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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:00

 

La Foi de Saint Thomas

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 « Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi. »

Il y a, je pense, quatre raisons pour lesquelles le Seigneur montre aux apôtres son côté, ses mains et ses pieds. Premièrement, pour prouver qu'il était vraiment ressuscité et nous enlever tout sujet de doute.

Deuxièmement, pour que « la colombe », c'est-à-dire l'Église ou l'âme fidèle, établisse son nid dans ces plaies, comme « au creux du rocher » (Ct 2,14) et y trouve un abri contre l'épervier qui la guette.

Troisièmement, pour imprimer dans nos coeurs, comme des insignes, les marques de sa Passion.

Quatrièmement, pour nous avertir et nous demander d'avoir pitié de lui et de ne pas le transpercer de nouveau des clous de nos péchés.

      Il nous montre ses mains et ses pieds :

-« Voici, dit-il, les mains qui vous ont façonnés (cf Ps 118,73) ; voyez comme les clous les ont transpercés.

Voici mon coeur, où vous êtes nés, vous les fidèles, vous mon Église, comme Eve est née du côté d'Adam ; voyez comme la lance l'a ouvert, afin que vous soit ouverte la porte du Paradis, que tenait fermée le Chérubin de feu.

Le sang qui a coulé de mon côté a écarté cet ange, a émoussé son glaive ; l'eau a éteint le feu (cf Jn 19,34)...

Écoutez avec soin, recueillez ces paroles, et vous aurez la paix avec vous.»

 

(Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l'Eglise
Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Eds. Franciscaines 1944, p. 139))

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 10:58

 

La mort n'est rien,

dormition2 (Medium)



Je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent,
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez,
Pensez à moi,
Priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l'a toujours été,
Sans emphase d'aucune sorte,
Sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.



(Charles Péguy, d'après un texte de Saint Augustin)

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 10:48

En Égypte, Al-Azhar prépare une conférence islamo-chrétienne pour « contrer l’extrémisme » 

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Source :
En Égypte, Al-Azhar prépare une conférence islamo-chrétienne pour « contrer l'extrémisme »

Le grand imam d'Al-Azhar, principale institution de l'islam sunnite basée au Caire (Égypte), prépare une

conférence islamo-chrétienne qui se tiendra du 3 au 5 décembre au Caire pour « contrer le discours extrémiste ».

« Les musulmans sont critiqués parce qu'ils ne s'expriment pas assez contre le terrorisme. La rencontre

portera sur la littérature, le discours extrémistes », a expliqué mardi 4 novembre le secrétaire général du

Comité pour le dialogue islamo-chrétien (au Liban), Mohammad Samak, de passage à Paris, mardi 4 

novembre, pour un colloque sur « Le monde arabe en mouvement » organisé par la commission Paris-

Beyrouth de l'Ordre des avocats.

Sunnites et chiites

Environ 150 personnes devraient être invitées : côté musulman, « tous les pays de l'Indonésie jusqu'au

Maroc » devraient être représentés, et seront présents des responsables sunnites comme chiites. Côté

chrétien, des responsables des Églises orientales, du Vatican et du Conseil œcuménique des Églises à

Genève ont été conviés.

Le premier jour sera consacré à l'actualité et aux violences commises, au nom de l'islam, par les combattants

de l'organisation Daech. « Nous ne nous contenterons pas de condamner. Nous expliquerons pourquoi et

comment contrer le terrorisme en théologie musulmane », a indiqué Mohammad Samak.

État civil, citoyenneté et égalité des droits

Le deuxième jour, la conférence traitera des relations islamo-chrétiennes, « avec la participation des Églises

orientales ». Et enfin, le dernier jour abordera les thèmes de « l'État civil » (expression utilisée dans le monde

musulman comme synonyme d'État laïc), « de la citoyenneté et de l'égalité des droits », en s'inspirant des

trois documents publiés en 2010 et 2011 par Al-Azhar dans le cadre de la Maison de la famille égyptienne.

Cette initiative fait suite à la lettre écrite fin septembre par plus de 120 savants musulmans du monde entier

au calife auto-proclamé du prétendu État islamique, Abu Bakr Al Baghdadi. Initiée par le prince jordanien

Ghazi bin Muhammad bin Talal, elle exposait, point par point, les fautes commises par le chef autoproclamé

du « califat » au regard du droit et des sciences islamiques.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 06:36

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Quelques aspects de la spiritualité Orthodoxe

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Pour les ascètes, l'Église se comprend d'abord comme l'«arche du salut».

Pour les missionnaires, l'Église est vécue comme le « Corps du Christ ».

Tandis que, pour les spirituels, l'Église s'expérimente d'abord comme le «Temple de l'Esprit Saint ».

Ces trois types de piété chrétienne orthodoxe et ces trois ecclésiologies s'expriment également dans leur rapport au monde, dans leurs pratiques, dans leurs styles. Paul Evdokimov écrivait dans son «Message aux Églises» en 1950 :

Le roi Midas transformait tout ce qu'il touchait en or. Un chrétien par son attitude intérieure peut rendre toutes choses légères, les transformer en icônes, images de leur vérité. Le style, une fois devenu authentiquement catégorie spirituelle, agira à lui seul plus efficacement que les sermons.

Plutôt que de chercher des différences confessionnelles structurelles et indépassables entre chrétiens de différentes appartenances, comme on le fait parfois entre papo-césaristes ou césaro-papistes, on prendra l'exemple de la doctrine chrétienne orthodoxe de la paix et de la guerre pour montrer que les différences entre les chrétiens sont plus de l'ordre du contexte géo-historique et du niveau de conscience anthropologique que de la théologie confessionnelle.

Les fruits de ces différents types de conscience spirituelle peuvent être très différents.

On peut considérer que, selon les contextes (société traditionnelle / société moderne ; ville / campagne), les périodes (avant le conflit, pendant le conflit, après le conflit) et les profils spirituels, il existe trois rapports fondamentaux à la violence.

Ces trois rapports peuvent être; tous trois à la fois légitimes et complémentaires s'ils aboutissent à faire progresser la paix et donc, dans une perspective religieuse, à faire advenir le rayonnement divin (shalom) et l'harmonie cosmique.

Pour les «ascètes», le combat contre le mal est nécessaire. On peut donc avoir recours à la violence physique. Car la lutte contre les passions réclame un engagement total de l'âme et du corps tournés vers l'Esprit.

Saint Silouane de l'Athos répétait les paroles du Christ : « Etroite est la porte et resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent» (Matt., 7, 1454).

Les ascètes savent, qui plus est, que le mal est une réalité angélique disposant d'une conscience de soi. Leur combat contre le malin se mène avec des armes différentes s'il s'agit d'une période de suggestion de la tentation ou d'emprise totale.

Pour les «missionnaires», le combat contre le mal ne peut être vécu seulement au plan individuel. C'est pourquoi l'institution ecclésiale peut soutenir une guerre défensive.

L'Église Orthodoxe dispose même d'un rituel de bénédiction des armes. Mais la guerre est toujours un mal, c'est pourquoi elle est strictement interdite aux prêtres par les canons. Et si l'Église Orthodoxe a refusé de s'opposer par la force aux Tatars au XIIIe siècle, saint Serge de Radonège a donné sa bénédiction à Dimitri Donskoï.

Pour les «spirituels» enfin, la violence n'est vaincue que si on accepte de prendre sur soi les agressions, c'est-à-dire de saisir sa part de responsabilité dans le déchaînement de la violence.

Cette prise sur soi de la violence, dont les saints princes Boris et Gleb furent les exemples dans la Rus' médiévale, s'apparente à la recommandation de se « tenir contre » le mal de saint Paul.

Le refus de toute violence au nom du Christ est possible grâce au pouvoir de la liberté, de la vérité. Cette prise sur soi revêt différentes formes selon les contextes. Certains exégètes considèrent que l'expérience de tendre sa joue gauche à celui qui a frappé la joue droite, loin d'être une forme de faiblesse, peut être considérée comme une forme d'humour et de dérision à l'égard de l'expression d'une pseudo-puissance.

Le pardon est la capacité à rétablir la paix par effacement de tout ressentiment.

Le martyre signifie le témoignage de sa foi, la vision de Dieu expérimentée par Etienne telle qu'elle est rapportée par les Actes des Apôtres.

Le pouvoir du glaive dans la doctrine chrétienne est donc d'ordre spirituel.Il est la capacité à discerner entre le vrai et le faux et à trancher entre le juste et l'injuste.

Ainsi pour l'orthodoxie chrétienne la paix est une expérience d'harmonie et de confiance qui se reçoit du Christ. Elle demande un combat intérieur de transfiguration du mal par la vérité, elle implique un engagement collectif pour le triomphe de la justice et de la réconciliation, et elle se traduit par une prise sur soi de la violence par participation à l'œuvre eschatologique de Jésus-Christ. 

(Antoine Arjakovsky

Qu'est-ce que l'orthodoxie)

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 06:30

Guerre islamique ou guerre contre l'Islam ? (Eléments de réflexion...)

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Assistons-nous actuellement à une guerre fomentées par des réseaux internationnaux athés qui utilisent des mercenaires regroupés sous le nom d'Armée Islamique d'Irak et du Levant pour salir et tuer l'islam.....Ecoutons attentivement les explications du Sayyed Hassan Nasrallah qui peuvent nous éclairer.
 Source : France-Irak Actualité. 
Extrait du discours de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah libanais, à l’occasion de l’Ashoura (27/10/14)qui commémore pour les chiites le martyre de l’Imam Hussein, petit-fils du prophète Muhammad tué à Kerballa en 680.
[...] 
Ce que nous vivons actuellement dans le monde islamique, et dans notre région en particulier, à la lumière des développements qui se sont produits ces dernières années, et de la montée en puissance, de l’expansion et de la prise de contrôle, par le courant que nous désignons comme « takfiri », de territoires très étendus dans certains pays arabes et islamiques, ainsi que ses pratiques épouvantables, barbares et outrageantes auxquelles nous assistons et dont nous entendons parler jour et nuit, tout cela nous appelle à prendre une position courageuse, et également à définir clairement la nature du danger que représente la prise de contrôle par le courant takfiri de tel ou tel pays arabe ou musulman, ou même de plusieurs pays. 
O mes frères et sœurs ! En toute franchise – et mon propos sera simple et clair, et mes preuves le seront également –, et comme à mon habitude, je m’abstiendrai de tout recours à une terminologie érudite ou complexe. En toute franchise, oui, nous pouvons dire aujourd’hui que ces dangers qui menacent l’Islam sont comparables à ceux de l’année 60-61 de l’Hégire [martyre de l'Imam Hussein au moment où l'Islam était menacé d'extinction].
Premièrement, la menace que fait peser ce courant sur l’Islam en tant que religion, Message, valeurs, principes. Comment ? Laissez-moi vous présenter des preuves qu’il y a un véritable danger.
Premièrement, dans le discours de ce courant, ils se revendiquent de l’Islam, ils se réclament du Coran, et comme le prédisaient certaines prophéties concernant notre époque, ces individus connaissent le Coran par cœur. Ils apprennent le Coran et l’invoquent en guise de preuve, ils récitent ses versets dans leur discours public. Et même sur le terrain, au moment où ils envahissent, égorgent, tuent, ou accomplissent l’une de leurs atrocités, qu’ils retransmettent à la télévision ou sur Internet, ils invoquent Dieu dans leurs déclarations : « Dieu Tout-Puissant a dit, etc. »
Bien sûr, ils ont un problème de compréhension des versets coraniques, et se basent sur des faux-semblants. Ils font de graves erreurs dans la compréhension du Coran et dans son interprétation – mais c’est là une recherche exégétique à part qui n’a pas sa place dans un tel discours.
Mais ce qu’il faut retenir est que pour chacun de leurs actes, ils invoquent l’autorité de versets coraniques, ou de hadiths falsifiés et faussement attribués au Prophète (saas). Ils prétendent : « Le Prophète a dit telle et telle chose. »
C’est-à-dire qu’ils ne justifient pas leurs actes criminels en les attribuant au penseur, au savant, au Cheikh, au Professeur ou au mouvement dont ils sont les adeptes et dont ils suivent les traces et la voie par leurs actes. Mais ils cherchent à attribuer ces crimes directement au Livre de Dieu le Très-Haut et à Son Prophète – paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille.
Bien sûr, c’est quelque chose de très dangereux. Que veulent-ils faire par-là ? Il s’agit d’implanter dans l’esprit des gens, incident après incident, jour après jour, année après année, que c’est cela l’Islam. (Ils veulent répandre l’idée)que c’est cela l’Islam, non pas que ce serait par exemple une secte déviante ou égarée, qui n’a rien à voir avec l’Islam, non !
Et c’est pourquoi nous commençons à entendre dans certains endroits de l’Occident, et même dans notre région, des personnes qui prétendent que cela n’est pas dû au fait qu’il y a dans l’Islam différentes écoles, de la diversité, des interprétations divergentes, des courants de pensée variés, non, ils prétendent que l’Islam, c’est ça ! « Telle est votre religion, tel est votre Coran, tel est votre Prophète ! » Et naturellement, c’est là quelque chose de dangereux, de très dangereux.
Eh bien, avec le temps, cela enracinera dans les esprits cette compréhension infamante et fausse de l’Islam, du Livre de l’Islam, le Coran, et du Prophète de l’Islam, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille.
Je peux déclarer avec certitude que ce qui se produit aujourd’hui est la plus grande distorsion de l’Islam dans l’Histoire. Je le déclare en toute franchise.
Premièrement, parce que la nature des événements qui se déroulent aujourd’hui a peu d’exemples dans l’Histoire, pour autant qu’elle ait un précédent – et on en trouve effectivement des exemples ici ou là.
Mais surtout pour cette deuxième raison, à savoir que nous sommes aujourd’hui à une époque où existent des moyens de communication, des médias, qui transmettent les vidéos, images, sons, propos, à chaque maison, à chaque oreille du monde entier.
Par le passé, il y a des centaines d’années, de telles atrocités ont pu être perpétrées, mais elles n’ont pas été rendues publiques en images, son et avec précision et détails. Elles n’ont été révélées que bien après qu’elles aient été commises.
Mais aujourd’hui, tout se fait en direct. Aujourd’hui, on égorge en direct. Les massacres de masse sont commis en direct. Et les divers crimes commis sont disponibles en image et en son.
Et vous savez bien que cela est beaucoup plus marquant pour les esprits, les cœurs et les sentiments, bien plus que la diffusion à l’oral ou à l’écrit.
C’est pour cela que ce qui se passe aujourd’hui est bien la plus grande menace que l’Islam ait dû affronter en ce qui concerne le dénigrement de ses valeurs, de ses enseignements, de sa pensée et de sa réputation.
La conséquence de tout cela, c’est, premièrement, que les non-musulmans s’éloignent de l’Islam.
Aujourd’hui, dans beaucoup de pays du monde, il y a des gens qui ne suivent aucune religion, et que ce soit du fait d’un manque au niveau de la pensée, du dogme, de la spiritualité, du moral, etc., ils s’instruisent au sujet de l’Islam et s’y convertissent.
Il y a des adorateurs d’idoles dans le monde. Il y a des principes et des dogmes variés.
Beaucoup d’entre eux acceptent l’Islam et sont accueillants envers lui, partout dans le monde.
Que se passe-t-il à présent ? On propose un modèle qu’on veut faire passer pour l’Islam, et plus encore, on veut le faire passer pour l’Islam authentique, pour l’Islam véridique – car ils insistent beaucoup sur pour cette terminologie :« authentique », « véridique », « droit», etc.
Et bien sûr, quiconque voit ces crimes se dit « Alors c’est ça l’Islam ? Je ne veux pas en entendre parler. » Il ne sera même pas prêt à en discuter, à s’en approcher, à faire des recherches, à poser des questions.
La deuxième conséquence, c’est que tout cela éloigne les non-musulmans des musulmans. Car tout cela présente les musulmans comme un groupe de barbares, de criminels assoiffés de sang, qui ne peuvent cohabiter avec absolument personne. Et naturellement, cela expose les musulmans en tant que communautés, groupes et peuples, dans le monde entier, aux dangers de l’isolement, de l’animosité et aux sentiments d’hostilité.
La troisième conséquence, qui est également très dangereuse, est que tout cela éloigne les musulmans eux-mêmes de l’Islam. Il y a beaucoup de musulmans qui ne connaissent que peu de choses de l’Islam. Et lorsque tous les médias viennent leur dire : « Voilà ce qu’est l’Islam, voilà les cheikhs de l’Islam, les savants de l’Islam, les djihadistes de l’Islam, les égorgeurs de l’Islam », beaucoup de ces musulmans diront alors : « ça suffit. Nous n’avons rien à voir avec cette religion, rien à voir avec l’Islam. »
Et c’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à des commencements – je ne veux pas amplifier cette réalité, mais dans plus d’un pays arabe, jusqu’à l’intérieur de l’Arabie Saoudite, en Egypte, dans d’autres endroits, il y a des commencements d’athéisme, on commence à parler d’une vague d’athéisme.
Pourquoi [s'en inquiéter ?] ? Parce que les choses en viendront à la remise en question du Coran, de la prophétie de Muhammad – paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille –, [on se demandera] est-ce que c’est un Prophète de Dieu ou non, jusqu’à la remise en cause de Dieu et de son existence même.
Ce que dit l’expression populaire, « Ils rendent les musulmans mécréants », c’est cela même. Il y en a des débuts dans plusieurs endroits. Je ne parle pas d’un mouvement ou phénomène important, mais en guise de précaution, car il y a des données qui évoquent cela, en guise de précaution, je dis qu’il y a là des commencements, des commencements dangereux.
Cela touche jusqu’aux croyants fervents et enracinés dans l’Islam. Il vient un moment où, à cause de cette insistance, durant des mois et des années, par exemple : Les terroristes bombardent ? (Ils le font en criant) « Allahu Akbar ! » [Dieu est le plus grand]. Ils égorgent? (Ils le font en criant) « Allahu Akbar ! ». Quel que soit l’acte qu’ils commettent, (ils crient) « Allahu Akbar ! ». A force, on en arrive à un moment où dès qu’on entend « Allahu Akbar ! », on se demande « Qu’est-ce qu’il y a ? Un meurtre ? Un égorgement ? Une catastrophe quelconque au sein des peuples des pays arabes et musulmans ? ».
Jusqu’à en arriver au dénigrement de toute la pensée islamique, des mœurs, de la culture, des symboles et des traditions islamiques. Le hijab (voile islamique) et l’abaya (robe islamique) deviennent une manifestation choquante, etc. La barbe devient une manifestation choquante. Le terme « djihad » devient un terme infâme. Le terme « martyre »devient un terme infâme.
N’est-ce pas là un danger pour l’Islam ? Qu’est-ce que l’Islam ? Ce sont ces concepts, ces enseignements, ces valeurs, ces habitudes, ces traditions.
Voilà pour le premier point, en ce qui concerne la menace qui pèse sur l’Islam.
Lorsqu’on en vient à la menace contre la structure générale de la Nation (islamique), car de fait, ils menacent maintenant la structure tout entière de notre Communauté : ils déchirent cette Communauté, ils la divisent, ils rendent licite l’atteinte à son sang, à ses biens, à son honneur, à ses sanctuaires, à ses mosquées, à ses Eglises, qui constituent une autre partie de cette Communauté, à tous les vestiges historiques, tout ce qui a un rapport avec l’Histoire, tous les tombeaux, etc., tout cela n’a aucune place.
La scène générale qu’ils présentent est une scène de déchirement, de destruction, de combats sanglants. Considérez donc l’ensemble de la région : dans toute la région, on ne voit que des conflits sanglants ici, là, là-bas, etc.
Pourquoi donc ? Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?
Au point où les gens ne peuvent plus parler les uns avec les autres, ni dialoguer, ni trouver d’issue politique, ni même trouver aucun moyen de s’entendre. Quelle en est la cause ?
Bien sûr, il y a diverses raisons, mais l’une des causes principales et premières est que se sont implantés dans notre région des forces et des mouvements qui ne sont prêts ni au dialogue, ni au débat, qui croient posséder la vérité absolue, et qui considèrent quiconque est différent d’eux de cette manière négative, radicale, intransigeante et haineuse dont je vais parler. Voilà ce qu’il en est. Eh bien, si nous en venons, après cette première partie – laissez-moi conclure cette première partie en disant : oui, ce qui se passe maintenant dans notre région et dans le monde constitue une menace pour l’Islam en tant que religion, et une menace pour la Communauté et les sociétés islamiques en tant qu’entités.
[...]
 
 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 06:29

Qui est digne de mon attention ?

St Isaac le Syrien (Celui qui prie...Rancune...)

 

N'essaie pas de distinguer celui qui est digne de celui qui ne l'est pas. Que tous les hommes soient égaux à tes yeux pour les aimer et les servir. Ainsi tu pourras les amener tous au bien. Le Seigneur n'a-t-il pas partagé la table des publicains et des femmes de mauvaise vie, sans éloigner de lui les indignes?

 

Ainsi tu accorderas les mêmes bienfaits, les mêmes honneurs à l'infidèle, à l'assassin, d'autant plus que lui aussi est un frère pour toi, puisqu'il participe à l'unique nature humaine. Voici, mon fils, un commandement que je te donne : que la miséricorde l'emporte toujours dans ta balance, jusqu'au moment où tu sentiras en toi la miséricorde que Dieu éprouve envers le monde.

Quand l'homme reconnaît-il que son cœur a atteint la pureté ? Lorsqu'il considère tous les hommes comme bons sans qu'aucun lui apparaisse impur et souillé. Alors en vérité il est pur de cœur (Mt 5,8)...


Qu'est-ce que cette pureté ? En peu de mots, c'est la miséricorde du cœur à l'égard de l'univers entier. Et qu'est-ce que la miséricorde du cœur ? C'est la flamme qui l'embrase pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons, pour tout être créé. Quand il songe à eux ou quand il les regarde, l'homme sent ses yeux s'emplir des larmes d'une profonde, d'une intense pitié qui lui étreint le cœur et le rend incapable de tolérer, d'entendre, de voir le moindre tort ou la moindre affliction endurée par une créature.

 

C'est pourquoi la prière accompagnée de larmes s'étend à toute heure aussi bien sur les êtres dépourvus de parole que sur les ennemis de la vérité, ou sur ceux qui lui nuisent, pour qu'ils soient gardés et purifiés. Une compassion immense et sans mesure naît dans le cœur de l'homme, à l'image de Dieu.

 

(Saint Isaac le Syrien (7ème siècle), moine près de Mossoul
Discours ascétiques, 1ère série, no. 81 (trad. AELF ; cf trad. Touraille, DDB 1981, p. 395))

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 06:24


Par Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église . De l'amour des pauvres, 4-6 ; PG 35, 863 (trad. Orval) 

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« En agissant ainsi, tu as appris à ton peuple que le juste doit être ami des hommes » (Sg 12,19)


            Le premier des commandements et le plus grand, le fondement de la Loi et des prophètes (Mt 22,40) c'est l'amour qui, il me semble, donne sa plus grande preuve dans l'amour des pauvres, dans la tendresse et la compassion pour le prochain.

Rien ne fait honneur à Dieu comme la miséricorde, car rien ne lui ressemble plus.

« La miséricorde et la vérité marchent devant sa face » (Ps 88,15), et il préfère la miséricorde au jugement (Os 6,6).

Rien autant que la bienveillance envers les hommes n'attire la bienveillance de l'Ami des hommes (Sg 1,6) ; sa récompense est juste, il pèse et mesure la miséricorde. 


           Il faut ouvrir notre cœur à tous les pauvres, et à tous les malheureux, quelles que soient leurs souffrances.

C'est le sens du commandement qui nous demande de « nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie et de pleurer avec ceux qui pleurent » (Rm 12,15).

Étant, nous aussi, des hommes, ne convient-il pas d'être bienveillants à l'égard de nos semblables ?

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 06:26


Par Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église .
Sur la mort de son frère, § 6 (trad. coll. Migne n°84, p. 225 rev.) 

 
LE DEUIL et les pleurs chrétiennes:

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« Quand Jésus vit que Marie pleurait, et que les juifs venus avec elle pleuraient aussi, il fut bouleversé d’une émotion profonde » (Jn 11,33)


Pourquoi est-ce que je te pleurerais, mon frère qui m'aimais tant et qui m'a été enlevé…?

Car je n'ai pas perdu mes relations avec toi ; elles ont complètement changé pour moi : jusqu'ici elles étaient inséparables du corps, maintenant elles sont indissociables des sentiments.

Tu restes avec moi et tu y resteras toujours…

L'apôtre Paul me rappelle et met une sorte de frein à mon chagrin par ces mots… :

-« Nous ne voulons pas, frères, vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, pour que vous ne soyez pas tristes comme les autres qui n'ont pas d'espérance » (1Th 4,13)… 

Mais tous les pleurs ne sont pas signe de manque de foi ou de faiblesse.

La douleur naturelle est une chose, la tristesse de l'incroyance en est une autre…

La douleur n'est pas seule à avoir des larmes :

la joie a ses larmes, l'affection elle aussi fait venir les pleurs et la parole arrose le sol de larmes, et la prière, selon les mots du prophète, baigne de larmes notre lit (Ps 6,7).

Quand on a enseveli les patriarches, leur peuple aussi a beaucoup pleuré sur lui-même. Les larmes sont donc des signes d'affection et non des incitations à la douleur.

J'ai pleuré, je l'avoue, mais le Seigneur aussi a pleuré (Jn 11,35) ; lui a pleuré quelqu'un qui n'était pas de sa famille, moi un frère.

Lui, en un seul homme, a pleuré tous les hommes ; moi je te pleurerai, mon frère, en tous les hommes. 

C'est avec notre sensibilité que le Christ a pleuré, non avec la sienne, car la divinité n'a pas de larmes…

Il a pleuré en cet homme qui était « triste à en mourir » (Mt 26,38) ; il a pleuré en celui qui a été crucifié, qui est mort, qui a été enseveli ; il a pleuré en cet homme...né de la Vierge.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 09:53

III —EN QUOI FAUT-IL SURTOUT DONNER   L'EXEMPLE ?

Le chrétien doit évidemment don­ner l'exemple de toutes les vertus: foi, espérance, charité envers Dieutempé­rance, justice, prudence, force; patience, douceur, humilité, indulgence, miséri­corde, support mutuel, etc... Personne n'est dispensé de pratiquer telle ou telle vertu. Il faut nous efforcer de les pra­tiquer toutes et le plus parfaitement possible.

 

Mais il y a une vertu qui devrait émerger chez tout chrétien, précisément parce que Nôtre Seigneur a voulu en faire le signe distinctif de ses disciples : LA CHARITE FRATERNELLE. Le divin Maître revient sans cesse sur l'importance de ce précepte. C'est SON commandement. "Ceci est mon comman­dement: que vous vous aimiez les uns les autres." C'est le renouvellement qu'il apporte à l'humanité régénérée en lui et par lui : "Je vous donne un comman­dement nouveau." Il apporte cette loi d'amour universel, non seulement en paroles, mais en actes, et pour ainsi dire par tout lui-même : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." (Jean, XIV, 34)

 

De par la volonté même de son Fon­dateur, l'Église (Ici, il est question de la véritable Église) est une communauté de charité. Son but, son objet, sa mission pas de dette envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. Et plus loin il ajoute: "La charité est donc la loi dans sa plénitude" (Rom., XIII, 8-10).

 

"Mais si le Christ, après les pro­phètes, insiste si fortement, en actes et en paroles, en commandements et en paraboles, sur la nécessité d'aimer effec­tivement le prochain, c'est qu'il sait bien que cela reste toujours pour nous le plus difficile. Il faut toujours y insister, car cela a toujours besoin de progresser. L'amour fraternel, condition de notre vie de fils de Dieu, est à la fois le point de départ de tout, puisque sans lui il n'y a pas de grâce, et le sommet de tout, car la perfection de la charité, c'est la perfection même et l'achèvement de la vie dans le Christ. Il n'y a pas de voie mystique plus haute que celle-là" (Lochet, Fils de Dieu, pp. 252-253).

 

Ceux qu'intéressé la rénovation spirituelle de notre tempsdevraient méditer davantage cette vérité fonda­mentale du christianisme.

 

Puisse chacun d'entre nous prati­quer cet apostolat du bon exemple dans son milieu et mettre l'accent sur l'exer­cice de la charité fraternelle sous toutes ses formes. Le salut du monde est à ce prix.    Fin

 

Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chrysostome)

 

 

[Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur:   André Bilodeau, o.m.i.]

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 09:50

 

 

II —SON   EXCELLENCE


1 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   GÉNÉRAL

 

On prêche beaucoup aux chrétiens d'aujourd'hui la nécessité d'être apô­tres. Voilà une obligation qui ressort directement de leur titre de baptisés. Mais tous ne peuvent exercer tous les genres d'apostolat à la fois et réussir dans toutes les formes du zèle.

 

La diversité des talents, des con­ditions de vie, des circonstances de mi­lieu, des devoirs d'état de chacun: autant d'éléments qui font varier à l'in­fini les formes de zèle et d'apostolat. Certains n'ont ni le temps ni les capa­cités d'adhérer à tel ou tel mouvement apostolique.

 

Mais il y a une forme d'apostolat très simple, facile, et à la portée de tous: c'est le bon exemple. C'est le moyen le plus général et dont personne n'est dispensé. Tous n'ont pas le talent d'écrire des ouvrages ou de simples articles de journaux pour faire rayonner la foi catholique; de prononcer des dis­cours et des conférences sur la religion. Mais tout chrétien peut et doit donner le bon exemple. Il le doit à Dieu, à Jésus-Christ, à l'Eglise, à son prochain.

 

Par le seul fait de sa vie irrépro­chable, de ses vertus, de sa tendance à la perfection, le vrai chrétien exerce, à son insu, une grande influence autour de lui. Il donne l'exemple de la pureté, de la charité, de la miséricorde, de la patience, de la justice, de la tempérance. Ainsi non seulement il prouve par sa conduite que la pratique de ces vertus est possible, mais il contribue à les faire aimer et désirer par son entourage.

 

On raconte que les soldats romains chargés d'arrêter Sainte Cécile furent si édifiés par l'exemple de la jeune vierge que l'un d'eux ne put s'empêcher de s'écrier: "Vive le Christ qui a une telle servante!" L'exemple de notre vie porte-t-il les ennemis de la religion et tant d'autres témoins de nos actes à s'écrier en nous voyant: "Vive le Christ qui a un tel disciple!"

 

2 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   PERMANENT

 

Le bon exemple a un avantage sur d'autres formes d'apostolat: celui d'être permanent. Nous sommes des êtres limités. Nous ne pouvons guère être en continuelle activité apostolique. Notre bon exemple peut prêcher et, de fait, prêche continuellement. Soit que nous travaillions, soit que nous priions, soit que nous nous reposions, soit que nous soyons malades ou bien portants, nous exerçons constamment cet apostolat du bon exemple. Quelque chose de surna­turel se dégage de notre vie et révèle Dieu. Le bon exemple est un parfum surnaturel, parfois insaisissable, mais qui a une grande force de pénétration, et cela d'une façon permanente. Il est "cette bonne odeur du Christ" dont parle saint Paul.

 

Qu'il est consolant de penser que, souvent même à notre insu, par le seul fait que nous vivons le plus chrétienne­ment possible et que nous cherchons à devenir de plus en plus semblables à Jésus, nous faisons du bien, nous rayon­nons autour de nous et nous exerçons cet apostolat du bon exemple. L'Évan­gile nous dit "qu'une vertu sortait de Jésus-Christ". Il en est ainsi pour le chrétien qui donne l'exemple. Une vertu sort de lui et révèle le Christ. Et cela toujours et partout.

 

3 —C'EST   L'APOSTOLAT LE   PLUS   EFFICACE

Pour nous prouver d'une façon élo­quente l'efficacité de cet apostolat, Nôtre Seigneur ne pouvait mieux faire que de passer la plus grande partie de sa vie, soit trente ans, à donner l'exemple, Il ne s'en est réservé que trois pour les œuvres extérieures. Dans les Actes des Apôtres, il est dit de Lui : "Il a commencé par faire avant d'enseigner".

 

Saint Grégoire nous dit à son tour : "Le moyen le plus sûr de gagner des âmes à Dieu, c'est de les attirer par l'exemple". Et saint Bernard: "Les hommes suivent plus qu'ils n'agissent. Ils ne sont menés ni par la raison, ni par la réflexion, mais par l'exemple".

 

On peut même affirmer que toutes les autres formes d'activité apostolique n'ont d'efficacité que si elles sont sou­tenues par le bon exemple de celui qui les exerce: "L'apôtre n'est pas seule­ment un homme qui enseigne la religion par la parole,disait Lacordaire, c'est un homme qui prêche l'Évangile par tout son être et dont la présence seule est déjà comme une bienfaisante apparition de Jésus-Christ".

 

En lisant les Confessions de Saint Augustin, on voit quelle lutte il eut à soutenir pour changer de vie. Au mi­lieu de toutes ses hésitations, il se disait, en voyant autour de lui tant de belles âmes demeurées vierges et pures : "Ce que sont celles-ci, pourquoi ne le serais-je pas?" Ce fut là le début de sa conversion.

 

Dans un discours aux représentants du 4e Congrès International de la Jeu­nesse catholique, S.S. Pie XI, après avoir énuméré les principales formes d'apostolat: la prière, la parole, la pro­pagande des œuvres, la charité indivi­duelle, domestique, sociale, universelle, termine en insistant sur l'apostolat si efficace que l'on peut exercer par une vie pleinement catholique:

 

"...Le grand apostolat de votre vie, toujours exposée au grand jour, sans ostentation, mais aussi sans crainte, sans timidité, aux yeux de tous ceux qui verront votre vie chrétienne, catho­lique, mais solidement, généreusement et ouvertement telle.Pourrait-il y avoir un autre apostolat qui eût plus d'effica­cité que celui dont le grand Évêque et martyr saint Cyprienparlait aux per­sécuteurs de son temps, quand il disait aux païens: " Nous ne perdons pas notre temps à discourir, mais nous vivons. Et voyez comment nous vivons. Tel est votre apostolat de toutes les heures" (Pie XI, 19-9-25).

 

Pie X insiste sur la même vérité: "Si l'esprit n'est pas réglé d'après une conduite vraiment chrétienne et sainte, il sera difficile de promouvoir les autres au bien". Et il ajoute: "Tous ceux qui sont appelés aux œuvres catholiques, doivent être des hommes d'une vie tellement exempte de tache, qu'ils servent à tous d'exemple efficace".

 

Il nous faut, à l'heure actuelle, des laïcs, des prêtres qui, par l'exemple d'une vie sainte et apostolique, apporte­ront à notre monde un regain de vie, de ferveur, et lui donneront un élan nou­veau. Trop de bons prêtres, trop de bonnes religieuses, trop de bons chré­tiens, pas assez de saints et de saintes. Si la science est nécessaire pour faire du bien aux âmes, la sainteté l'est davantage. "Un homme saint, parfait et vertueux, dit sainte Thérèse, fait en effet plus de bien aux âmes qu'un grand nombre d'autres qui ne sont qu'instruits et mieux doués".

 

Mais à quelle condition surtout ce bon exemple aura-t-il sa pleine effica­cité?

 

A la condition d'émerger, de sortir de l'ordinaire. On fait du bien non pas tant par ce qu'on dit ou par ce qu'on fait que par ce qu'on est. Plus cet exemple sera attirant, captivant, plus il entraînera et influencera l'entourage. Un bon exemple ordinaire ne suffit pas aujourd'hui, il faut un bon exemple extraordinaire, héroïque.

 

D'où vient que Jean-Baptiste s'est attiré tant d'adeptes? C'est qu'il était, selon le mot de l'évangile, "une lampe ardente". Voilà pourquoi "beaucoup ont tressailli à sa clarté".

 

Cela est plus vrai encore pour Nôtre Seigneur: bien plus encore que son enseignement, c'est la sainteté de sa vie, son exemple: 

 

Un exemple héroïque qui entraînait: sa pauvreté, de la crèche au Calvaire:

Hé­roïque ! Son obéissance jusqu'à la mort de la croix :

Héroïque ! Son humilité de­vant tant d'accusateurs:

Héroïque ! Sa patience dans la formation de ses apô­tres:

Héroïque ! Son audace devant les pharisiens :

Héroïque ! Sa bonté, sa misé­ricorde à l'égard des pauvres pécheurs:

Héroïque ! Sa douceur tout au long de sa passion :

Héroïque ! Son acceptation de la souffrance:

Héroïque ! Son amour pour les hommes, même pour ses ennemis 

Héroïque ! Toute sa vie provoque l'ad­miration, séduit, inspire le désir de l'imiter.

 

Le genre humain se laisse conqué­rir par ce qui dépasse la moyenne. Il nous faut plus qu'une honnête vertu et quelques talents naturels pour séduire et entraîner les masses ; il faut émerger, sortir de l'ordinaire. Saint Ignace de­mandait à ses compagnons d'être "in­signes" dans le service de Dieu. Insigne veut dire remarquable, qui frappe, qui sort des sentiers battus. Tout apôtre doit aussi viser à devenir insigne, à l'exemple du Maître, à l'exemple des saints, ses imitateurs.            (A suivre)

 

Il n’y aurait plus de païens, si nous nous comportions en vrais chrétiens. (St-Jean Chryssosome)

 

[Extrait de CHRÉTIEN ET APÔTRE (1964) Directeur et rédacteur:  André Bilodeau, o.m.i. ]

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