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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:38
Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Première lettre de saint Jean 5,4-10.

Mes bien-aimés, quiconque est né de Dieu, vainc le monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi.
Qui est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est ce même Jésus-Christ qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité.
Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit ; et ces trois sont un.
Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'Esprit, l'eau et le sang ; et ces trois sont d'accord.
Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et c'est bien là le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage de Dieu en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.

En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes de la maison, où se trouvaient les disciples, étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux disant : "La Paix soit avec vous !"
Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Il leur dit une seconde fois : "Paix avec vous !" Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."
Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint."
"Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."
Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.
Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur." Mais il leur dit : "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point."
Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : "Paix avec vous !"
Puis il dit à Thomas : "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant."
Thomas lui répondit : "Mon Seigneur, et mon Dieu !"
Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru."
Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église .Premier sermon pour la Pentecôte (rev.)

« Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : ' Recevez l'Esprit Saint ' »


Seigneur Jésus Christ, faites encore que de nous ne soit fait « qu'un cœur et qu'une âme » (Ac 4,32), car alors il y aura « une grande tranquillité » (Mc 4,39).

Mes chers auditeurs, je vous exhorte à l'amitié et à la bienveillance entre vous, et à la paix entre tous ; car si nous avions la charité entre nous, nous aurions la paix et nous aurions le Saint Esprit.

Il faut se rendre dévot et prier Dieu, car les apôtres étaient persévérants dans la prière.

Si nous nous mettons à faire des prières ferventes, le Saint Esprit viendra en nous et dira :

-« La paix soit avec vous !

C'est moi ; n'ayez pas peur » (cf Mc 6,50).

Que devons-nous demander à Dieu, mes frères ? Tout ce qui est pour son honneur et le salut de vos âmes, et en un mot l'assistance du Saint Esprit :

-« Envoie ton Esprit et tout sera créé » (Ps 103,30) : la paix et la tranquillité.


Il faut demander cette paix, afin que l'Esprit de paix vienne sur nous.

Il nous faut aussi rendre grâces à Dieu de tous ses bienfaits, si nous voulons qu'il nous donne des victoires qui sont commencement de paix ; et pour obtenir le Saint Esprit, il faut remercier Dieu le Père de ce qu'il l'a envoyé d'abord sur notre chef Jésus Christ, notre Seigneur, son Fils - car « nous recevons tout de sa plénitude » (cf Jn 1,16) - et de ce qu'il l'a envoyé sur ses apôtres pour nous le communiquer par leurs mains.

Il nous faut remercier le Fils : en tant que Dieu, il envoie l'Esprit sur ceux qui s'y disposent.

Mais surtout, il faut le remercier de ce qu'en tant qu'homme il nous a mérité la grâce de recevoir ce divin Esprit.


Comment Jésus Christ a-t-il mérité la venue du Saint Esprit ? Lorsque « en inclinant la tête il remit l'esprit » (Jn 19,30) ; car en donnant son dernier soupir et son esprit au Père, il mérita que le Père envoie son Esprit sur son corps mystique.


Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Rosa Mystica, « N-D de Montichiari »

« Le Seigneur m'envoie pour promouvoir une plus efficace piété mariale »

Le 24 novembre 1946, Pierina Gilli, alors infirmière à Montichiari, diocèse de Brescia, en Italie, voit une très belle dame. Elle est vêtue de couleur violette et porte un voile blanc. Elle est transparente. Elle ne dit rien. Pierina est éblouie et s'interroge (…).

Le 17 avril 1966, la Vierge lui apparaît encore et lui dit: - Mon divin Fils, tout Amour, m'envoie pour rendre cette source miraculeuse, comme signe de purification et de pénitence. (…) Le 1er juin 1947, la dame apparaît de nouveau (…) et prononce ces trois mots: Prière, sacrifice, pénitence.

Lors d’une autre apparition (13 juillet 1947), Marie précise: « Je suis la Mère de Jésus et la Mère de vous tous. Le Seigneur m'envoie pour promouvoir une plus efficace piété mariale dans les Instituts et Congrégations religieux (...). Je promets à tous ceux qui m'honoreront, protection, renouveau de vocations, moins d'apostasie (…) ».

L'évêque reste réservé, mais le pèlerinage demeure, discret et fervent, soutenu par ceux qui ont trouvé grâce en ce lieu. Pierina fut présentée à S.S. Pie XII, à l'audience du 9 août 1951. (…) Le pape posa la main sur elle: - Courage ma fille, cherchez à mieux correspondre à une si grande et si merveilleuse grâce.

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15.

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église .Sermons sur l'évangile de Jean, n°24, 1.6.7 ; CCL 36, 244 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 272)

« A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : ' C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde ' »


Gouverner l'univers est en vérité un miracle plus grand que de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains.

Personne toutefois ne s'en étonne, alors que l'on s'extasie devant un miracle de moindre importance parce qu'il sort de l'ordinaire.

Qui, en effet, nourrit aujourd'hui encore l'univers sinon celui qui, avec quelques grains, crée les moissons ?

Le Christ a donc fait ce que Dieu fait.

Usant de son pouvoir de multiplier les moissons a partir de quelques grains, il a multiplié cinq pains dans ses mains.

Car la puissance se trouvait entre les mains du Christ, et ces cinq pains étaient comme des semences que le Créateur de la terre multipliait sans même les confier à la terre.


Cette œuvre a donc été placée sous nos sens pour élever notre esprit...

Il nous est ainsi devenu possible d'admirer « le Dieu invisible en considérant ses œuvres visibles » (Rm 1,20).

Après avoir été éveillés à la foi et purifiés par elle, nous pouvons même désirer voir sans les yeux du corps l'Etre invisible que nous connaissons à partir du visible...

En effet, Jésus a fait ce miracle pour qu'il soit vu de ceux qui se trouvaient là, et ils l'ont mis par écrit pour que nous en ayons connaissance.

Ce que les yeux ont fait pour eux, la foi le fait pour nous.

Aussi bien, nous reconnaissons en notre âme ce que nos yeux n'ont pas pu voir et nous avons reçu un plus bel éloge, puisque c'est de nous qu'il a été dit :

-« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20,29).

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Neuvaine pour la France :Méditation du Père Vincent SAUER

Posté le 16 avril 2015

FRANCE ET SAINTE ENFANCE

Quand le Seigneur veut sauver la France ou quand Il a un message important à lui donner pour lui rappeler sa vocation, Il passe souvent par un enfant : pendant la guerre de 100 ans, Il suscite en Lorraine une petite fille au cœur pur : Jeanne d’Arc ; quand, au XIXème siècle, la France croit que le Salut vient par la science et que le Ciel n’existe pas, Il envoie sa Maman dans un village des Pyrénées auprès d’une fillette sans instruction : Bernadette ; alors que la France est de nouveau en grand danger en 1947, Notre Dame vient visiter la Touraine pour demander à 4 fillettes de prier pour la France et promettre du bonheur dans les familles.

Depuis la nuit de Noël (et même 9 mois avant !) le Salut vient par un enfant. C’est pourquoi un jour, dans l’Evangile, Jésus a placé un petit enfant au milieu de ses apôtres et a déclaré : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »

Aujourd’hui, cette déclaration de Notre Seigneur doit retentir dans le cœur des français ! Aujourd’hui, c’est au milieu des français que Dieu place un petit enfant !

C’est bien de prier pour la France. Mais cette prière n’aura guère d’effet si les français ne changent pas pour devenir comme des enfants ! Et quand je dis les français, ce ne sont pas les français en général : c’est moi, c’est toi, c’est chacun d’entre nous. Si nous voulons que la France soit de nouveau fidèle à sa vocation de Fille aînée de l’Eglise, c’est tout simple : il nous faut redevenir comme des enfants ! Comme Jeanne, Bernadette, Jacqueline et les autres ! Des enfants au cœur pur et innocent, des enfants au cœur simple et obéissant, des enfants au cœur doux et humble ! Comme cette petite fille irakienne de 10 ans, Maryam de Qaraqosh, dont le témoignage lumineux de simplicité et d’innocence a fait le tour des ondes : « Dieu nous aime tous, pas seulement moi, mais Dieu aime tout le monde ». Et en parlant des membres de l’Etat Islamique qui ont chassé les chrétiens de Qaraqosh : « Je ne leur veux aucun mal. Je souhaite que Dieu leur pardonne. » Et quand le journaliste lui pose la question : « Toi aussi tu leur pardonnes ? » La réponse ne se fait pas attendre : « Oui ! »

Ce n’est pas par une violence plus grande que Jésus a vaincu le mal sur la croix, c’est par la puissance de la sainte enfance ! « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » : voilà une parole sortie tout droit du cœur d’un enfant qui s’adresse à son Père qui est aussi notre Père !

Si nous voulons que quelque chose change en France, il faut certainement prier, mais il faut aussi que nous nous convertissions : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »

Il y a une autre Maryam dont le témoignage est lumineux de simplicité et d’innocence, une Maryam bien plus vivante que vous et moi et que la petite Maryam de Qaraqosh puisqu’elle est entrée dans la Vie le 26 août 1878 et qu’elle va être canonisée par le Pape François le 17 mai prochain : Maryam de Bethléem. Dans une vision du 26 mai 1873, Jésus lui disait : « La France est le centre de mon Cœur. » Et Maryam rappelait à un prêtre quelques années plus tard que la France « a fait trop de bien dans les missions pour que Dieu l’abandonne. » Dieu ne nous abandonnera pas ! Notre cher pays est dans son Cœur ! Que craignons-nous ? Si nous avons peur et manquons d’espérance, alors c’est que nous avons perdu notre cœur d’enfant, que nous ne faisons pas confiance à notre Père et que nous ne sommes pas assez petits pour qu’Il puisse faire son œuvre en nous, en France

Un jour Maryam de Bethléem entendit Jésus lui dire : « Oui, Je ferai mes délices dans le sein de la France ; elle sera encore la reine de tous les royaumes. Mais avant, il faut que la France soit tout à fait rien, que Je sois à la tête des armées, afin que toutes les nations disent entre elles, de génération en génération : « Vraiment, c’est le Très-Haut qui est à la tête de la France. » Toutes les nations le crieront d’une même bouche, d’une même voix, sur le même ton, même les impies. » D’abord l’épreuve, ensuite la victoire et les suites du triomphe : voilà la pédagogie de Dieu. D’abord la croix, ensuite la résurrection.

En France, nous vivons le temps de l’épreuve. Mais ne craignons rien. Dieu est notre Père. Nous sommes ses enfants. Soyons bien petits. Si nous voulons être grands, soyons petits. Si nous voulons que la France se relève et montre le chemin du Ciel aux autres nations, soyons des enfants, purs et innocents, simples et obéissants, doux et humbles. Comme l’Enfant que Dieu met au milieu de nous, en France : connaissez-vous l’Enfant Jésus de Beaune ? Voilà l’Enfant que Jésus a mis au milieu du Royaume de sa Mère, la France. Voilà le trésor qui pourra aider les français à changer pour devenir comme des enfants, comme l’Enfant Jésus. Allons le prier, ce saint Enfant ! Allons dans son sanctuaire à Beaune, devant sa statue miraculeuse, si nous le pouvons ! Allons le contempler et l’adorer pour qu’il nous apprenne à être des enfants, des petits-bien-petits !

Oui, prions l’Enfant Jésus pour qu’il nous redonne ou nous garde notre cœur d’enfant ! Prions-le avec les mots-mêmes de sa Mère, Reine de France : Ecce ! Fiat ! Magnificat !

Ecce : Me voici, Enfant Jésus, pour que tu fasses de moi un enfant !

Fiat : Qu’il soit fait en moi selon ta Parole !

Magnificat : Mon âme exalte le Seigneur, car Il élève les humbles ! Amen !

Et la France se relèvera.

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Père Vincent SAUER

Le Père Vincent SAUER est né en 1975. Il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Dijon en 2005. Actuellement, il est curé de la Paroisse d’Is-sur-Tille/Grancey-le-Château et responsable de la Pastorale des Jeunes du Diocèse de Dijon.

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

La Méditation du Père Lazarus-Mariam :

"THE STILL POINT."

It may seem in the meditations we jump from one thing to the other ,

And then back again !

And so we belong to neither one thing or the other ,

But actually it is not really like that.

In the still point of it all ,

In this heart of our life ,

There is neither East or West ,

Oriental or Byzantine.

There is no leaping from point to point ,

The movement of life ,

Gods inner life ,

This stills all separations and divisions.

This ever evolving core and source of all life ,

Draws everything in to its very heart ,

And makes all one whole , complete unity ;

And so in the silence and solitude of our speaking silence all we are ever doing is living and

writing about a different aspect of the same still point.

What the eye does not see ,

The heart instinctively realises ,

Everything is one in the "One" who is "I am."

So there is no point to move to and from ; just an eternal moment of truth.

Outside of this still point nothing exists ,

The past is gone ,

Te end is more important than the beginning ,

The end is the point that we begin from.

The universe and all that we see ,

It does not exist separate from the still point ,

It only exists because it is held in the love; that is the communication of Divine life

That is the still point of it all.

At this still point no one comes ,

And no one leaves ,

Beyond time and the space of the human body ,

Beyond sin , suffering , and death we already live eternally in the still point of it all.

Man does not live in isolation from the still point of it all ,

He is made for the Glory of God,

He is made to intimately come to know , love , experience ,and enter in to Gods life ,

And so become the still point of it all.

Father Lazarus-Mariam

Vendredi 17 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :
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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Famille
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:11

La pose symbolique de la première pierre du centre culturel et spirituel russe de Paris s’est déroulée ce mardi 14 avril. La cérémonie solennelle a eu lieu dans le VIIe arrondissement de la capitale française, non loin de la Tour Eiffel, en présence de l’ambassadeur russe en France, Alexandre Orlov.

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Société
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:08
Au lendemain de nouvelles violences antichrétiennes à Alep, en Syrie, le directeur de l’AED, Marc Fromager, s’insurge contre les réactions encore beaucoup trop tièdes de la communauté internationale.

Au lendemain de nouvelles violences antichrétiennes à Alep, en Syrie, le directeur de l’AED, Marc Fromager, s’insurge contre les réactions encore beaucoup trop tièdes de la communauté internationale.

«Arrêtons le double jeu ! En ce moment, on tue à grande échelle à Alep, deuxième ville de Syrie, et personne ne réagit. Pourtant, les évêques d’Alep viennent de lancer un réel cri d’alerte : cela ne peut plus durer ! » . Au lendemain des violences inouïes qui ont ensanglanté les quartiers chrétiens d’Alep, les jours de la Pâque orthodoxe, les 11 et 12 avril dernier (Aleteia), l’Aide à l'Église en détresse (AED) tape à nouveau du poing sur la table.

Marc Fromager, le directeur de l’association, dans un nouveau cri de colère, appelle la communauté internationale à un sursaut de conscience face à une situation qui, selon lui, prend de plus en plus l’allure d’un nouveau génocide.

Voici sa déclaration, diffusée ce 15 avril 2015 : « Nous sommes face à un nouveau génocide et il ne sert à rien de se disputer sans fin pour savoir si on peut utiliser ce mot, que ce soit pour les Arméniens en 1915 ou pour les chrétiens du Moyen-Orient en 2015. La réalité, c’est que les chrétiens sont en train de disparaître sous nos yeux. Les chrétiens ne sont pas les seuls visés dans ce massacre qui se déroule à Alep mais tous les habitants de la ville. Allons-nous laisser cette population se faire massacrer par les djihadistes sans rien dire et sans rien faire ? Serons-nous complices de cette horreur ? Et après ? Il y a eu Mossoul, maintenant Alep, mais ensuite ? L’Europe ? Le front se rapproche.

L’Aide à l’Église en détresse est particulièrement active sur le terrain : plus de 12 millions d’euros ont été envoyés depuis 2011 pour soutenir les chrétiens en Syrie et en Irak (6 millions dans chaque pays). Depuis quatre ans, la situation ne cesse de se détériorer en Syrie. Il y a déjà 220 000 morts et 12 millions de déplacés, c’est-à-dire plus de la moitié de la population. Qu’attendons-nous pour réagir ? Peut-on continuer à élaborer des stratégies politiques de renversement de régime pour faire plaisir à nos « partenaires » de la péninsule arabique, alors que chaque jour supplémentaire plonge la population locale dans un gouffre toujours plus profond d’horreur et de désespérance ?

Nous demandons :
1. La fin de l’armement et du financement des djihadistes, officiellement modérés ou pas, du Nord-Est syrien
2. La mise en œuvre immédiate d’un cessez-le-feu
3. Une aide d’urgence internationale et massive pour sauver la population d’Alep

Marc Fromager, directeur de l’AED

Pour en savoir plus, lire sur le site de l’AED leurs récents articles sur la Syrie et se procurer les Actes du dernier colloque de l’AED intitulé :Vers un Moyen-Orient, la fin des chrétiens ?

sources: AED

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 19:48
Le Sénat crée son Groupe de Liaison sur les Chrétiens d'Orient à la demande de la CHREDO

Le Sénat crée son Groupe de Liaison sur les Chrétiens d'Orient à la demande de la CHREDO

La Coordination des chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) se félicite de la création d'un Groupe de Liaison sur les Chrétiens d'Orient, ce mercredi 15 avril, qui sera rattaché au président du Sénat.

Après 18 mois de lobbying intense de la CHREDO, le Bureau du Sénat vient enfin d'accepter la création d'une structure de concertation sur les chrétiens d'Orient portée dès le mois d'octobre 2013 par le sénateur Roger Karoutchi et la sénatrice Bariza Khiari à l'issue de l'audition de la CHREDO au Sénat par une vingtaine de parlementaires. Notre deuxième audition au Sénat en septembre 2014 co-organisée par le sénateur Roger Karoutchi, et les sénatrices Bariza Khiari et Garriaud-Maylam avait permis de relancer le processus.

La CHREDO avait fait valoir la nécessité pour le Sénat de se doter d'un outil opérationnel comme c'est le cas pour l'Assemblée Nationale qui avait créé son Groupe d'études sur les Chrétiens d'Orient en juin 2014 à la demande et avec le soutien de la CHREDO.

Le président de la CHREDO, Patrick Karam, ancien délégué interministériel, considère que: "Cette création constitue une nouvelle étape dans la prise de conscience sur la situation critique des chrétiens dans cette partie du monde. À la différence d’une mission d’information ou d’une commission d’enquête, d’une durée de vie limitée, un Bureau de liaison est une instance permanente, même si elle dispose de moins de moyens financiers qu'un Groupe d'études."

"Ce Bureau de liaison va alimenter la réflexion des élus et du gouvernement, auditionner les experts, les religieux et les ONG qui travaillent sur la question, stimuler le débat national et donner aux sénateurs une connaissance précise de ce qui se passe dans les régions du monde.Chaque groupe politique pourra y désigner un représentant comme vice-président, ce qui lui donnera une représentativité politique. Il permettra aux sénateurs d'être réactifs et de peser favorablement sur la politique du gouvernement français. Il servira de caisse de résonance et pourra examiner les solutions concrètes en réponse aux besoins les plus urgents et saisir le Parlement et le gouvernement pour prendre toutes les mesures propres à assurer la protection de ces minorités.", se félicite Patrick Karam qui entend bien utiliser ce nouvel outil au service de la cause que défend la CHREDO depuis septembre 2013.

La CHREDO tient à remercier Roger Karoutchi qui n'a jamais ménagé ses efforts et dont l'engagement total est aujourd'hui couronné de succès, Bariza Khiari qui a porté aussi cette demande dans les rangs socialistes, Joëlle Garriaud-Maylam qui est mobilisée, le président du groupe UMP au Sénat Bruno Retailleau qui avait été sensibilisé par la CHREDO et enfin le président du Sénat, Gérard Larcher qui a accepté et met en oeuvre ce Bureau de liaison.




Patrick Karam
Président

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 10:40
Jeudi 16 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Première lettre de saint Jean 5,4-10.

Mes bien-aimés, quiconque est né de Dieu, vainc le monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi.
Qui est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est ce même Jésus-Christ qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité.
Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit ; et ces trois sont un.
Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'Esprit, l'eau et le sang ; et ces trois sont d'accord.
Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et c'est bien là le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage de Dieu en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.

En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes de la maison, où se trouvaient les disciples, étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux disant : "La Paix soit avec vous !"
Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Il leur dit une seconde fois : "Paix avec vous !" Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."
Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint."
"Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."
Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.
Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur." Mais il leur dit : "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point."
Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : "Paix avec vous !"
Puis il dit à Thomas : "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant."
Thomas lui répondit : "Mon Seigneur, et mon Dieu !"
Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru."
Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.

Jeudi 16 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église .Sermon 88

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »


La faiblesse des disciples était tellement chancelante que, non contents de voir le Seigneur ressuscité, ils voulaient encore le toucher pour croire en lui.

Il ne leur suffisait pas de voir de leurs yeux, ils voulaient approcher leurs mains de ses membres et toucher les cicatrices de ses récentes blessures.

C'est après avoir touché et reconnu les cicatrices que le disciple incrédule s'est écrié : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Ces cicatrices révélaient celui qui, chez les autres, guérissait toutes les blessures.

Est-ce que le Seigneur n'aurait pas pu ressusciter sans cicatrices ?

Mais il voyait dans le cœur de ses disciples des blessures que devaient guérir ces cicatrices qu'il avait gardées dans son corps.


Et que répond le Seigneur à cette confession de foi de son disciple qui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu » ?

« Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

De qui parle-t-il, mes frères, sinon de nous ? Et pas seulement de nous, mais aussi de ceux qui viendront après nous.

Car, peu de temps après, lorsqu'il a échappé aux regards mortels pour affermir la foi dans les cœurs, tous ceux qui sont devenus croyants ont cru sans avoir vu, et leur foi avait un grand mérite : pour l'obtenir, ils ont approché de lui non pas une main qui voulait le toucher, mais seulement un cœur aimant.

Jeudi 16 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,31-36.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.
Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Jeudi 16 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, IV, 20, 7 ; SC 100 (trad. SC p. 647 rev.)

Le Fils révèle le Père


« Dieu, personne n'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui l'a révélé » : dès le commencement, le Fils est celui qui révèle le Père, puisqu'il est auprès du Père depuis le commencement (Jn 1,18.1).

Au temps opportun, c'est lui qui a montré aux hommes, pour leur profit, les visions prophétiques, la diversité des grâces, les ministères et la manifestation de la gloire du Père, tout cela comme une mélodie bien composée et harmonieuse.

En effet, là où il y a composition, il y a mélodie ; là où il y a mélodie, il y a temps opportun ; là où il y a temps opportun, il y a profit. C'est pourquoi, pour le profit des hommes, le Verbe, la Parole de Dieu, s'est fait le dispensateur de la grâce du Père, selon ses desseins.

Il montre Dieu aux hommes et présente l'homme à Dieu, tout en préservant l'invisibilité du Père, de peur que les hommes n'en viennent à mépriser Dieu et pour qu'ils aient toujours des progrès à faire.

En même temps il rend Dieu visible aux hommes de nombreuses façons, de peur que, privés totalement de Dieu, ils n'en viennent jusqu'à perdre l'existence.


Car la gloire de Dieu c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme c'est la vision de Dieu.

Si déjà la révélation de Dieu par la création donne la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe donne la vie à ceux qui voient Dieu !

Jeudi 16 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

L'Esprit Saint nous est donné dès ici-bas comme arrhes de la résurrection future.

(Saint Irénée, Contre les hérésies, Livre V, chapitre 7, paragraphe 2

& chapitre 8, paragraphe 1)

« Car présentement, dit l'Apôtre, nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie, mais alors ce sera face à face. » (1 Corinthiens 13, 9 & 12)

C'est ce que Pierre dit lui aussi :

« Lorsque vous verrez Celui en qui, sans le voir encore, vous croyez, vous tressaillirez d'une joie inexprimable. » (1 Pierre 1, 8)

Car notre face verra la face de Dieu, et elle tressaillira d'une joie inexprimable, puisqu'elle verra Celui qui est sa Joie.

Mais présentement, c'est une partie seulement de son Esprit que nous recevons, afin de nous disposer à l'avance et de nous préparer à l'incorruptibilité, en nous accoutumant peu à peu à saisir et à porter Dieu.

C'est ce que l'Apôtre nomme « arrhes » — c'est-à-dire une partie seulement dé l'honneur qui nous a été promis par Dieu —, lorsqu'il dit dans l'épître aux Ephésiens :

-« C'est en lui que vous aussi, après avoir entendu la parole de vérité, l'Évangile de votre salut, c'est en lui qu'après avoir cru vous avez été marqués du sceau de l'Esprit Saint de la promesse, qui est les arrhes de votre héritage. »(Ephésiens 1, 13-14)

Si donc ces arrhes, en habitant en nous, nous rendent déjà spirituels et si ce qui est mortel est absorbé par l'immortalité (2 Corinthiens 5, 4) car «pour vous, dit-il, vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habite en vous »(Romains 8, 9) , et si, d'autre part, cela se réalise, non par le rejet de la chair, mais par la communion de l'Esprit car ceux auxquels il écrivait n'étaient pas des êtres désincarnés, mais des gens qui avaient reçu l'Esprit de Dieu « en qui nous crions : Abba, Père » (Romains 8, 15) ; si donc, dès à présent, pour avoir reçu ces arrhes, nous crions : «Abba, Père», que sera-ce lorsque, ressuscites, nous le verrons face à face? Lorsque tous les membres, à flots débordants, feront jaillir un hymne d'exultation, glorifiant Celui qui les aura ressuscites d'entre les morts et gratifiés de l'éternelle vie?

En effet,si déjà de simples arrhes, en enveloppant l'homme de toute part en elles-mêmes, le font s'écrier : « Abba, Père », que ne fera pas la grâce entière de l'Esprit, une fois donnée aux hommes par Dieu?

Elle nous rendra semblables à lui et accomplira la volonté du Père, car elle rendra parfait l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu.

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Famille
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:57

L’évêque Syriaque Orthodoxe de Mossoul (Eglise Patriarcale d'Antioche et de Tout l'Orient) , Mor Nicodemus Daoud Sharaf, explique comment ses fidèles ont été chassés de leur terre. Lorsqu'il évoqué la grande fête de la Saint-Simon, le Métropolite craque, il fond en pleurs.

Persécution des chrétiens : les larmes de l’évêque Syriaque Orthodoxe de Mossoul/ Prière à St Jacques l'Intercis
La Prière de Saint-Jacques l'Intercis pour les Chrétiens de Syrie

Les Chrétiens d'Orient‎ > ‎

Cette prière de Saint-Jacques l'Intercis * (Mar Yaacoub al Mouqattaa) fait étrangement penser à la situation de certains chrétiens en Syrie et en Iraq; disons-la en communion avec toutes les victimes et les martyrs de Syrie , d'Iraq et de tous lieux :

Mon Dieu, me voilà par terre au milieu de mes membres serrés de toutes

parts.

Je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant,

Je n'ai plus mes mains pour les élever vers Toi,

Je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras.

Je ressemble à une maison en ruine dont il ne reste plus que les murs.

Ô Seigneur, que Ta colère s'arrête sur moi et se détourne de Ton peuple.

Donne à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos.

Rassemble-le des bouts de l'univers.

Alors je Te bénirai, moi le dernier de Tes serviteurs, avec tous les martyrs

et tous les confesseurs de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi, toi,

Ton Fils et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

* Saint Jacques l'intercis (Mar-Ya'koub al-Mouqqata') est né à la fin du IVe

siècle en Perse.

Intercis signifie littéralement "coupé en deux".

Ce surnom lui a été donné à la suite de son martyr qui lui a valu de perdre successivement ses doigts

des mains, des pieds, les poignets, les chevilles, les coudes, les genoux, les oreilles, le nez et enfin le cou.

Persécution des chrétiens : les larmes de l’évêque Syriaque Orthodoxe de Mossoul/ Prière à St Jacques l'Intercis

Saint Jacques L'Intercis (Mar Yaacoub al-Mouqata')

Nous ne connaissons rien de plus émouvant que les actes de saint Jacques, surnommé l'lntercis, c'est-à-dire mis en morceaux. On lui coupa successivement les doigts des mains et des pieds, puis les pieds, puis les bras, puis les jambes jusqu'aux genoux, puis les cuisses et enfIn la tête. L'horreur que devrait inspirer l'atrocité de ce supplice fait place à la plus douce émotion quand on voit le martyr sourire et chanter avec amour à chaque membre qu'on lui coupe. Les actes se terminent par un tableau su­blime. Le martyr est là, gisant au milieu de ses membres semés autour de lui, semblable au tronc odorant d'un pin dont le fer a coupé les branches, et on l'entend prononcer cette prière: « Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts; je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant, je n'ai plus mes mains pour les élever vers vous; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras. Ô Seigneur! que votre colère s'arrête sur moi, et se détourne de votre peuple, et je vous bénirai, moi le dernier de vos serviteurs, avec tous les martyrs et tous les confesseurs de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi ... » Quelle scène émouvante!

Saint Jacques l'Intercis, dénommé ainsi parce qu'il fut coupé en moreceaux. il fut martyrisé sous "Vararanne" en l'an 421 après le Christ.

En effet, le martyre de saint Jacques fut consommé 733 ans après la mort d'Alexandre le Grand, la seconde année du règne de Vararanne V, roi des Perses.

Saint Jacques était né dans la ville royale de Beth-Lapeta, d'une famille illustre: à la noblesse du sang, il joignit celle de la vertu et de la piété. A l'exemple de sa famille, il embrassa le christianisme et épousa une femme chrétienne. Cependant, attaché à la cour du roi de Perse, il s'éleva aux premiers honneurs et y jouit de la plus haute considération. Isdegerdès en fit son favori, et le combla de toutes sortes de faveurs. Aussi Jacques, pour répondre aux bontés du roi, ne craignit-il pas d'abjurer la foi chrétienne. Sa mère et sa femme apprirent avec douleur son apostasie et lui envoyèrent au camp où il se trouvait alors, la lettre suivante: « On nous annonce que la faveur d'un roi de la terre, et l'amour des richesses périssables de ce siècle, vous ont fait abandonner le Dieu éternel. Nous vous faisons une seule question, daignez nous répondre. Où est-il maintenant ce roi, pour qui vous avez fait un si grand sacrifice? Il est mort, comme le dernier des hommes, et il est tombé en poussière; qu'en pouvez-vous attendre maintenant, et est-ce lui qui vous offrira un refuge contre l'éternel supplice ? Si vous persévérez dans votre apostasie, vous tomberez comme lui entre les mains du Dieu vengeur; et quant à nous, nous nous retirons de vous, comme vous vous êtes retiré de Dieu, nous ne voulons avoir rien de commun avec un apostat. C'en est fait, nous n'existons plus pour vous. »

Cette lettre fit une impression profonde sur le courtisan; elle lui ouvrit les yeux, il rentra sérieusement en lui-même et se dit: « Voilà ma femme qui s'était donnée à moi par les serments les plus sacrés, voilà ma mère qui m'abandonnent: que fera Dieu, à qui j'avais aussi donné ma foi et que j'ai honteusement abandonné ? Au dernier jour comment soutiendrai-je la vue de ce juge suprême, de ce vengeur inexorable? Et même ici-bas, sa justice ne peut-elle pas m'atteindre et me frapper? » Plein de ces pensées, il rentre dans sa tente, il y trouve une Bible, il l'ouvre. Pendant qu'il lit, peu à peu la lumière se fait dans son âme, la grâce divine touche son cœur; le voilà soudain changé en un autre homme. Son âme engourdie, comme rappelée du tombeau par une voix puissante, se réveille: le remords l'agite et le déchire, il s'adresse à lui-même ces paroles: « Ame brisée chair frémissante, écoutez. Ma mère qui m'a porté dans son sein, mon épouse compagne de ma jeunesse, sont affligées et indignées de ma lâche action; tout ce qu'il y a d'hommes sages et sensés dans ma famille sont plongés dans le deuil par mon apostasie; que sera-ce donc au dernier jour, quand Je paraîtrai devant Celui qui nous ressuscitera tous pour nous juger, pour récompenser les justes et punir les coupables! Qui sera mon juge, à moi qui suis parjure? Mon refuge! ah! je sais où il est! La porte par laquelle je suis sorti, je puis y rentrer: je ne cesserai d'y frapper qu'elle ne s'ouvre. »

Ces accents du remords et du repentir avaient été entendus des tentes voisines; on avait vu Jacques s'arrêter en lisant la Bible, se parler à lui-même, comme un homme qu'une profonde émotion agite. Ses ennemis, - les courtisans en ont toujours, - se hâtèrent d'aller dire au roi que Jacques paraissait regretter amèrement d'avoir changé de religion. Le prince irrité le fait appeler sur-le-champ, et lui parle ainsi: « Dis-moi, Jacques, est-ce que tu es toujours Nazaréen1?

- Oui, je le suis, répondit Jacques.
- Hier, reprit le roi, tu étais mage.
- Nullement, répliqua Jacques.
- Comment, dit le roi, n'est-ce pas pour cela même que tu tu as reçu du roi mon père tant de faveurs?
- Où est-il maintenant, répondit Jacques, ce roi dont vous me rappelez les bienfaits? »

Cette réponse exaspéra le roi, et comme il était manifeste que Jacques abandonnait la religion des Perses, il se mit à chercher dans son esprit par quel supplice il allait le lui faire expier.

« Si tu persévères, lui dit-il, ce sera trop peu de ta tête pour un tel forfait.


- Les menaces, répondit Jacques, sont inutiles, essayez plutôt les supplices, si bon vous semble; tout ce que vous pourriez me dire pour me persuader ne fera pas plus sur moi que le vent qui souffle contre un roc immobile. »


Le roi: « Déjà, sous mes prédécesseurs, les sectateurs de ta religion ont essayé de professer et de répandre leurs erreurs; tu sais qu'on les a traités comme des rebelles, et que ceux qui résistèrent perdirent la vie dans les plus affreux supplices. »


Le martyr: « Mon plus grand désir, c'est que je meure de la mort des justes, et que ma fin ressemble à leur fin. »


Le roi: « Apprends au moins à obéir et à respeceer les édits des rois. »

Le martyr: « La mort des justes n'est pas une mort, un court et léger sommeil. »


Le roi: « Voilà comme les Nazaréens t'ont séduit, il t'ont dit que dit que la mort n'était pas la mort, mais le sommeil; cependant les puissants, les rois eux-mêmes redoutent la mort. »


Le martyr: « Les puissants et les rois et tous les contempteurs de Dieu craignent la mort, je ne m'en étonne pas; ils ont conscience de leurs crimes. Aussi les saintes lettres disent-elles : L'impie est mort, et son espérance avec lui; l'espérance des impies périra. »


Le roi: « Ainsi donc, vous nous traitez d'impies, vous qui n'adorez ni le soleil, ni la lune, ni l'eau, ces émanations divines. »


Le martyr: « Loin de moi la pensée de vous accuser, ô roi: car à ceux qu'il a jugés dignes de souffrir pour lui, le Christ, auteur de nos saintes lettres, a dit: L'heure Vient où ceux qui tueront quelqu'un d'entre vous croiront rendre gloire à Dieu. Je suis loin de dire aussi qu'en nous tuant vous ne rendez aucune gloire à Dieu: je dis seulement que vous, qui vous vantez de mieux connaître la Divinité que les autres peuples, vous êtes dans une erreur grossière, en adorant des êtres inanimés et insensibles, et en donnant le nom incommunicable de Dieu à des créatures: le vrai Dieu s'en offense, et vos vaines divinités sont aussi incapables de vous protéger que de vous nuire. »


Cette abjuration solennelle de l'idolâtrie mit le roi en fureur. Il convoque sur-le-champ les docteurs et les sages, exhale en leur présence toute sa douleur et tout son courroux, et leur ordonne de se consulter entre eux sur le genre de supplice à faire subir à cet audacieux rebelle, à ce contempteur de la majesté des rois. Les magistrats et les sages se retirèrent en conseil pour délibérer, et l'un d'eux, qui avait, pour ainsi dire, le génie de la cruauté, après un instant de réflexion, ouvrit l'avis suivant: qu'il ne fallait pas le tuer en une fois; en cinq fois, en dix fois, mais l'étendre sur un chevalet, et lui couper successivement les doigts des pieds et des mains, puis les mains elles - mêmes et les pieds ; ensuite les bras, les genoux, les jambes, et en dernier lieu la tête. Cette proposition barbare fut adoptée, et aussitôt Jacques fut traîné au supplice. Toute la ville, ému à cette nouvelle, et toute l'armée, suivirent le martyr. Les chrétiens, en apprenant l'affreuse sentence prononcée contre lui, se jetèrent la face contre terre, et, fondant en larmes, firent à Dieu cette prière : « 0 Seigneur, ô Dieu fort, qui donnez la force aux faibles et la santé aux malades, ô vous qui ravivez les infirmes et les mourants, qui sauvez ceux qui périssent, venez en aide à votre serviteur et faites-le sortir vainqueur de cet affreux combat. Pour votre gloire, Seigneur, qu'il triomphe, ô Christ, prince des vainqueurs, roi des martyrs! »


Pendant qu'on le conduisait au supplice, il pria les soldats de s'arrêter un moment, afin, disait-il, que je me rende propice le Dieu pour qui je vais mourir. Les soldats s’arrêtèrent, et le martyr, se tournant vers l'orient, fléchit le genou et, les yeux de l'âme fixés sur Celui qui habite dans les cieux, il fit cette prière : « Recevez,. Seigneur, les prières de votre humble serviteur; donnez la force et le courage au au fils de votre servante, qui vous invoque à cette heure ; placez-moi comme un signe sous les yeux de ceux qui vous aiment, qui ont souffert et qui souffrent encore persécution pour votre nom; et quand j'aurai vaincu par votre grâce toute-puissante, et que j'aurai reçu la couronne des élus que mes ennemis le voient et soient confondus, parce que vous avez été, Seigneur, ma consolation et mon soutien. »


Quand il eut fini cette prière, les soldats le saisirent, lui étendirent les bras avec violence, et préparèrent le fer, en lui disant : « Il ne vous reste plus qu'un moment, voyez ce que avez à faire; nous voilà prêts à vous couper tous les membres les uns après les autres, d'abord les doigts des pieds, des mains, puis les bras, puis les jambes et les cuisses, et enfin la tête. Voyez, une parole peut vous sauver, tandis que l'obstination vous attire le plus affreux sup¬plice qui fut jamais. » Et, en lui parlant de la sorte, ils ne pouvaient s'empêcher de verser des larmes, à la vue de ce visage tout brillant de jeunesse, de cet extérieur noble et gra¬cieux, et ils entouraient le martyr, et le pressaient de feindre au moins pour un moment. « Détournez, lui disaient- ils, une si horrible mort : faites semblant de vous soumettre, et vous retournerez après à votre religion si vous voulez. »


Le martyr, au contraire, adressait à la foule ces paroles : « Ne pleurez pas sur moi ; non, non, ne pleurez pas sur moi ; pleurez plutôt, pleurez sur vous-mêmes, vous qui, épris des charmes trompeurs des choses périssables, vous préparez une éternité de malheurs et de tourments. Mais moi, par cette horrible mort, j'entrerai dans la vie éter¬nelle; pour prix de mes membres dispersés, je recevrai d'immortelles récompenses; car il y a un Dieu, rémunéra¬teur fidèle, qui rendra à chacun selon ses œuvres, » Et, voyant approcher l'heure fixée pour son supplice, il activait ainsi la lenteur des bourreaux : « Que faites-vous donc ? Qu'attendez-vous ? Voici, je vous tends les mains, mettez-¬vous à l'œuvre. »


L'affreuse exécution commença donc, et on lui coupa d'abord le pouce de la main droite. Alors le martyr fit cette prière : « Ô Sauveur, ô Jésus, recevez, je vous en conjure, ce rameau qui vient de tomber de l'arbre. Cet arbre lui• même doit tomber en poussière un jour ; mais au printemps, je l'espère, il reverdira encore et se couronnera de feuillage. » Le juge qui procédait à l'exécution, ému jusqu'aux larmes, supplia le martyr de se laisser fléchir. « C'est bien assez, lui disait-il ; cette plaie peut encore se guérir; mais, je vous en conjure, ne laissez pas mutiler tout entier ce corps si tendre et si beau. Mettez-vous d'abord hors de péril ; ensuite, vous êtes riche, vous donnerez aux pauvres, et assurerez par vos aumônes le salut de votre âme.


- Eh Quoi ! lui répondit le martyr, n'avez -vous jamais considéré ce qui advient à la vigne ? Purgée de son bois inutile, elle reste engourdie tout l'hiver; mais au soleil du printemps la sève circule et fait fleurir une riche végétation. S’il est ainsi d'une plante fragile, l'homme planté dans les vigne du Seigneur, et cultivé par la main même de l'Ouvrier céleste, ne doit-il pas aussi germer et s'épanouir ? » Alors on lui coupa l'index, et quand il fut coupé, le martyr s'écria : « Mon cœur se réjouit dans le Seigneur, et mon âme tressaille en Dieu son salut. » Et il ajouta : « Recevez, Seigneur, cet autre rameau de l'arbre que vous avez planté. » Et, la joie l'emportant sur la douleur, son visage parut tout rayonant, comme s'il eût entrevu déjà la gloire céleste. Cependant les bourreaux lui coupèrent encore un autre doigt, il s'écria dans un saint transport: « Avec les trois enfants de la fournaise, je vous confesserai, Seigneur, de tout mon cœur et au milieu de vos martyrs je chanterai des hymnes à votre nom, Ô Très-Haut. » Quand on lui eut coupé le quatrième doigt, il s'écria: « Parmi les douze patriarches fils de Jacob, c'est sur le quatrième que se reposa la bénédiction qui promettait et prophétisait le Christ : c'est pourquoi j'offre encore ce quatrième rameau de mon corps à celui qui par sa bénédiction a été le salut de tous les peuples. » Au cinquième doigt qu'on lui coupa il dit; « Ces cinq doigts, cette main, seront de beaux fruits à présenter à celui qui a planté l'arbre que vous taillez. »


Avant de passer à sa main gauche, les juges le pressèrent d nouveau, et lui demandèrent : « A quoi allez-vous vous résoudre? Vous pouvez encore sauver votre vie, si voulez vous soumettre au roi ; car combien qui vivent robustes et vigoureux mutilés comme vous l'êtes ! Si vous n'avez pitié de vous-même, vous allez voir tous vos membres tomber sous vos yeux les uns après les autres, et ce sera pour ainsi dire, à chaque fois une nouvelle mort. » Le martyr leur fit cette réponse: « Lorsqu'on tond les brebis, on ne leur enlève pas d'abord toute leur laine, on leur en laisse la moitié : ainsi dois-je rendre grâces à Dieu, qui me met au nombre de ses brebis, et qui m'offre aux ciseaux de ceux qui me tondent, comme il offrit à ceux qui l'attachèrent sur la croix l'Agneau divin, pour qui je meurs de cette mort cruelle. »


On se mit donc à lui couper les doigts de la main gauche ; on commença par le doigt auriculaire. Le martyr, les yeux levés au ciel, disait avec une constance magnanime : « Je suis bien petit devant vous, ô grand Dieu, qui vous êtes fait petit pour nous, et qui nous avez élevés jusqu'à vous par la vertu de votre sacrifice. C'est avec joie, ô Dieu, c'est avec bonheur que je vous remets mon âme, et aussi mon corps; je sais que vous me le rendrez un jour, immortel et glorieux à la vie. » Alors on lui coupa l'annulaire et, transporté du plus brûlant amour, il s'écria : « Pour une septième mutilation, une septième louange, ô Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ! » Et quand tomba le huitième doigt, il dit : « C'est le huitième jour que l'enfant hébreu est circoncis et distingué des infidèles ; eh bien, moi aussi, par la pureté de mon cœur, je me sépare de ces incirconcis et de ces impies car mon âme a soif de vous seul, ô mon Dieu! Quand pourrais-je voir votre face ? Au neuvième, il dit : « C'est à la neuvième lune que mon Sauveur est mort sur la croix pour mes péchés : je lui offre donc avec bonheur ce neuvième doigt de ma main. » Au dixième enfin, saisi d'un plus vif transport, il s'écria: « Par la lettre iod1 sont multipliés les mille et les myriades ; de même par le nom sacré de Jésus2 le monde entier a été sauvé. Je chanterai donc des hymnes en son nom sur la harpe à dix cordes, comme dit le Psalmiste, et les cordes de ma harpe seront mes doigts eux-mêmes mutilés pour mon Sauveur. » Ayant dit cela, le martyr entonna un chant pieux d’une voix douce.


Alors les juges renouvelèrent leurs instances auprès de lui, lui faisant entendre que ses plaies n'étaient pas mortelles, qu’il était encore temps de sauver sa vie: « Pourquoi cette cruauté contre vous - même? Pourquoi renoncer à la douce lumière du jour? La vie pour vous est• si riante. Vous avez avec l'opulence tous les plaisirs. A la bonne heure si, désormais privé de vos mains, et incapable de pourvoir à vos besoins, vous deviez vivre dans la misère; mais avec une fortune aussi belle, la vie sera toujours pour vous honorable et douce. Ne pensez plus à votre épouse : depuis longtemps vous viviez séparés, elle est dans la province des Huzites, et vous à Babylone. Songez donc qu'il suffit d'un mot pour vous sauver ou pour vous perdre. »


Le martyr, les regardant d'un air sévère, leur répondit : « Vous croyez, après que j'ai mis la main à la charrue, que je vais regarder en arrière et me rendre indigne du royaume des cieux? Vous croyez que je vais préférer ou mon épouse ou ma mère au Dieu qui a dit ces paroles : Quiconque perdra sa vie pour moi la trouvera ; et encore : Quiconque laissera son père, et sa mère, et ses frères, je lui donnerai la vie et le repos éternel. Cessez donc de me presser, et faites votre œuvre ; je serais désolé que vous en adoucissiez tant soit peu les rigueurs. » Voyant donc qu'il était inflexible, les juges ordonnèrent aux bourreaux de poursuivre. Ceux-ci lui saisissent le pied droit et en coupent le gros doigt, tandis que le martyr s'écriait : « Grâces à vous, Seigneur, qui vous êtes revêtu de notre humanité, et qui, sur la croix, percé de la lance, avez teint vos pieds du sang et de l'eau qui sortirent de votre côté. Je suis heureux de livrer comme vous au fer des bourreaux ce corps qui est la prison de mon âme ; je suis heureux de voir couler pour vous mon sang. On lui coupa ensuite un autre doigt, et il s'écria : « Ce jour est le plus beau de mes jours ! Auparavant, engagé dans les liens du siècle, esclave des richesses et des plaisirs, j'étais faible et lâche dans le service de Dieu, et mon âme, emportée par mille soins divers, ne pouvait plus se retrouver en sa présence et s'entretenir avec lui.


Maintenant, dégagé de mes entraves, et les yeux fixés sur le siècle à venir, j'y marche avec constance ; aussi, heureux et triomphant, j'ai chanté, tout le temps de mon supplice, d'une voix que n'a pu affaiblir la douleur, des hymnes à celui qui m'a jugé digne de souffrir pour lui. » On lui coupa alors le troisième doigt et on le lui présenta ; il s'écria alors en souriant : « Le grain d blé, jeté dans la terre, germe et retrouve au printemps 1es grains semés avec lui : ainsi, au jour suprême de la résurrection des corps, ce doigt se retrouvera avec les autres. » Au quatrième, le martyr, se parlant à lui-même : « Mon âme, dit- il, pourquoi es-tu triste et tremblante? Espère en Dieu, car je le confesserai encore, ce Dieu, mon Sauveur. » Au cinquième, il dit : « Grâces à vous, Seigneur, qui m'avez choisi pour un martyre inouï jusqu'à présent, et qui me donnez la force de le souffrir. » Les bourreaux passent au pied gauche, et commencent par couper le petit doigt : « Ce doigt, dit le martyr, ne' sera plus désormais appelé petit, puisqu'il est offert au Seigneur comme le plus grand ; et si le moindre cheveu de notre tête ne périt pas, ce doigt non plus ne peut périr. » A l'autre doigt, il cria aux bourreaux : « Allons, courage, abattez cette maison qui tombe en ruines, afin que Dieu m'en rebâtisse une plus belle. Au troisième, il dit: « Vous savez bien que plus on pousse une roue, plus elle tourne, et cela sans douleur.» Au quatrième, il fit à Dieu cette prière : « Secourez-moi, mon Dieu, parce que j'ai confiance en vous.» Au cinquième enfin, comme éveillé d'un profond sommeil, il s'écria : « Jugez-moi, Seigneur, et vengez-moi de ce peuple barbare: voilà la vingtième mort que j'endure, et ces loups altérés de sang s'acharnent encore sur moi. »


La foule, témoin de cette exécution terrible, poussa un cri, et les jeunes gens demandaient aux vieillards s’ils avaient jamais rien vu de pareil, tant de barbarie d'un côté et tant de courage de l'autre. Le martyr activait lui-même les bourreaux. « Ne vous arrêtez pas, leur criait-il ; vous avez abattu les branches de l'arbre, attaquez maintenant le tronc. Pour moi, mon cœur tressaille dans le Seigneur, et mon âme invoque le Dieu soutien des humbles. » Les bourreaux tout frémissant de rage, s'arment de nouveau du fer et lui coupent le pied droit, et le martyr s'écrie tout triomphant : « Chaque membre que vous faites tomber, je l'offre en sacrifice au Roi du ciel. ». Ils lui coupent ensuite le pied gauche, et lui s'écrie : « Exaucez-moi, Seigneur, parce que vous êtes bon, et que votre miséricorde est grande pour tout ceux qui vous invoquent. » Puis on lui coupe la main droite et le martyr exalte encore la bonté de Dieu. « Votre miséricorde, Seigneur, s'est multipliée sur moi ; délivrez-moi de l'enfer. » La main gauche est coupée à son tour, et le martyr s'écrie : « Vos merveilles, Seigneur, éclatent sur la mort. » Alors on s'attaque à ses bras. En tendant le bras droit il s'écria:. « Je louerai le Seigneur sans cesse ; tant que je vivrai, je chanterai des hymnes à son nom : sa louange me sera douce, je me réjouirai dans le Seigneur. » Ensuite il présenta le bras gauche et dit : « Ma tête s'élèvera au dessus des ennemis qui m'ont environné ; le Seigneur est ma force, ma gloire et mon salut. » Restaient encore les jambes : les bourreaux aussitôt lui coupent la droite à la jointure du genou. A ce coup, le martyr parut ressentir une douleur extrême; il poussa un cri et invoqua le Sauveur : « Seigneur Jésus-Christ, dit-il, secourez-moi, délivrez-moi, je suis en proie aux douleurs de la mort. »


« Nous vous l'avions bien dit, reprirent les bourreaux, que vous alliez souffrir d'affreux supplices.


- Dieu, répondit le martyr, a permis le cri involontaire qui vient de m'échapper, pour que vous ne pensiez pas que je n'aie qu'une apparence du corps. Au reste, je suis prêt à endurer pour l'amour de Dieu des tourments plus grands encore. Ne croyez pas que j'aie souffert pendant que vous m'avez torturé : la pensée de mon Sauveur, son saint amour qui embrasait mon cœur, dominaient tout sentiment. Ache¬vez donc, et hâtez-vous. » Mais les bourreaux, fatigués, s'arrêtaient : le martyr, au contraire, rayonnait de plus de joie et d'amour. Les bourreaux enfin à grande peine lui cou¬pèrent l'autre jambe : alors le martyr parut semblable à un pin odorant dont il ne reste plus que la moitié. Après un moment de silence, on l'entendit prononcer à haute voix cette prière : « Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres, semés de toutes parts : je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant ; je n'ai plus mes mains, pour les élever vers vous ; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras : je ressemble à une maison en ruines dont il ne reste plus que les murs. Ô Seigneur ! que votre colère s'arrête sur moi, et qu’elle se détourne de votre peuple : donnez à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos ; rassemblez-le des bouts de l'univers. Alors, moi, le dernier de vos serviteurs, je vous louerai, je vous bénirai avec tous les martyrs et tous les confesseurs, ceux de l'Orient cl de l'Occident, ceux du Nord et du Midi, vous, votre Fils, et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen. » Quand il eut dit : Amen, on lui coupa la tête. Ainsi le saint martyr, après le plus affreux supplice qui fut jamais, rendit douce¬ment son âme à Dieu. Son corps resta étendu sur la place. Les chrétiens se cotisèrent et offrirent aux gardes, pour le racheter, une somme considérable : ce fut en vain. Mais vers la neuvième heure du soir, les gardes s'étant retirés, les fidèles dérobèrent le corps, puis se mirent à en chercher les membres ; semés de toutes parts. Ils en trouvèrent vingt-huit et les enfermèrent dans une urne sur le tronc ; puis ils recueillirent comme ils purent tout le sang que le martyr avait perdu pendant son long supplice.


Cependant, tandis que nous chantions le psaume Miserere Mei, Deus secundum magnam miséricordiam tuam, le feu du ciel tomba sur l'urne et consuma le sang du martyr, tant dans le vase que sur les linges où on l'avait reçu et sur la terre qu'il avait trempée ; cette flamme colorait les membres du martyr d'une teinte de pourpre et de rose. Effrayés de ce prodige, nous tombons tous la face contre terre, et nous implorons en tremblant la protection du martyr, pour n'être pas consumés par ce feu céleste; puis secrètement, non sans péril, nous inhumons les saintes reliques avec l'aide et la grâce du Christ, qui couronne les martyrs, et à qui soient, avec le Père, et le Saint-Esprit, louange, honneur et gloire maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen1.

(1) Le supplice de saint Jacques est un des plus affreux dont fasse mention l'histoire des martyrs ; sa gloire fut aussi des plus éclatantes. Les Orientaux bâtirent en son honneur un grand nombre d'églises et de monastères ; et tous les martyrologes grecs, latins et syriens, célèbrent sa mémoire. LeMartyrologe romain en faisait mention, au 27 novembre en ces termes : En Perse, naissance de saint Jacques l'Intercis, qui du temps de Théodose le Jeune, renia le Christ, pour conserver la faveur du roi Isdegerdès. Mais sa mère et son épouse ayant rompu tout commerce avec lui, il rentra en lui-même, et confessa Jésus-Christ devant le roi Vararanne, qui ordonna de le couper par morceaux, et enfin de lui trancher la tête. Dans le même temps, d'innombrables martyrs souffrirent en Perse.

1) C'est la dixième lettre de l'alphabet des langues sémitiques, et sa valeur numérique est 10.
2) La lettre « iod » est l'initiale du nom de Jésus
.

Source : Les Actes des Martyrs d'Orient, traduits pour la première fois en français sur la traduction latine des manuscrits syriaques de Etienne-Evode Assemani, par l'Abbé F. Lagrange. Tours, Alfred Mame et Fils, Editeurs, MDCCCLXXIX.

Persécution des chrétiens : les larmes de l’évêque Syriaque Orthodoxe de Mossoul/ Prière à St Jacques l'Intercis
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:45
Lu dans: "MPI"

Lu dans: "MPI"

« Vivre dans l’immoralité, tout permettre, affaiblit les jeunes contre les tentations du diable », a déclaré l’archevêque de Ferrare et Comacchio (Italie), Mgr Luigi Negri, expert en exorcisme. Il rappelle que la révolution culturelle de Mai 1968 en France est la racine des maux de la jeunesse car conduisant au libéralisme sexuel et moral avec son expression «interdit d’interdire».

Dans un entretien publié par Liberoquotidiano.it, l’archevêque a expliqué que les jeunes d’aujourd’hui sont induits en erreur par l’absence de règles. « Mai 1968 est l’origine de tous les maux de notre jeunesse », explique Mgr Negri en dénonçant cette permissivité totale qui détruit la jeunesse en la privant des règles nécessaires. «Vivre dans l’immoralité (…) vous rend plus faible contre les tentations du diable: par exemple, si vous dites que les femmes peuvent faire tout ce qu’elles veulent, qu’il n’y a rien de mauvais, elles deviennent plus vulnérables ».

Pour sa part, l’exorciste César Truqui a ajouté que le risque pour les jeunes augmente avec les «activités extrêmes ». « Dans les cercles sataniques, il y a beaucoup de drogues et une sexualité hors de contrôle, toutes les choses qui plaisent aux jeunes. Vous proposez aux jeunes le succès sans mérite, la richesse sans le travail et le plaisir sans limite ».

Quant au Père Pedro Barrajón, il souligne que «le diable est intelligent et change de stratégie. Esotérisme, occultisme, satanisme et différentes formes de magie sont très présentes dans les médias et les réseaux sociaux qui attirent les jeunes et les conduisent à des choix dangereux « .

En outre, dit le Père Truqui, si on peut pas dire « que les possessions réelles ont augmenté » au cours des dix dernières années, les demandes d’exorcisme sont en croissance constante. «Seulement dans le Vicariat de Rome, un appel sur trois concerne une demande d’exorcisme ».

Toutefois, il a précisé que « seulement 5 cas sur 100 sont des perturbations sataniques, le reste étant des troubles psychologiques.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:23
LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

LU DANS « LA VIE » . Article de PASCAL MAGUESYAN.

Le pape François a proclamé docteur de l’Église le mystique du Xe siècle. Mille ans après sa mort, son œuvre reste au cœur de la littérature nationale.

C’est une bourgade agricole typique de cette Turquie orientale, à 2 km au sud du lac de Van. Ce village kurde et musulman se nomme Yemişlik. Autrefois, c’était Narek. C’était un village arménien. C’est là que vécut saint Grégoire, célèbre moine et prêtre arménien du Xe siècle, fantastique poète mystique, dont l’œuvre théologique, littéraire et spirituelle a traversé les siècles et les frontières.

Grégoire de Narek (fêté le deuxième samedi d’octobre dans l’Église apostolique arménienne, le 27 février dans l’Église catholique) est à présent le 36e docteur de l’Église. Cette proclamation effectuée par le pape François, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome, devant les fidèles de rite arménien, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, témoigne de la communion de l’Église catholique avec une civilisation chrétienne orientale décimée dans son berceau géographique. « Des 36 docteurs de l’Église, Grégoire de Narek est le deuxième Oriental (ne parlant ni grec ni latin et vivant hors des limites de l’Empire byzantin), après saint Éphrem de Nisibe. Il était très important, dans l’état actuel de cette prise de conscience hélas tardive pour les chrétiens d’Orient, que cette année-ci au moins, un autre Oriental devienne docteur de l’Église », souligne Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut et traducteur de l’œuvre de saint Grégoire.

Grégoire est né entre 940 et 950 et mourut entre 1003 et 1010.Figure volcanique de la mystique chrétienne de langue arménienne, il est l’auteur du mémorable Livre des Lamentations, appelé aussi Livre des Prières, devenu pour les Arméniens une sorte de texte sacré. « Livre le plus répandu après la Bible, poésie mêlant au repentir la consolation et l’espérance, cette suite de Paroles à Dieu des profondeurs du cœur (…), devenu au long des siècles le compagnon de tout Arménien lettré, a rejoint légitimement les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. Quant au monastère de Narek, il est resté jusqu’au XXe siècle le lieu de rassemblement d’innombrables pèlerins » (Keram Kevonian, Union internationale des organisations Terre et Culture).

Le verbe de Grégoire est une inlassable quête du Verbe : « Rayon béni, soleil de justice, Désir ardent, figure de lumière, Insondable et très-haut, ineffable et puissant, / Allégresse du bien, vision de l’espérance, Dieu loué dans les cieux, glorieuse royauté, Christ qui nous créas, vie partout célébrée, / Daigne emplir à présent, de ta souveraine éloquence, Le défaut de ma voix, les multiples erreurs de ma misère : Présente mes prières en agréable offrande à la majesté de ton Père, (...) » (Prière 95, Trésor des fêtes, hymnes et odes de ­Grégoire de Narek, traduction et notes de Annie et Jean-Pierre Mahé, Peeters, 2014). Outre les 95 prières du Livre des lamentations, Grégoire est également l’auteur d’odes, d’hymnes, de panégyriques, de litanies et de méditations. C’est dans l’enceinte du monastère de Narek et dans une grotte toute proche où il pratiquait la « méditation solitaire » que Grégoire composa ses œuvres, « rassemblées, mises en forme, calligraphiées et copiées dans trois recueils sous l’autorité de son frère Jean, devenu abbé du monastère », précise Jean-Pierre Mahé.

Grégoire mourut à Narek et y fut inhumé peu de temps après l’achèvement du Livre des Lamentations. De ce grand monastère et scriptorium où l’on enseigna également les sciences, la philosophie et la musique, il ne reste rien. Le monastère a été pillé en 1895 pendant la période dite des massacres hamidiens ordonnés par le sultan Abdülhamid II. Lors du génocide en 1915, les 123 familles arméniennes du village ont été liquidées. Enfin, le monastère de Narek a été totalement rasé en 1951 sur ordre des autorités préfectorales. En lieu et place a été construite une mosquée.

Tout étranger qui passe aujourd’hui par Narek/Yemişlik est immédiatement suivi d’une nuée d’enfants qui n’ont que ces mots à la bouche : « Photo, photo ? » Ils savent bien ce qui attire les visiteurs : les ultimes pierres à croix encore visibles. Ici, une stèle funéraire au pied de l’escalier de la mosquée, là quelques pierres gravées dans l’entrepôt. C’est tout ce qu’il reste du vaste monastère de l’immense saint Grégoire. Les enfants rient mais ne savent rien, les anciens marmonnent parce qu’ils savent tout.



Grégoire de Narek : moine, poète et docteur de l'Eglise/Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu

Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu :

Que s’élève par moi ton honneur

Et mon salut éclatera par toi,

Si tu viens à me retrouver, Mère de Seigneur !

Si tu me prends en pitié, Vierge sainte,

Si tu changes en profit ma perte, Vierge immaculée,

Si tu guéris ma ruine, Vierge bienheureuse,

Si tu laisses avancer ma honte, Vierge pleine de grâces,

Si tu plaides mon désespoir, Vierge toujours pure,

Si tu me reçois sous le toit dont je fus chassé, Vierge honorée par Dieu,

Si tu m’entoures de ta piété, Vierge qui détruit la malédiction,

Si tu apaises ma tempête, Vierge du repos,

Si tu mets fin aux violentes tourmentes, Vierge pacifique,

Si tu répares mes erreurs, Vierge de louanges,

Si tu entres pour moi dans l’arène, Vierge qui repousses la mort,

Si tu changes en douceur mon âpreté, Vierge suave,

Si tu brises le mur qui me sépare, ô Vierge du pardon,

Si tu dissipes mes souillures, Vierge dont le pied écrase la corruption ;

Si tu m’ôtes au trépas, à quoi je suis livré, lumière vivante,

Si tu coupes le bruit de mes sanglots, Vierge d’allégresse,

Si tu me fortifies, lorsque je suis brisé, remède du salut,

Si tu considères ma ruine, temple de l’esprit,

Si tu viens vers moi avec compassion, Mère qui fus léguée

Et qui seule est bénie sur les lèvres sans tache dans la bouche des bienheureux.

Une goutte de lait de ta virginité

Rend vigueur à ma vie en pleuvant sur mon âme,

Ô Mère du Très-Haut, du Seigneur Jésus,

Créateur du ciel et de la terre entière,

Que tu as mis au monde, inexprimablement, avec une vraie chair, une divinité sans faille,

Gloire à lui, comme au Père, et avec l’Esprit Saint,

Dans son essence et dans notre nature, qu’il réunit indescriptiblement,

Tout dans le tout, Un de la Trinité,

Loué soit-il dans les siècles des siècles,

Amen.

Saint Grégoire de Narek (XI° siècle)

(Source/ Marie de Nazareth. Traduction par Annie et Jean-Pierre Mahé, Ed. Peeters, 2007; p. 372 §3)

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 09:19
LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR

"Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous", dit saint Paul (1 Co 3,16). Chaque homme est appelé à devenir ce temple. C’est la vocation fondamentale du chrétien. Pour devenir cette maison du Dieu Vivant, il doit toujours porter en lui le Nom de Dieu: "Je consacre cette maison que tu as bâtie, en y plaçant mon Nom à jamais; mes yeux et mon cœur y seront toujours" (1 Ro 9,3).

A travers la Bible, l’invocation du Nom de Dieu est source de salut (Jl 3,5). Dans le Nouveau Testament, les choses sont encore plus concrètes, tangibles: le Nom salvateur par excellence qui nous a été donné et révélé est celui de notre Seigneur Jésus-Christ (Ac 4,12). Au début, durant les temps apostoliques, les chrétiens étaient appelés "ceux qui invoquent le Nom de Jésus" (Ac 9,21), en tout lieu et en tout temps (1 Co 1,2). Cela, afin de cultiver leur paradis intérieur, de garder le feu reçu à la Pentecôte. Mais, comme le précise saint Paul, pour être agréable à Dieu et porter du fruit, cette invocation du Nom doit être faite d’un cœur pur (2 Tm 2,22).

L’Eglise orthodoxe est restée fidèle à cette tradition. Dans la filiation des premiers moines – les Pères du désert –, des saints ascètes et des auteurs de la Philocalie, elle invite les disciples du Christ à cette invocation continuelle du Nom de Jésus-Christ.

Cette prière peut sembler extrêmement simple. Théoriquement, elle l’est. Mais pratiquement, elle est difficile. Car nous sommes divisés intérieurement: la tête et le cœur, l’âme et le corps, la pensée et la vision ne sont pas unifiés. Nous vivons avec notre tête séparée du cœur. Notre esprit est comme une girouette agitée par le vent. Nous ne sommes jamais en paix. L’invocation du Nom est un remède contre cette division de l’être et cette agitation mentale. C’est une grande science que nous devons apprendre toute notre vie. Imprimer le Nom du Christ dans notre cœur et le faire résonner sans arrêt dans notre poitrine est à la fois une grande prouesse et un don de la grâce.

Le but de la prière est de rendre l’homme capable de vivre dans la présence du Dieu Vivant. Car cette présence est extrêmement bénéfique. Elle est thérapeutique. Elle nous purifie. Elle nous sauve. Son pouvoir consume l’esprit de méchanceté en nous. Il guérit l’intellect et le cœur de l’homme. Il unifie l’être. Dans cette unité, le désir de Dieu possède la personne dans toutes les dimensions de son être et de son existence. L’homme n’a plus qu’un seule pensée, un seul désir, une seule aspiration: vénérer Dieu en esprit et en vérité comme l’Un de la Sainte Trinité. Il poursuit, atteint cet état surtout à travers la prière de repentir, la prière dite "de Jésus" ou "prière du cœur": "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Là où est le Nom de Dieu, là est sa présence. Ce Nom, pour nous chrétiens, est inséparable de la personne de Jésus-Christ. Le secret qui rend la prière de Jésus efficace et féconde est l’attention et l’humilité. Dite ainsi, elle attire la puissance de l’Esprit saint. Dans la pratique de cette prière, deux parts doivent être unies, harmonisées. L’une de ces parts est petite, l’autre est grande. La petite part, c’est l’effort de l’homme pour rendre le cœur prêt à recevoir la grande part qui est la grâce de l’Esprit saint, grâce sans laquelle l’homme ne peut rien. Il y a là toute une synergie. Jésus-Christ justifie le Créateur par son amour infini. Il justifie également l’homme, car Il a montré et réalisé l’image de l’homme parfait qui plaît au Père. Dieu nous donne sa grâce à la mesure de notre reconnaissance envers Lui. Autrement dit, nous ne possédons que ce que nous reconnaissons avoir reçu de Lui.

La prière de Jésus est une prière d’une seule pensée. Sa simplicité est justement ce qui la rend si exigeante. En enfermant l’esprit dans les mots de la prière ou plutôt dans la partie supérieure du cœur, nous évitons l’action dissipante de l’imagination et l’attachement aux réalités éphémères de ce monde. Nous contraignons le cœur et l’esprit à vivre avec la seule pensée de Dieu, accompagnée de repentir. Cet effort ascétique a pour vertu de rendre le cœur contrit, sensible, plein d’une douleur spirituelle. Cette souffrance, à son tour, attire l’intellect, le fait decendre dans le cœur. L’intellect et le cœur sont alors unis, renforcés par la grâce; notre cœur devient véritablement le centre de notre être. "D’un cœur brisé, Dieu n’a point de mépris" (Ps 50,19). Et un cœur contrit est sans pensées.

Par ses efforts et la grâce de Dieu, la synergie entre sa volonté et celle de Dieu, l’homme est ainsi guéri, restauré dans son intégrité première. Par ce processus de guérison, qui passe par l’unification de l’esprit et du cœur, il revient à un état "normal", naturel: celui d’Adam au paradis, de l’homme avant la chute. Détaché des biens matériels, il devient capable d’accomplir le grand commandement évangélique: aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de tout son être, et son prochain comme soi-même.

Pour arriver à l’état d’unification intérieure, pour mettre le cœur dans une juste disposition, il n’y a qu’un moyen: le repentir, la métanoïa. Par le repentir, nous nous voyons tels que nous sommes. Si nous étions capables de voir toutes les impuretés de notre cœur, tout ce qui en nous nous sépare de Dieu, nous rend opaques à l’action de l’Esprit saint, notre zèle spirituel et notre désir de purification intérieure exploseraient. Ici aussi, l’humilité est la clé. Elle nous préserve de la tentation du désespoir quand nous voyons notre néant et notre état misérable. Elle nous permet d’éviter de nous enorgueillir quand nous sentons la force du Nom et l’action de l’Esprit saint en nous.

Dans ce processus, qui est une lutte, nous sommes "initiés" à la vie mystique en Christ. Nous voyons tout ce qui existe à travers cette Présence, dans la lumière de l’Esprit. Nous apprenons à discerner, de plus en plus finement, aussi bien les mouvements de notre cœur qui nous ouvrent à l’amour que les passions et les pensées étrangères à l’esprit du Christ qui nous séparent de Dieu. Notre capacité de vigilance augmente. Le mal, les pensées passionnées continuent certes de nous environner, de nous attaquer, mais elles ne peuvent plus pénétrer dans notre cœur. Ainsi, la prière et toute notre vie – intérieure et extérieure – qui en découle, concourt à notre sanctification par l’amour dans l’Esprit. La sobriété de l’esprit redevient naturelle en nous, car Celui qui trône dans le cœur, qui est en nous, est "plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jn 4,4).

La prière, par l’action de la grâce, nous aide, nous apprend à transformer nos états psychiques en états spirituels. Imaginez qu’un ami vous trompe, vous frappe ou répande des calomnies sur vous. Vous êtes profondément blessé, triste, déçu. Vous souffrez. Qu’allez-vous faire de cet état émotionnel, de ces énergies psychiques négatives qui travaillent en vous? Si vous en restez-là, à les ressasser, cela ne sert à rien; vous vous ferez souffrir encore davantage, inutilement. Vous resterez dans la logique du vieil homme, qui conduit à la mort. Par la puissance du Nom, vous pouvez réorienter ces énergies, les retourner du bas vers le haut, les transformer. Certes, la blessure que l’autre vous a infligée ne disparaît pas; elle demeure, mais vous en oubliez le comment. Vous oubliez d’où est venue cette énergie négative, qui vous l’a donnée. Votre cœur reste triste, contrit, vous continuez à souffrir, mais de psychique votre souffrance devient spirituelle; d’humaine, elle devient divino-humaine, transfigurée par la grâce. Alors, vous pouvez dire, en vous adressant au Père: "Tu as vu que j’étais dans un état de paresse spirituelle, d’autosatisfaction, de sommeil, et tu as envoyé mon frère comme un ange pour me réveiller. Je te rends grâce pour ta bienveillance. Par les prières de mon frère qui m’a blessé, Seigneur, aie pitié de moi et sauve-moi!"

Nous devons apprendre à retrouver notre cœur profond, à vivre avec lui, en lui. C’est essentiel. Car la parole de Dieu s’adresse d’abord au cœur, et si nous n’apprenons pas à vivre dans notre cœur, comment pourrons-nous la comprendre? Sans la purification du cœur, l’Evangile reste un livre fermé. Vivre selon les commandements du Christ, c’est porter la parole de Dieu dans notre cœur pour qu’il s’enflamme. Il en va de même pour la liturgie eucharistique. Pour célébrer ce grand mystère, il faut un cœur brûlant comme le Buisson ardent; si nous ne vivons pas dans notre cœur, si notre cœur ne brûle pas pour le Christ, comment voulons-nous comprendre la fraction du pain?

L’Archimandrite Sophrony définissait la prière comme une "création infinie". La prière pure est la prière qui est propre à celui qui a réalisé la ressemblance de Dieu. Par l’invocation du Nom, l’homme – créé originellement à l’image de Dieu – justifie son Créateur qui a déposé dans sa nature le germe d’une gloire et d’une paix, d’une beauté et d’un amour infinis. Par cette prière, on peut devenir si proche du Seigneur, si plein de son Esprit, si enveloppé de son amour, qu’on entre dans la Lumière incréée, où l’on ne sait plus si l’on est hors ou dans son corps. On commence par de petites choses, mais, à force d’attention, de persévérance et de patience, on peut devenir comme des anges devant le trône de Dieu qui glorifient le Seigneur jour et nuit, sans repos. Les anges ont un tel désir de Dieu qu’ils n’ont qu’une pensée, qu’une volonté: s’unir à Lui et l’absorber de tout leur être.

Par l’invocation du Nom de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, un humble esprit est établi dans le cœur profond. Alors est renouvelé en nous l’Esprit d’adoption qui crie dans notre cœur: "Abba, Père" (Rm 8,15). Quand l’Esprit de Dieu prie en nous, quand Il "intercède pour nous en des gémissements ineffables" (Rm 8,26), nous devenons des enfants de Dieu. La vraie prière est engendrement, filiation.

Ainsi l’invocation du Nom, d’un cœur pur, devient le but de tout chrétien. Par elle, la présence de Dieu règne dans l’homme. Par cette présence, il devient la montagne ou le temple de Dieu. Et le temple de Dieu est saint, "et ce temple, c’est vous" (1 Co 3,17).

Quand le Nom est dans le cœur, on a tout, car Jésus-Christ est présent.

Lu et reproduit de la revue
Itinéraires : Recherches chrétiennes d'ouverture
(Le Mont-sur-Lausanne, Suisse), No. 23, 1998.

L’auteur de ces lignes est un prêtre et moine d’origine chypriote : le père Zacharie.

Il vit au monastère Saint-Jean-Baptiste (Essex, Angleterre), fondé en 1959 par l’Archimandrite Sophrony (1896-1993) qui était lui-même le disciple du starets Silouane (1866-1938), canonisé en 1987 par le Patriarcat de Constantinople.

Il vient de soutenir une thèse sur le Principe de l’Hypostase (la Personne) dans les écrits spirituels de l’Archimandrite Sophrony à la Faculté de théologie de Thessalonique (Grèce).

LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:49
Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Première lettre de saint Jean 5,4-10.

Mes bien-aimés, quiconque est né de Dieu, vainc le monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi.
Qui est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est ce même Jésus-Christ qui est venu par l'eau et par le sang, non avec l'eau seulement, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité.
Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit ; et ces trois sont un.
Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'Esprit, l'eau et le sang ; et ces trois sont d'accord.
Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et c'est bien là le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage de Dieu en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.

En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes de la maison, où se trouvaient les disciples, étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux disant : "La Paix soit avec vous !"
Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Il leur dit une seconde fois : "Paix avec vous !" Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."
Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint."
"Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."
Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.
Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur." Mais il leur dit : "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point."
Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : "Paix avec vous !"
Puis il dit à Thomas : "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant."
Thomas lui répondit : "Mon Seigneur, et mon Dieu !"
Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru."
Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.


Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Par Jean-Paul II (1920-1978-2005), pape de Rome, dans l’Encyclique « Dominum et vivificantem » §23 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

« Recevez l'Esprit Saint »


Les événements de Pâques — la Passion, la mort et la Résurrection du Christ — sont aussi le temps de la nouvelle venue de l'Esprit Saint comme Paraclet et Esprit de vérité (Jn 14,16-17).

C'est le temps du « nouveau commencement », du don que le Dieu un et trine fait de lui-même à l'humanité dans l'Esprit Saint par l'action du Christ Rédempteur.

Ce nouveau commencement est la rédemption du monde :

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3,16).

Déjà, dans le don du Fils s'exprime l'essence la plus profonde de Dieu qui, comme amour, est une source inépuisable de générosité.

Dans le don fait par le Fils s'achèvent la révélation et la prodigalité de l'Amour éternel : par l'œuvre du Fils, c'est-à-dire par le mystère pascal, l'Esprit Saint, qui dans les profondeurs insondables de Dieu est une personne-don, est donné d'une manière nouvelle aux apôtres et à l'Église et, à travers eux, à l'humanité et au monde entier.

L'expression définitive de ce mystère apparaît le jour de la résurrection.

En ce jour, Jésus de Nazareth, « issu de la lignée de David selon la chair », comme l'écrit l'apôtre Paul, est « établi Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts » (Rm 1,3-4).

On peut donc dire que l'exaltation messianique du Christ dans l'Esprit Saint atteint son sommet dans la résurrection ; il se révèle alors comme Fils de Dieu, « rempli de puissance ».

Et cette puissance, dont les sources jaillissent dans l'insondable communion trinitaire, se manifeste avant tout dans le fait que si, d'une part, le Christ ressuscité réalise la promesse de Dieu déjà exprimée par la voix du prophète :

-« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, mon esprit » (Ez 36,26-27), d'autre part, il accomplit sa propre promesse faite aux apôtres :

-« Si je pars, je vous l'enverrai » (Jn 16,7).

C'est lui, l'Esprit de vérité, le Paraclet envoyé par le Christ ressuscité pour nous transformer et faire de nous l'image même du ressuscité.

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

LA PRIERE DE JESUS, PRIERE DU CŒUR

"Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous", dit saint Paul (1 Co 3,16). Chaque homme est appelé à devenir ce temple. C’est la vocation fondamentale du chrétien. Pour devenir cette maison du Dieu Vivant, il doit toujours porter en lui le Nom de Dieu: "Je consacre cette maison que tu as bâtie, en y plaçant mon Nom à jamais; mes yeux et mon cœur y seront toujours" (1 Ro 9,3).

A travers la Bible, l’invocation du Nom de Dieu est source de salut (Jl 3,5). Dans le Nouveau Testament, les choses sont encore plus concrètes, tangibles: le Nom salvateur par excellence qui nous a été donné et révélé est celui de notre Seigneur Jésus-Christ (Ac 4,12). Au début, durant les temps apostoliques, les chrétiens étaient appelés "ceux qui invoquent le Nom de Jésus" (Ac 9,21), en tout lieu et en tout temps (1 Co 1,2). Cela, afin de cultiver leur paradis intérieur, de garder le feu reçu à la Pentecôte. Mais, comme le précise saint Paul, pour être agréable à Dieu et porter du fruit, cette invocation du Nom doit être faite d’un cœur pur (2 Tm 2,22).

L’Eglise orthodoxe est restée fidèle à cette tradition. Dans la filiation des premiers moines – les Pères du désert –, des saints ascètes et des auteurs de la Philocalie, elle invite les disciples du Christ à cette invocation continuelle du Nom de Jésus-Christ.

Cette prière peut sembler extrêmement simple. Théoriquement, elle l’est. Mais pratiquement, elle est difficile. Car nous sommes divisés intérieurement: la tête et le cœur, l’âme et le corps, la pensée et la vision ne sont pas unifiés. Nous vivons avec notre tête séparée du cœur. Notre esprit est comme une girouette agitée par le vent. Nous ne sommes jamais en paix. L’invocation du Nom est un remède contre cette division de l’être et cette agitation mentale. C’est une grande science que nous devons apprendre toute notre vie. Imprimer le Nom du Christ dans notre cœur et le faire résonner sans arrêt dans notre poitrine est à la fois une grande prouesse et un don de la grâce.

Le but de la prière est de rendre l’homme capable de vivre dans la présence du Dieu Vivant. Car cette présence est extrêmement bénéfique. Elle est thérapeutique. Elle nous purifie. Elle nous sauve. Son pouvoir consume l’esprit de méchanceté en nous. Il guérit l’intellect et le cœur de l’homme. Il unifie l’être. Dans cette unité, le désir de Dieu possède la personne dans toutes les dimensions de son être et de son existence. L’homme n’a plus qu’un seule pensée, un seul désir, une seule aspiration: vénérer Dieu en esprit et en vérité comme l’Un de la Sainte Trinité. Il poursuit, atteint cet état surtout à travers la prière de repentir, la prière dite "de Jésus" ou "prière du cœur": "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur."

Là où est le Nom de Dieu, là est sa présence. Ce Nom, pour nous chrétiens, est inséparable de la personne de Jésus-Christ. Le secret qui rend la prière de Jésus efficace et féconde est l’attention et l’humilité. Dite ainsi, elle attire la puissance de l’Esprit saint. Dans la pratique de cette prière, deux parts doivent être unies, harmonisées. L’une de ces parts est petite, l’autre est grande. La petite part, c’est l’effort de l’homme pour rendre le cœur prêt à recevoir la grande part qui est la grâce de l’Esprit saint, grâce sans laquelle l’homme ne peut rien. Il y a là toute une synergie. Jésus-Christ justifie le Créateur par son amour infini. Il justifie également l’homme, car Il a montré et réalisé l’image de l’homme parfait qui plaît au Père. Dieu nous donne sa grâce à la mesure de notre reconnaissance envers Lui. Autrement dit, nous ne possédons que ce que nous reconnaissons avoir reçu de Lui.

La prière de Jésus est une prière d’une seule pensée. Sa simplicité est justement ce qui la rend si exigeante. En enfermant l’esprit dans les mots de la prière ou plutôt dans la partie supérieure du cœur, nous évitons l’action dissipante de l’imagination et l’attachement aux réalités éphémères de ce monde. Nous contraignons le cœur et l’esprit à vivre avec la seule pensée de Dieu, accompagnée de repentir. Cet effort ascétique a pour vertu de rendre le cœur contrit, sensible, plein d’une douleur spirituelle. Cette souffrance, à son tour, attire l’intellect, le fait decendre dans le cœur. L’intellect et le cœur sont alors unis, renforcés par la grâce; notre cœur devient véritablement le centre de notre être. "D’un cœur brisé, Dieu n’a point de mépris" (Ps 50,19). Et un cœur contrit est sans pensées.

Par ses efforts et la grâce de Dieu, la synergie entre sa volonté et celle de Dieu, l’homme est ainsi guéri, restauré dans son intégrité première. Par ce processus de guérison, qui passe par l’unification de l’esprit et du cœur, il revient à un état "normal", naturel: celui d’Adam au paradis, de l’homme avant la chute. Détaché des biens matériels, il devient capable d’accomplir le grand commandement évangélique: aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit et de tout son être, et son prochain comme soi-même.

Pour arriver à l’état d’unification intérieure, pour mettre le cœur dans une juste disposition, il n’y a qu’un moyen: le repentir, la métanoïa. Par le repentir, nous nous voyons tels que nous sommes. Si nous étions capables de voir toutes les impuretés de notre cœur, tout ce qui en nous nous sépare de Dieu, nous rend opaques à l’action de l’Esprit saint, notre zèle spirituel et notre désir de purification intérieure exploseraient. Ici aussi, l’humilité est la clé. Elle nous préserve de la tentation du désespoir quand nous voyons notre néant et notre état misérable. Elle nous permet d’éviter de nous enorgueillir quand nous sentons la force du Nom et l’action de l’Esprit saint en nous.

Dans ce processus, qui est une lutte, nous sommes "initiés" à la vie mystique en Christ. Nous voyons tout ce qui existe à travers cette Présence, dans la lumière de l’Esprit. Nous apprenons à discerner, de plus en plus finement, aussi bien les mouvements de notre cœur qui nous ouvrent à l’amour que les passions et les pensées étrangères à l’esprit du Christ qui nous séparent de Dieu. Notre capacité de vigilance augmente. Le mal, les pensées passionnées continuent certes de nous environner, de nous attaquer, mais elles ne peuvent plus pénétrer dans notre cœur. Ainsi, la prière et toute notre vie – intérieure et extérieure – qui en découle, concourt à notre sanctification par l’amour dans l’Esprit. La sobriété de l’esprit redevient naturelle en nous, car Celui qui trône dans le cœur, qui est en nous, est "plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jn 4,4).

La prière, par l’action de la grâce, nous aide, nous apprend à transformer nos états psychiques en états spirituels. Imaginez qu’un ami vous trompe, vous frappe ou répande des calomnies sur vous. Vous êtes profondément blessé, triste, déçu. Vous souffrez. Qu’allez-vous faire de cet état émotionnel, de ces énergies psychiques négatives qui travaillent en vous? Si vous en restez-là, à les ressasser, cela ne sert à rien; vous vous ferez souffrir encore davantage, inutilement. Vous resterez dans la logique du vieil homme, qui conduit à la mort. Par la puissance du Nom, vous pouvez réorienter ces énergies, les retourner du bas vers le haut, les transformer. Certes, la blessure que l’autre vous a infligée ne disparaît pas; elle demeure, mais vous en oubliez le comment. Vous oubliez d’où est venue cette énergie négative, qui vous l’a donnée. Votre cœur reste triste, contrit, vous continuez à souffrir, mais de psychique votre souffrance devient spirituelle; d’humaine, elle devient divino-humaine, transfigurée par la grâce. Alors, vous pouvez dire, en vous adressant au Père: "Tu as vu que j’étais dans un état de paresse spirituelle, d’autosatisfaction, de sommeil, et tu as envoyé mon frère comme un ange pour me réveiller. Je te rends grâce pour ta bienveillance. Par les prières de mon frère qui m’a blessé, Seigneur, aie pitié de moi et sauve-moi!"

Nous devons apprendre à retrouver notre cœur profond, à vivre avec lui, en lui. C’est essentiel. Car la parole de Dieu s’adresse d’abord au cœur, et si nous n’apprenons pas à vivre dans notre cœur, comment pourrons-nous la comprendre? Sans la purification du cœur, l’Evangile reste un livre fermé. Vivre selon les commandements du Christ, c’est porter la parole de Dieu dans notre cœur pour qu’il s’enflamme. Il en va de même pour la liturgie eucharistique. Pour célébrer ce grand mystère, il faut un cœur brûlant comme le Buisson ardent; si nous ne vivons pas dans notre cœur, si notre cœur ne brûle pas pour le Christ, comment voulons-nous comprendre la fraction du pain?

L’Archimandrite Sophrony définissait la prière comme une "création infinie". La prière pure est la prière qui est propre à celui qui a réalisé la ressemblance de Dieu. Par l’invocation du Nom, l’homme – créé originellement à l’image de Dieu – justifie son Créateur qui a déposé dans sa nature le germe d’une gloire et d’une paix, d’une beauté et d’un amour infinis. Par cette prière, on peut devenir si proche du Seigneur, si plein de son Esprit, si enveloppé de son amour, qu’on entre dans la Lumière incréée, où l’on ne sait plus si l’on est hors ou dans son corps. On commence par de petites choses, mais, à force d’attention, de persévérance et de patience, on peut devenir comme des anges devant le trône de Dieu qui glorifient le Seigneur jour et nuit, sans repos. Les anges ont un tel désir de Dieu qu’ils n’ont qu’une pensée, qu’une volonté: s’unir à Lui et l’absorber de tout leur être.

Par l’invocation du Nom de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, un humble esprit est établi dans le cœur profond. Alors est renouvelé en nous l’Esprit d’adoption qui crie dans notre cœur: "Abba, Père" (Rm 8,15). Quand l’Esprit de Dieu prie en nous, quand Il "intercède pour nous en des gémissements ineffables" (Rm 8,26), nous devenons des enfants de Dieu. La vraie prière est engendrement, filiation.

Ainsi l’invocation du Nom, d’un cœur pur, devient le but de tout chrétien. Par elle, la présence de Dieu règne dans l’homme. Par cette présence, il devient la montagne ou le temple de Dieu. Et le temple de Dieu est saint, "et ce temple, c’est vous" (1 Co 3,17).

Quand le Nom est dans le cœur, on a tout, car Jésus-Christ est présent.

Lu et reproduit de la revue
Itinéraires : Recherches chrétiennes d'ouverture
(Le Mont-sur-Lausanne, Suisse), No. 23, 1998.

L’auteur de ces lignes est un prêtre et moine d’origine chypriote : le père Zacharie.

Il vit au monastère Saint-Jean-Baptiste (Essex, Angleterre), fondé en 1959 par l’Archimandrite Sophrony (1896-1993) qui était lui-même le disciple du starets Silouane (1866-1938), canonisé en 1987 par le Patriarcat de Constantinople.

Il vient de soutenir une thèse sur le Principe de l’Hypostase (la Personne) dans les écrits spirituels de l’Archimandrite Sophrony à la Faculté de théologie de Thessalonique (Grèce).

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Saint Paterne, qui êtes-vous ?

Évêque de Vannes
(Ve sièc
le)

Saint Paterne naquit dans l'Armorique, aujourd'hui la Bretagne , vers l'an 490.

Il est surnommé aussi Paterne l'Ancien, pour le distinguer de celui de Coutances en Normandie.

Il se retira dans le comté de Cardigan au pays de Galles, et y embrassa l'état monastique. Son éminente sainteté le fit ensuite choisir pour être le supérieur des religieux de cette contrée. Il bâtit des églises et fonda des monastères dont le plus considérable fut celui de "Llan-Paderne-Vaur", qui signifie église du grand Paterne.

Il fit un voyage à Jérusalem, et y fut sacré évêque par le patriarche de cette ville. Après son retour il demeura encore quelque temps au pays de Galles.

De retour en Armorique, le roi Caradauc lui confia l'évêché de Vannes. Devenu évêque de Vannes, il bâtit un monastère près de cette ville.

Il donna des preuves de sa douceur et de sa patience dans la conduite qu'il tint envers de faux-frères qui avaient indisposé contre lui quelques évêques de la province. Il oublia, pour le bien de la paix, toutes les injures qu'il avait reçues, et se retira près de la ville de Vannes.

Il mourut vers l'an 555.



@Vie des saints pour tous les jours de l'année, Mame 1867


Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :

Grégoire de Narek : moine, poète et docteur de l'Eglise

Par PASCAL MAGUESYAN dans « La Vie »

Le pape François a proclamé docteur de l’Église le mystique du Xe siècle. Mille ans après sa mort, son œuvre reste au cœur de la littérature nationale.

C’est une bourgade agricole typique de cette Turquie orientale, à 2 km au sud du lac de Van. Ce village kurde et musulman se nomme Yemişlik. Autrefois, c’était Narek. C’était un village arménien. C’est là que vécut saint Grégoire, célèbre moine et prêtre arménien du Xe siècle, fantastique poète mystique, dont l’œuvre théologique, littéraire et spirituelle a traversé les siècles et les frontières.

Grégoire de Narek (fêté le deuxième samedi d’octobre dans l’Église apostolique arménienne, le 27 février dans l’Église catholique) est à présent le 36e docteur de l’Église. Cette proclamation effectuée par le pape François, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome, devant les fidèles de rite arménien, à l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, témoigne de la communion de l’Église catholique avec une civilisation chrétienne orientale décimée dans son berceau géographique. « Des 36 docteurs de l’Église, Grégoire de Narek est le deuxième Oriental (ne parlant ni grec ni latin et vivant hors des limites de l’Empire byzantin), après saint Éphrem de Nisibe. Il était très important, dans l’état actuel de cette prise de conscience hélas tardive pour les chrétiens d’Orient, que cette année-ci au moins, un autre Oriental devienne docteur de l’Église », souligne Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut et traducteur de l’œuvre de saint Grégoire.

Grégoire est né entre 940 et 950 et mourut entre 1003 et 1010.Figure volcanique de la mystique chrétienne de langue arménienne, il est l’auteur du mémorable Livre des Lamentations, appelé aussi Livre des Prières, devenu pour les Arméniens une sorte de texte sacré. « Livre le plus répandu après la Bible, poésie mêlant au repentir la consolation et l’espérance, cette suite de Paroles à Dieu des profondeurs du cœur (…), devenu au long des siècles le compagnon de tout Arménien lettré, a rejoint légitimement les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. Quant au monastère de Narek, il est resté jusqu’au XXe siècle le lieu de rassemblement d’innombrables pèlerins » (Keram Kevonian, Union internationale des organisations Terre et Culture).

Le verbe de Grégoire est une inlassable quête du Verbe : « Rayon béni, soleil de justice, Désir ardent, figure de lumière, Insondable et très-haut, ineffable et puissant, / Allégresse du bien, vision de l’espérance, Dieu loué dans les cieux, glorieuse royauté, Christ qui nous créas, vie partout célébrée, / Daigne emplir à présent, de ta souveraine éloquence, Le défaut de ma voix, les multiples erreurs de ma misère : Présente mes prières en agréable offrande à la majesté de ton Père, (...) » (Prière 95, Trésor des fêtes, hymnes et odes de ­Grégoire de Narek, traduction et notes de Annie et Jean-Pierre Mahé, Peeters, 2014). Outre les 95 prières du Livre des lamentations, Grégoire est également l’auteur d’odes, d’hymnes, de panégyriques, de litanies et de méditations. C’est dans l’enceinte du monastère de Narek et dans une grotte toute proche où il pratiquait la « méditation solitaire » que Grégoire composa ses œuvres, « rassemblées, mises en forme, calligraphiées et copiées dans trois recueils sous l’autorité de son frère Jean, devenu abbé du monastère », précise Jean-Pierre Mahé.

Grégoire mourut à Narek et y fut inhumé peu de temps après l’achèvement du Livre des Lamentations. De ce grand monastère et scriptorium où l’on enseigna également les sciences, la philosophie et la musique, il ne reste rien. Le monastère a été pillé en 1895 pendant la période dite des massacres hamidiens ordonnés par le sultan Abdülhamid II. Lors du génocide en 1915, les 123 familles arméniennes du village ont été liquidées. Enfin, le monastère de Narek a été totalement rasé en 1951 sur ordre des autorités préfectorales. En lieu et place a été construite une mosquée.

Tout étranger qui passe aujourd’hui par Narek/Yemişlik est immédiatement suivi d’une nuée d’enfants qui n’ont que ces mots à la bouche : « Photo, photo ? » Ils savent bien ce qui attire les visiteurs : les ultimes pierres à croix encore visibles. Ici, une stèle funéraire au pied de l’escalier de la mosquée, là quelques pierres gravées dans l’entrepôt. C’est tout ce qu’il reste du vaste monastère de l’immense saint Grégoire. Les enfants rient mais ne savent rien, les anciens marmonnent parce qu’ils savent tout.



Prière de St Grégoire de Narek à la Mère de Dieu :

Que s’élève par moi ton honneur

Et mon salut éclatera par toi,

Si tu viens à me retrouver, Mère de Seigneur !

Si tu me prends en pitié, Vierge sainte,

Si tu changes en profit ma perte, Vierge immaculée,

Si tu guéris ma ruine, Vierge bienheureuse,

Si tu laisses avancer ma honte, Vierge pleine de grâces,

Si tu plaides mon désespoir, Vierge toujours pure,

Si tu me reçois sous le toit dont je fus chassé, Vierge honorée par Dieu,

Si tu m’entoures de ta piété, Vierge qui détruit la malédiction,

Si tu apaises ma tempête, Vierge du repos,

Si tu mets fin aux violentes tourmentes, Vierge pacifique,

Si tu répares mes erreurs, Vierge de louanges,

Si tu entres pour moi dans l’arène, Vierge qui repousses la mort,

Si tu changes en douceur mon âpreté, Vierge suave,

Si tu brises le mur qui me sépare, ô Vierge du pardon,

Si tu dissipes mes souillures, Vierge dont le pied écrase la corruption ;

Si tu m’ôtes au trépas, à quoi je suis livré, lumière vivante,

Si tu coupes le bruit de mes sanglots, Vierge d’allégresse,

Si tu me fortifies, lorsque je suis brisé, remède du salut,

Si tu considères ma ruine, temple de l’esprit,

Si tu viens vers moi avec compassion, Mère qui fus léguée

Et qui seule est bénie sur les lèvres sans tache dans la bouche des bienheureux.

Une goutte de lait de ta virginité

Rend vigueur à ma vie en pleuvant sur mon âme,

Ô Mère du Très-Haut, du Seigneur Jésus,

Créateur du ciel et de la terre entière,

Que tu as mis au monde, inexprimablement, avec une vraie chair, une divinité sans faille,

Gloire à lui, comme au Père, et avec l’Esprit Saint,

Dans son essence et dans notre nature, qu’il réunit indescriptiblement,

Tout dans le tout, Un de la Trinité,

Loué soit-il dans les siècles des siècles,

Amen.

Saint Grégoire de Narek (XI° siècle)

Traduction par Annie et Jean-Pierre Mahé, Ed. Peeters, 2007; p. 372 §3

Mercredi 15 AVRIL 2015:  Éléments de méditation :
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