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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:48

Mariages qui durent ? Une recette ?...

icono enc familias

 

Malgré le nombre élevé de divorces, les amoureux continuent de se marier. Ainsi, aux États-Unis, rien qu'en juin, également appelé « mois des épouses », la moyenne est de 13 000 mariages. Cependant, sur ces milliers de couples qui s'engagent, bon nombre ne seront pas en mesure de maintenir longtemps la relation. Qui n'a pas des amis proches dont le mariage s'est hélas soldé par un divorce ?

Partant de ce constat, John et Julie Gottman, un couple de psychologues, ont décidé de réaliser une étude approfondie, en suivant des mariés dans leur quotidien, afin de comprendre les raisons principales du succès ou de l'échec de leur mariage. Les conclusions de cette étude peuvent sembler évidentes, mais elles alertent sur certains aspects simples de la vie à deux qui méritent d'être davantage pris en compte.
 

Un "laboratoire de l'amour"

Les deux psychologues ont mis en place ce qu'ils ont surnommé « le laboratoire de l'Amour » et y ont invité 130 couples mariés. Chacun d'eux y a passé une journée, accomplissant les tâches quotidiennes – repas, cuisine, ménage, etc. – sous le regard des scientifiques. Et cela pendant six ans. À la fin de l'étude, les couples ont été classés en deux grandes catégories : les masters (ou experts), et lesdisasters (ou désastres). Au bout de six ans, les couples ont de nouveau été appelés par les psychologues. Les masters étaient encore ensemble, heureux et épanouis. Les disasters n'étaient plus mariés, ou étaient encore mariés, mais malheureux.


Les conclusions de l'étude

En observant les couples, les scientifiques en sont arrivés à la conclusion que la bienveillance et la gentillesse étaient la clé de la longévité du mariage. Le simple fait de répondre aux questions quotidiennes avec agressivité ou gentillesse peut affecter l'avenir et la qualité de la relation. 
 
Des questions comme : « Tu connais la dernière ? », peuvent être l'occasion pour un conjoint de faire preuve de plus d'intérêt pour les goûts de l'autre, en agissant avec bienveillance et gentillesse, ce qui conduit à créer une plus grande connexion entre eux. Ne pas faire attention à ce que l'autre a dit, répondre d'un ton revêche, avec manque d'intérêt voire indifférence, peut dissimuler beaucoup plus qu'un simple manque de temps ou de la fatigue. Par conséquent, les scientifiques invitent les couples à prêter attention à tous ces détails.
 
Nous avons toujours la possibilité, la liberté de répondre à notre conjoint avec chaleur ou durement. Les masters ont témoigné de l'intérêt pour les besoins émotionnels de l'autre, cherchant à créer un climat d'admiration et de gratitude pour ce que ce dernier accomplissait. Quant aux couples disasters, ils ont au contraire créé un climat d'insatisfaction, pointant les erreurs de l'autre, tout ce qu'il n'avait pas fait, allant jusqu'à oublier totalement les qualités de leur conjoint.

 
Gentillesse et bienveillance peuvent sauver un mariage

Par conséquent, gentillesse et bienveillance peuvent sauver un mariage. Il ne s'agit pas seulement de faire une belle surprise le jour de son anniversaire de mariage. Ce que l'étude a révélé implique la mise en pratique de petites doses de gentillesse dans la vie quotidienne : être aimable, faire des compliments, éviter les frais inutiles, se centrer sur le positif de son conjoint et non sur le négatif, etc. Nous avons le choix entre féliciter notre conjoint pour le bien qu'il a fait ou nous plaindre de ce qu'il n'a pas fait. C'est notre volonté. Et notre mariage peut en dépendre !
 
Les Gottman ont installé sur certains couples des électrodes au cours de l'entretien final et ont découvert que ceux de la catégoriedisasters étaient, physiquement parlant, stressés lorsqu'ils s'adressaient à leur conjoint – dans le même état physiologique que s'ils se battaient. Tandis que les masters faisaient preuve de passivité, apparaissaient tranquilles et détendus dans leurs conversations.
 
Et vous, dans quel groupe vous situez-vous ? Il est sûrement encore temps d'appliquer à votre vie de couple ces conseils simples et pratiques au quotidien.

Adapté du portugais par Élisabeth de Lavigne pour "Aleteia"

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:37

Chers amis. Aloh m'barek.

 C'est bientôt la Fête de Notre-Dame de Lourdes , puis de Sainte Bernadette.  Le 11 Février, une Messe (Journée mondiale de prière pour les malades) sera célébrée (particulièrement pour les malades):

* à 10h 30 au Monastère Syriaque de CHANDAI (61),

* à 17 h en notre Presbytère de JAULDES (16)

Dimanche 15, nous serons à LOURDES (65) même pour y célébrer la Messe (Qurbana) et y porter vos intentions de prières.

Je trouve sur le net le texte suivant qui, de manière simple, alimente notre réflexion sur la démarche spirituelle à laquelle nous invitent ces Fêtes.

Je vous en souhaite bonne lecture.

Votre fidèlement en Notre-Seigneur.

+Mor Philipose-Mariam

N-D-DE-LOURDES-2.jpg


 

Question d'une jeune:

-« Je suis allée à Lourdes. C’est un lieu de prière extraordinaire. Est-ce que c’est vraiment Marie qui fait des miracles ? » (questions de jeunes)


Il y a bien plus de miracles à Lourdes que de béquilles accrochées au-dessus de la grotte. Ici, les malades sont accueillis avec respect et placés au premier rang, au lieu d’être cachés. Ici, les personnes qui se croyaient incapables de prier se joignent à la récitation du chapelet. Ici, des chrétiens redécouvrent le sens du pardon et se confessent avec joie. Six millions de pèlerins venus du monde entier y passent chaque année et c’est aussi… miraculeux.

Avec Marie, s’ouvrir au don de Dieu

Le « problème » avec Marie, c’est qu’elle est tellement discrète qu’il n’y a aucune chance de la voir « jouer la star »… Elle ne prétend pas faire des miracles, que ce soient des guérisons physiques ou spirituelles, mais elle nous montre combien la grâce de Dieu peut accomplir des choses merveilleuses dans nos vies. A Cana, Marie dit à Jésus : « Ils n’ont plus de vin », puis aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Ce n’est pas Marie qui change l’eau en vin, mais sans son intervention, y aurait-il eu un miracle ? Aujourd’hui encore, Marie nous dit, en nous montrant son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Et si nous acceptons, le résultat dépasse souvent ce que nous pouvions imaginer !

Marie, un modèle pour les chrétiens

Les apparitions de Marie ont quelque chose de merveilleux, mais cela ne doit jamais nous faire oublier l’essentiel : Jésus et son Evangile. Marie n’ajoute rien à ce que Jésus nous a révélé, car le Père nous a tout dit en son Fils. En nous le donnant, il nous exprime tout son amour et c’est cela la Bonne Nouvelle que les évangiles nous rapportent. Nous sommes toujours en chemin pour progresser dans la connaissance de Jésus. Il ne s’agit pas d’abord de connaître ou de comprendre : c’est notre cœur qui doit s’ouvrir. Comprendre vraiment l’Evangile, c’est le mettre en pratique, c’est laisser l’amour de Dieu habiter notre vie et la transformer. Et Marie est bien placée pour nous aider dans cette voie. Elle a remis toute sa vie entre les mains du Père, elle s’est confiée à lui sans savoir ce qui allait arriver.

Et toi ?

L’Eglise ne t’oblige pas à croire aux apparitions de la Vierge ni aux miracles de Lourdes. Chacun est libre de se sentir touché par ces événements extraordinaires ou d’avoir une sensibilité différente. Mais avec ou sans miracle, ne te prive pas de te confier à Marie. Elle t’aidera à aimer et à suivre son fils Jésus.

Source : Questions de vie.


L'EXCELLENCE EN MARIE (Cl Charles Journet)

84cierge

Quand on dit que Marie est le prototype de l’Eglise, on veut dire que Marie est, dans l’Eglise, plus Mère que l’Eglise, plus Epouse que l’Eglise, et par exemption du péché originel, plus Vierge que l’Eglise.

On veut dire que Marie est Mère, qu’elle est Epouse, qu’elle est Vierge, avant l’Eglise et pour l’Eglise ; que c’est en elle surtout et par elle que l’Eglise est Mère, est Epouse, est Vierge.

C’est par un élan mystérieux qui vient de Marie, c’est par une excellence mystérieuse qui se diffuse à partir de Marie, que l’Eglise peut être à son tour si vraiment Mère, si vraiment Epouse, si vraiment Vierge.

Dans l’ordre des grandeurs de sainteté, qui sont les grandeurs suprêmes, Marie est, autour du Christ, comme la première onde de l’Eglise, génératrice de toutes les autres, jusqu’à la fin des temps.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:57

Maux de dents ? Invoquez Sainte Apoline ! 

SAINTE APOLLINE ou APOLLONIE, QUI ÊTES-VOUS ?
Vierge et Martyre
(† 249)

Sainte Apolline d'Alexandrie



Sainte Apolline ou Apollonie était d'Alexandrie; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne.

Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au Seigneur ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore lui offrir le sacrifice de sa vie. 

L'an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité; la fureur des païens contre les chrétiens ne connut point de bornes.

On pilla les maisons et on exerça contre les personnes les plus horribles violences. Apolline, déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse, au contraire, d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre. 

Un jour, elle fut arrêtée; les bourreaux se jetèrent sur elle, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait pas à Jésus-Christ.

La Sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire. 

Les païens espérèrent un instant qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu.

Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son coeur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer. 

Son corps, comme un holocauste pur et sans tache, fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les Cieux, l'an 249 de Notre-Seigneur, le 9 février.

L'exemple étonnant de sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature; mais l'Église, en l'admettant au nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'Esprit divin.

Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré. 

Le courage de cette vierge, courant elle-même au-devant des supplices, n'est-il pas une éclatante condamnation de notre lâcheté au service de Dieu?



(Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)


 Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme

secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice

qu’elle avait enduré

 

Litanies de Sainte Apolline. Spécialement invoquée contre le mal de dents. 

AU NOM DU PÈRE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT,

 

DIEU UNIQUE ET VRAI. AMÎN.

 

TRISAGION 

    Trois fois de suite:

Ô Dieu Saint. 

    ô Dieu Saint et Fort; ô Dieu Saint et Immortel, crucifié  (en se signant) pour nous, Ethraham elaïn. (Ayez pitié de nous !)

Aboun d’bashmayo (Notre Père).

    Les fidèles :

 

   Qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourdhui notre pain quotidien (substantiel), pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Car à vous appartiennent le règne, la puissance et la gloire, dans les siècles des siècles. Amîn.

   Nethqadash shmokh, titheh malkouthokh, nehwe sebyonokh, aïkano d-bashmayo

of bar'o. Hablan

laĥmo d-sounqonan yawmono. Washbouqlan ĥawbaïn waĥtohaïn, aïkano dof ĥnan shbaqan lĥayobaïn. Ou-lo ta'lan l-nesyouno, elo fasolan

men bisho, metoul dilokhi malkoutho

Ou-ĥaïlo ou-teshbouĥto l'olam 'olmin. Amin.



Sainte Marie, Reine des Vierges, intercédez, priez pour nous.

Sainte Apolline, priez pour nous.

Fleur de sainteté,  priez pour nous.

Lis de chasteté,  priez pour nous.

Rose de charité,  priez pour nous.

Vierge très humble,  priez pour nous.

Modèle de patience,  priez pour nous.

Epouse très pure du Christ,  priez pour nous.

Imitatrice fidèle des Apôtres,  priez pour nous.

Compagne généreuse des Martyrs,  priez pour nous.

Secours des Confesseurs de la Foi,  priez pour nous.

Membre brillant du Chœur des Vierges,  priez pour nous.

Habitante du Paradis Céleste,  priez pour nous.

Vous dont le cœur était animé du plus ardent amour pour Dieu et le prochain,  priez pour nous.

Vous qui avez confessé votre foi jusqu’au martyr,  priez pour nous.

Vous qui avez supporté avec constance de cruels supplices,  priez pour nous.

Vous dont les dents ont été arrachées avec une barbare violence, priez pour nous.

Vous que le Saint-Esprit a poussé à chercher des tourments plus grands encore,  priez pour nous.

Vous qui êtes montée librement et sans crainte sur le bûcher préparé par le tyran,  priez pour nous.

Vous qui au milieu des flammes avez prié avec ardeur,  priez pour nous.

Vous qui avez fait à Dieu le sacrifice de votre vie,  priez pour nous.

Vous que Dieu a honorée par un grand nombre de miracles,  priez pour nous.

Sainte vierge et Martyre Apolline, 

Lorsque les tentations impures nous assailliront, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque Dieu punira nos péchés en nous envoyant des maladies, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque notre corps pliera sous les infirmités, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque la patience nous manquera, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque nous souffrirons du mal de dents, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque nous implorerons de vous la préservation de ce mal, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque notre foi sera attaquée, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Lorsque nous aurons à la soutenir contre le monde et l’enfer, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Daignez défendre l’Eglise, nos Patriarches et Métropolites et tous nos frères et sœurs dans la foi, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Daignez continuer votre protection sur ceux qui vous invoquent, Sainte Apolline, intercédez pour nous.

Daignez nous protéger contre les maux de dents, Sainte Apolline,intercédez pour nous.

Ô Christ Dieu dont le côté a été percé d’une lance, pour nous, sur le Calvaire, Ayez pitié de nous 

Ô Christ, Vous êtes l’Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde Ayez pitié de nous.

Ô Christ, éffacez nos fautes et pardonnez nos péchés et placez-nous à votre droite .

V. – Sainte Apolline, priez pour nous.

R. – Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

O Dieu de force et de miséricorde, qui donnez à vos élus la grâce et le courage de supporter tous les tourments : nous vous le demandons par l’intercession de Sainte Apolline, Vierge et Martyre, préservez-nous de toute infirmité et surtout du mal de dents, et donnez-nous, après cette courte et misérable vie, de vivre éternellement avec Vous dans les cieux. Par le Christ  Notre Seigneur, Votre Fils bien-aimé Qui vit et règne avec Vous Père et le Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amîn.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 09:43

LE SURNATUREL se manifeste en France lorsqu’elle se trouve au bord du précipice

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LE SURNATUREL se manifeste en France lorsqu’elle se trouve au bord du précipice, mettant en cela notre pays un peu à part des autres. Mais honor onus, disent les anciens, plus grand honneur entraîne davantage de responsabilité. Clovis ou Jeanne d’Arc, les apparitions mariales depuis 1830 (Rue du Bac), tout cela c’est le Ciel qui se penche sur notre histoire à bout de souffle, l’obligeant au sursum corda duquel elle a failli.

La France en déroute

En cette période de l’année, le 17 janvier 1871, Marie apparut à Pontmain, à 40 km d’une armée française en déroute vers Laval, humiliée et désespérée après la défaite du Mans devant les Prussiens. La Bretagne est alors menacée, dernière carte pour négocier un armistice pas trop indigne : mutineries, épidémies, épuisement généralisé, que faire ?

À une encablure de là donc, un trou perdu, Pontmain, hameau de moins de cent habitants y compris les nouveau-nés et une marmaille nombreuse, souffre du drame de façon un peu assourdie. Ce jour-là, l’angoisse n’empêche pas le train-train quotidien : piler des ajoncs pour le bétail, préparer les repas…

À partir de 18h et jusqu’à 21h, dans un va-et-vient sur la grand’ place de l’église, deux enfants, puis d’autres voient au-dessus d’une grange, une douceur qui sourit au milieu d’un ciel très dégagé, constellé d’étoiles. De quart d’heure en quart d’heure, les enfants s’assemblent, les adultes aussi (qui ne voient pas), jusqu’à un nouveau-né qui crie en pointant du doigt, « Zésus », le seul mot qu’il sache. Deux religieuses et le curé qui tient bien sa paroisse se mêlent à la grosse cinquantaine de témoins (les trois quarts du village).

En humilité

En ces heures graves, tous jouent le jeu presque d’emblée. Un épisode mérite d’être souligné, car il éclaire l’actualité d’aujourd’hui et ses tristesses. Alors que Marie souriait et attirait les sourires des enfants, jouant parfois même de ses mains comme pour cajoler de loin (au-dessus du toit de la grange), « Vlà qu’elle tombe en humilité », disent-ils à un moment : en humilité, c’est-à-dire en tristesse, état de l’homme humilié, tombé à terre. Dans le brouhaha, le curé demande alors le silence. On lui propose de s’adresser à Notre Dame. « Hélas, je ne la vois pas, que pourrais-je lui dire… » Prions : mot-clé, celui de cette neuvaine de mois pour la France.

Au cours de la liturgie improvisée alors dans le froid piquant (chapelet, litanies, hymnes mariales, cantiques…), Notre-Dame, silencieuse, dévoile quelques symboles (croix, cierges) et surtout déroule un message tout simple sous ses pieds, à chaque intonation de ces diverses prières :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER.

Le premier mot (“mais”), le manque de ponctuation, le gros point, ce qui est souligné, tout cela intrigue le Français qui aime les idées claires. À Pontmain, Marie s’est moquée finement de nos désirs d’investigation exhaustive, qui nous poussent à vouloir tout savoir, tout de suite.

Toujours est-il que trois jours après ce 17 janvier, contre toute attente, les Prussiens rebroussaient chemin et l’armistice était signé le 28.

La vraie France

Conclusion : Pontmain est un trou perdu (et resté tel) ; la vraie France se joue là où elle échappe aux médias, ayant en elle l’avenir de Dieu dans sa fidélité aux gestes de la vie quotidienne, au court terme « tout bête » mais bien ordonné, laissant le long terme à la Providence qui voit plus loin que nos prudences, surtout quand elles sont affolées.

Un évêque me disait récemment de saint Joseph : « Plus il se cache, plus il rayonne. » La vocation de la France doit lui ressembler, rayonnant dans l’humilité cachée, dans l’effort patient qui ne paie pas de mine. « Jeunesse nouvelle, jeunesse rebelle » à l’avilissement des âmes, écoute bien Marie qui te dit comment prier.

Dom Hervé Courau

Dom Hervé Courau osb est abbé de Notre Dame de Triors. Entré en 1964 à l’abbaye de Fontgombault où, après son ordination sacerdotale en 1974, il a été hôtelier, puis maître des novices, il a été nommé en 1984 à la tête de la fondation faite par Fontgombault à Triors, dans la Drôme, à 20 km de la ferme de Marthe Robin. Il en a été béni premier abbé en 1994.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 18:53

Par Saint Bonaventure 

(1221-1274), franciscain, docteur de l'Église latine. Sermon 'Christus unus omnium magister' (trad. coll. Maîtres spirituels, Seuil 1963, p. 72) 

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« Voilà un enseignement nouveau proclamé avec autorité ! »

 

       « Vous avez un seul maître, le Christ » (Mt 23,10)...

Le Christ est en effet « le reflet de la gloire du Père, l'empreinte de sa substance, qui soutient toute chose par sa parole puissante » (He 1,3).

C'est lui l'origine de toute sagesse ; le Verbe de Dieu dans les hauteurs est la source de la sagesse.

Le Christ est la source de toute connaissance vraie ; il est, en effet, « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6)...

En tant que voie, le Christ est maître et principe de la connaissance selon la foi...

C'est pourquoi Pierre enseigne dans sa deuxième lettre :

-« Nous tenons pour très certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter votre attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur » (1,19)... Car le Christ est le principe de toute révélation par son avènement dans l'esprit, et l'affermissement de toute autorité par son avènement dans la chair.



      Il vient d'abord dans l'esprit comme lumière révélatrice de toute vision prophétique. Selon Daniel :

-« Il révèle ce qui est profond et caché ; il connaît ce que couvrent les ténèbres, et la lumière est avec lui » (2,22) ; il s'agit de la lumière de la divine sagesse qui est le Christ. Selon Jean, il dit :

-« Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marche pas dans les ténèbres » (8,12), et « Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir enfants de lumière » (12,36)...

Sans cette lumière qui est le Christ, personne ne peut pénétrer les secrets de la foi.

Et c'est pourquoi, au livre de la Sagesse, nous lisons : « O Dieu, envoie cette Sagesse de ton saint ciel et du trône de ta majesté, afin qu'elle soit avec moi et travaille à mes côtés.

Je saurai ainsi ce qui te plaît...

En effet, quel homme peut connaître le dessein de Dieu, et qui peut concevoir la volonté de Dieu ? » (9,10-13)

Personne ne peut parvenir à la certitude de foi révélée, sinon par l'avènement du Christ dans l'esprit et dans la chair.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 21:23
A PROPOS DE  LA CONFESSION
vierge au manteau

La confession est certainement pour chaque prêtre consciencieux l'un des aspects les plus délicats et les plus difficiles de son ministère pastoral.

Il y trouve d'une part le seul véritable objet de son activité pastorale : l'âme de l'homme pécheur, mais qui se tient devant Dieu. Mais d'autre part il acquiert la conviction que le Christianisme d'aujourd'hui est devenu purement nominal.

Les concepts les plus élémentaires pour un Chrétien, de péché et de repentir, de réconciliation avec Dieu et de naissance à la vie nouvelle semblent s'être vidés de leur sens.

Ces mots continuent d'être employés, mais leur contenu est loin du sens sur lequel est fondée notre foi chrétienne.


Une autre source de difficultés est l'incompréhension pour la majorité des Orthodoxes, de l'essence même du sacrement de pénitence.

En pratique, nous trouvons deux approches opposées de ce sacrement : l'une juridique et formelle, l'autre psychologique.


Dans le premier cas, la confession est comprise comme une simple énumération des infractions à la loi, après quoi est donnée l'absolution des péchés et la personne est admise à la communion.

La confession est alors réduite au minimum et dans certaines églises (en Amérique) elle est même remplacée par une formule générale que le pénitent lit dans un texte imprimé.

Cette optique met l'accent sur le pouvoir du prêtre d'absoudre et remettre les péchés et cette absolution est considérée comme valable "en elle-même" quel que soit l'état de l'âme du pénitent.

Si dans cet aspect des choses nous avons affaire à une tendance "latinisante", l'autre approche peut se définir comme "protestante".

La confession devient alors une conversation d'où doit venir une aide, la solution des "problèmes" et des "questions".

C'est un dialogue, mais pas le dialogue de l'homme avec Dieu, non : le dialogue de l'homme avec un conseiller réputé sage et expérimenté, disposant d'une panoplie de réponses toutes prêtes à toutes les questions de l'homme...

Dans ces deux approches, on observe à l'évidence un obscurcissement et une déformation de la vraie manière orthodoxe de comprendre la sacrement ode la confession.


Cette déformation a plusieurs raisons. Et sans avoir la possibilité de les énumérer toutes, ni même esquisser brièvement l'histoire très compliquée du développement dans l'Eglise du sacrement de pénitence, quelques remarques préliminaires s'imposent, avant de tenter d'indiquer une solution possible au problème que pose la confession.

A l'origine, le sacrement de pénitence était compris comme la réconciliation et la réunion à l'Eglise des excommuniés, c'est-à-dire des chrétiens exclus de l'assemblée (ecclesia) du Peuple de Dieu, de l'Eucharistie comme sacrement de l'assemblée, comme participation au Corps et au Sang du Christ.

L'excommunié, c'est celui qui ne peut pas participer à l'oblation, et qui pour cette raison ne participe pas non plus à la "koinonia", à la communauté, à la communion.

Et la réconciliation avec l'Eglise de l'excommunié était un long processus qui se terminait par la rémission des péchés, attestant le repentir, la condamnation du pécheur de son péché, le refus de son péché, par conséquent la réunion à l'Eglise.

Le pouvoir d'absoudre et de remette les péchés n'était pas conçu comme un pouvoir en soi, indépendant du repentir.

Il était compris comme le pouvoir de témoigner du repentir accompli et par conséquent du pardon et de la réunion à l'Eglise c'est-à-dire du repentir et de son fruit : la réconciliation avec Dieu dans l'Eglise...

L'Eglise, en la personne du prêtre, atteste que le pécheur s'est repenti et que Dieu "l'a réconcilié et uni" avec l'Eglise en Jésus-Christ.

Et malgré toutes les modifications extérieures dans la pratique du sacrement de pénitence, c'est bien de cette façon originelle de comprendre le sacrement qui reste le point de départ pour l'explication orthodoxe du sacrement.


Mais cela n'exclut pas le fait que, et cela depuis le début, le ministère pastoral dans l'Eglise incluait obligatoirement le SOUCI DES AMES, c'est-à-dire la direction de la vie spirituelle des hommes et l'aide dans la lutte contre le péché et le mal.

Mais au début, pourtant, ce souci des âmes n'avait pas de rapport direct avec le sacrement de pénitence. Et ce n'est que sous l'influence du monachisme dont la théorie et la pratique de la guidance spirituelle était fortement développée que le souci des âmes s'est inséré progressivement dans la confession.

Et la sécularisation toujours croissante, la laïcisation de la société ecclésiale ont fait de la confession pratiquement la seule forme de guidance spirituelle.

Après la conversion de l'empereur Constantin, l'Eglise a cessé d'être une minorité de fidèles héroïques et s'est presque entièrement fondue dans le monde (d'où le "laïc" en grec "laïkos" qui est l'homme vivant dans le monde le peuple (laos).

Cette Eglise s'est trouvée confrontée à une masse de chrétiens de nom et le changement radical dans la pratique eucharistique de la communion générale comme manifestation de l'unité du peuple de Dieu à la communion plus ou moins fréquente et "privée" a entraîné la métamorphose de la façon de comprendre la pénitence.

De sacrement de réconciliation des excommuniés de l'Eglise, elle est devenue le sacrement régulier des membres de l'Eglise. Et les théologiens se sont mis à souligner non plus l'aspect pénitentiel comme voie du retour à l'Eglise, mais la rémission des péchés comme pouvoir de l'Eglise...


Mais l'évolution du sacrement de pénitence ne s'est pas arrêtée là.

La laïcisation de la société chrétienne signifiait avant tout qu'elle adoptait des façons de voir humanistes et pragmatiques qui ont considérablement obscurci la façon chrétienne de comprendre le péché et le repentir.

La compréhension du péché comme rupture avec Dieu et avec la seule vie véritable - avec Lui et en Lui - a été obscurcie par un légalisme moraliste et ritualiste dans lequel le péché a été ressenti comme une infraction formelle à la loi.

Mais dans une société auto-satisfaite et qui idolâtre l'homme, avec son étiquette de "convenances" et de "succès", même cette loi s'est peu à peu transformée. Elle a cessé d'être la norme absolue et s'est réduite à un code généralement admis et relatif de règles morales.


Si dans les premiers siècles le chrétien avait toujours conscience d'être un pécheur pardonné et conduit, sans aucun mérite de sa part, dans le Palais de l'Epoux, ayant reçu une vie nouvelle et devenu participant du Royaume de Dieu, le chrétien actuel, puisqu'aux yeux de la société il était "une personne honorable", a perdu peu à peu cette conscience.


Sa vision des choses exclut les notions mêmes de vie ANCIENNE et de vie NOUVELLE. Bien sur, il fait de temps à autre des "mauvaises actions" mais c'est "naturel" dans la vie, et cela n'entame en rien son autosatisfaction...

La société dans laquelle nous vivons, la presse, la radio, etc, nous dit à longueur de journée que nous sommes intelligents, beaux, gentils et que nous vivons dans la meilleure des sociétés possibles et les "chrétiens", hélas, prennent cela au sérieux, prennent cela pour argent comptant...


La laïcisation a fini par gagner aussi le clergé. On a fini par comprendre le prêtre comme une sorte de serviteur de ses paroissiens, au service de leurs besoins spirituels. Et la paroisse tout entière, comme organisation, veut que le prêtre soit le miroir dans lequel les gens peuvent contempler leur propre perfection.

Est-ce que le prêtre ne doit pas tout le temps remercier quelqu'un et faire l'éloge des efforts, du soutien matériel et de la générosité ?

Les péchés sont cachés dans le "secret de la confession" rigoureux et intime, tandis qu'à la surface tout va très bien.

Et voilà cet esprit d'autosatisfaction, d'apaisement moral, qui pénètre notre vie ecclésiale de part en part.

Le succès de l'Eglise se mesure à son succès matériel, à sa fréquentation, à la quantité d'organisations paroissiales et para-ecclésiales.

Mais dans tout cela, où y a-t-il place pour la repentance ?

Elle aussi est presque absente de l'organisation même de la prédication et de l'activité de l'Eglise.

Le prêtre appelle ses paroissiens à plus d'ardeur, à des "succès" de plus en plus grands, à l'observation des règles et des coutumes, mais lui-même ne perçoit déjà plus le monde "comme" la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la richesse (1Jn 2, 16) ; mais il ne croit pas lui-même que l'Eglise est vraiment le salut pour les brebis perdues, et non une institution religieuse pour la satisfaction modérée des "besoins spirituels" modérés des "membres actifs de la paroisse"...

Dans pareilles conditions spirituelles, dans une situation aussi pseudo-chrétienne, la confession ne peut naturellement être rien d'autre que ce qu'elle est devenue : ou bien l'un des devoirs religieux" qu'il faut accomplir x fois dans l'année pour être en règle avec une norme canonique abstraite, ou bien un entretien avec le prêtre, pour "discuter" de telle ou telle "difficulté" (difficulté, justement, et non péché, parce qu'une difficulté conscientisée comme un péché cesse par là-même d'être une difficulté...), qui reste d'habitude entière parce que sa seule solution serait justement d'accepter la doctrine chrétienne du péché et du pardon.

Est-il possible de rétablir la compréhension et la pratique orthodoxe de la confession ? Oui, si nous avons le courage de commencer à la rétablir en profondeur et non en surface.


Et ici le point de départ, comme dans toute vie ecclésiale, doit être la prédication, l'enseignement.

D'un certain point de vue, toute la doctrine de l'Eglise est un seul appel à la repentance au sens le plus profond de ce mot : c'est-à-dire une nouvelle naissance, à une réévaluation de toutes les valeurs, à une nouvelle vision et à une nouvelle compréhension de toute la vie à la lumière du Christ.

Et il n'est pas nécessaire de prêcher tout le temps sur le péché, de juger et de condamner, car c'est seulement quand l'homme entend l'appel authentique et le contenu de la Bonne Nouvelle, quand commence à s'ouvrir, la profondeur divine, la sagesse et la portée totale de cette Nouvelle, ce n'est qu'alors que l'homme devient capable de repentir.

Le véritable repentir chrétien, c'est avant tout de ressentir l'abîme qui le sépare de Dieu et de tout ce que Dieu a donné et révélé à l'homme, de la vie véritable.

Ce n'est qu'en voyant le Palais de Dieu, tout orné, que l'homme comprend qu'il n'a pas la robe nuptiale pour y entrer...

Notre prédication est trop souvent comme un impératif abstrait : il faut faire ceci, il ne faut pas faire cela ; mais une énumération de prescriptions et d'ordres n'est pas une prédication.

La prédication est toujours une découverte, au début du sens positif et de la lumière de l'enseignement du Christ et uniquement par rapport à Lui des ténèbres et du mal du péché.

Seul le sens rend la prescription, la règle, le commandement convaincant et vivifiant. Mais la prédication doit inclure évidemment, une critique en profondeur du sécularisme dans lequel nous vivons, des idées dont, inconsciemment, nous nous imprégnons et nous vivons.

Les Chrétiens sont appelés à lutter continuellement contre des idoles qui sont si nombreuses aujourd'hui : "matérialisme", "chance", "succès", etc.

Car encore une fois, ce n'est qu'en replaçant le monde à sa juste place, profondément, chrétiennement, le monde, la vie et la culture, que le concept de péché prend son vrai sens comme avant tout une déviation de tout le courant de la conscience, de l'amour, des intérêts, des aspirations...

Comme culte des valeurs qui ne sont pas des vraies valeurs... Mais cela présuppose- que le prêtre soit lui-même libéré de l'asservissement à "ce monde" et de l'identification à lui, cela suppose qu'il mette la vérité éternelle et non des "considérations pratiques" au cœur même de son service pastoral...

La prédication et l'enseignement doivent être porteurs d'un principe prophétique, d'un appel à tout considérer et tout apprécier par les yeux du Sauveur Lui-même.


Ensuite, la confession doit être replacée dans le cadre du mystère de la pénitence (metanoïa) ; chaque sacrement comprend au moins trois moments constitutifs : la préparation, le rite lui-même, et enfin son "accomplissement".

Et bien que, comme on l'a dit plus haut, toute la vie et toute la prédication de l'Eglise soient en un certain sens une préparation à la repentance, un appel au repentir, l'exigence et la tradition d'une préparation toute spéciale des pénitents au sacrement n'en demeure pas moins.


Il existe depuis toujours dans l'Eglise des temps pénitentiels : les carêmes. Ce sont des périodes où la liturgie elle-même devient en quelque sorte l'école du repentir, la préparation de l'âme à la fois à voir la beauté céleste du Royaume et à s'attrister sur la distance qui nous sépare du Royaume.


Tous les offices du Grand Carême par exemple, sont tout entiers un soupir de repentance et cette radieuse tristesse dont ils brillent et nous communiquent l'image, est presque intraduisible en paroles mais pourtant si évidente et si effective, de ce qu'est et ce qu'accomplit dans notre âme le repentir véritable...


C'est pourquoi le carême est un temps où il importe de faire porter la prédication sur le sacrement de pénitence. L'ordo des lectures, des psaumes, des hymnes, des prières et des inclinations tout cela donne infiniment et toute cette prédication doit "coller" à la vie, aux gens, à ce qui s'accomplit dans leur vie en ce jour, à cette heure.

Le but est de les éveiller à une véritable atmosphère de repentance, de les obliger à se concentrer non sur un péché particulier, mais sur l'état de péché, de limitation, de pauvreté spirituelle de toute leur vie, d'inventer pour cette vie des "moteurs" intérieurs... En quoi réside leur trésor ?

Vers quoi leur cœur tend-il ? Comment considèrent-ils et quel usage font-ils du temps précieux de la vie que Dieu leur a donnée ? Pensent-ils à la fin vers laquelle ils s'acheminent irrévocablement ?

Celui qui ne serait-ce qu'une fois dans sa vie a réfléchi à toutes ces questions et qui a compris, ne serait-ce qu'à la limite de sa conscience, que toute la vie ne peut être donnée qu'à Dieu, celui-là est déjà sur le chemin du repentir qui est déjà en soi porteur d'une force de renouveau, de conversion, de retour...

Dans cette préparation, il faut inclure une explication du rite de la confession, des prières, de l'absolution, etc…


Le rite de la confession comprend :

1) les prières avant la confession,

2) l'appel à la repentance,

3) l'aveu des fautes du pénitent et le mandement à celui-ci et

4) l'absolution.


II ne faut pas omettre les prières avant la confession. La confession n'est ni une conversation d'homme à homme ni une auto-analyse rationnelle. L'homme peut dire . "J'ai péché", sans éprouver le moindre repentir.

Et si tous les sacrements comportent une sorte de changement, dans le sacrement de pénitence s'accomplit la transformation d'un "aveu des fautes" formel et humain en un repentir chrétien, où le pénitent, par la grâce, comprend le péché dans sa vie et aussi l'amour total de Dieu pour l'homme, un amour qui englobe tout.

Ce changement ne peut s' opérer qu'avec l'aide du Saint Esprit et son "épiclèse", l'invocation du Saint Esprit pour qu'Il nous donne cette aide, et cette épiclèse, ce sont les prières avant la confession.


Ensuite, vient l'appel à la repentance. C'est la dernière exhortation.

"Voici, mon enfant, le Christ est invisiblement présent...". Mais au moment décisif où le prêtre affirme la présence du Christ, comme il est important que lui, le prêtre, ne fasse pas obstacle au pécheur !

Dans le sacrement de pénitence, le prêtre n'est pas un "procureur" non plus qu'un témoin sans voix et passif. IL EST L'IMAGE DU CHRIST, c'est-à-dire Celui Qui assume les péchés du monde, qui porte cette miséricorde et cette compassion infinie que seul le cœur de l'homme peut découvrir.

Le métropolite Antoine Khrapovitski définissait l'essence même du sacerdoce comme l'amour compatissant. Et la pénitence est le sacrement de réconciliation et d'amour, et non de "jugement" et de condamnation.

C'est pourquoi la meilleure forme d'appel à la repentance sera que le prêtre, s'identifie lui-même avec le pénitent : "Nous avons tous péché devant Dieu...".


La confession elle-même peut bien sur prendre diverses formes. Mais comme le pénitent ne sait souvent pas comment commencer, le prêtre a le devoir de l'aider : c'est pourquoi la forme du dialogue est la plus commode et la plus naturelle.

Et bien que tous les péchés se réduisent en fin de compte à un seul : l'absence d'un véritable amour de Dieu, de foi et d'espérance en Lui, on peut partager la confession en trois grandes" régions du péché".


Notre attitude envers Dieu : les questions sur la foi elle-même, ses faiblesses, les doutes et les altérations, la prière, le jeune, les offices.

Trop souvent la confession se réduit à une énumération d'actes immoraux et on oublie que la racine de tous les péchés est justement là : dans le domaine de la foi et de la relation vivante et personnelle à Dieu.


L'attitude envers le prochain : l'égoïsme et l'égocentrisme, l'indifférence envers le gens, l'absence d'amour, d'intérêt, d'attention, la cruauté, l'envie, les racontars...

Dans ce domaine tous les péchés doivent être effectivement "individualisés" pour que le pécheur sente et voie dans l'autre, dans celui contre qui il a péché, un frère, et qu'il voie dans son propre péché une atteinte à "l'union dans l'amour" et la fraternité...


L'attitude envers soi-même : les péchés et séductions de la chair, contraire à l'idéal chrétien de pureté et d'intégrité, le respect du corps comme temple du Saint Esprit, scellé et sanctifié dans l'onction chrismale.

L'absence de désir et d'effort pour "approfondir" sa vie , les divertissements bon marché, la boisson, l'irresponsabilité dans l'accomplissement de son devoir dans la vie les dissensions familiales...

Nous ne devons pas oublier que le plus souvent nous avons affaire à des gens qui ne savent pas ce que c'est que s'éprouver soi-même et sa conscience, et dont toute la vie est déterminée par des idées et des habitudes dictées par le conformisme et donc privées de repentir authentique.

Le but du confesseur est de détruire cette auto-satisfaction bourgeoise et superficielle, de placer l'homme en face de la sainteté et de la grandeur du dessein de Dieu sur lui, d'éveiller en lui la conscience que toute la vie est une lutte et un combat...

Le christianisme est la "voie étroite" et l'acceptation du fardeau, de l'exploit et de la peine de cette voie étroite ; sans comprendre et accepter cela il n'y a aucun espoir de christianiser notre vie ecclésiale...


Le dialogue de la confession s' achève par un mandement. Le prêtre doit appeler le pénitent à changer sa vie, à refuser le péché.

Le Seigneur ne pardonne pas, tant que le pécheur ne veut pas d'une nouvelle vie, d'une vie meilleure, ne décide pas d'entamer la lutte contre le péché et le difficile retour à "l'image de la gloire ineffable" en lui-même.


Nous savons que ce n'est pas possible en évaluent humainement, froidement nos forces avec réalisme. Mais à cet "impossible", le Christ a déjà répondu :

-"Ce qui est impossible à l'homme, est possible à Dieu..

Ce qui nous est demandé, c'est, le désir, l'effort, la décision." Le Seigneur nous aidera.


C'est alors et alors seulement que la solution est possible car en lui s'accomplit tout ce qui l'a précédé, la préparation, les efforts, la lente croissance du repentir dans l'âme.

Je le répète, selon la perspective orthodoxe il n'y a pas d'absolution pas là où il n'y a pas de repentir. Dieu ne reçoit pas l'homme qui n'est pas venu vers Lui.

Et "venir à Lui" signifie se repentir, se convertir, porter un autre jugement sur la vie et sur soi-même.

Voir dans l'absolution des péchés uniquement un pouvoir du prêtre et efficace quelles que soient les circonstances où les paroles de l'absolution sont prononcées, c'est dévier vers la magie sacramentelle, condamnée par tout l'esprit et la tradition de l'Eglise orthodoxe.


C'est pourquoi l'absolution des péchés est impossible si l'homme, premièrement, n'est pas orthodoxe, c'est-à-dire s'il nie ouvertement et consciemment les dogmes essentiels de l'Eglise et s'il persiste à vouloir demeurer dans son état évident de péché : par exemple la vie dans l'adultère, un métier déshonnête, etc… et si enfin il dissimule ses péchés ou s'il ne voit pas qu'il est dans le péché.

Père Alexdandre Schmemann  

Source: www.orthodoxa.org

 

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 17:17

MARIE, EDUCATRICE DES ÂMES

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Nous savons par expérience combien il est difficile de dire constamment et quoiqu’il en coûte, ce libre oui d’amour que Dieu réclame de nous. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons fait notre Consécration à Marie, voulant être pour Elle, par Elle et en Elle «esclaves d’amour» de Jésus.

Dans la lumière de l’Esprit-Saint, il nous a été donné de comprendre, en effet, que Marie en sa qualité d’Educatrice des âmes, détient un secret de grâce pour nous faire dire ce oui dont nous sommes par nous-mêmes incapables à cause de notre faiblesse.

Mais un tel résultat ne peut être atteint que dans la mesure où, renonçant à notre volonté propre, nous nous laissons faire par Elle.

Une maman ne peut pas faire grand-chose de l’enfant qui se débat dans ses bras parce qu’il veut agir par lui-même, par contre elle fait tout ce qu’elle veut du tout petit qui se tient immobile entre ses bras, entièrement confiant et abandonné à elle.

C’est cette dernière attitude d’humble petitesse et de docilité (appelée enfance spirituelle) que Marie, notre Mère à la fois si douce et si exigeante, attend de nous.

Abbé Pierre Cousty

 

mere_de_dieu.jpgLe nom de la Vierge était Marie, qui signifie étoile de la mer. (...)

 

Elle est cette brillante et merveilleuse étoile qui domine heureusement notre mer immense, étincelante de mérites, éclatante de vertus.

 

O vous donc, qui flottez sur le courant de ce siècle parmi les orages et les tempêtes, plutôt que vous ne marchez sur la terre, tenez vos yeux fixés sur cette étoile, si vous ne voulez pas sombrer sous les flots.

 

Êtes-vous assailli par les vents des tentations, précipité sur les écueils des tribulations : regardez l'étoile, appelez Marie.

 

Êtes-vous ballotté par les flots de l'orgueil, de l'ambition, de la médisance ou de l'envie regardez l'étoile, appelez Marie.

 

Si la colère, l'avarice ou les sollicitations de la chair agitent la nacelle de votre âme, regardez Marie. Si, troublé par l'énormité de vos crimes, confus de la laideur de votre conscience, effrayé de l'horreur du jugement vous vous sentez descendre dans le gouffre de la tristesse, dans l'abîme du désespoir: pensez à Marie.

 

Dans les périls, dans les angoisses, dans les perplexités, pensez à Marie, invoquez Marie. Ayez-La toujours sur les lèvres, toujours dans le coeur : et pour obtenir le suffrage de sa prière, ne manquez pas de suivre l'exemple de sa vie.

 

Tant qu'on La suit, on ne dévie pas ; tant qu'on La prie, on ne désespère pas ; tant qu'on pense à Elle, on n'erre pas.

 

Avec son appui on ne peut choir ; sous sa protection, on ne craint rien ; sous sa conduite, on ne se lasse pas ; avec sa faveur on arrive ; et ainsi on éprouve en soi-même la vérité de cette parole : le nom de la Vierge était Marie.

 

(Homilia il, n' l 7 de Saint Bernard)

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 12:48

Une forêt de croix gravées dans le désert d’Arabie saoudite (Source: "L'Orient le Jour")

CONFÉRENCE MUSÉE AUB

Au Ve siècle, dans une Arabie où les rois de Himyar accordaient leur soutien au judaïsme, une communauté chrétienne a inscrit sa marque en gravant des croix ostentatoires au cœur du désert.

 

À travers les épigraphies d'une communauté chrétienne en Arabie du Sud au Ve siècle, Frédéric Imbert a mené son auditoire non seulement aux sources du christianisme en Arabie, mais aussi aux sources mêmes de l'écriture arabe. Spécialiste d'épigraphie arabe et islamique, professeur à l'université d'Aix et membre de la mission franco-saoudienne de prospection dans l'émirat de Najrân, au sud de l'Arabie, Imbert a exposé lors d'une conférence au musée de l'Université américaine de Beyrouth, les découvertes qu'il a faites dans la zone de Jabal Kawkab (la montagne de l'Astre) dont les parois rocheuses ont révélé des inscriptions assorties de croix, mais aussi, sur des kilomètres et des kilomètres, des milliers de gravures rupestres de toutes les époques, depuis la préhistoire jusqu'à l'époque islamique.

 

Les croix de Bīr Ḥimā
Les anciennes inscriptions de la communauté chrétienne ont été découvertes en janvier 2014 au sud de Jabal Kawkab dans le secteur de Hima, dit aussi Bîr Ḥimā ou Ᾱbār Ḥimā, « appellations renvoyant à une zone de puits connus depuis la plus ancienne Antiquité ». Le site, posé sur l'ancienne voie qui reliait le Yémen à Najran sans passer par le grand désert du Rub' al-Khālî, était « une halte majeure pour l'approvisionnement en eau ». Non loin de ces puits, le conférencier a découvert des inscriptions gravées sur des rochers, « face écrite tournée vers le haut ». Son regard est attiré par « la qualité de la gravure et la typologie des caractères », ainsi que par « la taille ostentatoire » et les formes variées des croix gravées, associées systématiquement aux textes. « Il est vrai qu'elles ne sont pas les seules croix connues en Arabie du Sud et de l'Est, mais il s'agit sans doute des plus vieilles croix chrétiennes en contexte daté de 470 de notre ère », souligne Frédéric Imbert.


Pourtant, aucune trace de bâti n'a été relevée sur le site. Et l'ensemble des inscriptions, qui s'étend sur plus d'un kilomètre, ne fournit qu'une série de noms. Elles ne contiennent ni phrases construites ni textes relatant un événement. L'identification de la langue reste donc aléatoire. « Nous pensons au travers de quelques mots qu'il s'agit d'une forme tardive et peut-être locale d'araméen », indique-t-il. Quant à la lecture des noms, elle ne s'impose pas immédiatement.


À titre d'exemple, « Yawnan bar Malik(w) ne porte aucun point diacritique et il peut être aussi lu Ṯawbān, mais nous penchons plutôt pour Yawnān, comme le propose le savant onomasticien Ibn Mākūlā dans son ouvrage al-Ikmāl », explique le conférencier, précisant que dans le contexte chrétien, il s'agit de la forme ancienne de Yūnus ou Jonas. Donc on peut lire « Jonas fils de Malik ». Ensuite, se référant au calendrier de l'antéislam proposé par « Muḥammad b. al-Mustanīr, surnommé Quṭrub (m. 206/821), grammairien d'al-Baṣra », il souligne que « burak » correspond à l'actuel mois hégirien de Dhâ l-Hijja.
Quant à la date, elle correspondrait, selon le système de numération nabatéen, à l'an 470 de notre ère. Les inscriptions dateraient du règne du souverain himyarite Shuriḥbi'īl Yakkūf qui gouverna l'Arabie du Sud de 470 à 475. C'est sous son autorité qu'auraient débuté les persécutions de chrétiens. Les inscriptions révèlent d'ailleurs le nom de Marthad et celui de Rabī', inscrits sur la liste des martyrs de Najrân, dans le Livre des Himyarites.



(Pour mémoire : Hegra, la Pétra d'Arabie saoudite, dévoile ses secrets)

 

Le nabatéo-arabe : une écriture de transition
En ce qui concerne le registre de l'écriture, le spécialiste reste prudent. Selon lui, « l'inscription ressemble à de l'arabe, et nous pourrions être tentés de l'appeler « écriture arabe antéislamique » ; mais ce serait sans doute partiellement exact dans la mesure où nous ne sommes pas sûrs qu'il s'agisse purement de langue arabe, et ce serait ignorer la forme de certains caractères qui se rapprochent plus de l'écriture nabatéenne telle qu'on la connaît dans le nord de l'Arabie. C'est pourquoi il semble préférable de la qualifier d'inscription en écriture nabatéo-arabe », dit M. Imbert, ajoutant que « jusqu'à présent, on pensait que l'écriture arabe dérivait du syriaque (écriture utilisée dans les milieux chrétiens en Syrie et en Bas-Irak), mais certains demeurent convaincus qu'elle pouvait dériver du nabatéen tardif ». Le conférencier rappelle que ces dernières années, les travaux menés par la chercheuse du CNRS Orient & Méditerranée Laïla Nehmé, dans le nord de l'Arabie et autour de Madā'in Ṣālih, ont montré qu'il existait une écriture de transition, le nabatéo-arabe, dont certains caractères montrent déjà l'évolution vers les formes connues de l'écriture arabe que nous connaissons.

 

Le massacre des chrétiens
Pour comprendre le contexte dans lequel ces écrits ont été produits, Frédéric Imbert expose un petit historique de la zone, expliquant qu'à la fin du IIIe siècle après J.-C., la dynastie himyarite qui a régné durant 150 ans affirme sa neutralité entre les grands empires byzantin et perse, en faisant le choix du judaïsme.
D'autre part, le christianisme s'est répandu en Arabie à partir du IVe siècle, mais « c'est au VIe qu'il va prendre son essor dans la région du golfe Arabo-Persique, dans les régions côtières du Yémen et dans celle de Najrân. L'un des facteurs importants de sa diffusion va être l'activité missionnaire des chrétiens de l'empire perse sassanide et celle des missionnaires syriens monophysites qui sont hostiles au concile de Chalcédoine (451), et ce sont eux qui semblent exercer des responsabilités ecclésiastiques à Najrân. Deux évêques y sont d'ailleurs consacrés entre 485 et 519 ».


Mais un coup de force installe sur le trône himyarite un usurpateur qui prend le nom de Yûsuf/ Joseph appelé également Dhū Nuwās. C'est lui qui ordonnera le massacre des chrétiens de Najrân.
Ce massacre est confirmé par plusieurs sources dont le Martyre d'Aréthas, ouvrage publié dans les Monographies, et les textes épigraphiques écrits en sudarabiques par un général du roi Yūsuf Dhū Nuwās. Ce dernier évoque clairement les événements. Le Coran se fait également l'écho dans la sourate al-Burūǧ (les Constellations).


À l'appel des chrétiens survivants, relayé par l'empereur byzantin, le roi d'Ethiopie Kâleb monte une expédition militaire pour venir au secours des persécutés. Son armée renverse et met à mort Yûsuf, lequel est remplacé par un nouveau roi chrétien. L'Arabie du Sud devient un protectorat éthiopien et le restera jusqu'à la conquête de l'Islam.


D'où est venue cette communauté ?
Il est possible que cette communauté chrétienne soit venue d'Irak, plus précisément d'al-Ḥira, « ville arabe de tradition chrétienne, pôle de christianisation des rives du golfe Arabo-Persique et qui compte déjà des épiscopats et des églises. Leur orientation théologique pourrait être celle des nestoriens d'al-Hîra, mais c'est difficile à prouver », dit le conférencier, soulignant que cette communauté avait adopté une langue et une écriture (l'araméen et le nabatéo-arabe) qui ne sont pas celles du royaume de Himyar, c'est-à-dire le sudarabique et le sabéen.

 

Le plus vieux livre des Arabes
Pour conclure, Frédéric Imbert signale que tout le contexte épigraphique de Hima et de la zone du Jabal Kawkab est troublant tant cette région affiche des milliers de représentations humaines et animales, de versets, de croix, de vers de poésie, de textes en arabe, en sudarabique, en thamoudéen ou en nabatéen. « Nous travaillons sur ce que j'appelle "le plus vieux livre des Arabes", un livre écrit sur les pierres du désert par des hommes qui vécurent à l'époque où une certaine forme de monothéisme se met en place dans la douleur et l'opposition, les massacres et les guerres. Aujourd'hui, c'est une page de l'histoire des Arabes et du christianisme que nous essayons de retrouver et qu'il va falloir aller chercher au sud de l'Arabie. »

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 21:02

LES RELIQUES DE MARIE

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Au milieu du V° siècle, les souverains de Constantinople, aujourd’hui devenue Istanbul en Turquie, demandèrent à l'archevêque de Jérusalem de leur envoyer le saint cercueil avec les vêtements funèbres de la Vierge Marie, qui s'y trouvaient.

L'ayant reçu, ils le déposèrent dans le sanctuaire des Blachernes, à Constantinople, élevé en l'honneur de la sainte Théotokos. Ce sanctuaire conserva les reliques du manteau de Marie jusqu'au sac de la ville par les Croisés, en l'an 1204.

Le sanctuaire de Chalcoprateia (Constantinople) conserva les reliques de la ceinture de Marie jusqu'à l'arrivée des Turcs en l'an 1453. Il y avait d’autres reliques de la Vierge à Constantinople. Ainsi, bien avant la chute de la ville passée aux mains des Ottomans, Charlemagne reçut de l'empereur d'Orient trois reliques du voile de Marie, et il les conserva à Aix la Chapelle.

Son petit fils Charles le Chauve les dispersa : un voile resta à Aix-la-Chapelle, et il y est encore vénéré ; un voile fut donné en l'an 876, à la cathédrale de Chartres. Il est en soie. Il fut découpé et dispersé en l'an 1793 ; un voile fut donné en l'an 876, à l'abbaye de Saint-Corneille, à Compiègne. Il est "façon lin" et il y est encore vénéré. 

 

 

Il est tout à fait compréhensible que l'Eglise de Jérusalem, puis l'Eglise universelle, honora et prit soin des souvenirs matériels de la mère de Jésus, le Rédempteur.
Avec l'amour, qu'un peu de légende se soit mélangée à l'histoire, c'est possible aussi.
L'histoire des reliques vestimentaires a commencé en Orient, et a gagné ensuite l'Occident.

La relique des vêtements funèbres (manteau et ceinture) de Marie

Au milieu du V° siècle, « les souverains [de Constantinople] demandèrent à l'archevêque [de Jérusalem] Juvénal de leur envoyer lui-même, dûment scellé, ce saint cercueil avec les vêtements funèbres de la glorieuse et toute sainte Théotokos Marie, qui s'y trouvaient. L'ayant reçu, ils le déposèrent dans le sanctuaire élevé aux Blachernes en l'honneur de la sainte Théotokos. »[1]

C'est ainsi que le sanctuaire sainte Marie de Blacherne (Constantinople) conserva les reliques du manteau de Marie jusqu'au sac de la ville par les Croisés, en l'an 1204.

Le sanctuaire de Chalcoprateia (Constantinople) conserva les reliques de la ceinture de Marie jusqu'à l'arrivée des Turcs en l'an 1453.

Les autres reliques vestimentaires de la Vierge Marie.

Bien avant la chute de Constantinople, Charlemagne reçut de l'empereur d'Orient trois reliques du voile de Marie, et il les conserva à Aix la Chapelle.

Son petit fils Charles le Chauve les dispersa ainsi :

  • Un voile resta à Aix-la-Chapelle, et il y est encore vénéré.
  • Un voile fut donné en l'an 876, à la cathédrale de Chartres. Il est en soie. Il fut découpé et dispersé en l'an 1793.
  • Un voile fut donné en l'an 876, à l'abbaye de Saint-Corneille, à Compiègne. Il est "façon lin" et il y est encore vénéré.

La sainte chemise de Chartres.[2]

Au X° siècle, on ne parlait pas d'un voile, mais de la Sainte Tunique ou, mieux, de la Sainte Chemise, la tradition voulant que la Vierge l'ait portée le jour de l'Annonciation, lorsque le Verbe fut conçu.

C'est pourquoi des chemises de toile étaient offertes aux femmes enceintes après avoir été mises en contact avec la châsse : ainsi, aux XVIIe et XVIIe siècles, le chapitre avait coutume d'offrir aux reines de France et aux dauphines, lorsqu'elles étaient dans cet état, une chemise posée sur la sainte châsse pendant une neuvaine faite à leur intention.

En 1194, le brasier qui anéantit la plus grande partie de la cathédrale fit craindre pour elle pendant trois jours. Soudain, on vit surgir dans le chœur des clercs portant la châsse, par un escalier venant de la crypte où ils avaient survécu. Ce qui fut jugé comme un miracle et fut peut-être à l'origine de l'enthousiasme avec lequel la reconstruction de la cathédrale fut entreprise.

Pendant la révolution française, en l'an 1793, le reliquaire fut ouvert, le voile coupé en petit morceaux dont certains sont vénérés à Rouen et en d'autres endroits, etc...

Il s'agit d'une étoffe de soie, tissé en Orient à une époque sans doute très ancienne. La Vierge Marie était humble (cf. le Magnificat), elle était aussi l'épouse de Joseph, humble lui aussi (charpentier) mais fils de David et donc de la tribu royale, et on ne peut exclure qu'elle ait pu posséder de telles étoffes.

Le voile de Compiègne.

A l'abbaye de Saint-Corneille, au centre du retable inférieur de l'autel, et dans une magnifique chasse en émaux champlevés se trouve, enroulé, notre trésor inestimable, le « Voile de la sainte Vierge » appelé aussi, "Voile de Compiègne".
La chasse actuelle date de 1930. Mais un inventaire de l'an 1666 affirme que le voile fut donné à l'abbaye par l'empereur Charles le Chauve.
Le voile est décrit comme un linge de toile fort claire, façon toile de lin, avec les quelques tâches anciennes et les lettres I. P. M. I. N. I. R. V. -(Id Proprium Matris Jesu Nazareni Judaeorum Regis Velum : C'est le propre voile de la Mère de Jésus de Nazareth, roi des Juifs.). Il est long de 4m 20[3].

Actuellement, nous pouvons encore l'observer. Une lisière, qui mesure effectivement 4m20 de long, n'a ni bout, ni couture, montrant ainsi, que le voile devait avoir la forme d'un cylindre et devait se porter double, ou bien, une partie reposant sur la tête, et, l'autre, sur les épaules. Et "se voient, très nettement, les deux taches brunes "que l'on a toujours cru être du sang de Jésus, tombé sur le voile de Marie, aux pieds de la Croix"[4].
Chaque année la précieuse relique est portée solennellement en procession, le jour de l'Assomption, et chaque jour de nombreux fidèles viennent efficacement se mettre sous sa protection.


[1] Saint Jean Damascène, Extraits de la "Deuxième homélie sur la Dormition de Marie".

[2] Trintignac (André) Découvrir Notre-Dame de Chartres - Ed. du Cerf, Paris 1988

[3] Archives de l'Oise. H.2168 : "Procès-verbal de la translation du Voile de la Sainte Vierge, 15 août 1666" -et- Chanoine Morel : "Les Saintes Reliques vénérées dans l'église Saint-Jacques de Compiègne", p. 21

[4] "Description Historique des Reliques et Reliquaires de Saint-Corneille", 1770 - Chanoine Morel : "Les Saintes Reliques vénérées dans l'église Saint-Jacques de Compiègne", p.25.


 

 

Source: MARIE DE NAZARETH, par Françoise Breynaert

 

- See more at: http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/les-reliques-vestimentaires-de-la-vierge-marie?utm_source=Une+minute+avec+Marie+%28fr%29&utm_campaign=04aa25fd66-UMM_FR_Q_2015_01_25&utm_medium=email&utm_term=0_a9c0165f22-04aa25fd66-105143917#sthash.rqzfOLS3.dpuf

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:58

ALLER VERS L'UNITE DE L'EGLISE

 

 

11.Crucifixion.Grecque

 

 

 

Les conseils d'Alexandre Siniakov pour avancer sur le chemin de l'unité

 

PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-LUCILE KUBACKI (La Vie)

 

Recteur du séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève, ce prêtre a tiré de sa jeunesse russe et de ses études chez les dominicains de Toulouse une grande ouverture. Aujourd’hui, il œuvre pour former ses pasteurs dans cet esprit œcuménique.

 

1. Ne vous laissez pas séduire par le confessionnalisme

 

Le christianisme ne devrait pas être perçu comme une religion aux multiples formes confessionnelles, mais comme l’Église de Dieu. Unique corps du Christ ressuscité, elle est le signe du Royaume des cieux, où toutes choses seront réunies et où Dieu sera tout en tous (1 Co 15, 28). Ne nous satisfaisons pas de la situation présente, mais, même si cela paraît utopique, cherchons des moyens pour faire correspondre notre réalité à la volonté du Seigneur.

 

2. N'ayez pas peur de pardonner

 

Nous avons du mal à admettre que les autres puissent changer. Nous entretenons donc le souvenir stérile des querelles anciennes. Pourtant, l’appel du Seigneur à pardonner est valable non seulement pour les personnes, mais aussi pour les communautés, pour les Églises locales. Ce serait tellement bien qu’il soit suivi littéralement !

 

3. Ne confondez pas la foi et ses expressions culturelles

 

L’unité de l’Église n’est pas l’unité du rite, de la langue ou de la culture religieuse. La pratique liturgique a évolué en permanence depuis les apôtres. Il n’y a pas de raison que cette évolution enrichissante s’arrête à une époque ou qu’elle se réduise à une seule de ses expressions historiques.

 

4. Ne laissez personne instrumentaliser l'Église

 

La foi chrétienne ne doit pas servir des objectifs particuliers, aussi nobles soient-ils : nationaux, politiques, institutionnels, etc. L’instrumentalisation de l’Église par des États a causé de grands maux par le passé et continue à faire des ravages. Elle ne doit plus être possible !

 

5. Croyez dans l'amour sans limites de Dieu

 

Ne fixez pas de frontières à l’action de l’Esprit saint, n’inventez pas de limites à l’amour du Père céleste, car le Fils de Dieu est mort pour toute l’humanité. Aussi, comme le disait saint Silouane du mont Athos, il faut prier pour tous et désirer le salut de chaque personne. C’est ce que signifie la catholicité de l’Église.

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