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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 07:04
L'amour du Christ n'est jamais un amour qui "accepte les gens tels qu'ils sont" : c'est toujours un amour qui prend les gens comme ils sont, et les transforme en quelque chose de nouveau, de précieux, de divin. Archimandrite Irenei Sternberg

L'amour du Christ n'est jamais un amour qui "accepte les gens tels qu'ils sont" : c'est toujours un amour qui prend les gens comme ils sont, et les transforme en quelque chose de nouveau, de précieux, de divin. Archimandrite Irenei Sternberg

Cantique des cantiques 3,2-5.8,6-7.

Je me lèverai et je ferai le tour de la ville, parcourant les rues et les places, je chercherai celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché et ne l'ai point trouvé.
Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?
A peine les avais-je dépassés, que j'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi et je ne le lâcherai pas, jusqu'à ce que je l'aie introduit dans la maison de ma mère, et dans la chambre de celle qui m'a donné le jour.
L'ÉPOUX.
Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, n'éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu'elle le veuille.
LE CHOEUR.
Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l'amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le schéol. Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme du Seigneur.
Les grandes eaux ne sauraient éteindre l'amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. Un homme donnerait-il pour l'amour toutes les richesses de sa maison, on ne ferait que le mépriser.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,36-50.

En ce temps-là, un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Il entra dans la maison du pharisien et se mit à table.
Et voici qu'une femme qui, dans la ville, était pécheresse, ayant appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum ;
et se tenant par derrière, près de ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle essuyait avec les cheveux de sa tête et embrassait ses pieds, et elle les oignait de parfum.
A cette vue, le Pharisien qui l'avait invité se dit en lui-même : " S'il était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, que c'est une pécheresse. "
Et prenant la parole, Jésus lui dit : " Simon, j'ai quelque chose à te dire. " Et lui : " Maître, parlez, " dit-il.
" Un créancier avait deux débiteurs : l'un devait cinq cents deniers et l'autre cinquante.
Comme ils n'avaient pas de quoi rendre, il fit remise à tous les deux. Lequel donc d'entre eux l'aimera davantage ? "
Simon répondit : " Celui, je pense, auquel il a remis le plus. " Il lui dit : " Tu as bien jugé. "
Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon : " Vois-tu cette femme, ? Je suis entré dans ta maison, et tu n'as pas versé d'eau sur mes pieds ; mais elle, elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle ne cessait pas d'embrasser mes pieds.
Tu n'as pas oint ma tête d'huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum.
C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui l'on pardonne peu, aime peu. "
Et à elle, il dit : " Tes péchés sont pardonnés. "
Et les convives se mirent à se dire en eux-mêmes : " Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? "
Et il dit à la femme : " Ta foi t'a sauvée, va en paix. "

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:

Par St Clément de Rome,

pape de 90 à 100 environ .Lettre aux Corinthiens 7-9 (trad. bréviaire) 

 

La grâce de la conversion

 

           Fixons nos regards sur le sang du Christ, et comprenons combien il a de valeur pour son Père, puisque, répandu pour notre salut, il a procuré au monde entier la grâce de la conversion.

Parcourons toutes les générations et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître « a offert la possibilité de se convertir » (Si 17,24) à tous ceux qui voulaient se retourner vers lui.

Noé a prêché la conversion, et ceux qui l'ont écouté ont été sauvés. Jonas a annoncé aux Ninivites la destruction qui les menaçait : ils se sont repentis de leurs péchés, ils ont apaisé Dieu par leurs supplications et ils ont obtenu le salut, bien qu'étrangers à Dieu. 


           Les ministres de la grâce de Dieu, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ont parlé de la conversion.

Le Maître de l'univers lui-même en a parlé avec serment : « Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur, je ne veux pas la mort du pécheur, mais sa conversion » (Ez 18,23).

Et il ajoute cette sentence pleine de bonté : « Convertissez-vous, maison d'Israël, de votre iniquité.

Dis aux fils de mon peuple : Vos péchés monteraient-ils de la terre jusqu'au ciel, seraient-ils plus rouges que l'écarlate et plus noirs qu'un vêtement de deuil, si vous vous retournez vers moi de tout votre cœur et me dites :

-' Père ! ' je vous écouterai comme un peuple saint »

(cf Is 1,16-20; Ne 9,1). 


           Voilà ce qu'il a fixé par sa volonté toute-puissante, parce qu'il veut faire participer tous ceux qu'il aime à la conversion.

C'est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté.

Implorons humblement sa miséricorde et sa bonté, prosternons-nous, tournons-nous vers sa compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui conduisent à la mort.

 

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:

Piafs, les moineaux du ciel

Évangile selon saint Matthieu 10, 26-31

Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.

Piafs
Jésus, dans l’évangile nous rappelle de ne pas craindre les hommes, quoi qu’ils fassent, ils ne parviennent pas à écorcher plus que l’enveloppe de notre corps. L’individu prédateur qui dissimule ses mauvaises intentions, se masque dans l’ombre, chuchote et murmure dans le but de tuer la chair de l’autre, de s’en emparer ou de la dévorer, ne peut attenter qu’à l’extérieur, au corps. Et cependant même nos cheveux sont comptés. Jésus lui-même a traversé cette réalité du monde tout au long de sa vie et jusqu’à la Passion et, bien sûr, cela reste monstrueux, toujours, qu’un individu ou un groupe sacrifie un être vivant à son égoïsme.

Mais jamais quelqu’un ne peut toucher à ce qui en nous est inatteignable sauf par Dieu et avec notre consentement , à la part incorruptible de notre être : le « je suis » qui n’est jamais entamé par quiconque ni même par le mal. Il s’agit bien du haut lieu de notre vérité la plus authentique, celle connue de Dieu, en dehors de notre péché, et qui échappe à tout jugement. Ce sanctuaire inaltérable est sans doute notre cœur, le siège de l’amour, ce que l’évangile nomme l’âme. Et ce tabernacle a le pouvoir d’accomplir que notre chair c’est à dire le tout de notre être vivant soit déjà sauvée : parce qu’aimer en vérité fait sauter les verrous du mal qui nous emprisonne et nous libère du péché et de l’accusation.
Soyons sans crainte, nous valons plus que le moineau sans souci qui se monnaye pour un demi sou.

(Source: Signe dans la Bible)

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:

SAINTE MARIE MADELEINE, "Egale aux Apôtres"

 

(Mémoire en France Orthodoxe le 22 Juillet)

 

Magdala (ou Magada ou Dalmanoutha), petit village de pêcheurs situé sur la rive occidentale du lac de Gennésareth, à cinq kilomètres de la ville de Tibériade, était la patrie de Sainte Marie Madeleine. Vierge fortunée, elle vécut dans la crainte de Dieu et l'observation de Ses commandements, jusqu'au jour où elle se trouva possédée de sept démons (cf. Marc 16:9; Luc 8:2) 1. Affligée et ne pouvant trouver aucun répit, elle apprit que Jésus-Christ était parvenu dans la contrée, après avoir traversé la Samarie, et qu'Il attirait de grandes foules à Sa suite, par Ses miracles et Son enseignement céleste. Pleine d'espoir, elle courut vers Lui et, ayant assisté au miracle de la multiplication des pains et des poissons, en nombre suffisant pour nourrir plus de quatre mille hommes (Mat. 15:30-39), elle alla se jeter aux pieds du Sauveur et lui demanda de la guider sur la voie de la vie éternelle.

 

Ayant été délivrée de cette épreuve, elle renonça à ses biens et à tout attachement au monde pour suivre Jésus dans tous ses périples, avec les Apôtres, la Mère de Dieu et d'autres pieuses femmes qui s'étaient mises à son service après avoir été guéries par lui de diverses maladies: Marie, mère de Jacques le petit et de Joset; Marie de Clopas; Jeanne, femme de Chouza; Suzanne, et Salomé, mère des fils de Zébédée.

 

Lorsqu'Il eut rempli Son ministère en Galilée, le Seigneur Se dirigea vers Jérusalem, malgré les avertissements de ses proches. Marie Madeleine le suivit sans hésitation, et se lia d'amitié avec Marthe et Marie de Béthanie. Alors que le Seigneur venait de délivrer un possédé qui était muet, et affirmait qu'Il chassait les démons par l'Esprit de Dieu, une voix s'éleva de la foule et s'écria: « Heureuses les entrailles qui T'ont porté, et les seins qui T'ont allaité! » (Luc 11:27). Cette voix, suppose-t-on, était celle de Marie Madeleine. Elle était présente également lors de la résurrection de Lazare, et fut alors confirmée dans sa foi au Fils de Dieu. Tandis que les autres disciples avaient abandonné le Maître au moment de Son arrestation, elle le suivit jusque dans la cour du grand prêtre puis au tribunal de Pilate, elle assista à Son procès inique, à Sa Passion et se tint auprès de la Croix, en compagnie de la Mère de Dieu et de Saint Jean le Théologien (Jean 19:25).

 

Tout étant accompli et le sang du Sauveur ayant coulé de Son côté pour purifier la terre, Marie, surmontant la douleur, prit l'initiative de Son ensevelissement. Sachant que le noble conseiller, Joseph dArimathie (cf. 31 juil.), avait fait creuser près de là un tombeau neuf dans le roc, elle alla le trouver et le convainquit de céder ce sépulcre pour ensevelir le Crucifié. Encouragé par la foi résolue de cette femme, Joseph obtint l'autorisation de Pilate et, prenant avec lui Nicodème, le membre du Sanhédrin qui était disciple secret de Jésus, il descendit Le Corps de la Croix et le déposa dans un linceul pour le mettre au tombeau. Marie Madeleine ainsi que la Mère de Dieu assistaient à la scène et elles élevèrent alors une hymne funèbre, accompagnée de larmes, dans lesquelles brillait cependant l'espoir de la Résurrection (2). Une fois le tombeau fermé par une grosse pierre qu'on avait roulée à l'entrée, Joseph et Nicodème se retirèrent; mais les deux Saintes femmes restèrent assises, en pleurs en face du tombeau, jusque tard dans la nuit. En quittant l'endroit, elles décidèrent, sitôt le repos du sabbat expiré, de revenir au tombeau avec des aromates, pour embaumer une fois encore le corps du Sauveur (Marc 16:1).

 

Ayant donc observé le repos légal, au chant du coq, alors que le premier jour de la semaine commençait à peine à poindre, Marie Madeleine et l'"autre Marie"(3) vinrent au sépulcre. Un Ange resplendissant leur apparut, accompagné d'un tremblement de terre, et leur annonça que Jésus ne se trouvait plus à l'intérieur, mais qu'Il était ressuscité (Mat. 28:1). Toutes troublées, elles ne prirent pas même le temps de regarder dans le tombeau et coururent porter la nouvelle aux Apôtres. Le Seigneur ressuscité leur apparut en chemin et les salua en disant: « Réjouissez-vous! » Il convenait en effet qu'Il annonçât à une femme la délivrance de notre nature, déchue et condamnée à la souffrance à la suite de la faute d'Eve.

 

En entendant leur récit, les Apôtres crurent qu'elles déliraient. Pierre, cependant, courut jusqu'au sépulcre et, se penchant, vit que seules les bandelettes s'y trouvaient, et il se retira tout perplexe. Le jour s'étant levé, Marie Madeleine se rendit pour la seconde fois sur les lieux, afin de vérifier si elle n'avait pas été victime d'une hallucination. Constatant que le tombeau était effectivement vide, elle alla l'annoncer derechef à Pierre et Jean, qui se rendirent en courant sur les lieux. Une fois les deux disciples repartis, elle resta seule près du tombeau, se demandant qui avait bien pu enlever le corps (Jean 20:11). Deux Anges vêtus de blancs apparurent alors à l'emplacement de la tête et des pieds du Seigneur, et lui demandèrent pourquoi elle pleurait. Comme elle leur répondait, les Anges se levèrent soudain, avec respect. Marie se retourna et vit Jésus qui lui posa la même question. Le prenant pour le jardinier, elle demanda si c'était Lui qui avait enlevé le corps. Mais dès que Jésus l'eut appelée par son nom: "Marie", reconnaissant la voix de son bien-aimé Seigneur, elle s'écria: "Rabbouni (Maître)!" et voulut se jeter à Ses pieds pour les baiser. Désirant l'attirer à une compréhension plus élevée de l'état dans lequel se trouvait Son corps après la Résurrection, Jésus lui dit: « Ne me touche pas, car Je ne suis pas encore monté vers le Père! » Et Il l'envoya annoncer à Ses "frères" ce qu'elle avait vu.

 

Devenue pour la troisième fois "apôtre des Apôtres", Marie Madeleine resta avec les disciples et la Mère de Dieu, partageant leur joie. Elle était probablement présente au Mont des Oliviers, lors de l'Ascension, tout comme dans la chambre haute, le jour de la Pentecôte, quand le Saint-Esprit descendit sous forme de langues de feu (Actes 2).

 

On raconte que la Sainte quitta ensuite Jérusalem, pour se rendre à Rome et y demander justice à l'empereur Tibère de la condamnation inique prononcée par Pilate(4). Se présentant devant l'empereur avec un oeuf en main, elle lui déclara qu'après avoir souffert la Passion, le Christ était ressuscité, apportant à tous les hommes la promesse de la résurrection; et l'oeuf se teignit alors en rouge(5). Le souverain écouta sa requête et convoqua Pilate, ainsi que les grands prêtres Anne et Caïphe. Caïphe mourut en route, en Crète; quant à Anne, il fut supplicié en étant enfermé dans une peau de buffle. Pilate, s'étant présenté au tribunal de l'empereur, essaya de se justifier en avançant les pressions exercées par les Juifs et le risque de rébellion contre l'autorité romaine. Mais César resta insensible à son apologie et le fit jeter en prison. On rapporte que, poursuivant un cerf au cours d'une partie de chasse, organisée non loin de la prison par des amis de Pilate, l'empereur décocha une flèche qui alla frapper Pilate en plein coeur.

 

De retour à Jérusalem, Marie Madeleine suivit l'enseignement de Saint Pierre. Quatre ans s'étant écoulés depuis la Résurrection, et les Apôtres s'étant dispersés dans diverses régions du monde, elle se joignit à Saint Maxime, l'un des Soixante-Dix Disciples, pour aller prêcher la Bonne Nouvelle. Ils furent bientôt arrêtés par les Juifs et abandonnés, avec d'autres Chrétiens, en pleine mer, sans nourriture, dans un bateau dépourvu de voile et de rames. L'embarcation fut cependant guidée par le Christ, le Pilote de notre Salut, jusqu'à Marseille, en Gaule(6) . Ayant débarqué sains et saufs, les Saints Apôtres eurent à subir la faim, la soif et le mépris des habitants de l'endroit, païens forcenés qui ne leur procuraient aucun secours. Un jour que ces derniers s'étaient réunis pour un de leurs sacrifices impies, Sainte Marie Madeleine se mêla courageusement à l'assemblée et les exhorta à reconnaître le seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Émerveillés par son assurance et par l'éclat de son visage, les païens prêtèrent attention à ses paroles. Elle réitéra son discours devant le gouverneur romain de la province, Hypatios, qui était venu en compagnie de son épouse apporter une offrande aux idoles, afin d'obtenir une progéniture. D'abord réticent, Hypatios, à la suite de trois apparitions de la Sainte, accueillit Marie et ses compagnons en son palais et demanda à être instruit de leur doctrine. Grâce à l'intercession de Marie, il obtint un enfant, mais sa femme mourut en le mettant au monde. Après un court séjour à Rome, Hypatios entreprit un pèlerinage à Jérusalem; mais changeant soudain d'avis, il décida de retourner à l'endroit où il avait enseveli son épouse et l'enfant. Quelle ne fut pas sa stupeur de les retrouver vivants et d'apprendre qu'ils avaient survécu grâce aux prières et aux soins de Sainte Marie Madeleine! Rendant grâces à Dieu, le magistrat et toute sa maison se firent alors baptiser et devinrent de fervents proclamateurs de la Vérité.

 

Quittant la Gaule, Sainte Marie Madeleine continua ses périples missionnaires en Égypte, Phénicie, Syrie, Pamphylie et autres lieux, répandant partout la bonne odeur du Christ. Elle passa quelque temps à Jérusalem, puis partit pour Éphèse, où elle retrouva Saint Jean le Théologien, partageant ses épreuves et jouissant de ses enseignements inspirés.

 

Ayant rempli la mission que le Seigneur lui avait confiée, elle remit là son âme à Dieu, après une brève maladie, et fut ensevelie à l'entrée de la grotte, où s'endormirent ensuite les Sept Enfants (cf. 4 août). De nombreux miracles se produisirent en cet endroit, jusqu'au jour où, presque dix siècles plus tard (899), le pieux empereur Léon VI le Sage ordonna de transférer les reliques de la Sainte Égale-aux-Apôtres à Constantinople (cf. 4 mai.). Il les reçut avec une grande dévotion, en présence de tout le peuple, et les portant sur ses épaules, aidé de son frère Alexandre, il alla les déposer dans la partie gauche du sanctuaire du monastère de Saint Lazare, qu'il avait fondé.

 

Survivant aux péripéties de l'histoire, la main gauche de la Sainte Myrophore, qui exhale un suave parfum, est aujourd'hui vénérée au Monastère athonite de Simonos Pétra, qui honore Sainte Marie Madeleine comme sa seconde fondatrice.

 

1). La Tradition occidentale, depuis St Grégoire le Grand, a assimilé Marie Madeleine à la pécheresse repentante venue oindre les pieds de Jésus (Luc 7:36-38), et même à Marie soeur de Lazare. Mais rien dans l'Évangile ne porte à faire cette identification, rejetée par la plupart des Pères orientaux. En effet, la possession ne suppose en aucun cas une vie débauchée. St Syméon Métaphraste interprète de manière allégorique les "sept démons" comme les sept passions qui font obstacle à la vertu; toutefois il n'est pas suivi par d'autres Pères.
2). Cette thrène est le thème de l'Office des matines du Grand Samedi.
3). D'après St Romanos le Mélode et St Grégoire Palamas l'"autre Marie" ne pouvait être que la Mère de Dieu, car il convenait qu'elle fût la première à contempler la Résurrection de son Fils. Mais, pour la plupart des Pères, ce fut Marie Madeleine qui vit la première le Seigneur, conformément aux paroles de l'Évangile (Marc 16:9), l'"autre Marie" étant Marie, mère de Jacques. Les écrivains ecclésiastiques ont essayé de concilier de diverses manières les récits divergents des Evangiles concernant la ou les visites des Saintes Myrophores au tombeau. Nous résumons ici la version de Nicéphore Calliste Xanthopoulos (XIVe s.).
4). Ce récit de la vengeance contre Pilate et de sa mort n'est rapporté que par St Syméon Métaphraste, probablement sous l'influence de l'Évangile apocryphe de Nicodème (Actes de Pilate, Ves.), qui met en scène Ste Véronique. En 36, Pilate fut déposé de sa charge et renvoyé à Rome pour répondre de sa mauvaise administration, pendant laquelle avaient abondé provocations, violences et exécutions arbitraires. Selon Eusèbe de Césarée, il se serait suicidé (Hist. ecclés. II, 7), ou fut peut-être exécuté. Diverses traditions apocryphes ont tenté de réhabiliter Pilate, supposant même qu'il se serait converti, et reportent toute la responsabilité de la Passion sur les Juifs.
5). Cette tradition populaire rend compte de la coutume des oeufs de Pâques, répandue dans tout le monde chrétien.
6). Ce récit de la mission de Ste Marie Madeleine en Gaule, rapporté par St Syméon Métaphraste, fait écho, en quelque manière, aux diverses traditions répandues en France, concernant le culte de la Sainte. La tradition du transfert de Reliques de Marie Madeleine à l'abbaye de Vézelay, en Bourgogne, semble la plus ancienne et fut à l'origine d'un fameux pèlerinage. Selon certains, ces Reliques venaient de Provence, selon d'autres de Palestine. À partir du XIIe s. on commença à vénérer à la Sainte-Baume, à une cinquantaine de km de Marseille, une caverne où la Sainte aurait mené la vie ascétique pendant trente ans. Parallèlement, un pèlerinage se développa au village de Saint-Maximin, à une vingtaine de km de là, où l'on avait découvert dans une crypte un sarcophage de la Sainte Myrophore. On vénéra dès lors en Provence Ste Marie Madeleine et ses compagnons: St Maximin, premier Evêque d'Aix, St Sidoine, SteMarcelle et deux autres enfants. Notons qu'on vénère également aux Saintes-Maries de la Mer, en Camargue, les Saintes Myrophores Marie, mère de Jacques, et Marie Salomé, qui auraient accompagné Ste Marie Madeleine dans sa mission.

 

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,1-2.11-18.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:

Par St Grégoire le Grand

(v. 540-604), pape et docteur de l'Église .Homélies sur l'Evangile, 25,1-2.4-5 ; PL 76, 1189-1193 (trad. bréviaire) 

 

« Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » (Ct 3,3)

 

Il faut mesurer avec quelle force l'amour avait embrasé l'âme de cette femme qui ne s'éloignait pas du tombeau du Seigneur, même lorsque les disciples l'avaient quitté.

Elle recherchait celui qu'elle ne trouvait pas, elle pleurait en le cherchant, et, embrasée par le feu de son amour, elle brûlait du désir de celui qu'elle croyait enlevé.

C'est pour cela qu'elle a été la seule à le voir, elle qui était restée pour le chercher, car l'efficacité d'une œuvre bonne tient à la persévérance, et la Vérité dit cette parole :

« Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé » (Mt 10,22)... 


Car l'attente fait grandir les saints désirs. Si l'attente les fait tomber, ce n'étaient pas de vrais désirs.

C'est d'un tel amour qu'ont brûlé tous ceux qui ont pu atteindre la vérité. C'est pourquoi David dit :

-« Mon âme a soif du Dieu vivant : quand pourrai-je parvenir devant la face de Dieu ? » (Ps 41,3)

Et l'Église dit encore dans le Cantique des cantiques : « Je suis blessée d'amour » et plus loin :

-« Mon âme a défailli » (Ct 2,5).

« Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

On lui demande le motif de sa douleur, afin que son désir s'accroisse, pour qu'en nommant celui qu'elle cherche, elle rende plus ardent son amour pour lui. 


« Jésus lui dit : Marie ».

Après le mot banal de « femme », il l'appelle par son nom.

C'est comme s'il lui disait :

-« Reconnais celui qui te connaît.

Je ne te connais pas en général, comme toutes les autres, je te connais d'une façon personnelle. »

Appelée par son nom, Marie reconnaît donc son Créateur et elle l'appelle aussitôt « Rabbouni, c'est-à-dire maître », parce que celui qu'elle cherchait extérieurement était celui-là même qui lui enseignait intérieurement à le chercher.

 

Mercredi 22 JUILLET 2015, éléments pour méditer, réfléchir, prier et mieux agir:
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 05:11
Samedi 18 AVRIL 2015: Éléments de méditation :

Samedi 18 AVRIL 2015:

Éléments de méditation :

Livre de l'Ecclésiastique 24,9-12.

Dès le commencement et avant tous les siècles il m'a créée, et je ne cesserai pas d'être jusqu'à l'éternité.
J'ai exercé le ministère devant lui dans le saint tabernacle, et ainsi j'ai eu une demeure fixe en Sion.
De même, il m'a fait reposer dans la cité bien-aimée, et dans Jérusalem est le siège de mon empire.
J'ai poussé mes racines dans le peuple glorifié, dans la portion du Seigneur, dans son héritage.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,25-27.

En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine.
Jésus ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voilà votre fils."
Ensuite il dit au disciple : "Voilà votre mère." Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.



Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église Latine
Les sept dons du Saint Esprit, conférence VI, 15-21 (trad. Orval)

« Voici ta mère »


La glorieuse Vierge a payé notre rançon en femme courageuse et aimante d'un amour de compassion pour le Christ. Il est dit dans l'évangile de saint Jean : « La femme, lorsqu'elle enfante, a de la tristesse parce que son heure est venue » (16,21). La bienheureuse Vierge n'a pas éprouvé les douleurs qui précèdent l'enfantement, parce qu'elle n'a pas conçu à la suite du péché comme Ève contre qui la malédiction a été portée ; sa douleur, elle l'a eue après : elle a enfanté à la croix. Les autres femmes connaissent la douleur du corps, elle a éprouvé celle du cœur. Les autres souffrent d'une altération physique ; elle, de compassion et de charité.

La bienheureuse Vierge a payé notre rançon en femme courageuse et aimante d'un amour de miséricorde pour le monde, et surtout pour le peuple chrétien. « Une femme peut-elle oublier son nourrisson et être sans pitié pour le fruit de ses entrailles ? » (Is 49,15) Ceci peut nous faire comprendre que le peuple chrétien tout entier est issu des entrailles de la glorieuse Vierge. Quelle Mère aimante nous avons ! Modelons-nous sur notre Mère et suivons-la dans son amour. Elle a eu compassion des âmes à tel point qu'elle a compté pour rien toute perte matérielle et toute souffrance physique. « Nous avons été rachetés d'un grand prix ! » (1Co 6,20)



Quoi de neuf sur le Linceul ?

par Dominique Daguet

Le pape François a décidé d’une nouvelle ostension du 19 avril au 15 juin 2015. Pendant deux mois, Turin sera donc la proie de pèlerins venus afin d’être admis à passer des instants trop brefs devant le Linceul de Jésus, document archi-étudié mais dont on continue de dire à son sujet aussi bien le mensonge que le vrai, le doute que la certitude ! Le vrai cependant est que cette étoffe est authentique — ainsi que l’image qu’elle porte : elle ne peut être « que » le dernier vêtement du Christ entre l’heure de sa mort et celle de sa résurrection.

Ils seront à nouveau une multitude à vouloir contempler l’image de ce « Visage du Fils de l’Homme » tel qu’Il nous l’a Lui-même légué en un autoportrait fulgurant ; à essayer de percevoir ce qu’enseignent les deux silhouettes, celle vue de face et celle vue de dos, qui témoignent à la perfection des douleurs, des souffrances de la Passion ; en somme, à se laisser pénétrer par ce qui leur paraîtra à la fois incompréhensible, mystérieux et surtout profondément surprenant car les plaies, répandues partout et très visiblement, montrent comment ce corps, de son vivant, a été a été traité comme on ne maltraite pas une bête.

Ce linceul fut enfoui dans le tombeau donné par Joseph d’Arimathie à Jésus, son Ami et son Maître, puis tiré de la nuit, une fois la résurrection reconnue : alors se révéla l’image directement écrite sur ce tissu de lin par le seul corps du Crucifié, non par une main étrangère. Elle fut, dès les premiers siècles, dite « acheiropoïète », soit « non-faite de mains d’homme », puis tétradiplon, soit pliée deux fois en quatre, encore Mandylion, mot grec venu de mandil, mot arabe signifiant « serviette » : c’était au temps d’Édesse [1]. où ne se voyait que le Visage enfermé dans le reliquaire d’Abgar le Grand, du IIe au Xe siècle.

Aujourd’hui, il faut rejeter le conditionnel. Ce qui est su concernant ce Témoin dépasse certes l’entendement humain, mais pas au point de ne pouvoir que se taire : quand je médite, devant parfois des centaines de jeunes, des centaines d’adultes, sur la Passion de Notre Sauveur selon le Linceul, je parcours le récit de saint Jean admirablement complété par ce que révèle l’empreinte toujours inexplicable de ce corps à ce point ravagé que le souffle des auditeurs s’arrête, que les larmes viennent ponctuer ce dont l’humanité, tout au long des siècles, ne se doutait point. Qui éclaire ce que fut l’extrême détermination du Christ avant sa mort, inébranlable dans sa résolution d’affronter l’épouvante d’une telle mort afin de nous en guérir.

Si peu de temps donné à chacun de ces visiteurs innombrables et chacun unique, venu parfois de fort loin, l’un quelque peu dilettante, sceptique, l’autre déjà en adoration… Ils forment une longue procession pour enfin découvrir lentement, plissant leurs paupières pour mieux distinguer ce qui est si ténu, presque invisible d’abord, puis dévoilant ces deux images si douces qui rendent supportable l’absolument intolérable.

Ce que chacun verra, en un temps si court, il lui faudra ensuite le méditer — à moins qu’il se soit déjà préparé avec l’un ou l’autre de ceux qui ont consacré nombre d’heures à interroger cet « évangile selon le corps de Jésus » comme j’aime à le nommer, ou bien à lire l’un ou l’autre des livres sérieux publiés chez deux ou trois éditeurs [2]. Il abordera l’« examen » du document que saint Jean-Paul II avait nommé « Relique des reliques » : d’abord en regardant avec attention la « figure » [3] vue de face : il commencera donc par découvrir le pied « coupé » qu’un empereur de Constantinople du XIe siècle a ainsi mutilé, s’étant taillé un scapulaire censé le rendre invincible sur les champs de bataille… Reste, par bonheur, la flaque de sang jailli du seul clou qui fut nécessaire pour fixer les deux pieds au « stipes » [4]., puis il verra les jambes tenues fléchies [5] au moment de l’enclouage et restées telles du fait de la rigidité cadavérique survenue sur la croix : marquées, si bas, par quelques-uns des coups de la flagellation… Il s’étonnera devant les dégâts causés par les deux billes de plomb fixées au bout de chacune des dures lanières de cuir, deux par fouet : l’on voit chaque sillon de sang imprimé par ces lanières, chaque trou creusé par ces haltères, instruments de la plus sauvage cruauté.

L’on compte entre cent et cent vingt de ces plaies tout le long du corps, de la chevelure jusqu’aux chevilles, que ce soit sur la figure de face ou celle de dos, ce qui oblige à penser que le supplicié aurait dû mourir sous cette avalanche impensable, en rien le simple « châtiment » annoncé par Pilate, comptant seulement vingt-cinq coups : là est la « preuve » que Jésus n’avait pas encore été condamné à la crucifixion.

Puis le pèlerin s’attardera devant les mains « à quatre doigts » : dont l’une recouvre l’autre, percée d’un clou de huit millimètres de diamètre dans le poignet. Clou trop gros pour le passage réduit dit de Destot : d’où un frottement très douloureux contre les nerfs carpiens, et, conséquence de ce type d’enclouage, repliement ou rétraction des pouces sous les paumes… Il devra se rendre compte que les bras de Jésus n’ont pas pu être étendus le long du corps : Joseph et Nicodème auraient dû forcer les coudes au risque de les briser. De plus, cette disposition des mains, ainsi posées sur son ventre, formait comme un bienvenu vêtement de pudeur. Cette position des bras sur l’empreinte du corps indique avec grande vraisemblance que Jésus ne fut pas crucifié les bras étendus mais disposés comme s’Il allait enlacer chacun de nous venant à Lui : cette image se voit en Allemagne, qui reproduit l’apparition du Crucifié devant saint Bernard [6]. En outre, une corde devait être nouée sous les aisselles, ce qu’avait aperçu l’abbé Paul de Gail [7], afin d’empêcher qu’il ne soit projeté en avant, ce qui aurait provoqué une asphyxie en trois à quatre minutes. Les Romains tenaient à ce que le supplice durât le plus longtemps possible : d’où la réflexion de Pilate, surpris d’une mort si rapide… Ce long temps d’agonie en effet faisait partie intégrante du châtiment !

Le cadavre de Jésus est donc resté dans son Linceul ainsi figé par la rigidité cadavérique qui, sur la croix, commença par les pieds, tétanisation très douloureuse qui monta peu à peu le long des jambes puis s’empara du ventre, de la poitrine et enfin atteignit le cou et la tête juste un très court moment avant la mort, ce que suggère saint Jean et que démontre l’empreinte. Le pèlerin se rendra compte que Jésus fut enseveli sans vêtements : tels devaient l’être les condamnés à la crucifixion. Il fallait en effet qu’ils comprennent n’être plus que des bêtes, interdits de rejoindre le « séjour des morts », condamnation à deux peines, de ce côté du temps comme de son au-delà ! Humiliation absolue ! Rejet comme d’un déchet ! Nus également et non lavés devaient rester les cadavres ensanglantés selon le règlement du Temple : le sang devait adhérer à la peau afin d’être bien enseveli : chez les Juifs, l’âme de l’être humain avait pour siège le sang, d’où cette consécration en deux temps par le Christ au soir du Jeudi Saint…

Le témoin arrivera devant l’empreinte de la poitrine, sa partie haute invisible à cause de la tête qui tomba en avant peu avant la mort au point que le menton touchait la cage thoracique selon un angle d’environ 70° : indice de rigidité cadavérique permanente puisque Jésus ressuscita moins de 40 heures après sa mort [8]. C’est pourquoi la silhouette vue de face semble donner à voir sa poitrine plus courte que son dos, la bouche se retrouvant un peu au-dessous des épaules [9].

Coups nombreux sur la poitrine [10], mais moins que sur le dos. Cent à cent vingt tout le long du corps, de la chevelure jusqu’aux chevilles, ce à quoi il conviendra d’ajouter entre dix à vingt autres coups d’abord sur le haut de la poitrine, resté vide d’empreinte du fait que le tissu, épousant la forme de la tête, n’a pu que retomber au-delà du menton alors en contact direct avec le haut de la cage thoracique ; ensuite sur le bras… brûlés en 1532 à Chambéry : ce qui oblige à ajouter encore une dizaine de nouveaux coups non comptabilisés. Le flagellé aurait dû mourir au moins dix fois de ces coups, preuve manifeste qu’Il n’avait pas encore été condamné à la crucifixion. Indice également que Jésus a voulu rester en vie jusqu’au moment où il pourrait enfin dire : « Tout est accompli », sursaut de joie pour avoir, au Jardin du Pressoir à Olives [11], promis à son Père « de faire sa volonté ».

Remarquer les coups de fouets à billes de plomb : l’on compte les trous creusés de trois à six millimètres de profondeur, autant de sources de sang ! Par elles s’en écoulent sur le sol au moins deux litres, si bien que les reins vont s’arrêter de fonctionner, eux qui régulent le rythme cardiaque, pour laisser la circulation être orientée vers le cerveau. Mais il faut se souvenir que la sueur de sang a fait couler elle aussi le sang « à grosses gouttes » comme l’indique saint Luc, sans oublier que l’enclouage en fera encore disparaître sur le sol… et que l’hémothorax [12] provoqué par la flagellation retira de la circulation une quantité appréciable du peu qui restait de sang…

La lente progression du pèlerin le fait arriver enfin à la hauteur du visage de Jésus : à cet instant précis l’un de mes amis, en ce temps-là chrétien de façade — c’était en 1978 —, leva soudainement sa main comme pour le désigner et déclara à haute voix : « C’est Lui ! ». Dès cet instant et pour toujours il redevint chrétien fervent. On se doute que des conversions multiples mais pour la plupart inconnues se sont produites lors des ostensions… puisque dans l’exposition que je fais pèleriner au nom de l’association (l’ALIAS [13]), j’ai eu connaissance de plusieurs cas remarquables : mais évidemment bien d’autres ont dû se produire que je n’avais pas à connaître. Il ne s’agissait pourtant que de reproductions ; lorsque je fis part de ces faits au cardinal Lustiger, il me dit, levant sa main droite : « Là est le Signe ! »

Sainte-Face sans pareille qui reçut injures, insultes, crachats et dépilation de barbe de la part des sanhédrinites alors qu’ils ne firent qu’obéir aux prescriptions de leur règlement une fois que, par eux, fut pour blasphème condamné le Juste : car ce jugement réservait pour ce seul crime ces tortures infâmes : le prophète Isaïe les avait déjà énumérées en écrivant le si profond récit du « Serviteur souffrant », sans oublier l’arrachage de barbe [14] dont se devinent les emplacements sur la Sainte-Face : il est la preuve que c’est bien pour blasphème que Jésus le Christ, Fils du Dieu vivant, fut condamné, Lui tout amour filial comme fut tout amour paternel Celui qui dut, dans le silence, contempler l’horreur de ce que toute l’humanité avait réservée à son Envoyé.

Oui, combien le pèlerin aimerait que le temps s’arrêtât : qu’il puisse au moins regarder ces yeux fermés qui, depuis deux mille ans, voient plus profond que s’ils étaient ouverts ; qu’il puisse observer, de la barbe jusqu’au front, les traces des coups de poing et de bâton, les tuméfactions qui déformèrent ses traits, les écoulements de sang dus aux épines de 4 à 6 centimètres de la couronne tressée avec des branches d’acacia et dont les pointes, très aiguës, n’ont pu que s’enfoncer sous les coups de bâtons. Je me suis toujours interrogé sur le peu de considération que l’on accorde trop souvent à ce supplice, assurément une épouvante, et dont Jésus, que certains voient se reposer un peu, assis sur un trône de fortune, ne put qu’en frémir en tout son corps.

Le pèlerin sait que, dans les écoulements de sang dus aux coups de fouets, aux clous, aux épines, fut découvert un taux exceptionnel de bilirubine, alors marqueur de la « sueur de sang », dont la définition médicale insiste sur le fait qu’elle est le « symptôme d’une souffrance absolument intolérable » ; dans les cheveux, là où furent enfoncées les épines, des traces d’un produit huileux furent décelées, restes émouvants du nard, parfum précieux, versé sur les pieds et la tête de Jésus par Marie de Béthanie, geste d’amour dont le Sauveur fit valoir qu’il accomplissait ainsi le rite de son ensevelissement. Puis le pèlerin parvient enfin devant la silhouette vue de dos et il s’alarme, découvrant le nombre de piqûres d’épines, d’abord constatées sur le Visage, le front ; l’incroyable résille des coups de fouet ; le si long écoulement de sang post mortem qui marque la taille. Il constate à nouveau, par-dessous les jambes, le fléchissement repéré au départ. Enfin, il remarque le trou dit de Mérat qui fut creusé par le seul clou par quoi furent attachés ensemble les deux pieds. Ce clou est tel un épieu carré d’un centimètre de côté : l’écoulement de sang apparaît considérable par ce qu’il en reste sous la voûte plantaire.

Un seul clou : l’un des pieds passe sous l’autre. Le fait semble anodin, mais l’on sait que les condamnés à la croix par enclouage réagissaient violemment en donnant de terribles coups de pieds… Les bourreaux, le plus souvent en couple, employaient une technique particulière dans de tels cas : l’un s’asseyait sur une des jambes, le second clouait la cheville sur le côté (et non sur le devant) du stipes, etc. Mais Jésus démontre, par ce seul clou utilisé, son absolue détermination : on pourrait se dire qu’Il se refuse à gêner l’action de ses bourreaux, auxquels Il pardonne, eux qui « ne savent pas ce qu’ils font », mais nous supputons qu’Il contrôle tout son corps à chaque étape de sa Passion.

Alors, le pèlerin, revenant en pensée à la sueur de sang connue à Gethsémani, peut se poser la question à jamais reprise : pourquoi ? Fallait-il vraiment traverser ces faisceaux d’épouvantes pour que nous prenions conscience de ce qu’est ce péché nôtre dont Jésus en ce « pressoir mystique » connut sa monstruosité, en cette solitude effrayante où même le Père ne pouvait intervenir et où Il se retrouva seul trois fois, en un crescendo de tentations qui toutes visaient à le détourner de sa promesse ? L’être humain ne peut voir ce que Dieu perçoit : sauf l’homme parfait qu’endosse le Verbe éternel.

Le Linceul est signe ou indice de ce que fait le Christ : si, à bout d’arguments, les scientifiques finissent par indiquer l’espèce de situation qui a dû régner à l’intérieur du tissu qui « enveloppait » son cadavre pour obtenir ce qu’on constate, ils ne peuvent aller au bout de ce désir qui les porte, seulement dire l’impossible « dématérialisation », seul concept pourtant à pouvoir rendre compte des « impossibilités » détectées, hors de toute explication scientifique possible. Et le pèlerin comprend, dans cette foi qui l’a poussé à venir jusqu’en ce sanctuaire où s’expose le Linceul, que ce ne peut être qu’au moment où Jésus revient de sa visite auprès des Justes qui l’attendaient depuis toujours au sein du Shéol qu’Il se saisit de son cadavre et s’en revêt, alors rendu à l’état de « corps glorieux » ou « corps spirituel », expressions soufflées par l’Esprit Saint à l’apôtre saint Paul.

J’entends souvent mes auditeurs dire qu’en vérité le Linceul est en lui-même un véritable catéchisme, expert en ce qui concerne aussi bien la Passion du Christ que sa résurrection : ce que je crois depuis très longtemps. Mon étonnement s’accroît d’année en année quand je constate qu’existe toujours le doute, chez presque tous les journalistes de France, si souvent totalement ignorants de ce dossier, chez trop de prêtres et d’évêques, eux aussi n’ayant presque rien lu sur ce Témoin irréfutable : doute qu’a infusé dans le monde entier la datation par le 14C, vieillerie déjà de trente-sept ans, comme si personne n’avait repris les travaux, évacué les arguments des carbonistes en découvrant son inaptitude à « dater de vieux tissus ayant beaucoup vécu ». Comme si la présence des empreintes d’une moitié de monnaie de l’an 29 frappée par Pilate et d’une autre pièce de l’an 30, elle aussi frappée par le Préfet de Jérusalem, qui le fut de l’an 26 à l’an 36, ne suffisait pas à satisfaire notre curiosité d’historiens désireux de tout dater ! Comme si les quatre impossibilités majeures reconnues par le collège des sindonologues [15] ne suffisaient pas à évacuer n’importe quel doute sur l’authenticité :

1/ sang absolument intact (jamais vu dans un tel contexte) ;

2/ images du corps non en « développé » alors que le drap l’a bien « enveloppé » (ce qui est normalement inconcevable) ;

3/ totale correspondance entre ce linge et le texte de saint Jean (en archéologie, les cor­res­pondances s’accompagnent toujours de divergences) ;

4/ couleur foncée et couleur claire en aplats, plus plages en dégradé relevant d’une sorte de photogravure : toutes les fibrilles sont touchées par la couleur mais dans les zone foncées elles sont très nombreuses à l’être, moins dans les zones plus claires ; quant aux plages en dégradé on constate une diminution régulière de ce nombre (la nature travaille autrement). Elles rendent l’existence du document incompréhensible ! Comme si l’indice de la résurrection fourni par le concept de dématérialisation ne portait pas le coup de grâce à nos hésitations, aux lenteurs de nos neurones, lui qui oriente notre esprit vers cette résurrection sans pour autant nous contraindre !

Au milieu du mois d’avril, je serai une huitaine de jours dans une paroisse de Bayonne à faire tenir au Linceul une place centrale dans les enseignements de cette « mission paroissiale » où je suis convié : sachant d’avance que beaucoup des paroissiens présents verront s’augmenter leur foi en l’œuvre accomplie par Jésus, s’augmenter leur amour, dynamiser leur confiance en Notre Seigneur Ressuscité. Parce que l’Esprit Saint ne peut manquer de se servir de cette sorte de « bande dessinée » qui, en deux silhouettes presque invisibles, restaure nos convictions et redresse notre détermination à témoigner de notre Salut.

Pour réserver :

http://www.sindone.org/saint_suaire...

http://www.piemonteitalia.eu/prenot...

Notes

[1] Ville située à l’emplacement d’Urfa, en Turquie anatolienne

[2] Je n’excepterai pas le mien, Le Linceul de Jésus de Nazareth, cinquième évangile ? que l’on peut se procurer à l’ANDAS (parvisdesalliances@gmail.com), au prix de 26,50 €, franco de port, car l’action que mène l’association « Action Linceul – Action spirituelle » n’est rendue possible que par cette vente.

[3] C’est-à-dire le corps tout entier.

[4] Stipes est le nom romain du poteau vertical, comme patibulum est celui de la poutre horizontale

[5] Lors de l’enclouage, les jambes étaient fléchies du fait que les pieds étaient cloués « à plat » sur le bois, donc, croix levée, fixés à la verticale.

[6] Christ de la vision de St Bernard, XVe siècle, cathédrale de Würzburg en Allemagne.

[7] Paul de Gail, s.j., Jésus-Christ révélé par son Linceul, éd. Téqui. Il avait bien vu à la fois la position en forme de W et le soutien sous les aisselles : il fit d’ailleurs exécuter une statue reproduisant ces deux détails.

[8] La rigidité d’un tel crucifié pouvait durer jusqu’à plus de 60 heures.

[9] Mesurer à partir de la taille que souligne l’écoulement de sang issu du coup de lance aussi bien par devant que par derrière : l’on voit alors que la bouche du Crucifié se trouve quasi à la hauteur du nez.

[10] Un coup égale une lanière avec son haltère de plomb, soit plus de soixante coups étalés sur environ, pure supputation, quelques dix à quinze secondes entre chacun. On peut penser que ce supplice a duré entre dix et quinze minutes.

[11] « Pressoir à Olives » : ce que signifie le mot Gethsémani.

[12] Un hémothorax est un épanchement de sang dans la cavité pleurale. Sa cause est la plupart du temps traumatique, ce que fut la flagellation, qui ajouta une inflammation aiguë de la plèvre.

[13] ALIAS : Action Linceul – Action Spirituelle. On peut aider par divers moyens cette association, pour qu’elle expédie en divers lieux des reproductions de l’exposition originale.

[14] Sur la barbe de Jésus se discernent en taches légèrement plus blanches deux emplacements, dont l’un fit croire aux Grecs des premiers siècles qu’Il avait une barbe bifide : ce qui n’est pas possible vu sa forme arrondie et son décalage vers la gauche du visage.

[15] On nomme sindonologues les savants travaillant sur le Linceul qui, en Italie, porte le nom de Sindone…

« N'aie peur de rien, sois fidèle jusqu'à la fin »

Sainte Faustine Kowalska est une religieuse de Cracovie (Pologne) dite ‘Apôtre de la Miséricorde Divine’. Elle est née en 1905 et décédée en 1938. Elle rapporte dans son Petit Journal une vingtaine d'apparitions de la Vierge, en plus d'une trentaine de visions du Christ, d'anges et de défunts.

Ainsi le 25 mars 1936 : « Soudain je vis la Mère de Dieu qui me dit : "J'ai donné au monde le Sauveur. Et toi, tu dois parler au monde de Sa miséricorde et préparer le monde à la seconde venue de Celui qui viendra, non comme Sauveur Miséricordieux, mais comme Juste Juge (...). N'aie peur de rien, sois fidèle jusqu'à la fin." » (Journal, 635).

Ou quelques mois plus tard: « Je la vis si belle que les mots me manquent pour décrire cette beauté, même en partie. Elle était toute blanche, ceinte d'une écharpe bleue, le manteau bleu aussi, une couronne sur la tête. De toute sa personne rayonnait une lumière inconcevable : "Je suis la Reine du Ciel et de la Terre, mais surtout votre Mère." Elle me serra contre son Cœur et dit : "J'ai compassion de toi". » (Journal, 804).

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,16-21.

Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer.
Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples.
Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.
Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la meret se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.
Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »
Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

Prière « de Pierre et des autres apôtres »
Papyrus de l'Eglise primitive (trad. Prières des premiers chrétiens, Fayard 1952)

« Sur la mer fut ton chemin, ton sentier sur les eaux innombrables » (Ps 76,20)


Tu es saint, Seigneur, Dieu tout-puissant,

Père de notre Seigneur Jésus Christ,

le paradis du bonheur, le sceptre royal,

l'amour somptueux, l'espérance assurée...



Tu es saint, Seigneur Dieu,

tu es « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.

Seul tu possèdes l'immortalité.

Tu habites une lumière inaccessible

que nul n'a jamais vue » (1Tm 6,15-16).

Tu te promènes sur les ailes des vents (Ps 103,3) ;

tu as créé le ciel, la terre et la mer

et tout ce qu'ils renferment (Ac 4,24).



Tu fais des vents tes messagers

et du feu brûlant ton serviteur (Ps 103,4) ;

tu as façonné l'homme à ton image et ressemblance (Gn 1,26),

tu as mesuré le ciel avec l'empan

et la terre tout entière avec le doigt de ta main (Is 40,12).

Oui, tes œuvres sont très belles, en ta présence.

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