèrent toujours décevantes et se changèrent même rythmiquement en un enfer insupportable ? (De l'affermissement des Bourbons à la Révolution, le territoire fut inviolé. A partir de la Révolution, incur­sions de plus en plus graves : 1792, 1814, 1815, 1870, 1914, 1940, 1945... L'Invasion prochaine sera définitive si aucune rénovation n'intervient. Cela est voulu par un régime que la France a reçu de son Ennemi, la maçon­nique Angleterre, qui lui a imposé le culte de la déesse Raison, la violation la plus grave de la nature humaine.).

 

Pourquoi après quinze Constitutions invi­vables, la République laïque, proclamée une fois de plus en 1958, menace ruine en si peu de temps ? Pourquoi le peuple français ne voit rien, ne comprend rien à cette ruine ?

 

Parce que le culte de la Raison, s'en prenant à l'Église et à la Monarchie, à cause de son intime union avec elle, a ruiné l'intelligence vive de ce peuple, de ce pauvre peuple de France qui s'y est laissé envoûter et priver de cette logique chré­tienne à trois dimensions qui fit ses institutions, sa force et son rayonnement dans le monde.

 

Il faut bien croire que les Français, en reniant la Croix, ont perdu leur faculté de raisonner, de relier les causes à leurs effets : n'ont-ils pas reçu avec de pieuses acclamations — et deux fois en quinze ans ! — le régime qui fut la cause des désastres de leur pays ? Ne continuent-ils pas à se laisser mener vers d'autres désastres par les trois Internationales, la maçonnique et ses succursales, la socialiste et la marxiste ?

 

On mesure le degré d'hébétude du Français moyen à son incapacité de voir l'ombre de Luci­fer se profiler derrière les princes qui le gou­vernent.

 

La haine du Christ, et donc de la Fille aînée de l'Église, reste quel que soit le matricule de la République.

 

L'anticatholicisme est le fond véritable de l'esprit jacobin : extirper à long terme la Croix en faisant de la religion chose privée, en deçà de la société, hors de l'État ! Tel est le plan, aussi certain, mais moins avoué que celui de l'État soviétique en face du christianisme...

 

Dieu de poche : on le sort à la maison, on le rentre honteusement au forum.

 

Les hommes de la Révolution tiennent captive l'âme chrétienne de la France et la plongent dans une puante correction et une incertitude perpétuelle.

(Depuis le scandale de Panama, l'histoire des Répu­bliques n'est qu'une chaîne ininterrompue de scandales qui éclatent comme des abcès.)

 

« Écartant Dieu, l'État s'érige en source des droits de l'hommeC'est un renversement de l'ordre voulu de Dieu, qui conduit au désordre et à la guerre.» (Pie XII, 28 août 1947). Cela est vrai pour la France à partir de 1789 et encore plus depuis qu'elle a introduit le mot « laïque » dans la Constitution du 27 octobre 1946 : elle n'a pas cessé d'être en guerre, de perdre par lambeaux son Empire et de se diriger vers de nouveaux malheurs.

 

Coups de sonde dans l'abîme : pêche aux monstres qui enlacent sous les eaux glauques, la Fille aînée du Christ, la Bergère des nations...

 

A SUIVRE

 

[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)]

 

 

36.St.Silouane.l.Athonite.jpg

Seigneur, Seigneur,

accorde la force de ta grâce à tous les peuples afin qu’ils te connaissent par le Saint Esprit et te louent dans la joie puisque à moi impur et misérable tu as donné la joie de te désirer.

 

 

(Saint Silouane)

 

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:44

Par le Bx Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara .Méditations sur les passages des saints évangiles relatifs à quinze vertus, n°69, Nazareth 1897-98 (in Œuvres spirituelles, Seuil 1958, p. 183) 

LastSupper

Tout donner pour tout recevoir


           Dieu n'a pas attaché le salut à la science, à l'intelligence, à la richesse, à une longue expérience, à des dons rares et que tous n'ont pas reçus, non.

Il l'a attaché à ce qui est entre dans les mains de tous, d'absolument tous, des jeunes et des vieux, des humains de tout âge et de toute classe, de toute intelligence et de toute fortune.

Il l'a attaché à ce que tous, tous absolument, peuvent lui donner, ce que chaque humain quel qu'il soit peut lui donner, moyennant un peu de bonne volonté :

un peu de bonne volonté, c'est tout ce qu'il faut pour gagner ce ciel que Jésus attache à l'humilité, au fait de se faire petit, de prendre la dernière place, d'obéir, qu'il attache ailleurs encore à la pauvreté d'esprit, à la pureté de cœur, à l'amour de la justice, à l'esprit de paix, etc. (Mt 5,3s)

Espérons, puisque par la miséricorde de Dieu le salut est si près de nous, entre nos mains, et qu'il nous suffit d'un peu de bonne volonté pour l'obtenir.


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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:50

Présentation de la Très Sainte Vierge


 « Aujourd’hui, c’est le prélude de

 

la bienveillance de Dieu et déjà s’annonce le

 

salut du genre humain.


Dans le Temple de Dieu la Vierge est

présentée pour annoncer à tous les hommes la

venue du Christ.

En son honneur, nous aussi, à pleine voix chantons-lui :

 
Réjouis-toi, ô Vierge en qui se réalise le plan du Créateur. »


Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance.


Prions pour les enfants à naître, pour les enfants qui naissent, pour les familles où ils se développerons physiquement et spirituellement...Par le mystère de l'incarnation, ils sont frères et soeurs du Christ...En cette Fête, présentons-les au Père avec Marie et en son Jésus !

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Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions.

Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages.

 

Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

 

L'évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste.


Mais la tradition , à travers le protévangile de St Jacques, est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple.


Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui.Où, mieux, que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ?


Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'élue de Dieu.


La piété populaire et la spiritualité mariale  furent marquées par le récit du Protévangile de Jacques. En effet, il souligne  bien la disponibilité de la Vierge Marie, à l'égard de la volonté divine.

 

Tant en Orient qu'en Occident, cette fête connut un grand succès.

Marie est bien prédestinée à devenir le temple vivant de la divinité.

 

Selon le protévagile de St Jacques, la scène est toute simple: Anne et Joachim, les parents de Marie voulurent remercier Dieu de la naissance de cette enfant. Ils la lui consacrèrent.

Lorsqu'elle eut trois ans, Marie fut donc conduite au Temple, un prêtre l'accueillit par des paroles qui ressemblent au Magnificat et l'enfant s'assit sur les marches de l'autel.

 

"Tout le peuple d'Israël l'aima".

 

Cette fête est attestée dès le VIe siècle.

 

Voici, d'après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s'appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait sa nourriture.

 

Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne.

 

Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

 

Présentation de la Vierge Marie au Temple (21 Novembre)

« Celle que le chœur des prophètes jadis annonça comme l’urne, le bâton, les tables de la Loi, la montagne inviolée » est mise à part dès son enfance.

« Âgée de trois ans selon la chair, mais de bien plus selon l’esprit, voici l’Epouse de notre Dieu, la plus vaste que les cieux, plus élevée que les Puissances d’en haut […].Transporté de joie pour avoir enfanté la Mère du Créateur », le vénérable couple Joachim et Anne offre la fine fleur de l’humanité dont le sein recevra la semence divine. De son sang croîtra le Dieu incarné. Fils de Dieu, le Christ sera aussi fils de Marie, et à travers elle, frère humain de tous les hommes.

« Le temple, le trône du Roi de l’univers dans la gloire en ce jour est amené par Joachim afin de consacrer au Seigneur celle que pour Mère il s’est choisie. »

Cette présentation fait écho à une hymne de la fête de la Nativité du Christ : « Ô Christ, que pouvons-nous t’offrir en présent pour être apparu sur terre en notre humanité ? Chacune de tes créatures, en effet, exprime son action de grâce en t’apportant : les anges, leur chant ; le ciel, une étoile ; les mages, leurs cadeaux ; les bergers, l’émerveillement ; la terre, une grotte ; le désert, une crèche et nous-mêmes une Mère vierge. »

Présent de l’humanité déchue au Créateur en vue de nouvelles épousailles, Marie est le lieu de la réconciliation et de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. Par elle, il endosse notre humanité. Par Lui, elle participe en primeur à sa divinité, modèle pour tout homme à travers les siècles. 

Le Temple figure au centre de l’icône de la Fête, sous forme symbolique, avec son voile et la table du sacrifice.

À gauche, un groupe de jeunes vierges avec des cierges allumés – renvoi aux vierges sages de l’Évangile en attente de l’Époux – forment un cortège à celle qui est « l’oracle des prophètes […], la gloire des apôtres, la fierté des martyrs, le renouveau de tout mortel ». Les trois étoiles sur son vêtement (une sur le front et une sur chaque épaule) signifient déjà sa virginité avant, pendant et après l’enfantement.

« Les vierges, parées de ses vertus, portant au-devant d’elle leurs lampes allumées, la conduisent en présence de Dieu comme un vase sacré […].

Qu’en ce jour le monde entier fasse cortège à la Mère du Roi  »

Après Marie, à la suite de Marie, à l'école de Marie, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection. Prions aujourd'hui pour nos Moniales et toutes les "Vierges consacrées", présence des Saintes femmes debout au pied de la croix du Christ toujours dressée sur nos Autels sacerdotaux... Prions pour les vocations Monastiques...

Détail de l'icône

Avec joie, le grand prêtre Zacharie reçoit dans le Temple « pour qu’elle y soit élevée dans la sainteté […], celle qui deviendra le temple où Dieu se laisse limiter », Buisson ardent portant le feu de la divinité sans se consumer. À l’encontre de la loi judaïque où seul le grand prêtre entre dans le Saint des saints, elle pénètre dans cet espace réservé.

« Zacharie dans son admiration lui déclare : Porte du Seigneur, je t’ouvre les portes du Temple ; dans l’allégresse tu pourras le parcourir, car je sais et je crois que déjà parmi nous habite la délivrance d’Israël et de toi naîtra le Verbe de Dieu qui accorde au monde la grâce du salut. »

Ce parcours de la Vierge Marie la prépare à accepter l’invitation de l’archange Gabriel le jour de l’Annonciation.

En haut, à droite de l'Icône, « celle qu’on peut appeler la chambre nuptiale du Verbe de Dieu reçoit dans le Saint des saints, où elle habite, le pain de la main d’un ange divin ».

C’est Gabriel qui la nourrit spirituellement et « toutes les puissances des cieux s’étonnèrent de voir l’Esprit Saint élire en [elle] son logis ».

« T’ayant, comme lampe, allumée dans le Temple de sa gloire, la Lumière au triple feu t’envoie la nourriture des cieux et te magnifie, ô Mère de Dieu. »

« Nourrie du pain du ciel dans le Temple du Seigneur, ô Vierge, tu mis au monde le Verbe, vrai pain de vie. »

Cet événement échappe à toute formulation. Celle dont le corps non soumis à la souillure du péché va devenir tangiblement le temple « du Saint qui sanctifie l’univers » est sans conteste le « sommet de l’entière création ».

« Merveilleusement l’ancienne Loi te désignait, ô Vierge, comme tabernacle divin, arche d’alliance et vase très précieux, voile du Temple et verge d’Aaron, sanctuaire impénétrable et porte de Dieu. »

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:39

De la Liturgie syriaque- orthodoxe, une Prière de Balaï (?-460), évêque, pour la dédicace d'une église (trad. Prières des premiers chrétiens, DDB 1981, p. 223) 

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Que le temple intérieur soit aussi beau que le temple de pierres


        Quand trois sont assemblés en ton nom (Mt 18,20), ils forment déjà une église.

Garde les milliers ici rassemblés : leurs cœurs avaient préparé un sanctuaire avant que nos mains ne construisent celui-ci à la gloire de ton nom.

Que le temple intérieur soit aussi beau que le temple de pierres. Daigne habiter dans l'un comme dans l'autre ; nos cœurs comme ces pierres sont marqués de ton nom. 


        La toute-puissance de Dieu aurait pu s'élever une demeure aussi aisément que, d'un geste, elle a donné l'existence à l'univers.

Mais Dieu a bâti l'homme afin que l'homme bâtisse des demeures pour lui. Bénie soit sa clémence qui nous a tant aimés !

Il est infini ; nous sommes limités.

Il construit pour nous le monde ; nous lui construisons une maison.

Il est admirable que l'homme puisse bâtir une demeure à la Toute-puissance partout présente, à qui rien ne saurait échapper. 


        Il habite au milieu de nous avec tendresse ; il nous attire avec des liens d'amour (Os 11,4) ; il reste parmi nous et nous appelle afin que nous prenions le chemin du ciel pour habiter avec lui.

Il a quitté sa demeure et a choisi l'Église pour que nous délaissions notre demeure et choisissions le paradis.

Dieu a habité au milieu des hommes pour que les hommes rencontrent Dieu.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:36

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« Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu »



      Les contemplatifs et les ascètes de tous les temps, de toutes les religions, ont toujours recherché Dieu dans le silence, la solitude des déserts, des forêts, des montagnes. Jésus lui-même a vécu quarante jours en parfaite solitude, passant de longues heures, cœur à cœur avec le Père, dans le silence de la nuit.

      Nous-mêmes sommes appelés à nous retirer par intermittences dans un plus profond silence, dans l'isolement avec Dieu. Être seul avec lui, non pas avec nos livres, nos pensées, nos souvenirs, mais dans un parfait dénuement ; demeurer en sa présence -- silencieux, vide, immobile, dans l'attente.

      Nous ne pouvons pas trouver Dieu dans le bruit, l'agitation. Vois la nature : les arbres, les fleurs, l'herbe des champs croissent en silence ; les étoiles, la lune, le soleil se meuvent en silence. L'essentiel n'est pas ce que nous pouvons dire, mais ce que Dieu nous dit, et ce qu'il dit à d'autres à travers nous. Dans le silence, il nous écoute ; dans le silence, il parle à nos âmes. Dans le silence, il nous est donné le privilège d'entendre sa voix :

      Silence de nos yeux.
      Silence de nos oreilles.
      Silence de nos bouches.
      Silence de nos esprits.
      Dans le silence du cœur,
      Dieu parlera.

 

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 24)

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:33

 

Saint Gélase I, qui êtes-vous ?


[49ème Pape (de 492 à 496)]


On ignore à peu près tout de la vie de Gélase, qui n'est connue que par quelques passages du Liber Pontificalis et de Denys le Petit.

 

Gélase I est originaire d'Afrique du Nord et possède une très forte personnalité qu'il met au service de Félix III dont il est le principal collaborateur et dont il rédige toutes les lettres.

 

La succession du défunt pape ne pose d'ailleurs aucun problème puisque Gélase I est élu le 1er mars 492, c'est-à-dire le jour même du décès de son prédécesseur.

 

Gélase I est célèbre par sa doctrine et sa sainteté. Pour que l'unité de l'Église n'ait pas à souffrir de l'autorité impériale, il illustra le premier à fond les propriétés des deux pouvoirs et leur liberté réciproque.

 

Avec une extrême charité, poussé par les besoins des indigents, pour pouvoir soulager les pauvres, il mourut dans la plus grande pauvreté le 21 novembre 496.

 

Si on ne connaît que peu sa biographie, les traités et nombreuses lettres qu'il a laissés permettent d'appréhender une partie de son action politique et pastorale.

 

Même si les positions fermes qu'il soutient dans la défense de la primauté du siège romain avaient déjà trouvé précédemment des défenseurs comme Ambroise de Milan ou Léon le Grand, c'est Gélase I que le Moyen Âge retiendra et dans ses textes que saint Grégoire VII (Ildebrando Aldobrandeschi di Soana, 1073-1085) puisera les arguments en faveur d'une théocratie pontificale qu'il appelle de ses vœux.

 

Gélase I est l'un des trois papes africains du catholicisme.



Source : ©Evangelizo.org


 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:30

TU ES NE POUR LE BONHEUR (6/16)

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DÉRÈGLEMENTS CATASTROPHIQUES DE LA NATURE HUMAINE

CHAPITRE I   RÈGNE DE LA CHAIR     (Deuxième Partie)

 

L'homme qui se recueille paraîtra bientôt si fabuleux qu'on doutera qu'il ait jamais existé !...

 

Le but secret de notre civilisation luciférienne est de détruire les âmes en les lançant et en les éparpillant sur leur périphérie. Et pourquoi donc ? Parce que le Christ vit en chacune, au centre de l'âme de chacun ! Il faut à tout prix les empêcher de l'atteindre et de connaître la sérénité et le bonheur.

 

Nous avons affaire  avec  un  monde  angoissé d'avoir bu le philtre de la Bête.

 

Il paraît que « le mal dont nous souffrons con­siste dans les difficultés d'un monde matériel­lement injuste ». Pour le rendre juste et faire disparaître le mal dont nous souffrons, on peut faire confiance à nos « guides rayonnants », aux Malraux et aux Sartre, et, bien sûr, pour rien au monde, à l'école où l'on parle de Dieu...

 

Qui nous débarrassera des dangereuses niaise­ries des athées, de leurs préjugés puérils, de leur orgueilleuse ignorance ? Quand compren­dront-ils que l'esprit qu'ils nient est, non seule­ment une réalité, mais la réalité par excellence dont dépendent l'équilibre et le bonheur des humains !

 

Un monde qui rejette Dieu se condamne au malheur. Il ne peut résister à Dieu et avoir la paix de l'âme. Il peut s'étourdir, mais pas longtemps ; la « belle époque » ne s'est-elle pas noyée dans des flots de sang ? Et depuis, cela continue.

 

Il est plus que temps d'affirmer l'erreur de notre civilisation : séparer l'éternel et le tempo­rel, le moi et l'âme, la plus perfide des entrepri­ses à laquelle les chrétiens se soient prêtés depuis l'Incarnation qui, précisément, unit l'éternel au temporel, le moi à l'âme. (Elle s'est exprimée par la séparation de l'Église et de l'État.)

 

Cette séparation, qui est à peu près univer­selle, fut provoquée, et l'est encore, par l'igno­rance de la nature humaine et de son origine sur­naturelle ; elle devait faire naître un monde très dur, très âpre et très amer.

 

                                                           ***

Concevoir aujourd'hui une action désintéres­sée pour une cause qui dépasse la vie humaine... quel scandale ! Des hommes qui ne se pourvoi­raient pas d'un « job » dans le but unique de gagner de l'argent... inouï ! Écrire un livre qui prône la joie que donnent l'abnégation et le ser­vice... mais vous mènerez votre éditeur à la fail­lite ! Exalter encore la mission du soldat et du prêtre, leur rôle civilisateur, les affinités de dévouement et de sacrifice de ces deux épouvantails : « le sabre et le goupillon », convenir qu'ils sont les derniers survivants d'une époque où des hommes vivaient dans la joie en contact avec ce qui les dépasse, la patrie et la foi... mais vous serez considéré comme un « pauvre arriéré », un « intégriste », un « ultra » !

 

Nous sommes dans une époque de régression et de sauvagerie singulières, où la force et la ruse cruelle s'émancipent de plus en plus des mœurs adoucies par le christianisme. La violence joue à plein, joue à cru, sur l'homme « libéré des vieilles entraves »... Pauvre homme qui se croit libre et qui est enchaîné par les fers des pires instincts viscéraux... Fatum inexorable qui fait de l'homme un jouet !... Voilà une belle émanci­pation de l'esprit humain !... Et les milieux « catholiques » démangés par un snobisme effer­vescent d'« être dans le mouvement » tombent dans tous ces panneaux !

 

L'amour de Dieu et l'amour de la chair sont comme deux poids dans les plateaux d'une balance : l'un ne peut monter sans que l'autre descende.

 

Et où mène-t-il l'amour de la chair ? Regardez l'homme contemporain : écrasé par l'idole qu'il adore, il est devenu serf en Orient, il s'est enlisé dans le « standard » et a perdu toute joie de vivre en Occident.

 

Faut-il s'étonner que dans une telle vie sans horizon, l'alcool, les drogues et toutes les fausses évasions attirent les foules ?

 

Il est aisé de comprendre que l'Anxiété court les rues, car l'homme, aussi avili qu'il soit, sent que sa destinée n'est pas toute entière de pro­duire, de consommer et de s'étourdir.

                                                          ***

 

La tâche d'un véritable médecin des âmes est de ramener le centre de gravité vers l'intérieur,de montrer aux anxieux ce qu'il y a de vain et d'infantile dans l'agitation et cet espoir de trou­ver un appui dans le monde de la périphérie, et de les guérir de la tarentule de la Chair.

 

Hélas, nous en sommes loin ! Abêtis par le matérialisme de la Faculté, nos psychiatres igno­rent Psyché ! Ils sourient même au seul mot « âme ». Ils pensent qu'elle n'existe pas ou, si elle existe, elle n'est qu'un « épiphénomène »... Le corps : seule réalité qui existe...

 

Cette fidélité aux préjugés puérils du XIXe siècle est curieuse et ne peut s'expliquer que par un tenace délire collectif, organisé et sys­tématisé de main de maître...

 

La psychologie actuelle nous déçoit rarement sous le rapport de sa parfaite ignorance de l'âme humaine ; et nos contemporains, marchant plus que jamais sur la tête, avalent sans broncher ses renversantes contre vérités.

 

M. le médecin-chef du Centre psychiatrique de Sainte-Anne (Pauvre sainte ! Que cherche-t-elle dans cette galère ?), n'écrivait-il pas récemment : « La psychologie, simple portion de la biolo­gie» (Dr Paul Guiraud : «Psychiatrie générale». Ed. Le François, p. 305. Remarquez que ce livre fut écrit en 1950 ; donc, après les livres de Bergson et les admi­rables- travaux d'Alexis Carrel !). Ne s'élève-t-il pas avec vigueur contre M. Baruk qui prétend que « la conscience morale est l'élément le plus profond de la nature humai­ne ». « Cette attitude, écrivait-il aussi,  a la page 539, est anthropologique et moraliste, mais non biologique ».

 

Point de morale pour soigner le moral ! Du bio­logique ! Du Charnel ! Tout nu ! Tout pur ! Sans mélange ! Montrer et démontrer son importance capitale ! Et, grands dieux, pas de théologiens ni de moralistes en psychiatrie ! « Il s'agit là d'un mode de pensée assez archaïque mais solide­ment inscrit dans le système nerveux et qui peut ressurgir dans certaines circonstances pathologiques » (Op. cit. p. 540.).

 

Voilà nos guides ! Monu­mental ! Le sens moral n'apparaît plus que « dans certaines circonstances pathologiques » ! Voulez-vous qu'il n'y ait plus d'anxieux ? Détrui­sons le sens moral ! Retournons à l'état animal.

 

Ce sens pénible, qui trouble tant les humains, apparaît encore Intolérable ! Certaines âmes peuvent encore découvrir la cause de leur anxiété : le sens moral insatisfait, — et tout compromettre ! Pensez un peu : si l'anxieux aboutissait au repentir ? S'il guérissait ? Voilà le danger à éviter ! Si les âmes éprouvaient la nécessité de la confession et — chose affreuse ! — de la communion ! Redoutable déci­sion ! Il faut en prendre des précautions...

 

C'est Freud, en premier, qui a tiré le signal d'alarme : remplaçons la confession !

 

Toute la tambouille de la mystique du Charnel vient à la rescousse pour défendre les anxieux contre ceux qui peuvent les guérir...

 

Il faut, avant tout, engourdir les âmes et veiller à ne pas réveiller le sens moral, ce rayon divin qui est en nous et qui remue au plus intime de l'âme pour la rappeler à l'ordre ; qui surgit et murmure sa désapprobation : reproche vivant qui s'adresse à l'existence aberrante, à l'âme qui a rompu avec son moi profond et qui, sans raci­nes, est à la merci de toutes les tempêtes, de tous les déchirements ; une âme malheureuse...

 

Et c'est, sans doute, pourquoi les médecins modernes de l'âme nous conseillent de ne jamais parler de Dieu ou de religion... Car si ces âmes guérissaient, à quoi s'emploieraient nos psychanalystes ? Si les milliers de maisons de santé se vidaient ! Diantre ! Rien qu'à l'idée on est pétrifié !

 

Il vaut mieux en rire que d'en pleurer, les larmes n'arrangent pas grande chose. Mais com­ment ose-t-on parler, en ce monde, de bonheur ?

 

Faisons-le quand même :

Le sens moral se signale par le sentiment péni­ble de sa violation et par le sentiment de paix radieuse de son affirmation.

 

Le sens moral peut, certes, disparaître de la pensée consciente, mais sa permanence est cause des anxiétés. D'ailleurs, le nombre croissant d'anxieux prouve qu'il est toujours là, dans les profondeurs de l'âme. Il prouve que le moi humain, Dieu en nous, bien que refoulé, conti­nue à nous envoyer des signaux.

 

Avant de finir ce chapitre où il s'agit du règne de la chair, c'est-à-dire, d'un renversement et de la violation de la nature humaine (il y en a d'autres) je donnerai, en première ébauche, une définition du bonheur.

 

Le bonheur consiste à conformer son existence à l'essence. L’essence est au sommet de l'âme de chacun et ne l'abandonne jamais : si on ne abandonnais pas, elle ne laisserais jamais l'âme en paix.

 

Le bonheur ne consiste pas à jouir à tout prix, mais à s'élever jusqu'à la pointe de son âme, là où l'on connaît la joie qui ne dépend plus du monde mais de soi.

 

Quand il y a accord entre ce que l'homme est et ce qu'il doit être pour l'éternité, il y a bonheur.Et il y a malheur quand les deux réalités ne s'ac­cordent pas.

 

Il ne s'agit nullement, comme le pensait Freud, de se mettre en accord avec la bête qui est en nous et non plus avec l'ange, comme le pensait Bouddha, et repousser le monde comme une pure illusion ; il s'agit de les hiérarchiser et d'en faire un tout harmonieux.

 

L'Europe, jusqu'à la Révolution, a tendu à réa­liser le canon humain : aimer connaître sentir. A partir de la Révolution, la ruine du canon humain, son inversion radicale (sentir connaître aimer !) se poursuivit dans tous les domaines.

 

Cela a donné la primauté de l'économique, puis la recherche scientifique appliquée à la vie pratique   et, au plus bas, les questions religieuses et morales.

 

Il y a deux sortes de révoltes : une mauvaise, celle du libertaire, négateur de l'ordre de l'uni­vers ; en fait, une révolte de l'homme contre lui-même, contre l'ordre immanent de sa propre nature ; elle a conduit au déséquilibre contempo­rain. Il y a aussi une bonne révolte, celle de l'homme qui se voit contraint d'affronter un milieu qui renverse l'ordre humain : il doit tout faire pour restaurer la hiérarchie naturelle — esprit, âme, corps — et qui doit correspondre à la hiérarchie des institutions : la vie religieuse en premier lieu, la vie morale et intellectuelle en second, et enfin, la vie économique : seul et unique moyen pour rendre possible le bonheur des humains.

 

Ce qui marque notre époque, ce n'est pas tant le dérèglement des mœurs que le désordre provo­qué par les institutions et les lois de la cité.

 

La bonne révolte : désobéir aux hommes en obéissant à Dieu ! ! !

 

Qui veut la fin veut les moyens : qui connaît la fin surnaturelle de l'homme ne peut accepter une société qui s'y oppose.

 

(Note) « L'Antéchrist, pour nous, c'est tons ceux — quels qu'ils soient — qui en tiennent pour une société contre Dieu ou même simplement sans Dieu. Et celui qui s'allie à eux ou leur tend la main, obéit à l'Antéchrist et sans le savoir lui prépare la voie » (Card. Ottaviani, Fête de 1« conversion de saint Paul, 1959. — Cf. Pensée Catholique, n? 59, p. 23-p. 26).

 

Homme : avoir la tête au ciel et les pieds sur terre : si l'un des appuis manque, il bascule. Mais la fuite par en haut est plus grave que la chute. C'est pourquoi on peut plus facilement sauver une brute qu'un ratiocineur. Les peaux épaisses sont moins dangereuses que les cer­velles enfumées. Nous verrons ça dans le prochain chapitre.

 

A SUIVRE

 

[Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)]

 

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