Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 17:00

Les hommes en trop dans les tenailles de l'histoire

Les hommes en trop dans les

tenailles de l'histoire

Le 30 juillet 2014, des chrétiens d'Orient prient pour la paix en Irak, en Lybie, en Syrie et à Gaza, dans une église d'Amman, en Jordanie.

RENTRÉE LITTÉRAIRE - Jean-François

Colosimo signe un essai engagé sur le drame

des chrétiens d'Orient, dépositaires du christianisme

originel, persécutés par les islamistes.

Voilà un livre que n'aimeront pas les esprits tièdes ou trop

prudents. Jean-François Colosimo ne s'est pas contenté

de décliner les malheurs qui frappent les communautés

chrétiennes orientales, dont l'exode ou les persécutions

nourrissent aujourd'hui l'actualité médiatique. Il fait aussi

œuvre d'historien en essayant de communiquer au lecteur

les données à la fois théologiques, historiques et politiques

d'un drame qui le dépasse le plus souvent.

La pire injure que l'on pourrait faire aux chrétiens d'Orient

 serait «de les plaindre pour mieux les oublier» en les

cantonnant dans un statut de victime intemporelle, sans

essayer de comprendre le sens de la tragédie qui leur

échoit. Chrétien converti à l'orthodoxie et spécialiste

du monde des religions, auquel il a consacré plusieurs

livres, de Dieu est américain au Paradoxe persan en

passant par L'Apocalypse russe, Jean-François Colosimo

sillonne depuis de nombreuses années le Moyen-Orient.

De la Turquie à l'Égypte en passant par la Syrie,

l'Irak, l'Iran, la Jordanie et l'Arménie, sans oublier Israël 

et Gaza, il nous emmène sur les lieux de ses pérégrinations,

à la rencontre de ceux qui s'obstinent à rester fidèles à leurs

rites d'origine, malgré la pression de l'islam ou l'indifférence

de l'Occident.  « La quête de spiritualité rend actuels leurs

archaïsmes.

On les nomme chrétiens d'Orient. Eux-mêmes se considèrent

comme orthodoxes, c'est-à-dire dépositaires du christianisme

originel, témoins de la tradition primitive et indivise.

L'engouement que suscitent leurs icônes ne leur rend pas

pour autant justice… », écrit-il.

Quelques pages plus loin, il enfonce le clou: «Pourquoi se

soucie-t-on des chrétiens d'Orient uniquement lorsqu'ils sont

à l'agonie?»C'est pour tenter de leur «rendre justice» que

Jean-François Colosimo a conçu ce livre très sombre dont

certaines pages sont saisissantes mais qui aurait gagné à être

écrit dans un style plus simple et pédagogique, tant la réalité

du christianisme oriental est hétérogène et complexe.

Les boucs émissaires d'une mondialisation malheureuse

Mais l'essentiel n'est pas là. L'auteur n'a pas conçu un ouvrage

objectif mais un essai engagé. Il fustige l'islamisme mortifère

dont les chrétiens sont les premières victimes, tout en critiquant

l'interventionnisme américain qui, en provoquant la chute du

régime laïc de Saddam Hussein qui protégeait les chrétiens, a encore

plus insécurisé ceux-ci. «Arabes par la culture aux yeux des

Occidentaux, Occidentaux par le culte aux yeux des musulmans,

les chrétiens d'Irak et avec eux tous les chrétiens orientaux» sont,

selon l'auteur, les boucs émissaires d'une mondialisation

malheureuse qui exaspère le choc des identités entre un

Occident postchrétien et un monde islamique déstabilisé.

Pris au piège dans les tenailles de l'histoire, les chrétiens d'Orient

sont les victimes d'une tragédie dont nul ne sait le dénouement.

Reste l'espérance de ceux qui croient que l'injustice et le crime

n'auront pas le dernier mot.

«Je sais seulement que le Dieu de l'Orient chrétien est un Dieu

inexorable, car il est le Dieu qui, pour l'homme, a tout pâti de

l'homme (…) C'est pourquoi il est aujourd'hui sur la Croix.»

Un voyage au bout de la nuit qui est aussi une profession de foi.

«Les hommes en trop: la malédicion des chrétiens d'Orient»,

de Jean-François Colosimo, Fayard,312 p., 19 €.


Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 21:15

Tout ministère d’unité s’exprime sous forme de communion



par Dimitri Salachas


Une image de la cérémonie de clôture de la rencontre interreligieuse de Lyon

Une image de la cérémonie de clôture de la rencontre interreligieuse de Lyon

Les Canons apostoliques sont une collection canonique, d’auteur inconnu, qui a été insérée dans le livre VIII des Constitutions apostoliques et diffusée en Syrie probablement vers 380. Ils codifient la discipline ecclésiastique qui était déjà en vigueur avant le Concile de Nicée (325) et qui sera confirmée par les conciles œcuméniques suivants. Le Canon 34 des Canons apostoliques, fondamental pour la compréhension de l’institution patriarcale et synodale dans les Églises d’Orient, établit que «les évêques de chaque nation [ethnos] doivent savoir qui est le premier [protos] parmi eux, le prendre comme chef et ne rien faire d’important sans avoir pris son avis, [que] chacun doit agir seulement dans des domaines qui regardent sa circonscription et les territoires qui en dépendent et [que] même celui-ci [le premier ou le chef] ne doit rien faire sans avoir pris l’avis de tous: [que] c’est ainsi que règnera la concorde et que sera glorifié Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit Saint». 
Le Canon 34 est le plus ancien canon que nous ayons sur l’action conciliaire et il se réfère aux évêques de toutes les nations. On entend par nation [ethnos] une région ou, selon certaines interprétations, une vaste aire géographique avec ses caractéristiques ethniques et culturelles, que le christianisme, dans son extension progressive, a toujours entendu respecter. Ce Canon est bien connu en Occident (Cf. Décret de Gratien, IIe partie, cause IX, quest. III C V). Il conjugue deux principes: le premier est qu’il doit y avoir un seul protos ou chef (institution de primatialité et d’unité) dans chaque région. Le second est que le protos ne peut agir sans l’ensemble des autres (institution de synodalité). Il n’existe aucun ministère ou institution d’unité qui ne s’exprime sous forme de communion. La conception orientale de l’Église demande une institution qui exprime l’unicité de l’Église et pas seulement sa multiplicité. Mais la multiplicité ne peut être absorbée par la primatialité du protos. Le ministère irremplaçable du protos ne peut remplacer le ministère de l’“ensemble des autres”, c’est-à-dire les pasteurs des Églises locales. Au niveau, donc, de la province (métropole) ou, de façon plus large, de l’Église patriarcale, il y a un centre d’unité – le métropolite, le patriarche. L’égalité réelle de tous les évêques s’exprime autour d’un centre d’unité réelle. La référence à ce centre d’unité est contraignante. Mais de même que les autres évêques de la province ou du Patriarcat ne doivent pas prendre de décisions qui aient des effets en dehors de la circonscription qui leur a été confiée, sans tenir compte de l’avis du métropolite ou du patriarche, de même ceux-ci ne peuvent pas eux non plus prendre de décisions contraignantes pour les autres évêques sans tenir compte de leur avis. Réciprocité parfaite, à l’image de celle des Trois Personnes de l’Unique Divinité. La sainte Trinité est l’archétype de l’unité conciliaire de l’Église. L’action synodale des évêques dans la concorde rend gloire à Dieu. 
 
 
Dimitri Salachas 
Professeur de droit canonique oriental à l’Université Pontificale 
Urbaniana et à l’Institut Pontifical d’études orientales dans "30 Jours"
Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 11:22

« Mes amis, vous avez tous une vocation au martyre. Ce ne sera plus le martyre sanglant des premiers chrétiens. Ce sera le martyre de la fidélité à contre-courant. »  Jean-Paul II

IC017C

La pureté ça peut paraître soit niais (“C’est une excuse pour les cathos coincés qui ont peur de la sexualité”) soit contraignant (“Si on est sincère et qu’on s’aime, coucher ensemble, où est le mal ?”). Il faut que les mentalités changent parce que la pureté c’est ni une niaiserie, ni une contrainte inutile. La pureté est un combat. Claire de Castelbajac raconte “Je me dis que ce ne doit pas être désagréable de se faire peloter par un beau mec. Et je suis tellement consciente que je n’ai qu’un mot à dire, pour en avoir deux ou trois à ma dévotion ! Alors, je prie, je prie pour avoir le courage, je pourrais même quelquefois dire l’héroïsme de résister, de n’avoir aucun ragazzo [petit ami] avant mes fiançailles”. Mener la bataille de la pureté est devenu terriblement difficile à notre époque hallucinante où le best-seller mondial est un roman érotique, où la série du moment frôle en permanence avec la pornographie et où les affiches du métro encouragent explicitement l’adultère. La pureté est difficile, difficile, difficile, mais pas impossible. Et mener ce combat est non seulement un beau, mais utile. Il nous rend plus libres et plus heureux.


Parfois on voit des jeunes chrétiens qui sont renfermés, qui ont l’air coincé par rapport aux relations garçons filles*. Être “coincé” c’est différent d’être “pur”. Une pureté qui enferme est une pureté mal comprise. Être pur ne signifie pas avoir peur de la sexualité. La vraie pureté est joyeuse, elle rend libre !  Voir le message de l’église sur le couple et la sexualité comme une liste d’interdits c’est commettre un terrible contresens. Le message de l’église c’est juste pas ça. L’église te propose un chemin de prudence et de liberté, un beau chemin au bout duquel se trouve ton bonheur. Et d’ailleurs nous les jeunes chrétiens, nous ne devrions pas avoir peur de parler de sexualité, ni de dire franchement ce qu’on pense du couple, de la pureté, du mariage quand on nous le demande. Soyons fiers de notre combat pour la pureté qui nous rend plus libres, plus Hommes, plus Femmes, plus épanouis. C’est un témoignage nécessaire pour le monde !


*Et cher ami, il nous semble important de  te rappeler aussi de porter un regard bienveillant et fraternel pour celui ou celle sur lequel tu pourrais trop rapidement réduire à  l’étiquette de “coincé”. Déjà n’oublie pas la merveille unique qu’il est aux yeux de Dieu. Ensuite tu ne connais pas les grandes souffrances et les poids qu’il peut y avoir derrière ce mec ou cette fille “coincé” (confiance en soi, timidité, fille qui se juge laide, garçon qui se juge faible, éducation...).


Une question à te poser :


A quand remonte la dernière fois où ton regard n’a pas été pur : il y a une heure, un jour, une semaine ?

Dans ta prière prend un engagement pour la pureté : par exemple dire un “Je vous salue Marie” quand tu es tenté par exemple.


 


POST-SCRIPTUM


Tu connais le topo de l’abbé Grosjean ? Alors peut être que pour toi c’est un classique lu et relu. Dans ce cas tu peux éteindre ton ordinateur et on te dit à demain. Si, en revanche, tu n’en as pas encore entendu parler, on t’invite vraiment vraiment à découvrir ce topo plein de franchise, de franc-parler et d’histoires vécues. Découvrir le topo Source:http://hozana.org/

Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 08:34

Ebola : quand ceux qui mouraient

étaient noirs...

Il suffit que l'Espagne signale le premier cas d’Ebola hors d’Afrique pour qu'un vent

de panique souffle sur le pays et l'Europe.

 

Le virus Ebola sème la panique en Espagne : ce lundi, lors d’une conférence de presse, le gouvernement espagnol a informé le monde entier du premier cas de contamination hors de l’Afrique. Une aide-soignante qui avait soigné le missionnaire Manuel García Viejo, l’un des centaines de héros qui luttent en Afrique contre la terrible maladie et a été rapatrié pour lui permettre de mourir chez lui, a contracté le virus dans le même hôpital. 
 
Une vague de panique a déferlé sur le pays : la ministre de la Santé est apparue avec cinq autres fonctionnaires pour expliquer  l’inexplicable, offrant le spectacle honteux  de responsables se renvoyant la balle les uns aux autres. Les infirmières et  autres membres du personnel de l'hôpital  écrivent de façon anonyme aux médias pour dénoncer les improvisations et les maladresses commises par les autorités sanitaires, en admettant un patient  dans un hôpital sans les équipements adéquats ni la formation nécessaire. L’opposition politique saute sur l’occasion... 
 
Pendant ce temps, la majorité des Espagnols se demande avec effroi si cette nouvelle peste noire va ravager le pays, et proteste contre un gouvernement qui a pris le risque de faire entrer la maladie dans le pays, pour faire bien devant l’opinion publique. Ceux qui ont vitupéré contre l’ « insensibilité » du gouvernement  qui hésitait à rapatrier les missionnaires qui luttent contre le virus Ebola, à présent déplorent leur « irresponsabilité » parce que, après tout, si ces missionnaires ont été là-bas, c’était leur affaire, non ? Ils l’ont voulu.  Ah, la peur...

L'Occident ne s'est guère soucié de l'Afrique

Oui, il faut établir les responsabilités pour ce qui s’est passé. Oui, c’est gravissime. Les Espagnols ont raison d'avoir peur, leur réaction est tout à fait compréhensible. Mais regardons au-delà : l'Afrique saigne depuis le début de cette année, et lance des appels à l'aide depuis des mois pour lutter contre le virus. Avons-nous couru pour aider cette partie de l'humanité qui agonise ? Les gouvernements se sont-ils solidarisés  et ont-ils envoyé des aides suffisantes ? Les multinationales pharmaceutiques ont-elles  étudié les vaccins possibles pour aider à combattre le mal? Ont-elles consacré des ressources ? L’opinion publique s’est-elle suffisamment émue ? Bref, avons-nous pleuré en voyant que des êtres humains comme nous mouraient par milliers ? L'OMS a averti que nous assisterions à une pandémie aux proportions gigantesques, que le mal pourrait s’étendre. Mais cela se passait en Afrique, et l’Occident n’avait pas à s’en faire. C'est la triste réalité. Le cynisme et la peur conduisent à chercher des boucs émissaires, qui nous justifient. Mais la vérité est que si le mal avait été combattu là-bas, il ne serait pas arrivé ici. Si les peuples du tiers-monde avaient eu de l’importance pour nous, nous serions allé les secourir et nous aurions concouru à notre propre sécurité. Et c'est pareil avec le virus Ebola, avec l’islamisme, avec la faim, avec la sécheresse...

Le mal s’est glissé par la serrure
Mais non, nous avons fermé la porte, et le mal s’est glissé par la serrure. Il s’est introduit dans le corps d’un missionnaire qui voulait juste mourir chez lui. Mais cela aurait pu être dans celui d’un touriste, d’un immigrant ou d’un marchand d'armes. Aujourd’hui c’est le virus Ebola, demain autre chose, peut-être pire. Et nous n’apprenons pas; notre égoïsme est notre faiblesse. Tant que nous nous désintéressons d'une partie de l’humanité, nous courons le risque de saigner à mort de leurs blessures sans nous en rendre compte. Et maintenant, certains Africains auraient raison de penser : "ah, maintenant, vous aussi, vous avez peur…"

Traduit de l'édition hispanophone d'Aleteia par Elisabeth de Lavigne pour ALETEIA
 

Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 19:08

L'HOMME, UN ÊTRE LITURGIQUE AVANT TOUT  Par l'Ancien Georges Kapsanis

kapsanis%2Baa.jpg

Nous définissons généralement les hommes
comme des êtres rationnels et indépendants.
Ces attributs conviennent assez, mais ne
rendent pas compte de la nature humaine
dans son intégralité. 
Par l'expérience liturgique, nous pensons
que,plus que tout, les hommes sont des êtres
liturgiques. Ils ont été faits pour servir,
pour s’offrir eux-mêmes et offrir le monde
entier à Dieu avec gratitude, louange et adoration,
pour s'unir à Dieu, pour être sanctifiés pour
vivre en offrande continue / sacrifice/ service. 
La rationalité, l'indépendance et les autres
attributs nous ont été donnés pour cette raison,
afin que nous puissions nous placer dans cette
relation liturgique avec le Dieu trinitaire. Dans
cette ascension liturgique, les hommes agissent
comme étant «à l'image» et sont élevés pour
être «à la ressemblance»
La vie dans le Paradis était une Divine Liturgie. De concert avec les anges, Adam et
Eve célébraient la Sainte Trinité. Avec la chute dans l'égocentrisme ils ont perdu la
possibilité d’offrir le monde et de s’offrir eux-mêmes à Dieu d'une manière
eucharistique et ainsi de prendre part au ministère commun au Paradis. 

S’étant exilés eux-mêmes de la Liturgie paradisiaque, ils se sont retrouvés sur la
terre sans leur fonction de liturge. Là, la qualité de l’homme « à l'image » n’était
plus activée. Cependant certaines rémanences et parcelles lumineuses de la
fonction de célébrant d'avant la chute ont persisté en leur tréfonds. Ce sont ces
vestiges quiles ont poussés à construire des autels et à procéder à des sacrifices
pour Dieu. 

Au mieux, ce culte était un fragment, une ombre, une trace. Il n'a pas introduit
les hommes dans une communion et une union parfaite avec Dieu. Il ne nous a pas
donné l'Esprit Saint. Il ne nous a pas sauvés de la mort. Il a, cependant, suscité
en nous le désir de la vraie liturgie messianique. Ce désir et cette perspective
ont donné de l'espoir aux hommes qui étaient assis dans les ténèbres sous l'ombre
de la mort. 
L'amour du Père céleste ne pouvait pas nous laisser sans office liturgique. De
par sa providence, le Verbe s'est fait chair. Jésus-Christ, le Grand Prêtre, a
commencé le ministère conjoint du Nouveau Testament. 
La liturgie du Nouveau Testament ne pouvait être instituée que par le Christ,
car le Christ seul pouvait s’offrir Lui-même et offrir le monde entier de façon
complète au Dieu Un et Trine. Certes il y eut aussi des hommes qui ont
sacrifié dans l'Ancien Testament. Sans victimes sacrificielles. Mais Jésus le
Christ était le sacrifice parfait en même temps que la personne parfaite
pour réaliser le sacrifice. Le sacrifice sans tache. L'Agneau de Dieu qui ôte
le péché du monde ... 
…un monde sans fonction liturgique, errait déchu, dans cette absence de
Liturgie,sous la puissance du diable et de la mort Avec sa mort sur la croix et
sa Résurrection,le Christ nous a rachetés de cet esclavage, nous a libérés et
nous a donné la possibilité de prendre part au ministère conjoint du Nouveau
Testament. C'est à dire de nous offrir à Dieu, de remercier Dieu et de Lui offrir
notre louange. En étant offerts et en offrant toutes choses à Dieu avec le Christ,
nous participons au culte en tant qu’hommes. C'est à dire que nous officions
alors en tant que nous sommes «à l'image de Dieu».

Nous devenons des personnes réelles. 
La liturgie du Nouveau Testament est largement supérieure à la liturgie
paradisiaque.
Maintenant en effet, le Grand Prêtre n’est autre que le Fils de Dieu
Lui-même.
La Mère de Dieu et les Saints concélèbrent et participent à l’adoration
de la Toute Sainte Trinité « avec des bouches chantant sans cesse d’inlassables
louanges». 

Chaque Chrétien orthodoxe baptisé, qui meurt pour vivre, prend part à ce
ministère commun. Dans cette Liturgie partagée les hommes trouvent leur
véritable nature et leur vrai repos, leur personne réelle « à l'image de Dieu ».
En dehors de cette Liturgie partagée, les hommes peuvent bien être des ‘Homo
Sapiens’ ou des ‘Homo œconomicus’ de la société socialiste ou capitaliste, mais
ils ne sont plus les pontifes de la création,ils ne sont plus le point de basculement
entre le monde créé et le monde incréé et ils ne sont plus «à l'image de Dieu»

La Divine Liturgie du Nouveau Testament a commencé avec l'incarnation du Verbe
et se poursuit jusque dans le futur le plus lointain par le Suprême Grand Prêtre.

Chaque Divine Liturgie célébrée à l'autel sur terre participe conjointement à
cette intemporelle et éternelle liturgie. «Nous aussi, les pécheurs, clamons à haute
voix avec les bienheureuses puissances, Maître et Ami des hommes, et disons : Saint
es-Tu et Très Saint ...». 

Chaque prêtre et évêque qui célèbre aux autels de la terre « accomplit la fonction
sacerdotale du Christ dans l'Église» (canon de Carthage).
Ce n’est pas un sacerdoce personnel.
Chaque prêtre et chaque évêque prend part à l'unique sacerdoce du Christ. 

Notre plus grand péché aujourd'hui, c'est que nous n'avons pas de fonction liturgique.
Nous ne faisons pas d’offrande ni ne nous offrons nous-mêmes à Dieu et à nos frères
humains.

On pouvait autrefois faire offense  à quelqu'un en lui faisant la remarque qu’il ne
venait pas à l'église pour participer à la Divine Liturgie. Aujourd'hui, cependant, à
cause de notre incrédulité et de la dureté des cœurs, c’est considéré comme normal,
et c'est au point que les gens ne trouvent d’ailleurs pas que ce soit naturel d'exercer
une  fonction liturgique ; ils trouvent même cela bizarre. 

Même quand les gens aujourd'hui « vont à l'église», il est difficile de savoir s’ils exercent
vraiment une fonction liturgique, c’est à dire s’ils prennent réellement part au mystère
universel de l'Eucharistie et de l'Église, s'ils conçoivent la Divine Liturgie pas simplement
comme un devoir religieux et social, mais comme une offrande et un sacrifice à Dieu,
en Christ. Il est même possible que quelqu'un célèbre la Divine Liturgie en tant que
prêtre et qu’il soit cependant, en substance, à l'extérieur de la Liturgie, parce qu'il
ne s’offre pas lui-même et toutes choses à Dieu. 

Ces chrétiens en dehors de la liturgie, clergé comme laïcs, fondamentalement ne
viventpas.

Il est écrit dans l'Apocalypse, « Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort.» (3, 1). 
Les hommes qui offrent  « ce qui est [au Seigneur] de ce qui [au Seigneur], en toutes
choses et pour tout»* servent vraiment Dieu et ont sa faveur. Ces hommes reconnaissent
que tout ce qu'ils ont est un don de Dieu.
Ils croient que rien de qu’ils offrent ne vient d’eux-mêmes. Tout vient de Dieu et c’est
cela même qu’ils offrent à Dieu, avec eux-mêmes, leur monde et leurs relations
avec le monde. Ils ne gardent rien égoïstement pour eux-mêmes. Ils se donnent sans
réserve. Ils donnent tout, c’est ainsi qu’ils reçoivent tout. Ils meurent, pour vivre. Et ils
offrent tout dans le Christ et pour le Christ. En toutes choses (toujours) et pour toutes
choses (pour tous les dons de Dieu).
Ainsi, l'entièreté de la vie des hommes (même après la Divine Liturgie et à l'extérieur
de l'église) devient service, offrande, relation, sacrifice, communion et action de grâces.
Toute la vie se transforme en une vie théanthropique.

Les deux heures de la Liturgie du Dimanche deviennent une liturgie quotidienne de
24 heures.

En tant qu’Orthodoxes, quand nous parlons de vie liturgique, nous ne voulons pas
parler seulement de notre courte offrande liturgique dans l'église, mais de notre vie
entière, qui, commençant par les actions liturgiques dans l'église, devient culte et liturgie.

Les chrétiens orthodoxes ne sont pas schizophrènes. Ils ne vivent
pas une vie liturgique dans l'église et une vie aliturgique à l’extérieur.

Ils passent autant de temps qu’ils peuvent à l'église (Divine Liturgie
et offices) afin d’être capables de vivre, en dehors de l'église,
d'une manière aussi proche que possible de l'esprit, du climatet de
l'éthique de la Divine Liturgie.

Par le culte dans l'église, la vie théanthropique s'enracine en eux et
est alors capable de transformer toutes les facettes de leur vie
quotidienne.

Ainsi les chrétiens imprégnés par la liturgie vivent dans l'unité de
la foi et de la vie, du divin et de l'humain, du créé et de l'incréé, de
la vie et du trépas,du temps présent et du futur, de leur propre
personne et des autres.

C’est cette unité qu’a pu vivre le peuple grec orthodoxe, aussi longtemps qu’il a eu
une réelle vie ecclésiale. Il y a encore, en Grèce, des gens, et des communautés
orthodoxes traditionnelles qui vivent dans cette unité.

Le centre de toute la vie des fondements orthodoxes traditionnels (villages et quartiers)
était l'église paroissiale, l’équivalent de ce que le Katholikon est dans les monastères.
Dans les villages d'Eubée l'église paroissiale jusqu'à ce jour est appelée la Katholiki.
(c'est à dire Καθολική Εκκλησία).

La naissance, la mort, le baptême, le mariage, l'école, le travail, les relations sociales,
les joies, et les peines, toutes les expressions de la vie sociale étaient liées à la Liturgie
et à l'église et finissaient par devenir l'Église. Ainsi, les fonctions de la vie quotidienne
trouvaient leur unité et leur ordre de préséance au sein de la Divine Liturgie.

Plus les Orthodoxes grecs prennent de la distance avec leurs racines orthodoxes, et
avec leur vivifante tradition théanthropique, moins les diverses fonctions de la vie sont
organiquement liées à la Divine Liturgie, c’est pourquoi ils arrêtent de travailler
correctement, c'est-à-dire qu'ils échouent à unir les gens ou à les aider à vivre en tant
qu’images de Dieu.

Les différentes fonctions en dehors de la Divine Liturgie déconstruisent la personne
humaine.

C’est clair avec la fonction de base de la vie, la procréation. Dans le sein de la Divine
Liturgie et de l'Église, cette fonction fondamentale est transformée, est bénie par la
grâce, et contribue à la complétude de la personne humaine. En dehors, elle devient
asservie à l'égoïsme, elle défait les personnalités et devient un tourment.
Aujourd'hui, les gens expérimentent amèrement cette situation.

Les monastères orthodoxes cénobitiques sont des modèles de la façon
dont les gens et leurs communautés devraient fonctionner.
Le centre est l'église principale (Katholikon). Les bâtiments et les
tâches (obédiences) sont toutes organisées autour de l'église
principale.

Le point de départ de la vie commune est la célébration quotidienne
de la Divine Liturgie.

L’objectif en est l'adoration de Dieu et de l'offrande de toute la
vie au Christ.

C'est un exemple de ce que peut être la vie en commun, de la foi
et de l'amour universel, et de comment la mort peut être vaincue
et comment toute chose peut être renouvelée et comment on peut
donner à chacun un rôle différent dans un ajustement à la fois
singulier et le plus approprié.

Quand l'esprit liturgique cénobitique — qui est l'esprit liturgique de l'Orthodoxie—
s'enracine  chez les Orthodoxes, ils sont préservés de la tendance puissante et viciée du
sécularisme. En essence le sécularisme  est une tentative d'organiser la vie en dehors de
la liturgie et de l'Église.

Les chrétiens orthodoxes ne peuvent pas être orthodoxes à moins qu'ils ne vivent
liturgiquement.

À moins que la Divine Liturgie et le culte ne soient pas seulement des «occasions» ou
une partie de leur emploi du temps, mais soient, au contraire, le greffon vivifiant greffé
sur leur vie pour leur transformation, le centre, la base, le commencement et la fin.

C'est seulement à travers cet esprit d’offrande de « ce qui est [au Seigneur] de ce
qui [au Seigneur]»*, à la Divine Liturgie que les gens deviennent vraiment eux-mêmes,
c'est-à-dire des images de Dieu.Les hommes qui offrent  « ce qui est [au Seigneur] de ce
qui [au Seigneur], en toutes choses et pour tout»* servent vraiment Dieu et ont sa faveur.
Ces hommes reconnaissent que tout ce qu'ils ont est un don de Dieu. Ils croient que 
 rien de qu’ils offrent ne vient d’eux-mêmes. Tout vient de Dieu et c’est cela même
qu’ils offrent à Dieu, avec eux-mêmes, leur monde et leurs relations avec le monde.

Ils ne gardent rien égoïstement pour eux-mêmes. Ils se donnent sans réserve.
Ils donnent tout, c’est ainsi qu’ils reçoivent tout. Ils meurent, pour vivre. Et ils offrent
tout dans le Christ et pour le Christ. En toutes choses (toujours) et pour toutes choses
(pour tous les dons de Dieu).

Ainsi, l'entièreté de la vie des hommes (même après la Divine Liturgie et à l'extérieur
de l'église) devient service, offrande, relation, sacrifice, communion et action de
grâces. Toute la vie se transforme en une vie théanthropique.

Les deux heures de la Liturgie du Dimanche deviennent une liturgie
quotidienne de 24 heures. En tant qu’Orthodoxes, quand nous parlons de vie liturgique,
nous ne voulons pas parler seulement de notre courte offrande liturgique dans l'église,
mais de notre vie entière, qui, commençant par les actions liturgiques dans l'église,
devient culte et liturgie.

(extrait de la revue «Ο Όσιος Γρηγόριος»,§ Ο άνθρωπος ον λειτουργικό, περίοδος
β, vol. 4, pp. 31-5, publié par le Saint Monastère Saint Grigoriou de la Sainte Montagne,
1979. 
version française par Maxime le minime de la source)

 
Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:58

Père John [Parker]: Une réponse chrétienne orthodoxe à la décapitation par des musulmans




frjohnparker

Père John [Parker]
30 Septembre 2014


Je suis un homme indigne, indigne d'être appelé chrétien orthodoxe, sans parler de la prêtrise, et j'écris, il est vrai, dans le confort de mon Mount Pleasant, en Caroline du Sud, chez moi. Il n'y a pas de Mont à proximité, mais c'est, en effet, une communauté balnéaire agréable sur la côte Est des États-Unis.

En tant que tel, je me demande comment faire face à ces âmes pitoyables, cruelles et impitoyables, qui sont tellement enténébrées que leur vie se passe à prendre la vie d'autrui - et ce qui est pire encore, en pensant qu'ils font cela sous la direction et avec la bénédiction de Dieu Lui-même, en vue d'une  récompense éternelle?

Peut-être que je serai critiqué pour ma suggestion, assis dans mon agréable ville sans mont, mais nous avons lu récemment que nous devons recevoir l'Evangile comme un enfant; et même un enfant pourrait se demander comment on pourrait répondre au meurtre par le meurtre. La violence - individuelle ou à grande échelle - est-elle une réponse orthodoxe possible?

Quelles ont été les réactions des saints apostoliques et post-apostoliques, et des derniers saints à ces actions démoniaques, viles et haineuses?

Ioan, taierea capului IN 2

Décapitation de Saint Jean le Précurseur

Comment les disciples ont-ils réagi à la décapitation de Jean le Baptiste, que nous avons commémoré le 29 Août?

Au bord du précipice du martyre, saint Etienne, le protomartyr pria Dieu de pardonner à ses bourreaux. Y eut-il un soulèvement apostolique après cela?

Le hiéromartyr Eutychès, disciple de saint Jean le Théologien, fut décapité après avoir souffert la famine en prison, une tentative de le brûler vif, et des coups cruels avec des barres de fer... qui étaient destinés à faire cesser ses prières. Il n'y a pas récit de vengeance qui en aurait résulté.

Saint Ignace d'Antioche a demandé à ses fils et filles fidèles en Christ de ne pas entraver sa marche au martyre. "Ne pas me retenez pas à la vie!" fut son ordre essentiel.

Saint Laurent, le hiéromartyr, dont nous avons gardé mémoire au début août, ordonna à ses ravisseurs, qui l'avaient mis sur une cage de feu, de le retourner, puisqu'il était "cuit de ce côté." Il n'est pas un document qui parle de représailles.

Le hiéromartyr Cyprien de Carthage, dont nous nous sommes souvenus en l'Eglise le 31 août fut martyrisé par l'épée aussi, lui par les païens. Parmi ses plus grandes contributions à la foi chrétienne était l'acceptation de la repentance de ceux qui avaient apostasié, abandonné leur véritable amour, Jésus-Christ. Lui-même, bien que défendant la vraie repentance de ceux qui avaient commis l'apostasie sous menace de mort, n'a pas trahi le Christ. Dans sa vie, nous lisons:

Lors du procès, saint Cyprien refusa calmement et fermement de sacrifier aux idoles et fut condamné à la décapitation par l'épée. Entendant la sentence, saint Cyprien dit: "Merci à Dieu!" Tous les gens crièrent d'une seule voix, "Laissez-nous également être décapités avec lui!"

Arrivant à l'endroit de l'exécution, le saint donna de nouveau sa bénédiction à tous et s'arrangea pour donner vingt-cinq pièces d'or au bourreau. Il attacha ensuite un mouchoir sur ses yeux, et donna ses mains pour être liées au prêtre et à l'archidiacre debout près de lui, et il baissa la tête. Les chrétiens mirent leurs vêtements et leurs linges en face de lui de manière à recueillir le sang du martyr. Saint Cyprien fut exécuté en l'année 258. Le corps du saint fut pris de nuit et on lui assura l'inhumation dans une crypte privée du procureur Macrobe Candidianus.

Il n'y a aucune trace de représailles.

Saint Constantin Brancoveanu, souverain de Valachie -terres roumaines- du XVIIIème siècle est commémoré le 16 août. Saint Constantin fut retenu captif pour la fête de l'Annonciation de la Mère de Dieu, le 25 mars 1714, par le sultan Ahmet III, à Istanbul. Ayant reçu un ultimatum "de se convertir ou de mourir," saint Constantin Brancoveanu fut contraint de regarder ses fils décapités (y compris le plus jeune de 11 ans, nommé Matei), avant sa propre décapitation par l'épée. Leurs têtes furent exhibées sur des piques, et les corps (bien que récupérés plus tard par les chrétiens) furent jetés dans le Bosphore. Cela eut lieu le 15 août 1714, jour de la Dormition de la Mère de Dieu. Parmi les dernières paroles du saint étaient celles-ci:

"Votre Majesté, vous avez pris ma fortune, mais je n'ai pas abandonné ma loi chrétienne. Je suis né et j'ai vécu en elle et je veux mourir en elle (= comme chrétien). J'ai rempli la terre de mon pays d'églises chrétiennes et, maintenant, atteignant un âge avancé, dois-je m'incliner devant vos mosquées turques? Non, Votre Altesse! J'ai défendu mon pays, j'ai gardé ma foi, je veux fermer les yeux dans ma foi et mes fils avec moi." Après cela, il encouragea ses fils: "Mes enfants, ayez du courage! J'ai perdu tout ce que j'avais sur ce monde terrestre. Il ne nous reste que nos âmes, nous n'allons pas les perdre aussi, mais nous allons les faire purifier par notre Sauveur Jésus-Christ. Lavons nos péchés dans notre sang!"

Tăierea capetelor Sfinților Brâncoveni, Sorin Efros

Décapitation de la famille des saints Brancoveanu, 
fresque contemporaine par Sorin Efros

Les saints prièrent pour leurs bourreaux, et sans relâche ils restaient attachés au Christ. A ma connaissance, il n'y a pas de faits constatés de violences répondant à cette violence. Cependant, avec saints Adrien et Natalie (26 août), l'un de leurs ravisseurs fut converti par leur foi fidèle. N'était-ce  pas d'ailleurs le cas avec les 40 Saints Martyrs de Sébaste?

"A moi la vengeance!" dit le Seigneur.

Nous nous tenons fièrement avec les martyrs, dont le sang est le fondement de l'Eglise. Et nous demandons à Dieu de nous accorder la même force lorsque nous devrons faire face à ce à quoi ils firent face.

Dans le même temps, se pourrait-il que l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord soient confrontés à "l'islamisation" non pas simplement à cause de l'épée, mais aussi parce que:

Ils ont beaucoup d'enfants, alors que nous avortons les nôtres, ou tout simplement parce que nous avons peu d'enfants.

Alors qu'ils propagent leurs enseignements diaboliques, nous ne paraissons pas convaincus par la vraie foi.

Plutôt que d'être renforcés en  une voix et un front  unifiés,  les chrétiens orthodoxes sont retranchés dans des enclaves ethniques.

Plutôt que de donner généreusement pour avancer l'œuvre de l'Eglise, et de pardonner comme nous avons été remarquablement pardonnés, les chrétiens orthodoxes restent mesquins, les poings serrés.

Chaque champ est prêt pour la récolte. Allons-nous témoigner de la vérité à la fois par notre mode de vie et notre façon d'affronter la mort?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après les sources suivantes:
cité par
Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:42

COMMUNAUTE ET SOLITUDE

La Communauté du désert et la solitude des villes [1] par Le moine Moïse de la Sainte Montagne

Moine Moïse l'Athonite (1952-2014) prie Dieu pour nous !



Vers la fin du XVIIIème siècle, Saint Cosmas d'Étolie prédit qu'un jour viendrait où une personne aurait à voyager pendant des jours pour répondre à une autre personne afin de pouvoir l’embrasser comme un frère. Nous vivons à une époque où cela se fait déjà. L'homme contemporain, dans sa solitude, éprouve de l’anxiété, de l’angoisse et de la souffrance de façon pathologique. Il est tourmenté et il s’en suit qu’il en tourmente d’autres à son tour.
Pourquoi? Cet essai tente de répondre à la solitude et à la désolation que l’on rencontre dans les villes en y apportant le parfum de communauté que l’on trouve dans le désert. 

LA SOLITUDE CONTEMPORAINE 

La solitude est l'absence de communication et de relation - l'incapacité à développer et à conserver des liens avec les autres. La culture contemporaine et les structures sociales, les mass médias sont le reflet des idéologies dominantes, même les jeux pour enfants, conduisent à l'aliénation sociale, l'aliénation politique et l’isolement personnel. La personne commence, très tôt, à être possédée par un sentiment écrasant d’inadéquation, à perdre le sens et le but de la vie, à vivre sans principes ni discipline, à être constamment soupçonneux et dans le doute. 

Seul et dans un sentiment d'insécurité, d'anxiété et de chaos, l'homme moderne – et en particulier la jeunesse contemporaine – tente de construire des ponts, de hisser des drapeaux, de crier des slogans. Mais sans un guide – ou avec de mauvais guides – il est assez rapidement désabusé et devient dur et agressif, il devient le jouet des exploiteurs politiques et des agitateurs avides de pouvoir. 

Le désir de liberté devient la mort amère de sa liberté. 

Les jeunes qui auparavant avaient déclaré qu'ils ne feraient jamais la moindre compromission avec qui que ce soit, sont maintenant eux même compromis. Ils se réfugient dans des manifestations et des sit-ins, devenant des rebelles en s’efforçant d’alléger le poids de leur solitude, ne réalisant pas qu'ils sont eux-mêmes en train de s’enferrer dans un asservissement encore plus insupportable. 

Il est particulièrement regrettable que tout cela se passe là où on l'attendrait le moins – même avec des jeunes de bonne éducation, d’une intelligence, d’une énergie et d’un talent exceptionnels. Insatisfait par la prospérité matérielle et déçus par l'hypocrisie de leurs aînés, ces jeunes se battent pour une vie plus simple, pour la qualité de leur vie, pour une meilleure façon de vivre – mais malheureusement, ils ne réussissent pas à faire leurs premiers pas de façon correcte 

L'art moderne est un bon exemple de l’aliénation spirituelle que nous voyons. Au lieu de faire de la lumière et d’ouvrir les fenêtres – en direction des autres et du ciel – il a plutôt tendance à nous enfermer et à nous enfoncer, toujours plus profondément, dans l'obscurité et les ténèbres. 

L'homme isolé ne tarde pas à commencer à se parler à lui-même, à des êtres imaginaires, aux ombres qui l’environnent, et aux morts. A présent, il est gravement malade. La mélancolie, les phobies, la suspicion et la méfiance ont fait de lui un psychopathe. Pour être plus précis on peut caractériser notre époque comme le siècle de la psychiatre. Selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé pour l'année 1985, il y a plus de 400 millions de personnes dans le monde qui souffrent de dépression profonde, avec environ 400 000 suicides chaque année. et ces statistiques ne concernent que les pays développés. 

Dans son isolement l’homme est sans cesse tourmenté par l'égoïsme et l'orgueil qui sont les parents naturels de la solitude. [à suivre]
Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 11:42

 

LA PROTECTION DE LA MÈRE DE DIEU 

md-protection-p.jpg

 

 

L’évènement

 

Le mois d’octobre est marqué par plusieurs Fêtes mariales émouvantes.

 

Parmi celles-ci  sera, le 11 Octobre, Maternité de la Très Sainte Vierge-Marie.

.

Mais ce n’est pas celle dont je voudrais vous parler aujourd’hui.

 

En cet Occident qui célèbre ce mois d’Octobre comme un mois marial : « Le Mois du Rosaire », je voudrais vous parler d’une Fête Mariale et Orientale peu connue en Occident : 

-La  très belle Fête de la Protection de la Mère de Dieu.

 

Elle peut être célébrée soit le  1er Octobre, soit le 28.

Elle fait mémoire de la vision qu’eurent saint André le « fol en Christ » et son disciple, le dimanche 1er octobre 909.

 

En l’église des Blachernes, à Constantinople, ils virent, pendant l’office de vêpres, la Mère de Dieu, entourée des prophètes, des apôtres et des anges.

 

Elle couvrait de son manteau tous les chrétiens.

 

Cette manifestation encouragea le  peuple chrétien qui devait alors repousser les envahisseurs de l’Empire.

 

Si vous regardez l’icône de l’évènement, elle est  exceptionnelle par la façon dont sont exprimés l’espace liturgique et la position de la Mère de Dieu par rapport à l’Église.

 

Comme toujours, une célébration liturgique contient une plénitude de vérité et de sagesse.

 

Présence de la Vierge

La foi en la Mère de Dieu le Verbe qui prend d’elle Sa chair humaine sous l’action du Saint Esprit (Célébration du 11 Octobre) est fondamentale chez les chrétiens que nous sommes.

Nous croyons en la présence invisible mais réelle de Marie dans l’Église et dans le monde.

 

Elle accompagne l’humanité en marche...

 

 L’icône de la fête l’indique bien :

La Vierge est présente corporellement dans la communauté des baptisés, l’Eglise « Corps mystique du Christ ».

 

Son assomption corporelle, célébrée le 15 août, quand on fête sa glorieuse Dormition, nous introduisait déjà  à ce mystère.

 

Le saint Esprit , si souvent invoqué lors de nos Liturgies, ouvre les yeux des croyants pour qu’ils voient cette présence de la Vierge, des prophètes, des apôtres et de tous les saints dans l’Israël de Dieu : l’Eglise du Christ..

 

Avec les secours de l’Esprit Saint, par Sa lumière et sa force, les chrétiens glorifient le Christ vrai Dieu et vrai Homme et sa présence réelle dans l’Eucharistie, mais ils glorifient également la présence de tous ceux qui, autour de lui, font la volonté du Père et forment avec lui la famille des sauvés, la famille de ceux qui doivent témoigner de Son règne d’Amour, de Vérité, de Justice et de paix.

 

La persécution

 

L’époque que nous vivons, avec les informations qui nous parviennent par médias, ne doit pas nous conduire au doute, à l’abattement, au découragement, ou, pire encore, à l’apostasie.

 

A notre époque, comme dans les périodes troublées de l’Histoire biblique et ecclésiale, les croyants pourtant pétris de faiblesse assument avec courage, dans la force que leur communique l’Esprit de Dieu, l’adversité ou les menaces de guerre et de persécution.

 

Nous voyons que, dans les pays qui de nos jours subissent la persécution, les chrétiens résistent par la foi.

 

Ils subissent la relégation, l’exil et même les souffrances de la croix, et demeurent dans la foi. Quelle leçon pour notre Occident apostat !

 

Les chrétiens d’autrefois comme ceux d’aujourd’hui ont le certitude très forte de la présence du Seigneur et de ses saints ; c’est pourquoi la plupart d’entre eux ne défaille pas.

 Ils ont la Foi « chevillée au corps » !

 

Si la foi n’était qu’une névrose ou qu’une fiction, comme l’avancent certains, ou si Dieu n’était pas, les hommes n’auraient pas cette force intérieure devant la souffrance et devant la mort.

 

Les apparitions de Marie

 

La célébration de la Protection de la Mère de Dieu nous rappelle que Celle-ci, quoiqu’Elle ne soit pas à la place du Christ, a cependant une position spirituelle éminente , « au-dessus des chérubins et des séraphins », dans une exceptionnelle proximité de Dieu, dans une exceptionnelle union avec lui.

 

En raison de cette intimité divino humaine dont Marie est l’icône par excellence, nous savons qu’Elle étend son voile (Cette relique que l’on vénère dans la cathédrale de Chartres) sur tous ceux qui croient en son Fils , vrai Dieu et vrai homme : le Christ Jésus, Notre Seigneur.

 

Nous le croyons, c’est-à-dire que nous le savons, et que nous vivons de cette conviction intérieure.

 

Vous le savez-bien. Dans bien des époques troublées, la Vierge est apparue, dans tous les pays et dans toutes les nations.

Elle apparaît encore ici et là de nos jours comme messagère du Verbe de Vie , comme messagère du Christ Miséricordieux.

 

 Comme ce fut le cas pour saint André et saint Épiphane qui sont à l’origine de  cette fête, elle se manifeste encore à quelques personnes « privilégiées ».

 

 Les apparitions de la Vierge ne peuvent pas être niées.

 

Souvent, notamment en Egypte ou en Russie, elles donnent naissance à de nouvelles icônes qui portent le nom de l’évènement.

 

Notre foi chrétienne, loin d’être seulement une association d’idées et de concepts religieux, ou de valeurs morales, est une conscience très vive de la Présence de Dieu et de Ses Saints au cœur de l’histoire humaine

.

La prière pour le monde

 

Chrétiens, mes amis, en nous démarquant d’un certain « esprit occidental »,nous chercherons moins le sens de la présence que la présence elle-même...

 

Nous chercherons à nous rendre présents à la Présence ...Appelons, si vous le voulez-bien, et du plus profond de nos coeurs la présence de Dieu et de ses saints !

 

Nous savons que le Seigneur « vient, de nouveau, avec gloire » ! Alors nous invoquons la venue et la présence de la Mère de Dieu sur nos Églises et sur notre pays tout entier, sur ceux qui croient et sur ceux qui ne croient pas, y compris sur les adversaires les plus acharnés de la foi chrétienne.

Ceux-ci sont les premiers à qui l’apparition de la Vierge, la vision de son manteau de miséricorde, pourraient apporter le goût, la saveur, la sagesse, d’un mode de comportement humano-divin, celui que nous a montré le Christ.

 

Oui, mes amis, ne cédons pas à la désespérance ambiante ! Comme  chrétiens assumons  l’actualité par la prière, le jeûne, l’exemple que nous devrions  donner de l’amour du Christ.

 

Nous croyons que Celui-ci veut sauver le monde par les prières de sa Mère très pure et de tous ses saints ne nous abandonnera pas.

 

Puissent tous les chrétiens  s’unir dans une immense prière à la Mère du Christ Sauveur pour le monde !

Amîn

 

 

images.jpg

Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 09:13

SAINTE PÉLAGIE. Homélie de St Jean Chrysostome

Ste-Pelagie-1.jpg

Sainte Pélagie
Vierge et martyre à Antioche
(† v. 302)

 Nous avons le récit de sa mort grâce à saint Jean Chrysostome. Au début de la persécution de Dioclétien vers 302, les policiers se présentent au domicile de Pélagie qui n'a que 15 ans.

Elle est seule et ils viennent l'emmener car elle est chrétienne. Devant leur attitude dont elle sait que cela risque de se terminer par un viol avant d'être menée au tribunal, « Pélagie - écrit saint Jean Chrysostome - imagina une ruse si habile que les soldats n'en sont pas encore revenus. D'un air calme et gai, feignant d'avoir changé d'avis, elle les prie de la laisser se retirer un moment, juste le temps de revêtir la parure qui convient à une nouvelle épousée. Ils n'y voient aucun inconvénient. Quant à elle elle sort posément de la chambre, monte en courant sur le toit de la maison et se précipite dans le vide. C'est ainsi que Pélagie déroba son corps à la souillure, qu'elle délivra son âme pour lui permettre de monter au ciel et qu'elle abandonna sa dépouille mortelle à un ennemi désormais inoffensif.»

 

PREMIÈRE HOMÉLIE.

 

AVERTISSEMENT A ANALYSE.

 

Il existe deux homélies sur sainte Pélagie, de la seconde nous ne possédons qu'une traduction latine conservée par surins. La première fut sans aucun doute prononcée à Antioche où fut aussi martyrisée sainte Pélagie.

1-3° Ce fut par le conseil de Jésus-Christ que sainte Pélagie prévint le jugement du tyran, et se précipita. — 4° Exhortation à la décence et au recueillement.

 

1. Béni soit le Seigneur l voici maintenant que des femmes, à leur tour, se jouent de la mort; des jeunes filles se rient d'en finir avec la vie; des vierges, de toutes jeunes filles, étrangères au mariage , se jettent au milieu même des démons armés, sans recevoir leurs blessures.

Tous ces biens, nous les devons au Christ, sorti d'une vierge : car, après ce bienheureux enfantement, cette admirable naissance, la mort a été paralysée; la puissance du démon, anéantie ; ce ne sont plus désormais les hommes seulement, mais les femmes aussi qui le méprisent; et non-seulement les femmes, mais les jeunes filles.

Un berger intrépide prend le lion, redoutable pour son troupeau ; il lui brise les dents ; il lui coupe les ongles ; il fait tomber sa crinière sous les ciseaux; il en fait le jouet, méprisable et ridicule , qu'il livre aux enfants des bergers, aux jeunes filles pour servir à leur amusement : ainsi a fait le Christ, de cette mort, formidable pour notre nature, terrible, épouvantable ; il l'a prise , il a dissipé l'épouvante qu'elle inspirait; il nous l'a livrée pour amuser même des jeunes filles.

Voilà pourquoi la bienheureuse Pélagie a couru au-devant, avec un si vif transport, qu'elle n'attendit pas les mains des bourreaux, qu'elle n'entra pas au tribunal, que la grandeur de son âme la poussa à prévenir leur cruauté.

Douleurs, tortures, affreux supplices, elle était prête à tout supporter, mais elle craignait de perdre la couronne de la virginité. Et ce qui prouve combien elle redoutait le libertinage des impies, elle le prévient, elle s'empresse de se soustraire au dérèglement de leur insolence.

Jamais homme n'entreprit rien de pareil; en effet, tous les hommes qui affrontèrent le martyre, se présentèrent devant le tribunal, et là, ils montrèrent leur courage.

Mais les femmes, exposées par leur nature à certains outrages, se préoccupèrent des circonstances qui pouvaient accompagner leur mort.

Si Pélagie avait pu conserver la virginité, en acquérant la couronne du martyre, elle n'aurait pas refusé de se présenter au tribunal : mais, vu la nécessité de perdre l'une ou l'autre, elle pensa que ce serait le comble de la démence, quand elle pouvait remporter une double victoire, de ne se ménager qu'un demi-triomphe.

Donc, elle refusa d'entrer au tribunal, de s'exposer en spectacle à la licence des regards; de permettre aux désirs impurs de jouir de son (498) aspect; elle mit son corps sacré à l'abri des outrages; de la chambre virginale, du gynécée, elle passa dans un autre asile de la chasteté, dans le ciel.

Il est beau de voir autour de soi, sans pâlir, les bourreaux qui déchirent vos flancs; Pélagie n'a pas montré moins de grandeur. Pour les hommes qui souffrent le martyre, il arrive un moment que la sensibilité s'éteint dans la variété des tortures ; que la mort ne paraît plus redoutable; qu'elle semble bien plutôt la délivrance, la fin des douleurs; mais notre vierge, sans avoir encore rien souffert, lorsque son corps était intact, nullement déchiré, Pélagie eut besoin d'une âme grande et généreuse, pour sortir de cette vie par une mort violente.

Si vous admirez le courage de ces hommes intrépides, admirez donc aussi la force virile de cette vierge; si la constance de ces héros vous saisit par ce qu'elle a de sublime, soyez également saisis de la générosité sublime de cette femme, qui ose affronter une telle mort.

Ne passez pas en courant, retenez ici vos pensées. Voyez cette vierge délicate qui ne connaissait que sa chambre pudique; tout à coup des soldats l'envahissent, des soldats sont à sa porte; ils l'appellent au tribunal ; on la traîne dans la place publique pour répondre à une accusation, de quelle nature, de quelle gravité !

Pas de père auprès d'elle, pas de mère à ses côtés; ni nourrice, ni servante, ni femme du voisinage; pas une amie; elle était seule au milieu des bourreaux.

Qu'elle ait pu sortir et répondre à ces soldats, à ces bourreaux, ouvrir la bouche, faire entendre sa voix; qu'elle ait eu la force de les regarder, de conserver une contenance, de respirer, quel prodige, quel courage admirable !

Cette vertu n'appartenait pas à la nature humaine; il y avait là un surcroît qui venait de Dieu. Cependant la vierge n'était pas d'elle-même inactive; tout ce qui dépendait d'elle de faire, elle le fit; elle montra du zèle, de la prudence, de la générosité, de la résolution, de l'empressement, de l'impatience même.

Mais le succès auquel aboutirent ces excellentes dispositions fut l'effet du secours de Dieu et de la grâce d'en-haut ; en sorte que nous devons l'admirer et tout ensemble la déclarer bienheureuse ; bienheureuse, parce Dieu a été son compagnon d'armes; l'admirer, parce qu'elle ne manqua pas elle-même de courage.

Car qui ne serait frappé d'admiration en apprenant, qu'en moins d'un instant, elle conçut, résolut, accomplit ce qu'elle avait décidé? Il arrive souvent, vous le savez tous, que des projets longtemps médités, nous les rejetons lorsque le temps est venu de les accomplir; une légère crainte qui nous saisit disperse tous nos desseins; une frayeur subite suffit pour nous détourner.

Notre vierge, au contraire, en un seul et même moment, conçoit, résout, exécute un dessein si plein de terreur et d'épouvante; ni l'horreur du présent, ni la rapidité des instants, ni son abandon au milieu des embûches, ni cette circonstance qu'elle est toute seule chez elle, quand on la saisit, rien, non, rien n'a troublé cette bienheureuse ; on eût dit que c'étaient des amis, des personnes de connaissance qui lui rendaient visite, tant elle conserve la liberté dans toutes ses actions ; cette tranquillité se comprend. En effet, elle n'était pas seule, Jésus était avec elle, Jésus, son conseil il était là auprès d'elle; c'était lui qui parlait à son coeur ; c'était lui qui fortifiait son âme; c'était lui qui chassait la crainte.

Et cette protection était justice; la vierge martyre s'était d'avance montrée digne d'un pareil secours.

2. Elle sortit et demanda aux soldats la permission de rentrer et de changer de vêtements : elle rentre et revêt l'incorruptibilité, au lieu de ce qui est corruptible; l'immortalité au lieu de la mort; la vie sans fin, au lieu de celle qui n'a qu'un temps.

Pour moi, j'admire, outre ce qui a déjà été dit, que les soldats lui aient accordé ce qu'elle demandait, qu'une femme ait trompé des hommes, qu'ils n'aient, rien soupçonné de ce qui allait arriver, qu'ils n'aient pas deviné la ruse.

Ne dites pas que personne aussi n'a jamais rien fait de pareil; en effet, nombre de femmes se sont élancées dans des précipices, jetées dans les flots, ou poignardées, ou pendues; ces tragédies se renouvelaient fréquemment alors.

Non, ce fut Dieu qui aveugla les satellites et ne leur permit pas de comprendre la ruse. Elle s'envola donc du milieu des filets; comme une biche tombée entre les mains des chasseurs et qui se sauve, arrive sur le sommet d'une montagne inaccessible, et là, hors de leur portée, à l'abri de leurs traits, s'arrête, et, sans rien craindre, regarde ceux qui la poursuivaient; ainsi fait notre vierge : elle était tombée entre les mains des chasseurs qui la traquaient; sa chambre était comme un filet où on l'avait prise, elle se sauve; non sur le sommet d'une montagne; mais elle gravit les cimes du ciel même, et, de ces hauteurs, elle ne redoutait plus leur (499) approche ; et les voyant ensuite s'en retourner les mains vides, elle jouissait de la confusion des infidèles.

Attachons-nous à la bien comprendre le juge est sur son siège; les bourreaux se tiennent auprès de lui, les tortures sont préparées, tout le peuple est rassemblé ; les soldats attendent; c'est un trépignement universel, dans l'impatience du plaisir; on espère que la proie va venir, et voici que ceux qui avaient été envoyés pour s'en emparer, reviennent le front bas, les yeux regardant la terre, et racontent ce qui s'est passé.

Quelle honte, quelle affliction, quel sujet de reproches pour ces infidèles ! Comme ils ont dû baisser la tête et rougir, quand ils eurent compris qu'ils ne faisaient pas la guerre aux hommes, mais à Dieu !

Joseph, harcelé par l'insidieuse maîtresse qui le poursuivait , abandonna le manteau qu'avaient souillé les mains de l'étrangère, et s'échappa nu ; mais Pélagie déroba son corps aux atteintes des impudiques; elle dépouilla son âme qui monta nue au ciel, abandonnant aux ennemis sa chair sacrée; confondus, réduits à l'impuissance, ils ne savaient que faire de ces restes.

Voilà les oeuvres glorieuses de notre Dieu, quand il lui plaît de tirer ses serviteurs de leurs angoisses, pour les conduire à la sérénité, et de confondre les ennemis, en apparence triomphants, et de leur enlever toutes les ressources de la pensée.

Quelle position plus cruelle, que celle où s'était trouvée cette jeune vierge? quoi de plus facile que ce que méditaient ces soldats? Elle était seule dans sa chambre; ils l'y tenaient entre leurs mains, elle y était enfermée comme dans une prison, et cependant ils revinrent après avoir perdu leur proie.

Encore une fois, la vierge était seule; aucun secours, aucune ressource; aucune issue possible pour échapper de quelque côté que ce fût à ces affreux malheurs; si près de la gueule des bêtes féroces, elle se dérobe néanmoins aux dents qui allaient la dévorer, elle échappe aux piéges, aux soldats , aux juges, aux princes.

Elle vivante, tous croyaient facile de triompher. d'elle ; mais la voilà morte, et alors les pensées des bourreaux sont confondues ; il fallait leur apprendre que la mort des martyrs, c'est la victoire des martyrs.

Ce qui arriva, c'est comme si un navire chargé d'une énorme provision de marchandises, de pierres précieuses, assailli, à l'entrée même du port, par des flots qui menacent de l'engloutir, échappait à leur fureur, qui ne ferait que le pousser dans le port avec plus de célérité.

Ainsi en arriva-t-il à la bienheureuse Pélagie. Les soldats se précipitant dans sa demeure,. la crainte des tortures qu'elle attendait, les menaces du juge, toute cette tempête, plus. violente que les flots soulevés, ne fit que précipiter son vol dans le ciel ; les vagues qui allaient l'engloutir, la portèrent plus rapidement au refuge où sont les ondes tranquilles; et puis son corps, plus brillant que la foudre,.tomba,. frappant d'un éclat terrible les yeux du démon..

Car la foudre qui se précipite du ciel, nous cause moins d'épouvante, que n'en ressentirent les, phalanges du démon, quand elles virent tomber ce corps de la vierge martyre, plus redoutable que tous les tonnerres.

3. Et maintenant voulez-vous être sûrs que rien n'est arrivé que par la volonté de Dieu?

Ce qui le prouve surtout, c'est la promptitude du zèle qui a transporté la jeune vierge, c'est que les soldats m'ont pas soupçonné la ruse, c'est qu'ils ont consenti à sa demande, c'est que le fait s'est accompli.

Une autre preuve, aussi forte, peut se tirer du genre même de la mort. En effet, beaucoup de personnes sont tombées du haut d'un toit, sans se faire aucun mal; il en est d'autres qui se sont mutilé le corps, et ont vécu longtemps après leur chute; mais Dieu n'a pas voulu que rien de pareil arrivât à la vierge bienheureuse; il voulut que son âme sortît aussitôt de son corps, et il la reçut parce qu'elle avait assez lutté, parce qu'elle avait accompli sa tâche.

 

Ce n'est pas la chute, c'est l'ordre de Dieu qui a déterminé la mort. Le corps était étendu non sur un lit, mais sur le sol ; il n'était pas sans honneur, quoique gisant sur le sol; le sol même devenait un objet de vénération, pour avoir reçu ce corps si glorieux.

Ce corps n'était que plus vénérable, d'être ainsi étendu sur le sol; les outrages qu'on subit au nom du Christ, nous sont un surcroît d'honneur. Il était donc étendu sur le sol, dans ce lieu vénérable, ce corps virginal, plus précieux que l'or; les anges se tenaient à l'entour, tous les archanges le contemplaient avec un respect insigne; le Christ lui-même se tenait là.

Car, si les maîtres assistent aux funérailles des domestiques honorables, s'ils y vont sans rougir, à plus forte raison, le Christ n'a pas pu rougir d'honorer de sa présence, celle qui, pour lui, avait exhalé son âme, et affronté un si grand danger.

Elle était donc là, étendue, dans la (500) pompe magnifique qui convient aux funérailles des martyrs, parée de la confession de la foi, vêtement plus riche que toute la pourpre des rois; robe plus précieuse que tous les tissus les plus précieux ; superbe à double titre, par la virginité, par le martyre; c'est avec ces ornements de ses funérailles, qu'elle paraîtra au tribunal du Christ.

Et nous aussi, envions pour nous de pareils vêtements, et pour les jours de notre vie et pour notre mort: nous savons bien que celui qui se pare de vêtements d'or, n'en recueille aucune utilité; au contraire, il s'expose à de nombreux reproches

il semble même, dans le sein de la mort, ne pas renoncer à une gloire qui n'est que vanité; s'il est revêtu de bonnes oeuvres il aura, même après sa mort, beaucoup de bouches pour célébrer ses louanges.

Sachons-le bien : la splendeur même de nos cours impériales paraîtra aux yeux de tous moins brillante que le sépulcre où sera couché ce corps qui a vécu dans la vertu, dans la piété.

Vous êtes les témoins de ce que je déclare, ô vous qui, dédaignant les sépultures des riches malgré l'or et les étoffes magnifiques qui les décorent, vous en détournez comme on s'écarte des cavernes, et courez avec amour auprès de cette sainte, qui a choisi le martyre, la confession de la foi, la virginité, et non des vêtements d'or pour ses ornements, et qui est morte dans le martyre.

Imitons-la de toutes nos forces. Elle a méprisé la vie; de notre côté, méprisons les délices, raillons la somptuosité; loin de nous l'ivresse, l'intempérance.

Ce n'est pas sans dessein que je prononce ces paroles, mais c'est que j'en vois beaucoup qui, au sortir de ce spectacle tout spirituel, vont courir aux lieux où l'on s'enivre, où l'on mange, aux tables d'hôte, dans d'autres endroits encore où l'infamie réside.

C'est pourquoi, je vous en prie, je vous en donne l'exhortation et le conseil, ayez toujours présente à votre mémoire, à votre pensée, cette vierge sainte, ne déshonorez pas cette assemblée, ne ruinez pas la confiance que cette fête nous inspire.

Nous n'avons pas tort dans nos entretiens avec les Gentils, de parler avec orgueil de la foule qu'attire cette solennité; nous les voyons rougir devant nous, quand nous leur disons que la ville entière, qu'un si grand peuple, parce qu'une simple fille est morte, s'attroupe ainsi en son honneur, et cela chaque année, après tant d'années, que le temps écoulé depuis n'a jamais pu interrompre ni refroidir les hommages fidèles à sa mémoire.

Mais si les Gentils soupçonnaient ce qui se passe dans cette assemblée, combien ne perdrions-nous pas de leur respect ! Quand cette foule, ici réunie, conserve l'ordre et la décence, c'est pour nous la plus belle gloire; mais son indolence, son mépris des, devoirs, c'est notre honte, et cette honte nous accuse.

4. Si donc vous voulez que nous puissions nous glorifier de ce grand rassemblement de votre charité , retirez-vous dans nos demeures avec l'ordre parfait qui convient à ceux qui se sont réunis auprès de cette bienheureuse martyre.

Celui qui ne s'en retournerait pas dans ces dispositions, non-seulement n'aurait rien gagné, mais il s'exposerait au plus grand danger.

Je sais que vous êtes exempts des maladies qui souillent l'âme, mais cette excuse ne doit pas vous suffire; vous devez encore, quand vos frères oublient la décence, les ramener à la modestie parfaite, les rétablir dans la pureté, dans l'honnêteté convenable. Vous avez, par votre présence, honoré la martyre; honorez-la encore en redressant ceux qui sont proprement ses membres.

Si vous voyez un rire désordonné, une course indécente, une démarche indigne, une allure inconvenante, montrez-vous, et fixez des regards sévères, des regards qu'on redoute. Mais on vous méprise, on ne fait que rire plus fort à vos dépens? Prenez avec vous, deux frères, ou trois, ou un plus grand nombre, afin que ce plus grand nombre vous assuré le respect.

Vous ne parvenez pas encore, même par ce moyen, à corriger leur démence, dénoncez-les aux prêtres.

Mais il est impossible que leur impudence aille jusqu'à mépriser les reproches, les exhortations; je ne saurais croire qu'ils ne finissent pas par s'amender, par renoncer à ces dérèglements, à ces frivolités licencieuses.

Supposez que vous en ayez reconquis une dizaine, ou trois, ou deux, ne fût-ce qu'un seulement, vous retournerez chez vous, enrichi d'un gain précieux.

La route est longue: profitons dé la longueur de la route, pour recueillir dans notre mémoire les discours que nous aurons entendus ici : voilà le moyen de parfumer le chemin des plus suaves odeurs.

La route aurait moins de charmes, quand l'air, dans tout le parcours, serait embaumé de senteurs exquises, qu'elle ne serait charmante aujourd'hui, si tous les fidèles qui la suivront, regagnaient leurs demeures, en se racontant l'héroïsme de notre martyre, chacun se servant (501) de sa langue comme d'un encensoir pour l'honorer.

Quand l'empereur fait son entrée dans une ville , avec quel ordre les files des soldats s'avancent, de droite et de gauche, s'exhortant mutuellement à marcher sans confusion, avec les précautions que le respect commande, à qui veut paraître digne des regards du peuple !

 

Faisons comme eux; car nous aussi nous escortons un empereur; non un empereur visible, non un empereur qui ne commande que sur la terre, mais le Maître et le Seigneur des anges.

Marchons donc, nous aussi, en bon ordre, nous exhortant, les uns les autres, à nous avancer comme il convient, en gardant nos rangs, de telle sorte qu'on admire, non-seulement notre grand nombre, mais encore la beauté de notre défilé.

Parlons mieux n'eussions-nous aucun témoin, fussions-nous seuls à faire ce trajet, même alors il ne faudrait pas nous abandonner à des allures inconvenantes, parce qu'il y a un oeil qui ne dort pas, présent partout, regardant tout.

Considérez encore qu'un grand nombre d'hérétiques sont mêlés avec nous; s'ils nous voient ainsi dansant , riant, poussant des cris, en proie à l'ivresse, ils nous condamneront en toute sévérité, ils s'éloigneront de nous.

Si, pour un seul homme qu'on scandalise, on s'attire un inévitable châtiment, nous qui aurons scandalisé un si grand nombre d'hommes, quel châtiment n'encourrons-nous pas?

Mais loin de nous ce malheur, qu'après ces discours, qu'après cette exhortation , aucun de nous s'expose à tomber dans de tels égarements ! Car si jusqu'à présent ces fautes ne méritaient pas de pardon, après notre réunion d'aujourd'hui, et les reproches que vous venez d'entendre, la peine sera bien plus inévitable encore, tant pour ceux qui s'abandonnent à ces excès, que pour ceux qui les voient avec indifférence.

Donc, pour préserver vos frères des châtiments, et pour vous assurer à vous-mêmes une plus belle récompense, prenez en main le soin du salut de vos frères; engagez-les à recueillir, à se rapporter mutuellement les discours que vous avez entendus, pour les méditer pendant tout le parcours de la route, pour offrir, à ceux qui sont restés, qui ont été laissés dans leurs maisons , les restes dé notre table, pour vous apprêter, même chez vous, un brillant repas.

C'est ainsi, en effet, que nous retirerons de cette fête tout le sentiment qu'elle doit imprimer profondément dans nos âmes; que nous nous assurerons la plus grande bienveillance de la sainte martyre, juste retour de la sincérité de notre respect.

Notre présence ici, notre tumultueux empressement, lui sera bien moins agréable, que le plaisir de nous voir emporter d'ici une abondante et lourde moisson de grâces spirituelles.

Puisse notre sainte nous mettre en possession de ces fruits, par ses prières, et, avec elle, puissent tous ceux qui ont lutté comme elle, nous obtenir de conserver la mémoire des discours de ce jour, et de tous les autres; de les reproduire dans toutes nos actions, afin d'être, à toutes les heures de notre vie, agréables au Dieu à qui appartient la gloire, la. puissance, dans tous les siècles des siècles. Amîn.

Ste-Pelagie-2.jpg

Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article
7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 10:29

Saint Serge et Bacchus, martyrs († 304) Fêtés le 7 Octobre à notre Calendrier Syriaque.

88258245_p.jpg 

 

 

À Rosafa en Euphratésie de Syrie, Serge était un officier  romain, commandant avec son collègue officier Bacchus une troupe d'élite composée de Barbares, appelée la Schola Gentilium. (1) Sergius était sans doute un officier romain qui commandait une troupe de soldats sur la frontière des Parthes en Orient. 

 

88258243_p.jpg 

 

Durant la persécution de Dioclétien, le co-empereur Maximien en visite en Commagène (aujourd’hui région de la Syrie) voulut offrir des libations à Jupiter, Sergius et Bacchus ne vinrent pas, puis refusèrent du fait qu’ils étaient chrétiens. Ils furent dénoncés comme chrétiens et confessèrent courageusement leur foi. Bacchus mourut sous la flagellation; Serge, après divers tourments dont il sortit indemne, fut finalement décapité.

Martyr-de-Sts-Serge-et-Bachus.jpg

 

Le culte des martyrs fut important et une église à leurs noms fut construite à Constantinople par l'empereur byzantin Justinien (527-565). Serge est connu grâce à la ville de Rosaffa, 200 kms à l'est d'Alep en Syrie, devenue Sergiopolis où on vénérait leur tombe et abritait le martyrium de Serge et Bacchus, dès la fin du IIIe ou du début du IVe siècle. Rosaffa devint un grand centre de pèlerinage au Vème siècle. C'est sous le règne de Justinien que furent construits les murailles, les citernes et les autres bâtiments encore visibles. Au 6ème siècle, on bâtit une muraille de trois mètres d'épaisseur entourant un rectangle de 500 mètres sur 100 mètres pour protéger des voleurs les dons que faisaient les pèlerins. La ville fut pillée en 616 par les Perses mais le pèlerinage chrétien subsista jusqu'au XIIIème siècle et les ruines sont toujours imposantes.

 

thumb_sergiopolis.jpg 

Il ne reste que quelques ruines de ce qui fut un centre de pèlerinage d'une richesse inouïe.
Des reliques de saint Serge parvinrent en Gaule dès le VIIème s. et il existe toujours à Angers une basilique gothique qui lui est dédiée.

 

thumb_sergeangers.jpg
Le 29 septembre 2013, l'ancienne église de Saints-Serge-et-Saint-Bacchus dans Maaloula (Syrie) a été détruite par les rebelles "syriens", ses icônes, de renommée mondiale, volées ou détruites, dans l'indifférence générale.

88258349_p.jpg

Sources:

 

1. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1980/Saint-Serge.html

2. http://unjourunsaint.hautetfort.com/archive/2006/10/06/saint-serge-7-octobre.html

 

 

 

Repost 0
Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne
commenter cet article

Recherche

Liens