Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 10:22

«B»  L'action directe des parents dépend de l'Age des enfants

 

(1) — Dans le premier âge, c’est à l'instinct seul qu'il faut s'adresser.

 

Les mauvaises   habitudes  étouffent la conscience morale.

 

Comment développer dès la petite enfance le ger­me de la conscience morale chez l'enfant ?

Le premier soin des parents doit être de ne pas laisser étouffer cette semence du bien par les mau­vaises habitudes qui développent et fixent les ins­tincts mauvais, et parallèlement, de développer l'instinct du bien par la formation des bonnes ha­bitudes.

 

L'âme de l'enfant est comme un champ fertile où pousse et croît tout ce qui se trouve, le bon et le mauvais grain. Le cultivateur a soin de favoriser la croissance du bon grain. Les parents doivent «cul­tiver» la conscience de leurs enfants.

 

Les bonnes habitudes précisent  et développent la conscience.

 

Il ne faut pas permettre à l'enfant, même quand il est tout petit, d'être exigeant, volontaire; de crier dès qu'on ne satisfait pas ses désirs capricieux, il suffit pour cela de ne pas céder à ses désirs quand ils commencent à se manifester capricieusement. Il faut avoir la patience de supporter parfois les cris d'un bébé. — Les cris qui ne proviennent pas d'une douleur physique, bien entendu, d'un malaise, d'un mauvais état de santé. Il faut toujours s'assurer de leur cause. Il s'agit des cris que lui fait pousser un mécontentement capricieux. On évite ainsi d'autres cris, et les colères qui ne manquent pas de se manifester chez les enfants «gâtés». On évite de le ren­dre impérieux, tyrannique.

 

Chacun peut expérimenter que le petit enfant, le bébé, peut être heureux et souriant (je parle du bébé bien portant) agréable à tous — aussi bien que mé­content «grincheux», exigeant, insupportable, selon les habitudes qu'on lui a fait prendre. Un bébé ha­bitué à n'être pas toujours porté gazouille, heureux dans son berceau; il y joue avec un hochet... ou avec ses pieds, et tend les bras à sa maman, riant de bonheur, quand elle se penche sur lui pour le pren­dre dans ses bras. Le bébé qu'on a habitué à être porté presque constamment ne songe qu'à crier pour qu'on le prenne dès que sa mère est obligée de le poser dans son berceau; il n'y est pas heureux; il n'y joue pas. Et quand on vient le prendre... pour ne plus l'entendre, c'est avec peine que sa colère s'apaise; il reste mécontent dans des bras lassés de le porter et dont il ne sent pas la douceur.

 

En lui laissant prendre de mauvaises habitudes, c'est-à-dire eu lui permettant de reproduire un ca­price, une exigence, un acte d'entêtement, on n'a pas fait autre chose que de laisser croître en lui ses mauvais instincts, ceux qui le portent vers la satis­faction de ses désirs, de ses passions naissantes, de son amour-propre. En lui faisant prendre des habi­tudes bonnes, au contraire, on a fait appel à son instinct du bien, on a commencé à former sa cons­cience.

 

Le même enfant peut se montrer entêté, « mauvaise tête », ou obéissant et docile suivant les personnes dont il dépend.

 

Chacun peut constater mieux encore: considérons l'enfant un peu plus grand, un enfant déjà «gâté» par certaines personnes. Nous le voyons insuppor­table quand il dépend de celles-là docile et char­mant quand il est sous la dépendance de personnes qui l'aiment sans le gâter.

 

C'est que, vis-à-vis des premières il se sent livré à lui-même. Instinctivement, suivant le penchant qui le porte à se satisfaire lui-même, suivant son amour-propre rapidement développé au régime des «en­fants gâtés», il use et abuse, il profite de la faiblesse de ses parents. Mais il n'en n'est pas plus heureux. Il a besoin des grandes personnes. En lui réside aussi l'instinct qui le porte à aimer ceux qu'il ad­mire; ceux qui lui apparaissent supérieurs à lui, plus grands que lui et un peu redoutables.C'est à ce titre qu'on dit justement: l'enfant n'aime vrai­ment que ceux qu'il craint. Oui, qu'il craint, mais qui lui inspirent confiance absolue, respect, admira­tion. Or l'enfant ne peut plus voir des êtres supé­rieurs en des parents qui loin de manifester une au­torité, de faire connaître leur volonté, provoquent les caprices de l'enfant pour le plaisir de les satis­faire, en lui demandant:«Veux-tu faire ceci ?... Aimes-tu cela?» et se livrent ainsi eux-mêmes à son autorité déraisonnable, bientôt despotique. L'enfant ne les admire plus; il perd confiance en eux; il les aime moins; car, obscurément, il leur en veut de lui «manquer», de l'abandonner à sa faiblesse.

 

C'est pourquoi, il est heureux de se retrouver en présence d'êtres forts qui l'aiment en le dominant, qui lui en imposent, et devant lesquels il renonce d'autant plus à ses entêtements, à ses caprices qu'il s'y livre davantage avec ceux qui le gâtent.

 

Une petite fille de deux ans pousse des cris qui émeuvent les voisins quand sa maman lui fait pren­dre un bain, le matin. La maman absente, le bain est donné par une personne de la famille, plus âgée que la jeune maman inexpérimentée. La petite fille s'y prête avec complaisance, s'amuse dans l'eau, attend patiemment qu'on la retire. Elle ne pousse pas un cri — si bien que les voisins demandent bientôt des nouvelles de la petite fille qui est partie avec sa maman.

 

L'enfant avait retrouvé l'application normale de la tendance qui pousse les êtres jeunes, les «petits» à se conformer aux désirs des grandes personnes quand elles leur apparaissent vraiment «grandes», fortes, supérieures à eux. Elle était contente d'obéir. Une expérience de ce genre, expérience qui nous fait connaître le même enfant si différent de lui-même suivant ses éducateurs, nous montre qu'il ne s'agit pas seulement, dans sa manière d'être, dans son caractère, de sa nature propre, mais bien de l'éducation qu'il reçoit, des habitudes que l'éduca­tion forme en lui. L'enfant est capricieux, facile­ment mécontent, irritable, insupportable aux autres quand on ne lui demande pas de se dominer, de se supporter lui-même. Il n'en est pas plus heureux. C'est donc son bonheur en même temps que son bien que l'on prépare en ne laissant pas se dévelop­per son égoïsme naturel, en s'attachant à lui don­ner de bonnes habitudes.

 

L'enfant doit être suivi dans le développement de son âme.

 

Les parents doivent suivre le développement de la petite âme de leur enfant comme ils suivent le déve­loppement de son corps. Comme ils connaissent bien vite le genre de maladie auquel il est le plus sujet, ils doivent connaître le penchant où se cana­lisent ses mauvais instincts. S'ils le connaissent, de même qu'ils s'efforcent d'éviter la maladie en la prévenant par des soins appropriés, ils peuvent aus­si retenir la manifestation d'un penchant mauvais, et par suite l'empêcher de se développer.

 

L'enfant, par exemple, comme nous l'avons vu, est facilement enclin à la colère. Il se montre sou­vent, tout jeune, exigeant, volontaire, irritable. Il se roule par terre, parfois, plutôt que d'avancer si cela ne lui plaît pas. Les désirs des autres lui importent peu. Son amour-propre se développe trop aux dépends des sentiments généreux et désintéressés. Plus tard, si l'on n'y veille, il ne supportera pas d'être contrarié, et, pour ne pas l'être, il ne se fera pas faute de contrarier les autres: il deviendra un petit despotePrévenez sa colère. Si vous la laissez se for­mer, il n'y a plus qu'à la laisser passer. C'est un orage dont vous n'avez plus qu'à éviter, autant que possible, les manifestations dangereuses. Mais une colère naissante est facile à dissiper. Le petite enfant est aisément «détendu» par une distraction opportune, un jeu qui l'amuse. Une gronderie affec­tueuse, tendre, l'émeut et le fait pleurer, c'est la pluie, l'orage est passé. Plus tard, quand l'intelli­gence de l'enfant est déjà développée et qu'il comprend la «laideur» d'un accès de colère, si un re­proche maladroit, un mot dur exaspère une colère naissante et la précipite, une plaisanterie affectueu­se et appropriée fait rire l'enfant de lui-même. La colère qui commençait à bouillonner s'affaisse, «tombe», comme «tombe» sous un souffle léger, le lait qui monte et va déborder.

 

La volonté des enfants doit être orientée non détruite.

 

Les enfants qui s'affirment ainsi seront plus tard des hommes... ou des femmes — d'énergie, de volonté — des «chefs». C'est aux éducateurs de veiller à ce qu'ils soient «des hommes de bonne volonté», de bons «meneurs» — en réprimant les manifesta­tions mauvaises de leur énergie sans entraver les autres.

 

Les favoriser, au contraire, les orienter vers le bien est un moyen de conserver une qualité précieu­se, tout en la détournant de ses applications au mal. Voici un enfant plus grand — six ou sept ans — jeune garçon «forte tête» qui cherche à soustraire à votre obéissance ses frères ou sœurs, à la maison; ses petits camarades, à l'école. Parents ou maîtres, confiez-les vous-mêmes à ses soins pour quelque en­treprise intéressante. Heureux, fier de votre con­fiance, il leur conseillera immédiatement l'obéissan­ce et leur en donnera désormais un constant exem­ple. Votre confiance «l'oblige» par ce qu'il ne veut pas être inférieur à qui la mérite; parce qu'il juge à ce moment qu'il doit êtrel'enfant raisonnable et de bonne volonté qu'elle suppose; par ce qu'elle lui donne le sentiment de sa responsabilité. Parce qu'elle s'adresse à sa conscience et que, sans y réfléchir encore, mais tout spontanément, il reconnaît la no­blesse de la conscience: «Noblesse oblige».

 

Le sens de la personnalité est une puissante « sauvegarde ». Il doit être développé chez les enfants trop « passifs ».

 

On comprend combien ce sentiment de fierté qui se rapporte non à des avantages physiques ni mê­me intellectuels, mais à sa qualité d'être moral, à sa petite personnalité d'être humain, combien ce sen­timent chez un enfant offre aux parents de ressour­ces pour l'éducation de sa conscience et quelle «sauvegarde» il est dans la vie.

 

Aussi est-il essentiel de le développer chez les en­fants qui, à l'inverse des premiers, n'opposent ja­mais leur petite personnalité à celle des autres, ne leur résistent jamais, acceptent passivement tout ce qu'ils leur imposent; qui sont avec tous d'une ex­trême timidité. Ceux-ci ne sont pas des volontaires. Ce sont généralement des enfants d'une excessive sensibilité qui se replient en eux-mêmes parce qu'ils redoutent par-dessus tout une «bourrade», un re­proche, un contact douloureux avec ceux qui les en­tourent. Aussi sont-ils d'une extrême réserve, d'une particulière timidité avec ceux qu'ils aiment le plus et dont le plus léger «froissement» les meurtrira.

 

Parents, si vous avez un enfant silencieux, par­fois «boudeur», un peu triste, ne vous manifestant pas son affection joyeusement  avec une exubérante confiance, comme ses frères et sœurs, ne pensez pas qu'il est indifférent, qu'il ne vous aime pas. Efforcez-vous de lui donner confiance en lui. Faites-lui dé­couvrir ses qualités en les reconnaissant vous-mê­mes et en les lui affirmant. Faites-lui sentir qu'il est comme les autres, un petit être, une petite per­sonne créée pour développer ses qualités, pour se développer elle-même, pour devenir un homme ou une femme de bien. Efforcez-vous d'accroître en lui le sentiment de sa personnalité.  

 

(A suivre)

 

[Extrait de : L’ÉVEIL de la CONSCIENCE.  Mme Laure Lefay-Alaux  (1939)]

 

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 10:13

Saint Emmeran de Ratisbonne ou de Poitiers 

(autres formes : Emmeramus, Emmeram, Emeran, Heimrammi, Haimeran, ou Heimeran) est fêté le 22 septembre. 

 Regensburg (ou Ratisbonne) située en Allemagne - Bavière Vue Globale de Regensburg - aout 2006 - Photo de Karsten Dörre/Wikicommons
  

Ratisbonne (en allemand : Regensburg), est une ville allemande, située dans le Land de Bavière et baignée par le Danube. Elle est située à 88 kilomètres de Nuremberg et à 103 kilomètres de Munich, proche de la République tchèque. La ville est le chef-lieu du district du Haut-Palatinat et du Landkreis de Regensburg. Fin 2012, la ville comptait 138 296 habitants. Elle est ainsi, par la taille, la quatrième ville de Bavière après MunichNuremberg et Augsbourg. Depuis le 13 juillet 2006, la vieille ville médiévale de Ratisbonne ainsi que le quartier de Stadtamhof sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est le siège d'un évêché catholique. Au Moyen Âge, de par sa situation géographique, la cité possédait un rôle important dans les échanges commerciaux entre l'Italie, laBohême, la Russie et Byzance. Elle était lieu de rencontre de nombreuses civilisations et fut très marquée par l'influence des patriciens, dont les tours d'habitation (les plus hautes au nord des Alpes) sont encore visibles aujourd'hui.

 

Wikipédia, L'encyclopédie Libre - Ratisbonne

 

Né au début du VIIème siècle dans une riche et noble famille de Poitiers, Saint Emmeran renonça dès son plus jeune âge aux attraits de ce monde pour se consacrer au ministère divin. Son savoir et son saint mode de vie le firent élever à l’épiscopat mais contrairement à ce que disent certains hagiographes, il n’a pu être simplement évêque de Poitiers, car de 626 à 673 le siège illustré par saint Hilaire était occupé par l’évêque Didon. En revanche l’Aquitaine était alors divisée en de nombreux et vastes diocèses, il est donc plus que probable que St Emmeran fut nommé évêque régionnairedu diocèse de Poitiers. Ce dont nous sommes sûrs c’est qu’il exerça son ministère de façon exemplaire, ramenant des pêcheurs endurcis à la pénitence et secourant les pauvres inlassablement.

La Bavière n’étant convertie que depuis soixante-dix ans, de nombreux habitants de cette contrée ne mettaient pas encore en pratique  la Parole du Christ. Le duc Théodon IV qui gouvernait le pays au nom du roi Sigebert III apprécia beaucoup le saint évêque et fit tout pour essayer de le retenir à la cathèdre de Ratisbonne. Saint Emmeran fit aussi bien que lors de ses missions précédentes et en trois ans les conversions furent innombrables. Il décida alors de partir pour Rome afin de vénérer les reliques des Apôtres et des martyrs qui y reposaient  et de consulter le Pape sur certains points.

Au même moment, s’étant laissée séduire par Sigebaud, jeune aristocrate de haut rang de la cour, la fille de Théodon  IV se confessa au saint et lui demanda conseil sur le moyen d’échapper au courroux de son duc de père. Saint Emmeran lui suggéra de fuir avec son amant en Italie et d’y attendre que la fureur paternelle se calme avec le temps. Mais découverte dans sa fuite, la jeune fille révéla le conseil donné et pour soustraire Sigebaud à la colère du duc, accusa le saint évêque, absent, de l’avoir séduite. Le frère  de la jeune accusatrice, Lautbert, entra dans une grande fureur et avec une compagnie d’hommes en armes rattrapa Saint Emmeran à Heldendorf. Lautbert fit attacher le saint à une échelle et ordonna qu’on lui coupe les membres  et les oreilles. Saint Emmeran subit ces supplices sans  rien dire et lorsqu’il rendit l’âme on vit  une vive lumière monter dans le ciel. Ceci se passa le 22 septembre 652.

Sept jours après cet horrible assassinat, les bourreaux furent comme possédés par le démon : ils courraient comme des furieux dans les bois et leur fin fut misérable. Lautbert fut banni et n’eut jamais accès à la direction du pays. Le corps du saint ayant été enterré à Aschaim, sur l’Iser près de Munich le duc Théodon le fit ramener solennellement  à Ratisbonne et déposer dans l’église dédicacée originellement à St Georges. Depuis lors, l’édifice, autour duquel fût fondée une abbaye, porte le nom de St Emmeram Kirche où l’on peut de nos jours vénérer les reliques du saint.

 

Tombeau de Saint Emmeram - Basilique Sankt Emmeram - Ratisbonne/Photo de www.kreiter.info

Pierre tombale de Saint Emmeram (Ratisbonne, Bavière)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Basilique Saint Emmeram - Ratisbonne Bavière/Photo par Hans Bauer

Vue Nord-Ouest de la basilique Saint Emmeram

 

En attendant de pouvoir aller vénérer les reliques du saint à Ratisbonne, une église du XI-ème siècle lui est dédiée dans le village de Saint Eanne (déformation de Emmeram), dans le département de Deux Sèvres, en Poitou-Charentes (79800). 

Façade de l'église St Emmeran sans son campanile-clocheton

Façade de l'église St Emmeran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une porte secondaire

Une porte secondaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nef et Autel peint - Saint Eanne

La nef et l'autel peint de l'église

Crédits photos - St Eanne, 79800 : https://www.flickr.com/photos/ybinats/sets/72157627305597190/detail/ (par André BIANCO)

 


Sources :

  • Saint Emmeran de Poitiers, évêque régionnaire - Vies des saints, TOME 11 « les petits Bollandistes » (tirées du Propre de Mayence de Godescard et des Saints de Poitiers par M. l’abbé Auber)

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 09:41

persian-cross-400

 


Par Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église .3ème Homélie sur l’inscription des Actes des Apôtres ; PG 51,87 (trad. coll. Migne, n° 66, p. 132) :

Saint Luc, évangéliste :
« J’ai décidé…d’écrire pour toi un exposé suivi » (1,3)


      La lecture des saintes Écritures est un pré spirituel et un paradis de délices, bien plus agréable que le paradis d'autrefois.

Ce paradis, Dieu ne l'a pas planté sur la terre, mais dans les âmes des fidèles. Il ne l'a pas placé dans l'Éden, ni en Orient dans un lieu précis (Gn 2,8), mais il l'a étendu partout sur la terre et l'a déployé jusqu'aux extrémités de la terre habitée.

Et puisque tu comprends qu'il a étendu les saintes Écritures sur toute la terre habitée, écoute le prophète qui dit :

-« Leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde » (Ps 18,5; Rm 10,18)… 


      Ce paradis a aussi une source comme celui d'autrefois (Gn 2,6.10), source d'où naissent d'innombrables fleuves…

Qui le dit ?

-Dieu lui-même qui nous a fait le don de tous ces fleuves :

-« Celui qui croit en moi, dit-il, selon le mot de l'Écriture, de son sein couleront des fleuves d'eau vive » (Jn 7,38)…

Cette source est incomparable non seulement par son abondance, mais encore par sa nature. En effet ce ne sont pas des rivières d'eau, mais les dons de l'Esprit.

Cette source se partage entre toutes les âmes des fidèles, mais elle n'en est pas diminuée.

Elle est divisée, mais elle n'est pas épuisée…

Tout entière chez tous et tout entière en chacun : tels sont en effet les dons de l'Esprit. 


      Veux-tu savoir quelle est l'abondance de ces rivières ?

Veux-tu savoir la nature de ces eaux ?

En quoi elles sont différentes des eaux d'ici-bas, parce qu'elles sont meilleures et plus magnifiques ?

Écoute à nouveau le Christ parlant à la Samaritaine pour comprendre l'abondance de la source :

-« L'eau que je donnerai à celui qui croit, dit-il, deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14)…

Veux-tu aussi connaître sa nature ?

Fais-en usage !

Elle n'est pas utile en effet pour la vie d'ici-bas, mais pour la vie éternelle. Passons donc notre temps dans ce paradis :

soyons invités à boire à cette source...

Sub tuum  


Partager cet article

Repost0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 09:37

persian-cross-400

 

Des réalités terrestres aux réalités célestes:

jerusalem_celeste.jpg

 

Le poids de notre fragilité nous fait pencher vers les réalités d'ici-bas ; le feu de ton amour, Seigneur, nous soulève et nous porte vers les réalités d'en haut.


  Nous y montons par l'élan de notre cœur, chantant les psaumes des montées. Nous brûlons de ton feu, le feu de ta bonté ; c'est lui qui nous transporte. 


Où nous fais-tu monter ainsi ? Vers la paix de la Jérusalem céleste.

 

« J'ai tressailli de joie quand on m'a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Ps 121,1).


Rien d'autre que le désir d'y demeurer éternellement ne nous y fera parvenir.


Tant que nous sommes dans notre corps nous cheminons vers toi. Ici-bas nous n'avons pas de cité permanente ; nous cherchons sans cesse notre demeure dans la cité à venir (He 13,14).


Que ta grâce me conduise, Seigneur, au fond de mon cœur pour y chanter ton amour, toi mon Roi et mon Dieu...


Et me souvenant de cette Jérusalem céleste, mon cœur y montera : vers Jérusalem ma vraie patrie, Jérusalem ma vraie mère (Ga 4,26).


Tu es son Roi, sa lumière, son défenseur, son protecteur, son pasteur ; tu es sa joie inaltérable ; ta bonté est la source de tous ses biens inexprimables..., toi qui es mon Dieu et ma divine miséricorde. 


(Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église )

 

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 09:33

persian-cross-400

 

FORMATION   DE LA  CONSCIENCE PAR L'EDUCATION

 

«A»  Conditions générales de l'éducation de la conscience

 

Les parents doivent penser à la conscience morale de leurs enfants.

 

Comment les parents peuvent-ils « soigner » la conscience morale de leurs enfants ?  Les moyens sont différents suivant l'âge de l'enfant. Mais tou­jours, pour tout âge, deux conditions sont nécessai­res: il faut d'abord que les parents en aient souci, qu'ils sachent que, en leur enfant, leur est confiée une semence du bien et que c'est à eux de la faire germer, croître et s'épanouir.

 

L'imitation est une loi naturelle qui doit servir à une bonne éducation de la conscience.

 

Il faut aussi que les parents n'oublient jamais cette vérité générale: ils sont pour leurs enfants le premier modèle à imiter. Et l'imitation est une loi naturelle, une loi nécessaire que le créateur a éta­blie pour permettre aux hommes de se comprendre et de s'aider les uns les autres; pour permettre aux enfants de s'instruire et de se former au contact de leurs parents.

 

C'est par imitation que l'enfant apprend à mar­cher, qu'il apprend à parler — à exprimer par des paroles ses sentiments et ses idées — l'enfant qui ne verrait pas marcher autour de lui ne saurait pas plus marcher que le sourd de naissance, qui n'entend pas les mots prononcés autour de lui, ne sait parler.

 

Les sourds-muets, en effet, ne sont muets que parce qu'ils n'ont jamais connu la parole humaine. Si l'on remplace pour eux les sons qu'ils n'enten­dent pas par la vue de l'articulation des lèvres quand on leur parle, ils restent sourds, mais ils ne sont plus muets. Ils sont même en général d'autant plus bavards qu'ils ne s'entendent pas parler.

 

L'enfant aime à répéter ce qu'il a imité une première fois.

 

Lorsque l'enfant a reproduit un mot, un geste, un acte imité de ses parents, il y tient d'autant plus que cet acte lui appartient, désormais; qu'il est de­venu sa propriété — une propriété dont il est tout fier quand elle est récente. Qui n'a remarqué la sa­tisfaction avec laquelle l'enfant répète à satiété un mot, un geste, qu'il n'a pas l'habitude d'entendre et de voir et qui aura échappé à l'impatience de son père ou de sa mère, à quelque personne de son en­tourage. Parents, en ce cas, ne grondez pas votre enfant, ne le punissez d'aucune manière: cela ne manquerait pas de fixer dans sa mémoire ce que précisément vous voudriez en enlever. Il suffit que ce mot, ce geste, cet acte ne se reproduise pas. Peu à peu, il l'oubliera de lui-même, à mesure que sa jeune imagination s'appliquera à reproduire d'autres mots, d'autres gestes, d'autres actes.

 

On imite surtout les personnes  qu'on admire.

 

L'imitation devient plus ou moins intentionnelle et volontaire parce qu'elle donne un plaisir, le plaisir que procure la satisfaction d'une tendance natu­relle; mais elle est avant tout une loi générale, un instinct apporté à la naissance. Elle s'exerce parti­culièrement chez les êtres jeunes qui ont une vive imagination.

 

L'imitation des autres, en effet, exige qu'on se les représente, qu'on les «imagine» pour les reproduire en soi. Elle suppose qu'on a pour eux un attrait, une naturelle inclination. Aussi imite-t-on d'autant plus qu'on aime davantage. On imite surtout les per­sonnes qu'on aime avec respect, avec vénération — les personnes qu'on admire — qui vous apparais­sent comme supérieures à vous — qu'on voit au-dessus de soi.

 

Nous retrouvons là encore une forme de cet ins­tinct divin qui pousse l'être humain à se développer dans le sens du bien, qui lui donne Je désir de se perfectionner.

 

Les enfants voient dans les « grandes personnes» ce qu'ils devront être quand ils seront grands.

 

Combien donc sont essentiels, pour la formation de la conscience des enfants, les exemples que les parents leur donnent à imiter! Les parents, ces «grandes personnes» dont ils dépendent, qui leur apparaissent comme « grandes » à tous points de vue, car ils ne discernent pas d'abord le point de vue physique et le point de vue moral. Ces «gran­des personnes» qu'ils aiment, qu'ils admirent, qui leur apparaissent comme l'achèvement, comme la perfection de leur petit être; en qui ils voient ce qu'ils seront, ce qu'ils devront être quand ils seront grands!

 

Si  les parents agissent et parlent devant eux au nom d'une conscience morale sûre d'elle-même, s'ils ont une conscience qui s'affirme nettement dans leurs actes et dans leurs paroles,la conscience de l'enfant se développera nécessairement au contact de la leur. Si au contraire les parents témoignent de plus ou moins d'insouciance du bien ou du mal, la conscience de l'enfant s'émoussera. Si les parents vont jusqu'à donner à l'enfant l'exemple du mal, sa conscience risque fort d'être pervertie.

 

La conscience de l'enfant est émoussée, troublée ou pervertie par le spectacle du mal accompli par ses parents.

 

Puisque l'enfant imite tout ce qui vient de ses pa­rents, et trouve une action d'autant plus belle qu'il l'a imitée, adoptée, faite sienne, les parents doivent s'abstenir devant lui de tout acte répréhensible. S'il ne réfléchit pas encore, sa conscience est émoussée par le spectacle du mal; voit-il ses parents se que­reller, les entend-il parler durement à des employés, à des domestiques, il s'habitue à trouver normales ces marques d'animosité, ces duretés; et lui-même ne manquera pas, plus tard, d'être querelleur et dur. Dès que l'enfant réfléchit et qu'il se demande s'il faut imiter ses parents qu'il aime, ou se conformer au bien qu'il a appris d'autre part à connaître — à con­naître par eux même et par ceux qui l'ont peu à peu entouré — sa conscience est troublée s'il leur voit accomplir quelque acte mauvais. Il a appris qu'il faut être strictement honnête, que la probité n'a pas de degrés, puisqu'elle n'est que l'observation de la justice — que pensera-t-il s'il voit ses parents consentir à quelque fraude soi-disant «légère» ?  Il sait qu'être honnête c'est observer strictement la justice envers qui que ce soit — Que pensera-t-il s'il voit ses parents se permettre de commettre une injustice sous prétexte qu'elle avantage un des leurs? La conscience de l'enfant est troublée d'a­bord, ensuite, elle se pervertit.

 

Les parents doivent respecter la conscience de leurs enfants.

 

L'exemple, le bon exemple à imiter, telle est donc la grande condition du développement de la conscience de leurs enfantspour tous parents qui ont souci d'en faire des gens de bien.

 

Ces conditions générales concernent la tenue mo­rale des parents; il s'agit là surtout de leur attitude devant leurs enfants.

 

Nous verrons, dans la suite comment les parents peuvent contribuer à la formation de la conscience morale de leurs enfants dans leur action directe envers eux.  

 

(A suivre)

 

Extrait de : L’ÉVEIL de la CONSCIENCE.  Mme Laure Lefay-Alaux  (1939)

 

 

jerusalem_celeste.jpg

Le poids de notre fragilité nous fait pencher vers les réalités d'ici-bas ; le feu de ton amour, Seigneur, nous soulève et nous porte vers les réalités d'en haut.

  Nous y montons par l'élan de notre cœur, chantant les psaumes des montées. Nous brûlons de ton feu, le feu de ta bonté ; c'est lui qui nous transporte. 

Où nous fais-tu monter ainsi ? Vers la paix de la Jérusalem céleste. « J'ai tressailli de joie quand on m'a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Ps 121,1). Rien d'autre que le désir d'y demeurer éternellement ne nous y fera parvenir.

Tant que nous sommes dans notre corps nous cheminons vers toi. Ici-bas nous n'avons pas de cité permanente ; nous cherchons sans cesse notre demeure dans la cité à venir (He 13,14).

Que ta grâce me conduise, Seigneur, au fond de mon cœur pour y chanter ton amour, toi mon Roi et mon Dieu...

Et me souvenant de cette Jérusalem céleste, mon cœur y montera : vers Jérusalem ma vraie patrie, Jérusalem ma vraie mère (Ga 4,26).

Tu es son Roi, sa lumière, son défenseur, son protecteur, son pasteur ; tu es sa joie inaltérable ; ta bonté est la source de tous ses biens inexprimables..., toi qui es mon Dieu et ma divine miséricorde. 

(Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église )

 

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 09:30

persian-cross-400

L'ÉVEIL DE LA CONSCIENCE… (2/7)

IC017C

MANIFESTATION DE  LA  CONSCIENCE AUX DIFFÉRENTS AGES DE L'ENFANT.

 

La conscience est d'abord un instinct divin.

 

Ce pouvoir que Dieu donne à l'homme de juger du bien et du mal — la conscience morale, avant de se manifester par un jugement, existe chez l'en­fant à titre de sentiment; avant même, chez le petit enfant, elle est, à titre d'instinct. Elle se manifeste comme une étincelle de la raison divine.

 

Le premier éveil de la conscience.

 

Le tout petit, avant même de savoir parler, suit sur le visage de sa mère l'expression de la satisfac­tion ou du mécontentement, et sa petite figure se contracte, ses pleurs, bien vite, se mettent à couler s'il voit sa maman «fâchée». Un sourire d'elle suffit pour ramener la sérénité et le sourire sur son propre visage. — Un peu plus tard, dès qu'il com­prend non plus seulement les expressions du visage mais les paroles qu'on lui adresse, il est malheureux, et pleure si on lui dit qu'il est « vilain » ; tout joyeux et riant si on lui affirme qu'il est « mignon ». Aucune autre punition; aucune autre récompense. Seulement lui importe d'être « d'accord » avec sa maman, de n'en être pas séparé par quelque chose qui ne vient pas d'elle, d'être comme elle, avec elle. Il y a là une sorte de comparaison toute spontanée entre elle et lui. Et sa maman est la personne qui incarne pour lui tout bien et tout mal. Se comparer à elle, vouloir être semblable à elle, l'imiter, c'est pour lui avoir la vague notion d'un idéal et sentir qu'il faut s'y conformer; c'est avoir r'instinct d'un idéal à réaliser.

 

A mesure que l'enfant grandit et 'qu'il achève de se détacher de sa mère, il imite non seulement la maman mais le papa. Bien faire, c'est pour lui faire comme ses parents. C'est faire ce qu'ils font... quand c'est possible. Mais il comprend vite que ce n'est pas toujours possible. Alors, bien faire, c'est faire ce qu'ils veulent. L'obéissance est pour l'enfant la première  manifestation   voulue   de   la   conscience morale.

 

L'enfant agit par sentiment   moral.

 

D'autre part, dès qu'il a conscience d'agir par lui-même, l'enfant veut être « gentil » ; il a souci de sa beauté morale comme de sa beauté physique. Le sentiment s'est développé: l'enfant agit alors pour plaire à ses parents.

 

L'aîné a à cœur d'aider la maman auprès des plus jeunes. L'enfant qui a un petit frère ou une petite sœur se croit « grand » et, à ce titre, il accepte de sacrifier ses jeux pour s'occuper du « petit » ; il s'y oblige lui-même avec plaisir. Un enfant, à tout âge, se croit obligé de consoler ses parents dans la peine; de les aider s'il les voit occupés à quelque travail pénible. L'enfant agit pour plaire à ses parents; mais, leur plaire, c'est pour lui bien faire. Il y a donc là manifestation du sentiment moral.

 

L'enfant   agit  par devoir.

 

Quand la raison est formée, elle domine l'instinct et le sentiment; elle les dirige, et nous voyons l'en­fant agir non plus seulement par instinct, non plus même pour obéir à ses parents et leur faire plaisir, mais par sens du devoir.

 

Un jeune garçon d'une douzaine d'années auquel on faisait force compliments de son travail et de ses succès au lycée s'en montrait fort agacé. Comme on lui demandait la raison de son «humeur», il répondit que ces compliments l'agaçaient parce qu'ils n'étaient pas justes. Il travaillait en classe par­ce que c'était son devoir professionnel d'y travailler, et rien de plus. Chacun avait son devoir profes­sionnel et l'accomplissait sans que personne son­geât à l'en féliciter. On n'avait donc pas à lui adres­ser sans cesse des compliments.

 

Chez cet enfant, le sens du devoir était formé; l'idée d'une obligation morale était désormais pour lui consciente et réfléchie.

 

Ainsi, nous voyons la conscience s'éveiller sous forme d'instinct dès la première enfance; se préci­ser avec le développement de l'intelligence et du cœur: devenir acceptation de l'obéissance aux pa­rents, sentiment moral, sens du devoir — c'est-à-dire reconnaissance d'une obligation morale à la­quelle l'homme doit se soumettre.

Certes, l'enfant, assujetti au péché originel, ap­porte en naissant des instincts mauvais, des tendan­ces à mal faire. Mais, en l'être humain qui vient au monde est aussi l'instinct du bien — instinct qui se transforme à la lumière de la raison grandissante, et bientôt parle en lui comme un juge du bien et du mal. C'est la conscience. Elle lui dit: «tu es libre de mal faire, mais tu dois bien faire parce que Dieu t'a doué de raison et de volonté, non pour le mal mais pour le bien ».

 

Cette transformation, c'est l'éducation qui l'opère. Ce sont les parents — tout d'abord et essentielle­ment — qui permettent l'éclosion puis l'épanouis­sement de la conscience morale en leurs enfants.

 

A SUIVRE

 

Extrait de : L’ÉVEIL de la CONSCIENCE.  Mme Laure Lefay-Alaux  (1939)

 +++++++++++

10392377 10153163619639848 3217920621629903271 n

Partager cet article

Repost0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 10:42

 

 

LA   CONSCIENCE   MORALE CE  QU'ELLE EST.

La conscience est un juge que nous  portons  en  nous.

 

Il s'agit ici de la conscience morale. La conscience morale est le pouvoir que Dieu nous a donné de juger du bien et du mal — jugement accompagné du sentiment que nous devons faire le bien ; que nous devons ne pas faire le mal.

 

Nous connaissons notre conscience par les jugements que nous portons sur nos actes et sur ceux des autres, et par les sentiments que leurs actions et nos propres actions nous inspirent.

 

Si nous regardons en nous, si nous observons notre vie intérieure — la vie de notre âme, nous voyons que nous avons la connaissance immédiate de ce qui s'y passe, de ce que nous pensons, de ce que nous sentons, de ce que nous voulons.

 

Quand il s'agit de ce que nous voulons, s'il est question d'accomplir des actes qui ont une impor­tance d'ordre moral, c'est-à-dire qui concernent notre vie intérieure — la vie de notre âme, nous jugeons immédiatement: c'est bien — ou: c'est mal;je dois le faire — ou: je ne dois pas le faire.

 

De même quand nous sommes témoins de certains actes accomplis par d'autres, d'actes qui se rapportent non pas à leur vie matérielle mais à leur vie morale, nous jugeons: il a bien agit — ou: il a mal agit.

 

La conscience morale est une voix divine.

 

La conscience morale parle en nous; avant d'agir, nous jugeons l'action bonne ou mauvaise; c'est-à-dire qu'elle nous apparaît comme nous faisant réa­liser la volonté divine ou comme nous en détour­nant; comme notre propre bien ou notre propre mal: elle nous apparaît immédiatement comme de­vant être accomplie par nous, ou comme devant ne pas être accomplie.

 

C'est dire que nous sentons, que nous savons — d'une connaissance qui n'est pas acquise, d'une science que chacun de nous possède immédiate­ment, nous savons que nous ne pouvons pas agir n'importe comment, au gré de nos désirs ou de nos besoins, comme des animaux, comme un chat qui étrangle un oiseau pour le manger, sans remords. C'est dire que nous nous connaissons comme des êtres soumis à une obligation morale, à une loi divine qui nous instruit par la voix de la conscience.

 

C'est ainsi que notre conscience juge aussi les autres, nos semblables, des êtres humains comme nous. Elle les juge comme elle nous juge: elle affir­me en nous: cet homme a bien fait de venir en aide à son prochain; cet autre a mal fait de causer du tort à son associé ? Elle les juge ainsi suivant qu'ils se sont ou non conformés à la loi morale, comme elle nous crie: «Tu as bien ou tu as mal fait ».

 

L'accomplissement du  bien peut seul nous donner la satisfaction  intérieure.

 

C'est parce qu'il est dans notre destination, dans la volonté de Dieu sur nous que nous nous soumet­tions à l'obligation morale, c'est parce que nous devons faire le bien et ne pas faire le mal, c'est parce que ce bien est notre bien, ce mal est notre mal, que nous éprouvons une satisfaction, une joie si intime quand nous avons bien agi; un regret si pénible, un remords douloureux quand nous ne nous sommes pas soumis à la loi morale que Dieu impose à tout être humain.

 

C'est pourquoi de même nous éprouvons pour les autres un sentiment de mépris ou d'admiration sui­vant qu'ils ont agi contrairement ou conformément à la loi morale.

 

« L’homme est comme un Dieu tombé qui  se souvient des cieux ».

 

L'homme est un être perverti par le péché origi­nel; mais Dieu l'a primitivement créé bon et heu­reux. C'est pourquoi, en face des mauvais instincts qu'il apporte en naissant, se dresse en lui la conscience morale, juge du bien et du mal, « la voix céleste» qui parle en lui, lui rappelle son origine, et lui permet,s'il ne se refuse pas à l'entendre, de choisir le bien, qui est son bien, celui pour lequel Dieu l'a créé, et de reconquérir sa divine destinée.

 

La conscience  n'est d'abord qu'une  tendance, une force tendant à se développer.

 

Voilà la conscience telle que nous pouvons la découvrir en nous. Sous cette forme achevée, elle suppose l'usage de la raison et de la volonté. Elle ne peut donc exister telle quelle chez le petit enfant. Mais si elle n'était en lui comme une force tendant à se développer, si elle ne venait de Dieu, rien d'humain ne pourrait la créer.

 

Dans la suite, nous allons d'ailleurs la voir se révéler dès la petite enfance, et ensuite, se manifester aux diffé­rents âges de l'enfant sous des formes diverses.

 

Nous verrons aussi comment c'est l'éducation qui la développe et lui permet de s'épanouir chez les enfants devenus grands et en pleine possession de leur raison et de leur volonté.

 

Nous conclurons sur la valeur de la conscience.  (A Suivre)

 

   Voici la table des matières qui sera répartie en 7 présentations

     I. — La conscience morale. Ce qu'elle est  ....      

     II. — Manifestation de la conscience aux dif­férents   âges   de   l'enfant   ................      

     III. — Formation  de  la  conscience  par l'édu­cation.

     A. Conditions générales de l'éducation de la conscience  ..................    

     B. L'action directe des parents dépend de l'âge  des  enfants   ..............    

     IV. Valeur de la conscience morale   ..........    

       Imprimerie Spéciale des Editions Familiales de France. — Paris.

 

 

[Extrait de : L’ÉVEIL de la CONSCIENCE.  Mme Laure Lefay-Alaux  (1939)]
transfiguration copte

En ce Vendredi, réfléchissons à LA CONFESSION:

«Le Saint n’est pas celui qui ne chute jamais. C’est celui qui se relève après chaque chute»


“Le mot “péché” ça fait flipper !”


Yenofa raconte (Dans Hozana) : 

“Le mot “péché” ça fait flipper !

On peut parfois avoir cette image de la morale chrétienne très culpabilisante qui nous enferme dans la honte.

Mais moi ce sacrement de la réconciliation je le vis avec beaucoup de joie et je trouve que c’est important de le dire.

Cela me rend triste toutes ces idées reçues qu'on entend parfois, sur une Eglise coincée qui voudrait nous faire culpabiliser parce qu’elle a peur du péché, ou qui voudrait nous envoyer à la confession par punition, à l’image d’une marâtre, d’une méchante mère.

Cette vision de la confession qui nous enferme dans la culpabilité elle est fausse, il faut la dépasser.

Parce que c’est beau, c’est tellement beau ce sacrement, le pardon de Jésus. Tu arrives avec une âme trouble et elle ressort transparente.

Si tu meures 30 sec après une vraie confession : saute de joie, tu vas direct au ciel, ton âme est toute prête à s’unir à Jésus. En tous cas tu peux foncer à la messe.


La communion c’est l’union de ton âme avec Jésus. Et là ton âme est toute préparée à cette union, la communion va être totale.Tu reçois Jésus présent sacramentellement pour être toi-même présence du Christ au Monde que tu collabore ainsi à réunir par Lui, avec Lui et en Lui...


C'est important le fait de dire à l’oral nos péchés à un prêtre, un "pauvre type pecheur comme moi, c’est important puisque c'est l' effort  que nous demande le Christ Sagesse Incarnée !... Ca nous force à nous bouger un peu et à aller voir en nous ce qu’on a pas forcément envie de voir, de nous rendre compte, de voir qu’on est pas tout blanc, qu’il y a une part de compromission avec le mal en nous.

Nous n'allons pas nous confesser  pour nous culpabiliser, mais pour laisser Dieu nous remplir de son pardon, nous sauver et, par la force de Son Bon, Saint et Vivifiant Esprit, nous régénèrer et construire Son Eglise.

De plus le prêtre est là pour te donner des conseils.

Un bon prêtre qui donne des bons conseils qui réparent ça peut vraiment faire avancer.

De plus, dans notre Tradition Syriaque Orthodoxe Malankare comme chez tous les Orthodoxes, qu'ils soient Bysantins ou Orientaux, chaque fidèle devrait se trouver un prêtre de confiance qui le connaisse à fond pour le guider: Un Père Spirituel.


Avec un de mes meilleurs amis quand on ressort d’une confession on s’écrit par texto

-“Je peux mourir maintenant”, on comprend tous les deux ce que ça veut dire. On s’est confessé : on est trop heureux.”


L’amour de Dieu


Laissons-nous aimer totalement et devenons saints par la grâce de Dieu lui-même. Lorsque nous allons nous confesser, nous avons l’humilité de reconnaître que nous sommes malades, blessés et nous nous laissons guérir par le pardon de Dieu.

En se confessant, c'est la résurrection du Christ qui agit en nous, qui fait que le péché et la mort n'ont pas le dernier mot sur mes maux.

La confession me remet dans la communion d'Amour avec le Père et mes frères.

Souvent, les gens ont peur de ce que le prêtre peut penser mais ce n’est que la rencontre d’un pêcheur avec un autre pêcheur.

Et puis si on a peur de ce que Dieu peut penser de nous, c’est plutôt de l’orgueil !

Un prêtre disait : “On est si peu original dans le péché. On n’impressionnera pas Dieu avec nos péchés.”


Quand on y va à reculons...


Voici le témoignage de Clémentine (Dans Hozana) : 

-“La confession me faisait très peur et je détestais aller raconter ce dont j’avais honte :

*mes péchés,

*mes faiblesses à un prêtre, une personne que je ne connaissais pas, ou alors pire, que je connaissais et qui peut-être me jugerait ensuite.

D’un autre côté, je connaissais les bienfaits de la confession et je savais que l’Eglise nous encourage à nous confesser.

Avec deux amies qui partageaient avec moi la difficulté de se rendre à confess, nous avons décidé de nous retrouver une fois par mois pour nous rendre ensemble dans une église, "passer à la casserole" et ensuite partager un bon repas pour se remonter le moral !

Ce soutien fraternel a porté d’immenses fruits. Cela fait maintenant deux ans que nous suivons fidèlement ce rituel et nous avons chacune vécu une grande conversion :

je vais maintenant me confesser avec joie en sachant l’amour et la joie qui m’attendent de la part du Seigneur, véhiculés par le prêtre. J’ai vécu de grandes grâces… de paix, de charité, de profonde miséricorde.

Pourtant j’avais commencé par y aller à reculons et ma première motivation était quand même de retrouver mes amis plutôt que le Seigneur. Maintenant c’est l’inverse ! Retrouver mes amies est devenu la cerise sur le gâteau. Merci Seigneur”


Une question à te poser :


"Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel : pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion."  (St Luc 15,1-10)


A quand remonte le dernier "ménage" dans ton âme ?

St Isaac le Syrien (Celui qui prie...Rancune...)

"Celui qui prie la rancune au coeur, ressemble à un homme qui tâche de planter dans les eaux mouvantes de la mer" (St Isaac le Syrien)

 

Partager cet article

Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 12:50

10ème Station

POUR REFLECHIR:

Veuillez apporter toutes vos réflexions et suggestions à propos de l'artcle suivant pour

a) corrections éventuelles et

b)adaptations éventuelles à des fins catéchétiques.

Merci pour votre partcipation ! Veuillez envoyer votre contribution à:

catechesis@orange.fr

La religion : se faire valoir devant Dieu

 

    

religion.1294349695.jpg

1.      L'homme a conscience d'une Puissance divine sur son existence et il organise une relation (religion) avec elle,

2.      mais il l'organise spontanément selon le mode de relations humaines entre faible et puissant ;

3.      le faible doit donc se faire valoir devant le puissant, agir sur (contre) le puissant pour le faire réagir favorablement. La religion devient ainsi une initiative, une action de l'homme sur Dieu en vue de provoquer une réaction de Dieu, si possible favorable et utile à l'homme ;

 

4.      et parce que l'homme est faible et que le Puissant est exigeant, voilà que s'accumule le péché, cette action de l'homme qui provoque la réaction menaçante de Dieu. Avec le péché monte aussi la peur et l'angoissante tentative, jamais achevée, de payer pour le passé, de gonfler la valeur des sacrifices, pour pouvoir un jour, peut-être, satisfaire aux exigences du Puissant.L'homme le verrait alors sourire de satisfaction.Ainsi, spontanément, agit l'homme. Mais cette religion ne correspond pas du tout aux vues de Dieu. 

La foi : Dieu fait valoir l’homme

Foi

Ce que Dieu attend de l'homme c'est qu'il accueille, qu’il ne cesse jamais d'accueillir de « reconnaître » et pour cela qu'il « se rappelle » sans cesse cette relation nouvelle, différente. C'est Dieu qui agit le premier l’homme, lui réagit, accueille et reconnaît. Ce n'est plus l'homme qui se fait valoir devant Dieu. C'est Dieu qui fait valoir l'homme, sans aucune considération pour le passé, le mérite ou le démérite de l'homme. 

La foi : avec l’homme, Dieu fait valoir l’homme

Autres

Tel est l’espace nouveau que la religion humaine ne peut concevoir. Marquant une rupture totale, l’homme va prolonger vers les autres ce qu’il reçoit de Dieu, ouvrir aux autres le même espace de vie que Dieu lui ouvre. Il s’agit d’agir dans la justice, aimer avec tendresse, marcher humblement avec son Dieu. Non pas «devant», c'est-à-dire «contre» Dieu, pour triompher de ses exigences, pour ôter au Puissant toute raison d'écraser le petit. Mais « avec » Dieu. La « Justice » reçue sera identiquement une justice confiée : agir dans la justice, c'est agir honnêtement et plus encore, c'est faire vivre, libérer, aider, épanouir les autres. L'Amour reçu doit être prolongé dans la tendresse pour les autres. Et ne s'inquiétant plus du passé, d'un bilan à faire valoir ou à compenser, l'homme peut se découvrir marcheur, humble marcheur avec Dieu, sachant durer dans cette collaboration. Rejoint d'abord, l'homme ensuite marche-avec.Tout ce qui constitue la religion «objective» : les vérités, les rites, les commandements — croire, célébrer, agir — tout peut se vivre dans un contexte de religion humaine ou se convertir au contraire à la relation nouvelle de la foi : c'est une question d'esprit, de connaissance de Dieu. La foi fait tout redisposer ! La rupture établie ainsi entre le dieu que projette la religion humaine et celui qui se révèle au croyant est donc complète.

 

Le schéma récapitulatif suivant achève de le montrer concrètement, en même temps qu'il retient dans l'ordre logique les trois temps de l'expérience de la foi :

1. la révélation de Dieu qui fait vivre l'homme qui l'accueille ;

2. l'action de l'homme qui prolonge vers les autres la vie qu'il reçoit de Dieu ;

3. la reconnaissance par laquelle toute cette vie revient vers Dieu pour lui rendre grâce.

synthese.1294349918.jpg

Extraits du livre de François Varone  "Ce Dieu absent qui fait problème"

http://georgesheichelbech.blog.lemonde.fr/2011/01/06/foi-et-religion/

descente enfers

Partager cet article

Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 11:37

Par Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), prêtre à Antioche puis Evêque de Constantinople, docteur de l'Église .Homélie 48 sur les Évangiles .

L'Évangile est un trésor précieux
1453335_871676502844248_5990216968894016728_n.jpg


La prédication de l'Évangile n'est pas seulement une source de richesses multipliées, comme l'est un trésor, mais elle est précieuse encore comme une perle, et c'est pour cela qu'après la parabole du trésor, Notre-Seigneur propose la parabole de la pierre précieuse. " Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de bonnes perles. " 

Pour la prédication de l'Évangile, deux choses sont nécessaires : la séparation des affaires de la terre, et la vigilance, deux conditions qui se trouvent exprimées dans cette comparaison du commerce. Or, la vérité est une et ne peut être divisée en plusieurs parties ; c'est pour cela qu'il n'est question que d'une seule pierre précieuse, et de même que celui possède une perle d'un grand prix connaît bien sa richesse, tandis que tous les autres l'ignorent, car cette perle est si petite qu'elle tient tout entière dans sa main ; de même dans la prédication de l'Évangile, ceux qui ont le bonheur de la recevoir savent quelles richesses spirituelles ils ont acquises, richesses complètement ignorées de ceux qui ne connaissent pas la valeur de ce trésor.

12516 4618788564501 6809956918472229828 n-copie-1

Celui qui prie en conservant quelque rancune en son coeur, ressemble à celui qui essaierait de planter en pleine mer ...(St Isaac le Syrien)

St-Isaac-le-Syrien--Celui-qui-prie-.Rancune-.-.jpg

Partager cet article

Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 10:14
Qaraqosh (Agence Fides)
– Les miliciens djihadistes du prétendu « Etat islamique » ont retiré les croix et livré aux flammes d'antiques manuscrits dans le Monastère de Mar Behnam, sis à dix minutes de la ville de Qaraqosh, qu'ils avaient occupé depuis juillet dernier.
La confirmation de ces profanations arrive de l'ancien chef du village d'une fraction habitée contiguë au monastère, qui l'a rapporté au Père Charbel Issa, prêtre syro-catholique qui a été responsable du Monastère jusqu'en 2011.
« Avec les terroristes de l'Etat islamique, il faut s'attendre à tout.
Ils détruiront tout s'ils ne sont pas arrêtés » souligne dans un entretien accordé à l'Agence Fides un autre prêtre syro-catholique, le Père Nizar Semaan.
Selon ce qu'indique le site lankawa.com, sur les murs du monastère, ont été tracées des inscriptions le signalant comme « propriété de l'Etat islamique ».

Les miliciens djihadistes du « califat islamique » autoproclamé le 20 juillet dernier avaient chassé les trois moines syro-catholiques qui y avaient vécu jusqu'à la veille.

Des familles résidant près le monastère ont également été expulsées.

Depuis lors, des préoccupations avaient été exprimées à propos du destin du patrimoine que renfermait l'antique monastère remontant au IV° siècle et dédié au principal martyr assyrien, Behnam, et à sa sœur, Sarah.

Le monastère constitue l'un des lieux de culte les plus antiques et les plus vénérés du Christianisme syrien. (GV) (Agence Fides 15/10/2014)

Comme toujours, cette profanation et cette atteinte au Patrimoine commun se fait dans une quasi indiférence générale !

Partager cet article

Repost0

Recherche

Articles Récents

Liens