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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:23
LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

Le pape François a proclamé docteur de l’Église le mystique du Xe siècle. Mille ans après sa mort, son œuvre reste au cœur de la littérature nationale.

C’est une bourgade agricole typique de cette Turquie orientale, à 2 km au sud du lac de Van. Ce village kurde et musulman se nomme Yemişlik. Autrefois, c’était Narek. C’était un village arménien. C’est là que vécut saint Grégoire, célèbre moine et prêtre arménien du Xe siècle, fantastique poète mystique, dont l’œuvre théologique, littéraire et spirituelle a traversé les siècles et les frontières.

Grégoire de Narek (fêté le deuxième samedi d’octobre dans l’Église apostolique arménienne, le 27 février dans l’Église catholique) est à présent le 36e docteur de l’Église. Cette proclamation effectuée par le pape François, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome, devant les fidèles de rite arménien, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, témoigne de la communion de l’Église catholique avec une civilisation chrétienne orientale décimée dans son berceau géographique. « Des 36 docteurs de l’Église, Grégoire de Narek est le deuxième Oriental (ne parlant ni grec ni latin et vivant hors des limites de l’Empire byzantin), après saint Éphrem de Nisibe. Il était très important, dans l’état actuel de cette prise de conscience hélas tardive pour les chrétiens d’Orient, que cette année-ci au moins, un autre Oriental devienne docteur de l’Église », souligne Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut et traducteur de l’œuvre de saint Grégoire.

Grégoire est né entre 940 et 950 et mourut entre 1003 et 1010.Figure volcanique de la mystique chrétienne de langue arménienne, il est l’auteur du mémorable Livre des Lamentations, appelé aussi Livre des Prières, devenu pour les Arméniens une sorte de texte sacré. « Livre le plus répandu après la Bible, poésie mêlant au repentir la consolation et l’espérance, cette suite de Paroles à Dieu des profondeurs du cœur (…), devenu au long des siècles le compagnon de tout Arménien lettré, a rejoint légitimement les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. Quant au monastère de Narek, il est resté jusqu’au XXe siècle le lieu de rassemblement d’innombrables pèlerins » (Keram Kevonian, Union internationale des organisations Terre et Culture).

Le verbe de Grégoire est une inlassable quête du Verbe : « Rayon béni, soleil de justice, Désir ardent, figure de lumière, Insondable et très-haut, ineffable et puissant, / Allégresse du bien, vision de l’espérance, Dieu loué dans les cieux, glorieuse royauté, Christ qui nous créas, vie partout célébrée, / Daigne emplir à présent, de ta souveraine éloquence, Le défaut de ma voix, les multiples erreurs de ma misère : Présente mes prières en agréable offrande à la majesté de ton Père, (...) » (Prière 95, Trésor des fêtes, hymnes et odes de ­Grégoire de Narek, traduction et notes de Annie et Jean-Pierre Mahé, Peeters, 2014). Outre les 95 prières du Livre des lamentations, Grégoire est également l’auteur d’odes, d’hymnes, de panégyriques, de litanies et de méditations. C’est dans l’enceinte du monastère de Narek et dans une grotte toute proche où il pratiquait la « méditation solitaire » que Grégoire composa ses œuvres, « rassemblées, mises en forme, calligraphiées et copiées dans trois recueils sous l’autorité de son frère Jean, devenu abbé du monastère », précise Jean-Pierre Mahé.

Grégoire mourut à Narek et y fut inhumé peu de temps après l’achèvement du Livre des Lamentations. De ce grand monastère et scriptorium où l’on enseigna également les sciences, la philosophie et la musique, il ne reste rien. Le monastère a été pillé en 1895 pendant la période dite des massacres hamidiens ordonnés par le sultan Abdülhamid II. Lors du génocide en 1915, les 123 familles arméniennes du village ont été liquidées. Enfin, le monastère de Narek a été totalement rasé en 1951 sur ordre des autorités préfectorales. En lieu et place a été construite une mosquée.

Tout étranger qui passe aujourd’hui par Narek/Yemişlik est immédiatement suivi d’une nuée d’enfants qui n’ont que ces mots à la bouche : « Photo, photo ? » Ils savent bien ce qui attire les visiteurs : les ultimes pierres à croix encore visibles. Ici, une stèle funéraire au pied de l’escalier de la mosquée, là quelques pierres gravées dans l’entrepôt. C’est tout ce qu’il reste du vaste monastère de l’immense saint Grégoire. Les enfants rient mais ne savent rien, les anciens marmonnent parce qu’ils savent tout.



Grégoire de Narek : moine, poète et docteur de l'Eglise/Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu

Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu :

Que s’élève par moi ton honneur

Et mon salut éclatera par toi,

Si tu viens à me retrouver, Mère de Seigneur !

Si tu me prends en pitié, Vierge sainte,

Si tu changes en profit ma perte, Vierge immaculée,

Si tu guéris ma ruine, Vierge bienheureuse,

Si tu laisses avancer ma honte, Vierge pleine de grâces,

Si tu plaides mon désespoir, Vierge toujours pure,

Si tu me reçois sous le toit dont je fus chassé, Vierge honorée par Dieu,

Si tu m’entoures de ta piété, Vierge qui détruit la malédiction,

Si tu apaises ma tempête, Vierge du repos,

Si tu mets fin aux violentes tourmentes, Vierge pacifique,

Si tu répares mes erreurs, Vierge de louanges,

Si tu entres pour moi dans l’arène, Vierge qui repousses la mort,

Si tu changes en douceur mon âpreté, Vierge suave,

Si tu brises le mur qui me sépare, ô Vierge du pardon,

Si tu dissipes mes souillures, Vierge dont le pied écrase la corruption ;

Si tu m’ôtes au trépas, à quoi je suis livré, lumière vivante,

Si tu coupes le bruit de mes sanglots, Vierge d’allégresse,

Si tu me fortifies, lorsque je suis brisé, remède du salut,

Si tu considères ma ruine, temple de l’esprit,

Si tu viens vers moi avec compassion, Mère qui fus léguée

Et qui seule est bénie sur les lèvres sans tache dans la bouche des bienheureux.

Une goutte de lait de ta virginité

Rend vigueur à ma vie en pleuvant sur mon âme,

Ô Mère du Très-Haut, du Seigneur Jésus,

Créateur du ciel et de la terre entière,

Que tu as mis au monde, inexprimablement, avec une vraie chair, une divinité sans faille,

Gloire à lui, comme au Père, et avec l’Esprit Saint,

Dans son essence et dans notre nature, qu’il réunit indescriptiblement,

Tout dans le tout, Un de la Trinité,

Loué soit-il dans les siècles des siècles,

Amen.

Saint Grégoire de Narek (XI° siècle)

(Source/ Marie de Nazareth. Traduction par Annie et Jean-Pierre Mahé, Ed. Peeters, 2007; p. 372 §3)

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Pères de l'Eglise
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:19
LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR

"Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous", dit saint Paul (1 Co 3,16). Chaque homme est appelé à devenir ce temple. C’est la vocation fondamentale du chrétien. Pour devenir cette maison du Dieu Vivant, il doit toujours porter en lui le Nom de Dieu: "Je consacre cette maison que tu as bâtie, en y plaçant mon Nom à jamais; mes yeux et mon cœur y seront toujours" (1 Ro 9,3).

A travers la Bible, l’invocation du Nom de Dieu est source de salut (Jl 3,5). Dans le Nouveau Testament, les choses sont encore plus concrètes, tangibles: le Nom salvateur par excellence qui nous a été donné et révélé est celui de notre Seigneur Jésus-Christ (Ac 4,12). Au début, durant les temps apostoliques, les chrétiens étaient appelés "ceux qui invoquent le Nom de Jésus" (Ac 9,21), en tout lieu et en tout temps (1 Co 1,2). Cela, afin de cultiver leur paradis intérieur, de garder le feu reçu à la Pentecôte. Mais, comme le précise saint Paul, pour être agréable à Dieu et porter du fruit, cette invocation du Nom doit être faite d’un cœur pur (2 Tm 2,22).

L’Eglise orthodoxe est restée fidèle à cette tradition. Dans la filiation des premiers moines – les Pères du désert –, des saints ascètes et des auteurs de la Philocalie, elle invite les disciples du Christ à cette invocation continuelle du Nom de Jésus-Christ.

Cette prière peut sembler extrêmement simple. Théoriquement, elle l’est. Mais pratiquement, elle est difficile. Car nous sommes divisés intérieurement: la tête et le cœur, l’âme et le corps, la pensée et la vision ne sont pas unifiés. Nous vivons avec notre tête séparée du cœur. Notre esprit est comme une girouette agitée par le vent. Nous ne sommes jamais en paix. L’invocation du Nom est un remède contre cette division de l’être et cette agitation mentale. C’est une grande science que nous devons apprendre toute notre vie. Imprimer le Nom du Christ dans notre cœur et le faire résonner sans arrêt dans notre poitrine est à la fois une grande prouesse et un don de la grâce.

Le but de la prière est de rendre l’homme capable de vivre dans la présence du Dieu Vivant. Car cette présence est extrêmement bénéfique. Elle est thérapeutique. Elle nous purifie. Elle nous sauve. Son pouvoir consume l’esprit de méchanceté en nous. Il guérit l’intellect et le cœur de l’homme. Il unifie l’être. Dans cette unité, le désir de Dieu possède la personne dans toutes les dimensions de son être et de son existence. L’homme n’a plus qu’un seule pensée, un seul désir, une seule aspiration: vénérer Dieu en esprit et en vérité comme l’Un de la Sainte Trinité. Il poursuit, atteint cet état surtout à travers la prière de repentir, la prière dite "de Jésus" ou "prière du cœur": "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Là où est le Nom de Dieu, là est sa présence. Ce Nom, pour nous chrétiens, est inséparable de la personne de Jésus-Christ. Le secret qui rend la prière de Jésus efficace et féconde est l’attention et l’humilité. Dite ainsi, elle attire la puissance de l’Esprit saint. Dans la pratique de cette prière, deux parts doivent être unies, harmonisées. L’une de ces parts est petite, l’autre est grande. La petite part, c’est l’effort de l’homme pour rendre le cœur prêt à recevoir la grande part qui est la grâce de l’Esprit saint, grâce sans laquelle l’homme ne peut rien. Il y a là toute une synergie. Jésus-Christ justifie le Créateur par son amour infini. Il justifie également l’homme, car Il a montré et réalisé l’image de l’homme parfait qui plaît au Père. Dieu nous donne sa grâce à la mesure de notre reconnaissance envers Lui. Autrement dit, nous ne possédons que ce que nous reconnaissons avoir reçu de Lui.

La prière de Jésus est une prière d’une seule pensée. Sa simplicité est justement ce qui la rend si exigeante. En enfermant l’esprit dans les mots de la prière ou plutôt dans la partie supérieure du cœur, nous évitons l’action dissipante de l’imagination et l’attachement aux réalités éphémères de ce monde. Nous contraignons le cœur et l’esprit à vivre avec la seule pensée de Dieu, accompagnée de repentir. Cet effort ascétique a pour vertu de rendre le cœur contrit, sensible, plein d’une douleur spirituelle. Cette souffrance, à son tour, attire l’intellect, le fait decendre dans le cœur. L’intellect et le cœur sont alors unis, renforcés par la grâce; notre cœur devient véritablement le centre de notre être. "D’un cœur brisé, Dieu n’a point de mépris" (Ps 50,19). Et un cœur contrit est sans pensées.

Par ses efforts et la grâce de Dieu, la synergie entre sa volonté et celle de Dieu, l’homme est ainsi guéri, restauré dans son intégrité première. Par ce processus de guérison, qui passe par l’unification de l’esprit et du cœur, il revient à un état "normal", naturel: celui d’Adam au paradis, de l’homme avant la chute. Détaché des biens matériels, il devient capable d’accomplir le grand commandement évangélique: aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de tout son être, et son prochain comme soi-même.

Pour arriver à l’état d’unification intérieure, pour mettre le cœur dans une juste disposition, il n’y a qu’un moyen: le repentir, la métanoïa. Par le repentir, nous nous voyons tels que nous sommes. Si nous étions capables de voir toutes les impuretés de notre cœur, tout ce qui en nous nous sépare de Dieu, nous rend opaques à l’action de l’Esprit saint, notre zèle spirituel et notre désir de purification intérieure exploseraient. Ici aussi, l’humilité est la clé. Elle nous préserve de la tentation du désespoir quand nous voyons notre néant et notre état misérable. Elle nous permet d’éviter de nous enorgueillir quand nous sentons la force du Nom et l’action de l’Esprit saint en nous.

Dans ce processus, qui est une lutte, nous sommes "initiés" à la vie mystique en Christ. Nous voyons tout ce qui existe à travers cette Présence, dans la lumière de l’Esprit. Nous apprenons à discerner, de plus en plus finement, aussi bien les mouvements de notre cœur qui nous ouvrent à l’amour que les passions et les pensées étrangères à l’esprit du Christ qui nous séparent de Dieu. Notre capacité de vigilance augmente. Le mal, les pensées passionnées continuent certes de nous environner, de nous attaquer, mais elles ne peuvent plus pénétrer dans notre cœur. Ainsi, la prière et toute notre vie – intérieure et extérieure – qui en découle, concourt à notre sanctification par l’amour dans l’Esprit. La sobriété de l’esprit redevient naturelle en nous, car Celui qui trône dans le cœur, qui est en nous, est "plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jn 4,4).

La prière, par l’action de la grâce, nous aide, nous apprend à transformer nos états psychiques en états spirituels. Imaginez qu’un ami vous trompe, vous frappe ou répande des calomnies sur vous. Vous êtes profondément blessé, triste, déçu. Vous souffrez. Qu’allez-vous faire de cet état émotionnel, de ces énergies psychiques négatives qui travaillent en vous? Si vous en restez-là, à les ressasser, cela ne sert à rien; vous vous ferez souffrir encore davantage, inutilement. Vous resterez dans la logique du vieil homme, qui conduit à la mort. Par la puissance du Nom, vous pouvez réorienter ces énergies, les retourner du bas vers le haut, les transformer. Certes, la blessure que l’autre vous a infligée ne disparaît pas; elle demeure, mais vous en oubliez le comment. Vous oubliez d’où est venue cette énergie négative, qui vous l’a donnée. Votre cœur reste triste, contrit, vous continuez à souffrir, mais de psychique votre souffrance devient spirituelle; d’humaine, elle devient divino-humaine, transfigurée par la grâce. Alors, vous pouvez dire, en vous adressant au Père: "Tu as vu que j’étais dans un état de paresse spirituelle, d’autosatisfaction, de sommeil, et tu as envoyé mon frère comme un ange pour me réveiller. Je te rends grâce pour ta bienveillance. Par les prières de mon frère qui m’a blessé, Seigneur, aie pitié de moi et sauve-moi!"

Nous devons apprendre à retrouver notre cœur profond, à vivre avec lui, en lui. C’est essentiel. Car la parole de Dieu s’adresse d’abord au cœur, et si nous n’apprenons pas à vivre dans notre cœur, comment pourrons-nous la comprendre? Sans la purification du cœur, l’Evangile reste un livre fermé. Vivre selon les commandements du Christ, c’est porter la parole de Dieu dans notre cœur pour qu’il s’enflamme. Il en va de même pour la liturgie eucharistique. Pour célébrer ce grand mystère, il faut un cœur brûlant comme le Buisson ardent; si nous ne vivons pas dans notre cœur, si notre cœur ne brûle pas pour le Christ, comment voulons-nous comprendre la fraction du pain?

L’Archimandrite Sophrony définissait la prière comme une "création infinie". La prière pure est la prière qui est propre à celui qui a réalisé la ressemblance de Dieu. Par l’invocation du Nom, l’homme – créé originellement à l’image de Dieu – justifie son Créateur qui a déposé dans sa nature le germe d’une gloire et d’une paix, d’une beauté et d’un amour infinis. Par cette prière, on peut devenir si proche du Seigneur, si plein de son Esprit, si enveloppé de son amour, qu’on entre dans la Lumière incréée, où l’on ne sait plus si l’on est hors ou dans son corps. On commence par de petites choses, mais, à force d’attention, de persévérance et de patience, on peut devenir comme des anges devant le trône de Dieu qui glorifient le Seigneur jour et nuit, sans repos. Les anges ont un tel désir de Dieu qu’ils n’ont qu’une pensée, qu’une volonté: s’unir à Lui et l’absorber de tout leur être.

Par l’invocation du Nom de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, un humble esprit est établi dans le cœur profond. Alors est renouvelé en nous l’Esprit d’adoption qui crie dans notre cœur: "Abba, Père" (Rm 8,15). Quand l’Esprit de Dieu prie en nous, quand Il "intercède pour nous en des gémissements ineffables" (Rm 8,26), nous devenons des enfants de Dieu. La vraie prière est engendrement, filiation.

Ainsi l’invocation du Nom, d’un cœur pur, devient le but de tout chrétien. Par elle, la présence de Dieu règne dans l’homme. Par cette présence, il devient la montagne ou le temple de Dieu. Et le temple de Dieu est saint, "et ce temple, c’est vous" (1 Co 3,17).

Quand le Nom est dans le cœur, on a tout, car Jésus-Christ est présent.

Lu et reproduit de la revue
Itinéraires : Recherches chrétiennes d'ouverture
(Le Mont-sur-Lausanne, Suisse), No. 23, 1998.

L’auteur de ces lignes est un prêtre et moine d’origine chypriote : le père Zacharie.

Il vit au monastère Saint-Jean-Baptiste (Essex, Angleterre), fondé en 1959 par l’Archimandrite Sophrony (1896-1993) qui était lui-même le disciple du starets Silouane (1866-1938), canonisé en 1987 par le Patriarcat de Constantinople.

Il vient de soutenir une thèse sur le Principe de l’Hypostase (la Personne) dans les écrits spirituels de l’Archimandrite Sophrony à la Faculté de théologie de Thessalonique (Grèce).

LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR
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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Spiritualité Chrétienne
15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:49
Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Première lettre de saint Jean 5,4-10.

Mes bien-aimés, quiconque est né de Dieu, vainc le monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi.
Qui est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est ce même Jésus-Christ qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité.
Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit ; et ces trois sont un.
Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'Esprit, l'eau et le sang ; et ces trois sont d'accord.
Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et c'est bien là le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage de Dieu en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.

En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes de la maison, où se trouvaient les disciples, étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux disant : "La Paix soit avec vous !"
Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Il leur dit une seconde fois : "Paix avec vous !" Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."
Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint."
"Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."
Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.
Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur." Mais il leur dit : "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point."
Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : "Paix avec vous !"
Puis il dit à Thomas : "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant."
Thomas lui répondit : "Mon Seigneur, et mon Dieu !"
Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru."
Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.


Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Jean-Paul II (1920-1978-2005), pape de Rome, dans l’Encyclique « Dominum et vivificantem » §23 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

« Recevez l'Esprit Saint »


Les événements de Pâques — la Passion, la mort et la Résurrection du Christ — sont aussi le temps de la nouvelle venue de l'Esprit Saint comme Paraclet et Esprit de vérité (Jn 14,16-17).

C'est le temps du « nouveau commencement », du don que le Dieu un et trine fait de lui-même à l'humanité dans l'Esprit Saint par l'action du Christ Rédempteur.

Ce nouveau commencement est la rédemption du monde :

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3,16).

Déjà, dans le don du Fils s'exprime l'essence la plus profonde de Dieu qui, comme amour, est une source inépuisable de générosité.

Dans le don fait par le Fils s'achèvent la révélation et la prodigalité de l'Amour éternel : par l'œuvre du Fils, c'est-à-dire par le mystère pascal, l'Esprit Saint, qui dans les profondeurs insondables de Dieu est une personne-don, est donné d'une manière nouvelle aux apôtres et à l'Église et, à travers eux, à l'humanité et au monde entier.

L'expression définitive de ce mystère apparaît le jour de la résurrection.

En ce jour, Jésus de Nazareth, « issu de la lignée de David selon la chair », comme l'écrit l'apôtre Paul, est « établi Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts » (Rm 1,3-4).

On peut donc dire que l'exaltation messianique du Christ dans l'Esprit Saint atteint son sommet dans la résurrection ; il se révèle alors comme Fils de Dieu, « rempli de puissance ».

Et cette puissance, dont les sources jaillissent dans l'insondable communion trinitaire, se manifeste avant tout dans le fait que si, d'une part, le Christ ressuscité réalise la promesse de Dieu déjà exprimée par la voix du prophète :

-« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, mon esprit » (Ez 36,26-27), d'autre part, il accomplit sa propre promesse faite aux apôtres :

-« Si je pars, je vous l'enverrai » (Jn 16,7).

C'est lui, l'Esprit de vérité, le Paraclet envoyé par le Christ ressuscité pour nous transformer et faire de nous l'image même du ressuscité.

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR

"Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous", dit saint Paul (1 Co 3,16). Chaque homme est appelé à devenir ce temple. C’est la vocation fondamentale du chrétien. Pour devenir cette maison du Dieu Vivant, il doit toujours porter en lui le Nom de Dieu: "Je consacre cette maison que tu as bâtie, en y plaçant mon Nom à jamais; mes yeux et mon cœur y seront toujours" (1 Ro 9,3).

A travers la Bible, l’invocation du Nom de Dieu est source de salut (Jl 3,5). Dans le Nouveau Testament, les choses sont encore plus concrètes, tangibles: le Nom salvateur par excellence qui nous a été donné et révélé est celui de notre Seigneur Jésus-Christ (Ac 4,12). Au début, durant les temps apostoliques, les chrétiens étaient appelés "ceux qui invoquent le Nom de Jésus" (Ac 9,21), en tout lieu et en tout temps (1 Co 1,2). Cela, afin de cultiver leur paradis intérieur, de garder le feu reçu à la Pentecôte. Mais, comme le précise saint Paul, pour être agréable à Dieu et porter du fruit, cette invocation du Nom doit être faite d’un cœur pur (2 Tm 2,22).

L’Eglise orthodoxe est restée fidèle à cette tradition. Dans la filiation des premiers moines – les Pères du désert –, des saints ascètes et des auteurs de la Philocalie, elle invite les disciples du Christ à cette invocation continuelle du Nom de Jésus-Christ.

Cette prière peut sembler extrêmement simple. Théoriquement, elle l’est. Mais pratiquement, elle est difficile. Car nous sommes divisés intérieurement: la tête et le cœur, l’âme et le corps, la pensée et la vision ne sont pas unifiés. Nous vivons avec notre tête séparée du cœur. Notre esprit est comme une girouette agitée par le vent. Nous ne sommes jamais en paix. L’invocation du Nom est un remède contre cette division de l’être et cette agitation mentale. C’est une grande science que nous devons apprendre toute notre vie. Imprimer le Nom du Christ dans notre cœur et le faire résonner sans arrêt dans notre poitrine est à la fois une grande prouesse et un don de la grâce.

Le but de la prière est de rendre l’homme capable de vivre dans la présence du Dieu Vivant. Car cette présence est extrêmement bénéfique. Elle est thérapeutique. Elle nous purifie. Elle nous sauve. Son pouvoir consume l’esprit de méchanceté en nous. Il guérit l’intellect et le cœur de l’homme. Il unifie l’être. Dans cette unité, le désir de Dieu possède la personne dans toutes les dimensions de son être et de son existence. L’homme n’a plus qu’un seule pensée, un seul désir, une seule aspiration: vénérer Dieu en esprit et en vérité comme l’Un de la Sainte Trinité. Il poursuit, atteint cet état surtout à travers la prière de repentir, la prière dite "de Jésus" ou "prière du cœur": "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Là où est le Nom de Dieu, là est sa présence. Ce Nom, pour nous chrétiens, est inséparable de la personne de Jésus-Christ. Le secret qui rend la prière de Jésus efficace et féconde est l’attention et l’humilité. Dite ainsi, elle attire la puissance de l’Esprit saint. Dans la pratique de cette prière, deux parts doivent être unies, harmonisées. L’une de ces parts est petite, l’autre est grande. La petite part, c’est l’effort de l’homme pour rendre le cœur prêt à recevoir la grande part qui est la grâce de l’Esprit saint, grâce sans laquelle l’homme ne peut rien. Il y a là toute une synergie. Jésus-Christ justifie le Créateur par son amour infini. Il justifie également l’homme, car Il a montré et réalisé l’image de l’homme parfait qui plaît au Père. Dieu nous donne sa grâce à la mesure de notre reconnaissance envers Lui. Autrement dit, nous ne possédons que ce que nous reconnaissons avoir reçu de Lui.

La prière de Jésus est une prière d’une seule pensée. Sa simplicité est justement ce qui la rend si exigeante. En enfermant l’esprit dans les mots de la prière ou plutôt dans la partie supérieure du cœur, nous évitons l’action dissipante de l’imagination et l’attachement aux réalités éphémères de ce monde. Nous contraignons le cœur et l’esprit à vivre avec la seule pensée de Dieu, accompagnée de repentir. Cet effort ascétique a pour vertu de rendre le cœur contrit, sensible, plein d’une douleur spirituelle. Cette souffrance, à son tour, attire l’intellect, le fait decendre dans le cœur. L’intellect et le cœur sont alors unis, renforcés par la grâce; notre cœur devient véritablement le centre de notre être. "D’un cœur brisé, Dieu n’a point de mépris" (Ps 50,19). Et un cœur contrit est sans pensées.

Par ses efforts et la grâce de Dieu, la synergie entre sa volonté et celle de Dieu, l’homme est ainsi guéri, restauré dans son intégrité première. Par ce processus de guérison, qui passe par l’unification de l’esprit et du cœur, il revient à un état "normal", naturel: celui d’Adam au paradis, de l’homme avant la chute. Détaché des biens matériels, il devient capable d’accomplir le grand commandement évangélique: aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de tout son être, et son prochain comme soi-même.

Pour arriver à l’état d’unification intérieure, pour mettre le cœur dans une juste disposition, il n’y a qu’un moyen: le repentir, la métanoïa. Par le repentir, nous nous voyons tels que nous sommes. Si nous étions capables de voir toutes les impuretés de notre cœur, tout ce qui en nous nous sépare de Dieu, nous rend opaques à l’action de l’Esprit saint, notre zèle spirituel et notre désir de purification intérieure exploseraient. Ici aussi, l’humilité est la clé. Elle nous préserve de la tentation du désespoir quand nous voyons notre néant et notre état misérable. Elle nous permet d’éviter de nous enorgueillir quand nous sentons la force du Nom et l’action de l’Esprit saint en nous.

Dans ce processus, qui est une lutte, nous sommes "initiés" à la vie mystique en Christ. Nous voyons tout ce qui existe à travers cette Présence, dans la lumière de l’Esprit. Nous apprenons à discerner, de plus en plus finement, aussi bien les mouvements de notre cœur qui nous ouvrent à l’amour que les passions et les pensées étrangères à l’esprit du Christ qui nous séparent de Dieu. Notre capacité de vigilance augmente. Le mal, les pensées passionnées continuent certes de nous environner, de nous attaquer, mais elles ne peuvent plus pénétrer dans notre cœur. Ainsi, la prière et toute notre vie – intérieure et extérieure – qui en découle, concourt à notre sanctification par l’amour dans l’Esprit. La sobriété de l’esprit redevient naturelle en nous, car Celui qui trône dans le cœur, qui est en nous, est "plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jn 4,4).

La prière, par l’action de la grâce, nous aide, nous apprend à transformer nos états psychiques en états spirituels. Imaginez qu’un ami vous trompe, vous frappe ou répande des calomnies sur vous. Vous êtes profondément blessé, triste, déçu. Vous souffrez. Qu’allez-vous faire de cet état émotionnel, de ces énergies psychiques négatives qui travaillent en vous? Si vous en restez-là, à les ressasser, cela ne sert à rien; vous vous ferez souffrir encore davantage, inutilement. Vous resterez dans la logique du vieil homme, qui conduit à la mort. Par la puissance du Nom, vous pouvez réorienter ces énergies, les retourner du bas vers le haut, les transformer. Certes, la blessure que l’autre vous a infligée ne disparaît pas; elle demeure, mais vous en oubliez le comment. Vous oubliez d’où est venue cette énergie négative, qui vous l’a donnée. Votre cœur reste triste, contrit, vous continuez à souffrir, mais de psychique votre souffrance devient spirituelle; d’humaine, elle devient divino-humaine, transfigurée par la grâce. Alors, vous pouvez dire, en vous adressant au Père: "Tu as vu que j’étais dans un état de paresse spirituelle, d’autosatisfaction, de sommeil, et tu as envoyé mon frère comme un ange pour me réveiller. Je te rends grâce pour ta bienveillance. Par les prières de mon frère qui m’a blessé, Seigneur, aie pitié de moi et sauve-moi!"

Nous devons apprendre à retrouver notre cœur profond, à vivre avec lui, en lui. C’est essentiel. Car la parole de Dieu s’adresse d’abord au cœur, et si nous n’apprenons pas à vivre dans notre cœur, comment pourrons-nous la comprendre? Sans la purification du cœur, l’Evangile reste un livre fermé. Vivre selon les commandements du Christ, c’est porter la parole de Dieu dans notre cœur pour qu’il s’enflamme. Il en va de même pour la liturgie eucharistique. Pour célébrer ce grand mystère, il faut un cœur brûlant comme le Buisson ardent; si nous ne vivons pas dans notre cœur, si notre cœur ne brûle pas pour le Christ, comment voulons-nous comprendre la fraction du pain?

L’Archimandrite Sophrony définissait la prière comme une "création infinie". La prière pure est la prière qui est propre à celui qui a réalisé la ressemblance de Dieu. Par l’invocation du Nom, l’homme – créé originellement à l’image de Dieu – justifie son Créateur qui a déposé dans sa nature le germe d’une gloire et d’une paix, d’une beauté et d’un amour infinis. Par cette prière, on peut devenir si proche du Seigneur, si plein de son Esprit, si enveloppé de son amour, qu’on entre dans la Lumière incréée, où l’on ne sait plus si l’on est hors ou dans son corps. On commence par de petites choses, mais, à force d’attention, de persévérance et de patience, on peut devenir comme des anges devant le trône de Dieu qui glorifient le Seigneur jour et nuit, sans repos. Les anges ont un tel désir de Dieu qu’ils n’ont qu’une pensée, qu’une volonté: s’unir à Lui et l’absorber de tout leur être.

Par l’invocation du Nom de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, un humble esprit est établi dans le cœur profond. Alors est renouvelé en nous l’Esprit d’adoption qui crie dans notre cœur: "Abba, Père" (Rm 8,15). Quand l’Esprit de Dieu prie en nous, quand Il "intercède pour nous en des gémissements ineffables" (Rm 8,26), nous devenons des enfants de Dieu. La vraie prière est engendrement, filiation.

Ainsi l’invocation du Nom, d’un cœur pur, devient le but de tout chrétien. Par elle, la présence de Dieu règne dans l’homme. Par cette présence, il devient la montagne ou le temple de Dieu. Et le temple de Dieu est saint, "et ce temple, c’est vous" (1 Co 3,17).

Quand le Nom est dans le cœur, on a tout, car Jésus-Christ est présent.

Lu et reproduit de la revue
Itinéraires : Recherches chrétiennes d'ouverture
(Le Mont-sur-Lausanne, Suisse), No. 23, 1998.

L’auteur de ces lignes est un prêtre et moine d’origine chypriote : le père Zacharie.

Il vit au monastère Saint-Jean-Baptiste (Essex, Angleterre), fondé en 1959 par l’Archimandrite Sophrony (1896-1993) qui était lui-même le disciple du starets Silouane (1866-1938), canonisé en 1987 par le Patriarcat de Constantinople.

Il vient de soutenir une thèse sur le Principe de l’Hypostase (la Personne) dans les écrits spirituels de l’Archimandrite Sophrony à la Faculté de théologie de Thessalonique (Grèce).

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Saint Paterne, qui êtes-vous ?

Évêque de Vannes
(Ve sièc
le)

Saint Paterne naquit dans l'Armorique, aujourd'hui la Bretagne , vers l'an 490.

Il est surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

Il se retira dans le comté de Cardigan au pays de Galles, et y embrassa l'état monastique. Son éminente sainteté le fit ensuite choisir pour être le supérieur des religieux de cette contrée. Il bâtit des églises et fonda des monastères dont le plus considérable fut celui de "Llan-Paderne-Vaur", qui signifie église du grand Paterne.

Il fit un voyage à Jérusalem, et y fut sacré évêque par le patriarche de cette ville. Après son retour il demeura encore quelque temps au pays de Galles.

De retour en Armorique, le roi Caradauc lui confia l'évêché de Vannes. Devenu évêque de Vannes, il bâtit un monastère près de cette ville.

Il donna des preuves de sa douceur et de sa patience dans la conduite qu'il tint envers de faux-frères qui avaient indisposé contre lui quelques évêques de la province. Il oublia, pour le bien de la paix, toutes les injures qu'il avait reçues, et se retira près de la ville de Vannes.

Il mourut vers l'an 555.



@Vie des saints pour tous les jours de l'année, Mame 1867


Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Grégoire de Narek : moine, poète et docteur de l'Eglise

Par PASCAL MAGUESYAN dans « La Vie »

Le pape François a proclamé docteur de l’Église le mystique du Xe siècle. Mille ans après sa mort, son œuvre reste au cœur de la littérature nationale.

C’est une bourgade agricole typique de cette Turquie orientale, à 2 km au sud du lac de Van. Ce village kurde et musulman se nomme Yemişlik. Autrefois, c’était Narek. C’était un village arménien. C’est là que vécut saint Grégoire, célèbre moine et prêtre arménien du Xe siècle, fantastique poète mystique, dont l’œuvre théologique, littéraire et spirituelle a traversé les siècles et les frontières.

Grégoire de Narek (fêté le deuxième samedi d’octobre dans l’Église apostolique arménienne, le 27 février dans l’Église catholique) est à présent le 36e docteur de l’Église. Cette proclamation effectuée par le pape François, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome, devant les fidèles de rite arménien, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, témoigne de la communion de l’Église catholique avec une civilisation chrétienne orientale décimée dans son berceau géographique. « Des 36 docteurs de l’Église, Grégoire de Narek est le deuxième Oriental (ne parlant ni grec ni latin et vivant hors des limites de l’Empire byzantin), après saint Éphrem de Nisibe. Il était très important, dans l’état actuel de cette prise de conscience hélas tardive pour les chrétiens d’Orient, que cette année-ci au moins, un autre Oriental devienne docteur de l’Église », souligne Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut et traducteur de l’œuvre de saint Grégoire.

Grégoire est né entre 940 et 950 et mourut entre 1003 et 1010.Figure volcanique de la mystique chrétienne de langue arménienne, il est l’auteur du mémorable Livre des Lamentations, appelé aussi Livre des Prières, devenu pour les Arméniens une sorte de texte sacré. « Livre le plus répandu après la Bible, poésie mêlant au repentir la consolation et l’espérance, cette suite de Paroles à Dieu des profondeurs du cœur (…), devenu au long des siècles le compagnon de tout Arménien lettré, a rejoint légitimement les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. Quant au monastère de Narek, il est resté jusqu’au XXe siècle le lieu de rassemblement d’innombrables pèlerins » (Keram Kevonian, Union internationale des organisations Terre et Culture).

Le verbe de Grégoire est une inlassable quête du Verbe : « Rayon béni, soleil de justice, Désir ardent, figure de lumière, Insondable et très-haut, ineffable et puissant, / Allégresse du bien, vision de l’espérance, Dieu loué dans les cieux, glorieuse royauté, Christ qui nous créas, vie partout célébrée, / Daigne emplir à présent, de ta souveraine éloquence, Le défaut de ma voix, les multiples erreurs de ma misère : Présente mes prières en agréable offrande à la majesté de ton Père, (...) » (Prière 95, Trésor des fêtes, hymnes et odes de ­Grégoire de Narek, traduction et notes de Annie et Jean-Pierre Mahé, Peeters, 2014). Outre les 95 prières du Livre des lamentations, Grégoire est également l’auteur d’odes, d’hymnes, de panégyriques, de litanies et de méditations. C’est dans l’enceinte du monastère de Narek et dans une grotte toute proche où il pratiquait la « méditation solitaire » que Grégoire composa ses œuvres, « rassemblées, mises en forme, calligraphiées et copiées dans trois recueils sous l’autorité de son frère Jean, devenu abbé du monastère », précise Jean-Pierre Mahé.

Grégoire mourut à Narek et y fut inhumé peu de temps après l’achèvement du Livre des Lamentations. De ce grand monastère et scriptorium où l’on enseigna également les sciences, la philosophie et la musique, il ne reste rien. Le monastère a été pillé en 1895 pendant la période dite des massacres hamidiens ordonnés par le sultan Abdülhamid II. Lors du génocide en 1915, les 123 familles arméniennes du village ont été liquidées. Enfin, le monastère de Narek a été totalement rasé en 1951 sur ordre des autorités préfectorales. En lieu et place a été construite une mosquée.

Tout étranger qui passe aujourd’hui par Narek/Yemişlik est immédiatement suivi d’une nuée d’enfants qui n’ont que ces mots à la bouche : « Photo, photo ? » Ils savent bien ce qui attire les visiteurs : les ultimes pierres à croix encore visibles. Ici, une stèle funéraire au pied de l’escalier de la mosquée, là quelques pierres gravées dans l’entrepôt. C’est tout ce qu’il reste du vaste monastère de l’immense saint Grégoire. Les enfants rient mais ne savent rien, les anciens marmonnent parce qu’ils savent tout.



Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu :

Que s’élève par moi ton honneur

Et mon salut éclatera par toi,

Si tu viens à me retrouver, Mère de Seigneur !

Si tu me prends en pitié, Vierge sainte,

Si tu changes en profit ma perte, Vierge immaculée,

Si tu guéris ma ruine, Vierge bienheureuse,

Si tu laisses avancer ma honte, Vierge pleine de grâces,

Si tu plaides mon désespoir, Vierge toujours pure,

Si tu me reçois sous le toit dont je fus chassé, Vierge honorée par Dieu,

Si tu m’entoures de ta piété, Vierge qui détruit la malédiction,

Si tu apaises ma tempête, Vierge du repos,

Si tu mets fin aux violentes tourmentes, Vierge pacifique,

Si tu répares mes erreurs, Vierge de louanges,

Si tu entres pour moi dans l’arène, Vierge qui repousses la mort,

Si tu changes en douceur mon âpreté, Vierge suave,

Si tu brises le mur qui me sépare, ô Vierge du pardon,

Si tu dissipes mes souillures, Vierge dont le pied écrase la corruption ;

Si tu m’ôtes au trépas, à quoi je suis livré, lumière vivante,

Si tu coupes le bruit de mes sanglots, Vierge d’allégresse,

Si tu me fortifies, lorsque je suis brisé, remède du salut,

Si tu considères ma ruine, temple de l’esprit,

Si tu viens vers moi avec compassion, Mère qui fus léguée

Et qui seule est bénie sur les lèvres sans tache dans la bouche des bienheureux.

Une goutte de lait de ta virginité

Rend vigueur à ma vie en pleuvant sur mon âme,

Ô Mère du Très-Haut, du Seigneur Jésus,

Créateur du ciel et de la terre entière,

Que tu as mis au monde, inexprimablement, avec une vraie chair, une divinité sans faille,

Gloire à lui, comme au Père, et avec l’Esprit Saint,

Dans son essence et dans notre nature, qu’il réunit indescriptiblement,

Tout dans le tout, Un de la Trinité,

Loué soit-il dans les siècles des siècles,

Amen.

Saint Grégoire de Narek (XI° siècle)

Traduction par Annie et Jean-Pierre Mahé, Ed. Peeters, 2007; p. 372 §3

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 07:50
Le nouveau régime de recherche sur l’embryon à des fins d’assistance médicale à la procréation adopté le 10 avril par les députés est un pas de plus dans la chosification de l’être humain. ( Lu dans Aleteia, article de PHILIPPE OSWALD  )

Le nouveau régime de recherche sur l’embryon à des fins d’assistance médicale à la procréation adopté le 10 avril par les députés est un pas de plus dans la chosification de l’être humain. ( Lu dans Aleteia, article de PHILIPPE OSWALD )

Encore un « loup » dans le projet de loi Santé, dont les débats se sont terminés en première lecture à l’Assemblée nationale : le gouvernement a introduit en catimini un amendement libéralisant la recherche sur l’embryon. Gènéthique a aussitôt sonné l’alarme sur Twitter : cet amendement (n°2509), adopté vendredi 10 avril 2015 dans un hémicycle quasiment vide, crée un nouveau régime de recherches sur l’embryon dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Il s’agit d’offrir aux chercheurs toujours plus de latitude pour utiliser l’embryon humain comme un objet de laboratoire, de façon utilitariste et matérialiste. Pendant près de dix ans, de 1994 à 2013, existait un « régime des études sur l’embryon » visant à développer les soins au bénéfice de l'embryon et à améliorer les techniques d'AMP ne portant pas atteinte à l'embryon » – à ceci près qu’il était transféré à des fins de gestation et souvent sacrifié par la « réduction embryonnaire ». Ce régime fut supprimé par le législateur en 2013. Or, explique Gènéthique, « le gouvernement s’est récemment rendu compte que cette suppression fermait des portes à la recherche sur l’embryon dans le cadre de l’AMP. (…) Se rendant compte de la nécessité d’une base légale pour ce décret, le gouvernement a proposé un amendement visant à réintroduire les recherches sur embryons transférables à des fins de gestation. »


Rien ne s’oppose plus à ce que l’embryon humain soit détruit

Il s’agit d’autoriser les chercheurs à étudier l’embryon le plus loin possible dans la grossesse, donc en le maintenant vivant, mais non pas nécessairement de mener celle-ci à son terme : « Alors que l’ancien régime des études sur l’embryon dans le cadre de l’AMP était impérativement "au bénéfice de l'embryon" et ne portait "pas atteinte à l’embryon", le nouveau régime de recherches sur l’embryon menées dans le cadre de l’AMP ne précise ni que les recherches seront faites au bénéfice de l’embryon, ni qu’elles ne porteront "pas atteinte à l'embryon" : dès lors rien ne s’oppose à ce que l’embryon humain soit détruit par les interventions des chercheurs. » Et cela, d’autant plus que l’Agence de la biomédecine (ABM) ne contrôlera plus ces recherches alors que la loi actuelle soumet les recherches sur l’embryon à l’autorisation de l’ABM.


Des chercheurs dissipent l’équivoque

Ce risque accru de conduire à des destructions et à des modifications d’embryons a été aussitôt repéré par des scientifiques, dont Gènéthique résume les principales remarques et objections. Pour Jacques Testart, père scientifique du bébé éprouvette et directeur de recherche honoraire à l’INSERM, la porte est ouverte « pour intensifier la recherche sur l’embryon lui-même, dont la création d’embryons pour la recherche d’une part et la possibilité de transfert in utero des embryons après recherche d’autre part ».

Le Pr Alain Privat, neurobiologiste, ancien directeur de recherche à l'INSERM, et spécialiste des cellules souches, attire l’attention sur l’équivoque de l’expression de « recherches biomédicales menées dans le cadre de l’AMP » : « Cette formulation ne veut pas dire que ces recherches auront pour but de traiter l’infertilité du couple, explique-t-il. "Dans le cadre de" ne signifie pas "dans le but de". Les recherches ne seront pas forcément faites dans le but de l’AMP. Le "cadre de l’AMP" n’est qu’un prétexte pour faire davantage de recherches sur l’embryon ». Il y voit « un moyen de contourner l’interdiction de fabriquer des embryons pour la recherche en créant des voies parallèles d’accès à l’embryon pour les
chercheurs ». Il conclut : « Les recherches dans le cadre de l'AMP pourront être destructrices de l’embryon humain, mais pire encore : elles pourront réaliser des modifications sur l’embryon humain, via la thérapie génique. Encore une fois, on ouvre la porte à l’homme augmenté ».


Des « bébés à trois parents » en France ?

Enfin, ajoute Gènéthique, « le nouveau régime de recherche adopté porte également sur les "gamètes destinées à constituer un embryon". Ce nouveau régime, adopté sans garde-fous, fait immanquablement penser aux "FIV à trois parents" récemment autorisées au Royaume-Uni après un débat national. Bien que plusieurs voix se soient élevées contre les bébés "à trois parents", tant en Europe qu’aux États-Unis, qui peut garantir que le nouveau régime adopté en France ne permettra pas de telles procédures ? ».

sources: GÈNÉTHIQUE

Vote de la loi Santé : L’embryon humain offert aux chercheurs
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:37
PARADIS, Qu’est-ce à dire ?

Celui qui a été uni au Christ adhère pleinement au Paradis*.

Le mot grec paradeisos signifie à la fois l'Eden, où fut placé l'homme originel, et les temps à venir où ceux qui ont été rachetés et sauvés par le Christ jouiront d'une béatitude éternelle.

Elle peut également s'appliquer à l'étape finale de l'histoire humaine lorsque toute la création sera transformée et que Dieu sera « tout en tous ».

La béatitude du Paradis, dans la tradition chrétienne, se nomme également « Royaume des cieux », « vie du monde à venir », « huitième jour », « ciel nouveau », « Jérusalem céleste ».

La littérature hagiographique et patristique fourmille de descriptions du Paradis, dont certaines sont hautement pittoresques, et se chargent d'arbres, de fruits, d'oiseaux, de villages, etc.

Des saints byzantins, comme André Fol-en-Christ et Théodora furent « ravis au troisième ciel » (II Co 12,2) et à leur retour décrivirent ce qu'ils avaient vu là-bas.

Cependant leurs biographes font ressortir que les mots humains ne peuvent rendre compte d'une participation au divin que jusqu'à un certain point.

La notion de Paradis, comme celle d'Enfer, doivent être détachées des images matérialistes avec lesquelles elles sont habituellement liées.

En outre l'idée des « nombreuses demeures » (Jn 14,2) ne doit pas être prise trop à la lettre: les « demeures » ne sont pas des lieux, mais plutôt divers degrés d'intimité avec Dieu.

Comme l'explique saint Basile, « certains seront honorés de plus grands privilèges par Dieu, d'autres en recevront moins car une étoile diffère en éclat d'une autre étoile (I Co 15,41).

Et de même qu'il y a de nombreuses demeures chez le Père, certains reposeront dans un état de suprême élévation, alors que d'autres seront dans un état inférieur ».

Selon saint Syméon, toutes les images associées au Paradis, pièces ou demeures, bois ou champs, rivières ou lacs, oiseaux ou fleurs ne sont que les différents symboles de la béatitude dont le centre n'est autre que le Christ Lui-même.

Saint Grégoire de Nysse avance une idée similaire sur Dieu, comme le seul et complet délice du Royaume des cieux.

Il se substitue Lui-même à tous les plaisirs éphémères de la vie mortelle:

...Tout en menant notre vie selon des modes variés et nombreux, il y a une foule de choses auxquelles nous avons part, telles que le temps, l'air, le lieu, la nourriture et la boisson, les vêtements, le soleil, la clarté d'une lampe, et bien d'autres nécessités de la vie dont pas une ne s'identifie à Dieu.

La béatitude, objet de notre attente, n'en a que faire, et la divine nature deviendra tout pour nous et remplacera toutes choses, en se chargeant elle-même en bonne et due forme de toutes les nécessités de cette vie [...] ».

Ainsi, selon saint Grégoire et d'autres pères de l'Eglise, l'issue finale de notre histoire sera pleine de gloire et de magnificence.

Après la résurrection universelle et le Jugement dernier, Dieu sera au centre de tout, et rien ne subsistera en dehors de Lui. Le cosmos tout entier sera changé et transformé, transfiguré et illuminé.

Dieu sera « tout en tous » et le Christ règnera dans l'âme des hommes qu'il aura rachetés.

Telle est la victoire finale du bien sur le mal, du Christ sur l'Antéchrist, de la lumière sur les ténèbres, du Paradis sur l'Enfer.

Telle est l'annihilation finale de la mort.

« Alors s'accomplira la parole qui est écrite: la mort a été engloutie dans la victoire.

O mort, où est ton aiguillon?

O Enfer, où est ta victoire? [...]

Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ »

(I Co 15,54-57).


Extrait d'une cathéchèse orthodoxe fondée sur « Le mystère de la foi » par Mgr Hilarion Alfeyev

*Par le St Baptême et ensuite une vie cohérente d’union à Dieu.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:34
Que tout homme qui croit obtienne par Lui la vie éternelle (St Basile)

Par Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l'Église .Traité sur le Saint Esprit, 14 (trad. Bible chrétienne, A. Sigier 1989, t. 1*, p. 227 rev.)

« Afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle »


La figure est une manière d'exposer, par imitation, les choses que nous attendons.

Par exemple, Adam est la préfiguration de l'Adam qui devait venir (1Co 15,45) et la pierre [au désert pendant l'Exode] est le Christ figurativement ; l'eau qui coule de la pierre est la figure de la puissance vivifiante du Verbe (Ex 17,6 ;1Co 10,4), car il a dit :

« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive » (Jn 7,37).

La manne est la préfiguration du « pain vivant qui est descendu du ciel » (Jn 6,51) ; et le serpent placé sur une hampe est la figure de la Passion, de notre salut consommé sur la croix, puisque ceux qui le regardaient étaient sauvés (Nb 21,9).

De même, ce que dit l'Écriture des Israélites sortant d'Égypte a été raconté comme une préfiguration de ceux qui sont sauvés par le baptême ; car les premiers-nés des Israélites ont été sauvés...par la grâce accordée à ceux qui avaient été marqués du sang de l'agneau pascal et ce sang préfigurait le sang du Christ...

Quant à la mer et à la nuée (Ex 14), en ce temps-là elles conduisaient à la foi par l'admiration ; mais pour le futur, elles figuraient la grâce qui devait venir.

« Qui est sage ? Il comprendra ces choses ! » (Ps 106,43)

Il comprendra que la mer, préfigurant le baptême, séparait de Pharaon comme le baptême nous fait échapper à la tyrannie du diable.

Jadis la mer a étouffé en elle l'ennemi ; aujourd'hui meurt l'inimitié qui nous séparait de Dieu.

De la mer, le peuple est sorti sain et sauf ; et nous, nous remontons des eaux comme revivant d'entre les morts, sauvés par la grâce de Celui qui nous a appelés.

Quant à la nuée, elle était l'ombre du don de l'Esprit, qui rafraîchit nos membres en éteignant la flamme des passions.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:27
Exultet du pape Zosime (Une belle prière Pascale Occidentale)

 

Traduit par Monsieur Yves Avri

 

Exultent, qu’ils exultent, les habitants du ciel ,

Exultent, qu’ils exultent les Anges serviteurs de Dieu, que la trompette du salut fasse retentir le triomphe de notre Roi tout puissant !

Réjouissez-vous, que la terre se réjouisse, car la gloire l’inonde,

Rayonnant de la lumière de son Roi éternel, que tous les lieux de la terre se réjouissent, apprenant la fin de l’obscurité et des ténèbres.

Réjouissez-vous, que notre Mère l’Eglise aussi se réjouisse, parée de l’éclair de sa gloire, que ce saint édifice tremble de joie, remplie des voix puissantes des peuples.

(Donc, très chers amis, debout dans la gloire imposante de cette sainte lumière, invoquez avec moi, je vous le demande, la miséricorde du Dieu tout-puissant, que lui qui a eu la bienveillance de me compter, bien qu’indigne, parmi les Lévites, daigne verser en moi cette lumière sans ombre, que je puisse chanter ce cierge en parfaites louanges.)

V. Le Seigneur soit avec vous.

R. Et avec votre esprit.

V. Elevez vos cœurs.

V. Nous les levons vers le Seigneur.

V. Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

R. Cela est juste et bon.

Vraiment il est juste et bon, avec un ardent amour de l’esprit et du cœur et avec l’aide fervente de notre voix, d’acclamer notre Dieu invisible, le Père tout-puissant, et Jésus Christ, notre Seigneur, son Fils, son Unique Engendré. qui pour notre salut racheta la dette d’Adam auprès du Père éternel et, versant son propre sang, si cher, effaça complètement le souvenir de notre ancien péché.

Voici, donc, les fêtes de la Pâques, où a été immolé l’Agneau, le seul véritable Agneau, dont le Sang oint les montants des portes des croyants.

Voici la nuit, où autrefois tu fis sortir nos ancêtres, les enfants d’Israël, de la servitude d’Egypte et les fis passer à pied sec la Mer Rouge.

Voici la nuit qui d’une colonne de feu bannit l’obscurité du péché.

Voici la nuit qui même maintenant, partout dans le monde, met les Chrétiens à l’abri des vices du monde

Et des ténèbres du péché, les conduisant à la grâce et les unissant à ses saints.

Voici la nuit, où le Christ brisa les verrous de la prison mortelle et se leva victorieux du monde souterrain.

Notre naissance n’aurait eu aucun profit

Si nous n’avions pas été rachetés

Ô merveille que cet humble souci que vous avez de nous !

Ô amour, Ô charité au-delà de tout dire, pour racheter un esclave vous avez donné votre Fils !

Ô nécessaire faute d’Adam, détruite complètement par la Mort du Christ !

Ô heureuse faute qui gagna un si grand, un si glorieux Rédempteur !

Ô nuit vraiment bénie de laquelle il est écrit : la nuit sera aussi claire que le jour, éblouissante est la nuit pour moi, et pleine de bonheur.

Le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse le mal, lave les fautes, restaure l’innocence de ceux qui sont tombés et la joie de ceux qui pleurent, chasse les haines, nourrit la concorde, et abat le puissant.

Pour elle, votre nuit de grâce, ô Père saint, acceptez ce cierge, offrande solennelle, l’œuvre des abeilles et des mains de vos serviteurs, pour le soir sacrifice de louange, ce don de votre très sainte Eglise.

Mais maintenant nous savons les louanges de cette colonne quel feu brûlant s’enflamme en l’honneur de Dieu, feu divisé en multiples flammes, que jamais encore n’a affaibli la division de sa lumière, car il est nourri de cire fondue, produite par les abeilles maternelles pour façonner une torche si précieuse.

Ô nuit vraiment bénie, où les choses du ciel épousent celles de la terre,

Et le divin à l’humain.

Et donc, Seigneur, nous vous prions de faire que ce cierge, consacré à l’honneur de votre nom, persévère sans faiblir à vaincre l’obscurité de cette nuit.

Recevez-le en odeur agréable, et qu’il se mêle aux lumières du ciel.

Que cette flamme se trouve encore brûlante par l’Etoile du Matin : la seule Etoile du Matin qui jamais ne s’éteint, le Christ votre Fils, qui revenant de l’empire de la mort, a répandu sa paisible lumière sur l’humanité, et vit et règne pour les siècles des siècles.

R. Amen

(Source : http://www.thecatholicthing.org/201...)

 

Zosime ne fut pape que pendant un an (mars 417-décembre 418). On sait peu de chose sur lui avant qu’il fût élu pape, sinon qu’il venait de Calabre. Comme pape il participa à la condamnation du pélagianisme.

 

Exultet du pape Zosime (Une belle prière Pascale Occidentale)
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:22
Quand un chef maure dépose les armes aux pieds de la Vierge

En 778, l’empereur français Charlemagne, lassé par la résistance opiniâtre du Seigneur sarrasin Mirât occupant la citadelle de Mirambel (l'actuelle citadelle de Lourdes, en France) s'apprête à lever le siège lorsqu’un compagnon de Charlemagne l’évêque du Puy-en-Velay, ville de la région française d’Auvergne, a une inspiration et obtient l'autorisation d'aller parlementer avec l'assiégé.

Quand un chef maure dépose les armes aux pieds de la Vierge

Il propose à Mirât de se rendre, non pas au souverain, mais à la Reine des cieux. La proposition plaît au chef Maure qui dépose ses armes aux pieds de la Vierge noire du Puy et se fait baptiser. Le jour de son baptême, Mirât prend le nom de Lorus qui, transmis à la ville, devint plus tard Lourdes.

Lors de la reddition il est écrit que Mirât : « ne connaît aucun mortel au-dessus de lui et préfère la mort à la honte de la capitulation ; qu'il rend les armes au serviteur de Notre Dame, et est prêt à recevoir le baptême, à condition que son comté ne relève jamais, soit pour lui soit pour ses descendants que d'Elle seule. » Charlemagne signe l'accord. Le 11 février 1858, Notre Dame apparaît à Sainte Bernadette et demande à être vénérée à Lourdes.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:18
Saint Justin, qui êtes-vous ?

Saint Justin, Martyr

(† v.165)

Justin naquit vers l'an 100 en Samarie, à Naplouse, ville de Palestine bâtie sur l'ancien site de Sichem.

Philosophe païen désabusé des différents systèmes philosophiques qu'il avait suivis, il se convertit au christianisme vers l'an 130.

L'Église avait alors à lutter à la fois contre les erreurs de la pensée païenne et contre le glaive des persécuteurs.

Justin fonda plusieurs écoles de philosophie dans l'Empire, à Beyrouth, à Éphèse, à Rome. Il écrivit de nombreux ouvrages sur le christianisme.

Il essaya même de convertir les empereurs romains au christianisme en leur envoyant ses ouvrages.

Antonin fut sensible à ses arguments et mit fin aux persécutions contre les chrétiens. Mais son sucesseur, Marc-Aurèle, considérant le christianisme comme un danger pour l'Empire, ralluma la persécution qui fit périr des milliers de chrétiens.

Justin fut arrêté puis décapité à Rome vers 165 pour ne pas avoir renié sa foi. Il est le patron des philosophes.

(Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Justin_de_Naplouse)

Le martyre de Saint Justin

NOTICE SUR SAINT JUSTIN LE PHILOSOPHE
Par Paul Monceaux

Justin, dit " le philosophe " , était en effet un vrai philosophe, de tendances et de goûts comme de pro-fession et de costume; un philosophe qui, d'abord païen, se convertit au christianisme, mais qui, après sa conversion et jusqu'à son martyre, resta philosophe.
Il était né dans les premières années du IIeme siècle, en Palestine, à Neapolis, aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, près de Samarie. Il appartenait à une famille païenne, qui lui fit donner une instruc-tion assez complète. Grand travailleur, d'esprit ouvert et curieux, le jeune Justin se passionna pour la philo-sophie. Il suivit successivement les leçons de plusieurs maîtres, appartenant aux écoles les plus diverses. Il fut séduit surtout par l'enseignement des platoni-ciens ; mais, là encore, il ne trouvait pas toute la vérité qu'il cherchait.
Entre temps, il eut l'occasion d'assister à des scènes de martyre ; il fut très ému par ce spectacle et très frappé de l'héroïsme des chrétiens. Un jour, il rencontra un vieillard, qui lui vanta et lui expliqua la religion du Christ. Le jeune philosophe se mit à lire et à étudier les livres sacrés du christianisme, qui produisirent sur lui une grande impression. Enfin, vers 130, étant à Ephèse, il se convertit. Il avait alors environ trente ans.Entre temps, il eut l'occasion d'assister à des scènes de martyre ; il fut très ému par ce spectacle et très frappé de l'héroïsme des chrétiens. Un jour, il rencontra un vieillard, qui lui vanta et lui expliqua la religion du Christ. Le jeune philosophe se mit à lire et à étudier les livres sacrés du christianisme, qui produisirent sur lui une grande impression. Enfin, vers 130, étant à Ephèse, il se convertit. Il avait alors environ trente ans.

Devenu chrétien, et chrétien très ardent, il ne renonça pas pour cela à la philosophie, ni au costume et à la vie nomade des philosophes. Il allait de pays en pays, prêchant la doctrine du Christ, la présentant comme la seule conforme à la raison. I1 finit par arriver à Rome, où il fit un premier séjour, sur lequel nous sommes mal renseignés. Il y revint un peu plus tard, et, cette fois, s'y fixa. Il y ouvrit une école, où il enseignait à des disciples la philosophie nouvelle, qui donnait à la foi chrétienne un fondement ration-nel. Son enseignement ne fut pas du goût de tous ses confrères. On lui chercha querelle à ce propos : il eut à soutenir de très vives polémiques, souvent d'un tour personnel, contre plusieurs philosophes, surtout contre Crescens le cynique.

Apôtre batailleur, champion hardi du christianisme, auteur fécond, Justin avait composé une dizaine d'ouvrages : des livres de controverse, des apologies, un grand traité contre les hérétiques. La plupart de ces ouvrages sont perdus, et connus seulement par quelques fragments ou par divers témoignages. En revanche, on lui a attribué plus tard une série d'opuscules, qui n'étaient pas de lui, et qui nous sont par-venus sous son nom : livres édifiants ou dogmatiques, apologétiques ou polémiques.
Son oeuvre authentique, en dehors des fragments, se réduit pour nous à trois ouvrages : une grande Apologie, adressée vers 150 à l'empereur Antonin le Pieux ; une seconde Apologie, adressée au Sénat vers 155, beaucoup plus courte, sorte d'appendice à la précédente ; le Dialogue avec Tryphon, écrit vers 160, où l'auteur raconte à un rabbin sa conversion et cherche à le convaincre de la vérité du christianisme. Ces trois ouvrages sont fort importants pour l'histoire de l'apologétique et pour celle des dogmes ; car Justin est le premier qui ait exposé dans son ensemble la doctrine chrétienne, et qui ait traité rationnellement la question des rapports de la foi avec la raison. Malheureusement, l'écrivain est fort inégal. Mais, s'il décourage parfois le lecteur par l'incohérence de ses développements et par Ies maladresses de son style embarrassé, il le ramène bientôt par ses saillies imprévues , imprévues et l'entraîne jusqu'au bout par son ardeur communicative : il a le mouvement, la vie, la passion. Style à part, c'était un homme éminent : penseur original et indépendant, avec le plus noble caractère et une âme d'apôtre.

Il fut martyrisé à Rome vers 165 Le cynique Crescens, à bout d'arguments, l'avait plus d'une fois menacé de le dénoncer comme chrétien. Justin lui--même déclare, dans sa seconde Apologie, qu'il s'attend à ce dénouement de leurs polémiques On a supposé que Crescens avait cyniquement tenu parole ; mais nous n'en avons pas la preuve. Les Actes du marityre disent seulement que, pendant une persécution, on arrêta Justin avec six autres chrétiens.
Voici les noms de ces compagnons du philosophe, dont plusieurs, tous peut-être, étaient ses disciples : un esclave dle la maison impériale, Evelpiste, originaire de Cappadoce ; un Phrygien, Hierax ; puis Chariton, Péon, Libérien; enfin, une femme, Charito, sans doute la soeur de Chariton. Aussitôt arrêtés, les chrétiens furent tra-duits devant le tribunal du préfet de Rome qui était alors Rusticus le philosophe, maître et ami de Marc-Aurèle. Au cours d'un émouvant interrogatoire, Justin et ses compagnons proclamèrent leur foi avec une fermeté aussi simple qu' inébranlable Condamnés à mort, ils furent aussitôt conduits au supplice et décapités.
On trouvera ci-dessous les Actes authentiques du martyre : transcription du procès-verbal officiel de l'interrogatoire, avec un très court préambule, ajouté après coup, sur la persécution, et une très courte notice sur le supplice. C'est le plus ancien document de ce genre que nous possédions. Malgré 1a sécheresse apparente du procès-verbal, la scène ne manque ni de grandeur ni d'éloquence.
Nous suivons l'édition de Von Gebllardt, Acta rnartyrum selecta, p. 18-21.

ACTES DE SAINT JUSTIN
et de ses compagnon
s

C'était le temps où sévissaient les défenseurs criminels de l'idolâtrie. Des ordres impies, visant les pieux chrétiens, étaient affichés en ville et à la campagne, enjoignant de les forcer à faire des libations en l'honneur des vaines idoles.
Donc, on arrêta ensemble les saints. On les conduisit au préfet de Rome, qui s'appelait Rusticus.

Quand ils furent devant le tribunal, le préfet Rusticus dit à Justin : " D'abord, obéis aux dieux, et soumets-toi aux empereurs ".
- Justin dit : " On ne mérite ni reproche ni condamnation, pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ ".
- Le préfet Rusticus dit : " A quelle science t'adonnes-tu `l "
- Justin dit : " J'ai essayé d'apprendre toutes les sciences. Puis je me suis attaché à la science vraie des chrétiens, quoiqu'elle ne plaise pas aux gens dans l'erreur ".
- Le préfet Rusticus dit : " Et cette science -là te plaît à toi, malheureux ? "
- Justin dit : " Oui; car je m'attache à la doctrine véritable, en suivant les chrétiens ".
- Le préfet Rusticus dit : " Et quelle est ote doctrine ? "
- Justin dit : " C'est notre conception pieuse du Dieu des chrétiens. Ce Dieu, nous croyons qu'il est unique, que dès l'origine il a été le créateur et le démiurge de toutes les créatures visibles ou invisibles. Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes, comme devant être le héraut du salut et le maître de belles sciences. Moi, qui suis un homme, je parle faiblement de lui, je le sens, en comparaison de sa divinité infinie ; je reconnais qu'il y faut une puissance de prophète. Mais il y a les pré-dictions sur celui que j'ai dit être le Fils de Dieu. Et je sais que les Prophètes étaient inspirés d'en haut, quand ils ont prédit son arrivée parmi les hommes ".
- Le préfet Rusticus dit : " Où vous réunis-sez-vous ? "
- Justin dit : " Là où chacun veut, où il peut. Crois-tu donc que nous nous réunissons tous au même endroit ? Non pas. Le Dieu des chrétiens n'est pas limité dans l'espace. Il est invisible, il remplit le ciel et la terre; partout, il est adoré et glorifié par les fidèle; ".
- En quel endroit rassembles-tu tes disciples ? "
- Justin dit : " 'Moi, je demeure au-dessus d'un certain Martin, près du bain de Timothée. Depuis tout le temps que j'y demeure (et c'est mon second séjour dans la ville de Rome), je ne connais pas d'autre lieu de réunion que cette maison-là. A tous qui voulaient venir chez moi. j'ai communiqué la doctrine de la vérité " .
- Rusticus dit : " Donc maintenant, tu es chrétien ? "
- Justin dit : " Oui, je suis chrétien ".

- Le préfet Rusticus dit à Chariton : " A ton tour, Chariton. Toi aussi, es-tu chrétien ? " - Chariton dit : " Je suis chrétien par la volonté de Dieu "
Le préfet Rusticus dit à une femme, à Charito : " Et toi que répons-tu, Charito ? "
- Charito dit : " Je suis chrétienne, par la grâce de Dieu ".
- Rusticus dit à Evelpiste : " Et toi ? qu'es -tu ? "
- Evelpiste, esclave de César, répondit : " Moi je suis chrétien. Affranchi par le Christ, je partage la même espérance, par la grâce du Christ ".
- Le préfet Rusticus dit à Hiérax : " Toi aussi, es-tu chrétien ? "
- Hiérax dit : " Oui, je suis chrétien ; car j'honore et j'adore le même Dieu. "
- Le préfet Rusticus dit : " Est-ce Justin qui vous a faits chrétiens ? "
- Hiérax dit : " Moi, j'étais chrétien, et je le serai toujours ".
- Alors, Péon se leva et dit : " Moi aussi, je suis chrétien ".
- Le préfet Rusticus dit : " Quel est celui qui t'a instruit ? "
- Péon dit : " C'est de nos parents que nous avons reçu cette belle croyance ".
- Evelpiste dit : " Sans doute, j'écoutais avec plaisir les leçons de Justin ; mais c'est à mes parents que, moi aussi, je dois d'être chré-tien ".
- Le préfet Rusticus dit : " Où sont tes parents ? "
- Evelpiste dit : " En Cappadoce. "

- Rusticus dit à Hiérax : " Et tes parents, à toi, où sont-ils ? "
- Celui-ci répondit : " Notre vrai père est le Christ; notre vraie mère est notre foi en lui. Quant à mes parents terrestres, ils sont morts. Moi, je suis d' Iconion en Phrygie ; j'en ai été arraché, et je suis venu ici ".
- Le préfet Rusticus dit à Libérien : " Et toi, qu'as-tu à dire ? Es-tu chrétien ? Es-tu, toi aussi, un impie ? "
- Libérien dit : " Moi aussi, je suis chrétien. Je ne suis pas un impie, mais j'adore le seul vrai Dieu ".
- Le préfet dit à Justin : " Ecoute-moi, toi qu'on dit éloquent, toi qui crois connaître la vraie doctrine. Si tu es fouetté, puis décapité, es-tu convaincu que tu dois ensuite monter au ciel ? "
- Justin dit : " J'espère que j'y aurai ma demeure, si j'endure tout cela Je le sais : à tous ceux qui auront ainsi vécu est réservée la récompense divine jusqu'à la consommation du monde entier ".
- Le préfet Rusticus dit : Ainsi. tu t'ima-gines que tu monteras aux cieux pour y recevoir des récompenses ? "
- Justin dit : " Je ne l'imagine pas ; mais je le sais, j'en ai la certitude ".
- Le préfet Rusticus dit : " Finissons-en ; arrivons à la chose qu'on vous demande, et qui presse. Venez tous, et, tous ensemble, sacrifiez aux dieux ".
- Justin dit : " Personne, à moins de folie, n'abandonne la piété pour tomber dans l'impié-té ".
- Le préfet Rusticus dit : " Si vous n'obéissez pas, vous serez punis sans pitié ".
- Justin dit : " C'est notre désir, d'être frappés à cause de notre Seigneur Jésus-Christ, pour être sauvés. Ce sera notre salut et notre sécurité devant le tribunal plus redoutable, où le monde entier passera, de notre Maître et Sauveur. "
- De même, les autres martyrs s'écrièrent : " Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens, nous ne sacrifions pas aux idoles ".
- Alors le préfet Rusticus rendit sa sentence, ainsi conçue : " Les prévenus, n'ayant pas voulu sacrifier aux dieux en obéissant à l'ordre de l'empereur, seront fouettés et emmenés pour être punis de la peine capitale, conformément aux lois " .

Les saints martyrs glorifièrent Dieu, puis sortirent pour aller au lieu ordinaire des exécu-tions. Là, ils furent décapités, consommant ainsi leur martyre dans la confession du Sau-veur. Quelques-uns des fidèles, secrètement, enlevèrent leurs corps pour les déposer dans un lieu convenable, avec l'aide de la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles. Amen.

(Extrait de " La vraie Légende dorée ", relation de martyre traduites avec introduction et notices, par Paul Monceaux, de l'Institut, professeur au Collège de France. Editions Payot, Paris, 1928.)

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:11

L'héritage Syriaque

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