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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:37
PARADIS, Qu’est-ce à dire ?

Celui qui a été uni au Christ adhère pleinement au Paradis*.

Le mot grec paradeisos signifie à la fois l'Eden, où fut placé l'homme originel, et les temps à venir où ceux qui ont été rachetés et sauvés par le Christ jouiront d'une béatitude éternelle.

Elle peut également s'appliquer à l'étape finale de l'histoire humaine lorsque toute la création sera transformée et que Dieu sera « tout en tous ».

La béatitude du Paradis, dans la tradition chrétienne, se nomme également « Royaume des cieux », « vie du monde à venir », « huitième jour », « ciel nouveau », « Jérusalem céleste ».

La littérature hagiographique et patristique fourmille de descriptions du Paradis, dont certaines sont hautement pittoresques, et se chargent d'arbres, de fruits, d'oiseaux, de villages, etc.

Des saints byzantins, comme André Fol-en-Christ et Théodora furent « ravis au troisième ciel » (II Co 12,2) et à leur retour décrivirent ce qu'ils avaient vu là-bas.

Cependant leurs biographes font ressortir que les mots humains ne peuvent rendre compte d'une participation au divin que jusqu'à un certain point.

La notion de Paradis, comme celle d'Enfer, doivent être détachées des images matérialistes avec lesquelles elles sont habituellement liées.

En outre l'idée des « nombreuses demeures » (Jn 14,2) ne doit pas être prise trop à la lettre: les « demeures » ne sont pas des lieux, mais plutôt divers degrés d'intimité avec Dieu.

Comme l'explique saint Basile, « certains seront honorés de plus grands privilèges par Dieu, d'autres en recevront moins car une étoile diffère en éclat d'une autre étoile (I Co 15,41).

Et de même qu'il y a de nombreuses demeures chez le Père, certains reposeront dans un état de suprême élévation, alors que d'autres seront dans un état inférieur ».

Selon saint Syméon, toutes les images associées au Paradis, pièces ou demeures, bois ou champs, rivières ou lacs, oiseaux ou fleurs ne sont que les différents symboles de la béatitude dont le centre n'est autre que le Christ Lui-même.

Saint Grégoire de Nysse avance une idée similaire sur Dieu, comme le seul et complet délice du Royaume des cieux.

Il se substitue Lui-même à tous les plaisirs éphémères de la vie mortelle:

...Tout en menant notre vie selon des modes variés et nombreux, il y a une foule de choses auxquelles nous avons part, telles que le temps, l'air, le lieu, la nourriture et la boisson, les vêtements, le soleil, la clarté d'une lampe, et bien d'autres nécessités de la vie dont pas une ne s'identifie à Dieu.

La béatitude, objet de notre attente, n'en a que faire, et la divine nature deviendra tout pour nous et remplacera toutes choses, en se chargeant elle-même en bonne et due forme de toutes les nécessités de cette vie [...] ».

Ainsi, selon saint Grégoire et d'autres pères de l'Eglise, l'issue finale de notre histoire sera pleine de gloire et de magnificence.

Après la résurrection universelle et le Jugement dernier, Dieu sera au centre de tout, et rien ne subsistera en dehors de Lui. Le cosmos tout entier sera changé et transformé, transfiguré et illuminé.

Dieu sera « tout en tous » et le Christ règnera dans l'âme des hommes qu'il aura rachetés.

Telle est la victoire finale du bien sur le mal, du Christ sur l'Antéchrist, de la lumière sur les ténèbres, du Paradis sur l'Enfer.

Telle est l'annihilation finale de la mort.

« Alors s'accomplira la parole qui est écrite: la mort a été engloutie dans la victoire.

O mort, où est ton aiguillon?

O Enfer, où est ta victoire? [...]

Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ »

(I Co 15,54-57).


Extrait d'une cathéchèse orthodoxe fondée sur « Le mystère de la foi » par Mgr Hilarion Alfeyev

*Par le St Baptême et ensuite une vie cohérente d’union à Dieu.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 08:02
Le Saint Baptême:« Naître de l'eau et de l'Esprit »

« Naître de l'eau et de l'Esprit »


Le saint baptême est le fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l'Esprit et la porte qui ouvre l'accès aux autres sacrements.

Par le baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme enfants de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l'Eglise et faits participants à sa mission.

« Le baptême est le sacrement de la régénération par l'eau et dans la parole. »



On l'appelle « baptême » selon le rite central par lequel il est réalisé : baptiser (en grec baptizein) signifie « plonger », « immerger » ; la « plongée » dans l'eau symbolise l'ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ d'où il sort par la résurrection avec lui (Rm 6,4), comme « nouvelle créature » (2Co 5,17 ;Ga 6,15).

Ce sacrement est aussi appelé « le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint » (Tt 3,5), car il signifie et réalise cette naissance de l'eau et de l'Esprit sans laquelle « nul ne peut entrer au Royaume de Dieu » (Jn 3,5).



« Ce bain est appellé illumination, parce que ceux qui reçoivent cet enseignement [catéchétique] ont l'esprit illuminé » (St Justin).

Ayant reçu dans le baptême le Verbe, « la lumière véritable qui illumine tout homme » (Jn 1, 9), le baptisé, « après avoir été illuminé » (He 10,32) est devenu « fils de lumière » (1Th 5,5), et « lumière » lui-même (Ep 5,8) :

« Le baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu... Nous l'appelons don, grâce, onction, illumination, vêtement d'incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu'il y a de plus précieux.

Don, parce qu'il est conféré à ceux qui n'apportent rien ; grâce, parce qu'il est donné même à des coupables ; baptême, parce que le péché est enseveli dans l'eau ; onction, parce qu'il est sacré et royal (tels deviennent ceux qui sont oints) ;

illumination, parce qu'il est lumière éclatante ; vêtement, parce qu'il voile notre honte ; bain, parce qu'il lave ; sceau, parce qu'il nous garde et qu'il est le signe de la seigneurie de Dieu. »(St Grégoire de Nazianze)

Source:Catéchisme de l'Église catholique (Entendez: Romaine-catholique)
§ 1213-1216

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:56
FOI CHRÉTIENNE ORTHODOXE ET RESPONSABILITÉ POLITIQUE ...

LA FOI CHRÉTIENNE ORTHODOXE INCLUT-ELLE UNE RESPONSABILITÉ POLITIQUE ?

(Lu dans "Sagesse Orthodoxe")

Sur la base des paroles du Christ, notre Maître en tout, le chrétien orthodoxe est appelé à « rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César ». Il a des devoirs par rapport à Dieu, ainsi que des devoirs par rapport à la société civile. Il est dans le monde, non par accident, mais parce qu’il y est envoyé par le Christ, avec une mission précise : pratiquer les commandements divins, manifester la sagesse évangélique, agir selon la justice divine, et surtout manifester en toute occasion l’amour de Dieu pour tous ainsi que la joie donnée par le Christ à ses disciples et, par eux, au monde, le matin de sa résurrection. La responsabilité politique du chrétien orthodoxe repose donc sur une mission : annoncer l’Evangile, témoigner de la Résurrection, donner les signes de la libération apportée par le Christ.

Concrètement, cette responsabilité politique du chrétien orthodoxe, cohérente avec l’Evangile, se traduit par :

  • la prière et le jeûne pour le monde, notamment quand des questions importantes sont débattues sur le plan politique, en période d’élection, quand la société est soumise à une crise, et quand des signes positifs et constructifs peuvent être décelés. La prière sera alors louange et action de grâces pour le monde, pour la société civile et pour la création entière.
  • Le repentir personnel, notamment quand la société traverse des souffrances particulières, est une forme de responsabilité politique. Il consiste à déraciner de soi le péché et toutes les causes spirituelles du mal et de la souffrance qui se manifestent dans la société. Le Christ Lui-même, le grand et seul Innocent, est monté sur la Croix par amour pour le monde dont Il veut le Salut.
  • Le non-jugement à l’égard des personnes découle de l’attitude précédente. Il permet au chrétien orthodoxe d’exercer son sens de la responsabilité politique avec humilité, sans triomphalisme ni orgueil, et, si le Christ lui en donne la grâce, avec compassion.
    L’acquisition du discernement : ne pas juger les personnes ne consiste pas à être aveugle devant des situations injustes, intolérables du point de vue de l’Evangile (exploitation de l’être humain, de la création confiée à l’être humain, ou des animaux). Le chrétien orthodoxe exerce sa responsabilité politique en discernant dans la société le plan de Dieu et ce qui est contraire à la volonté de Dieu. Tout advient dans le monde par la permission ou la volonté de Dieu : le chrétien orthodoxe n’est pas passif ; il discerne ce que Dieu a permis comme une épreuve utile pour éveiller la conscience des humains. Le discernement permet d’éviter toute forme de compromission avec des pensées et des comportements contraires à l’Evangile. Il appartient à la responsabilité politique du chrétien orthodoxe de dénoncer ce qui est mauvais pour l’Homme et pour la Création.
  • L’engagement concret. Le chrétien orthodoxe exerce la responsabilité politique qui lui est confiée par son statut de baptisé et par son statut de citoyen. Il vote, il élit et est élu. Il exerce des responsabilités à tous les niveaux de la vie politique ; il travaille à faire triompher le point de vue divin en ce qui concerne la personne humaine et la création tout entière.
  • La parole et l’écrit, l’usage des divers moyens de communication, appartiennent au chrétien orthodoxe pour agir dans le monde en disciple du Christ. Il exerce cette liberté d’expression comme un charisme prophétique, et cela jusqu’au martyre, s’il le faut. Le chrétien orthodoxe exerce sa responsabilité politique en annonçant les voies de Dieu pour son monde.
  • Dans sa prière, pour ses propres péchés, et pour le Salut du monde, le chrétien orthodoxe exerce encore sa responsabilité politique en invoquant la prière de la Mère de Dieu, Protectrice des chrétiens et de tous les êtres humains, ainsi que la prière des saints, en particulier des saints locaux du pays.
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 20:11
Source : France Catholique / Chronique n° 373 parue dans F.C.-E. – N° 1896 – 15 avril 1983/Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 6 avril 2015

Source : France Catholique / Chronique n° 373 parue dans F.C.-E. – N° 1896 – 15 avril 1983/Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 6 avril 2015

Qui de nous n’a étourdiment souhaité de toute son âme être l’un de ces deux qui, marchant vers Emmaüs, dans le jour déclinant, rencontrèrent en route le Mystérieux Pèlerin : « – Et commençant par Moïse et les prophètes, il leur expliqua comment les Écritures avaient parlé de Lui » (Luc, 24, 27).

Nous autres, abreuvés de sciences

Comme nous aurions bu ses paroles ! Mais surtout, croyons-nous, combien nous aurions rassasié nos yeux de sa vue, nous autres hommes du XXe siècle abreuvés de sciences, de critique historique, de mythologie comparée, de psychanalyse, et que sais-je encore, plus bardés que Thomas de défenses contre les illusions des sens, de l’esprit, du cœur, dûment chapitrés surtout par force théologiens dont le nom me démange sur ce qu’autorisent ou non les lois naturelles ! [1]

Car, mes chers frères, la Foi, c’est la Foi, c’est entendu, mais gardons-nous de penser bêtement que Jésus notre Maître nous ait donné à croire que sa Résurrection fût (si peu que ce soit) contraire à notre Raison. La Raison, mes chers frères, tout de même, c’est la raison, et Dieu ne s’amuse pas à violer nos lois inviolables de la nature. Lisez, étudiez mon livre (dont le titre me démange), et vous verrez clair comme le jour que, si l’on croit tout bêtement ce qu’il semble que les Évangiles nous racontent, à certains moments il faudrait qu’il y eût trois corps du Christ simultanément pour le moins.

– Mais, mon père, comment expliquez-vous que quand je lis attentivement les Évangiles non point comme M. Hercule Poirot, le fameux détective, mais à genoux et retenant mes larmes, il me semble que j’en comprends très bien les récits, même un peu différents entre eux [2], tandis que quand j’étudie laborieusement les explications que vous m’en donnez, je (si vous permettez que l’on vous parle comme mon jeune fils) n’y entrave que dalle, sauf de temps à autre – mais, alors, pour me sentir soulevé par une rigolade (c’est toujours mon fils qui parle) fort peu évangélique.

Il paraîtrait que la Résurrection, oui, sans doute, saint Paul nous dit bien que si Jésus n’est pas ressuscité, alors notre foi est vaine [3], mais il faudrait s’entendre sur le mot résurrection, car il y a ces fameuses Lois Naturelles.

S’entendre avec qui ?

Singulier « fantôme » : il leur ouvrit les yeux

Si quelqu’un a quelque chose à dire sur les Lois Naturelles, je serais porté à penser que ce sont les savants. Que beaucoup de savants soient enclins à ne croire rien, et surtout pas ce que disent leurs collègues, cela est sûr. Qu’il y ait des Lois Naturelles, c’est l’espoir de tous, puisqu’ils travaillent à les découvrir. Mais quant à en dire les limites, si l’un d’eux affirmait les connaître, il n’obtiendrait qu’un succès modéré, car cela reviendrait à annoncer :

– Messieurs, voilà, j’ai le triste devoir de vous mettre tous à la retraite, car je suis arrivé au dernier mot des choses et vous voudrez bien, je vous prie, vous recycler désormais dans la limonade ou l’artichaut [4].

Mais revenons aux choses sérieuses, c’est-à-dire à la Résurrection.

« Il leur expliquait la loi et les prophètes » et comment il fallait que le Fils de l’Homme mourût, puis revînt d’entre les morts. Tous trois marchaient vers Emmaüs sous le soleil de Pâques, encore en plein jour, puisqu’à la fin de l’étape il est dit que le soir tombe et qu’Emmaüs est à quelque dix ou douze kilomètres de Jérusalem, selon les textes, et à une trentaine, selon les archéologues. Plus tard, quand Il aura disparu, ils se diront l’un à l’autre (Luc 24, 32) : « Notre cœur ne brûlait-il pas lorsqu’il nous parlait en chemin ? »

Voilà donc deux hommes qui marchent aux côtés de leur maître bien-aimé, qui l’écoutent, le regardent, l’interrogent, tout cela en plein jour, et ils ne le reconnaissent pas. « Leurs yeux », est-il dit dans le texte grec, « étaient impuissants à le reconnaître, ekratounto... me (empêchés, écrivent certaines traductions). Un peu plus loin (Luc 24, 36 et la suite), il apparaît parmi les autres, et les voilà épouvantés, ils croient voir un fantôme. Un fantôme ? Reprenons nos sens. Les patientes de Janet à la Salpêtrière [5], les survivants des grandes catastrophes (c’est le cas des Apôtres), croient voir des fantômes : quelques mots magiques tels que traumatisme, choc psychologique, ou même, si l’on veut être plus moderne, hypoglycémie sanguine par suite de stress, etc..., suffisent à faire rentrer le mystère dans le catalogue des Lois Naturelles.

Mais le « Fantôme » les gronde doucement : « Qu’allez-vous chercher là ? Voyez mes mains et mes pieds, touchez-moi », etc. Et mieux encore : « Avez-vous quelque chose à manger ? », et surtout (V. 44/45) : « Il leur ouvrit les yeux » [6].

Il fallait je ne sais quel surcroît du cœur

Il résulte bien de tout cela que l’on pouvait regarder le Ressuscité pendant des heures, manger avec lui, lui parler sans le reconnaître. Pour le reconnaître, il fallait qu’il le voulût. Il fallait je ne sais quel surcroît du cœur et de la pensée que même les Apôtres d’eux-mêmes n’avaient pas. Ah, la Résurrection, que voulez-vous, ce n’est pas un événement livré à la présomption du premier discutailleur venu, ni d’aucun discutailleur du tout. C’est un Mystère. Un Mystère, voilà tout.

« S’il n’est pas ressuscité, alors notre foi est vaine » : ultime secret de la foi, peut-être. L’Apôtre a-t-il voulu dire : « Si sa Résurrection n’est qu’une blague, alors, on nous a bien eus ». Je crois que non, pas du tout.

L’Histoire tourna sur son pivot de ténèbres

Ce n’est pas ce qui est écrit dans les Évangiles.

Mais il ne faut pas refuser de lire ce qui est écrit. Quand Jésus fut mort et enseveli, que croyaient les Apôtres ?

Ce qu’ils croyaient alors, ils le disent, et ce n’est pas le Christianisme (Luc 24, 20, 21) : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël. Et puis, voilà, il y a trois jours qu’on l’a crucifié et qu’il est mort ». L’enseignement de Tibériade, le Sermon sur la Montagne, l’ont-ils oublié ? Non ! Mais (verset 19) « Jésus était un prophète puissant en œuvres et en paroles », un prophète de plus, grand, certes, mais mort et vaincu comme les autres.

La foi chrétienne n’a été révélée et enseignée qu’après le Golgotha. Le christianisme n’aurait simplement pas existé sans la Résurrection [7].

Sans la Résurrection, quelque chose en fût resté, ce n’eût été qu’une manière d’essénisme. Tout l’enseignement antérieur à la Résurrection ne prend son sens que par elle, n’aurait jamais envahi le cœur des hommes et fait le tour de la terre sans elle.

Si nous sommes là, vous et moi, hommes et femmes du XXe siècle, c’est que notre place est là. Si les cœurs simples et purs parmi lesquels Il choisit de se montrer ne comprirent pas ce qu’ils virent, alors nous !

Le moment où l’Histoire du monde tourna sur son pivot de ténèbres, où l’incompréhensible tragédie devient promesse pour tous les siècles à venir, ne dura que quelques secondes (Jean 20, 11, et la suite) [8].

« Marie se tenait dehors, près du tombeau, et pleurait... Jésus lui dit : « Marie ! » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! c’est-à-dire : Maître ! » [9]

C’est alors que tout prit un sens, à jamais.

Aimé MICHEL

Chronique n° 373 parue dans F.C.-E. – N° 1896 – 15 avril 1983. Pâques cette année-là était le 3 avril.

Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 6 avril 2015

Notes

[1] De nombreux théologiens et exégètes contemporains se sont montré très embarrassés par les « miracles » relatés dans les Écritures. Il est arrivé à Aimé Michel de nommer certains d’entre eux qui ont excité sa verve, par exemple dans les chroniques n° 87, L’énigme du deuxième cadavre (10.05.2010) ou n° 239, Relectures groucho-marxistes (21.12.2012). L’un des plus célèbres de ces théologiens fut Rudolf Bultmann qui, comme on l’a vu, « liquida » la naissance virginale de Jésus, ses miracles, sa résurrection physique, sa descente aux enfers etc. ; qui n’étaient à ses yeux que de simples vestiges d’une conception mythologique du monde aujourd’hui caduque (chronique n° 233, Éloge de Lucky Luke – Il y a folie à vouloir tout expliquer dans le cadre du peu qu’on sait (15.12.2014).

[2] De nombreux ouvrages ont traités en tout ou partie de la Résurrection. Deux d’entre eux, entièrement consacrés à ce sujet, m’ont particulièrement intéressés. Tous deux ont le mérite de s’écarter résolument de l’exégèse majoritaire, laquelle, selon le cardinal jésuite Jean Daniélou, « ne voit dans les évangiles que le témoignage de la foi de la première communauté chrétienne et non le témoignage rendu à un évènement historique par ceux qui y ont été mêlés » (La Résurrection, Seuil, Paris, 1969). Les présupposés positifs (une foi communautaire tardive) et négatifs (l’exclusion du « miracle ») de cette exégèse majoritaire expliquent son caractère flou et « littéraire » (pour ne pas dire verbeux) en contraste avec la précision de l’exégèse prenant le témoignage des évangiles au sérieux.

Le livre du linguiste Maurice Pergnier : La résurrection de Jésus de Nazareth : énigme, mystère et désinformation, Éditions du Rocher, Monaco, 2006 (sur l’auteur, voir http://www.editions-harmattan.fr/in...), est une étude factuelle des récits de la Résurrection dans le Nouveau Testament, leurs contradictions, leur valeur historique et leurs explications possibles.

Celui de l’ingénieur et prêtre Thomas Kowalski (1933-2003), Les témoins de la résurrection de Jésus du tombeau vide à l’Ascension (Parole et Silence, 2002) est un examen minutieux des textes qui se signale par son érudition, sa rigueur, sa clarté et sa concision. C’est le second, et seul publié, des trois tomes que devaient comprendre cet ouvrage. (On aimerait savoir ce que sont devenus les deux autres manuscrits et s’ils seront un jour publiés).

Dans une homélie prononcée le 18 mars 2003 lors des obsèques du père Kowalski, Jean-Marie Lustiger a donné d’utiles précisions sur la vie et les méthodes de ce dernier. « Je me souviens, raconte-t-il, d’un premier congé qu’il m’avait demandé dans les années 63 ou 65, pour un séjour prolongé au bord du lac de Tibériade. Pourquoi ? “Je veux, m’avait-il dit, essayer de comprendre ce que disent les synoptiques sur la traversée du lac lors de la multiplication des pains.”. C’était typique de la manière dont Thomas posait les questions. Au retour, il ne nous a rien dit de ses conclusions. Mais j’ai saisis qu’il avait alors entrepris de mettre toutes ses forces dans une recherche rigoureuse, alors négligée, voire abandonnée par les travaux exégétiques dominants. Il prenait pour hypothèse de départ (au sens du raisonnement scientifique) qu’il ne fallait pas soupçonner a priori l’Évangile de n’être qu’une affabulation de la communauté croyante. Et ce, alors même qu’il pouvait manier - et il le faisait admirablement - tout l‘arsenal de l’analyse des textes ; Thomas partait de l’hypothèse que l’Évangile attestait en vérité le mystère du Christ. Il a pris les choses avec son esprit scientifique, il vérifiait jusqu’au bout ce qui était vérifiable : lieux, chronologie, etc. Mais, poussé par cette quête spirituelle, il a débordé de toutes parts ce que la plupart des exégètes étaient capables de faire : par exemple, pour vérifier des indications climatiques données par la Bible (sécheresse, etc.) il a systématiquement exploité des carottages géologiques des recherches pétrolières ; et combien d’autres domaines encore ! » (http://www.institutlustiger.fr/docu...)

[3] Saint Paul s’est exprimé sans ambiguïté à ce sujet dans sa première lettre à l’église de Corinthe, église qu’il fonda lors d’un séjour de dix-huit mois dans cette ville vers 50-52 :

« Or, si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment certains parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi. (…) Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. (…) Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (Cor. 1, chap. 15, v. 12-14, 19 et 32).

On remarquera que la difficulté d’admettre la résurrection ne date pas de l’avènement de la pensée scientifique. Déjà quand Paul en parle aux philosophes athéniens « les uns se moquent, les autres disent : nous t’entendrons une autre fois » (Actes, chap. 17 , v. 32). Ici, la contestation monte de chrétiens de Corinthe. Les choses n’ont guère changé de nos jours où tant la résurrection du Christ que l’existence d’une vie au-delà de la mort sont tenus pour des mythes. « C’est pourquoi, note Jean Daniélou, la réfutation que saint Paul donne dans la première Épître aux Corinthiens de ceux qui contestent la résurrection des morts garde aujourd’hui toute sa valeur. » (op. cit., p. 82).

[4] Aimé Michel a présenté plusieurs fois cet argument de l’inachèvement des sciences. Outre la chronique n° 233 (ci-dessus), il est développé dans les chronique n° 160, La science et le mystère – Rousseau, Gödel et saint Vincent de Paul (18.07.2011) et n° 340, Il faut tourner sept fois sa langue avant de dire que c’est absurde – L’insuffisance du raisonnement purement verbal et la nécessité de la vérification (12.05.2014).

[5] Pierre Janet, concurrent malheureux de Freud, a fait l’objet de la chronique n° 148, Janet et la découverte de la conscience – Ou comment des découvertes importantes peuvent sombrer dans l’oubli (22.07.2013).

[6] Les compagnons d’Emmaüs font l’objet du chapitre 3 du livre de Thomas Kowalski (op. cit.). On y apprend que Cléopas, le seul des compagnons nommés par Luc, est probablement le Clôpas de Jean 19, 25, époux d’une des Maries qui se tenaient au pied de la croix. Ce Cléopas serait le frère de Marie, la mère de Jésus, et le père de Jacques et Joseph, les fameux « frères de Jésus ». Il aurait quitté Jérusalem avec son épouse le dimanche de Pâques vers 9 heures du matin pour rejoindre sans attendre le domicile conjugal en Galilée (ce qui expliquerait l’apparition « en chemin » à deux Maries notée par Matthieu 28, 8-9) si bien que les disciples d’Emmaüs auraient été trois en réalité. Ils auraient parcouru à pied les 30 km (160 stades) les séparant du village arabe d’Amouâs (= Emmaüs), rasé lors de la Guerre des Six Jours en 1967, où ils seraient arrivés vers 15 heures. Après avoir reconnu le Christ, ils auraient loué des montures pour revenir plus rapidement à Jérusalem où ils seraient arrivés vers 19 heures pour avertir les Onze et leurs compagnons rassemblés au Cénacle.

[7] La naissance du christianisme demeure une énigme historique majeure. En effet, si l’on repousse le témoignage des évangiles et que l’on reste dans le cadre des faits scientifiques connus et acceptés, on peine à répondre à deux questions : Comment un prophète crucifié et des apôtres découragés ont-ils pu donner naissance à une religion nouvelle ? Comment un homme, Jésus, a-t-il pu être divinisé en milieu juif ?

Comme l’écrit Jean-Christian Petitfils (Jésus, Fayard, Paris, 2011, pp. 476-478), « l’histoire des religions est emplie de personnages élevés au rang de dieux pendant leur vie ou après leur mort : rois, empereurs, mages ou gourous. L’étonnement tient au fait que c’est du peuple juif, au sein de la religion la plus monothéiste qui soit, qu’un homme crucifié comme un esclave a été porté sur les autels. (…) Un fait demeure, inexplicable rationnellement, outrepassant les frontières de l’improbable. Tout aurait dû s’arrêter à la pierre roulée au tombeau de Joseph d’Arimathie, creusé près d’un jardin, aux portes de Jérusalem. Abattus après l’arrestation de leur maître et la tragédie du Golgotha, les disciples étaient anéantis par sa mort ignominieuse sur une poutre. Or étrangement tout a commencé là. »

Jean Guitton y insiste : « l’idée de la divinité d’un homme avait contre elle toute la tradition antérieure des penseurs religieux juifs. » Pour eux Dieu était unique et irreprésentable, si bien qu’il ne pouvait exister qu’une distance infranchissable entre Lui et le Messie que certains attendaient,. « Un Dieu sous forme d’homme était donc deux fois impensable, deux fois abominable. (…) La divinité de Jésus n’était point dans l’horizon des Juifs. Or, (…) voici que, tout d’un coup, par une mutation brusque, en Asie et en Europe, aussitôt après la mort de Jésus (…) on voit paraître ce culte du Christ-Dieu. (…) Il n’y a pas d’intervalle, ni de progrès, ni de transition, ni de passage. Cela n’était pas. Cela a été (…) » (Jésus, Le livre de poche Grasset, 1956).

[8] Sur « l’incompréhensible tragédie » qu’est la vie dans l’univers voir par exemple la chronique n° 257, Le Dieu des savants – Les horreurs de la nature et la loi morale dans un univers animé par une pensée (25.02.2013).

[9] Ce passage revêt une importance particulière. Les dernières lectures d’Aimé Michel étaient les évangiles. La veille de sa mort, il dit à sa fille « J’ai trouvé la grande paix » en se référant à un passage de l’évangile de saint Jean (chapitre 20, versets 15 et 16). Rappelons ici le passage entier : 11 Cependant Marie se tenait dehors près du tombeau et pleurait. Tout en pleurant, elle se penche vers le tombeau 12 et voit deux anges vêtus de blanc, assis là où reposait le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. 13 Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « C’est qu’on a enlevé mon seigneur et je ne sais où on l’a mis. » 14 Sur ces mots, elle se retourne et voit Jésus qui se tenait là ; mais elle ne savait pas que c’était Jésus. 15 « Femme, lui dit Jésus, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Elle, croyant que c’était le jardinier, lui répond : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le prendre. » 16 Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » (c’est-à-dire « Maître ! ») – 17 « Ne me retiens pas ainsi, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers le Père ; mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (traduction d’E. Osty).

Remarquons au passage que, comme les deux hommes en marche vers Emmaüs, Marie ne reconnaît pas Jésus tout de suite. Cette Marie la Magdaléenne (ce qui a donné Madeleine en français), venue de la petite ville de Magdala sur la côte orientale du lac de Galilée, ne doit pas être confondue avec la pécheresse qui avait oint les pieds de Jésus d’un parfum précieux (Luc, 3-9) dont Jean (12, 1-8) nous apprend qu’il s’agit de Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare. Marie de Magdala, elle, avait été guérie par Jésus d’une grave possession (Marc, 16, 9 ; Luc, 8, 2) que l’on peut interpréter comme un trouble mental. Or, elle est la première personneà laquelle le Christ ressuscité s’est manifesté. Cette priorité qui lui est accordée a fait difficulté pour les disciples. En effet, quand elle vient rapporter la rencontre près du tombeau vide, le groupe rassemblé au Cénacle ne la croit pas (« Mais eux (…) restèrent incrédules », Marc, 16, 11). Ils ont trois raisons de ne pas la croire : c’est une femme, son équilibre psychique est encore sujet à caution, et la révélation dont elle a bénéficié aurait dû leur être réservée d’abord à eux, les Apôtres, que le Christ a choisi pour être ses témoins ! « Le scénario primitif de la Résurrection soulignait donc que le Christ avait choisi parmi la foule des possédés la femme démoniaque la plus indigne d’un tel privilège. » (Kowalski, op. cit., p. 13). Mais c’était un choix bien conforme à l’esprit des évangiles.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 12:31
Prescriptions alimentaires dans les religions Chrétiennes,Juive et l'Islam

CHRISTIANISME:

Chez les Catholiques-romains, l’Église a, depuis le dernier Concile du Vatican, assouplie depuis 1966 les règles alimentaires : elle ne demande plus à ses fidèles que de « faire pénitence » chaque vendredi et de jeûner au moins le mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Quant à l’abstinence de viande du vendredi, elle est devenue "ad libitum" , sauf pendant le Carême. Il reste que tous les Catholiques-romains fidèles aux Rites Liturgiques de l'avant-Concile conservent aussi la discipline plus stricte qui est en cohérence avec ceux-ci.

Les protestants ne connaissent pas d’interdit alimentaire particulier même si leur éthique de responsabilité les incite à une certaine tempérance.

Les Orthodoxes observent quatre périodes de jeûne : le Grand Carême et la Semaine sainte, le jeûne de Noël (Avent), le jeûne des Apôtres (en juin) et le jeûne de la Vierge (du 1er au 14 août). Sauf les samedis, dimanches et jours de fête, ce jeûne consiste en un seul repas par jour (généralement le soir), abstinence de viandes, œufs, laitages, huile et vin, et d’aliments cuits.

A ceci, il faut ,ajouter pour les Eglises de Tradition Syriaque le Jeûne des Ninivites (Qui fut prescrit par Jonas). Nous jeûnons aussi les mercredis (Jour ou, selon la tradition Juda trahit le Christ) et les Vendredis (Jour où le Christ s'Offrit à Son Père pour notre salut)

Dans le judaïsme, une grande partie des 365 interdictions de la Torah concerne les habitudes alimentaires. On peut les résumer en trois points : choix des animaux (seuls les mammifères ayant le sabot fendu, les poissons à écailles et nageoires et les oiseaux de basse-cour sont autorisés), interdiction de mélanger les laitages et la viande, interdiction de consommer le sang.

L’islam interdit rigoureusement les viandes de porc, de sanglier, de chien et autres animaux domestiques. Les animaux licites (halal) doivent être égorgés rituellement et vidés de leur sang, considéré comme impropre à la consommation. Pendant le mois de Ramadan, il est aussi prescrit au musulman de s’abstenir de toute nourriture et boisson pendant la journée.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 12:15
Les disciples d'Emmaüs

Deux hommes s’éloignent de Jérusalem. Ils sont venus pour la Pâques et la Pâque est finie. Ils s’entretiennent de leurs espoirs évanouis : ils ont cru en Jésus et voici que Jésus est mort sur la croix... ils cheminent tristement vers le village d’Emmaüs. Un homme les rejoint. Il ralentit sa marche pour voyager de compagnie avec eux : cela se faisait beaucoup en ce temps-là.

Ils s’étonnent :

- Tu es bien le seul étranger venu à Jérusalem qui ignore les choses qui y sont arrivées ces jours-ci !

Le voyageur paraît en effet ne rien savoir. Il souhaite d’être éclairé. Alors les hommes d’Emmaüs lui racontent l’arrestation de Jésus, son procès, sa mort sur la croix. Ils tentent de lui faire comprendre la profondeur de leur déception. Ils avaient tant espéré que ce Jésus délivrerait Israël !

Les disciples d'Emmaüs

Ils font aussi allusion à ce que l’on raconte : on aurait trouvé vide le tombeau de Jésus. Selon certains il serait ressuscité. Comment y croire ? Personne ne l’a revu vivant.

Le voyageur, si attentif jusque-là, si amical, se rembrunit. Il lance aux pèlerins d’Emmaüs :

- Cœurs sans intelligence !

Il leur reproche d’avoir oublié ce qu’avaient annoncé les prophètes :

- Ne comprenez-vous pas qu’il fallait que le Christ endure ces souffrances pour entre dans sa gloire ?

Impressionnés, ils l’écoutent. On continue ainsi jusqu’à l’étape du soir. A l’auberge, les pèlerins invitent à souper ce voyageur qui parle si bien. « Or, pendant qu’il était à table avec eux, raconte Jean, il prit le pain, prononça une bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. »

Ils sont sur le point de se jeter aux pieds de Jésus lorsqu’ils se retrouvent seuls : « Mais lui devint invisible à leurs yeux. »

Aussitôt, les pèlerins rebroussent chemin, courent à Jérusalem, retrouvent les fidèles de Jésus qu’ils connaissent, leur racontent dans tous ses détails la fantastique aventure qu’ils viennent de vivre.

C’est grâce à la relation que l’apôtre Jean en a laissée que nous la connaissons.

Source : Alain Decaux raconte Jésus aux enfants.

Les disciples d'Emmaüs
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 14:59
Ô mort d'où les morts reviennent à la vie !

La première femme fut formée du côté de l'homme endormi et fut appelée Vie et Mère des Vivants.

 

Le second Adam, ayant incliné la tête, S'endormit sur la croix, afin que de Son sommeil fut formée par Lui l'épouse qui s'épanche du côté de l'Endormi.

 

Ô mort d'où les morts reviennent à la vie !

 

Quoi de plus pur que ce sang, quoi de plus salutaire que cette blessure!

 

Le Sang du Christ est salut pour qui en veut, tourment pour qui n'en veut pas.

 

Pourquoi hésites-tu, toi qui ne veux pas mourir, à être libéré plus tôt de la seconde mort ?

 

Tu seras libéré de celle-ci si tu veux porter ta croix et suivre le Seigneur, Lui qui porta la Sienne et chercha le serviteur.

 

(Homélie de Saint Augustin, évêque d'Hippone.)

Ô mort d'où les morts reviennent à la vie !
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 05:13
Christ en magesté du Choeur de notre Monastère yriaque

Christ en magesté du Choeur de notre Monastère yriaque

Dans le 4ème degré de L’Échelle, il est dit que les fautes non confessées pèsent à l’intérieur de la communauté, et empêchent la personne d’être pardonnée. « J’ai dit : je confesserai contre moi mon iniquité au Seigneur, et Toi, Tu as remis l’impiété de mon cœur », dit le Psalmiste (Ps. 31, 5). Pour cela également, saint Jean le Précurseur « exigeait de ceux qui venaient à lui la confession de leurs fautes, avant de les baptiser, non qu’il eût besoin lui-même d’en avoir connaissance, mais parce qu’il se souciait de leur salut » (4, 72). La confession doit être totale, sans mensonge ni réserve, sous peine d’être inefficace (« mets à nu tes plaies devant le médecin » et franchis la barrière de la honte). Du reste, celui qui songe à la confession est retenu de pécher (4, 58).

C’est à lui, « et à lui seul », que nous devons confesser nos fautes (4, 12) en faisant preuve d’une totale confiance en lui (51). S’il est absent, nous pouvons penser à ce qu’il nous dirait et nous conseillerait, en nous souvenant « qu’il est toujours présent à nos côtés » (59). (cf. au 11ème s. saint Syméon le Nouveau Théologien qui, son père spirituel étant entré dans son repos, le consultait dans la prière et obtenait les réponses dont il avait besoin). Il nous est conseillé de ne pas en changer (4, 79) sauf si lui-même avoue son impuissance à nous aider. En tout cas, « il est dangereux, pour un soldat sans expérience, […] de combattre seul. […] », et « Il est bon qu’un fils soit avec son père pour lutter contre les dispositions mauvaises par la puissance de l’Esprit » (81). Contre les esprits mauvais, celui qui entreprend la lutte sans secours « se fait tuer par eux » (82). Le combat spirituel est une lutte pour la vie éternelle, il s’agit de vie et de mort ; d’où le sérieux et la méthode que conseille le Climaque.

Manifesté par les larmes (7ème degré), il est « la restauration du baptême » (5ème degré, 2), parce qu’il lave les péchés commis après ce sacrement. Saint Jean Climaque ne parle pas d’absolution sacramentelle. Il affirme que les péchés avoués et détestés avec une véritable douleur du cœur (« componction », penthos) sont pardonnés. Le signe du pardon est dans le cœur brisé dont parle encore David (Ps. 51) comme du sacrifice « agréé par Dieu ». Nous devons chercher à « recevoir la certitude intime du pardon », dès cette vie (cf. Ps. 38, 14). Ainsi nous anticipons l’heure du jugement. Il y a donc une dimension eschatologique du repentir. Pour le Climaque, il se passe ici un vrai déliement (absolution) : « où est l’Esprit du Seigneur, le lien est rompu ; où se trouve l’humilité profonde, le lien est rompu. Ceux qui ne possèdent pas ces deux assurances, qu’ils ne s’abusent pas : ils sont enchaînés » (5, 40). Comme saint Jean Cassien, dont il cite la Conférence 4, 115 (sur le discernement), Jean Climaque affirme que c’est l’aveu des fautes avec repentir total et sincère qui obtient le pardon (cf. le film L’île, qui illustre cet enseignement).

SAINT JEAN CLIMAQUE : LA CONFESSION
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 15:54
•	Celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. •	02 Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. •	03 Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, •	04 puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi.( 1ère de St Jean 5:3à4)
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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 21:18
Les deux commandements de l'amour (St Basile)

Par Saint Basile

(v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l'Église 
Grandes Règles monastiques, Q 1-2 (trad. Eds Maredsous 1969, p. 48s)

Les deux commandements de l'amour

Question :

Nous vous prions d'abord de nous dire si les commandements de Dieu se suivent dans un certain ordre.

Y a-t-il un premier, un deuxième, un troisième et ainsi de suite ? ...

    Réponse :

Le Seigneur en personne a déterminé l'ordre à garder dans ses commandements.

Le premier et le plus grand est celui qui regarde la charité envers Dieu, et le second, qui lui est semblable, ou plutôt en est l'accomplissement et la conséquence, concerne l'amour du prochain... 

    Question :

Parlez-nous d'abord de l'amour de Dieu. Il est entendu qu'il faut aimer Dieu, mais comment faut-il l'aimer ? ... 

    Réponse :

L'amour envers Dieu ne s'enseigne pas.

Personne ne nous a appris à jouir de la lumière ni à tenir à la vie par-dessus tout ; personne non plus ne nous a enseigné à aimer ceux qui nous ont mis au monde ou nous ont élevés. De la même façon, ou plutôt à plus forte raison, ce n'est pas un enseignement extérieur qui nous apprend à aimer Dieu.

Dans la nature même de l'être vivant — je veux dire de l'homme — est déposé une sorte de germe qui contient en lui le principe de cette aptitude à aimer.

C'est à l'école des commandements de Dieu qu'il appartient de recueillir ce germe, de le cultiver diligemment, de le nourrir avec soin, et de le porter à son épanouissement moyennant la grâce divine.

J'approuve votre zèle, il est indispensable au but...

    Il faut savoir que cette vertu de charité est une, mais qu'en puissance elle embrasse tous les commandements :

-« Car celui qui m'aime, dit le Seigneur, accomplit mes commandements » (Jn 14,23), et encore : « Dans ces deux commandements sont contenus toute la loi et les prophètes » (Mt 22,40).

 

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