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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 07:24
« Ils verront Dieu »(St Augustin)

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 53 ; PL 38, 366 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 516)

« Ils verront Dieu »


Nous voulons voir Dieu, nous cherchons à le voir, nous désirons ardemment le voir.

Qui n'a pas ce désir ?

Mais remarque ce que dit l'évangile : « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ».

Fais en sorte de le voir.

Pour prendre une comparaison parmi les réalités matérielles, comment voudrais-tu contempler le soleil levant avec des yeux malades ?

Si tes yeux sont sains, cette lumière sera pour toi un plaisir ; s'ils sont malades, elle sera pour toi un supplice.

Assurément, il ne te sera pas permis de voir avec un cœur impur ce que l'on ne peut voir qu'avec un cœur pur.

Tu en seras écarté, éloigné, tu ne verras pas.


Combien de fois le Seigneur a-t-il proclamé des hommes « bienheureux » ?

Quels motifs du bonheur éternel a-t-il cités, quelles bonnes œuvres, quels dons, quels mérites et quelles récompenses ?

Aucune autre béatitude n'affirme :

« Ils verront Dieu ».

Voici comment les autres s'énoncent :

« Heureux les pauvres de cœur :

-le Royaume des cieux est à eux.

Heureux les doux :

-ils obtiendront la terre promise.

Heureux ceux qui pleurent :

-ils seront consolés.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :

-ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux :

-ils obtiendront miséricorde ».

Aucune autre, donc, n'affirme : « Ils verront Dieu ».


La vision de Dieu est promise quand il s'agit d'hommes au cœur pur.

Cela n'est pas sans raison, puisque les yeux qui permettent de voir Dieu sont dans le cœur.

Ce sont les yeux dont parle l'apôtre Paul quand il dit : « Puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur » (Ep 1,18).

Dans le temps présent, ces yeux, en raison de leur faiblesse, sont donc illuminés par la foi ; plus tard, en raison de leur vigueur, ils seront illuminés par la vision...

« Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. » (1Co 13,12)

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:59
Que ma Maison soit remplie (St Ambroise)

Par Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Sur l'Évangile de saint Luc, 7, 202-203 (trad. cf SC 52, p. 84 )

« Insiste pour faire entrer les gens afin que ma maison soit remplie »

Les invités s'excusent, alors que le Royaume n'est fermé à personne qui ne s'exclue par sa parole.

Dans sa clémence, le Seigneur invite tout le monde, mais c'est notre lâcheté ou notre égarement qui nous écarte.

Celui qui préfère acheter une ferme est étranger au Royaume ; au temps de Noé, acheteurs et vendeurs ont été engloutis par le déluge (Lc 17,28).

De même celui qui s'excuse parce qu'il prend femme, car il est écrit :

-« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère et sa femme, il ne peut pas être mon disciple » (Lc 14,26).

Ainsi, après le dédain orgueilleux des riches, le Christ s'est tourné vers les païens ; il fait entrer bons et méchants, pour faire grandir les bons, pour améliorer les dispositions des méchants.

Il invite les pauvres, les infirmes, les aveugles, ce qui nous montre que l'infirmité physique n'écarte personne du Royaume, ou bien que l'infirmité des péchés est guérie par la miséricorde du Seigneur.

Il envoie donc chercher aux croisées des chemins, car « la Sagesse crie aux carrefours » (Pr 1,20).

Il envoie sur les places, car il a fait dire aux pécheurs de quitter les voies larges pour rejoindre le chemin étroit qui conduit à la vie (Mt 7,13).

Il envoie sur les routes et le long des haies, car sont capables d'atteindre le Royaume des Cieux ceux qui, sans être retenus par les biens présents, se hâtent vers ceux à venir, engagés sur la voie de la bonne volonté, opposant le rempart de la foi aux tentations du péché.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:55
Théologiens sans diplômes ? ( Métropolite Ephraïm de Boston)
DES THÉOLOGIENS SANS DIPLÔMES

Métropolite Ephraïm de Boston


Le peloton d'exécution.
Il y a une cinquantaine d'années, alors que j'étais étudiant à l'académie de théologie, notre professeur de dogmatique, le père Ioannis Romanides, nous raconta une histoire de ses années d'étude à l'Académie Théologique de l'université d'Athènes.

Afin d'obtenir son doctorat de l'université, père Ioannis, nouvellement ordonné prêtre à l'époque (années 50), avait à défendre sa dissertation devant un panel de professeurs de théologie.

Le sujet de la dissertation était "Le péché des origines" (c-à-d le péché de nos ancêtres, Adam et Eve, terme que l'on traduit souvent mal par "péché originel").

Comme les questions fusaient de tous ces professeurs qui avaient tous reçu leurs titres et diplômes dans des universités catholiques-romaines ou protestantes en Europe occidentale, le père Ioannis répondait du mieux qu'il pouvait, avec tout son talent bien connu.

Pour finir, le doyen du département de théologie, le grand ponte en personne, le professeur Panayiotes Trembelas, pointa du doigt le p. Ioannis, qui était habitué à ces interrogations et se tenait debout devant ce panel de professeurs assis :

"Dans votre mémoire, vous avez nombre de citations des écrits de Syméon le Nouveau Théologien," dit le prof. Trembelas.

"C'est exact, monsieur le professeur," répondit le père Ioannis, avec la déférence requise.

"Vous devez les supprimer toutes," continua le prof. Trembelas. "Syméon ne peut pas être cité comme source dans votre travail, car il n'a jamais reçu de diplôme théologique."

(Oui, vous avez bien lu!)

Sans sourciller face à l'incroyable remarque de Trembelas, le père Ioannis répondit calmement "Fort bien, ce que vous dites, monsieur le professeur.

Voudriez-vous aussi que je supprime toutes mes références à Matthieu, Marc, Luc et Jean les Évangélistes, car eux non plus n'ont pas reçu de diplôme de théologie?

Eux aussi n'étaient pas des théologiens diplômés."

Un léger murmure amusé se fit entendre parmi les distingués professeurs...


La captivité latine


C'est triste à dire, mais la remarque malheureuse de Trembelas était une preuve solide de la maladie qui a longtemps affligé les écoles théologiques "orthodoxes", et en frappe encore aujourd'hui.

Cette maladie est appelée "la captivité latine." C'est l'histoire de quelque 200 ans pendant lesquels la théologie académique, scolastique et pédante (ou plus précisément du rationalisme) de l'Occident a été au cœur des académies théologiques orthodoxes, imprégnant tout de fond en comble.

Le métropolite Anthony Khrapovitsky [Antoine de Kiev], père George Florovsky et père Ioannis Romanides se sont longuement plaints dans leurs écrits, de cette peste spirituelle.

En certains endroits de Russie et d'Ukraine, cette "captivité" était si forte que même les cours théologiques dans certains séminaires orthodoxes étaient donnés en latin.

A l'occasion, en ces terres, les séminaristes étaient obligés de prêcher en latin dans les paroisses avoisinantes!

Imaginez un peu la pauvre babushka qui devait s'en tirer avec ça....


En ayant cela à l'esprit, on comprend plus facilement pourquoi les grands dirigeants religieux orthodoxes sont si empressés de s'unir aux non-orthodoxes dans le mouvement œcuménique.

Pensez-y un instant : si vous avez toujours cru que l'Église Orthodoxe était si appauvrie théologiquement qu'elle n'avait pas même une théologie du Saint Esprit, ou avait des saints qui n'avaient pas leur diplôme de théologie et n'étaient pas des "docteurs en théologie", alors vous aussi vous auriez été attiré par d'autres appartenances religieuses.


L'Église a sa méthode traditionnelle pour préparer son clergé, et cette méthode a bien fonctionné pendant des siècles, bien avant que les séminaires ne furent inventés au 17ème siècle.

Comme nous l'avons mentionné en d'autres occasions, le père George Florovsky, un des plus éminents théologiens orthodoxes du 20ème siècle, n'a jamais été étudiant dans la moindre académie théologique.


Son éducation théologique, il ne l'a tirée que des offices sacrés.

Et si vous voulez être sérieusement étudiant en théologie, alors vous pouvez entamer des études théologiques telles que celles du tropaire final pour les saints moines :

-"par le jeûne, les vigiles et la prière, tu as obtenu les dons célestes," comme saint Syméon le Nouveau Théologien - malgré le fait que, selon le prof. Panayiotes Tremblas, ce saint n'était pas un "théologien diplômé".


Hélas, la "captivité latine" est toujours très présente. Un séminaire orthodoxe en Amérique avait un prêtre catholique-romain y enseignant la patristique, jusque récemment.

Un autre séminaire orthodoxe en Amérique a plusieurs catholiques-romains dans son comité de direction.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi cette orthodoxie mondaine est si avide de s'impliquer dans le mouvement œcuménique.

Un problème mène inexorablement à l'autre.

L'école du Saint Esprit


Mais, Dieu merci, l'Orthodoxie prévaut encore dans notre hymnologie et dans les divins offices, et dans le cœur de nombre de clercs et de fidèles.


Que nous enseigne par exemple le tropaire final de la Pentecôte?


Tu es béni, Ô Christ notre Dieu,
Toi qui fit descendre sur tes apôtres le Saint Esprit,
transformant par Ta sagesse de simples pêcheurs en pêcheurs d'ho
mmes


Oh, nous y voilà, c'est là que Matthieu, Marc, Luc et Jean ont obtenu leurs diplômes théologiques!

De l'école du Saint Esprit. Je savais que la grâce divine devait avoir quelque chose à faire dans cette histoire.

Rien d'étonnant que nous appelions nos saints "inspirés de Dieu" et "théophores!" Rien d'étonnant que nous les invoquions pour la guérison de l'âme et du corps!

Rien d'étonnant que nous vénérions leurs saintes reliques, et célébrions leur mémoire, et sollicitions leur intercession!

Rien d'étonnant que nous vénérions des gens tels que saint Jean de Cronstadt, et saint Nectaire d'Égine, et le prophète Élie, et saint Séraphim de Sarov, et même ce saint Syméon le Nouveau Théologien qui n'avait pourtant pas de diplôme universitaire!

Anecdote
Il y a quelques années, avant mon ordination, je marchais en compagnie d'un des pères dans notre monastère à Brookline, Massachussets.


"Alors, tu es diplômé en théologie à présent?" me demanda-t'il.


"Je n''en sais trop rien. C'est ce qu'ils m'ont dit, en tout cas."
"Et alors, que va-tu faire avec ton diplôme?"


J'ai un peu réfléchi, et pour finir j'ai répondu

-"Eh bien je vais veiller à toujours le porter autour du cou lorsque je sortirai. Comme ça au moins, je suis sûr que je ne serai pas embarqué par la fourrière..."


Nota bene:
Les académies théologiques ont leur place dans l'Église Orthodoxe.

Cependant, elles doivent être convenablement dirigées, dans la prière et avec beaucoup de discrétion.

Il n'existe pas de système éducatif parfait.

Mais si on suit convenablement des règles bien précises, telles que celles des "Trois niveaux d'éducation chrétienne" qui ont été inspirés par Joseph l'Hésychaste de la sainte Montagne, alors on a un guide de très bonne qualité pour un tel système.

Théologiens sans diplômes ? ( Métropolite Ephraïm de Boston)
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:53
Corps du Christ et Eucharistie (St Augustin)

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 272 ; éd. des Mauristes 5, 1103-1104 (Delhougne, Les Pères commentent p. 81-82)

Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes


Ce que vous voyez sur l'autel de Dieu, c'est le pain et la coupe : c'est cela que vos yeux vous signalent.

Mais ce dont votre foi veut être instruite, c'est que ce pain est le corps du Christ, que cette coupe est son sang.

Cela tient à une brève formule, qui peut suffire à la foi.

Mais la foi cherche à s'instruire.

Comment ce pain est-il son corps, et cette coupe, ou plutôt son contenu, peut-il être son sang ?


Mes frères, c'est cela que l'on appelle des sacrements :

-ils montrent une réalité, et en font comprendre une autre.

Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel.

Si vous voulez comprendre ce qu'est le corps du Christ, écoutez l'Apôtre, qui dit aux fidèles :

-« Vous êtes le corps du Christ, et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1Co 12,17).

Donc, si c'est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c'est votre mystère qui se trouve sur la table du Seigneur, et c'est votre mystère que vous recevez.

A cela, que vous êtes, vous répondez :

-« Amen », et par cette réponse, vous y souscrivez.

On vous dit :

-« Le corps du Christ », et vous répondez « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit véridique.


Pourquoi donc le corps est-il dans le pain ?

Ici encore, ne disons rien de nous-mêmes, écoutons encore l'Apôtre qui, en parlant de ce sacrement, nous dit :

-« Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1Co 10,17).

Comprenez cela et soyez dans la joie :

-unité, vérité, piété, charité !

« Un seul pain » :

-qui est ce pain unique ?

« Un seul corps, nous qui sommes multitude ».

Rappelez-vous qu'on ne fait pas du pain avec un seul grain, mais avec beaucoup.

Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 05:21
Ancienne hymne eucharistique

Ancienne hymne eucharistique

pour le Samedi saint
[Borgia, Frammenti eucaristici antichissimi, p. 46-50 (trad. Hamman, Prières des premiers chrétiens, DDB 1981, p. 162) ]

« Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, répandu pour la multitude »


Aujourd'hui, nous avons contemplé sur l'autel notre Seigneur Jésus Christ.

Aujourd'hui, nous nous sommes nourris du charbon de feu, à l'ombre duquel chantent les Chérubins (Is 6,2s).

Aujourd'hui, nous avons entendu la voix puissante et douce nous dire :


Ce corps brûle les épines des péchés, il illumine les âmes des hommes.

Ce corps, la femme avec des pertes de sang l'a touché et elle a été délivrée de son infirmité.

Ce corps, à sa vue, la fille de la Cananéenne a été guérie.

Ce corps, la pécheresse s'en est approchée de toute son âme et elle a été délivrée de la fange de ses péchés.

Ce corps, Thomas l'a touché, il l'a reconnu en poussant ce cri : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Ce corps, grand et très haut, est le fondement de notre salut.


Autrefois celui qui est le Verbe et la Vie nous a déclaré :

« Ce sang a été versé pour vous et livré pour la rémission des péchés ».

Nous avons bu, bien-aimés, le sang saint et immortel.

Nous avons bu, bien-aimés, le sang qui a coulé du côté du Seigneur,

qui guérit toute maladie, qui libère toutes les âmes.

Nous avons bu le sang par lequel nous avons été rachetés.

Nous avons été achetés et instruits, nous avons été illuminés.

Regardez, frères, quel corps nous avons mangé !

Regardez, enfants, quel sang nous a enivrés !

Regardez l'alliance conclue avec notre Dieu, de peur de rougir, au jour terrible, au jour du jugement (cf 1Co 11,29).


Qui est à même de glorifier le mystère de la grâce ?

Nous avons été jugés dignes de participer au don.

Gardons-nous jusqu'à la fin, pour entendre sa voix bienheureuse, douce et sainte :

« Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous » (Mt 25,34)...


Bien-aimés, nous célébrons les merveilles du baptême de Jésus (cf Mc 10,38),

sa sainte et vivifiante résurrection,

par laquelle le salut a été donné au monde.

Nous en attendons tous l'heureux accomplissement,

dans la grâce et la bienveillance de notre Seigneur Jésus Christ :

à lui sont la gloire, l'honneur et l'adoration.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 17:15
UNE MEDITATION SUR LA VIE  de  Sainte Thérèse d'Avila

UNE MEDITATION SUR LA VIE

de

Sainte Thérèse d'Avila

(1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
Poésie « Vivo sin vivir en mí » (trad. OC, Cerf, 1995, p. 1221)

« Elle a tout donné »


Je vis mais sans vivre en moi ;
Et mon espérance est telle
Que je meurs de ne pas mourir.

Je vis déjà hors de moi
Depuis que je meurs d'amour ;
Car je vis dans le Seigneur
Qui m'a voulue pour lui.
Quand je lui donnai mon cœur,
Il y inscrivit ces mots :
Je meurs de ne pas mourir...

Ah ! qu'elle est triste la vie,
Où l'on ne jouit pas du Seigneur !
Et si l'amour lui-même est doux
La longue attente ne l'est pas ;
Ôte-moi, mon Dieu, cette charge
Plus lourde que l'acier,
Car je meurs de ne pas mourir.

Je vis dans la seule confiance
Que je dois un jour mourir,
Parce que, par la mort, c'est la vie
Que me promet mon espérance.
Mort où l'on gagne la vie,
Ne tarde pas, puisque je t'attends,
Car je meurs de ne pas mourir.

Vois comme l'amour est fort (Ct 8,6) ;
Ô vie, ne me sois pas à charge !
Regarde ce qui seul demeure :
Pour te gagner, te perdre ! (Lc 9,24)
Qu'elle vienne la douce mort !
Ma mort, qu'elle vienne bien vite,
Car je meurs de ne pas mourir.

Cette vie de là-haut,
Vie qui est la véritable,
‒ ; Jusqu'à ce que meure cette vie d'ici-bas –
Tant que l'on vit on n'en jouit pas.
Ô mort ! ne te dérobe pas.
Que je vive puisque déjà je meurs,
Car je meurs de ne pas mourir.

Ô vie, que puis-je donner
À mon Dieu qui vit en moi
Si ce n'est de te perdre, toi,
Pour mériter de le goûter !
Je désire en mourant l'obtenir,
Puisque j'ai si grand désir de mon Aimé
Que je meurs de ne pas mourir.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 04:01
UNE PRIERE DE SAINT ISSAC LE SYRIEN POUR CELUI QUI SE SENT LOIN DE DIEU

 

 


Seigneur Jésus-Christ qui avez pleuré Lazare et versé sur lui les larmes de la tristesse, reçevez les larmes de mon amertume.


Par Vos souffrances, apaisez mes souffrances.

Par Vos plaies, guérissez mes plaies.

 

Par Votre sang, purifiez mon sang et portez dans mon corps le parfum de Votre Corps vivifiant.


Que le fiel dont les ennemis Vous ont abreuvé change en douceur en mon âme l’amertume qu’y versa l’adversaire.


Que Votre Corps tendu sur l’arbre de la Croix déploie vers Vous mon intelligence écrasée par les démons.

 

Que Votre tête inclinée sur la Croix relève ma tête que les ennemis ont outragée.


Que Vos saintes mains clouées par les infidèles me relèvent du gouffre de la perdition et me ramènent à Vous, ainsi que Votre bouche l’a promis.


Que Votre visage, qui reçut des malveillants gi

fles et crachats, éclaire mon visage qu’ont souillé les injustices.


Que Votre âme que sur la Croix Vous avez soumise à Votre Père, me conduise à Vous dans Votre grâce.


Je n’ai ni cœur souffrant pour aller à Votre recherche, ni repentir, ni tendresse, rien de ce qui ramène les enfants à leur héritage.


Maître, je n’ai plus de larmes pour Vous prier.

 

Mon intelligence est enténébrée par les choses de cette vie, et n’a pas la force de tendre vers Vous dans la douleur.

Mon cœur est froid sous le nombre des tentations, et les larmes de l’amour pour Vous ne peuvent le réchauffer.


Mais Vous, Seigneur Jésus Christ, mon Dieu, trésor des biens, donnez-moi le repentir total et un cœur en peine, pour que de toute mon âme je sorte à Votre recherche. Car sans Vous je serai privé de tout bien.
Ô Dieu Bon, donnez-moi Votre grâce !

 

Que le Père, qui dans l’éternité hors du temps, Vous a engendré dans Son sein, renouvelle en moi les formes de Votre image.

 

Je Vous ai abandonné. Ne m’abandonnez pas.

 

Je suis sorti de Vous. Sortez à ma recherche.

 

Conduisez-moi dans Votre pâturage, comptez-moi parmi les brebis de Votre troupeau choisi.

Avec elles nourrissez-moi de l’herbe verte de Vos mystères divins dont le cœur pur est la demeure, ce cœur qui porte en lui la splendeur de Vos révélations, la consolation et la douceur de ceux qui se sont donné de la peine pour Vous dans les tourments et les outrages.

Puissions-nous être dignes d’une telle splendeur, par Votre grâce et Votre amour pour l’homme, notre Sauveur Jésus Christ, dans les siècles des siècles.

 

Amîn.

UNE PRIERE DE SAINT ISSAC LE SYRIEN POUR CELUI QUI SE SENT LOIN DE DIEU
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 03:58
Du juste sens des choses et du bonheur chrétien (St Jean Chrysostome)

Par Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église . Homélie sur la Deuxième lettre aux Corinthiens, 12, 4; PG 61, 486-487 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p.398)

« Réjouissez-vous ; soyez dans l'allégresse car votre récompense sera grande »


Seuls les chrétiens estiment les choses à leur vraie valeur, et ils n'ont pas les mêmes motifs de se réjouir et de s'attrister que le reste des hommes.

A la vue d'un athlète blessé, portant sur la tête la couronne du vainqueur, celui qui n'a jamais pratiqué aucun sport considère seulement les blessures qui font souffrir cet homme ; il n'imagine pas le bonheur que lui procure sa récompense.

Ainsi font les gens dont nous parlons. Ils savent que nous subissons des épreuves, mais ignorent pourquoi nous les supportons.

Ils ne considèrent que nos souffrances. Ils voient les luttes dans lesquelles nous sommes engagés et les dangers qui nous menacent.

Mais les récompenses et les couronnes leur restent cachées, non moins que la raison de nos combats.

Comme l'affirme saint Paul :

« On nous croit démunis de tout, et nous possédons tout » (2Co 6,10).


Pour ce qui nous regarde, quand nous sommes soumis à l'épreuve à cause du Christ, supportons-la vaillamment, bien plus, avec joie.

Si nous jeûnons, bondissons de joie comme si nous étions dans les délices.

Si l'on nous outrage, dansons allègrement comme si nous étions comblés d'éloges.

Si nous subissons un dommage, considérons-le comme un gain.

Si nous donnons au pauvre, persuadons-nous que nous recevons.

Avant tout, rappelle-toi que tu combats pour le Seigneur Jésus.

Alors tu entreras de bon cœur dans la lutte et tu vivras toujours dans la joie, car rien ne nous rend si heureux qu'une bonne conscience.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:22
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »(Saint Bernard)

Par Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Traité de l'amour de Dieu, ch. 8-10

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »


Le premier et le plus grand commandement est celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ».

Mais notre nature est faible ; en nous le premier degré de l'amour c'est de nous aimer nous-mêmes avant tout autre chose, pour nous-mêmes...

Pour nous empêcher de glisser trop sur cette pente, Dieu nous a donné le précepte d'aimer notre prochain comme nous-mêmes...

Or nous constatons que cela n'est pas possible sans Dieu, sans reconnaître que tout vient de lui et que sans lui nous ne pouvons absolument rien.

A ce deuxième degré donc l'homme se tourne vers Dieu, mais ne l'aime encore que pour soi et non pour lui...


Il faudrait cependant avoir un cœur de marbre ou de bronze pour ne pas être touché par le secours que Dieu nous donne quand nous nous tournons vers lui dans les épreuves.

Dans les épreuves il nous est impossible de ne pas goûter combien il est doux (Ps 33,9).

Et bientôt nous commençons à l'aimer plus à cause de la douceur que nous trouvons en lui qu'à cause de notre propre intérêt...

Quand nous en sommes là, il n'est pas difficile d'aimer notre prochain comme nous-mêmes...

Nous aimons les autres comme nous sommes aimés, comme Jésus Christ nous a aimés.

Voilà l'amour de celui qui dit avec le psalmiste : « Chantez les louanges du Seigneur, car il est bon » (Ps 117,1).

Louer le Seigneur non pas parce qu'il est bon pour nous, mais simplement parce qu'il est bon, aimer Dieu pour Dieu et non pour nous-mêmes, c'est le troisième degré de l'amour.


Heureux ceux qui ont pu monter jusqu'au quatrième degré de l'amour :

-ne plus s'aimer soi-même que pour l'amour de Dieu...

Quand est-ce que mon âme, enivrée de l'amour de Dieu, s'oubliant elle-même, ne s'estimant pas plus qu'un vase brisé, quand est-ce qu'elle s'élancera vers Dieu pour se perdre en lui et ne plus être qu'un seul esprit avec lui ? (1Co 6,17)

Quand pourra-t-elle s'écrier :

-« Ma chair et mon cœur sont consumés, Dieu de mon cœur, Dieu ma part pour l'éternité » (Ps 72,26) ?

Saints et heureux, ceux qui ont pu éprouver quelque chose de semblable pendant cette vie mortelle, même rarement, même une seule fois.

Ce n'est pas un bonheur humain, c'est déjà demeurer au ciel.

+++

La prière agréable au Seigneur

Priez nuit et jour.

Priez lorsque vous êtes heureux, et priez lorsque vous êtes triste. Priez avec crainte et tremblement, avec un esprit éveillé et vigilant, afin que votre prière soit agréable au Seigneur.

Car l'Écriture le dit, :

- "le Seigneur a les yeux sur les justes et tend l’oreille à leur prière" (1 Pi 3,12).
(Saint Théodore l'Ascète)

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:20
Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson (Saint Colomban)

Par Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères .
Instruction spirituelle, 13, 2, 3 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 309 rev.; cf Orval)

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson »


Frères très chers, étanchez votre soif aux eaux de la source divine dont nous désirons vous parler :

-étanchez-la, mais ne l'éteignez pas ; buvez, mais ne soyez pas rassasiés.

La source vivante, la source de vie nous appelle et nous dit :

-« Celui qui a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive » (Jn 7,37).

Comprenez ce que vous buvez.

Que le prophète vous le dise et qu'elle vous le dise la source elle-même :

-« Parole du Seigneur, ils m'ont abandonnée, moi la source d'eau vive » (Jr 2,13).

C'est donc le Seigneur lui-même notre Dieu, Jésus Christ, qui est cette source de vie et c'est pourquoi il nous invite à venir à lui pour que nous le buvions.

Il le boit celui qui aime, il le boit celui qui se nourrit de la Parole de Dieu.

Buvons donc à la source que d'autres ont abandonnée.


Pour que nous mangions de ce pain, pour que nous buvions à cette source, il se dit « le pain vivant qui donne la vie au monde » (Jn 6,51) et que nous devons manger.

Voyez d'où coule cette source, voyez aussi d'où descend ce pain : c'est le même, en effet, qui est pain et source, le Fils Unique, notre Dieu, le Christ Seigneur, dont nous devons sans cesse avoir faim.


Notre amour nous le donne en nourriture, notre désir nous le fait manger ; rassasiés, nous le désirons encore.

Allons à lui comme à une fontaine et buvons-le toujours dans l'excès de notre amour, buvons-le toujours dans un désir toujours nouveau, prenons notre joie dans la douceur de son amour.

Le Seigneur est doux et bon.

Nous le mangeons et le buvons, sans cesser d'avoir faim et soif de lui, car nous ne saurions épuiser cette nourriture et cette boisson.

Nous mangeons de ce pain, nous ne l'épuisons pas ; nous buvons à cette source, elle ne tarit pas.

Ce pain est éternel, cette source coule sans fin.


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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Pères de l'Eglise Spiritualité Chrétienne CATECHISME et CATECHESE
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