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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 06:47
Du don de soi et de ses biens (St Irénée)

Par Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, IV, 13, 3 (trad. cf SC 100, p. 531)

« A qui prend ta tunique, dit le Christ, donne aussi ton manteau ; à qui prend ton bien, ne réclame pas ; et ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 5,40 ;Lc 6,30-31).

De la sorte, nous ne nous attristerons pas comme des gens qu'on aurait dépossédés contre leur gré, mais au contraire nous nous réjouirons comme des gens qui auraient donné de bon cœur, puisque nous ferons un don gratuit au prochain plus que nous ne céderons à la contrainte.

« Et, dit-il, si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en avec lui deux mille ».

De la sorte nous ne le suivons pas comme un esclave, mais nous le précédons comme un homme libre.

En toutes choses donc le Christ t'invite à te rendre utile à ton prochain, ne considérant pas sa méchanceté, mais mettant le comble à ta bonté.

Il nous invite ainsi à nous rendre semblable à notre Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45).


Tout cela n'est pas le fait de quelqu'un qui abolit la Loi, mais de quelqu'un qui l'accomplit et qui l'étend pour nous (Mt 5,17).

Le service de la liberté est un plus grand service ; notre libérateur nous propose une soumission et une dévotion plus profondes à son égard.

Car il ne nous a pas libérés des contraintes de la Loi ancienne pour que nous nous détachions de lui...mais pour que, ayant reçu plus abondamment sa grâce, nous l'aimions davantage et que, l'ayant aimé davantage, nous recevions de lui une gloire d'autant plus grande quand nous serons pour toujours en présence de son Père.

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 06:45
JEÛNE EUCHARISTIQUE, FRÉQUENCE DE LA COMMUNION : QUEL CONSEIL ?

JEÛNE EUCHARISTIQUE, FRÉQUENCE DE LA COMMUNION : QUEL CONSEIL ?

Certains s’abstiennent de communier, notamment le soir, quand ils n’ont pas pu (ou voulu!) jeûner.

Le jeûne doit être un évènement miraculeux :

*ce n’est pas par nos forces que nous jeûnons ; c’est le Christ qui nous donne la grâce de communier à son jeûne à lui. Le jeûne, non un exploit humain, est un évènement divino humain dans lequel se manifeste l’action du saint Esprit.

« Seigneur Jésus Christ notre Dieu, donne-moi la grâce et la force de jeûner afin de communier à ton Corps très pur et à ton Sang très précieux! » C’est-à-dire:

-« Envoie sur moi la grâce de l’Esprit saint pour que le don de jeûner avec joie de ton jeûne (me nourrir de la seule Parole) envahisse mon cœur »…

Et l’effort que nous faisons correspond au sacrifice que nous faisons de nous-mêmes, non seulement pour rompre avec nos passions égoïstes, mais pour exprimer toute la conscience que nous avons de la valeur de la communion eucharistique.

Par le jeûne, nous immolons notre cœur dans un sacrifice de louange, totale préférence du Seigneur à nous-mêmes ; de même, dans la confession, nous nous humilions devant Dieu en reconnaissant nos fautes, et nous nous émerveillons du miracle de son pardon !

La fréquence de la communion est bénie par notre père spirituel.

Certains anciens communiaient plusieurs fois par jour, ou même tous les jours.

La norme dans ce domaine est l’émerveillement, la joie et les larmes de gratitude – la conscience de la présence du Christ par l’Esprit saint et de sa miséricorde infinie, pour tous, pour tous les pécheurs, à commencer par moi-même!

N’éprouvons-nous plus ces sentiments (charismes et dons de l’Esprit) ?

En perdons-nous la grâce ?

Nous ne pourrons nous approcher du Christ sans le mépriser, ce qui est un grand péché – communier sans conscience…

L’Esprit saint nous avertit ainsi que nous avons à rechercher la grâce de rendre grâce! Souvent, plus on voit son péché, plus on se sent indigne, plus on est émerveillé de la miséricorde du Christ – signe que nous pouvons goûter à la Coupe!

Le péché est l’indifférence à la merveille de l’amour du Christ; le repentir, la vision horrifiée de son péché, la douleur de s’être éloigné du Christ, le désir nostalgique de nous approcher de lui, et l’émerveillement devant la gratuité de son amour.

Si Adam et Ève étaient demeurés émerveillés à l’égard de Dieu et pleins de reconnaissance à son égard, ils ne se seraient pas détournés de lui par la désobéissance.

(Source: "Sagesse Orthodoxe")

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 18:13
L'Eglise, lumière pour tous les hommes (St Maxime le Confesseur)

Par Saint Maxime le Confesseur (v. 580-662), moine et théologien
Question 63 à Thalassius ; PG 90, 667s (trad. Argyriou / Tournay rev)

« Une lampe pour mes pas, ta parole, une lumière sur ma route » (Ps 118,105)


La lampe sur le lampadaire, c'est notre Seigneur Jésus Christ, la vraie lumière du Père « qui éclaire tout homme venant au monde » (Jn 1,9).

Autrement dit, c'est la Sagesse et la Parole du Père ; ayant accepté notre chair, il est réellement devenu et il a été appelé la « lampe » du monde.

Il est célébré et exalté dans l'Église par notre foi et notre piété

. Il se rend ainsi visible à toutes les nations et il brille pour « tous les gens de la maison », c'est-à-dire pour le monde entier, selon sa parole :

-« On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le chandelier, où elle brille pour tous dans la maison » (Mt 5,15).

Comme on le voit, le Christ se nomme lui-même une lampe.

Dieu par nature, il est devenu chair dans le plan du salut, une lumière contenue dans la chair comme dans un vase.

C'est à cela que David pensait lorsqu'il disait :

- « Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route ».

Comme il fait disparaître les ténèbres de l'ignorance et du mal des hommes, mon Sauveur et Dieu est appelé une lampe dans l'Écriture.

Comme il est le seul à pouvoir anéantir les ténèbres de l'ignorance et à dissiper l'obscurité du péché, il est devenu pour tous la voie du salut.

Il conduit auprès du Père ceux qui, par la connaissance et la vertu, marchent avec lui sur le chemin des commandements comme sur une voie de justice.

Le lampadaire, c'est la sainte Église parce que le Verbe de Dieu brille par sa prédication.

C'est ainsi que les rayons de sa vérité peuvent éclairer le monde entier.

Mais à une condition :

-ne pas la cacher sous la lettre de la Loi.

Quiconque s'attache à la seule lettre de l'Écriture vit selon la chair : il met la lampe sous le boisseau.

Placée au contraire sur le lampadaire, l'Église, elle éclaire tous les hommes.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 05:03
« Vous êtes la lumière du monde »(Saint Chromace d'Aquilée)

Par Saint Chromace d'Aquilée (?-407), évêque .
Homélies sur l'évangile de Matthieu, n°5, 1.3-4 : CCL 9, 405 (trad. cf bréviaire 11/06 et Orval)

« Vous êtes la lumière du monde »


Saint Jean a eu raison d'affirmer dans sa lettre : « Dieu est lumière », et que « celui qui demeure en Dieu » est « dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière » (1Jn 1,5.7; 3,24).

Puisque nous avons la joie d'être libérés des ténèbres de l'erreur, nous devons toujours « marcher dans la lumière », comme de vrais « enfants de la lumière » (Ep 5,8)...

C'est pourquoi l'apôtre Paul écrit : « Vous brillez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui êtes porteurs de la parole de vie » (Ph 2,15-16).

Si nous n'agissons pas ainsi, on verra que, pour notre malheur comme pour celui des autres, nous couvrons et nous cachons par notre manque de foi comme par un voile les bienfaits de cette lumière si nécessaire…


C'est pourquoi cette lampe resplendissante, qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous.

Nous avons en effet la lampe du commandement du ciel et de la grâce spirituelle dont David disait :

-« Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière sur ma route » (Ps 118,105)...

Cette lampe de la Loi et de la foi, nous ne devons donc pas la cacher, mais la dresser dans l'Église comme sur le lampadaire, pour le salut d'un grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de la vérité, et d'en éclairer tous les croyants.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 04:57
Tu es le seul Saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles ! (St François)

Tu es le seul Saint, Seigneur Dieu,
Toi qui fais des merveilles !
Tu es fort, tu es grand,
Tu es le Très-Haut, Tu es le roi tout-puissant,
Toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
Tu es trois et un, Seigneur Dieu,
Tu es le bien, Tu es tout bien, Tu es le souverain bien,
Seigneur Dieu vivant et vrai.
Tu es amour et charité, Tu es sagesse,
Tu es humilité, Tu es patience,
Tu es beauté, Tu es douceur,
Tu es sécurité, Tu es repos,
Tu es joie, Tu es notre espérance et notre joie,
Tu es justice, Tu es mesure,
Tu es toute notre richesse et surabondance.
Tu es beauté, Tu es douceur,
Tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur,
Tu es la force, Tu es la fraîcheur.
Tu es notre espérance,
Tu es notre foi,
Tu es notre amour,
Tu es notre grande douceur
Tu es notre vie éternelle,
grand et admirable, Seigneur,
Dieu tout puissant, ô bon Sauveur


*
Que le Seigneur te bénisse et te garde,
Que le Seigneur te découvre sa Face et te prenne en pitié !
Qu’il tourne vers toi son Visage et te donne la paix !

Saint François d'Assise

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 04:23
Le 29 Juin et le 30, tous à la Fête de St Pierre et Paul, Princes des Apôtres et à la Fête des Saints Apôtres, Piliers de l'Eglise du Christ

Chers amis. Aloho m’barekh,


En dehors des évènements liturgiques habituels, j'ai le plaisir de vous inviter à participer à la Ste Messe (Quadisha Qurbana) qui sera célébrée :

* le lundi 29 juin pour la fête des princes des Apôtres saint Pierre et saint Paul.

* le mardi 30 pour la fête des douze Apôtres


La célébration du 29 marquera la fin du jeûne des Apôtres (Sawmo da-Shlihe) et elle sera une occasion pour nous fils et filles de l’Eglise Syrienne de l’Inde (Chrétienté de Saint Thomas) de rendre grâce au Seigneur de continuer d’être présent au monde à travers le ministère de Ses Apôtres et, en conséquent, par la Grâce d Saint Esprit.

Le 29, il sera bon que les « Chrétiens de Saint Thomas » de l’Eglise mère comme de ses missions se souviennent se tournent dans la prière et la reconnaissance vers l’Eglise d’Antioche et de Tout l’Orient que fonda l’Apôtre Pierre et dont nous avons reçu la pérennité apostolique.
Aussi bien le 29 que le 30, la Divine Liturgie commencera à 10h30.


Puisse la prière des saints Apôtres Pierre et Paul nous accompagner ! Puissent l’intercession du Collège Apostolique accompagner nos Patriarches, Catholicos, Métropolites et Evêques pour que se manifeste toujours davantage l’unanimité du Témoignage Chrétien, l’unité en Christ !

Votre fidèlement et respectueusement dévoué.

+Métropolite Mor Philipose-Mariam

Le 29 Juin et le 30, tous à la Fête de St Pierre et Paul, Princes des Apôtres et à la Fête des Saints Apôtres, Piliers de l'Eglise du Christ
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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 07:24
« Ils verront Dieu »(St Augustin)

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 53 ; PL 38, 366 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 516)

« Ils verront Dieu »


Nous voulons voir Dieu, nous cherchons à le voir, nous désirons ardemment le voir.

Qui n'a pas ce désir ?

Mais remarque ce que dit l'évangile : « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ».

Fais en sorte de le voir.

Pour prendre une comparaison parmi les réalités matérielles, comment voudrais-tu contempler le soleil levant avec des yeux malades ?

Si tes yeux sont sains, cette lumière sera pour toi un plaisir ; s'ils sont malades, elle sera pour toi un supplice.

Assurément, il ne te sera pas permis de voir avec un cœur impur ce que l'on ne peut voir qu'avec un cœur pur.

Tu en seras écarté, éloigné, tu ne verras pas.


Combien de fois le Seigneur a-t-il proclamé des hommes « bienheureux » ?

Quels motifs du bonheur éternel a-t-il cités, quelles bonnes œuvres, quels dons, quels mérites et quelles récompenses ?

Aucune autre béatitude n'affirme :

« Ils verront Dieu ».

Voici comment les autres s'énoncent :

« Heureux les pauvres de cœur :

-le Royaume des cieux est à eux.

Heureux les doux :

-ils obtiendront la terre promise.

Heureux ceux qui pleurent :

-ils seront consolés.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :

-ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux :

-ils obtiendront miséricorde ».

Aucune autre, donc, n'affirme : « Ils verront Dieu ».


La vision de Dieu est promise quand il s'agit d'hommes au cœur pur.

Cela n'est pas sans raison, puisque les yeux qui permettent de voir Dieu sont dans le cœur.

Ce sont les yeux dont parle l'apôtre Paul quand il dit : « Puisse-t-il illuminer les yeux de votre cœur » (Ep 1,18).

Dans le temps présent, ces yeux, en raison de leur faiblesse, sont donc illuminés par la foi ; plus tard, en raison de leur vigueur, ils seront illuminés par la vision...

« Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. » (1Co 13,12)

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:59
Que ma Maison soit remplie (St Ambroise)

Par Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Sur l'Évangile de saint Luc, 7, 202-203 (trad. cf SC 52, p. 84 )

« Insiste pour faire entrer les gens afin que ma maison soit remplie »

Les invités s'excusent, alors que le Royaume n'est fermé à personne qui ne s'exclue par sa parole.

Dans sa clémence, le Seigneur invite tout le monde, mais c'est notre lâcheté ou notre égarement qui nous écarte.

Celui qui préfère acheter une ferme est étranger au Royaume ; au temps de Noé, acheteurs et vendeurs ont été engloutis par le déluge (Lc 17,28).

De même celui qui s'excuse parce qu'il prend femme, car il est écrit :

-« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère et sa femme, il ne peut pas être mon disciple » (Lc 14,26).

Ainsi, après le dédain orgueilleux des riches, le Christ s'est tourné vers les païens ; il fait entrer bons et méchants, pour faire grandir les bons, pour améliorer les dispositions des méchants.

Il invite les pauvres, les infirmes, les aveugles, ce qui nous montre que l'infirmité physique n'écarte personne du Royaume, ou bien que l'infirmité des péchés est guérie par la miséricorde du Seigneur.

Il envoie donc chercher aux croisées des chemins, car « la Sagesse crie aux carrefours » (Pr 1,20).

Il envoie sur les places, car il a fait dire aux pécheurs de quitter les voies larges pour rejoindre le chemin étroit qui conduit à la vie (Mt 7,13).

Il envoie sur les routes et le long des haies, car sont capables d'atteindre le Royaume des Cieux ceux qui, sans être retenus par les biens présents, se hâtent vers ceux à venir, engagés sur la voie de la bonne volonté, opposant le rempart de la foi aux tentations du péché.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:55
Théologiens sans diplômes ? ( Métropolite Ephraïm de Boston)
DES THÉOLOGIENS SANS DIPLÔMES

Métropolite Ephraïm de Boston


Le peloton d'exécution.
Il y a une cinquantaine d'années, alors que j'étais étudiant à l'académie de théologie, notre professeur de dogmatique, le père Ioannis Romanides, nous raconta une histoire de ses années d'étude à l'Académie Théologique de l'université d'Athènes.

Afin d'obtenir son doctorat de l'université, père Ioannis, nouvellement ordonné prêtre à l'époque (années 50), avait à défendre sa dissertation devant un panel de professeurs de théologie.

Le sujet de la dissertation était "Le péché des origines" (c-à-d le péché de nos ancêtres, Adam et Eve, terme que l'on traduit souvent mal par "péché originel").

Comme les questions fusaient de tous ces professeurs qui avaient tous reçu leurs titres et diplômes dans des universités catholiques-romaines ou protestantes en Europe occidentale, le père Ioannis répondait du mieux qu'il pouvait, avec tout son talent bien connu.

Pour finir, le doyen du département de théologie, le grand ponte en personne, le professeur Panayiotes Trembelas, pointa du doigt le p. Ioannis, qui était habitué à ces interrogations et se tenait debout devant ce panel de professeurs assis :

"Dans votre mémoire, vous avez nombre de citations des écrits de Syméon le Nouveau Théologien," dit le prof. Trembelas.

"C'est exact, monsieur le professeur," répondit le père Ioannis, avec la déférence requise.

"Vous devez les supprimer toutes," continua le prof. Trembelas. "Syméon ne peut pas être cité comme source dans votre travail, car il n'a jamais reçu de diplôme théologique."

(Oui, vous avez bien lu!)

Sans sourciller face à l'incroyable remarque de Trembelas, le père Ioannis répondit calmement "Fort bien, ce que vous dites, monsieur le professeur.

Voudriez-vous aussi que je supprime toutes mes références à Matthieu, Marc, Luc et Jean les Évangélistes, car eux non plus n'ont pas reçu de diplôme de théologie?

Eux aussi n'étaient pas des théologiens diplômés."

Un léger murmure amusé se fit entendre parmi les distingués professeurs...


La captivité latine


C'est triste à dire, mais la remarque malheureuse de Trembelas était une preuve solide de la maladie qui a longtemps affligé les écoles théologiques "orthodoxes", et en frappe encore aujourd'hui.

Cette maladie est appelée "la captivité latine." C'est l'histoire de quelque 200 ans pendant lesquels la théologie académique, scolastique et pédante (ou plus précisément du rationalisme) de l'Occident a été au cœur des académies théologiques orthodoxes, imprégnant tout de fond en comble.

Le métropolite Anthony Khrapovitsky [Antoine de Kiev], père George Florovsky et père Ioannis Romanides se sont longuement plaints dans leurs écrits, de cette peste spirituelle.

En certains endroits de Russie et d'Ukraine, cette "captivité" était si forte que même les cours théologiques dans certains séminaires orthodoxes étaient donnés en latin.

A l'occasion, en ces terres, les séminaristes étaient obligés de prêcher en latin dans les paroisses avoisinantes!

Imaginez un peu la pauvre babushka qui devait s'en tirer avec ça....


En ayant cela à l'esprit, on comprend plus facilement pourquoi les grands dirigeants religieux orthodoxes sont si empressés de s'unir aux non-orthodoxes dans le mouvement œcuménique.

Pensez-y un instant : si vous avez toujours cru que l'Église Orthodoxe était si appauvrie théologiquement qu'elle n'avait pas même une théologie du Saint Esprit, ou avait des saints qui n'avaient pas leur diplôme de théologie et n'étaient pas des "docteurs en théologie", alors vous aussi vous auriez été attiré par d'autres appartenances religieuses.


L'Église a sa méthode traditionnelle pour préparer son clergé, et cette méthode a bien fonctionné pendant des siècles, bien avant que les séminaires ne furent inventés au 17ème siècle.

Comme nous l'avons mentionné en d'autres occasions, le père George Florovsky, un des plus éminents théologiens orthodoxes du 20ème siècle, n'a jamais été étudiant dans la moindre académie théologique.


Son éducation théologique, il ne l'a tirée que des offices sacrés.

Et si vous voulez être sérieusement étudiant en théologie, alors vous pouvez entamer des études théologiques telles que celles du tropaire final pour les saints moines :

-"par le jeûne, les vigiles et la prière, tu as obtenu les dons célestes," comme saint Syméon le Nouveau Théologien - malgré le fait que, selon le prof. Panayiotes Tremblas, ce saint n'était pas un "théologien diplômé".


Hélas, la "captivité latine" est toujours très présente. Un séminaire orthodoxe en Amérique avait un prêtre catholique-romain y enseignant la patristique, jusque récemment.

Un autre séminaire orthodoxe en Amérique a plusieurs catholiques-romains dans son comité de direction.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi cette orthodoxie mondaine est si avide de s'impliquer dans le mouvement œcuménique.

Un problème mène inexorablement à l'autre.

L'école du Saint Esprit


Mais, Dieu merci, l'Orthodoxie prévaut encore dans notre hymnologie et dans les divins offices, et dans le cœur de nombre de clercs et de fidèles.


Que nous enseigne par exemple le tropaire final de la Pentecôte?


Tu es béni, Ô Christ notre Dieu,
Toi qui fit descendre sur tes apôtres le Saint Esprit,
transformant par Ta sagesse de simples pêcheurs en pêcheurs d'ho
mmes


Oh, nous y voilà, c'est là que Matthieu, Marc, Luc et Jean ont obtenu leurs diplômes théologiques!

De l'école du Saint Esprit. Je savais que la grâce divine devait avoir quelque chose à faire dans cette histoire.

Rien d'étonnant que nous appelions nos saints "inspirés de Dieu" et "théophores!" Rien d'étonnant que nous les invoquions pour la guérison de l'âme et du corps!

Rien d'étonnant que nous vénérions leurs saintes reliques, et célébrions leur mémoire, et sollicitions leur intercession!

Rien d'étonnant que nous vénérions des gens tels que saint Jean de Cronstadt, et saint Nectaire d'Égine, et le prophète Élie, et saint Séraphim de Sarov, et même ce saint Syméon le Nouveau Théologien qui n'avait pourtant pas de diplôme universitaire!

Anecdote
Il y a quelques années, avant mon ordination, je marchais en compagnie d'un des pères dans notre monastère à Brookline, Massachussets.


"Alors, tu es diplômé en théologie à présent?" me demanda-t'il.


"Je n''en sais trop rien. C'est ce qu'ils m'ont dit, en tout cas."
"Et alors, que va-tu faire avec ton diplôme?"


J'ai un peu réfléchi, et pour finir j'ai répondu

-"Eh bien je vais veiller à toujours le porter autour du cou lorsque je sortirai. Comme ça au moins, je suis sûr que je ne serai pas embarqué par la fourrière..."


Nota bene:
Les académies théologiques ont leur place dans l'Église Orthodoxe.

Cependant, elles doivent être convenablement dirigées, dans la prière et avec beaucoup de discrétion.

Il n'existe pas de système éducatif parfait.

Mais si on suit convenablement des règles bien précises, telles que celles des "Trois niveaux d'éducation chrétienne" qui ont été inspirés par Joseph l'Hésychaste de la sainte Montagne, alors on a un guide de très bonne qualité pour un tel système.

Théologiens sans diplômes ? ( Métropolite Ephraïm de Boston)
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 05:53
Corps du Christ et Eucharistie (St Augustin)

Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 272 ; éd. des Mauristes 5, 1103-1104 (Delhougne, Les Pères commentent p. 81-82)

Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes


Ce que vous voyez sur l'autel de Dieu, c'est le pain et la coupe : c'est cela que vos yeux vous signalent.

Mais ce dont votre foi veut être instruite, c'est que ce pain est le corps du Christ, que cette coupe est son sang.

Cela tient à une brève formule, qui peut suffire à la foi.

Mais la foi cherche à s'instruire.

Comment ce pain est-il son corps, et cette coupe, ou plutôt son contenu, peut-il être son sang ?


Mes frères, c'est cela que l'on appelle des sacrements :

-ils montrent une réalité, et en font comprendre une autre.

Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel.

Si vous voulez comprendre ce qu'est le corps du Christ, écoutez l'Apôtre, qui dit aux fidèles :

-« Vous êtes le corps du Christ, et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1Co 12,17).

Donc, si c'est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c'est votre mystère qui se trouve sur la table du Seigneur, et c'est votre mystère que vous recevez.

A cela, que vous êtes, vous répondez :

-« Amen », et par cette réponse, vous y souscrivez.

On vous dit :

-« Le corps du Christ », et vous répondez « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit véridique.


Pourquoi donc le corps est-il dans le pain ?

Ici encore, ne disons rien de nous-mêmes, écoutons encore l'Apôtre qui, en parlant de ce sacrement, nous dit :

-« Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1Co 10,17).

Comprenez cela et soyez dans la joie :

-unité, vérité, piété, charité !

« Un seul pain » :

-qui est ce pain unique ?

« Un seul corps, nous qui sommes multitude ».

Rappelez-vous qu'on ne fait pas du pain avec un seul grain, mais avec beaucoup.

Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes.

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Published by Eglise Syriaque-Orthodoxe Antiochienne - dans Pères de l'Eglise Spiritualité Chrétienne CATECHISME et CATECHESE
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