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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:16
Le règne de Dieu (Syméon le Nouveau Théologien ) / Faut-il se débarrasser ou contrôler ses passions? / Dieu se révèle à celui qui fait taire en lui le bruit

Par Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec
Hymne 17 (trad. Dourgne, Cerf 1979, p.87)




Le règne de Dieu




Je vais te montrer clairement que c'est ici-bas qu'il te faut recevoir le Royaume des cieux tout entier, si tu veux y pénétrer aussi après ta mort.
Écoute Dieu qui te parle en paraboles :
-« A quoi donc comparer le Royaume des cieux ?
Il est semblable, écoute bien, au grain de sénevé qu'un homme a pris et qu'il a jeté dans son jardin ; et il a poussé et, en vérité, il est devenu un grand arbre.
« Ce grain, c'est le Royaume des cieux, c'est la grâce de l'Esprit divin, et le jardin, c'est le cœur de chaque homme, là où celui qui l'a reçu cache l'Esprit au fond de lui-même, dans les replis de ses entrailles, pour que personne ne puisse le voir.
Et il le garde avec tous ses soins, pour qu'il pousse, pour qu'il devienne un arbre et s'élève vers le ciel.


Si donc tu dis :
-« Ce n'est pas ici-bas, mais c'est après la mort que recevront le Royaume tous ceux qui l'auront désiré avec ferveur », tu bouleverses les paroles du Sauveur notre Dieu.
Et si tu ne prends pas le grain, ce grain de sénevé, comme il l'a dit, si tu ne le jettes pas dans ton jardin, tu demeures totalement stérile.
A quel autre moment, sinon maintenant, recevras-tu la semence ?


« Ici-bas, reçois les arrhes, dit le Maître ; ici-bas, reçois le sceau.
Dès ici-bas allume ta lampe.

Si tu es sensé, c'est ici-bas que je deviens pour toi la perle (Mt 13,45), c'est ici-bas que je suis ton froment, et comme un grain de sénevé.

C'est ici-bas que je deviens pour toi un levain et que je fais lever la pâte.

C'est ici-bas que je suis pour toi comme de l'eau et que je deviens un feu adoucissant.

C'est ici-bas que je deviens ton vêtement et ta nourriture et toute ta boisson, si tu le désires.

-« Voilà ce que dit le Maître. « Si donc ainsi, dès ici-bas, tu me reconnais tel, là-bas aussi tu me posséderas ineffablement, et je deviendrai tout pour toi. »

+++

Faut-il se débarrasser ou contrôler ses passions?

Les passions continuent d'exister.

Chez les saints, elles sont simplement sous contrôle.
(Abba Abraham)

+++

Dieu se révèle à celui qui fait taire en lui

tout le bruit qu’il fait intérieurement avec lui-même,

comme un silence qui est la source de toute musique

(Maurice Zundel)


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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 07:28
Abreuvés de l'Esprit Saint, nous buvons le Christ (Saint Athanase d'Alexandrie)

Par Saint Athanase (295-373), évêque d'Alexandrie, docteur de l'Église
Lettres à Sérapion, n°1, 19 ; PG 26, 373 ; SC 15 (trad. SC p. 115 rev.)

« Tout homme qui croit en lui...obtiendra la vie éternelle »


Hommes insensés, que ne cessez-vous vos recherches indiscrètes au sujet de la Trinité et ne vous contentez de croire qu'elle existe, puisque vous avez pour guide l'apôtre qui écrit :

-« Il faut croire que Dieu existe et qu'il assure la récompense à ceux qui le cherchent ».

Que nul ne se pose des questions superflues, mais qu'on se contente d'apprendre ce qui est contenu dans les Écritures.

L'Écriture dit que le Père est source et lumière :

-« Ils m'ont délaissé, moi la source d'eau vive » ; « Tu as abandonné la source de la sagesse », et selon Jean :« Notre Dieu est lumière ».

Or, le Fils, en relation avec la source, est appelée fleuve, car « le fleuve de Dieu, selon le psaume, est rempli d'eau ».

En relation avec la lumière, il est appelé resplendissement quand Paul dit qu'il est « le resplendissement de sa gloire et l'effigie de sa substance ».

Le Père est donc lumière, le Fils son resplendissement, et dans le Fils, c'est par l'Esprit que nous sommes illuminés :

-« Puisse Dieu vous donner, dit Paul, un Esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse vraiment connaître ; puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur ».

Mais quand nous sommes illuminés, c'est le Christ qui nous illumine en lui, car l'Écriture dit :

-« Il était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde ».

En plus, le Père étant source et le Fils appelé fleuve, on dit que nous buvons l'Esprit :

-« Tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit ».

Mais, abreuvés de l'Esprit, nous buvons le Christ car « ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait et ce rocher c'était le Christ ».

Le Père étant « le seul sage », le Fils est sa sagesse, car « le Christ est la force et la sagesse de Dieu ».

Or, c'est en recevant l'Esprit de sagesse que nous possédons le Fils et acquérons la sagesse en lui.

Le Fils est la vie, il a dit : « Je suis la vie » ; mais il est dit que nous sommes vivifiés par l'Esprit, car Paul écrit :

« Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts vivifiera aussi nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous ».

Mais quand nous sommes vivifiés par l'Esprit, c'est le Christ qui est notre vie :

-« Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi ».

Quand il existe, dans la sainte Trinité, une telle correspondance et unité, qui pourrait séparer soit le Fils du Père, soit l'Esprit du Fils ou du Père ?

Le mystère de Dieu n'est pas livré à notre esprit par des discours démonstratifs, mais dans la foi et dans la prière pleine de respect.

Abreuvés de l'Esprit Saint, nous buvons le Christ (Saint Athanase d'Alexandrie)
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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 06:42
Esprit Saint et Prière (Prière de St Isaac le Syrien)

Seigneur,
quand Votre Esprit Saint
vient habiter dans un homme,
cet homme ne peut plus cesser de prier, car l'Esprit en lui prie sans
cesse.

Qu'il dorme, qu'il Veille,
dans son cœur la prière est toujours à l'œuvr
e.

Qu'il mange, qu'il boive,
qu'il se repose ou qu'il travaille, l'encens de la prière monte spontanément de son cœu
r.

La prière en lui n'est plus liée à un temps déterminé, elle est ininterrompue.

Même durant son sommeil, elle se poursuit, bien cachée.

Car le silence d'un homme qui est devenu libre
est en lui-même déjà prièr
e.

Ses pensées sont inspirées par Vous, mon Dieu.

Le moindre mouvement de son cœur est comme une Voix qui, silencieuse et secrète, chante pour Vous l'Invisible.

(St Isaac le Syrien)

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 07:05
« Jean Baptiste est venu à vous..., et vous n'avez pas cru à sa parole » (Saint Pierre Chrysologue)

Par Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église. Sermon 167 ; CCL 248, 1025 ; PL 52, 636 (trad. Matthieu commenté, DDB 1985, p. 35 rev.)

« Jean Baptiste est venu à vous..., et vous n'avez pas cru à sa parole » (Mt 21,32)


« Jean Baptiste proclamait : ' Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ' » (Mt 3,1)...

Bienheureux Jean qui a voulu que la conversion précède le jugement, que les pécheurs ne soient pas jugés, mais récompensés, qui a voulu que les impies entrent dans le Royaume et non sous le châtiment...

Quand Jean a-t-il proclamé cette imminence du Royaume des cieux ?

Le monde était encore en son enfance...; mais pour nous qui proclamons aujourd'hui cette imminence, le monde est extrêmement vieux et fatigué.

Il a perdu ses forces ; il perd ses facultés ; les souffrances l'accablent...; il crie sa défaillance ; il porte tous les symptômes de sa fin...


Nous sommes à la remorque d'un monde qui s'enfuit ; nous oublions les temps à venir.

Nous sommes avides d'actualité, mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà.

Nous n'accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient...


Convertissons-nous, frères, convertissons-nous vite...

Le Seigneur, du fait qu'il tarde, qu'il attend encore, prouve son désir de nous voir revenir à lui, son désir que nous ne périssions pas.

Dans sa grande bonté il nous adresse toujours ces paroles :

-« Je ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se détourne de sa voie et qu'il vive » (Ez 33,11).

Convertissons-nous, frères ; n'ayons pas peur de ce que le temps se fait court.

Son temps à lui, l'Auteur du temps, ne peut pas être rétréci.

La preuve en est ce brigand de l'Évangile qui, sur la croix et à l'heure de sa mort, a escamoté le pardon, s'est saisi de la vie et, voleur du paradis avec effraction, a réussi à pénétrer dans le Royaume (Lc 23,43).


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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 07:02

FAIRE LA VOLONTE DIVINE…

Où donc t'ai-je trouvé, Seigneur,
pour apprendre à te connaître ?

Avant que je te connaisse,
tu n'étais pas encore dans ma mémoire.

Où donc t'ai-je trouvé,
pour te connaître,
si ce n'est en toi,
au-dessus de moi ?

Aucun espace dans tout cela :
nous nous éloignons,
nous nous approchons de toi,
rien de cela n'est dans l'espace.

C'est partout, ô Vérité,
que tu sièges pour tous ceux

qui viennent te consulter,

et tu réponds en même temps
à tous ceux qui te consultent

sur des questions différentes.

Tu réponds clairement,
mais tous ne t'entendent pas clairement.

Tous te consultent sur ce qu'ils veulent,
mais ils n'entendent pas toujours

la réponse qu'ils veulent.

Le meilleur de tes serviteurs
n'est pas celui qui se soucie

de t'entendre dire ce qu'il veut ;

c'est plutôt celui qui veut ce que tu lui dis.

[Saint Augustin
(Les Confessions, X, 26).]

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 06:30
Avant que le Nouveau Testament ne fut, la Divine Liturgie...(Père Sophrony)

Avant le Nouveau Testament, il y avait la Divine Liturgie!

(Père Sophrony)


Nous autres Chrétiens Orthodoxes, nous vivons le Christ au cœur de la Divine Liturgie, ou plutôt, le Christ vit en nous durant la Divine Liturgie.

La Divine Liturgie est une œuvre de Dieu. Nous disons "Le temps est une création du Seigneur." Entre autres choses, cela signifie que c'est maintenant le temps pour Dieu d'agir. Le Christ "liturgiste", nous vivons avec le Christ.

La Divine Liturgie est la manière dont nous pouvons connaître Dieu, et la manière dont Dieu nous devient connu.

Le Christ a célébré la Divine Liturgie, et de là c'est passé dans l'éternité. Sa nature humaine divinisée est venue à la Divine Liturgie. Nous connaissons le Christ particulièrement dans la Divine Liturgie.

La Divine Liturgie que nous célébrons est la même Divine Liturgie que celle que le Christ a célébrée le Jeudi Saint, lors de la Cène Mystique.

Les chapitres 14 à 16 de l'Évangile selon saint Jean, c'est une Divine Liturgie. Ainsi dans la Divine Liturgie, nous comprenons les saintes Écritures.

L'antique Église a vécu sans Nouveau Testament, mais pas sans Divine Liturgie. Les premières hymnes conservées, écrites, existent dans la Divine Liturgie.

Dans la Divine Liturgie, nous vivons le Christ et comprenons Sa parole.

De même que le Christ purifia Ses disciples par Sa parole et leur dit "vous êtes déjà purs à cause de la parole que Je vous ai dite" (Jn 15,3) et Il lava les pieds de Ses disciples avec de l'eau, durant le Lavement des pieds, ainsi dans les premières parties de la Divine Liturgie, Il nous purifie afin que nous puissions par la suite participer à Sa Table d'amour. Le but de la Divine Liturgie est de nous amener le Christ.

La Divine Liturgie nous enseigne une manière d'être, un ethos d'humilité. De même que le Christ S'est sacrifié, ainsi nous devrions nous sacrifier nous-mêmes. Le type de la Divine Liturgie, c'est l'exemple d'amoindrissement pour nous. Dans la Divine Liturgie, nous essayons de devenir humbles, parce que nous avons la sensation que là est le Dieu humble.

Chaque Divine Liturgie est une Théophanie. Le Corps du Christ apparaît. Chaque membre de l'Église est une Icône du Royaume de Dieu.

Après la Divine Liturgie, nous devons continuer à "iconifier" le Royaume de Dieu, gardant Ses Commandements. La gloire du Christ doit porter du fruit en chaque membre. Ceci explique Sa parole "C'est la gloire de Mon Père que vous portiez beaucoup de fruit" (Jn 15,8).


Extrait de la biographie du p. Sophrony "J'ai connu un homme en Christ : vie et temps de l'ancien Sophrony, hésychaste et théologien" (Βίος και πολιτεία του Γέροντος Σωφρονίου του ησυχαστού και θεολόγου), par le métropolite Hierotheos de Nafpaktos et Agiou Vlasiou

Source : http://stmaterne.blogspot.fr/

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:37
Présence du St Esprit

"L'Esprit n'est pas seulement là par son action; il nous est uni substantiellement", homélie pour la Pentecôte

Instituée dans la première alliance, par la loi de Moïse, la fête de la Pentecôte – fête de la plénitude – reçoit enfin un sens concret par la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres. En effet, le symbolisme du nombre « sept », chiffre de la plénitude, de l’intégrité, était au centre de la Pentecôte de l’ancienne alliance. De quelle plénitude s’agissait-il ? On ne le savait pas vraiment. L’événement survenu le cinquantième jour après la résurrection du Seigneur Jésus explique en quoi consiste la plénitude du cinquantième jour : c’est la plénitude de la révélation de Dieu aux hommes. C’est la plénitude de la manifestation de l’unique divinité dans son incroyable Trinité de Lumières et de Personnes.

Cette plénitude qu’on célébrait depuis des millénaires sans en savoir le contenu est la révélation de l’Esprit divin, non plus d’une manière cachée, mais cette fois-ci pleinement visible, éblouissante. Elle s’inscrit dans la même perspective que la révélation du Verbe éternel par l’incarnation dans la nature humaine. De même que le Verbe créateur, le Fils du Père invisible, s’est découvert aux hommes en devenant homme ; de même, l’Esprit de Dieu s’est révélé aux hommes en s’unissant à eux d’une manière aussi intime et inséparable qu’un feu s’unit à la matière qu’il embrase.

Ainsi, lorsque Dieu se révèle à nous, ce n’est pas comme une force qui nous est totalement étrangère et extérieure, mais en créant avec nous une alliance, une union, qui manifeste et renforce notre qualité d’image et de ressemblance de la divine Trinité.

L’Esprit divin agit de toute éternité ; il a toujours empli le monde ; il n’a jamais été absent de l’histoire de l’humanité, depuis les premiers instants où l’homme a acquis la conscience de soi-même. Quand il se manifeste le jour de la Pentecôte et descend, tel un feu, sur les apôtres, ce n’est pas pour faire croire qu’il fût absent auparavant, mais pour signifier une intimité nouvelle entre lui et l’humanité, pour inaugurer une étape nouvelle dans la croissance du genre humain désormais apte non seulement à accomplir la volonté de l’Esprit, mais aussi à en être le réceptacle. Avant la Pentecôte de l’Église, l’Esprit s’était manifesté, il avait parlé par les prophètes, il avait accompli des miracles par des saints, il avait inspiré des philosophes et des sages de tout temps, dans toute civilisation. Il était là quand le Verbe prenait chair de la Vierge sainte ; il guidait les apôtres avant et après la résurrection du Seigneur Jésus. Mais maintenant il ne se limite plus à nous guider, mais il vient nous remplir, nous transformer, il s’unit à nous aussi intimement et inséparablement que le Verbe quand il est devenu homme.

Saint Grégoire de Nazianze, le Théologien, a cru dans cette nouvelle révélation de l’Esprit et l’a exposée avec beauté : « L’Esprit a d’abord exercé son action dans les puissances angéliques et célestes, et dans toutes celles qui sont les premières après Dieu et qui sont autour de Dieu {…}. Puis il a agi dans les patriarches et les prophètes {…}. Puis il opère dans les disciples du Christ {…}. Et c’est maintenant la division en langues de feu, ce que nous célébrons. La première manifestation était obscure ; la seconde plus expressive ; celle d’aujourd’hui est plus parfaite : l’Esprit n’est plus seulement là par son action, comme précédemment, mais c’est substantiellement, pourrait-on dire, qu’il est présent aux Apôtres et réside avec eux. Et de fait il convenait, puisque le Fils avait habité parmi nous corporellement, que l’Esprit se manifestât aussi corporellement » (Or 41, 11).

Grâce soit rendue à notre Dieu qui, étant invisible et insaisissable par nature, a trouvé le moyen de se révéler à l’homme qu’il avait façonné à son image et à sa ressemblance.

Homélie prononcée par le père Alexandre (Siniakov), recteur du Séminaire orthodoxe russe - Maison Sainte-Geneviève

Lu dans : »Parlons D'orthodoxie » et paru le 8 Juin 2014

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 07:47
Rouspéter ou rendre grâce ? (saint Nicolas Velimirovic)

Soyons rapide à rendre grâce, au moins autant que lorsque nous râlons contre Dieu! (saint Nicolas Velimirovic)

RÉFLEXION - Suite à un terrible tremblement de terre à Antioche, saint Jean Chrysostome s'adressa ainsi au peuple : "Ils sont grands, les fruits d'un tremblement de terre. Voyez le Seigneur Philanthrope Qui secoue la ville et renforce l'âme, Qui fait trembler les fondations et renforce les pensées, Qui montre la faiblesse de la ville et rend la volonté populaire puissante! Tournez votre attention vers Son amour pour l'humanité : Il fait vaciller un temps - et renforce pour toujours; un tremblement de terre - durant deux jours, mais la dévotion qui devrait rester pour toujours; vous avez été très affligés durant un court moment - mais renforcés pour toujours. Une mère qui veut sevrer son enfant de son habitude de souvent pleurer, lui donne une bonne fessée, pas pour lui faire mal mais pour l'effrayer. De la même manière, le Seigneur de toute la Création, Qui tient l'Univers en Sa main, le secoue, non pas pour le détruire, mais plutôt pour ramener au Salut ces hommes qui vivent sans Foi ni loi." Voyez donc comment les saints Pères, piliers de l'Église Universelle, savaient comment expliquer l'amour de Dieu pour l'homme, les tribulations comme les bonnes oeuvres, et l'infortune comme la chance. Alors donc, nous autres qui sommes lents à rendre grâce à Dieu, soyons honteux lorsqu'Il donne, nous qui sommes rapides à murmurer contre Lui lorsqu'Il reprend.

Prologue d'Ochrid, saint Nicolas Velimirovic




REFLECTION - Following a terrible earthquake in Antioch, St. John Chrysostom spoke to the people: "Great are the fruits of an earthquake. Behold the Man-loving Lord Who quakes the city and strengthens the soul, Who sways the foundation and strengthens the thoughts, Who shows the weakness of the city and makes the will of the people powerful! Turn your attention to His love for mankind: He sways for a while - and strengthens forever; earthquake - for two days, but the devotion should remain for all times; you were sorrowful for a short time - but strengthened forever. A mother, wanting to wean her child from of the habit of frequent crying, strongly rocks its little crib not in order to harm it, but to frighten it. Precisely, thus the Lord of all, Who holds the universe in His hands shakes it, not in order to destroy it, but rather to bring back those men to salvation who live lawlessly." Behold this is how the Holy Fathers, the pillars of the Universal Church, knew how to explain God's love for man, both assaults in the same way as good works, and misfortune the same way as fortune. Let us who are slow to give thanks to God be ashamed when He gives and quick in our murmuring toward him when He takes away.

Publié par Jean-Michel pour « Saint Materne »

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:49
Aimer?...Souffrir?... (Benoît XVI, pape de Rome de 2005 à 2013)

Par Benoît XVI, pape de Rome de 2005 à 2013
Encyclique « Spe salvi », § 38-39 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »


La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre.

Cela vaut pour chacun comme pour la société.

Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine...

Le mot latin « con-solatio », consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude.

La capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être personnel, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte ; alors règnent la violence et le mensonge...


Souffrir avec l'autre, pour les autres ; souffrir par amour de la vérité et de la justice, souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment — ce sont des éléments fondamentaux d'humanité ; leur abandon détruirait l'homme lui-même.

Mais encore une fois surgit la question : en sommes-nous capables ? ...

À la foi chrétienne, dans l'histoire de l'humanité, revient justement ce mérite d'avoir suscité dans l'homme d'une manière nouvelle et à une profondeur nouvelle la capacité de souffrir de la sorte, qui est décisive pour son humanité.

La foi chrétienne nous a montré que vérité, justice, amour ne sont pas simplement des idéaux, mais des réalités de très grande densité.

Elle nous a montré en effet que Dieu — la Vérité et l'Amour en personne — a voulu souffrir pour nous et avec nous.

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 20:41
CONNAÎTRE DIEU…

CONNAÎTRE DIEU…

 

 

La dispute du 14ème siècle entre le théologien augustinien Barlaam de Calabre, un scolastique aristotélicien, et saint Grégoire Palamas, qu'il accusait d'hérésie du fait de son hésychasme (l'enseignement chrétien-orthodoxe sur la prière mystique), était importante, car elle démontrait une des divergences majeures entre l'Occident catholique-romain et l'Orthodoxie.

Dans cet Occident-là, Dieu pouvait être connu par le biais d'images et de symboles philosophiques, alors qu'en Orthodoxie, l'on pouvait connaître Dieu personnellement, à travers Ses Énergies Incréées.

Les moines athonites enseignaient que l'on pouvait expérimenter personnellement Dieu par Ses Énergies, plutôt que par Son Essence Divine.

Barlaam affirmait que nul ne saurait faire l'expérience de Dieu, mais uniquement connaître, voire même prouver l'existence de Dieu, par le biais de la logique et de la raison.

 

Les moines athonites affirmaient être capables d'expérimenter la Lumière Incréée de Dieu par la prière, en particulier par le biais de la Prière de Jésus.

Jusqu'à nos jours, c'est là une des différences de base entre l'Orthodoxie et l'Occident catholique-romain, car nous les Orthodoxes nous croyons que nous pouvons arriver à connaître Dieu par Sa divine révélation, noétiquement (par le coeur).

 

Vladimir Lossky, un des plus grands théologiens chrétiens modernes, a expliqué que la différence entre le christianisme et le catholicisme-romain était due à l'utilisation de philosophie métaphysique païenne (et son rejeton, la scolastique) par l'Eglise Catholique-Romaine, au lieu de l'expérience mystique mais concrète de Dieu (appeléetheoria, contemplation), pour valider les dogmes théologiques catholiques-romains.

Des théologiens orthodoxes renommés tels que le père Joannis Romanides et le métropolite Hierotheos Vlachos ont fait le même constat.

Vladimir Lossky a exprimé ceci de la manière suivante : la Révélation a créé un abîme entre la vérité qu'elle déclare, et les vérités qu'on peut arriver à découvrir par la spéculation philosophique.

C'est pour cela que Lossky affirme que l'Eglise Orthodoxe et le catholicisme-romain sont devenus des "étrangers" l'un à l'autre.

 

La logique et la raison ont dominé la théologie du christianisme occidental à partir de saint Jérôme et Augustin de Canterbury, avec pour conséquence une approche juridique de Dieu.

Cela aboutira à l'enseignement erroné que Dieu aurait demandé du sang pour apaiser une colère face aux péchés de l'humanité.

Depuis l'époque du Christ, l'Eglise enseigne au contraire que l'humanité est malade, et que le remède, c'était de nous ramener en pleine communion avec le Dieu Qui nous aime.

La sainte Résurrection du Christ n'était pas là comme un sanglant sacrifice en notre faveur, mais c'est le Christ écrasant la puissance de la mort, laquelle était entrée dans le monde à cause de la chute de l'humanité.

 

Nous sommes guéris, nous retrouvons la plénitude par la grâce de Dieu, et c'est notre héritage véritable que de retrouver la relation avec Dieu. Le Ciel et l'hadès / l'enfer ne sont pas des endroits créés par Dieu pour ceux qui ont été soit bon soit mauvais, mais plutôt une question de relation.

Le Feu de Dieu est le Ciel pour ceux qui ont répondu à l'amour de Dieu, et l'enfer pour ceux qui sont restés malades, enfermés dans les ténèbres du péché, et dont l'ego a fermé la porte à Dieu pour rester tourné vers soi.

Le Ciel et l'enfer ne sont pas des endroits, mais une relation.

 

Il est possible de connaître Dieu, et d'expérimenter Ses Énergies Incréées, parce qu'Il nous a invités à entrer en communion avec Lui, et cette invitation est offerte librement, comme un don.

Pour recevoir ce don, cela requiert notre coopération, parce que nous avons notre libre-arbitre.

Toute relation basée sur l'amour doit avoir la liberté de choix comme point de départ. Dieu nous choisit, nous sommes libres d'y répondre, ou pas.

 

Le Christ Se tient devant nous, les bras étendus, attendant notre réponse.

 

 

Dans l'amour du Christ,

hiéromoine Tryphon

All-Merciful Saviour Orthodox Christian Monastery (Etats-Unis) Eglise russe hors frontières

 

Source : http://stmaterne.blogspot.fr

 

CONNAÎTRE DIEU…
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