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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:59

Par le Bx Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara . Notes de retraite, Nazareth, nov. 1897 (Œuvres spirituelles, Seuil 1958, p. 523) 
0393 croix[1]

La foi ne s'effraie de rien

 


 

      Les sens sont curieux : la foi ne veut rien connaître, elle voudrait passer toute sa vie immobile au pied du tabernacle.

Les sens aiment la richesse et l'honneur ; la foi les a en horreur : « Bienheureux les pauvres » (Mt 5,3).

Elle adore la pauvreté et l'abjection dont Jésus se couvrit toute sa vie comme d'un vêtement qui fut inséparable de lui.

Les sens s'effraient de ce qu'ils appellent les dangers, de ce qui peut amener la douleur ou la mort ; la foi ne s'effraie de rien, elle sait qu'il ne lui arrivera que ce que Dieu voudra

— « tous les cheveux de votre tête sont comptés » (Mt 10,30) —

et que ce que Dieu voudra sera toujours pour son bien :

-« Tout ce qui arrive est pour le bien des élus » (Rm 8,28).

Ainsi, quoi qu'il puisse arriver, peine ou joie, santé ou maladie, vie ou mort, elle est contente d'avance et n'a peur de rien.

Les sens sont inquiets du lendemain, se demandent comment on vivra demain ; la foi est sans nulle inquiétude. 


      La foi éclaire tout d'une lumière nouvelle, autre que la lumière des sens, ou plus brillante ou différente.

Ainsi, celui qui vit de foi a l'âme pleine de pensées nouvelles, de goûts nouveaux, de jugements nouveaux ; ce sont des horizons nouveaux qui s'ouvrent devant lui, horizons merveilleux qui sont éclairés d'une lumière céleste et beaux de la beauté divine.

Enveloppé de ces vérités toutes nouvelles dont le monde ne se doute pas, il commence nécessairement une vie toute nouvelle, opposée au monde à qui ses actes semblent une folie.

Le monde est dans les ténèbres, dans une nuit profonde.

L'homme de foi est en pleine lumière mais le chemin lumineux où il marche n'apparaît pas aux yeux des hommes ; il leur semble vouloir marcher dans le vide comme un fou.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:00
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Rome, 22 janvier 2015 (Zenit.org)

Nous, patriarches et chefs des communautés chrétiennes au Liban, remercions notre Seigneur pour notre rassAppel des patriarches et chefs des communautés chrétiennes du Liban, publié dans Zenitemblement de cette année encore à l'église orthodoxe syrienne Saint-Ephrem II, pour célébrer les prières pour l'unité de l'Église sainte, apostolique et universelle de notre Seigneur.

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Unis dans la prière, nous adressons notre appel à tous nos frères et sœurs chrétiens de par le monde, prêtres et laïcs, qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens ; nous leur demandons de se joindre à notre prière fervente et passionnée pour la paix dans notre cher Orient qui souffre, en particulier en Irak, enSyrie, au Liban et en Égypte, pays confrontés sans relâche aux pires vagues de persécutions fanatiques et terroristes.

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Notre peuple pacifique subit le martyre en raison de sa foi ou est victime d'une campagne systématique de déracinement, en étant contraint d'abandonner la patrie de ses pères.

Faisant l'objet d'un nettoyage ethnique et religieux qui  équivaut à un génocide, ils sont menacés d'extinction dans leur propre patrie.

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Leurs églises et leurs monastères ainsi que leurs icones ont été profanés, des moines, des religieuses, des prêtres et des évêques ont été kidnappés, parmi lesquels les métropolites Mar Gregeorios Yohanna Ibrahim et Paul Yaziji, symboles de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Nous vous demandons de prier et de n'épargner aucun effort, en tout temps et en tout lieu, pour mettre fin à cette douloureuse et tragique réalité, pour permettre que soient libérés en toute sécurité et dans la dignité toutes les personnes kidnappées et que soit assurée une présence chrétienne durable et paisible au Moyen-Orient.DSC01246-copie-1

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 19:13
SAINT TIMOTHÉE, qui êtes-vous ?
[Évêque et Martyr
(† 97)]

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Saint Timothée était né en Lycaonie, dans la ville de Lystres, qui fut évangélisée par saint Paul.

Le passage du grand Apôtre fut la cause de la conversion de Timothée et de sa famille. Plus tard, quand Paul revint à Lystres, il remarqua Timothée et résolut de se l'associer dans l'apostolat, malgré sa jeunesse.

L'admirable jeune homme sacrifia avec joie toutes les espérances terrestres et consentit à quitter sa famille pour se donner entièrement à Dieu et supporter toutes les fatigues et toutes les persécutions de la vie apostolique.

Dès lors on peut voir Timothée partout à côté de saint Paul, et à la confiance de l'un répond le dévouement de l'autre. 

Après la mort de saint Paul, Timothée, qui avait été préposé par son maître à l'Église d'Éphèse, eut la consolation d'y vivre en l'amitié et la présence du disciple bien-aimé de Jésus, l'Apôtre saint Jean.

Un jour que les Éphésiens célébraient par des orgies une des fêtes de leur déesse Diane, le saint évêque d'Éphèse, indigné, se jette au milieu de ce peuple insensé, lui représente la folie de sa conduite et l'invite à se convertir au christianisme; mais il est entouré par des furieux, accablé de coups de pierres et de massues et laissé pour mort.

Ses disciples le relèvent et le transportent dans le voisinage, où il expire bientôt dans leurs bras et rejoint dans la gloire son maître saint Paul. 

L'Église honore en lui l'un des plus célèbres et des plus saints disciples des Apôtres.



(Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.)

 

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:57

Par Saint Césaire d'Arles (470-543), moine et évêque . Sermon 159, 1,4-6 ; CCL 104,650 (trad Delhougne, Les Pères commentent, p. 288) 

« Qu'il me suive »


Quand le Seigneur nous dit dans l’Évangile :

-« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même », nous trouvons qu'il nous commande une chose difficile et nous considérons qu'il nous impose un lourd fardeau.

Mais si celui qui commande nous aide à accomplir ce qu'il commande, cela n'est pas difficile. 

Où devons-nous suivre le Christ, sinon là où il est allé ?

Or, nous savons qu'il est ressuscité et monté aux cieux : c'est là que nous avons à le suivre.

Il ne faut certainement pas nous laisser envahir par le désespoir, car, si nous ne pouvons rien par nous-mêmes, nous avons la promesse du Christ.

Le ciel était loin de nous avant que notre Tête y soit montée.

Désormais, si nous sommes les membres du corps de cette Tête (Col 1,18), pourquoi désespérer de parvenir au ciel ?

S'il est vrai que sur cette terre tant d'inquiétudes et de souffrances nous accablent, suivons le Christ en qui se trouvent le bonheur parfait, la paix suprême et la tranquillité éternelle. 

Mais l'homme désireux de suivre le Christ écoutera cette parole de l'apôtre Jean :

« Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché » (1Jn 2,6).

Tu veux suivre le Christ ?

*Sois humble, comme il l'a été.

Tu veux le rejoindre dans les hauteurs ?

*Ne méprise pas son abaissement.

+++

« Pécheurs, revenez à votre cœur »

Du Sermon 37,1 ; SC 243 (trad. SC p. 229 rev.):

Il y a beaucoup de choses qu’à cause de la faiblesse humaine nous n’arrivons pas à accomplir physiquement ; mais, si nous le voulons vraiment, nous pouvons, avec l'inspiration de Dieu, trouver de l’amour dans notre cœur.

Il y a parfois beaucoup de choses que nous n’arrivons pas à sortir de notre grenier, de notre cave ou de notre cellier, mais nous n’avons pas d’excuse quand il s’agit de notre cœur… 

On ne nous dit pas :

-« Allez jusqu’à l’Orient, et cherchez l’amour ; naviguez vers l’Occident et vous trouverez l’amour ».

Non, on nous ordonne de rentrer à l’intérieur de notre cœur, d’où la colère nous fait sortir si souvent.

Comme le dit le prophète :

-« Pécheurs, revenez à votre cœur » (Is 46,8).

Ce n’est pas dans les pays lointains qu’on trouve ce que le Seigneurdemande de nous ; il nous envoie à l’intérieur de nous-mêmes, dans notre cœur, car il a placé en nous ce qu’il nous demande.

La charité parfaite n’est autre que la bonne volonté de l’âme ; c’est à propos d’elle que les anges ont proclamé aux bergers :

-« Paix sur terre aux hommes de bonne volonté » (Lc 2,14 Vulg)…

Travaillons donc de toutes nos forces, avec l’aide de Dieu, à donner la première place dans notre âme à la bonté plutôt qu’au mal, la patienceplutôt que la colère, la bienveillance plutôt que l’envie, l’humilité plutôt que l’orgueil.

Bref, que la douceur de la charité prenne tellement possession de notre cœur qu’il n’y ait plus de place pour l’amertume de la haine.      

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:54

Chers amis. Aloh m'barekh.

Pour ceux qui ne peuvent vraiment pas monter sur Paris Dimanche, et qui savent que la prière est souveraine dans tous les combats spirituels que nous menons pour notre sanctification certes, mais aussi collaborer au "bien commun", ils leur est demandé de participer à cettre manifestation de la France Chrétienne debout, vigilante et en marche par la prière .

Que ceux de nos fidèles Syro-Orthodoxe-Francophones de Région Parisienne rejoignent la Marche, sinon,, qu'ils participent à la Messe (St Qurbana) dans chacune de nos Paroisses:

*Normandie, Nord-ouest, Nord-Est: N-D de Miséricorde:

¤Messe à 10h30 au Monastère Syriaque suivie de prières spécifiques,

*Facade Atlantique, Sud-Ouest: Notre-Dame de la Très Ste Trinité:

¤Messe à 10h 30 à la Chapelle de La Chapelle Faucher (24) ce samedi 24 suivie de prières spécifiques,

¤Messe à 10h30 en la Chapelle N-D des Grâces-St Ubal de Jauldes (16) suivie de prières spécifiques.

.en union avec la marche de Dimanche Après-midi.
 

Nous demandons aux responsables des "relais paroissiaux" qui, loin des paroisses ne pourraient rejoindre le "Centre de Messe" le plus proche, de s'unir, en organisant des prières spécifiques, à nos Paroisses et au "Peuple en marche pour la Vie".

Dans tous ces combats pacifiques, car ce sont bien des combats que nous menons avec les armes du Christ Prince de la Paix ( Vérité, Amour, Respect), nous ne pouvons pas faire l'économie de la prière et de la pénitence, elles sont nécessaires pour obtenir du Seigneur l'intervention de ses armées célestes comme nos ancêtres l'ont déjà obtenu.
Comme Sainte Jeanne d'Arc, notre cri  sera cette année:

-"Seigneur, Regardez, il y a tant de grand pitié en Royaume de France, faites ce que votre Coeur vous dira nous vous en supplions"

Voilà, mes amis, depuis le Sud-Ouest où j'achève ma tournée pastorale mensuelle en cette région mon appel en ce samedi.

Que la Mère de Miséricorde , la Vierge Vigilante, Prudente et de "Bon Conseil" accompagne tous les hommes et femmes de bonne volonté (Croyants ou non) qui marcheront dimanche pour que l'emporte sur la "culture de mort" une dynamique de vie pour la construction d'une société toujours plus ajustée à la vérité naturelle comme surnaturelle!

Aloho m'barekh (Dieu vous bénisse) !

+Mor Philipose-Mariam

PLAN DU PARCOURS

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:44

 


Par Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église .Sermon 311, 2 
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« Il en institua douze pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher »


      Les bienheureux apôtres...ont vu, les premiers, le Christ pendu à la croix, ils ont pleuré sa mort, ils ont été saisis d'effroi devant le prodige de sa résurrection, mais bientôt, transportés d'amour par cette manifestation de sa puissance, ils n'ont plus hésité à verser leur sang pour attester la vérité de ce qu'ils avaient vu.


Pensez, mes frères, à ce qui était demandé à ces hommes : partir dans le monde entier prêcher qu'un homme mort était ressuscité et monté au ciel, souffrir pour la prédication de cette vérité tout ce qui plairait à un monde insensé :

-privations, exil, chaînes, tourments, bûchers, bêtes féroces, des croix et la mort. Était-ce pour un objet inconnu ? 


      Était-ce pour sa gloire que Pierre mourait ?

Pour son avantage qu'il prêchait ?

Lui, il mourait ; un autre que lui était glorifié.


Lui, il était tué ; un autre adoré.

Seule la flamme ardente de la charité unie à la conviction de la vérité peut expliquer une pareille audace !


Ce qu'ils ont prêché, ils l'avaient vu. On ne meurt pas pour une vérité dont on n'est pas sûr.


Ou bien, devaient-ils nier ce qu'ils avaient vu ?

Ils ne l'ont pas nié :

-ils ont prêché ce mort qu'ils savaient tout à fait vivant ; ils savaient pour quelle vie ils méprisaient la vie présente.

 

Ils savaient pour quel bonheur ils supportaient des épreuves passagères, pour quelle récompense ils foulaient aux pieds toutes ces souffrances.

 

Leur foi !

 

Elle pesait dans la balance plus que le monde entier.        

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:43

 

QUI EST DIGNE ?

St Isaac le Syrien (Celui qui prie...Rancune...)

 

N'essaie pas de distinguer celui qui est digne de celui qui ne l'est pas.

Que tous les hommes soient égaux à tes yeux pour les aimer et les servir.

Ainsi tu pourras les amener tous au bien.

Le Seigneur n'a-t-il pas partagé la table des publicains et des femmes de mauvaise vie, sans éloigner de lui les indignes?

 

Ainsi tu accorderas les mêmes bienfaits, les mêmes honneurs à l'infidèle, à l'assassin, d'autant plus que lui aussi est un frère pour toi, puisqu'il participe à l'unique nature humaine.

Voici, mon fils, un commandement que je te donne :

-que la miséricorde l'emporte toujours dans ta balance, jusqu'au moment où tu sentiras en toi la miséricorde que Dieu éprouve envers le monde.

Quand l'homme reconnaît-il que son cœur a atteint la pureté ?

-Lorsqu'il considère tous les hommes comme bons sans qu'aucun lui apparaisse impur et souillé.

Alors en vérité il est pur de cœur (Mt 5,8)...


Qu'est-ce que cette pureté ?

-En peu de mots, c'est la miséricorde du cœur à l'égard de l'univers entier.

Et qu'est-ce que la miséricorde du cœur ?

-C'est la flamme qui l'embrase pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons, pour tout être créé.

Quand il songe à eux ou quand il les regarde, l'homme sent ses yeux s'emplir des larmes d'une profonde, d'une intense pitié qui lui étreint le cœur et le rend incapable de tolérer, d'entendre, de voir le moindre tort ou la moindre affliction endurée par une créature.

 

C'est pourquoi la prière accompagnée de larmes s'étend à toute heure aussi bien sur les êtres dépourvus de parole que sur les ennemis de la vérité, ou sur ceux qui lui nuisent, pour qu'ils soient gardés et purifiés.

Une compassion immense et sans mesure naît dans le cœur de l'homme, à l'image de Dieu.

 

(Saint Isaac le Syrien (7ème siècle), moine près de Mossoul.Discours ascétiques, 1ère série, no. 81 (trad. AELF ; cf trad. Touraille, DDB 1981, p. 395)

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:40

 

SAINTE EMERENTIENNE, qui êtes-vous ?
[Martyre 
( † 304)]

 

Le troisième jour n’est pas écoulé depuis le martyre  de sainte Agnès. Son amie et sœur de lait, Émérentienne, s’en est allée  prier et pleurer sur a tombe.

Elle est encore catéchumène, mais son  cœur est déjà au Christ par la foi et par le désir.

Tandis  que la jeune fille épanche ses regrets et son admiration sur la tombe  d’Agnès, des païens surviennent ; insultant à sa douleur, ils veulent  troubler ces hommages rendus à leur victime.

Émérentienne se tourne vers  les barbares et, confessant Jésus-Christ, maudissant les idoles, leur  reproche l’atroce cruauté dont l’innocente Agnès est tombée victime.

La  férocité païenne s’indigne dans les cœurs de ces hommes asservis au  culte de Satan, et à peine la jeune fille a cessé de parler, qu’elle est  lapidée à mort et  baptisée dans son propre sang.

 



(Par Dom Guéranger, l'année liturgique)


 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:34

 


Par Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église .Commentaire sur l'Évangile de Luc, 7, 131s ; SC 52 (trad. SC, p. 55 rev.) 
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« Ayez les reins ceints et vos lampes allumées ! »


Le Seigneur nous veut vigilants, attendant à tout moment la venue du Sauveur.

Mais puisque le profit est mince et faible le mérite quand c'est la crainte du supplice qui empêche de s'égarer et puisque c'est l'amour qui a une valeur supérieure, le Seigneur lui-même enflamme notre désir d'acquérir Dieu lorsqu'il dit :

-« Je suis venu jeter un feu sur la terre. »

Non pas, bien sûr, le feu qui détruit, mais celui qui produit la volonté bonne, celui qui rend meilleurs les vases d'or de la maison du Seigneur en consumant le foin et la paille (1Co 3,12s), en dévorant toute la gangue du monde, amassée par le goût du plaisir terrestre, œuvre de la chair qui doit périr. 

C'est ce feu divin qui brûlait dans les os des prophètes, comme le déclare Jérémie :

-« C'est devenu comme un feu ardent qui brûle dans mes os » (Jr 20,9). Car il y a un feu du Seigneur, dont il est dit :

-« Un feu brûlera devant lui » (Ps 96,3).

Le Seigneur lui-même est un feu, dit-il, « qui brûle sans consumer » (Ex 3,2).

Le feu du Seigneur est lumière éternelle ; à ce feu s'allument les lampes des croyants :

-« Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées » (Lc 12,35).

 

Les jours de cette vie étant encore nuit, une lampe est nécessaire. C'est ce feu que, selon le témoignage des disciples d'Emmaüs, le Seigneur avait lui-même mis en eux :

-« N'avions-nous pas le cœur brûlant, sur la route, tandis qu'il nous dévoilait les Écritures ? » (Lc 24,32) I

ls nous apprennent avec évidence quelle est l'action de ce feu, qui éclaire le fond du cœur de l'homme.

C'est pour cela que le Seigneur viendra dans le feu (Is 66,15), pour consumer le mal au moment de la résurrection, combler par sa présence les désirs de chacun, et projeter sa lumière sur les mérites et les mystères.


 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:29

Le signe de croix expression biblique

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« Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen ! »

Du front, à la poitrine, à l’épaule gauche, et à l’épaule droite, le signe de croix n’est pas un simple geste de piété automatique, encore moins un réflexe de superstition, il exprime un message symbolique et existentiel venant tout droit de la Tradition biblique.

Tout d’abord, bien des siècles avant Jésus, on a l’habitude en terre d’Israël de tracer sur le front un signe de bénédiction divine en forme de + , ancienne graphie du tav, la dernière lettre de l’alphabet hébraïque désignant le T de Torah.

La Torah est bienfaisante dans la vie des hommes. Or, que dit la prophétie messianique d’Ezekiel ? (Ez 9.4-6) : « Passe par le milieu de la ville et marque d’un tav le front des hommes ! »

N’oublions pas l’affirmation initiale de Jésus lui-même : « Je ne suis pas venu abolir la Torah, mais l’accomplir » (Mt 5.17).

Les premiers disciples de Jésus superposent donc le sens de la mort-résurrection de leur rabbi au signe de bénédiction qu’ils pratiquent déjà, puisqu’ils considèrent Jésus comme une Torah vivante, le Verbe de Dieu incarné, pleinement manifesté dans le don de lui-même au Golgotha, suite à la condamnation romaine.

Tertullien (160-220) écrit : « Au début et à la fin de toutes nos activités, nous nous marquons le front avec le signe de la croix… »

A l’époque des persécutions romaines de juifs et de chrétiens qui étaient mis à mort pour leur refus de diviniser le pouvoir impérial, une épitaphe du 2ème siècle (Abercius) évoque cette résistance de tout« un peuple qui a le sceau brillant au front »

On comprend ainsi la logique spirituelle qui anime les croyants dans le geste du signe de croix déployé avec la main droite :

le front, siège de la pensée,

la poitrine, lieu de la santé physique et du cœur,

et les épaules, représentant la force de vivre et l’activité quotidienne.

Verticalité et horizontalité manifestent également la destination cosmique aux quatre horizons de la Parole de Dieu ainsi que son application intégrale à tous les aspects de notre humanité.

Mais on peut dire aussi que le signe de croix manifeste le réflexe des premiers chrétiens qui est de relayer la tradition mère du judaïsme dans laquelle ils puisent leurs expressions de foi et de piété.

Voici donc comment ils transposent gestuellement dans l’espace la signification des tefilin, (appelés phylactères dans l’évangile grec). Les tefilin sont ces petits boîtiers recelant la Parole de Dieu, attachés à des lanières de cuir pour relier le front du croyant à ses bras. Le mental conditionne l’activité. Ceci pour montrer concrètement l’attachement personnel à la Parole de Dieu, qui doit inspirer toute pensée et permettre d’agir humainement selon la volonté de Celui qu’on invoque. Nous lisons au Livre du Deutéronome : « Que les commandements que je te prescris soient inscrits dans ton cœur…Attache-les sur ta main et porte-les sur le front » (Dt 6.4-9)

Le geste du signe de croix de haut en bas reprend exactement ce mouvement de l’irruption du divin dans notre condition humaine. Il visualise aussi le trajet de la pensée vers le cœur, c’est-à-dire le recentrage de l’être, si nécessaire aujourd’hui alors que nous sommes tiraillés en tous sens, au point d’être parfois « en exil » de nous-mêmes… Au cœur de l’être se trouve la fine pointe de l’âme, là où le Royaume de Dieu est déjà présent en nous. « Je dors, mais mon cœur veille » (Ct)

Quelle manière humble et concrète de tracer sur soi-même l’itinéraire dynamique de l’amour bienveillant de Dieu qui veut que nous soyons des vivants ! N’est-ce pas la même démarche spirituelle qui relie et harmonise – exactement comme les tefilin – le front, le cœur et les bras, c’est-à-dire la pensée, la chair et l’action, et cela, comme réponse de confiance et d’amour aux commandements de Dieu ? C’est aussi le rappel de l’engagement de Jésus qui a vécu dans sa chair l’attachement inséparable aux commandements de l’amour de Dieu et du prochain.

Source: © Abbé Alain René Arbez pour Dreuz.info.

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